Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Back Market, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, une série audio, les hausseurs.
Des balades, des aventures, des mes aventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti !
Il y a fort longtemps, la terre était peuplée d'être vivant,
parmi lesquels un sous-groupe de l'ordre des prémates commençaient à se relever pour devenir bipède.
C'était les prémices de la préhistoire qui vinaient être homo sapiens, nos ancêtres.
L'homme fait partie de la famille des grands singes.
Avec les chimpanzés en particulier, nous avons un degré de parenté biologique, estimé à 97%.
Alors, à quel moment l'homme s'est-il pensé comme une espèce au-dessus des autres espèces ?
Être primatologue, comme Sabrina Krief, qui dans les vastes forêts brunées,
les brumeuses des mondes de la lune, va chaque matin à la rencontre des grands singes,
c'est se confronter à ce miroir.
Ne pas le nier, mais le regarder en face et avec bienveillance observer les animaux, leur comportement, leurs émotions,
et les préserver du plus grand déprédateur, nous-mêmes.
Quand elles entrent dans la forêt ou gandesse de Sébitholie, elles se font dans l'espace où règnent encore les animaux sauvages.
L'avenir de la France
Depuis quelques années, avec Jean-Michel qui est devenu ensuite mon mari,
on avait bourlingué un peu partout, à la fois à Borneo et aussi en Afrique.
Et à Borneo, on avait fait des rencontres extraordinaires avec des orants autant sauvages,
qui nous avaient fait l'immense bonheur et joie de descendre vers nous,
alors qu'on pensait surtout avoir l'occasion de voir des orants autant dans des sanctuaires,
donc des orants autant victimes du braconnage, et puis relâcher, mais déjà ayant une relation avec les humains.
Et là, on avait eu la possibilité de voir des orants autant sauvages dans cette forêt absolument magnifique,
mais vraiment déjà à l'époque très menacée.
Et donc, j'avais envie, pour la fin de mes études vétaux, de partir suivre des orants autant.
Et en fait, c'est un projet qu'il n'y a pas pu se faire, mais le vétérinaire qui m'avait orienté vers les orants autant m'a dit
« Mais pourquoi pas partir sur un projet un peu similaire, mais sur les Champanzés au Congo ? ».
Et c'est là qu'avec Jean-Michel, en fait, on a découvert à la fois la forêt tropicale et les Champanzés,
puisque pour nous, c'était vraiment un monde inconnu, et c'est les Champanzés qui nous ont fait découvrir la forêt africaine.
Jusqu'à présent, on avait voyagé au Kenya, en forêt, mais en Asie, mais pas en forêt africaine.
Et là, se sont posés des milliers de questions pour lesquelles j'ai pas encore de réponse, donc la trac continue.
J'avais envie de comprendre comment les Champanzés se soignaient par eux-mêmes, ce qui m'a amené en Uganda, cette fois-ci, auprès de Champanzés, complètement sauvages.
Et donc, on a postulé tous les deux avec Jean-Michel, puisque lui a développé une envie de mettre en image ses expériences incroyables qu'on vivait.
Et donc là, c'est ouvert un champ de recherche, à mon avis, assez inépuisable.
Aujourd'hui, depuis 10 ans, on travaille sur un groupe nouveau qui n'avait jamais été en contact avec les humains,
et donc on a refait ce travail d'approche, d'habituation. Celui-ci, donc, ça vous appelle le groupe de Sébitolip,
et ce groupe-là compte environ une centaine d'individus, et sa particularité, c'est qu'à cause de la conformation du parc,
il n'a pratiquement comme voisin que des humains, et pratiquement pas de contact avec les autres groupes de Champanzés.
Donc on est à l'extrême-nord, et tout autour, il y a des plantations, de thé, de calyptus, de maïs, des cultures vivrières,
et il y a aussi une route qui traverse leur territoire, et c'est ce qui m'a aussi motivé à travailler sur ce nouveau groupe,
puisque j'avais envie de comprendre quel est l'avenir des Champanzés, sachant que la principale menace pour eux, ce sont les hommes,
et toute action sur la forêt a un effet délétère sur les grands singes.
Alors à Sébitolip, en fait, comme les Champanzés au départ ne sont pas habitués à l'humain,
la plupart de nos recherches se sont d'abord faites la journée,
donc l'objectif c'était de trouver des indices de la présence de ces Champanzés,
donc au sol, par les emprunts, par les crottes, par les restes alimentaires au pied des arbres, par les cris, les vocalisations dans la forêt.
La vie avec les Champanzés n'est absolument pas monotone, parce que chaque jour est différent,
il dorme à des endroits différents, donc on découvre chaque partie de la forêt dans des arbres différents,
ils ne sont jamais avec les mêmes individus, sauf la mère et son bébé qui n'est pas encore ce vrai.
Chaque main, c'est la première partie de la forêt,
et le matin quand on part, on ne sait jamais ce qu'on va découvrir et ce qui va se passer dans la journée.
Et évidemment, à part les Champanzés dans cette forêt, parce qu'on est au pied du Roenzori,
c'est un des hotspots de biodiversité, donc un des endroits du monde où la diversité en espèce animale et végétale est la plus forte,
c'est juste fascinant parce qu'on peut rencontrer des éléphants, des oiseaux d'héreptiles, des petites grenouilles,
et des choses absolument incroyables qu'on voit nulle part ailleurs.
