Molière : naissance d'un acteur (Ep.1)

Durée: 16m55s

Date de sortie: 08/12/2021

durée : 00:16:55 - Les Odyssées - Jean-Baptiste Poquelin est d'abord un spectateur exalté avant de devenir un comédien passionné. Suivons les débuts du jeune prodige, guidé par sa complice Madeleine Béjart.

Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli.
Pour les profs, les élèves et aussi leurs familles.
En 1622, Paris est une ville sombre.
Les rues sont étroites et surtout...
Ah !
Malodorantes !
Heureusement, il y a toujours quelque chose à voir.
Dans le quartier d'Éal, au centre de la ville, la foule bondie s'achète.
Pas très loin de là, au numéro 96 de la rue Saint-Honoré, c'est l'aile.
Une étrange bâtisse.
Tu la vois ? Sur la façade sans sculpté, sept petits singes.
Qu'ils sont mignons ! Ils en font de drôles d'eux, singeries !
Un soin-zard ? Oh non, sûrement pas !
Nous sommes le 14 janvier 1622.
Dans quelques minutes, que dis-je ? Quelques secondes.
Derrière l'épaisse porte de bois va naître un vigoureux enfant.
Le petit est en avance, il est pressé d'arriver au monde.
Ah ! Ah ! Ah !
Plus tard, il portera de l'eau mon péroque.
Il le montra sur scène, il sera homme de terre.
Son nom ? C'est Molière !
Molière, brûle d'un feu sacré.
Passionné, il veut tout.
Jouer, écrire et bien sûr, rencontrer le succès.
Tout doux, M. Molière, tout doux !
Vous n'êtes pas le seul à rêver de la gloire.
À Paris, à cette époque, les acteurs, les auteurs rivalisent de talents et d'audace.
Qui sera la meilleure ? Qui réussira à s'attirer les faveurs du roi ?
Le soir, devant les stables de spectacle, on surveille l'état de crottin avec anxiété.
Y en a-t-il assez ? Pourrait-il y en avoir plus ?
Eh oui, c'est normal !
Plus il y a de crottin, plus il y a de carrosse, plus il y a de carrosse, plus il y a...
De roues ? Mais non ! De spectateurs !
Dans ce monde éclairé à la bougie, le public est un loup cruel, exigeant.
Il en veut pour son argent.
Les spectateurs crient, ils sifflent et s'ils trouvent la pièce vraiment trop mauvaise,
ils n'hésitent pas à envoyer.
He he, de grosses pommes crits !
Amour, jalousie, trahison, coup de théâtre.
Le chemin qui mène au succès est une pente sacrément glissante.
Molière, a-t-il chaussé ses souliers à crampons ?
Arrivera-t-il à briller tel un astre dans le firmament du théâtre ?
Attention, la pièce commence.
J'espère que tu as préparé tes pommes cuites.
Si je suis trop mauvaise, n'hésite pas à m'enjeter quelques-unes.
Je pourrais faire des tartes !
Jambatiste
Au début de sa vie, Molière ne s'appelle pas encore Molière,
mais jambatiste Poclà.
Jambatiste a dix ans, lorsque commence notre odyssée.
C'est un matin de printemps. Le ciel est clair, la maison...
Silencieuse.
Jambatiste, attends, on va de l'escalier.
La barbe ! Il n'a pas le droit de monter.
Le petit jette un coup d'œil à droite, puis, à gauche, personne.
Allez ! Ça se tente !
Les marches sont hautes et glissantes.
Arrivé au premier étage, au bout du couloir, il pousse une porte.
Elle sous.
Sous un ray de lumière, Jambatiste aperçoit sa mère.
Allongée sur le lit.
Les mains, le bras, le cou, le visage...
Ils sont si blancs.
On dirait de la glace.
Elle est morte ?
Demande lors de ses frères qui, discrètement, la rejoignent.
Pas encore.
Réponge Jambatiste.
Avant de refermer la porte, il demande...
Maman, si tu pars, ou s'en iras l'attendre, par la fenêtre ?
Quelques heures plus tard, sa mère meurt.
Nous sommes en 1632, Jambatiste, ferme les yeux.
À voix basse, il chuchote.
Plus rien ne sera comme avant.
Allez, viens, enfile ta cave, on sort.
Louis, le grand-père, sert la main de son petit-fils,
et l'emmène à quelques rues de là, dans un endroit épatant prodigieux.
Où ça ?
Mais sur le Pounaf, Mardi !
Euh, mh, pardis.
Au-dessus de la scène brillante, on se presse.
Attention, attention, chaud de vent !
Le Pounaf grouille !
À droite, à gauche, sur des scènes bricolées avec des morceaux de bois,
des bonimenteurs vendent des élexires, des potions, des pommades...
Mon Seigneur, vous n'avez plus en poil sur le canyau,
