#24 — 60 jours sous Terre, avec Michel Siffre

Durée: 40m1s

Date de sortie: 28/08/2019

À l'été 1962, le spéléologue Michel Siffre, jeune passionné de géologie, s'enfonce dans le noir du gouffre de Scarasson à la frontière franco-italienne.

Seul, il s'apprête à passer 60 jours dans les entrailles de la terre ! Privé de montre et de tout autre repère temporel, il n'est relié à la surface que par un téléphone, à travers duquel il envoie des informations techniques quelques secondes par jour.

Un expérience d'isolement sensoriel hors du temps, à l'origine d'une nouvelle science : la chronobiologie.

Les Baladeurs est une émission Les Others.

Cet épisode est signé Camille Juzeau, avec une composition musicale de Alice-Anne Brassac et un mixage de Laurie Galligani.

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Les profondeurs de la Terre
Percer les profondeurs de la Terre, échapper à la lumière, sentir les ruissellements de l'eau là où elle peut encore accéder.
Explorer un monde obscur, minéral, où seuls quelques vies primitives peuvent se développer.
Des mousses, des bactéries, rien de plus.
Faire le pari de rester dans ce monde clos, noir, tenter une expérience limite,
celle de survivre de moi entre quatre murs de roche volontaires enterrés vivants.
C'est l'histoire folle du spéléologue Michel Cypher.
L'été 1962, il quitte le monde des hommes pour celui des strates profondes de la Terre,
s'approchant, peu à peu, d'une pulsation tectonique.
Quel est le projet du scientifique explorateur ?
Quels sont les raisons qui le poussent à la séquestration volontaire ?
Là, j'avais présent la découverte pendant les vacances d'un trou avec...
C'était pas une bouche, on avait déjà des petites lampes électriques,
et c'était un émerveillement d'abord pénétrer dans l'inconnu.
Ça, ça a été toujours quelque chose qui m'a le plus frappé.
Ensuite, voir des concrétions, voir des stadactyces, des stadachnites, des planches stadachniques.
C'était une révélation.
Alors, c'était une révélation d'autant plus importante que je revoyais
ce que j'avais lu dans les livres de Norbert Castere,
qui est le pape de la spéléologie française de cette époque.
Je connaissais les livres de Castere, mais jamais.
Je n'avais vu de grottes réelles.
Et là, pour la première fois, j'étais extasié, naturellement.
Alors, je suis retourné plusieurs fois, et de plus en plus.
Et c'est sûr qu'en quatrième, mes profs de science d'âte,
ils en savaient 10 fois moins que moi sur mes grottes.
C'était surtout du sport, à 99%.
Et puis, au milieu de ces spélologues sportifs,
qui ont s'aimé à partir d'affaires de la guerre,
il y a eu quelques scientifiques.
Mais il n'y a jamais eu un grand savant.
Il y en a eu un, il y a eu Félix Trombes,
qui a créé les fours solaires,
qui était un vrai scientifique, espélologue et bon spélologue.
Il y a eu aussi Max Kozinski,
qui était le mathématicien qui a calculé le baptiscaf d'Auguste Picard.
Bon, mais à part eux,
qui réellent dans les eaux, nageaient dans l'eau glacial, etc.
On ne dirait pas, mais ça tire les hommes.
Donc moi, j'étais tout le monde d'indolescence,
à été guidé par la spéléologie qui est devenue scientifique.
Pour moi, elle est devenue, c'était l'exploration,
la découverte, puire et dure, et la découverte scientifique.
Comment on se forme telle ou telle concrétion,
comment on se font certains écoulements souterrains,
ça c'était ma spécialité.
Bon, j'étais destiné à être un géologue.
J'étais très motivé à 16 ans,
j'avais publié déjà plusieurs notes scientifiques.
À 20 ans, j'avais publié plusieurs notes à l'Académie des sciences.
Je faisais la géologie d'Havid Denis, les Environ,
et j'ai fait plein de découverte que j'ai publié.
Donc j'étais vraiment un passionné, puire et dure.
Rien ne passait avant, rien.
C'était dans un club de spéléologie ennémis,
qui s'appelait le Club Martel.
J'étais un des jeunes, j'étais pas un des cadourants,
j'étais pas un des ass,
mais j'étais un spéléologue moyen, pas plus.
Physiquement, il y avait des gars qui étaient meilleurs que moi,
pour monter aux échelles.
Et alors, en 1960,
ma mère me téléphone, me dit, me montre un petit peu,
j'ai un petit article dans le journal,
la création d'une bourse qui s'appelait Bourse de la Fondation de la vocation,
qui allouait un million d'anciens francs,
à ceux qui pouvaient prouver qu'ils avaient une véritable vocation.