Et puis un jour, on a enfin réussi à suivre les Champanzés pendant la journée, jusqu'à ce qu'ils construisent leurs nids le soir,
et donc là, ça a été vraiment une grande excitation parce qu'on s'est dit que demain matin,
on va peut-être pouvoir tenter d'aller les retrouver au nid et peut-être on va pouvoir enchaîner deux journées de suivi.
Donc le lendemain matin, c'est un peu une journée comme les autres, même si toutes les journées ne se ressemblent pas,
mais malgré tout, en général, on arrive à localiser les Champanzés quand ils sont dans un grand arbre avec beaucoup de fruits,
parce qu'à ce moment-là, ils vocalisent et ils ont tendance à se regrouper parce que les Champanzés aiment partager leur repas.
Et donc après ce repas, quand il y a beaucoup de Champanzés, ils sont moins craintifs.
Donc à la suite de cette consommation, quelques individus ne partent pas très loin et construisent un nid à côté du grophicus où il s'était alimenté.
Nous offrons donc la possibilité à distance d'entendre des craquements de branches et de nous douter qu'ils sont en train de construire leur nid,
même si, comme la nuit tombe, on ne voit pas qui fait le nid.
Et généralement, on sait par notre expérience que c'est le matin, à un moment où ils vont se lever,
quand le jour l'aube va arriver, qu'on va pouvoir découvrir qui était dans ce fameux nid.
On rentre à la station de recherche qui peut être à une demi-heure de marche, mais aussi à deux heures ou deux heures et demi.
À l'époque, ce qu'on appelle notre station de recherche, c'est plutôt nos tentes igloo qui sont à côté de petits bingalos
que les autorités du parc, donc Luganda Wildlife Authority, a construits théoriquement pour les touristes,
sauf qu'il n'y a absolument pas de touristes.
Donc ils nous autorisent parfois à utiliser ces bingalos et on a deux guides, deux assistants avec lesquels on a travaillé avant à Kaniwara
et qui avec nous explore ce coin inconnue aussi parce que pour l'instant, il n'y a absolument aucun chemin.
Donc on utilise uniquement les pistes que font les éléphants pour nous déplacer, notre GPS, notre boussole.
Et donc faire un kilomètre, ça pouvait nous prendre trois heures ou quatre heures.
On part le matin en espérant arriver au lieu du nid suffisamment tôt avant qu'il soit réveillé,
mais c'est quand même aussi un gros défi physique parce qu'il n'y a pas question de traîner.
On part avec nos lampes promptales, notre accadeau.
La trace qu'on a faite la veille au soir, du moment où on entre jusqu'au soir, elle est extrêmement changeante.
On est dans une forêt d'altitude, 1600 mètres, donc le matin il y fait froid.
On part souvent avec une forêt polaire, en tout cas assez couvert et on rentre dans une forêt qui est vraiment opaque et sombre
parce que aussi souvent, c'est noyueux.
Cette forêt, c'est les forêts de Gorill dans la brume, quand même relativement humides.
Au fur et à mesure que l'on entre dans la forêt avec notre lampe frontale,
qu'on marche petit à petit, en fait, nos sens commencent à s'habituer.
On arrive au fur et à mesure du chemin, même si notre objectif, c'est d'arriver le plus vite possible
pour ne pas louper les champs pensés, à capter déjà quelques signes de cette grande richesse animale en particulier.
Parfois, on a plein de petites lussioles autour de nous qui nous montrent en quelque sorte le chemin.
Mais le plus souvent, à cette heure-là, vers 5 heures, la forêt relativement calme.
C'est que quand on s'approche du lever du jour vers 6 heures, les singes par exemple commencent à se réveiller.
Souvent, quand on passe sous leur d'ortoir, des colobes, les colobes belles, les colobes guerrillas noires et blancs,
les ratelles, donc qui sont des petits singes avec des queues rouges,
là, forcément, on a tendance à les réveiller un peu.
Donc parfois, il y a des petits cris d'alarme,
parfois simplement des cris de communication et de contact entre les colobes.
Et ça, c'est extrêmement impressionnant parce que leurs cris ressemblent à un croissement de grenouille,
mais une grenouille qui ferait 12 kilos.
C'est assez impressionnant et ils se répondent, ils sont à distance.
La forêt s'amplit de son très très fort, très guturo,
qui se réponde comme ça et il résonne très très loin.
C'est absolument magique.
Puis ensuite, il va y avoir les oiseaux aussi.
Souvent, on arrive au un endroit où il n'y a pas loin, il y a un arbre en fruit.
Forsement, si les chimpanzés sont attirés par cet arbre, il y a aussi d'autres animaux,
et tout particulièrement, donc les turaco, les touquants,
qui, eux, se déplacent avec un bruit d'aile en plus de leur vocalisation,
qui sont aussi impressionnantes.
Et puis donc, on arrive à l'endroit où il y avait le gros ficus et les nits qu'on pensait être à côté,
qu'il faut arriver en faisant le moins de bruit possible.
On garde quand même une distance de 40 mètres à peu près,
en ayant bien vérifié sur notre GPS qu'on est au bon endroit.
S'il faut s'asseoir, là on rentre vraiment en contact avec la forêt,
le sol est souvent froid, humide, boueux.
Mais en fait, on a plutôt plaisir à s'y asseoir.
On a l'impression de faire corps avec cette forêt et petit à petit d'oublier
qu'on est là pour les chimpanzés et de se laisser bercer par le bruit de la forêt
et d'attendre simplement le réveil des chimpanzés.
