#34 — Les anges gardiens du Mont-Blanc, avec Sonia Popoff

Durée: 43m4s

Date de sortie: 22/07/2020

Sonia Popoff est médecin urgentiste. Après ses débuts dans les Pyrénées, elle rejoint les équipes de secours en montagne dans le massif du Mont-Blanc, en Haute-Savoie.

Ici, les manoeuvres en paroi, dans les crevasses ou en plein milieu du blizzard sont réputées particulièrement difficiles. Même pour les équipes les plus préparées, un imprévu est vite arrivé...

Les Baladeurs est une émission Les Others.

Cet épisode est signé Camille Juzeau, avec une composition musicale de Alice-Anne Brassac et un mixage de Laurie Galligani.

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Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Back Market, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, une série audio, les hausseurs.
Des balades, des aventures, des mes aventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti !
Au sein des sommets enneigés des Alpes françaises, les grands alpinistes ont ouvert et escaladé des voies mythiques,
tandis que les plus jeunes et les moins expérimentés ont pu goûter l'air particulier qui règne en contrebat du Mont Blanc.
Pourtant, là-haut, les êtres humains accrochés au paroi sont aussi fragiles que neige au soleil.
Un mauvais geste, un décrochage de pierre ou une avalanche emportent en un instant les corps vers le bas.
Des femmes et des hommes viennent alors à leur secours.
Gendarmes secouristes, pilotes et médecins coordonnent les actions et les gestes pour sauver ceux que la mondagne surprend.
C'est le travail de Sonia Popov. Métisain à Chamonix depuis de nombreuses années, elle participe quotidiennement à des sauvetages.
Mais l'imprévu peut toujours survenir, même pour ses équipes les plus expérimentées.
Je viens d'abord des Pirinées à l'origine. J'ai commencé le secours en montagne dans les Pirinées, dans les Pirinées arriéjoises.
A l'époque, le PGHM était en train de se monter.
Je suis allée travailler sur le site de Josier, qui couvrait notamment les Gorges du Verdon.
Je suis arrivée en Haut-de-Savoie dans les années 98 à peu près.
J'ai commencé par faire des gardes, mais sur la partie départementale du secours en montagne.
La Haut-de-Savoie est très montagneuse, mais est divisée en trois secteurs.
La partie département basse, la partie département haute et la partie massive du Mont-Blanc avec la haute montagne.
Là où il y a les glaciers, là où il y a des grandes parois, là où les secours sont réputés pour être plus techniques d'un point de vue alpinisme.
Sur le massive du Mont-Blanc, c'est plus compliqué de médicaliser, parce qu'on peut être dans une crevasse, on peut être dans une paroi.
Donc ces secours techniques, c'est vraiment quelque chose qui est spécifique du massive du Mont-Blanc.
C'est vrai qu'ici, le massive du Mont-Blanc, l'activité du PGHM de Chamonix, c'est pas la mauvaise réputation que je voudrais employer comme terre,
mais il y a quand même souvent des gens qui meurent en montagne.
Et il y en a un petit peu plus ici qu'ailleurs, il faut le reconnaître.
Donc il y a cette connotation qui fait que quand on commence à faire du secours ici, on est un petit peu impressionné d'arriver dans cet endroit.
On n'arrive pas là par hasard, il faut déjà être un urgentiste à guéris,
c'est-à-dire pouvoir pratiquer la médecine d'urgence en extra-hospitalier avec le plus d'aisance possible.
Et puis après, il faut être à l'aise dans le milieu montagne et à l'aise dans le milieu haute montagne
pour pouvoir pas perdre ses moyens à se gérer soi-même et plus pouvoir gérer son blessé.
Et il faut aussi ne pas être un poids par rapport aux deux secouristes qui interviennent avec nous,
parce que ces gens-là, eux, ils ont la technicité du secours à gérer.
Donc il faut qu'ils puissent avoir confiance en nous, qu'ils soient sûrs qu'on ne fasse pas n'importe quoi.
Si on doit se vacher, s'accrocher sur un relais, sur une main courante pour se sécuriser, évoluer corde tendue sur un glacier,
enfin, il faut qu'ils puissent avoir un minimum de confiance en nous.