J'ai fait un dossier d'une vingtaine de pages,
j'ai joint des notes scientifiques que j'avais faites,
et je suis par la suite, je suis passé immédiatement.
À ce moment-là, j'étais donc géologue,
une des jeunes de formation,
et j'ai cherché où je pouvais faire de l'aspect de l'éologie planétaire.
Mais un million de francs, ça suffisait pas,
on pouvait pas acheter une voiture, n'est rien.
Alors, j'ai choisi un petit pays,
et j'ai choisi Céland, maintenant, c'est Sri Lanka aujourd'hui.
Et là, je suis allé pendant deux mois dans la jungle de Céland,
je trouvais des guides là-bas sur place,
et je suis rentré, et j'étais au réholé de la gloire
pour mes amis du Club Marthe,
du Club Alpin français,
d'être allé tout seul dans la forêt tropicale et explorer des cavernes.
Et à ce moment-là, ils m'ont confié la direction
pour 1961 d'une expédition dans un massif calcaire
qui s'appelle Margoireis,
qui est pas loin de Nice,
en 70 km de Nice, à la frontière franco-italienne.
Et le dernier jour, on a découvert un gouffre
qui soufflait de l'air froid, mais pas plus,
on descendait à 25 mètres profondeur.
Ça continuait.
Et à ce moment-là, le Club a décidé
que je serais le chef d'expédition pour l'année suivante.
Et il s'est trouvé qu'au bout de cette grotte,
à 100 mètres de profondeur,
il y avait une masse de glacière
qui était un véritable glacier souterrain.
J'avais fait de la glacéologie aussi.
J'ai compris que cette alternance
de couches foncées et claires de glace,
c'était un glacier d'abord.
J'ai vu qu'il bougeait parce qu'il y avait une faille à l'intérieur,
et je me suis dit que c'est peut-être un reste
de la dernière glaciation terrestre.
Je suis allé aux expéditions polaires françaises,
un peu en dehors de Paris,
et j'ai travaillé à la bibliothèque.
Finalement, je découvre une petite note
d'action du climat polaire sur l'homme.
Pour moi, ça fait clic.
Je me suis dit qu'il faut faire la même chose.
Tu vas faire un bilan biologique avant,
tu vas descendre,
et tu referas la même chose en retour.
Et j'ai décidé de rester arbitrairement,
de rester deux mois sous terre.
J'étais à la Cite Universitaire à Paris.
J'avais une chambre, là, j'étais avec un coturne
à remparler, évidemment, jusqu'à 2h, 3h du matin.
Et un jour au milieu de la nuit,
j'ai dit, mais Michel,
ce qu'il faut faire,
il faut pas emporter de monstre.
Je pensais que tu vas vivre comme un animal.
J'ai inventé un protocole très simple.
C'était appeler quand tu te réveilles,
ton équipe en surface notera l'heure du réveil,
quand tu mangeras, tu les appelleras,
ils noteront l'heure de tes repas,
et quand tu te coucheras,
tu les appelleras, coucher,
et ils noteront le revêt.
Comme ma terre scientifique, on n'avait rien.
On avait deux téléphones,
un vieux téléphone de campagne
de la guerre de XIV de l'armée canadienne,
un téléphone comme avait prêté,
puis en surface, ils avaient une montagne chronomètre.
J'ai mis beaucoup de temps
pour convaincre mes amis
qui viennent faire les nuits de veille.
Il fallait une équipe qui reste nuit et jour
à l'entrée du gouffre pour noter tous mes appels.
Donc il fallait faire des rotations
et diversifier jamais les mêmes de manière
à ce que je n'anticipe pas,
comme on ne s'enanticipe pas au fond.
Le club m'a soutenu.
Là, j'avoue que j'ai été soutenu
par la secrétaire générale du club,
qui a dit qu'on soutient un chiffre,
qu'il fallait avoir les échelles métalliques,
les cordes, les matériels.
On était en Italie.
En fait, on n'avait pas dit.
J'ai menti sans mentir.
J'ai dit que je faisais d'expérience
à la frontière franco-italienne.
Mais je n'ai pas dit que j'étais
du côté italien de la frontière.
Sinon, on n'aurait pas pu avoir les DCRS
pour monter les matériels.
Voilà comment ça s'est fait.
Le gouffre est à 2200 mètres d'attitude,
à 130 mètres de profondeur.
Il faut une véritable expédition.
Les gars ont commencé à descendre
tout le matériel, la nourriture, tout ça.
On descendait la nourriture
dans des petits sacs classiques.