Et puis, on attend jusqu'à ce que le jour se lève,
et en principe, c'est l'heure à laquelle les chimpanzés font d'abord pipi.
Donc on entend les coupes de pipi qui tombent sur les branches,
puis des mouvements, des bruitements de feuilles,
des craquements, des troncs d'arbres.
Vovre que là, on entend les oiseaux, on entend les autres animaux,
mais l'endroit sur lequel on est focalisé, il n'y a aucun mouvement.
Et effectivement, après que le jour se soit levé, on s'approche
et tout doucement, en espérant toujours qu'il soit couché,
qu'il soit en train de faire une grâce mat, mais non, finalement, il n'y a personne.
Et ce qu'on ne sait pas, c'est s'il nous détecte avant qu'on arrive,
parce que même si on essaye vraiment d'arriver le plus doucement possible
sur la pointe des pieds, sans faire de bruit, de baisser nos lampes frontales,
évidemment, déjà la journée, ils nous perçoivent.
Donc là, comme ça, en pleine nuit, on est un peu comme des éléphants
dans un magasin de morceaux lents.
Et donc je pense que dès qu'ils nous entendent, ils dégringolent,
mais que nous, on n'arrive pas du tout à capter ça.
Et malgré tout, il faut toujours garder une petite vigilance,
parce que quand on s'assoit, on peut s'assoir, non seulement sur des insectes équipiques,
mais il y a aussi des reptiles, et puis surtout, il y a des éléphants.
Les éléphants en forêt sont souvent les moides détectables,
parce qu'ils ont un rythme d'activité le jour comme la nuit,
des moments de repos à la fois dans la journée et dans la nuit,
pendant lesquels ils ne font pas du tout du bruit.
Donc il peut arriver qu'on soit très proche d'un éléphant,
et que pendant 5-10 minutes, on ne se rend pas compte
jusqu'au moment où on va entendre un énorme craquement d'arbres
ou des branches qui vont être cassées,
mais avec une vigueur, il n'y a pas de doute c'est un éléphant,
ou bien tout simplement une espèce de borborigme
qui est un cri de contact mais qui ressemble à un gargouillis de dystopa.
Quand on l'entend, c'est justement un cri qui est une vocalisation
qui est faite pour se localiser entre éléphants,
et les éléphants qui sont relativement proches,
ça veut dire qu'on est très très proches.
Et donc là tout le monde d'un seul saut
prend toutes ses affaires et part en courant
dans le sens opposé en espérant qu'on ne soit pas au milieu d'un troupeau,
ce qui arrive aussi.
Donc il y a la fois des moments où on est complètement détendu
et quand ça, ça nous arrive, on a tous nos sens en alerte
et ça va durer pendant plusieurs heures en principe
et souvent le lendemain matin, on est beaucoup moins confiant.
Ce chemin que certains jours on fait dans le calme,
en profitant vraiment de tout, là il devient vraiment angoissant
et c'est souvent quelque chose qui se transmet
parce que le moindre bruit, on s'arrête, on est à l'écoute
jusqu'à ce qu'on soit sûr que ce ne soit pas un éléphant.
Il peut arriver qu'on reste une demi-heure, une heure, deux heures,
trois heures à un même point parce qu'il y a un groupe d'éléphants
et qu'on a tant qui passe avant de pouvoir continuer notre route.
Le nom des données
Au départ, quand on travaille sur des animaux,
vraiment ce qu'on apprend, c'est l'objectivité
et le recueil de données systématiques,
ce qu'on fait évidemment sur le terrain.
On donne des noms aux individus, on donne des codes
et quand on relève les données, on indique ces codes.
Malgré tout, je pense que quelle que soit l'espèce sur laquelle on travaille,
ce n'est pas uniquement sur les chimpanzees,
on découvre que les individus ont des personnalités assez rapidement,
c'est extrêmement fort chez les chimpanzees
et forcément de mieux prendre en compte les différences
non seulement au niveau des individus mais aussi au niveau des groupes et capital,
c'est ce qui a permis de découvrir que les chimpanzees avaient des cultures par exemple
et que certains individus ont un tempérament,
un comportement qui fait qu'ils ne mènent pas la même existence
et voire la même relation avec leur congénère.
Pour tous les chimpanzees, on les a d'abord rencontrés de loin.
On a d'abord vu une silhouette, on a d'abord regardé dans les jumelles
et essayé de reconnaître qu'elles très particuliers nous permettraient de le nommer
et de le reconnaître lors des contacts précédents.
Une des premières chimpanzees qu'on a pu identifier, reconnaître, nommer, c'est Koutou.
En fait, on l'a assez facilement reconnu parce qu'il lui manquait une oreille,
Koutou en route au haut qui est la lampe locale, veut dire oreille.
Donc c'était une vieille femelle, reconnaissable,
parce qu'il lui manquait son oreille, mais aussi par sa silhouette,
toute décharnée, un peu irsut.
Donc il y a beaucoup de poils dans le dos, ces poils sont belles,
les jambes très fines, très maigres,
il y a des poils sur les épaules un peu irsutes, puis sur la tête aussi.
Puis il y a une figure émasseillée tout pour le longueur et un regard doux et gentil.
Elle doit avoir pas loin de 50 ans.
Aussi son comportement calme, c'est une des seules qui ne fuitait pas au début quand on approchait.