Donc il faut remplir ses critères.
Et une fois qu'on a rempli ses critères, après, il faut être quand même choisi par les équipes qui sont en place,
parce qu'il faut pouvoir bien s'intégrer.
Et moi, quand je suis arrivée, je me suis fait très discrète.
J'ai beaucoup observé, j'ai beaucoup regardé. Je suis quelqu'un de très calme.
Donc le fait d'être là, ça les apaisait, ça les tranquillisait, de voir que j'allais gérer la victime.
Sur Antère, on est là, ils venaient de décoller d'eau.
Donc apparemment, la pymisse est inconsciente. Donc là, on prépare vite le matos,
il y a des déco qui nous récupèrent, on va se faire treuiller dans la voie et puis on verra ce qu'on fait sur place.
Et on se rend sur place à la désette des bois, donc c'est à Chamonix, c'est le lieu où sont basés les illicaux.
Dans ce lieu, il y a le détachement aéroporté de la Jogne Armory, le DAG,
où se trouve le pilote, les mécanos, le pilote de garde, les mécanos, et il y a les machines, bien sûr.
Et il y a un local où se trouvent les secouristes avec tout le matériel de secours.
Dans ce local, il y a tout le matériel médical qui va nous servir en secours,
c'est du matériel qui se veut le plus léger possible, le moins encombrant possible.
Après, dans le centre de la ville à Chamonix, vous avez ce qu'on appelle le PGHM,
qui est en fait le lieu où arrivent les appels.
Les appels peuvent arriver soit par téléphone, soit par radio,
quand c'est des professionnels qui sont munis de radio, qui sont dans la montagne,
les guides, ou l'hiver, les pisteurs secouristes sur les pistes.
Ils arrivent donc au PGHM qui est dans le centre, qui n'est pas sur la désette des bois où on est basé.
Donc il y a un gendarme secouriste qui prend l'appel,
qui prend les coordonnées, le lieu où se passe l'accident, et qui nous retransmet après l'appel.
C'était l'été, la météo était bonne.
Ça devait être fin de matinée, début d'après-midi.
C'est pas moi qui ai pris l'appel, mais je me souviens très bien qu'à l'appel, il y avait une notion de gravité.
C'est un guide qui passe l'alerte, donc les guides sont formés,
à passer des alertes débilants, et donc à l'alerte, en général, quand il nous dit que c'est grave,
on sait que c'est des gens qui ont l'habitude de gérer quand même du stress,
on sait que c'est un bilan qui est plutôt fiable par rapport à quelqu'un qui n'a pas l'habitude de la montagne,
qui va plus facilement se retrouver en stress dépassé, et qui va de toute façon toujours tout trouver très grave.
Un guide avait donc dévissé en paroi et qu'il était pendu au bout de sa corde inconscient.
Donc il y avait une notion d'inconscience, de chute en paroi,
pendue au bout de la corde, ça faisait beaucoup de critères pour dire qu'il fallait y aller.
Dans la face du Grand Capucin, qui est un immense monolithe de granites magnifiques,
dans la Combe Modite, ce qui porte bien son nom, on va dire,
c'est donc dans une paroi très verticale, on savait que ça allait être compliqué d'accès,
qu'on allait pas forcément pouvoir être élitroyés sur la victime.
Quand c'est comme ça, on estroyait donc sur un relais choisi par les scouristes
et après on accède, on rappelle, à la victime.
Il y a la manie du treuillage qui est très technique qu'on apparaît et verticale,
et ça c'est le boulot du pinot et du mécanicien treuilliste.
Quand c'est pas trop grave, on fait des dégagesments d'urgence,
les scouristes y vont tout seul, ils sortent la victime
et ils nous les amènent sur une zone plus simple pour les médicaliser.
Sachant qu'on savait que c'était dans une voie du Grand Cap,
on savait que ça allait être un secours technique,
mais moi j'ai d'emblée dit qu'il fallait effectivement essayer d'amener le médecin au plus près
parce que ça me paraissait vraiment grave.
