
Molière : le plus fabuleux des auteurs ! (Ep.2)
Durée: 16m47s
Date de sortie: 08/12/2021
durée : 00:16:47 - Les Odyssées - Acteur et chef de troupe, Molière est maintenant l’auteur de ses pièces. Ses excellentes comédies font rire et séduisent jusqu’au roi Louis XIV. Car Molière a l’œil, rien ne lui échappe, sous sa plume, nos défauts deviennent irrésistibles.
Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli
pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
Depuis 6 ans, Molière et Madeleine sont sur les routes.
Ils vendent des bananes, des pommes, des artichauts.
Mais non, pas du tout, je raconte n'importe quoi.
Et Sion, le sud-ouest de la France.
À Montpellier, à Bordeaux, à Pesnas, ils s'arrêtent de longs mois pour jouer leur plus belle tragédie.
Molière n'est pas le seul camarade que Madeleine a fait engager dans sa nouvelle troupe.
Mais êtes-ce qu'elle a réussi à embarquer avec elle trois anciens de l'Injustre Théâtre ?
Elles croient en leur petit groupe, et ils ont déçu quelques échecs et alors ?
Le soleil brillera à nous. C'est une question de temps.
Dans le carrosse qui les emporte vers la prochaine destination, la jeune femme observe Molière, du coin de l'œil.
Ce type est dément. Il a le théâtre dans le sang.
Oui bon là, tout de suite.
C'est vrai qu'il n'est pas le plus fort de sa forme.
Mais que veux-tu ? Il est casseur, c'est l'été.
Après le canard griller et les piscées de rosé, un petit roupillon s'impose.
Madeleine et Molière adorent la vie de troupe.
En tournée, on partage tout. Les joies, les peines, et parfois même un peu plus.
Je sais, euh... Pardon, j'ai perdu tous mes slips. Tu pourrais pas m'en prêter un ?
Bravo les amis ! Oh oh, quelle solidarité !
Molière et ses camarades sont une famille, une tribu.
La tribu, Manu le vie joyeuse. Ils vont de château en château, ils jouent pour divertir la noblesse, souvent lors de grandes fêtes.
Après les représentations, on leur sait que des poulardes, des dendonos bien juteux et bien sûr, des crottins de bruit.
Ce fromage ne te dit rien ? Normal, je viens de l'inventer.
Pour payer les costumes, les décors, les salaires, les comédiens recherches de puissants protecteurs.
Molière est très habile avec eux. Il charme, il séduit, il arrive toujours à leur faire ouvrir leurs petits porte-monnaies.
Plus quatre...
Deviens directeur. Les affaires vont bien. Depuis peu, ils sont sous-tus par le très puissant prince de Conti, la troupe, joue partout.
Et ce n'est pas uniquement grâce à la beauté de leur décor ou la richesse de leur costume.
Non, ce sont d'excellent comédiens, il se la fait beaucoup.
Beaucoup, mais pas tout. Pour réussir, vraiment réussir, il faut proposer au public de nouvelles pièces.
Et oui, c'est normal. Les spectateurs n'ont pas envie de se farcir sans ces fois la même histoire.
Entendu, mais où les trouver ces nouveaux textes ?
Pour se coller à la tâche. D'où se regarde ? Puis il se lance dans une partie de plouf en diablet.
Plouf, plouf, ce sera toi qui...
Plouf, plouf, plouf, ce sera toi qui... Plouf, plouf...
Oh, ça va, ça suffit là.
Molière, agacé, décide de se retrousser les manches.
Des pièces ? Il en a déjà écrit deux assez courtes en un acte qu'on appelle des farces.
Il est temps pour lui d'aller un peu plus loin. Seul, dans sa chambre, il allume une petite bougie.
Il trempe sa plume dans l'encre noire, puis il la fait glisser sur une feuille de papier...
Chut, pas tout à fait blanc, mais oui, un peu crème.
Oh non, Molière, mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu viens de dessiner une patate ?
Oui, elle est aussi mal en plus.
Oui, je sais, Laure, je voulais te faire une petite blague.
Ah oui ? D'idon, c'est réussi. Tu m'as bien eu une vieille branche.
Mais allez, reprenons.
Molière écrit sa première grand pièce et... surprise, c'est une comédie qui l'intitule... Les tourdiants.
Comédien et directeur de troupes. Le voici également, auteur de théâtre.
Quel succès, c'est parti, il ne s'arrêtera plus !
C'est alors que...
Katastroff, le prince de Conti, les lâche !