On s'est toujours demandé si c'est parce qu'elle entendait mal, vous voyiez mal,
ou bien si c'est parce que finalement elle avait acquis une sorte de confiance.
Elle avait donc un jeune enfant encore, les chimpanzés femelles n'ont pas de médant de pose.
Donc elle avait ce jeune enfant qui est appelé Kim Chi, qui avait deux ans.
Alors que généralement les femelles qui ont des jeunes bébés sont beaucoup plus craintives
et changent complètement de comportement, elles restaient tout à fait calmes.
Coutou et Kim Chi, c'est les deux chimpanzés qui nous ont donné le plus d'informations
sur cette communauté de ces bitolies au début.
Ce qui était génial, c'est que quand elle était là, les autres étaient aussi en confiance.
Donc elle transmettait son caractère calme, placide aux autres.
Pour nous, au tout début, ça a vraiment été notre mascotte.
Malheureusement, elle a disparu justement probablement en plus.
On a trouvé un enfant à cause des hommes dans les plantations.
On a retrouvé son squelette et Kim Chi, qui par contre lui a survécu à la mort de sa mère
quand il avait cinq, six ans à peu près.
Ce qui est assez extra aussi, c'est qu'il a été adopté par deux copines de sa mère,
deux vieilles chimpanzés aussi, Pénélope et Galette.
Et donc quand Kim Chi se déplacait, très souvent avec lui on y trouvait Galette,
donc une vieille femelle qu'à la face plate comme une galette.
Et le dos courbé, probablement un problème d'arthrose très important,
qui elle n'a pas d'enfant, et Pénélope,
à qui jusqu'à ce que la génétique nous révèle sa progéniture,
on ne connaissait pas non plus d'enfant.
La génétique nous a fait découvrir qu'il y avait un mal adulte qui était souvent avec elle,
qui finalement était son sonfiston.
Confirment, ce qu'on sait déjà,
mais que les jeunes mâles ne rompent pas du tout avec leur mère
et continuent à venir régulièrement les voir,
et que c'est un comportement qui se prolonge tout au long de la vie des mâles chimpanzés.
Donc cette proximité avec leur mère quand elle est toujours vivante est assez étonnante.
La rose, c'est Kitaka. Kitaka, ça veut dire terre.
Parce qu'elle a les jambes couleur terre.
Ce qui est arrivé juste avant, c'est son fils, un tabou.
Ça veut dire boux, et son bébé, qu'elle porte sur son ventre, c'est Gaïa.
Gaïa, ça veut dire terre en matin.
Oh, un asor femelle, où ils ont pilié une fête.
Ah, au minier Zé, c'est pas possible.
Il y a deux femelles qu'on n'a pas réussi à vraiment identifier avec deux jeunes enfants,
donc de moins de deux ans.
Donc ce qui fait qu'en tout dans l'arbre, on a quatre femelles avec des enfants.
Donc la relève est là.
Femelle adulte, 20-50, chauve, avec deux filles, une de deux ans,
les oreilles claires et polybourifées.
L'autre d'environ 8 ans, je vis aussi le 22 juillet.
Les premiers chercheurs et observateurs de Champanze ont utilisé des subturfuses
pour les approcher rapidement et yagner leur confiance,
qui étaient donc l'alimentation.
Et Gene Goudal, en particulier, a utilisé les bananes qu'elle mettait dans des boîtes de distribution
pour ne pas que les Champanze fassent le lien entre les humains et ces bananes.
Mais malgré tout, ils ont bien détecté que les personnes qui mettent les bananes dans les boîtes,
c'étaient les humains.
Et ça non seulement modifiait le comportement,
puisque c'était beaucoup plus facile d'attendre que les bananes des boîtes soient distribuées
plutôt que d'aller chercher parfois à 10 km des fruits.
Il ne faut pas croire que la forêt tropicale regorge de fruits juteux, sucrés et très disponibles.
Non, c'est un sacré boulot quand on est à Champanze
de devoir trouver ces aliments qui sont en plus souvent
plutôt secs, pas très juteux, pas très sucrés.
C'est bien notre travail de domestication des fruits qui les ont rendus si savoureux.
Ça a modifié le comportement des Champanze et ça aussi modifiait leurs relations aux humains
puisqu'il y a eu des agressions, ce qui n'a jamais été le cas, par exemple, à Sébitholie.
Jamais aucun de nos assistants, ou même nous,
avons été menacés, touchés, frappés, mordus par les Champanze.
Une fois que ce constat a été fait par les primatologues,
ça a été complètement banni.
Comme tout compact, aujourd'hui, est absolument banni
et le fait de garder 8 à 10 mètres de distance avec les Champanze et avec les gorilles,
c'est une règle qui est fixée pour tous les chercheurs et pour tous les touristes.
Ce qui veut dire que, par exemple, malgré tout, il y a des jeunes Champanze qui sont furieux
et qui aimera bien parfois venir près de nous, essayer de regarder ce qu'il y a dans nos sacs, etc.
Dans ce cas-là, la seule chose qu'on fait, c'est qu'on leur montre de l'indifférence,
à nos tours, on leur tourne le dos, ne les sollicite absolument pas,
ni du regard, ni même par des gestes qui pourraient les engager à s'approcher de nous.
Par exemple, le grattage est un geste qui permet de solliciter le grooming des pouillages.
