Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Back Market, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Nous sommes très heureux de vous retrouver pour le début de cette saison 3 des baladeurs.
Tous les 15 jours, nous vous proposerons des aventures immersives au bout du monde pour vous faire rêver, frissonner, voyager.
Les baladeurs, une série audio, Les Ozzers.
Des balades, des aventures, des mes aventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti !
Les ventes, les pluies rugissantes
L'expérience de la forêt amazonienne, la grandeur du végétal, les sensations animales, les peuples de la canopée, les vents, les pluies rugissantes.
Un spectacle grandiose autant qu'effrayant, harassant.
Guilhem Néral se souvient de ses premiers pas dans cet espace longtemps appelé « Enfer vert ».
Nous sommes en 2007, il part alors avec Loïc Piyoua, son ami d'enfance, son compagnon de route et d'aventure.
Milton Atum, écrivain né à Manaus, disait de l'Amazonie.
Beaucoup de livres l'ont représenté géographiquement comme un espace sans sortie.
Quand on va sur le fleuve, quand on entre dans la forêt, on a la sensation d'être perdu, pour toujours peut-être.
Guilhem et Loïc peuvent-ils savoir en s'enfonçant dans la forêt quel sera le chemin pour en sortir ?
Au départ je disais expédition, j'aimais bien le terme, et puis on me l'a reproché,
parce que dans l'esprit d'expédition, ce n'est que scientifique pour réserver à une élite.
Non, on a fait une expédition comme on fait dans les années 50, mais nous on n'avait pas des porteurs,
par contre on avait la boussole, on avait une carte dégueulasse, on n'est pas les porteurs,
mais on l'a fait à l'instinct et aux tripes et à la passion.
C'est la passion qui a dépassé tout ça, et cette passion s'est construite par notre rencontre,
nos études, par la chénie Malayenne qu'on a découverte.
Pareil, on est ce qu'elle a dans des risières, parce qu'on se demande comment on peut avoir la chénie Malayenne
en étant que 2 000 mètres d'altitude, et puis on est passé sur une crête, et là,
on voit les sommets, on a une personne qui se renvole stationnaire au-dessus des nuages.
On était au Népal, et c'était la magie de la nature, quoi.
On va aller courser du tigre, du rhino-séros dans un parc à Chitois-de-Barque, d'ailleurs,
au Népal, ou là, c'est contrairement à l'Afrique, vous ne pouvez pas voir,
parce que dans ces dévégétations, vous entendez l'animal respirer,
parce qu'en Afrique, en savane, vous pouvez le voir au loin et vous approcher.
Et puis là, non, puis là, vous entendez du bruit, puis vous entendez le truc respirer.
Ben oui, il y a factorisme. C'est la passion, quoi.
Et la nature, heureusement, il y a encore factorisme.
...
Loïc, donc je crois que ça fait 25 ans.
Moi, on a deux ans, 23 ans.
Un petit bonhomme, des yeux bleus, extraordinaire.
J'ai une beauté, c'est persent.
Un regard...
intelligent et...
voilà, avec beaucoup...
encore on dirait, beaucoup d'intensité, quoi.
Il y a quelque chose qui se dégage, ça, un personnage.
Et on s'est retrouvé tous les deux dans un lycée agricole pour notre BTS de paysagistes.
Et tous les deux seuls, au milieu de ces bâtiments,
on se demandait, on cherchait chacun, et puis en fait, on était dans la même promo,
avec deux parcours différents.
Moi, je venais déjà du paysage, lui, de BAC scientifique.
Et on parlait déjà de maires natures dans nos devoirs écrits.
Un certain prof était un peu...
mais certains avaient travaillé en Afrique, notre site était passionné par la nature,
donc il s'était assez...
On était un peu sans prétention dans la promo tous les deux, pas typiques, quoi, comme étudiants.
Et les profs, je le savais, tous les deux, on était bien dissociables, hein.
Chaque fois, il fallait qu'on soit ensemble.
Donc nous sommes partis février 2007
et on se voit en novembre, quand on se retrouve avec Louis,
quand on parle de nature, de voyage, voilà, on a envie de partir.
Et puis on se dit bon, on y va, quoi, hein.
L'idée, c'est quand même, la France a la chance d'avoir un morceau,
une petite parcelle de foi amazonienne, donc c'est quand même extraordinaire.
Et l'idée, c'est de faire un east-west, donc de partir d'origine,
que nous avons rejoint en 4-4, remonter le fleuve La Progue,
en Pyrogue, se faire déposer à Grand Sault Canorie,
qui est un saut qui est difficilement franchissable, quoi, en Pyrogue.
Et de rejoindre Saul, un petit village qui est à l'ouest.
Sa cadeau, on prend le truc minimum, bon, on a combien, moi, je...
je travaillais à mon compte à l'époque, lui aussi.
Bon, allez, on part 10 jours, c'est raisonnable, 10 jours.
10 petites journées, j'aurai une nuit en forêt,
ça va nous faire le plus grand via, et puis, vraiment, on va se retrouver tous les deux, quoi.
C'était... c'était la magie de se retrouver tous les deux,
chaque fois, c'est ça, rien en milieu naturel, hein.
Et ça s'est décidé très vite.
J'ai metté, on fait une préparation physique un peu à part, et tout.
Non, non, on était... on faisait beaucoup de vélo,
faire un peu de la tassure alimentation, puis après, voilà, marcher,
et effectivement, féroiller, nous sommes partis dans la plus grande excitation,
et hyper remonter.
Voilà, là, on est... on attend la pirogue, en fait.
On va forer derrière tout de suite, on va la dimension du...
du végétal, la place du végétal, en forêt, quand ça s'exhonne, on y est.
On est bien chargé, donc, la boîte à pédicules, photos, tout ce qui... tout ce qui s'ensuit.
Première nuit à Régina, dans un carbé en dur.
Donc, on a des moustiquaires, un nouveau hamac,
un nouveau mou, un nouveau mou, un nouveau mou, un nouveau mou,
bon, ça, on met triste, tout ça, les carbés, on sait faire.
Bon, voilà, c'est un carbé qui est en dur, hein.
Ensuite, ça va être en forêt.
On est avec deux piroguiers brésiliens,
et qui connaissent tous les méandres, en tout cas, de la proie.
Ça, c'est un véritable aberrinte, et on remonte le fleuve comme ça,
on va faire entre 8 et 10 heures, si il me souvenait que ça me monte pirogue.
C'est épuisant entre le bruit et... mais bon, c'est quand même magique, hein.
Parce qu'on a un forêt qui est extraordinaire tout autour.
Alors, il y a quelques habitations, parfois, ça c'est au tout début.