On est tous très concentrés, on communique entre nous,
mais on est tous très concentrés sur ce que chacun va avoir à faire.
Donc le mécano il voit avec le pinot la quantité de kéros qui va mettre dans la machine
parce qu'il ne faut pas que la machine soit trop lourde quand on a des treuillages techniques à faire,
donc ils mettent la quantité nécessaire et suffisante.
Ils ont aussi de réflexion par rapport aux conditions de vol,
savoir s'il y a du vent sur place,
donc ça c'est souvent l'appelant qui nous donne les conditions de vol sur place,
la visibilité sur place.
Les scouristes ils ont du matériel à prendre,
donc ils réfléchissent, le nombre de relais, de rappel, de longueur de corde etc.
Et moi je réfléchis par rapport à l'état supposé de la victime,
ce que je vais prendre comme matériel médical, sachant que je ne vais pas amener trois valises,
comme on se me routier et que là il faut que je parte light, mais avec l'essentiel,
sans oublier ce qui va me manquer, en gros c'est toujours ça le dînème.
C'est de partir léger pour ne pas avoir plein de sacs à treuiller en parois,
on n'a pas de place, à chaque fois c'est détruitage supplémentaire,
c'est de la prise de risque supplémentaire.
Donc en fait on est tous concentrés sur notre partie.
Les pioches tu les naises les jits ?
Quoi ? Les pioches ?
Ouais ouais.
Qu'est ce qu'il se passe toi ?
Apparemment ça a dévissé dans le personne qui bouge, donc on va essayer de faire vite.
Je m'attends à faire plutôt des gestes de sauvegarde au niveau de la parois,
sauf si j'ai une petite vière, donc une petite vière dans une parois vertical,
c'est éventuellement un endroit où on peut poser le corps
et où moi je peux me poser, ou au moins moi se soir dans mon baudrier,
pour pouvoir faire un geste qui sauve, par exemple,
ça serait là essentiellement intervenir sur une ventilation, quelqu'un qui ventille plus.
L'idée c'était d'aller faire un bilan, rapide dénaison,
pour voir, comme il faisait très beau, comment être le moins délétère par rapport à la victime.
Donc là, l'idée c'était d'avoir l'essentiel,
mais pas trop de volume et pas trop de poids pour pouvoir l'amener avec moi au treuillage dans la parois.
Donc en gros je pars avec un sac, là ce jour-là dans la parois,
qui est pas très lourd, qui fait une vingtaine de kilos, pas plus.
Il y a de quoi éventuellement, ce qu'on appelle un tube l'arranger,
de quoi sauvegarder les voies aériennes supérieures,
le temps de l'amener en sécurité, de quoi immobiliser un rachis servical,
si il y a un trauma crânien grave, de quoi mettre une voix vénueuse.
Donc nous on met des quatre, ce qu'on appelle des catétères bouchées,
on ne branche pas forcément de perfusion, parce qu'on les arrache sur des secours hyper techniques comme ça.
Et l'idée c'est de le mettre, si on peut, à plat dans une perche,
pour mettre en sécurité son rachis, et si on peut pas mettre la perche,
on met ce qu'on appelle un quête, qui a un système d'immobilisation,
qui respecte l'acte de coutron, pour ne pas mobiliser la colonne vertimrale,
essayer de protéger la colonne vertimrale. L'idée c'était de faire tout ça.
Ce qui est pas grand chose, mais dans les conditions dans lesquelles on les fait,
devient très compliqué à faire en fait.
Tu as pris le quête ?
Tu vois ça comme un...
Il y a 200 mètres sous le sommet,
il y a du restant accroché,
et qui bouge toujours.
Lilier !
Il nous prend à trois avec le médecin, on fait une dépose au couvert.
On va charger la machine.
A l'époque c'était la Louette 3,
en haute saison sur la base, il est porté de Chamonix.
Il y a deux machines de garde,
il y a une machine de la gendarmerie,
et il y a une machine de la sécurité civile, une semaine sur deux.
Et cette semaine-là, c'était la Louette, qui s'appelle Dragon,
c'est le nom de code des unicots de la sécurité civile,
Dragon 74, puisqu'on est dans le département 74,
qui était de garde.