Évidemment, les Champanze sont des fervents adeptes de l'épouillage,
pas simplement pour les questions de propreté digéne, mais surtout pour les questions de contact et de lien d'affection.
Les pouillages permettent de faire tomber les tensions sociales et de montrer de la tension vers un congénère.
Donc, si on commence à se gratter en regardant le Champanze, ça veut lui dire,
« Bah, j'aimerais bien que tu viennes m'épouiller. »
Donc là, c'est un très mauvais signal à envoyer à un jeune Champanze qui va se dire,
« Tiens, j'ai peut-être un partenaire sympa qui va aussi m'offrir un peu des pouillages. »
Il y a des règles de conduite à avoir pour ne pas les perturber et rester le plus neutre dans l'environnement.
Et c'est ça qui fait que petit à petit, soit les nouveaux assistants, soit les étudiants,
s'intègrent dans un code de conduite et un mode de comportement qui fait qu'on perturbe le moins possible les Champanze.
D'abord, on le voit très loin et petit à petit, on approche et on apprend à le connaître mieux.
Il n'y a pas un jour où on a vu cet individu à 10 mètres et après, le contact a été fait.
Mais ce qui a fait la différence, c'est le jour où...
Je suis avec Jean-Michel et je vais essayer de prendre des photos des Champanze et du groupe,
qui sous-groupe qu'on est en train de suivre.
Depuis quelques minutes, alors que je prends les données, je ne l'entends plus.
Je ne sais plus s'il est à proximité de moi et que c'est juste parce qu'il prend les photos, mais je n'entends même pas le déclenchement.
Une fois que j'ai fini mon observation qui dure 10 minutes, je pars à sa recherche.
Je commence à faire le tour de l'arbre, de l'endroit où les Champanze sont en train de s'alimenter.
Au loin, j'aperçois sa silhouette et effectivement, il est immobile avec son appareil.
Je lève les yeux et je vois à 12-13 mètres de lui, peut-être 15, une grosse silhouette immobile,
qui me semble à cette distance très proche de lui.
Je décide de m'approcher doucement pour ne pas perturber ce contact qui m'a l'air tout à fait particulier.
Dans mes jumelles, je me rends compte que c'est Elliot, ce mal d'une corpulence assez impressionnante,
c'est le mal dominant, en plus de nos Champanze, assez bitholie, vive en altitude et donc une fourrure très épaisse
qui leur donne encore plus cet air costaud.
Et donc Elliot et Jean-Michel se font face. Jean-Michel a son appareil photo, mais il ne prend pas en photo.
Puis, à petit, j'arrive à côté de Jean-Michel et là, on est tous les deux face à Elliot,
qui semble relativement détendu, qui de temps en temps nous regarde, de temps en temps se gratte doucement,
mais n'est pas du tout hérissé, le fait de s'hérisser.
Ça montre la crainte, l'anxiété ou l'excitation.
Là, sa fourrure est plate. Il a les pieds dans le vide, ballant, il nous observe.
C'est un moment quelques minutes assez fabuleuse.
On n'a jamais réussi à être aussi près d'un Champanze.
Le cœur qui bat la chamade. J'ai l'impression que mes jambes vont me lâcher
et j'essaye de me donner une contenance en prenant mon carnet, en notant des choses.
Et puis, à un moment donné, Elliot nous tourne le dos.
Et là, on se jette un regard avec Jean-Michel. Tous les deux, on se dit, c'est gagné.
Le fait qu'un Champanze nous tourne le dos, je veux dire qu'il a complètement confiance
de ce qui peut se passer derrière lui.
Ça peut paraître parfois un peu idiot de se dire, c'est le moment où le Champanze
nous montre de l'indifférence qui nous a fait le plus plaisir.
Mais là, pour le coup, c'était vraiment le cas.
Aujourd'hui, Elliot a vraiment transmis sa confiance aux autres individus.
Il nous accepte, nous et notre équipe, parce qu'on essaye toujours d'être le plus petit nombre possible
avec les Champanze, mais sur le terrain, aujourd'hui, on a 25 assistants.
On se déplace en plusieurs équipes, mais toutes nos équipes sont identifiées par les Champanze
comme étant des équipes amis.
On sait qu'ils sont capables de faire la différence entre nous, qui sommes donc avec des sacs à dos,
des bottes en caoutchouc, qui marchent toujours à peu près au même rythme,
qui parfois sortons des sacs plastiques pour récupérer les urines sous eux, faisons du bruit parfois,
et les éventuels bracogniers qui peuvent se déplacer dans la forêt
ou bien les villageois qui sont à la visière et qui les pourchassent.
Ensuite, c'est aussi une reconnaissance individuelle.
Par exemple, quand un nouvel étudiant ou un nouvel assistant ou une équipe de tournage arrive avec nous,
on voit que les Champanze sont en alerte vigilant.
Vraiment, Scanne s'assure que le comportement de ces gens-là,
eh bien, un comportement qui colle avec un comportement ami.
On sait que quand nous, on arrive et qu'on a un petit regard qui consiste probablement à dire,
« Tiens, celui-là, il a une tête que je connais et il fait partie du groupe, c'est bon signe.
» Et le plus rapidement, ils se remettent à leurs activités,
meilleur est le signe de cette acceptation.
...
On est en fait devenu une sorte, on pourrait dire souvent, une communauté hybride,
parce qu'on fait partie de leur vie, mais malgré tout, ils n'attendent rien de nous,
même si nous, on espère pouvoir leur apporter cette protection.