Et ensuite, ça commence à bouger un peu.
Donc, pour remonter tout ça, c'est pas toujours évident,
par fort, dans des zones locales.
Par droite à gauche, là, il faut vraiment connaître le fleuve,
et les personnes qui nous accompagnent,
maîtrisent vraiment tout ça.
Immensité de la forêt.
C'est...
On remonte, on remonte, on passe.
Là, ça commence à se rétrécir, hein, après un roman,
plus on rentre dans la forêt, plus ça se rétrécir.
C'est quand même magique.
Ça s'exhondit, on arrive là-dedans.
On évite quand même ramener à la réalité,
c'est-à-dire que 8 heures de pirogue,
il faut le vivre avec le moteur à fond,
un bruit et d'enfer.
Donc, parfois, ça va,
pis fait chaud, vous avez les courants d'air chaud, là.
On est bien, on est sur le fleuve, c'est super,
puis, d'un coup, des trombes d'eau, la bonne pluie équatoriale
avec des goûtes énormes, un bruit d'enfer,
on s'est touchés d'eau, tu sais, un petit peu de fraîcheur.
Waouh, et ce bruit,
cette fumée, parfois, on est...
La courant d'air, c'est...
les bidons d'essence dans la pirogue,
les conditions sont un peu...
Et puis, les deux qui parlent pas beaucoup,
quand même, les deux l'ascar et qui nous sommes là,
si je puis dire, hein, avec tout le reste, je rentre toi,
parce que, voilà, mais...
Ouais, l'état d'esprit, c'est qu'il y a la magie de la nature,
mais d'un côté, il y a la réalité aussi du fait que,
ben ouais, vous êtes avec deux gars,
vous ne connaissez pas,
vous partez quand même sur le fleuve, sur la proie,
au moment de la pirogue, les mecs peuvent très bien
ou de 5 heures vous balancer la flotte,
récupérer vos affaires, pourquoi pas.
Ou au contraire, on vous emmonnait à bon port,
et ça se passe super bien.
On ne sait pas trop, les ambiances sont un peu bizarres,
puis après, il a fallu, effectivement,
il a fallu descendre de la pirogue et tirer un peu la pirogue,
le gars, le moteur, on va vraiment la soulever,
le moteur, on met un moteur à l'eau, on va soulever,
parce qu'il a fait des basculés, pour pouvoir monter.
Pour mal d'efforts physiques,
puis enfin nous y sommes,
c'est un vieux carvé qui a été
plus ou moins réparé par les
piroguiers, c'est un spot
où les brésiliens font pas mal d'échanges de
carburant, on connaît un peu
les trafics en tout genre, qui existent
en forêt, donc là,
on va passer la nuit ici,
et à Grand Sceau, et le soir, on se pose,
on est un peu dans le forêt, puis on se rend compte
que les gars, finalement, on dort mal là aussi sur place,
on pensait qu'ils allaient repartir.
Je ne vous cache pas qu'on n'a pas été
très rassurés, puis on commençait
quand même à boire un peu.
On a dormi sur une oreille,
et on a ouvert, on a éperné.
Cette nuit-là, on était par, et puis le lendemain,
nous sommes enfin partis, à pied, tous les deux.
On s'est peu dormi, l'excitation,
la préparation aussi,
parce qu'on est préparé,
on sait que la carte est quand même limite,
on le sait, on a la boussole.
Il y a une petite appréhension, on est conscients quand même
de la situation.
Mais le parfum, le bruit de la forêt,
levé du soleil,
et les cils et elles de jour,
de nuit, cette ambiance-là,
quand même, il y a une mer nature
qui commence à frémir,
et voilà, quand on est dedans.
J'ouvrais avec le lion,
à la machette, on se reliait avec
Louis, avec la boussole.
Il y a une déclinaison magnétique,
surtout des points du globe,
entre le nord géographique,
sur votre carte, et le nord magnétique.
Il y a une différence en degré.
C'est de l'ordre de 18° anguilienne,
donc il ne faut pas se planter.
Et donc en avant, la magie de la forêt,
la magie au tout début, c'est...
plein de formes, nickel.
Et puis la première nuit en forêt,
c'est dit, quoi.
Ah, c'est un peu transcendant, quoi.
C'est vrai qu'on monte notre carbé
avant que la nuit tombe,
donc on tire, on choisit
trois arbres à peu près,
en triangle, on peut...
On pose nos amas, qu'on tire la bâche,
qu'ils pleuvent, qu'on peut mettre nos affaires à l'abri.
On prépare un petit...
Non, on a notre réchou encore,
on a du gaz, donc là, ça va, un peu de feu.
Et puis on prépare nos petits trôys
pour ne pas du soir.
Et puis on met des affaires sèches,
on dort dans un duvet,
la nuit.
On a de la voiture désesratée,
on a un oeil, tout ce qu'il faut,
pour les dix jours, donc...
On est bien, quoi, c'est parfait.
Là, c'est le bruit incessant
des cigales et des insectes.
Quand la nuit a constatommé,
ça ne s'arrête pas.
Et ensuite, on a le bruit de la forêt,
des bestioles qui passent
ou qui nous évitent.
Les cochons bois, les pécaries, il y a qui courent,
parfois, puis vous entendez, vous entendez plus.
Les arbres aussi,
et le vent, quoi.
Ce que le végétal est vraiment bruyant
en forêt, vu la densité,
le nombre de...
C'est les feuilles qui tombent,
sur votre bâche, des fruits, des morceaux de bois,
le vent, la pluie aussi, parfois, de cour.
On l'entend arriver, la pluie.
On entend un bruit de fond,
qui est assez
stupéfiant, puis d'un coup, plein, plein, plein,
c'est ça qu'on a tombé, puis vous avez
un déluge d'un coup.
Et...
Ce qui est assez drôle, selon les zones,
Quand vous êtes dans votre mac, vous êtes bien installé,
voilà, aux choses, vous avez la frontale,
puis vous faites un tour, comme ça,
autour de vous, regardez. Et vous avez plein de petites billes
qui s'allument, comme ça. Et en fait,
c'est souvent des araignées qui vont chasser.
Donc, c'est tout le tout les insectes, les bestioles, qui sortent.
Et vous en avez tout autour,
vous distinguez avec
juste le reflet de la lumière dans leurs
yeux, quoi, c'est assez hallucinant.
Ça, c'est assez drôle, on sent goûrement, voilà, ça y est.
Parce que la journée, il n'y a pas grand-chose au sol.
La calopée est beaucoup plus
riche que le sol. Et la nuit,
je pense que beaucoup plus
d'animaux sont au sol,
pour éviter les prédateurs, enfin,
voilà, tout un rythme qui se met en place la nuit.