Sur la partie massif, sur la partie du département,
il y avait le C145, le nom de code c'est Chouquin,
qui était de garde pour la partie haute du département,
avec un équipage de la gendarmerie,
pilotes et mécanos,
plus discoursistes de la gendarmerie et un médecin département.
On prépare vite le matos, il y a deux dicots qui nous récupèrent,
on va se faire treiller dans la voie,
et on va voir ce qu'on fait sur place.
La Louette, qui était une vieille dame,
est bien plus possible que le C145.
Moi, j'aimais beaucoup cette machine.
Il y avait une grosse bulle avec beaucoup de plexi,
une vue panoramique, magnifique dans cette machine,
mais avec un tableau de bord, comment dire, archaïque.
Si on devait la comparer à le C,
le C, c'est tout plein d'électroniques,
avec des boutons partout, des voyants lumineux partout,
quatre pâles, c'est un hélicoptère beaucoup plus puissant,
beaucoup plus rapide avec deux turbines,
il n'y avait qu'une turbine sur la Louette.
Il n'y avait que 30 mètres de câble,
un câble non débrial, donc on ne pouvait pas accélérer
et décélérer au treuillage, donc des temps de treuillage,
beaucoup plus non, et que 30 mètres de treuillage
pour 90 mètres sur un EC.
La Louette, on ne pouvait pas la charger,
elle était moins puissante, sinon elle ne pouvait pas monter.
C'est pour ça que j'ai dit que c'est une vieille dame pousse,
mais qu'il y avait d'autres qualités.
On monte, la Désolte des bois, c'est à la sortie de Chamonix,
quand on monte vers Argentière,
et là pour accéder à la Combe-Maudite,
c'est vraiment sur le haut de la Valie Blanche,
donc on remonte en fait la mer de glace en gros.
On vole au-dessus de la Valie Blanche,
sur la gauche on laisse les rues, les dhuilles vertes,
sur la droite les aiguilles de Chamonix,
on passe, on voit au loin le refuge du couvercle,
après il y a le refuge de l'envers des aiguilles,
le refuge du requin, et on remonte vers le gros rognon,
puis après on se dirige vers ce grand capucin,
qui est vraiment un des endroits mythiques pour les escalades,
pour les grandes voies, et cette Combe-Maudite,
où il y a des crevasses, des cathédrales de glace en fouilles,
qui font 50 mètres de profondeur, des centaines de profondeurs,
donc c'est gavé de crevasses à cet endroit-là.
On fait le tour, donc d'abord pour repérer l'endroit
où on va devoir se rendre,
une fois qu'on a repéré le lieu,
on va repérer le lieu où on va déposer le matériel,
et moi, le premier scouriste pour aller gérer la machine,
on fait un camp des portées, une des aides des portées,
comme l'allouette, c'est une machine qui n'est pas très puissante,
on me pose un endroit avec du matériel,
pour pouvoir aller treuer le plus légèrement possible,
avec une machine la plus légère possible,
pour le pilote, une meilleure maniabilité,
pour aller faire un treuillage technique en parois.
Une fois qu'on a repéré ce lieu,
qui doit être un lieu qui est sécurisé aussi,
on ne peut pas nous poser n'importe où sur le glacier,
sachant qu'il y a des trous partout.
Alors, ce n'est pas un endroit où je vois ce qui se passe.
Par contre, à la radio, j'ai une radio sur moi,
j'entends les manips qui se passent,
et j'entends que le scouriste, le premier scouriste,
puis après, le deuxième scouriste, sont sur la vière,
puis après, ils disent, c'est bon,
vous pouvez aller chercher Sonia, quoi.
Et donc, ils arrivent sur le glacier, là où je suis,
et ils me prennent avec mon sac,
pour aller me treuer au niveau du Grand Capucin.
Là, il y a Putsi qui est au relais,
il y a le gars qui est pendu au bout de sa corde,
je vois du sang partout.