Ils n'attendent absolument pas d'alimentation et cette relation de confiance,
elle s'est bâti uniquement sur le contact visuel, et pas du tout sur le contact,
ni physique, ni dans l'attente d'une alimentation.
...
Et à Sébitholie, en fait, on travaille surtout en géographie, en fait,
pour essayer de décrire et de mieux connaître cet habitat.
Et aussi de localiser les endroits où les chimpanzés vont.
Donc on utilise ces fameux indices que sont les restes alimentaires, les crottes,
pour essayer de montrer quelles sont les parties de la forêt qu'ils utilisent,
et essayer de répondre à cette question.
Est-ce qu'ils évitent les humains ? Est-ce qu'ils évitent l'Elysée, les bordures,
les endroits où, par exemple, il y a les usines de thé, la route, les bordes-routes,
ou bien est-ce que, finalement, ils ont intégré ces éléments humains
dans leur territoire et que ça fait partie de leur milieu de vie.
...
Pour nous aider dans nos recherches, on a des espions, des subterfuses,
que sont les caméras à détection de présence, donc les caméras trappent en anglais.
Donc ces caméras, en fait, elles sont posées dans la forêt, à différents endroits,
et elles se déclenchent à chaque fois qu'un mouvement se produit face à elles,
à une distance de 10-15 mètres, et elles se déclenchent le jour comme la nuit.
Et donc on en a posé un peu partout dans la forêt, et également en lisière, justement,
pour essayer de savoir si les chimpanzés viennent à cette lisière
et si ils viennent, ce qu'ils y font.
Parce qu'on avait des indices qui montraient qu'ils semblaient passer de la forêt
aux champs cultivés des villageois, et tout particulièrement aux champs de maïs.
Mais quand on interrogeait les villageois, le plus souvent ils nous répondaient,
non, on a beaucoup de problèmes avec les éléphants qui nous pilient littéralement nos champs,
en train de des gros dommages.
On a aussi des problèmes avec les baboins, parce que les baboins arrachent les tiges,
ils font des gros dégâts, mais les chimpanzés, pas tellement.
Nous, on avait quand même des doutes, donc on a posé ces pièges vidéo à la lisière.
C'est la nuit, ça m'a dit ?
Les feuilles de bouche, on a vu.
Oh, j'ai pensé !
Waouh !
La 23h51, le 7.
Oh, attends !
La nuit, ça c'est à 0h05.
Oh, belle ! Il faut qu'on voit sa tête !
Attends !
Une des premières fois où on a relevé les pièges, et on a observé les vidéos,
on a eu la surprise incroyable de découvrir que finalement, les chimpanzés venaient bien
dans les champs de maïs, mais surtout qu'ils avaient mis en place une stratégie
qui consistait à venir de nuit pour tromper la vigilance des humains.
Ce qui explique que les gens disaient, bah non, nous on voit surtout des éléphants et des baboins,
mais que les chimpanzés passaient comme ça en douce,
et réussissaient en fait à franchir les barrières potentielles que les humains avaient mises en place.
Parce qu'en fait, dans cette zone-là, pour essayer de se prémunir contre les incursions des éléphants,
ils ont creusé des grosses tranchées de 3 mètres de profondeur et de 3 mètres de large,
qui évite que les éléphants puissent pénétrer dans les champs.
Et à l'endroit où on avait posé notre caméra trap, celle où on a eu les premières images des chimpanzés bandits,
il y avait un arbre tombé et des épines maïs côté forêt.
Donc on supposait que c'était éventuellement les baboins, mais peut-être aussi les chimpanzés.
Et effectivement là, on a vu que non seulement les mâles, donc Eliott, le mâle dominant,
mais aussi les vieilles femelles comme Coutou, avec leurs enfants,
y compris aussi les femelles qui avaient des nouveaux nés, passaient cette espèce de pont,
et allaient jusque dans le champ avec des stratégies assez amusantes aussi,
puisque les mâles souvent grimpent dans les arbres qui sont des eucalyptus, qui sont plantés en lisière,
pour faire le gai, probablement vérifier qu'il n'y a pas de danger, et ensuite tous les autres pénètrent.
Là, c'est la fête, le festin.
Ce qu'on a aussi réussi à analyser en regardant ces vidéos,
et en comparant le comportement des chimpanzés de jour et de nuit,
c'est que finalement, la nuit, ils sont beaucoup plus relaxes,
alors que la journée, c'est des allers-retours très rapides,
dans lequel ils ramènent un ou deux épines maïs.
La nuit, il reste beaucoup plus longtemps, ils ne ramènent pas forcément le maïs,
donc ils consomment sur place. Il y a beaucoup moins de signes d'angoisse, d'anxiété.
La journée, on les voit se mettre en bipédie, donc debout sur leur de jambe,
regardé au loin, parfois on voit qu'il y a des diarés qui montrent, qui sont vraiment anxieux,
mais vraiment parodés par la gourmandise quand même, ils y vont,
mais on sent qu'ils sont vraiment stressés.
La nuit, on a quelque chose qui est beaucoup plus calme,
avec des passages sur ce pont lentement, et puis des individus qui reviennent parfois les bras chargés d'épines maïs,
mais jamais dans la précipitation.
Dans la journée, on a des groupes de chimpanzés qui reviennent en courant à toute vitesse,
on entend les chiens, on entend les gens qui crient,
on comprend pourquoi ils ont modifié leur comportement pour devenir nocturne.
