Un jour, une noeck tu présentes, même pas vrai, le podcast.
Salut, c'est Sévrine, la journaliste qui dégomme les stéréotypes.
Tu sais, ces idées toutes faites qui s'incrustent dans ta tête et t'empêchent d'être toi-même.
Dans cet épisode, on traquera un stéréotype spécial garçon, un indice ?
Il attaque chaque fois qu'un garçon se fait mal ou qu'il ressent une émotion.
À mes côtés, un nif et moi c'est Maël.
Ils s'en élèvent en CM1, CM2 et ils m'ont appelé pour qu'on enquête ensemble avec leur classe.
Même pas vrai, le podcast qui met les stéréotypes au tapis.
Alors, tu as trouvé le cliché qui nous casse les pieds ? C'est...
Un garçon ça ne pleure pas.
Oh pardon, mais moi ça me donne envie de pleurer quand j'entends un stéréotype comme ça.
Maël, Anis, pré-enquêtez ? Commençons par recueillir la vie de vos camarades.
Les garçons, on ne les voit pas trop pleurer souvent, ils se sont fait mal, ils se barrent et après on les revoit longtemps après avec les yeux un peu rouges.
Les garçons, ils pleurent de joie, de tristesse, de peur, de violence, c'est juste qu'ils veulent pas avoir la honte.
Parce qu'ils sont sans être forts et sans faiblesse.
Les garçons ont le droit de pleurer, moi ça m'a arrivé des fois de pleurer.
Ok, ça a l'air carrément compliqué pour les garçons de montrer certaines émotions.
Parfois, ils ont l'impression que c'est comme interdit ou honteux.
Est-ce que c'est vrai ? C'est vraiment ça qu'on attend d'eux qui ne pleurent jamais ?
C'est le moment d'enquêter, je suis prête.
Parfait, on va avoir besoin de renfort. Le reste de la classe, vous avez des pistes ?
Alors moi, je vais demander aux différentes personnes de la cour, c'est quand ils ont pleuré, la dernière fois qu'ils ont pleuré et pourquoi ils ont pleuré.
Quand on va chercher dans les BD tout ça, on verra qui pleure le plus souvent, une fille ou un garçon, on va chercher, on va faire un pourcentage.
On pourrait faire croire aux élèves que la maîtresse a interdit de pleurer aux garçons et voir leur réaction.
Super, vos enquêtes vont nous dire si vos camarades pensent qu'un garçon ne doit pas pleurer.
Et si la société transmet encore cette idée dans les bouquins ou au ciné ?
Et surtout, surtout, on va voir si c'est vrai dans la réalité.
On commence ?
Oui, filez mes petits détectives.
Moi, je pars à la bibliothèque pour découvrir si les larmes de garçons ont toujours eu mauvaise réputation.
Au fait, toi qui écoute ce podcast, enquête aussi de ton côté.
Questionne et observe pour voir si ce cliché court toujours en liberté.
Voyons, c'est par là.
I, J, K, L, ah, larmes.
Ah voilà, j'ai repéré un livre qui...
Oh, une goutte là-dedans.
N'importe quoi, t'as qu'à dire que je suis une goutte de pluie aussi.
Non, je suis un spécimen rare, dit-on, une larme de garçons.
Wow, tu parles et t'as l'air un peu énervé.
Forcément, nous, les larmes de garçons, on nous retient, on nous cache, on a honte de nous.
Ça n'a pas toujours été le cas, tu sais.
Ah bon, raconte.
Si tu pouvais interroger mes arrières, arrières, archi arrières, enfin, les larmes qui coulaient pendant l'Antiquité romaine.
Elles te diraient qu'en public, les hommes et les femmes, ils pleuraient plus qu'aujourd'hui, mais pas au même moment.
Il y avait des règles.
Les femmes, elles pleuraient quand des drames arrivaient, les hommes, eux, ils éclataient en sanglots au milieu de discours politiques, philosophiques, dommages aux dieux ou aux héros, des larmes glorieuses, quoi.
Et elles se font emprisonner quand, les larmes de garçons ?
Au XIXe siècle, un homme ne doit plus pleurer devant les autres.
Fini.
C'est perçu comme une faiblesse, une honte aussi.
Un homme doit cacher ses émotions, mais les femmes, elles, elles ont le droit.
La société décide que les larmes sont féminines.
Et aujourd'hui, ça ressemble à quoi, ta vie de larmes de garçons ?
Poussez dur ! On raconte toujours que les larmes sont un signe de faiblesse, réservé aux filles et aux bébés, et qu'un garçon doit les cacher, c'est n'importe quoi !
Ah, c'est sûr, ça doit pas être facile.
Merci pour ton témoignage. Je suis sûre que ça va intéresser Annie Sémahel.
Qu'est-ce que vous avez découvert ?
Dans la cour de récréation, s'il a maîtresse interdissé aux garçons de pleurer,
deux tiers des élèves trouveraient ça normal.
Dans les livres et BD, c'est serré, mais on voit les filles plus souvent pleurer,
que les garçons, et dans les mangas, les filles et garçons pleurent très souvent, et tout autant.
Nous avons interrogé les filles et les garçons de l'écart.
Les élèves, en tant que des écoles, résultat, ils pleurent aussi souvent et pour les mêmes raisons.
Intéressant, vos enquêtes prouvent qu'il y a bien un écart entre ce que les gens trouvent normal
et la réalité. Les études scientifiques le confirment.
Dans l'enfance, les garçons et les filles pleurent autant.
Et de ton côté, Séherine ?
Incroyable, j'ai rencontré une larme de garçons.