Donc, il faut s'imaginer une parois verticale,
avec un hélico qui est maintenu en stationnaire
devant la parois,
avec le plus de stabilité possible
pour amener au bout de 20-30 mètres de treuil
le premier scouriste
qui va aller s'accrocher sur un relais qui est dans la paroi.
Là, le mycanicien treuilliste est très important.
C'est lui qui dirige le pilote,
qui est aveugle sur ce qui se passe en dessous,
qui lui dit où se trouve la queue, où se trouve l'épale,
où se trouve aussi le scouriste qui est en train d'être treuillé
et qui lui annonce encore 10 mètres tête au patin
si la tête est au niveau du patin de la machine,
encore 10 mètres vache et relais pour qu'il se détache,
pour que la machine puisse s'écarter
pour aller chercher le scouriste suivant.
On est tous équipés d'imbaudriers,
puis on a ce qu'on appelle des longs sur le bonnerier,
pour pouvoir s'accrocher après à la paroi.
Il y a toujours deux longs.
Pour être élitreurier, il faut s'asseoir au bord de la machine.
La porte est en ouverte.
On s'imagine bien qu'on ne va pas s'asseoir comme ça
sans être assuré.
Donc on est accroché dans la machine par une longs-je déjà.
Et après, on va s'accrocher aux treuilles.
Une fois qu'on est accroché aux treuilles,
on va pouvoir se détacher de la machine.
On doit toujours être attaché à quelque chose en montagne
pour être en sécurité.
Une fois qu'on est attaché aux treuilles,
le mécanino annonce qu'on est prêt à être élitreurier,
au pilote qui ne lui voit rien, lui il est au commande.
Et donc là ils vont commencer à nous descendre.
On nous sort de la machine,
on commence à nous descendre à distance de la paroi.
On nous amène à proximité de la paroi,
puis après on va se stabiliser au niveau de la paroi
pour finir de nous descendre à bonne longueur
pour arriver pile-poil sur le relais.
Et là les scouristes, on est tous en liaison radio avec le mécano.
C'est son équipé ça ?
Oui.
Bon, on y va.
Bonne heure.
C'est que tu peux poser le mec sur le glacier plus haut sur le mévet.
Pour annoncer au mécano qu'on se rapproche,
puis il est convenu de certains signes,
on écarte les bras quand on se rapproche
à quelques mètres de l'endroit où on va devoir se détacher.
Et évidemment, ne se détache pas de la machine
tant qu'on n'est pas vaché à la paroi.
Il y avait un petit temps délicat,
parce qu'il faut rester le moins longtemps possible
accroché et à la paroi au relais et à la machine.
Parce que si la machine est en difficulté
pour une raison X ou Y,
il faut qu'elle puisse dégager de la paroi.
Et il faut surtout pas quand elle dégage de la paroi,
qu'on soit encore attaché au treuil et à la paroi,
ça pourrait arracher le relais et mettre la vie en danger des scouristes.
C'est parti !
Et là, j'arrive et je vois, effectivement,
dans cette phase qui fait plusieurs centaines de mètres,
deux petits bonhommes au milieu de la paroi,
je vois l'endroit où se trouve l'accordé qui est en difficulté.
Ils sont tout petits dans la paroi.
Je me dis d'OK, mais c'est très beau, il se fait très beau.
Il y a du monde dans un peu, dans toutes les voies,
dans le massif du Mont Blanc, ce jour-là.
Parce que quand il fait beau, il y a du monde ici,
c'est très fréquenté.
Et j'arrive donc près d'eux, en bout de câble,
et je leur tend donc ma longe pour qu'ils puissent m'accrocher à la paroi,
et je leur tend ma longe d'une main,
et je suis, mais je pense à peut-être 50 cm de la main du scouriste,
et j'attends qu'il m'est vaché pour me détacher, en fait, du treuil.
Et je sens que la machine repart.
J'étais stabilisée à leur hauteur,
et je prends un énorme balan, en fait, je pars dans le vide,
et je fais comme une grande...
de la balançoire au bout du câble.
Donc j'ai évidemment pas eu le temps de donner ma longe.
J'ai à peine le temps de voir le regard des scouristes
qui n'ont pas pu attraper ma longe.