Parce que théoriquement, les chimpanzés n'ont aucune adaptation à la vie nocturne, à la vision nocturne même.
On ne sait pas comment s'est fait cette transition,
ce que les villageaux a dit, c'est oui, peut-être qu'on a vu quelquefois des chimpanzés pendant les nuits de pleine lune,
mais quand on regarde nos données, en fait, les pillages se produisent en dehors des nuits de pleine lune,
donc vraiment à la nuit noire.
Donc peut-être qu'à un certain moment, au tout début, ils ont profité de la clarté des nuits de pleine lune,
mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas, ils arrivent à pénétrer les champs de maïs, même quand c'est la nuit noire.
Ce qui nous permet de penser que c'est une adaptation relativement rapide aussi,
c'est qu'une fois qu'on a vu ces images, on a alerté les propriétaires des champs en leur disant
qu'il faudrait que vous continuez vos rondes pendant la nuit,
et en fait, ce qui est assez terrible, c'est que ces gens vivent dans leur champ pour éviter qu'ils soient complètement ravagés par les éléphants,
ils vivent dans des espèces de petites huttes qui sont couvertes de bâges, etc., dans une grande, grande pauvreté.
C'était absolument impossible pour nous de laisser les chimpanzés chapparder de cette façon-là, alors qu'on le savait.
Ils ont commencé à faire des rondes de nuit, mais surtout le soir, parce qu'on avait vu que pratiquement toutes les incursions des chimpanzés
c'était vers 7h, 8h, donc à la tombée de la nuit, et plus tôt avant la nuit,
on n'avait aucun signe qui montrait qu'ils se réveillaient plus tôt avant l'aube pour aller dans les champs.
Ils ont commencé à faire leur patrouille en pleine nuit mais le soir,
et là, sur les caméras de trap, on a commencé à voir des chimpanzés le matin avant le lever du jour.
Donc ça montre qu'il y a vraiment... Nous on observe les chimpanzés, mais c'est évident que les chimpanzés nous observent aussi,
nous humains, et réussissent à vraiment tirer bénéfices de cette proximité,
non seulement au niveau nutritionnel, mais aussi au niveau de l'espace.
On a empiété sur leur territoire, mais finalement, ils considèrent probablement que ces cultures font toujours partie de leur territoire.
Faire à mesure, quand les ravages sont importants avec ces gens qui sont dans la grande pauvreté,
même s'ils ne consomment pas de viande de chimpanzés, c'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle on est venu en Uganda
et pour laquelle on peut étudier et observer les chimpanzés, parce qu'à peu près partout ailleurs en Afrique,
les chimpanzés sont consommés pour leur viande.
Donc même si ces gens ne consomment pas de chimpanzés, ils sont amenés à les pourchasser et éventuellement à les tuer,
juste pour protéger leur nourriture de demain.
Donc ça c'est vraiment une autre grande question qui nous occupe, c'est comment essayer de réconcilier humain et faune sauvage,
qui vive à proximité, comment éventuellement repenser la structure des parcs nationaux,
puisqu'aujourd'hui c'est vraiment une frontière stricte qui est même matérialisée par ces grandes tranchées
entre le monde animal et sauvage et le monde civilisé et humain.
Et on est vraiment convaincu que la préservation ne pourra être efficace que si les villageois ont envie de protéger cette faune
et que c'est pas à nous français qui d'ailleurs avons aussi en France des problèmes avec la faune sauvage,
d'imposer une vision, de leur dire qu'il faut protéger ces animaux alors qu'ils détruisent leur culture et empêchent leurs enfants de manger demain.
Donc il faut vraiment essayer de rétablir cette connexion, ce lien, et probablement que la conformation actuelle des parcs nationaux
et de la conservation telle qu'elle est pensée n'y est pas favorable.
Ce que notre travail a surtout révélé à Cébittoli, c'est qu'effectivement les chimpanzés sont capables de s'adapter rapidement
aux menaces qui pèsent sur eux, comme par exemple des villageois qui leur couraient après avec des lances,
modifiant leur comportement ou bien même pour la traversée de la route.
Ça c'est assez fabuleux aussi de voir par exemple comment Elliot mène les traversées de route.
Généralement il va se mettre en bipédie, regarder à gauche, à droite, vérifier qu'il n'y a pas de voiture qui arrive
et puis ensuite permettre la traversée du groupe avec lequel il est, souvent des femelles avec leur bébé, soit sur le vent, soit sur le dos.
Des individus mutilés parce que dans l'endroit où on est, les gens ne mangent pas de chimpanzés mais posent des pièges
et on a environ un quart des chimpanzés qui ont soit des bras en moins, soit des pieds en moins à cause de ces pièges.
Donc il y a une sorte de prise en compte de ces mutilations par le reste du groupe qui adapte sa vitesse
et qui donc permet aussi la traversée de certains de ces individus.
Mais par contre il y a certaines menaces auxquelles ils auront du mal à faire face parce qu'elles sont beaucoup plus insidieuses.
On la découvre d'abord au travers des jumelles parce qu'on s'est rendu compte qu'un grand nombre des chimpanzés qu'on suivait
avaient des visages bizarres, à savoir il y avait une femelle qui avait un bec de lièvre
et puis d'autres qui avaient le nez vraiment très plat voire carrément pas de narine.