Et puis, enfin,
vous avez le Saint-Jeure-leur,
qui est
de petite taille,
mais qui est le hurlement
de Godzilla, quoi. Je crois que
ce son cri pousse à plus d'un kilomètre.
Donc, et lui, pousse ses hurlements
juste avant de le vivre du soleil.
Donc, quand vous dormez un peu,
là, à quelques heures, vous êtes bien,
et lui, vous réveille, il pousse des hurlements,
puis c'est progressif. Il est hurle,
et là, voilà, ça y est.
C'est parti. La journée
peut commencer. Et puis, là, voilà,
il veut se lever.
Mais bon, comme vous êtes dans la forêt,
on n'a pas la vue de...
Non, dans la végétation
complète.
Donc, la lumière arrive, et...
Voilà. Puis les odeurs
de la pluie, de la veille,
des mousses, des...
...
...
...
...
...
...
...
...
Et donc, le rythme, on se lève le matin,
on plie, on p'tit déjeune,
on replie la bâche,
on replie les cordes, on emballe tout,
on nettoie bien la bâche, on applie,
on a...
... une sens de pliage de la bâche
pour qu'elle prenne au moins de place
dans le sac à doigts, on a un rituel,
tout est réglé, et ça, l'OI,
il a une rigueur là-dessus. Il est au top,
c'est carré, tout est hop, on replie.
Mais au bout de...
de quelques jours, on se rend compte que...
... compliqué le poids à gérer,
la difficulté, c'est quand même filaments humides,
alors qu'on...
... on s'entendait pas trop, beaucoup de...
... autant d'eau,
très escarpé, on se retrouve sur une
ligne... plus ou moins de crête,
avec des zones très vallonnées, donc on monte,
on redescend, on remonte, on redescend.
Et puisant.
Et puisant, et moi, ma première erreur,
c'est...
... de vouloir... dégager
à tout prix pour faire, finalement,
le moins d'efforts avec ce gros sac
qui dépasse ma tête, quoi, et d'avancer.
Et...
... je dépense beaucoup d'énergie,
finalement, à avancer, à la machette.
On n'a pas du tout le même gavaret avec Loïc.
Donc Loïc derrière, c'était grand confort.
Il en... on en rigolait après,
quoi, il me dit que derrière toi, c'était...
... je vais passer nickel. Et toi, t'étais devant.
En certes, on sait que la forêt
n'est pas absolument plate, ça, c'est clair.
Mais... on se retrouve
dans une situation, quand même.
On te descends, on te descends,
ça glisse parfois, donc...
... c'est puise, quoi.
Et le problème, c'est qu'en forêt,
si vous épuisez,
il faut pouvoir faire le banquer
le soir, le festin, et c'est pas le cas.
On a quand même des rations
de remanger, voilà, quoi.
Et donc là, c'est...
beaucoup plus compliqué.
Il y a eu un moment...
... de doute, parce que donc déjà, notre carte,
on réalise bien que la carte est loin de précise, hein.
Vous n'avez aucun repère,
à part les crics.
Il repère une cric sur une carte,
et puis la... la valider
sur le terrain, quand même compliqué, hein.
C'est un petit cours d'eau.
Et ce jour-là, on a la valider
plus ou moins une, c'est tout au tout début.
On s'est dit, vous voyez, ça doit être ça.
Oui, très bien. Des trombes d'eau.
On s'était épuisés, montés
pour se dire que c'est la bonne cric par rapport
à la carte, à la situation, ou pas.
Et là, il y a eu un petit moment de flotement,
on s'est regardé tous les deux.
On a dit bon, est-ce que...
... à ce rythme-là,
ça va être quand même compliqué d'arriver dans les délais.
On avait conscience quand même.
Et donc là, on s'est regardé, on s'est dit bon,
toi, qu'est-ce que t'en penses, Louis?
Qu'est-ce qu'on fait?
De toute façon, on n'a pas le choix. Faut y aller.
Bon, on y va.
Et on a dit ben, on y va jusqu'au bout.
Quoi qu'il arrive?
Faut y aller, donc on y va.
C'était évident quand même.
La question, je ne sais même pas poser, c'était évident.
Même si on s'est dit une solution de repli, pourquoi pas?
Mais là, impossible.
Inenvisageable.
Faire demi-tour après ce qu'on avait fait.
Retrouver, essayer de trouver sur le fleuve La Proie.
Il y a quelqu'un qui va y bien, mais on va redescendre.
Si vous avez beaucoup d'eau,
le fleuve peut monter très vite.
C'est très dangereux à descendre.
C'est quand même aussi compliqué
qu'à monter, mais surtout là, si vous...
C'est une mission impossible.
Donc, ben non, droit devant.
Et...
Ben les jours passent.
Le temps passe.
Ça passe de 3h00, 4h00,
ce qui n'est pas énorme,
beaucoup plus au début.
Puis après, on a quand même baissé,
parce qu'on s'est dit bon, il faut garder des forces.
Une ingestion, puis il faut monter le carbé.
On est conscient de tous les deux
que les difficultés commencent à se concrétiser.
Et puis le soir,
on va se faire un tour.
Nos discussions sont vraiment prises par
où sommes-nous, à quel niveau.
On passait des heures
à essayer de calculer le temps
que nous avions marché, depuis combien de temps,
les jours et tout. C'était assez passionnant.
Parfois, on en rie, et quoi tous les deux.
Et parfois, on était là, on se regardait.
Il y a un problème, non ?
Ben oui, peut-être.
En matin, on se lève,
on commence à partir, pareil, en avant,
c'est puis...
On arrive dans un abattis
en milieu de matinée,
d'une zone dégagée.
Ça faisait presque une zone habité.
J'en ai coupé du bois, je dirais des parcelles agricoles.
Et là, on traverse un cours d'eau.
C'est un peu limite,
Louis qui est tombé à l'eau,
attrapé par le sac à dos, ça a été chaud.
Il y a des espèces de liens, de neufs,
flottantes dans la roue avec des épines.
On sait, mais alors on est dans un état
pour traverser ce bras d'eau.
On s'est dit, on est dans une zone
un peu agricole et loignée du petit village,
c'est ça.
Et en fait, pas du tout.
Il n'y avait rien, on était vraiment toujours en forêt.
Il y a une grande désillusion,
parce que, bon, il n'était pas du tout.
C'était pas du tout.
J'avancais, je prenais la goutsole,
je prenais le cap, est-ce-to-est.
La problématique, c'est effectivement
l'obscurité qui tombe très vite,
parce que la calme au pé est très dense.
Donc, le jour, à 18h,
il fait quasiment nuit.
Selon la couverture végétale,
qui est au-dessus de votre tête.