Si, si, elle m'a appris qu'à certaines époques, elles étaient autorisées.
Pas de façon très spontanée. Les larmes de garçons servaient uniquement à prouver aux autres sa valeur.
On a appris aux garçons quand ils pouvaient pleurer ?
Oui, leurs larmes devaient être symboliques, graves, et on a hérité de cette vision.
Les études montrent qu'à l'heure actuelle, un homme pleure quatre à cinq fois moins qu'une femme.
Ils réservent ces larmes aux événements exceptionnels comme une naissance ou un enterrement.
Sans doute parce que pleurer, dans ces circonstances, est accepté par la société.
Parfois, on donne aussi l'explication qu'un garçon pleure moins parce qu'il ne ressent pas les émotions de la même façon qu'une fille.
C'est vrai ou pas ?
C'est un point qu'il faut éclaircir. Tu as raison.
Allez, super experts !
Pour nous répondre, on va faire appel à Catherine Vidal. Elle est neurobiologiste.
Ça veut dire que c'est une scientifique spécialiste du fonctionnement de notre cerveau.
Maelle, Anis, je vous laisse poser les questions.
Bonjour Catherine, je voudrais vous demander, est-ce qu'un garçon et une fille peuvent pleurer pour les mêmes raisons ?
Quand on pleure, il peut y avoir plusieurs raisons, il y a la douleur, et aussi les émotions.
Les émotions, par exemple la tristesse, si on quitte une personne qu'on aime,
ou bien si on s'identifie à une personne qui est malheureuse dans un film ou dans un livre.
Et sur ces façons de ressentir la douleur et les émotions, les filles et les garçons sont exactement pareilles.
Pourquoi est-ce qu'un garçon préfère souvent se cacher ou pleurer dans son cœur quand il est triste,
alors qu'une fille laisse couler ses larmes ?
On trouve des différences entre les filles et les garçons dans l'expression des émotions.
Parce que l'expression des émotions vient du regard des autres.
On dit souvent, une fille s'est douillée, alors les filles, elles pleurent.
Alors que les garçons, ils sont plus forts et plus courageux, et ils ne pleurent pas.
Ce sont ce qu'on appelle des stéréotypes.
C'est pas vrai de dire que c'est parce qu'on est faible qu'on pleure ?
La réalité est que l'expression des sentiments, des émotions,
dépend d'abord de l'histoire de chaque personne.
Par exemple, si vous trouvez un oiseau mort qui est tombé d'uni,
si pendant l'enfance vous avez été en contact avec des oiseaux,
vous avez appris à les aimer, vous allez pleurer.
Mais si ce n'est pas le cas, vous allez être plus indifférent.
Donc tout ça n'a rien à voir avec le fait d'être fort ou faible.
Qu'est-ce qu'on peut faire quand on nous dit qu'il y a le droit de pleurer ou pas ?
Il faut d'abord prendre conscience de ces stéréotypes,
et cela permet ensuite de se sentir bien plus libre,
pour se comporter selon notre propre personnalité,
selon nos propres émotions, et pas selon des codes qui sont imposés par la société.
Merci beaucoup Catherine.
Merci !
Bon, je résume, filles et garçons, on a la même capacité à ressentir douleurs et émotions.
C'est universel.
Et chacun réagit à sa façon, en fonction de son histoire, de sa personnalité.
Pleurier n'est pas une marque de fleubless, ni de honte.
Mais oui, d'ailleurs, quand on étudie ce stéréotype,
on s'aperçoit qu'il emprisonne les garçons, et qu'il en profite pour rabesser les filles,
en les présentant comme faibles et fragiles.
Alors qu'une fille peut être forte, courageuse, solide, héroïque,
et qu'un garçon peut montrer ses émotions, sa sensibilité.
Ça suffit ces clichés !
Ça serait bien si tout le monde comprenait qu'on a le droit de pleurer.
Garçon et fille à égalité.
Chacun peut libérer ses émotions.
C'est important, ça permet de se sentir mieux.
Tiens, raison, Maël.
Mais comment est-ce qu'on pourrait faire bouger les choses ?
Je crois que dans votre classe, vous avez trouvé des solutions.
On pourrait rédiger un article dans le journal de l'école
pour présenter les résultats de nos enquêtes,
et expliquer que les garçons ont le droit de pleurer.
On pourrait demander à un chanteur comme Sopranos Tromaé Viané
de créer une chanson sur ce cliché.
On pourrait montrer plus souvent des images de personnes célèbres,
masculines qui pleurent comme Barack Obama.
Bravo ! J'adore vos idées !
Chacun doit pouvoir exprimer ses émotions à sa façon.
Alors résiste ! Ne te laisse pas enfermer dans une case.
Exprime ta sensibilité.
Suis tes envies.
Et melestéro-typotapi.
Tu viens d'écouter, même pas vrai, le podcast qui chasse les clichés.
Merci à Anis, Maël et à tous les élèves de la classe de Mme Candi.
Vous avez été super.
Si ce podcast t'a plu, met-nous plein d'étoiles sur ta plateforme préférée
et parle-en autour de toi.
Tu peux retrouver tous nos épisodes sur le site d'unjourunactu.com
Et si toi aussi, tu veux te transformer en détective, en classe ou à la maison,
télécharge le kit d'enquête.
Un jour un actu, je vous ai présenté, même pas vrai,
un podcast produit par Kiehude avec Milia Logazar pour Milan Presse.
Écrit par Laurent Pujane.
Et mis en voix par Severine Clochard.
Suivi pédagogique Emilia Le Turc.
Direction éditoriale Aurélia Guerrero.