30 cm de haut, 15 cm de diamètre.
C'était un sac de plage.
Il en fallait beaucoup.
Et finalement, tout a été prêt
pour le jour où je suis descendu.
...
Interactualité.
18 juillet 1962.
Un spéléologue de 24 ans, Michel Cypher,
est descendu lundi après-midi
dans le gouffre de Scarasson,
dans le massif du Margraith,
situé à 10 km à l'est du col de Thande,
à 2100 mètres d'altitude.
Il a atteint une grotte glacière
à 130 mètres de profondeur,
où il conduit seuls
pendant deux mois sans revenir à la surface.
A l'issue de cette expérience,
le Centre d'études et de recherche
de médecines aéronautiques
étudiera les conséquences
sur l'organisme humain
de ce séjour prolongé sous terre
dans un milieu très humide
où la température ne dépasse pas 4°C.
Un groupe de CRS restera
pendant deux mois à l'entrée du gouffre,
relié par téléphone avec le jeune spéléologue.
Quand je descends,
à l'époque on descendait dans les gouffres,
non pas sur des cordes, mais avec
des échelles en câbles d'acier
avec des barreaux d'aluminium.
Je descends
dans les jours précédents dans ma descente,
une décorde qui pendait
dans le puits de 40 mètres tout près du glacier
avait été sectionnée par un éboulement.
On savait quand je suis descendu
qu'il y avait des éboulements.
Là, j'ai failli reculer quand même.
Je suis venu à la maison
et j'ai failli me dire
je ne descends pas Michel, tu es fou.
Il ne faut pas descendre, tu vais y rester.
Mais bon, les hommes minimisés,
j'étais pris dans le système
de la fierté, de s'être engagé
afin que je suis descendu.
Il n'était pas question de refuser.
C'est marche ou crève.
Du moins c'était le concept que j'avais de la vie.
Ça marche, ça marche.
Tu n'as pas de peau, tu meurs.
Je suis descendu.
Les copains m'ont ramené.
Le dernier matériel qui restait,
ils m'ont ramené sous terre
puis ils sont remontés.
Là, vous vous retrouvez...
Je suis assis
sur un bloc de la moraine
au bas du puits de 40 mètres.
J'entends le dernier gars
ce pédéon qui monte.
J'entends le clic-tip des échelles.
Puis ils arrivent au sommet du puits.
Ils me disent au revoir.
Et puis là, je commence à entendre
des sons qui s'affaiblissent,
qui s'affaiblissent.
Puis je me retrouve seul dans le silence absolu.
Ça m'a foutu un coup quand même.
Ça m'a foutu un coup au moral.
Je me suis dit que tu ne tiendras pas.
Et puis, la volonté,
je suis quand même un homme de volonté.
Tu ne peux pas échouer.
Tu es descendu.
Tu ne peux pas ne pas le faire
et tu ne peux pas ne pas réussir.
C'est pas simple quand même de rester
des mois sous terre, hors du temps
sans aucun très peu de conversation.
Vous êtes face à la solitude absolue.
Je suis contente.
Je suis contente.
Je suis contente.











J'avais un espace plus petit que ça.
Disons 4 nains sur 4.
Bon, j'étais confiné
parce qu'en face,
j'avais un mur de roche.
Du côté gauche de ma tente,
j'avais un mur de glace.
Le troisième point, c'était un puits
de 15 mètres sur la glace.
Le glacier, sans des 15 mètres de profondeur.
Et donc, il n'y avait que l'endroit
par lequel j'étais rentré.
Qui était dans la sécurité.
C'était des blocs à plus ou moins un équilibre.
Donc, je suis confiné vraiment.
J'ai très peu marché.
Je me calfe-trais un peu dans la tente.
Parce que tout le reste, c'était
de la roche noire, pure et dure.
Sauf la paroi de glace.
Qui était un peu plus claire.
Mais le reste, c'était noir.
Et le noir, c'est pas bon.
Sur le point psychologique,
ça vous faut un peu le tournis.
Mais j'ai jamais été cloîtré quand même.
Je me suis jamais senti vraiment
cloîtré complètement.
duothabiche
26 juillet, jour 9.
J'ai fait le tour de la grotte,
et voici mes premières observations
sur la morphologie du glacier
J'observe un enfouissement généralisé des eaux.
Qui est un phénomène fondamental
du modèle k instinct dans ces Žones élevées.
On ne peut citer comme Écoulement superficiel estivaux,
que celui du plan embroise
et celui du Piagcept va très court
et sachevant dans Le Ponos.
De très nombreux gouffres se rencontrent
à tous les niveaux, isolés ou croupés en alignement ou en essence.