Sans protecteur, que va-t-il arriver à la troupe de Molière ?
Notre homme, heureusement, a plus d'un tour dans son sac.
Il décide de faire un petit voyage.
A peine de retour, il réunit ses camarades.
Mes amis, je reviens de Paris, où il faisait un temps...
Mais alors, un temps...
Un fait, alors ça, franchement, on a beau dire Paris c'est beau, mais il pleut.
Allez Molière, abrège, on n'en peut plus là.
Bon, comme je vous le disais, je rentre de Paris avec une très grande nouvelle.
Nous avons un nouveau protecteur.
Nous sommes désormais la troupe de Philippe d'Orléans, frère unique de sa majesté, le roi.
Nous jouons au théâtre du petit Bourbon.
Nous sommes en 1658, Molière, à 36 ans.
Il porte la moustache et des souliers à boucle en argent.
Il rentre à Paris, puis a décidé, cette fois, à s'y faire une place.
Oh là, monsieur Molière, ha ha, aide-vous-su.
La concurrence, je vous le rappelle, est rude.
Arriverez-vous, cette fois, attirer votre épingle du jeu ?
La troupe donne ses premières représentations en novembre 1658.
Il décide de se lancer avec une tragédie.
Oh oh, mauvaise idée, c'est un flop.
15 jours plus tard, il joue du pièce comique écrit par Molière.
Cette fois, oh, c'est nial, le public est au rendez-vous.
Très vite, la troupe est invitée à jouer devant la cour.
Au palais du Louvre, au château de Vincennes, chaque fois, le roi est présent.
En plus, il ne balle pas une seule fois.
Oh pétard, mais tout le sourire !
Maintenant, il faut durer.
Molière se creuse les ménages.
Épaté et séduit, encore et toujours, voilà le prix du succès.
Mon public veut rire ?
Eh bien soit, je le ferai rire, mais je dois aussi le surprendre.
Reste à trouver comment ?
L'œil de Molière est éguisé.
Il perçoit très finement les défauts des hommes et des femmes de son temps.
Cette qualité, il décide de s'en servir.
En 1659, Molière a un coup de génie.
Il écrit les précieuses ridicules.
Dans cette pièce, il moque certaines dames de la haute société
pour lesquelles rien n'est jamais assez élégant.
Il joue Masquerie, un valet aussi friponque rusé.
Molière l'utilise son corps.
Il bouge dans tous les sens.
Il a des mimiques incroyables.
Les spectateurs sont sur les fesses.
Ils n'ont jamais vu ça.
Molière vient d'inventer une nouvelle façon de faire rire et de jouer.
Un voire de fraîcheur souffle sur la scène.
Le public a l'impression de voir la vie.
Là, en train de se dérouler juste devant ses yeux.
Les comédiens font semblant, bien sûr.
Pourtant, c'est aussi vrai que nature est tellement drôle.
La troupe s'est produite au théâtre du palais royal.
La scène est immense.
Molière se frotte les mimiques.
1500 places.
Génial ! Nous allons multiplier les bénéfices.
Notre homme n'est plus simplement comédien ou auteur.
Il le met en scène.
Il choisit le décor.
Il est partout. Il fait tout.
Chaque soir, entre les portiers, les musiciens, les danseurs, les éclairagistes,
il fait vivre près de 50 familles.
Tous compte sur lui.
Bonjour la pression !
Heureusement, les parisiens l'acclament.
Tous ? Oh, bah non.
Dans les rues de la capitale, les bouches sont souvent pleines de poison.
Molière ! Ah oui, il écrit des petites pièces rigolotes.
Mais bon, rien à voir avec la grande, la majestueuse tragédie.
D'ailleurs, il essaie bien d'en jouer avec sa troupe.
Fais-le pour ! Mais ça ne marche jamais !
Molière n'est pas dupe. Il sait tout ça.
Mais qu'il continue à jacquer dans mon dos, qu'est-ce que ça peut faire ?
Mes petites pièces font rire Paris et le roi.
Le roi, c'est Louis XIV.
Il a environ 24 ans. Il adore le théâtre, la musique.
Dans son nouveau château à Versailles, il donne de son tue faite.
Il veut t'y dériver tel à l'astre et montrer l'étendue de sa puissance.
Bientôt, tous l'appelleront...
Le roi soleil !
Louis XIV a besoin d'un artiste à sa mesure.
Molière sait se montrer à la hauteur.
Il m'éteint en scène de somptuos spectacles, mélanges, danse, théâtre et musique.