On a un rythme du soleil,
donc un rythme animal,
comme la faune et la flore.
Certains animaux, vu de l'aide de nuit,
mais on vit aussi de nuit,
parce que vous avez quasiment des jardins
avec les plantées pifies de kipous,
donc parfois, vous prenez quelques feuilles
ou fruits sur la figure.
Ce n'est pas dérangeant.
Ce qui est un peu flippant,
c'est quand vous avez des gros coups de vent
avant un orage, ou ce genre de choses.
Là, ça bouge énormément.
Beaucoup de débris de végétaux vous tombent dessus.
Il faut avoir des gros morceaux.
Ça, c'est d'un genre.
Il faut bien lever la tête.
Il y a des arbres qui se déchirent la nuit.
On les entend.
Un arbre qui était malade,
ou un arbre sain, mais le soleil gorgeait d'eau.
Plus les plantées pifies,
plus les lianes qui poussent dessus.
Si vous voulez, vous avez une masse énorme,
mais l'arbre est déséquilibré,
et là, en pleine nuit,
ce sont des hurlements.
L'arbre se déchire,
et ça entraîne d'autres.
Ils sont souvent reliés,
ou ils se sont marquotés eux-mêmes,
ou alors ils sont reliés par des lianes.
Et effectivement,
c'est un bruit,
c'est impressionnant de nuit.
Il ne faut mieux pas être à proximité.
Parce que si vous voulez, ça peut entraîner,
ça peut faire une surface énorme.
Mais si vous voulez,
...
...
...
...
...
...
...
On a sauté, puis monté dans l'avion, puis a rentré chez nous.
On se lève en pleine nuit.
On part, les frontales allumées.
Allez, on y va, on y va.
On ne peut plus être loin de sauté,
il ne faut pas qu'on loupe notre avion.
Notre décollage est à 10h et quelques.
Ok, allez, on y va.
On marche, on marche, on marche.
9h du matin.
Tout le monde en pleine foi à regarder notre boussole.
Allez, on y va, droit devant, droit devant.
On avance, on avance, on a ma chette, on s'épuise.
9h45.
Bon, dans 1h15, les gens décollent.
Ok.
On ne sait pas à peine continuer, tu vois ça ?
C'est pas 300 mètres, là.
On pose nos affaires.
On va se concentrer.
Un peu de répile, un peu de silence.
Taisez-vous, s'il vous plaît,
qu'on puisse écouter le décollage de notre avion,
ne se pas à 10h.
Et on sort à peu près, on se trouve.
À quelle distance ?
Mais c'est après, enfin, qu'on est agacé comme ça par le bruit.
J'aime ça.
C'est pas possible. Il y a toujours quelque chose.
Lece, un je démâche, un le bruit, le vent.
En chacun se met à un endroit,
on s'éloigne à l'un de l'autre.
Et puis Loïc décide de monter dans un arbre.
Loïc était la gueule aujourd'hui, paysagiste.
Il est passionné par les arbres.
Il fait des tailles douces, c'est un...
Donc lui, il monte dans les arbres facilement.
Et je le vois monter.
Loïc me dit, mais écoute,
reste en bas, moi je suis en haut,
on va voir un peu ce que ça donne,
peut-être qu'on n'aura pas les mêmes sons.
J'y vois tout à fait, moi je m'éloigne un peu.
J'étais dans cette direction,
selon le courant d'air un peu.
10 heures pile poil.
C'est bon, mais c'est mort, la vie, on va décoller.
Et venez nous passer au-dessus, tu vas voir.
10h05, 10h10, 10h15,
pas un bruit, pas le moindre bruit d'une hélice,
de quoi que ce soit.
Deux options, la première, la voie a été annulée.
C'est rare, ce sont des ATR à hélices,
qu'à l'époque on s'en me dit bien que c'était ça.
Deuxième option, on est tellement loin
qu'on n'entendra jamais un avion décoller.
On est loin du but.
Là, wow, moralement quand même, très très très difficile.
Et pour ajouter à cette situation,
Loïc se fait attaquer par des singes,
parce qu'il montait tellement haut,
que vous de haut au moins, vous entendez du bruit,
je dis, qu'est-ce que c'est, Loïc ?
Je dis, ça va Loïc, je regarde, je reviens au puit de son arbre.
Il me dit, ça bouge, dans la canopée,
ça bouge, ça bouge, et là, des singes arrivent.
Et ils commencent à nous balancer des choses dessus.
Loïc a du descendre en s'entend,
mais il était à plus de 1 km de haut.
Et ils nous ont foutu dehors, clairement.
Ils nous restaient en bas, et ils nous ont repoussés.
Je ne sais plus combien c'était, mais c'était assez impressionnant.
Elles sont arrivées là, puis ça se coulait branche,
ils savent très bien faire, c'est...
l'intelligence du singe, c'est extraordinaire.
Ils bougent et les branche, ils se secouent et les arbres,
ils vont faire du bruit,
les feuilles tombent, le bois mort tombe,
quand c'est un truc, vous regardez la peine,
et ça bouge dans tous les sens, je suis là, Loïc, Loïc descend.
Et là, ils descendent, on s'éloigne de la zone, on se pose,
il faut accuser le coup, quoi.
L'option avion retardée, annulée,
les conditions mais tous ont un bon,
les loignements, ben ouais peut-être.
Donc là, hop, c'est un premier basculement,
mais ok on n'y est pas.
Là, c'est...
c'est hyper violent, et d'un côté, c'est...
on s'est chouettes aussi, mais d'un autre côté, non,
c'est pas cool, on nous attend.
Et on a continué, et il a fallu...
réduire, la nourriture n'avait quasiment plus rien.
Une poignée de coquillettes,
en gaz, on n'avait quasiment plus rien.
On passe en mode survie.
Et là, c'est la nature qui va directer un peu ce qu'elle souhaite.
Si elle veut bien, on laisse les sortir.
Et c'est parti.
On marche beaucoup moins longtemps,
on prend beaucoup plus de temps pour s'installer,
faire un carbé,
retrouver un peu ce qu'il y a à récolter,
à manger, etc.
Bon, on apprend beaucoup, on apprend sur place.
Première cuisson d'insectes.
Donc on a un peu de temps,
on a récupéré quelques larves conséquentes,
qu'on va faire chauffer dans une casserole.
Quelques graines aussi, que l'on prépare.
Il y en a quelqu'un qui goûte, bien sûr.
Jamais les deux vont goûter une graine ou un fruit.
Un repas typique,
une gamelle de graine,
une gamelle d'insectes.