Certains sont des puits verticaux,
mais la plupart sont obstrués par des blocs et des pyrailles provenant des lapièzes voisins.
Les effets du gel et les glissements provoquent cette obstruction
qui n'empêche pas la percolation des eaux plus viales et la fonte des neiges.
J'avais une petite lampe de 4,25,
qui me donnait presque pas de lumière,
moins qu'une lampe à main, elle était trop faible.
Mais il a cuité, vision change.
Même si elle était petite, mon espace était de quelques mètres carrés.
Donc je voyais suffisamment.
Même pour aller à la base du puits de 40 mètres,
là où il y avait des éboulements,
c'est là où j'allais fermer besoin.
J'avais besoin d'une petite lampe qui me lâche pas, quoi, surtout.
Ça, c'était fondamental.
J'achetais d'un nourriture pour en avoir pour 2 mois,
en essayant de prendre les choses qui se pourrissaient de moi.
Beaucoup de boîtes de conserve, naturellement.
J'avais un gros jambon cru.
Le pêche, j'avais des biscuits militaires très durs, dégueulasses.
J'ai eu des oeufs jusqu'au bout.
Bon, ils se sont conservés probablement,
parce que j'étais sur l'angle glacier.
La température était en dessous de 0 degrés,
moins 0,5 degrés centigrades.
Mon eau, j'avais des boîtes d'eau, d'eau des viandes à l'époque.
Les bouteilles en plastique n'existaient pas à ce moment-là.
C'était des boîtes en aluminium.
J'avais une tente qui était bien.
Mais à la construction, il y a eu une erreur.
Ceux qui m'ont fait la tente ont fait un tapis de sol parfait,
mais au milieu, ils n'avaient pas une toile suffisante.
Donc, ils ont rattaché 2 morceaux de tissu.
Seulement, il y avait une couture centrale.
Et dans ma tente,
il s'est produit un phénomène de condensation.
C'est-à-dire que quand vous avez une paroi froide à l'extérieur
et chaud à l'intérieur, ça coule.
L'eau s'est mis entre mes deux tapis de sol.
Comme il y avait une couture centrale, l'eau rentrait dans la tente.
Et en fait, si j'avais pris simplement un père de chaussures de montagne,
j'aurais pas souffert comme j'ai souffert.
Mais pour être à l'aise, j'avais pris des bouteillons en mousse.
Et cette mousse a absorbé toute l'eau.
Si bien que pendant 2 mois, j'ai eu les pieds glacés.
Et ça a été un des problèmes qui a fait tomber ma température
à 34°C.
C'est probablement ça qui m'a sauvé en fin de compte.
1er août, je ne ment ne l'ai pas.
Je suis même plutôt heureux de faire cette expérience hors du temps extérieur.
Sans lumière naturelle, sans l'alternation,
on se rassurante des jours et des nues.
Sans bruit.
Dans un silence entrecoupé des boulements, de glace et de roche.
Je pense maintenant aux hommes de Cousteau,
ces plongeurs qui ont expérimenté la vie dans les habitats sous-marins.
J'ai lu ça dans le journal il y a quelques mois.
Ça doit y ressembler un peu.
Je me basais uniquement sur mes sensations physiologiques.
Je mangeais uniquement quand j'avais faim.
Je buvais quand j'avais soif.
Je faisais pipi, caca, uniquement quand j'avais besoin.
Et j'appelais à ce moment-là pour qu'il n'en auraie de l'air.
C'était tout.
Allô, Michel.
Je déjeune maintenant. Ok, ok.
Salut.
Puis quelques heures plus tard,
Allô, Michel.
Pipi, 200 cm3, etc.
C'était grainer comme ça.
Ceci était uniquement ma sensation de faim et ma sensation de soif,
qui faisait que je me mettais en table.
En table.
Une table de camping très frustre.
Un petit fauteuil antoile de plage.
C'était tout comme matériel.
Et un duvet qui était sur un lit de camp,
qui malheureusement m'a posé plein de problèmes.
J'ai mis le feu à un moment.
Ça s'est déchiré avec des ficelles.
J'ai bricolé de manière... Je pouvais quand même dormir.
J'avais pas froid au coeur et à la patrine.
J'avais froid essentiellement au pied.
Mais vous savez, c'est de la circulation sanguine.
Elle part du haut.
Du coeur, elle va au bas, elle se refroidit au niveau des pieds,
elle remonte.
Et je pense que mon métabolisme a dû se ralentir.
C'est ralentir nécessairement,
puisque je faisais jusqu'à 34°.