Louis XIV essais-duit. Molière n'est vraiment plus n'importe qui.
Il a un grand grand grand.
Il y a quelques années, il s'est marié.
Son épouse fait partie de la troupe. Elle s'appelle Armande Péjar.
Officiellement, elle est la petite soeur de Madeline, mais en vérité,
elle s'agit de sa fille.
Molière continue d'écrire, d'inventer, de créer.
Tout ce qu'il observe se retrouve dans ses pièces. Il moque. Tout.
A Varis, mauvais poète, mauvais mari, marièze forcé, tout y passe.
Il offre à la noblesse un miroir, en brin des formons et miracle.
Il rit aux éclats !
Molière va de plus en plus loin. Ces ennemis sont nombreux.
En 1664, il s'attaque à la religion.
Dans sa pièce Tartuffe, il décrit les méaventures d'un faux dévot,
un homme, soi-disant, très croyant, qui n'est en fait qu'un imposteur, un hypocrite.
L'Église, très puissante à l'époque, réagit au quart de tour.
On fait pression sur le roi. Certains rêvent de voir Molière,
brûler sur un bûcher. L'Église finit par gagner.
Tartuffe est interdit de représentation.
Molière ne compte pas au resté-là.
Il change sa pièce, il l'adoucit.
Cela suffira-t-il ? Pas sûr.
Seul le roi peut en sortir de là.
Mais zut ! Louis XIV est parti à la guerre.
L'auteur est Tenas. Il fait envoyer deux amis comédiens
sur le champ de bataille dans l'espoir d'obtenir une autorisation.
Il asse, il rentre brodouille !
Molière a le moral au fond des chaussettes.
Allez, la vie continue. Il écrit et il joue d'autre pièce.
Cinq ans plus tard, le roi autorise finalement Molière,
à jouer son Tartuffe, modifié.
Le jour de la reprise, tout Paris se presse pour voir la fameuse œuvre
par qui tant d'années a été interdite.
Le triomphe est total !
Les années passent.
Nous sommes en 1672.
Molière, à cinquante ans.
Il est riche et célèbre.
Hélas, cette année-là, Madeleine Béjar,
sa plus grande amie, meurt.
Notre homme est dévasté.
L'année suivante, il n'est pas en grande forme.
Il joue alors le malade imaginaire, sa dernière création.
Le jour de la quatrième représentation,
on le suplit de ne pas monter sur scène.
Molière refuse d'écouter.
Si je ne joue pas, cinquante personnes ne toucheront pas leur salaire.
A la fin de la pièce, il rentre chez lui...
Franchement pas trac.
Il touche, son monchoir est taché de sang.
Quelques jours plus tard,
il meurt.
Nous sommes le 17 février 1673.
Un an, jour pour jour, après la mort de Madeleine.
Dehors, la neige s'est arrêtée de tomber.
Molière n'est pas vraiment mort cette nuit-là.
Une semaine après son enterrement,
ces comédiens reprennent le malade imaginaire.
Ils continuent ensuite de jouer ces autres pièces,
et les spectateurs continuent de les acclamer.
Sept ans plus tard, Louis XIV décide de réunir la troupe de Molière,
la troupe du Marais et celle de l'Hôtel de Bourgogne
pour créer un nouveau théâtre,
la comédie française, laquelle existe encore aujourd'hui.
Si tu y vas un jour, j'attends un œil dans les couloirs.
Dans un grand cube transparent,
tu pourrais bien apercevoir un vieux fauteuil de cuir.
Sa fauteuil, c'était celui de ma tante Germaine.
Mais non, bien sûr, c'était celui d'Argan,
le personnage joué par Molière,
dans sa dernière pièce, Le Malade Imaginaire.
Les Odyssey est un podcast original de France en Terre.
Derrière cet épisode, il y a
Hélène Biziot, Fanny Le Roi, Benjamin Orgeret, Basil Bocair
et moi, leurs grands besançons.
Au théâtre, la couleur verte porterait malheur.
Mais pourquoi ?
Eh bien, il paraît que la dernière fois que Molière a joué,
il avait un costume vert.
En réalité, la méfiance vis-à-vis de cette couleur
viendrait de certains composants,
utilisé dans la teinture,
qui, autrefois, est une petite fauteuil de la fauteuil.
Et c'était très toxique.
Episode suivant:
Les infos glanées
Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Tags
Card title
[{'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]
Go somewhere
Molière : naissance d'un acteur (Ep.1)