La cuisine quelques étagères avec des écorces de bois,
du sable pour récurrer,
faire un peu de vaisselle, les deux boussoles,
la montre qui, je crois, marchait plus ou moins bien.
On a fait un peu de filo dédronant,
qu'on avait une espèce de feuille,
que l'on trouvait parfois.
Ça a coupé un peu la fin,
ça a étourdi un peu aussi,
et on a couché, c'est pas mal.
Après, voilà, c'est selon les individus,
certains réfléchissent plutôt le jour,
d'autres, la nuit, avec l'eau y, là-dessus.
Bon, on avait nos périodes,
d'appendown, donc voilà,
c'est encore une autre dimension,
dire en nom à...
Et il a fallu...
avancer comme ça, avec les moyens du bord,
l'eau y qui est tombée malade,
conclusion...
quand on a frôlé, conclusion intestinale.
Ça durait quelques jours.
Et puis on s'examinait tous les soirs,
c'est très important.
Première piquure d'insectes,
première petite infection,
il y a l'humidité,
la transpiration, les frottements du sac aussi.
On a eu des verres macacques,
dans le corps, mais ça, on l'a vu qu'après,
je les ai enlevé un ou deux.
C'est un moucheron qui pond, en fait,
sur votre peau, une larve
qui va pénétrer par les pores de la peau
et qui va se nourrir un peu de fibres musculaires.
En contrairement au verre filaire d'Afrique,
il arrête sous la peau, vous le voyez.
Le verre macacque lui fait une galerie,
il mange, il va faire, et il va tellement profondément
qu'il remonte à la surface pour respirer.
Vous le voyez, hop, on suit les piquures de toutes sortes.
Et puis, moi, j'avais toutes les mains
de petites piquures pleines,
des boules de pluie au bout des doigts,
parce qu'à force de cuisiner,
des corsets, des graines,
j'avais le bout d'épines
qui se cassait, qui restait dans la peau,
il fallait attendre qu'il y ait une infection
pour l'extrait.
C'était pas la grande forme physique.
Je prenais beaucoup de plaisir à préparer ça.
C'est rassurant, c'est comme faire un feu.
Quand le feu reprenait,
quand je voyais la lueur des flammes,
que Louis, qui était là,
cherchait les braises de la veille,
qu'il avait un peu étouffé, mais sans, pour autant,
qu'elle s'éteigne.
Avec sa précision, sa délicatesse,
et puis soufflé sur les laissandres.
Et puis, hop, la rougeur derrière,
il y a hop pour reprendre, même sous des trombes d'eau,
vous allez prendre le bout, commencer par
le petit morceau de bois qui a la taille d'une allumette,
et qui cèque, même si il est mouillé, il prend le feu.
Et de la lumette, vous passez au coton-tige.
J'ai du coton-tige, vous passez
une petite section au crayon
et du crayon, vous avez passé au petit...
Et voilà, il y a toute cette construction
là à voir, ce protocole là à voir.
Parce qu'il y a du bois mouillé,
en fait, du feu.
Mais il faut, saloïque,
maîtriser parfaitement.
Et moi, de mon côté,
ma frontale, j'avais mes graines,
mon caillou pour écalater la première coque,
séparer, nettoyer,
avec du sable, un peu d'eau,
et voilà, puis je préparais,
et puis chacun a les ces activités
de l'équilibre.
Donc des graines,
et essentiellement des amphibiens.
Je reconnais longer un serpent,
mais on n'a pas grand-fois.
Quoi d'autre...
On a goûté le verre de terre,
pas terrible.
C'est plutôt chambre à air,
très compliqué à préparer,
mais ça ne tue but digestif.
En fait, on a beau le laver,
on l'a mis sur la lame de la machette,
comme la plante-cheur.
Pas terrible, c'est pas formidable.
Un fruit qui sent
très très bon, qui sent le fruit
de la passion, mais qui est hyper toxique,
ça sent le sucre.
Quand vous êtes un peu, enfin, méaudite,
c'est extraordinaire, mais
c'est juste pas possible, voilà, c'est
chose à éviter.
Un lieu, là, qu'on a chez nous également,
corcure, on s'est rien à manger
dessus, et puis
sur le point psychologique, c'est assez rassurant,
finalement, de cuisiner. Surtout quand vous êtes un peu
en détresse de
vivre. Et sachez que nous n'avions pas
d'armes à feu, c'était un choix.
Donc, effectivement, une arme à feu,
ça change tout, là, c'est pas du tout le cas.
Parce que, finalement, on s'est retrouvé en mode
chasseur-cueilleur, c'est assez
troublant pour un homme du XXIe siècle
de se retrouver dans ces situations-là.
Certes, à l'extrême, même,
parce que sans arme à feu, chasser,
bon, récolter, c'est une chose,
mais chasser, c'est plus compliqué.
Ce qui nous a un peu sauvé la vie,
ce sont des gros coloptères
qui, des femelles, qui venaient
pour on nous nourrir,
je sais plus trop, dans nos excréments.
Donc, quand un, il y a la sel,
je vous dis, les choses comme elles sont,
notre recours de capture
pendant le quen qui était à la sel, c'est une vingtaine.
D'un coup, on les voyait arriver,
ils étaient peut-être attirés par l'odeur,
donc on faisait des boîtes, on les gardait.
Et puis, ça, par contre, c'est pas mauvais.
Faisait cuire après au feu. Les édites
ne sont pas digestes,
les oiseaux ne digèrent pas. Et nous, on a essayé,
maintenant, ça ne se digère pas du tout les élites.
C'est les protections des ailes sur les coloptères,
ça ne carra pas ce qui protège les ailes.
Petite montre religieuse.
Un soir,
on monte sur un carbé sexe,
c'est-à-dire qu'on se met un peu en hauteur.
On est toujours en bas, dans les valons,
c'est très humide où il y a de l'eau,
parce qu'il nous faut de l'eau, on manque jamais d'eau en forêt.
Il faut pas boire de l'eau dans une poche
qui est entre les pluies et les petits cours d'eau.
Et là, on décide de se mettre un peu au secteur onanté,
puis d'être un peu vers les étoiles.
Parce qu'on voit pas le ciel quasiment à chaque fois.
On se met là, et on discute
toutes les soirées, toutes les nuits.
On parle et...
C'est un coup, on entend un peu de bruit.
Tu entends ? Oui, j'entends.
Tu en dis à Pec, il y a un peu de musique,
il y a aussi sûrement...
Mais attends...
Alors, tu as rendu son qu'elle date aujourd'hui ?
D'accord.
J'aurais peut-être pas eu une fête à Saïd.
J'entends des chants, dis donc,
tu vas avoir des enfants donc...
Ça a bien duré trois heures.
Blah, blah, blah, blah, blah,
extraordinaire.