Au bout de quelques jours, une semaine ou deux,
je me suis dit que les thermomètre ne marchaient pas.
J'avais un thermomètre simple, de famille.
Je me suis dit que ça ne marche pas.
34°, je ne peux pas avoir 34°.
Je n'ai jamais imaginé que ma température avait baissé.
Et le seul moment où je trouvais me réchauffer,
c'était dans le duvet.
Je m'endormais avec les pieds gelés.
Je me réveillais avec les pieds chauds.
Si j'étais resté un mois de plus,
je pense que je serais mort.
Comment je m'occupais ?
J'ai beaucoup de livres de géologie.
J'ai lu les deux tomes des mémoires du général de Gaulle, de la guerre,
et deux, trois autres livres,
mais pas énormément.
J'écoutais de la musique sur un pick-up.
Il n'y avait pas de 30 retours.
J'avais quelques 40 centours,
des disques de Mariano que j'écoutais en permanence.
J'avais que 34 disques, pas plus,
de 40 centours, donc ça faisait 5, 6 disques, pas plus.
Et ça m'a aidé, ça m'a beaucoup aidé.
J'avais au fond un micro d'ambiance,
et eux, ils avaient des écouteurs,
ils pouvaient m'écouter 24 heures sur 24.
Ce dont mes camarades s'étaient rendus compte,
c'est que parfois, ils m'étaient arrivés de mettre 10 fois la même face des disques,
parce que je ne me rappelais pas que je venais de mettre le disque.
Donc je mettais mon disque, j'ai écouté,
puis à la fin pour choisir,
je me souvenais pas que je cherchais,
et j'aurais été en fait de même disque.
Dehaut, jour 16.
Urine, 8 heures, 13 heures.
17 heures, 20 heures et 22 heures.
Fais 16, 15 heures.
Non, 14 heures, mince.
Je ne sais plus.
Disons, 15 heures.
Levez 7 heures, couchez 21 heures.
21 heures.
Repas, 8 heures, 12 heures, 19 heures.
Je pourrais lire ce traité sur l'amorphologie des massifs karstics,
mais ça ne me dit rien.
J'ai l'impression de l'avoir déjà lu.
Les traités scientifiques se ressemblent tous.
De la musique.
Le verre, le verre, le verre.
Non, non, non plus.
Ralala, ces pieds,
qu'on passerait du bon temps s'ils ne faisaient pas si humides.
J'ai froid.
J'ai froid.
Je sens que je fatigue.
Ah tiens, c'est quoi ce livre ?
Un traité de géologie ?
Allez.
Ça me fera froid, c'est une honte.
Peut-être, peut-être deux.
J'ai revu un peu toute ma vie.
Bon, mais c'était une vie jeune quand même.
Je pensais énormément en mon expédition à la solitaire à Célandre,
dans la jungle.
J'y pensais beaucoup.
Je n'allais pas dire tous les jours,
mais d'abord, on n'employait pas le terme jour, on n'employait le terme cycle.
On intervore entre deux réveils ou entre deux couchers.
Je pensais beaucoup à ce que je pourrais faire par la suite,
je pensais plus à l'expédition sphédéologique, géologique.
Les grottes en soir,
simplement les grottes qu'on faisait dans la région de Nice,
les sables souterraines et galets souterraines.
Je pensais que ça.
J'étais un être qui aurait dû devenir un géologue.
Le seul truc qui m'intéressait, c'était la glace.
C'était vraiment les couches de glace,
la faille dans la glace,
les mouvements possibles de la glace qui poussaient des cailloux.
Qui poussaient des blocs.
J'avais une échelle qui descendait au bas du glacier, avec une corde.
Je suis descendu sur cette échelle pour voir le dessous du glacier,
ce que j'avais du temps pour l'étudier.
Bon, je n'aurais pas dû, parce que j'ai eu la difficulté pour remonter,
et que si m'étais arrivé un accident,
j'étais extrêmement grave évidemment.
Ça aurait interrompu toute l'expérience naturellement.
6 août, jour 21.
Urine, 9h, 11h, 14h, 17h, 22h.
Fais 16, 11h.
Levé, 8h.
Couché, 20h.
Repas, 8h, 12h, 18h.
J'ai étudié la grotte, un peu plus en profondeur.
Il fallait le faire tout de même,
mais je n'avais encore pas pris le temps pour l'observation.
Voilà ce que j'ai remarqué.
On peut citer comme écoulement superficiel estivo,
celui du plan ambroise, et celui du pied à jabé.
Ils sont courts, ils s'achèvent dans des peaux norts.
Les couffres sont nombreux, ils se rencontrent à tous les niveaux,
isolés ou groupés en alluniement et en essence.