et pas de panique, de gorgée de moussirop magique, et hop !
Vous verrez, ça va pousser comme des palmiers !
Une forêt sur votre tête, ça vous dit ?
Ces produits miracles soignent à peu près tout, et n'importe quoi.
De ma demeur, la peste, la gale...
Oh, c'est incroyable !
De temps en temps, une voix crée.
Vous voulez, vous voulez !
Et puis, au milieu des arracheurs dedans, des barbiers, de la foule, des musiciens s'instagent.
Ah dis donc !
Des funambules sautent sur des cordes, certains crachent du feu, ou bien, ils avalent des serpents.
Ah non, non, non, ça c'est un charme pas un serpent.
Jean-Baptiste observe tout ce monde, facile.
Les années passent, le petit, grandit.
Il a 12, 13, 15 ans.
Son père, tapissier décorateur, travaille désormais pour le roi.
C'est un immense honneur.
Un jour, bientôt, son fils prendra la relève.
Et d'ailleurs, ben, où est-il ?
Eh bien, il est pas souvent dans les parages, le petit sacré pont.
Un plus de trois.
Jean-Baptiste étudie au collège, où il apprend le latin, le grec, la philosophie et les mathématiques.
Six, sept, deux et...
Ou bien, il se promène sur les ponts neufs,
ou encore mieux, il se rend au théâtre.
À Paris, à cette époque, deux grandes troupes se partagent les honneurs du public.
À l'hôtel de Bourgogne, au théâtre du marais, on joue des comédies, des farces, des bouffonneries.
Et bien sûr, des tragédies.
Jean-Baptiste assiste à tout.
Il envoie des merveilles, gros guillaumes, gauchiers gargouilles, turent les pains.
Ces comédiens sont grandioses.
Sur scène, ils ont aussi tout.
Jean-Baptiste vibre de tout son être.
Dans son cœur, cette allumée, une flamme vive et intense.
Elle dessine ce mot sacré et magnifique, le mot...
Charentesse !
Mais non, théâtre, théâtre, voyons.
Alors, oui, il pourrait devenir avocat et écrire des pièces à côté.
Beaucoup de poids font ça.
Son père pourrait sans doute l'accepter.
Mais...
Le jeu, la scène, purée, s'abroule, s'appique.
Se tenir debout façon spectateur et voir leur bonne face pleurer ou bien rire.
Quelle bonheur, quelle joie, quelle pouvoir !
À quelques rues de chez lui, dans le café des Halles, habite la famille Bégin.
Le jeune homme est tout le temps fourré chez eux.
Quelle ambiance dans la maisonée, on s'est joyeux, détendus.
On peut même y entrer tout croté.
Leurs filles aînés, Madeleine, à 20 ans.
Elle ne ressemble à personne.
C'est une femme libre, vive, brillante, je dirais même plus, éclatante, comme en rubis.
Jean-Baptiste dans son genre n'est pas mal non plus.
Le jeune homme, pétis comme du champagne.
Dans sa tête, les mots, les idées se bousculent.
Il aime les plaisirs, il aime rire, et surtout,
il fait rire.
C'est dans ses yeux, dans les mouvements de son corps,
il y a quelque chose de drôle, détonnant, de surprenant.
Madeleine et Jean-Baptiste partagent la même passion du théâtre.
Jean-Baptiste, tu nous imagines,
toi et moi sur la scène du théâtre du marais,
ou encore mieux, avec la troupe royale de l'Hôtel de Bourgogne.
Ce serait de la dynamite !
Ah oui Madeleine, je nous vois.
Euh, Madeleine, je nous vois.
Jean-Baptiste, c'est Béjar, mon nom.
Oui, oui, je sais, mais dis-moi, pourquoi rejoindre une troupe,
alors que nous pourrions créer notre propre théâtre ?
Oups !
En portée par la passion, Jean-Baptiste vient de se vautrer dans les escaliers.
Ça va, Jean-Baptiste ? Rien de grave ?
C'est... ça va, alors, ça va. C'est juste ma dent, mais on peut continuer.
La passion n'attend pas. Jean-Baptiste annonce à son père
qu'il ne sera jamais avocat.
Ni...
Franboise ? Ni Franboise, ni pâtissier.
Eux, non, pfff, tapissier.
Oh, désolé, c'est mon ventre, il gargouille !
Un an plus tard, en 1643, avec Madeleine et huit autres camarades,
dont certains membres de la famille Béjar, ils fondent
l'élustre théâtre.
Il lustre théâtre ? Oh, dis-donc, ils ne vont pas avec le dos de la cuillère.
Remarque, ça annonce la couleur.
Élustre, dans ces années, c'est un mot très à la mode qui signifie
brillant, éclatant de lumière extrêmement fameux.