Mais écoutons-les, effectivement,
faisons les commentes sur un point haut,
les courants d'air, ça nous ramène le son.
C'est la bonne direction, tout à fait.
C'est ça.
Ok.
Puis, le lendemain, on s'est dit,
bon, mais super.
J'ai jamais rien vu, on n'a jamais rien entendu,
en fait, en une disalustination.
Et...
On a imaginé des tas de choses, quoi, c'était...
On sent quand même un peu, il fait le blesse de l'an et de l'autre,
là, ou...
Attention, ça dérape un peu.
On est sur un carbé où nous sommes restés pas mal de temps.
On a appelé ce carbé, carbé d'attente,
ou voilà.
On est restés quand même pas mal de temps.
On s'en bougeait pour se reposer,
pour faire le point psychologiquement et physiquement,
aussi.
Il fallait voir, voilà,
faire checker un peu l'un et l'autre.
Les journées passent et...
On commence à faire un bon...
en arrière, on retrouve des sensations...
touchées, on a des...
on renifle un peu, on sent les...
les cochons bois quand ils vont uriner,
les mâles qui marquent leur territoire,
on a des...
les odeurs d'urine...
selon les courants d'air, des fois, je dis.
Alors, effectivement, on dit donc,
là, ça sent la bestiole de...
nos sens...
quand ça a vraiment...
à changer.
Et on fait attention à tout,
quand on écoute la forêt,
on sent la forêt, on touche la forêt.
Ça, c'est des sensations comme...
et finalement, c'est assez extraordinaire,
parce que...
on perd pas tant que ça, au bout d'un moment.
Voilà.
Après, on en slip entre pieds nus et les tongues.
Alors qu'au début,
vous avez pourtant l'angain,
des chaussures de marche...
et là...
sur le carbé, mais non.
Et tout ça se met en place, et...
voilà, on a un moment de discussion,
on tient, bon...
comment ça se passe, on ne recherche,
on ne recherche pas,
quel est l'esprit de la famille ?
Très compliqué, c'est abordé.
Finalement, c'est le plus difficile à aborder,
c'est de penser aux autres.
Mais bon, et puis,
il y a un moment aussi où le flotement,
ce jour-là, on fait pas mal de choses.
Oh ben, je vais refaire la cuisine,
bien sûr.
Je vais prendre des nouvelles écores,
on va faire ça comme ça,
on est pas mal, c'est bien.
Ah puis, ce petit trombard est confortable,
tout à fait.
Il y a une espèce de...
voilà, on s'est refait un petit intérieur,
le carbur, voilà.
Un peu de minage.
Donc, c'est curieux,
ce sentiment-là,
de confort, d'installation,
alors qu'il faut pas s'installer, quoi.
Oh, je crois qu'on s'est marrés,
on s'est marrés, on était heureux,
on était bien, c'était super.
C'est vraiment...
ce qu'on est bien sur ce trombard,
et puis, oh, le feu,
il est beau, l'abri, là,
c'est très bien, les palmes et tout, là.
C'est vraiment bien, c'est chouette,
quelques heures après, quand la nuit tombe,
l'angoisse un peu revient aussi,
et d'un coup, tout s'écroule,
quoi, dans votre tête, surtout,
c'est ça.
C'est bien, non, non, non, non, non,
mais pas bien, il faut pas...
on ne s'installe pas.
Il faut avancer, quoi.
C'était pas le but.
T'es pas venu pour...
s'enraciner.
Je me suis dit,
il faut vite sortir de ce contexte-là.
On fait une sieste.
Deux jours ou trois jours sans pluie,
je faisais une chaleur.
Et vous savez, comme vous êtes près de l'équateur,
quand vous avez le soleil en direct,
il vous brûle la peau.
Et sur le carbé d'attente,
à un moment,
une belle éclaircie,
et puis on avait fait une trouée,
au fort de zéro, on avait créé
presque notre propre bâtique, là.
Et un...
rien de soleil qui est arrivé,
voilà,
on crée le soleil,
on s'est reposé dans le noir-mac,
respectif.
Et là,
je sais plus que c'était...
un mammifère qui passait à côté de nous.
Mais le truc,
il a passé à moins de dix mètres,
tranquille.
Je pense qu'il a compris
qu'il ne risquait strictement rien.
On aurait eu un fusil
du...
du hammock,
pas mal,
et puis on avait trois semaines de yande,
quoi.
Mais...
il est passé.
Avec Loïc,
on a été...
fasciné de voir passer,
alors bon, Loïc,
on a préparé des cordes,
on s'est dit,
on s'est enfin...
un lasso, on essaie de l'attraper.
Alors Loïc a commencé à partir,
mais il faut surtout parler
de trop s'éloigner
pour ne pas perdre
la bonne direction.
Bref,
c'était...
vous voyez chèque, déjà,
mais c'était drôle,
quoi, c'était, voilà,
le moment...
Jusqu'aujourd'hui,
on a trouvé cette tortue de terre,
conséquente, quoi.
C'est drôle, parce que...
on tombe sur elle,
de la viande.
Voilà, là.
Ça faisait...
quatre semaines,
déjà, comme si tu en fous rien.
Oh, une tortue de terre,
belle, hein.
Pour l'apprendre,
ça se débaie un peu,
quand même, ça a de la force.
Alors, on lui fait tout un...
on la ligote
dans tous les sens,
pour l'animal, là.
La garde-moi vie, bien sûr.
J'essaye de la prendre,
avec moi,
sur le sac,
attaché, mais en fait, bon.
Et puis, en même temps,
on fait une pause,
on se repose,
on peut...
faire un petit pipi, quand même.
On pose l'animal,
par terre.
Elle est enchevée très dans de la corde.
Cinq minutes après, elle disparut.
Et là, on s'est dit,
on se passe pas aussi,
on va pas se faire avoir, quand même.
Le faible de la fontaine,
c'est pas le moment, quand même.
Et effectivement,
elle a déjà fait du chemin,
quand on a retrouvé une exolice,
mais elle était déjà partie très, très loin.
Elle avait réussi à se débarrasser
de son cordage.
Et on l'a rattrapée.
Pour le cours,
on s'est dit, bon,
on va monter le carbé
pour la préparer.
Et la préparation a pris beaucoup de temps,
parce que pour tuer une tortue,
ça peut être compliqué.
Puis on voulait tuer correctement.
Loïc, c'est pas du tout son truc.
Moi, j'ai...
L'été, je travaillais chez des agriculteurs,
des machins, donc j'ai vu tuer le cochon,
les machins.
Puis j'ai vu un souvenir,
c'est vrai qu'elle le sent,
on fait du boutin.