Il y a des puits verticaux,
mais beaucoup sont obstrués par des blocs et des pyrailles provenant des lapiettes.
Les effets du gel et des glissements provoquent cette obstruction,
qui n'empêche pas la percolation des eaux plus viales et la fonte des neiges.
Dès le début de l'expérience, j'ai été terrifié par les chutes de blocs
dans le puits de 40 mètres.
Les blocs tombés,
il y avait à la fois des blocs de rochers et des blocs de glace.
Quand je suis essendu,
les parois du puits étaient recouvertes de plusieurs centimètres de glace.
Et avec l'été qui arrivait, ça fondait.
Et donc les blocs s'effondraient,
les sons se réverbéraient sur les parois du gouffre.
Une fois, j'ai vécu un émoulement qui pour moi a duré 10 secondes.
Ce qui est énorme.
Ça, j'ai été terrifié,
ça m'a duré une bonne quinzaine de jours.
Il y avait eu d'autres éboulements de glace
qui avaient fait peur sans me terrifier,
mais qui m'avaient fait peur,
tandis que là, ça m'avait vraiment terrifié.
Chaque fois que pour aller faire mes besoins, par exemple, sur la glace,
j'étais en dessous des chutes de glace et de roche.
Et là, j'avais peur chaque fois.
Je pense que cet éboulement a dû faire remonter ma température centrale.
La peur m'a donné un choc tel,
donner un choc salvaire.
C'est uniquement une estimation de ma part purement psychologique
qui fait que je pense que ça a eu un rôle réel, réel,
vraiment réel,
maintenant pour le prouver difficile.
Il y a eu un gros éboulement hier.
J'avais la tête entre les mains, les jambes en tailleur,
au milieu de mon sarcophage de pierre.
Ça résonnait dans ma tête.
J'ai cru que ça ne finirait pas.
Mon heure peut-être était arrivée, mais non.
J'ai du mal depuis à me calmer.
Je suis terrifiée, nerveux.
J'ai des tremblements et du mal à me déplacer.
Je me sens dépoussolé.
Il faut que je reprenne des forces pour tenir encore 50 jours.
Il faut que l'expérience réussisse à tout prix,
même si j'en deviens fou.
...
Un matin, je prends le téléphone,
je les appelle,
je leur dis qu'il était l'ordre.
Et puis finalement,
mon interne cutin me dit
Michel, en fait, c'est fini.
Evidemment, surprise.
Je lui dis, c'est pas possible, c'est pas fini.
Il me reste un mois tiré encore
dans l'espion.
Il me dit non, non.
On vient te chercher dans quelques heures.
Et l'équipe est descendue quelques heures plus tard.
Mais j'y ai pas cru au départ.
J'ai cru qu'il me faisait une blague.
J'ai vraiment pas cru.
Vous vous rendez compte, un mois sur deux de différence.
C'est énorme.
...
Je suis descendu le 15 juillet.
62, je suis sorti le 17 septembre.
Je me croyais le 20 août.
J'avais perdu un mois sur deux.
J'ai cru vivre un mois,
alors que deux, c'était en réalité coulé.
En fait,
le cerveau, quand il n'a pas l'image temporelle,
il abrège le temps.
Le temps passe très vite.
Il passe à la fois vite et lentement.
Il est passé très vite,
puisque je me croyais un mois avant.
Mais à même temps, j'avais des journées
qui me paraissaient longues parfois.
Elles étaient objectivement longues.
Mais en fait, je l'avais percevée très courte.
22 août.
On m'a appelé ce matin.
On me dit que l'expérience est finie.
J'ai fini.
Est-ce une blague de mes camarades pour me surprendre ?
Est-il vraiment possible que nous soyons le 14 septembre ?
Mais je retrouvais la surface.
La lumière.
Je ne suis pas sûr d'être prêt.
J'attends qu'on me rappelle.
J'ai peur.
Tant descendu, ils sont arrivés.
Ils m'ont montré l'heure.
Ils m'ont dit, non, Michel, il était l'heure.
Il y avait Yicoptera et Quartan.
On t'entend à l'aéroport, on t'entend à Paris,
à l'armée de l'air.
Tout est monté.
Et c'est fini.
C'est vraiment fini.
Ce que tu crois, c'est faux.
Ton 20 août, c'est pas le 20 août,
t'en es le 14 septembre.
Et ça, évidemment, c'était quand même un choc.
Un choc émotionnel.
Je ne sais pas si on ne peut en parler le terme.
C'était un choc fondamental quand même.
Parce que je n'y croyais pas quand même.
À ce décalage aussi important.