Et tout ça.
Mais c'est exactement ce dont rêve cette bande de comédiens fous.
Dans les rues de Paris, immédiatement, s'agir.
Une nouvelle troupe, en plus du théâtre du Marais et de l'hôtel de Bourgogne.
Quelle culotte, quelle audace !
L'élustre théâtre ne manque pas de courage, en effet.
Entre nous, ça vaut mieux.
A l'époque, une salle de théâtre, oh ben oui, ça ressemble un peu à une foire d'emploi.
Les spectateurs, pour la plupart, se tiennent debout, au parterre.
S'ils sont très snobs, ils peuvent acheter des sièges de chaque côté de la salle.
Tous se parlent, ils mangent, ils boivent et parfois, ils se battent.
Au milieu de tous ces bazar, il en faut du talent pour réussir à capter l'attention.
La troupe est ambitieuse, ils voient grand, très grand.
Et puis, ils ont le goût du risque.
Pour rivaliser avec leurs concurrents, ils dépendent sans compter.
Leur, des grands travaux à sonner.
Près du pont neuf, ils l'eau une salle, qu'ils font entièrement réaménager.
Ils font peindre de grandes toiles qui représentent la mer, la forêt,
ou encore d'immenses palettes.
Ils font même pavés la rue juste devant l'entrée.
Car, oui, des carosses viendront, au moins des centaines.
Le 31 décembre 1643, l'éluste au théâtre est prêt à donner sa première représentation.
Que vont-ils jouer ?
En coulisses, les comédiens sont costumés, maquillés.
Jean-Baptiste et Madeleine se regardent.
Leurs yeux battent, leurs cœurs brillent.
Non, non, non, c'est pas ça.
Leurs yeux brillent, leurs cœurs battent.
Oui, c'est ça.
On ouvre les portes.
Mais, que se passe-t-il ?
Eh bien, il n'y a pas grand monde.
Les spectateurs, pour la plupart, sont à l'hôtel de Bourgogne ou au théâtre du marais.
Les semaines passent.
On ne peut pas dire que ça se presse vraiment au portillon.
Jean-Baptiste est debout du rouleau.
Lorsque...
Coupe le théâtre !
Le théâtre du marais prend feu.
En énuie, il est réduit en cendres.
Oh, c'est triste.
Quel horrible mes aventures !
Il pourrait sans doute profiter à la troupe de l'illustre théâtre.
Bingo ! C'est exactement ce qui arrive.
Les spectateurs affluent comme les saumons qui remontent la rivière.
La troupe joue devant des salles remplies et rabords.
L'argent coule à flots.
Jean-Baptiste change de nom.
Il se fait désormais appeler...
Molière.
Hélas, le théâtre du marais se relève.
8 mois plus tard, il réouvre avec une scène plus grande, des costumes plus beaux et des décors encore plus grandiose !
Impossible de rivaliser.
Pour l'illustre théâtre, c'est la banque...
Croute.
Bah quoi ? On dit pas comme ça ?
Oui, bon bah, ça va.
C'est la banque route.
Le ciel est bien sombre pour le jeune Molière.
Que faire ? Abandonner ses rêves ?
Madeleine, qui est une comédienne extrêmement talentueuse, vient de se faire engager dans une nouvelle troupe qui part bientôt en tournée.
Allez Jean-Baptiste, viens avec moi !
Tous les deux ont effet pour le théâtre et rien d'autre.
Il faut jouer, jouer et encore jouer.
Le reste te suivra.
Partir en tournée ? Prendre la route et jouer un peu partout en France ?
Oh oui ! C'est vrai que c'est en temps !
Molière, accepte de la suivre.
Adieu Paris !
Une page se tourne, une nouvelle aventure commence !
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Derrière cet épisode, il y a...
Hélène Biziot
Fanny, le roi
Benjamin, hors gerais
Basil, bocker
Et moi, leur grand besoin son.
Je le sais sans doute, les acteurs, juste avant de rentrer sur scène, ont l'habitude de se dire.
Merde !
Cette coutume vient de l'époque où les spectateurs se déplacaient en carrosses, comme au temps de Bolière.
Ainsi, plus il y avait de crottins de l'entrée, plus il y avait de monde dans la salle.
Et oui, la crotte autrefois était synonyme de succès.
Tu as envie de prolonger le voyage ?
Bonne nouvelle !
Les Odyssey existent désormais en livres.
Retrouve Calamity Jane,
Le monstre du Loch Ness,
Marco Polo et bien d'autres fantastiques aventures,
dans un livre magnifiquement illustré.
Une coédition France Inter.

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