Mais il faut les gorgérer,
récupérer du sang,
pour essayer de...
pouvoir un peu boire de sang frais,
c'est un grand stimulant.
Puis ça,
bon, c'est très compliqué
d'égorger une tortue,
de vous approcher entre la tête,
c'est toujours un...
Donc je la suspends,
on parle pas de rien,
on atteint un peu,
puisqu'elle est puissante.
Et je revois Loïc,
puis bon, Loïc,
prépare tes gamelles,
je les gorge,
on récupère le sang frais,
et là,
on se fait un bol de sang frais,
quoi.
Ça va être jouissif.
Je lui dis, bon,
surtout, par contre,
tu as un mupe,
pas qu'il caille,
n'est-ce pas,
et puis...
Donc c'est ce qu'on a fait.
C'est...
Je l'ai revu comme sentiment
qu'on se retrouve là
avec cet animal,
et puis,
à boire dans les conditions,
et on boit ce sang,
et puis,
je la découpe,
et on prépare.
Elle vient de très, très forte,
mais, voilà,
on a fait un bon repas.
Et là,
c'est à ce carbéla
que nous avons entendu,
un peu au loin,
à un bruit d'avion.
On s'est dit,
ça doit être...
Ça doit être très loin.
Les avions,
ils ont dit,
ça a décollé de sa huile.
On s'est dit,
ça y est,
on est plus trop loin,
parce que c'est...
On s'est repéré,
quand même,
aussi,
fait que,
si tu rapproches
de la héro-drome,
tu dois entendre
les avions décollés,
donc t'entends rien,
c'est qu'il y a un souci.
On connaissait à peu près
les heures de vol.
Et là, ça y est,
on les entendait correctement,
on était tout bien loin, quoi.
Louis, qui est déjà dans son amac,
moi, je me lève,
et puis, on a des réflexes,
maintenant,
si vous voulez,
va uriner, on va dire.
Mais, même plus,
le frontal, quoi.
Là, je sens un truc
bouger actuellement,
je sens une présence, quoi.
Ah, mais j'allume ma frontale,
je regardais là.
Un truc...
a été vraiment énorme,
araigné,
mais énorme,
magnifique.
Je dis, Louis,
pour demain matin,
il me dit quoi ?
Je lui dis, il y a une migale,
mais elle est énorme.
Ah bon ?
Ouais, il me dit,
laisse tomber, je dis,
ah, mais attends,
je m'en débrouille,
mais pour demain matin,
je dis, voilà,
je lui dis, bah, quand même,
il me dit, bon,
mais il y a vraiment, je dis, ouais.
En tout cas, je suis insisté,
bien sûr,
je l'ai capturé.
Et le lendemain,
Louis, qui fait du feu,
on prépare les sacs,
des trompes d'eau,
prépare qui ?
Et,
je prends cette migale,
là, que je fais,
on en fait plus ou moins cuire,
et...
Une migale, mort,
avec ses crochets,
ses proies, voilà.
Et donc, si vous voulez,
pour se défendre,
le contracte son abdomen,
car on se fait attaquer
par cet insecte,
et elle lui balance ses petits poils.
Et donc, moi, je m'en posonne
avec ces poils,
et...
On voit tout le monde
d'une violence, sinon,
j'en siffle,
qu'on gonfle la langue.
D'un coup, je t'en ai plus,
mais je dis déjà,
j'en t'en ai plus trop,
parce qu'en fin de la pluie,
la fumée,
on avait les oreilles sales,
quoi dis-tu,
tu n'es pas très...
Bon, là, malgré notre vision,
il pleuvait énormément.
Ça a été hyper, hyper violent.
J'ai cru, souvent,
le coup, là,
et je crois que j'ai réalisé
que...
C'est d'être fatal, quoi.
C'était l'amour lent assuré,
la saison, c'était fini,
pendant...
Mais, je crois que...
Je sais plus.
J'ai réussi à marcher
deux jours, trois jours.
Il m'a encouragé,
il m'a poussé,
et moi, je souffrais,
c'était horrible.
Donc, j'arrive à marcher,
je sais pas,
j'étais vraiment conscient
de mon état,
mais...
Là, ça devient une épreuve,
là, on souffre...
qu'on a un animal blessé,
quoi,
au forêt,
parce que, bon,
on n'oublie pas,
qu'on est un individu
et...
blessé dans ce milieu,
comme ça,
meurtri dans sa chair,
c'est très, très compliqué,
en mode survie.
Donc, il faut avancer,
il faut marcher
pour essayer d'arriver...
Puis, on y arrive pas, quoi.
Et au bout d'une semaine,
d'épuisement,
on se fait encarber,
je n'ai plus que la poêle et les eaux,
donc j'ai perdu 27 kilos
depuis le départ.
Je croûte ma mort,
j'arrive plus à me lever
pour aller boire de l'eau,
pour aller me laver.
L'eau, il s'agit
autour de moi,
il fait tout ce qu'il peut,
le feu, nickel,
et je sens que...
il boue, quoi.
Il boue, et...
Et puis, le même à terre,
on entend vous...
Putain, on est pas bien,
on est à côté,
on est à côté,
on est à côté,
c'est pas possible.
Et moi, je m'écroule comme ça,
et l'eau est qu'essaye de me pousser,
dire bon,
mais il voit mon état,
et...
Ouais, il faut l'accepter.
Il faut que tous les deux
on accepte que là...
un bout,
tout mettrait en œuvre
pour...
on va pas y arriver.
Quand moi,
je n'y arriverai pas, en tout cas,
c'est fini pour moi.
C'est terminé.
Et c'est super dur,
comme moralement,
on a tellement...
rêvé tous les deux,
se dire,
on arrive à Saïl,
on se boit en Rome,
on va trinquer tous les deux,
se dire, bon,
c'est pas grave,
on va arriver en décalée.
On arrivera avec une semaine,
deux semaines,
trois semaines de décalage,
mais bon,
on arrivera tous les deux, et...
Je suis deux jours, encore vives,
ou trois jours,
peu près,
Louis, qu'en a conscience,
il sait pas trop,
mais il voit bien que c'est juste
plus possible.
Et...
ça me réveille en plein nu,
je le vois encore
à l'heure de la flamme,
préparer le sac,
la machin de juli,
soit prudent,
fais attention à toi.
Parce qu'il a décidé,
quand même, de partir,
il me l'a pas encore dit,
mais on a aller chercher
les secours, quoi, qu'il arrive.
Parce que je suis en train
de mourir, tout simplement,
mais...
je comprends pas pourquoi
il me prend photo sur le coup.
Il souhaitait avoir une preuve,
comment quoi,
en allant chercher les secours,
s'il n'y arrivait pas.