Dès le départ, je me dis qu'il y aurait un décalage,
peut-être une semaine,
que je me tromperai en plus ou en moins.
Je ne sais pas si ça serait en plus ou en moins.
Mais un mois, en moins,
là, ça a été quand même un choc qui a été violent.
Quand il m'a eu l'extrait de la chatière,
déjà, j'étais chaos.
J'avais perdu connaissance deux fois.
Ils m'ont tiré.
C'est très creux dans le dernier puits qui fait 20 mètres depuis l'entrée,
qui est toujours au jour, donc qui n'est pas dans la sécurité.
Là, j'ai tremblé de peur
que la corde casse.
Il n'y avait aucune raison que la corde casse.
Ça, ça m'a marqué. C'est un truc qui m'a marqué.
Ma extrait du Gouffre, c'est pas moi.
J'ai été aidé pour remonter.
La première chose que l'équipe a fait,
c'est m'enlever mes chaussures,
me mettre des chaussettes de montagne
pour avoir plus chaud et de m'entourer les pieds
pour que j'aie chaud aux pieds.
Et ça a marché, évidemment.
Puisque, là, quand je suis sorti,
on m'a amené sur une perche barneau à Dodome.
Faire les monter jusqu'à 2003, redescendre en 2100.
Là, un hélicoptère m'attendait.
On m'a amené à l'aéroport de Nice.
Et là, j'ai pris un avion qui était juste à l'heure.
Et on m'a amené à Paris avec des yeux bandés,
donc toujours en mitouflée.
Et on m'a amené à l'armée de l'Ir.
On m'a fait toutes les analyses comme m'avait fait avant.
C'est-à-dire qu'on a pu voir à la fois l'action de climat,
mais surtout ça a été dépassé complètement.
L'action de climat, on s'en est foutu royalement.
Ce qui comptait, c'était l'acronombiologie,
c'était l'écrit de meubiologique.
En fait, c'était l'acronombiologie naissante.
Acronombiologie humaine naissante.
Quand je suis sorti, on m'avait claque-muré les yeux.
On m'avait mis des lunettes noires et plus d'autres choses.
Je voyais que j'étais aveugle.
On m'a amené à l'armée d'air aveugle.
Pas aveugle, mais sans rien voir.
Et si à ce moment-là, on m'a mis dans un appareil,
on n'a rien adapté ma vue.
Et j'ai pu sortir sans lunettes.
D'ailleurs, ça a changé ma vision,
a changé complètement ma vision des couleurs,
ma vision du relief dont on avait fait les mesures avant
et qu'on a fait ensuite à l'armée d'air
à montrer des variations dans la vision extrêmement importante.
Le vert, je voyais bleu.
J'avais deux ans à le créer.
Un avait l'un en crevette, l'autre de l'un en crevée bleue.
Je confondais.
Ensuite, la vision du relief,
je m'en suis rendu compte à l'époque, au moment même.
Mais une fois sorti de l'expérience,
après 15 jours d'hôpital,
mon frère habité à ce moment-là aux Andelis, pas loin de Paris,
il m'a amené plusieurs fois par semaine.
J'avais l'impression que la voiture s'écrasait
dans la voiture qui était devant tout le temps.
Et donc, on s'est rendu compte à la fin de l'expérience.
Mes amis, ça a été rendu compte au milieu de l'expérience
au bout de 15 jours, 13 semaines.
Ils savaient, mais moi, je savais rien.
Eh bien, Maury n'a pas été de 24 heures,
m'a été de 24 heures 38 minutes.
Ce qui signifiait, en réalité,
qu'il y avait une dérive du temps.
Je me dérivais d'environ demi-heure, une heure par jour.
Si bien qu'au bout de trois semaines,
je me réveillais à 18 heures et je me couchais à 6 heures du matin.
J'étais exactement inversé, mon rythme biologique.
20 semaines, j'étais inversé.
En fait, j'étais le premier homme sans le savoir,
qui a montré que l'homme avait une horloge biologique
qui n'était pas de 24 heures comme tout le monde le croyait à l'époque.
Ça s'appelait le cycle nique thémérale,
comme le nique thémératériste,
alternant du jour dernier à 24 heures,
mais non, qui avait un rythme différent
chez l'homme, iné.
Je faisais un test de comptage,
un, deux, trois, quatre,
jusqu'à 120, 120 secondes, deux minutes.
On me donnait un top aléatoire,
une noté de Réxact.
Et quand je comptais de 120, deux minutes,
j'estimais moi,
il se passait cinq minutes.
C'est-à-dire que quand mon cerveau pensait une minute,
ça n'écoulait deux.
Quand je pensais une seconde, il s'en écoulait deux.