Et là, je me balance au bout de la machine,
et je sens une petite odeur de brûler,
de Pierre de Briquet.
Dans mon esprit, à ce moment-là,
je me dis que je pense à mes deux collègues,
ce scouriste, je me dis j'ai peur pour eux, moi,
parce que je pense que, comme on était très près de la paroi,
avec le souffle de la machine,
je pense qu'il y a une chute de Pierre,
et que c'est pour ça que l'hélico a dégagé de la paroi.
Et donc je me balance comme ça pendant un long moment,
ça m'a apparu très très mou, au bout de la machine.
J'ai mon sac entre les jambes, vachée avec moi sur le troy.
Et puis je vois qu'on est...
Je regarde en fait en bas et je regarde la paroi.
Et on s'éloigne de la paroi vraiment beaucoup.
Je continue de me balancer.
On se rapproche progressivement du sol, mais très lentement.
Et je regarde toujours vers le bas,
peut-être attiré vers le bas, vers le vide.
Et puis le balan finit par s'arrêter.
Je suis donc statique au bout du câble,
et là je sens des vibrations dans le câble.
Et là je sais que c'est pas normal par contre.
Je réalise qu'en fait l'hélico a certainement un problème,
un problème important,
et que très probablement on va se cracher en fait.
Et là c'est très très bizarre les réflexions qu'on a.
Dans ma tête c'était pas prévu que je me crache ce jour là.
Du coup je reste assez calme,
de toute façon je peux rien faire, je suis attachée à un câble.
J'ai pas peur non plus,
et en fait j'ai mon esprit qui se met à fonctionner hyper vite.
Je me souviens que dans les procédures,
quand il y a une charge au bout du câble,
et que la machine est en difficulté,
on doit percuter le câble, c'est-à-dire on doit le couper.
Il y a un système pour couper le câble,
et larguer la charge.
Donc je me dis ils vont couper le câble,
sauf que la charge aujourd'hui c'est moi.
Je me mets en tête qui vont faire ça,
mais comme on est quand même des équipes très souder,
qu'on s'en pense très très bien,
ils vont peut-être essayer de le faire au dernier moment,
pour que ma chute soit moins haute.
Il y a des centaines de mètres encore à ce moment-là,
et sous moi.
Et en dessous de moi je me mets en tête,
et moi je vois la combe modite avec ces énormes crevasses.
Et je me dis, bon,
si ils arrivent à me larguer
dans un endroit où il y a de la neige, de Patréo,
j'ai peut-être une chance de m'en sortir,
et je réfléchis, est-ce que je garde mon sac
qui pourrait amortir ma chute,
ou est-ce que je largue mon sac
qui peut peut-être au contraire,
comme il est lourd, accélérer ma chute.
Donc je réfléchis à ce que je pourrais faire,
comme action à part ça.
J'ai une pensée pour mon fils,
qu'il y a trois, quatre ans,
et je me dis, je peux pas mourir.
C'est pas possible, je n'ai pas dit au revoir à mon enfant,
à mon fils, donc on peut pas mourir sans dire au revoir,
ça se fait pas, je sais pas pourquoi je pense ça,
mais c'est la seule pensée que j'ai eu,
que je pouvais pas mourir,
parce que je pouvais pas quitter cette terre
sans dire au revoir à mon fils.
Et puis, pendant que je réfléchis,
le sol se rapproche de plus en plus,
et je regarde toujours vers le bas.
Le sol se rapproche quand même vraiment beaucoup,
et là je me dis, moi qui pensais qu'on allait me larguer,
en fait ils m'ont m'écrasé,
parce qu'ils vont me rassembler,




ils vont se poser, je suis toujours au bout du câble,
ils vont se poser sur moi, et à ce moment-là,
du coup, comme le danger dans ma tête vient d'en haut,
je lève la tête.
Et là je me rends compte qu'en fait,
les 30 mètres,
pendant que je réfléchissais,
le mécanicien treuilliste m'a remonté.
Au lieu de percuter le câble,
ils ont remonté les 30 mètres,
pendant ce temps-là, le pilote a maintenu la machine en vol,
pour permettre au mécanicien de me remonter.