Il va plus dire,
voilà, mais Guillaume,
il était en vie,
je suis parti pour le sauver,
j'y suis pas arrivé.
Et il me dit,
bah, ce soir,
là, il est 3h00 ou 4h du matin,
je suis, bah, voilà, ouais.
Première journée de forêt
pour moi, tout seul,
paralysée, hein.
Je peux même pas me relever.
Donc je me traîne par terre,
je me monte dans la mague,
je me...
je me traîne un peu.
Puis la journée passe et...
Puis quand la nuit tombe,
moi je me dis, bon...
Est-ce qu'il est arrivé,
est-ce qu'il est pas arrivé,
est-ce qu'il s'est blessé,
est-ce qu'il s'est pas blessé.
Donc là,
on ne cache pas tout
qu'il y a des scénarios
travisagés.
Et la mort aussi,
elle est pas loin qu'on est proche,
donc mourir,
donc si vous pensez un peu
à votre famille,
mais non,
à mourir,
c'est juste pas concevable
de mourir,
qu'est-ce qu'on fait.
Et la nuit est terrible.
Un orage de dingue,
il y a énormément de vent,
beaucoup, beaucoup de déchir
sur la bâche.
Je ne sais même plus,
si elle s'est pas un peu déchirée
ou une nuit terrifiante,
ou elle est vraiment
hyper violente.
Puis seul.
Mais elle est très, très, très compliquée.
Et puis j'ai entendu un bruit
de délicauts
qui est passé assez loin,
mais j'ai vu quand même la masse.
Donc j'ai eu un moment d'espoir,
puis après quand j'ai vu que
je n'ai rien.
Il y a, je crois,
qui était 10h du matin,
c'était horrible.
Je me suis dit,
Bartops.
En cas de serre-cata pour le décollage.
Oui, sans température.
Pour pas être très bon.
On déplace les obstacles, là.
Ok.
On va enfoncer encore un tout petit peu.
Allez, débarquise.
Allez, on va descendre.
On va tout trôler,
on va ramener ça à la maison.
D'accord?
Franchi.
Oui.
Oui, de up gehen.
Il fautуляire fuck for fuck.
Pourquoi ils ont fait déjà descendre
un gendarmes qui nous a cherché par un moment?
Il était en larmes,
un grand gevillard quand il m'a vu,
il m'a pris dans ses bras.
Moi, j'ai fondu en larmes,
mais avec le rotor,
le souffle tout à saker,
parce que malgré,
il y avait quoi?
45 mètres plus,
en vol stationnaire,
et puis là, il était un peu descendu pour faire descendre par câble,
par l'élitroyage de gendarme.
Je me suis un peu traîné par terre, en fait c'était un peu la confusion,
mais le gendarme a fait un boulot remarquable.
Et ensuite, il y a son effet de médecin quoi.
Je crois que c'était...
Il n'avait jamais fait de l'élitroyage donc là.
Il était aussi blanc que sa tenue.
Et pour me savoir si j'étais transportable à terre,
et bon, il s'est rendu compte que, vu mon état,
s'il y avait deux jours de marche ou un jour et demi,
peut-être je ne passerai pas.
Ils m'ont attaché parce que j'étais tellement maigre
que je ne passais pas dans la varnée.
Ils m'ont élitroyé.
J'ai encore l'odor du kérosène dans le nez,
parce que ça marque aussi.
Et je me suis retrouvé en boule dans le cockpit d'un hélicoptère
qui est tout petit, celui de la gendarmerie.
Et on dépose la saule.
...
Ils ont vu avec sa machette à Cors bar,
et ils me doux, ils sortent.
Et donc il a alerté,
et ce coup, ils ont fait une première reconnaissance
avec un hélicoptère énorme.
Donc là c'est juste impossible,
parce que tu ne peux pas guider un pilote,
comme ça si tu n'as pas le casque à côté tout,
il était à côté de mes stériles.
Et puis c'est pas un appareil de reconnaissance.
Et lui a pu remonter dans un hélico de la gendarmerie
qui a été appelé.
Là il a guidé le pilote, il s'est mis à côté du pilote.
Et là le génie de Loïc,
ce qui a dit, voilà moi j'ai fait un Nest-Ouest,
j'ai marché tant de temps,
sur tant de distance selon mes calculs, ce que j'ai fait.
Le pilote a dit, ok.
Et là Bingo, ils sont tombés sur le carbé, sur la bâche.
Je ne réalise pas trop que finalement je suis sauvé.
Si c'est un soulagement et d'un autre côté,
c'est l'effondrement aussi, quoi.
C'est l'effondrement de cette situation.
C'est inacceptable pour moi d'être là dans cet état.
C'est peut-être difficile à admettre,
mais beaucoup de personnes ont eu du mal à l'admettre,
mais ça a été terrible pour moi,
ya que Loïc qui a compris cette détresse-là.
Ouais, ça a été très très difficile.
De pas quitter la forêt tous les deux,
mais dans la main, comment on était arrivé, quoi.
Nous sommes donc sortis le jeudi 5 avril de la forêt en 2007.
Loïc a dû repartir le samedi en avion.
Et moi, je suis resté jusqu'au mardi.
Et lui a dû rentrer plus tôt que moi.
Moi, vu mon état physique et deuxième souffrance,
c'est la séparation.
Il m'a terriblement manqué, c'était très très compliqué.
Je voulais qu'il soit là et je ne pouvais pas demander
à un homme qui a de me sauver la vie,
en plus de rester avec moi.
Les gens, certains, ont dit,
« Mais il perd la boule, qui aime. »
Et il me sauve la vie, c'est extraordinaire.
Ce qu'il fait, c'est juste fabuleux, quoi.
Et c'est compliqué à vivre.
Après, je ne vous cache pas.
La relation avec la nature est toujours aussi forte.
C'est ça, tous les deux, on arrive.
On est toujours aussi merveillé qu'en vainquant l'opterre,
se déplacer ou un arbre être s'agiter un peu.
Parce qu'il y a un coup de vent.
La magie opère toujours.
Je crois que finalement, la passion reste
et elle est intacte, donc toi, tous les deux.
Les balladeurs, une série au Tio Leo's Earth,
signé Camille Jusot,
avec la musique de Alison Brassac
et le mixage de l'Ori Cadillenne.
Vous avez retenu votre souffle ?
Recente-t-il un moiteur tropical ?
Dites-le nous, avec des étoiles ou des commentaires
sur vos applications podcast,
pour nous permettre de continuer de vous proposer
des ballades étonnantes.
Et dans 15 jours, nous vous retrouverons
dans les pleines du Codcas, au rythme du galop des cheveux.
À bientôt.