Il était 11 heures, hier matin,
et depuis 1500 heures,
le séquestré volontaire du gouffre de Scarason
attendait ce moment-là.
Michel Cypher était entré dans l'obscurité
et l'atmosphère glacial du gouffre
le 16 juillet dernier.
Lorsqu'il apparu, hier, sur le dos d'un de ses camarades,
du club Martel de Nice,
sa tête était recouverte d'une couverture.
On craignait pour ses yeux,
habitué depuis 63 jours à la nuit presque totale.
19 septembre 1962.
L'expérience de Michel Cypher
prouve que le cosmonaute
survivra à l'avenir sur une planète lointaine.
En effet, Michel Cypher s'est placé
au cours de son expérience,
dans des conditions de vie,
se rapprochant de celles que devront supporter les cosmonautes
qui partiront dans un proche avenir
vers des planètes lointaines.
Il était donc intéressant de savoir si,
au terme d'un voyage sans aucun contact humain,
l'individu est à même de se ressaisir assez rapidement,
de récupérer de façon telle à pouvoir le cas échéant,
effectuer une mission de reconnaissance
et assurer son retour vers la Terre.
Il semble que le jeune spéléologue
vienne d'en fournir la preuve.
– À Terre, actualité.
– Mais à l'époque, c'était prémitif.
Il faut comprendre que c'est une époque
où il n'y avait rien qui n'avait jamais été fait là-dessus.
Qu'est-ce que c'est que ce mec,
que ce spéléologue qui se met sous Terre ?
D'abord, ça ne va servir à rien.
J'ai entendu pendant les deux, trois années qui ont suivi.
Ça ne sert à rien, ces expériences.
Mais c'est tombé.
Au moment où la France lancait ses programmes de sous-marin nucléaire,
on n'avait aucune expérience sur la rythme qu'il fallait faire.
Donc, Gagarin était parti en 1961.
Au début de la compétition russo-américaine
de la conquête de l'espace,
c'est tombé un moment où il y avait la guerre froide,
où la France s'est lancée dans un programme
d'abris souterrain de sites de lancement de fusée.
Sans que je le sache,
il y avait des gens, des militaires, qui soutenaient mes projets.
J'ai eu des contrats d'État importants.
Mais c'est venu après.
Les trois premières espérances, la mienne,
et les deux suivantes ont été fabriquées avec des moyens dérisoires.
Dérisoires, téléphones et montres.
C'est tout.
Depuis 30 ans, je ne porte plus de montres.
J'ai toujours mon téléphone, je peux voir l'heure.
Je veux dire, je m'en fous.
Je me fiche complètement du temps.
Je vis, presque comme un animal, c'est très cru.
Mais je n'ai pas de pensée.
Je me dis que, si je me disais que je ne me disais pas,

Je me disais que j'ai une vision de la vie prérelative.
Ça marche, ça marche, ça marche pas.
Bon, il faut essayer que ça marche le mieux possible, naturellement.
Il y a eu deux choses qui ont été la base de la passion,
aller vers l'inconnu et découvrir des choses nouvelles.
Ça m'a guidé toute la vie,
à la fois par la suite pour mes expériences hors du temps.
Mais ça m'a amené à 20 ans dans les jungles de Célandre,
de Sri Lanka.
Ça m'a amené à 40 ans dans les jungles d'Amérique centrale,
du Guatemala, de Belize, du Mexique.
Et ça a été une formation qui m'est restée toute la vie.
Michel Cypher tournera deux fois pour ses expériences
qu'on appelle désormais hors du temps.
En 1972, engagée par la NASA pour 250 jours
dans la mine Nike au Texas,
puis en 1999 pour 64 jours dans l'Hero.
Entre temps, il supervisera les expériences d'autres,
comme celle de Véronique Le Guin,
restée 111 jours sous terre pour l'étude des cycles circadien.
Et puis, il y a aussi des expériences
Les Balladeurs, une série « Leozer » se signé Camille Juzo,
avec la musique claustrophobique de Alice Anbrassac
et le dark mix de l'Origalienne.
Nous terminons cette deuxième saison de balade
du Pôle Nord au Salto Angel, du désert de Mauritanie,
au profondeur sous-marine en Apnée,
avec toujours le même plaisir de vous compter ces histoires.
Si vous avez vous aussi pris du plaisir à nous écouter,
dites-le nous sur vos applications,
avec vos plus beaux mots ou en nous décrochant des étoiles.
Et pour prolonger l'aventure,
et vous faire encore un peu frissonner,
nous vous retrouvons bientôt avec un épisode bonus
et des inédits de la saison.
À bientôt.

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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