On fera mesure que la situation se faisait qu'on se rapprochait, on voyait vraiment que ces visages étaient à normaux.
On a commencé à s'interroger sur les causes possibles, on s'est dit peut-être que c'est de la consanguinité
puisque ils n'ont pas tellement de contact avec les autres chimpanzés.
L'autre hypothèse étant vu que ça apparaît à la naissance que ce soit congénital mais créé par la pollution environnementale
et ça a ouvert un nouveau champ de recherche puisque on a échantillonné les sédiments, l'eau des rivières,
les aliments domestiques qui étaient à leur disposition donc le maïs et on a découvert en fait que les rivières sont une sorte de cocktail toxique.
On a trouvé plus de 15 pesticides dont du dédété, du glyphosate, des néo-nécotinoïdes
et l'hypothèse est que ces mamans chimpanzés quand elles vont dans les champs de maïs, parfois sont gestantes
pendant les trois premiers mois de gestation, c'est le moment où tout ce qui est perturbateur endocrinien
peut avoir des effets sur le développement du fétus.
Donc aujourd'hui on a un grand projet qui vient de démarrer, qui est d'essayer de faire une ceinture de thé bio,
de thé et d'autres produits bio puisque le glyphosate est surtout pulvérisé sur le thé
mais les néo-nécotinoïdes dont l'imidaclopride vient du maïs, c'est un maïs enrobé d'imidaclopride
qui est semé et qui est planté à la bordure du parc, c'est la transformation, le changement de mode d'agriculture
vers une agroécologie avec moins d'intranges chimiques.
On a pu aussi dans les villages se rendre compte que les enfants ont aussi des malformations
et même si aujourd'hui le lien n'est pas encore fait directement,
il nous semble qu'il ne faut pas attendre que ce soit complètement prouvé pour lancer les transformations.
Ce lien familial et le fait que l'on partage une grande partie nathradéenne et que ce soit l'espèce la plus proche de nous,
c'est quelque chose qui aujourd'hui est établi, c'est quelque chose qui pour les populations locales avec lesquelles je travaille
est tellement évident, qui n'ont pas eu besoin de la génétique pour nous le prouver.
Il y a des clans qui vivent dans cette forêt qui ont pour totem le chimpanzé et qui les décrivent comme leurs grands-parents
et pour moi au ferme dur de ces années, après 20 années, à leur côté, c'est clair qu'on est de cette même famille
mais ce qui est encore plus clair c'est que pour moi c'est au-delà d'une famille scientifique et génétique.
Quand je viens en grand âge et j'ai envie de savoir ce qu'Hitaka est devenu, ce qu'a fait Elliot,
ce qu'Apollo va pouvoir m'apprendre aujourd'hui au-delà de cet apport scientifique que les chimpanzés m'ont appris,
savoir que par exemple ils pratiquent l'automédication, qu'ils utilisent des outils, qu'ils ont des moyens de communication,
une politique très très proche de la nôtre.
Ils ont aussi des émotions, des liens d'affection, des choses qu'on dénait avant aux animaux
et ils m'ont appris aussi que cette barrière qu'on érigait avant entre les humains et les autres animaux, elle n'existe pas.
Il n'y a pas de raison non plus de la déplacer et de la placer entre les chimpanzés et les autres singes
ou entre les primates et les autres animaux.
C'est partie d'une grande communauté vivante, animale et végétale et qu'on est aussi tous dépendants de la bonne harmonie au sein de notre planète.
Donc j'espère que ces frontières symboliques qui existent entre le parc et les cultures vont aussi bientôt s'escomper.
Il arrive à vocaliser avec sa chique.
Ça va te comer, c'est outil.
Ils font du han de glace.
Ah, c'est sûr. C'est intéressant, mais ça ne s'est jamais fait au glace.
Le glace, c'est une façon de s'éplouir. Ils se prennent la main, ils se mettent face à face et sous les bras.
C'est un trait culturel qu'on retrouve seulement dans certaines communautés de Japonais.
Ah, tu veux dire qu'ils ne le vont pas tous.
Non.
C'est un gare qui monte. J'ai un gare blessé à gauche.
Le pauvre.
Je pense que les parents ne voyaient pas aussi bien la zone de restriction.
On avait juste l'impression que c'était cassé.
Et là, de plus en plus, on se rend compte qu'il y a la trace du piège.
Vous pouvez découvrir les photographies de Jean-François Criev qui suivent les Champonsés au côté de Sabrina,
depuis leur premier séjour en Afrique, dans le bel ouvrage Les Champonsés des Monde la Lune, par Euché Bulin.
Il y a aussi le très beau documentaire de Sylvie Garnier, les gardiens du Monde la Lune,
qui retrace le travail de terrain mené à Sébitholi.
Les baladeurs, une série odiolée, sont des plus grandes et plus belles.
Les Haussers, écrits et réalisés par Camille Jusot,
la musique est de Alison Mrasack, le mixage est de l'Ori galiganie.
Et nous vous retrouvons au plus vite pour une prochaine aventure,
quand les mesures sanitaires nous permettront, vous et moi, de sortir le nez dehors
et d'enregistrer les témoignages qui font ces histoires.
D'ici là, n'hésitez pas à écouter ou réécouter les 28 épisodes déjà en ligne
pour voyager, même depuis votre canapé.
Bon courage à tous, prenez soin de vous et de vos proches.
Et je vous dis à très bientôt pour de nouvelles aventures et mes aventures en pleine nature.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org