J'ai la tête au patin, je suis à quelques mètres du sol,
je tend la main au mécanicien,
il me prend la main,
et il me lève, et il me jette dans la machine.
Et là je me retrouve dans la machine,
et je me dis, ben maintenant, je regarde, je vois
la main du pinot,
qui bouge dans tous les sens pour essayer de maintenir
cette machine en vol le plus stable possible,
et je me dis, ok, donc c'est bien ça, la machine a un problème,
et je me dis, ben là on va s'écraser,
parce que normalement c'est des mouvements très très fins,
et là il fait vraiment des grands mouvements,
et je me mets en boule dans le fond de la machine,
je parle pas,
et là on se pose, mais vraiment en douceur,
parce qu'on a des patins sur la machine,
la machine glisse sur quelques mètres,
et elle s'arrête.
Et là,
ni le pinot,
ni le mécanos,
ni le mécanos,
et par contre j'entends le gendarme secouriste
qui est en bas à Chamunis,
qui arrête pas de demander
où on est, où on est, si ça va, si ça va,
parce qu'en fait,
il y a énormément de gens qui ont vu l'incident,
moi je ne sais toujours pas ce qui s'est passé,
et du coup comme moi je ne sais pas ce qui s'est passé,
et finalement je suis pas sidérée en fait,
j'ai pas vécu ce que eux ont vécu dans la machine,
et ils ne répondent pas à la radio,
donc moi je prends la radio
et je leur dis, c'est sonia, tout va bien.
Tout le monde est vivant ici, quoi.
En fait, pour poser la machine,
il est obligé de faire le tour d'un autre monolithe,
et donc les gens qui étaient dans la paroi voient pas
si la machine est posée, si elle est écrasée,
enfin, ils nous perdent de vue les témoins visuels.
Et là je vois donc le pilote,
je vois Richard descendre de la machine,
sauf qu'on est posé sur la compte maudite,
et je lui dis, mais Richard, il ne faut pas descendre comme ça,
il y a plein de crevasses, là c'est super dangereux,
et là il me dit,
après ce qui vient de se passer,
franchement, plus rien peut nous arriver.
Donc en fait je le suis, je descends de la machine,
et là on fait le tour de la machine à pied,
et donc je me rends compte qu'il manque
toutes les pâles, en fait, on sont endommagés.
Il faut vous représenter une boîte de sardines
avec une petite clé là qu'on ouvre,
et en fait, comme dans les dessins animés,
donc le métal est ouvert, éclaté,
donc on a raché tout le bout des pâles,
et maintenant la machine en vole,
le temps nécessaire est suffisant pour qu'on me remonte dedans,
et il regarde ça, et puis il me dit,
j'ai touché, j'ai touché, ouais, j'ai touché,
et il me dit que ça, donc là je comprends en fait
qu'il a touché, parce qu'on était tellement près de la paroi,
que les pâles ont touché la paroi,
et il me dit rien d'autre.
À ce moment-là, donc la machine n'est plus utilisable,
il y a toujours quelqu'un, il y a encore du monde dans la paroi,
il y a deux scouristes pendus à un relais,
et il y a toujours une victime qui faut se courir.
Donc c'est là que l'hélico de la gendarmerie
va intervenir, va venir en renfort,
avec un autre de mes collègues,
dans la deuxième machine, dans le C-145, dans Chouca,
pour aller récupérer tous les deux scouristes qui étaient dans la paroi,
le patient qui était dans la paroi,
qui entre-temps a repris connaissance,
et son compagnon de cordée.
Je l'entends à la radio, en fait, que Chouca va intervenir,
et ils viennent se poser à côté de nous,
avec le blessé,
et avec mon collègue,
et l'équipage de l'autre machine.
Et là, mon collègue a eu un très bon réflexe,
c'est-à-dire qu'il m'a demandé si je voulais finir mon secours.
Comme moi, je n'ai pas compris ce qui se passait,
je n'ai pas été sidérée,
je n'ai pas eu de stress dépassé,
de choses comme ça.
Donc je suis complètement maître de mes moyens,
et je dis oui, oui, bien sûr.
Donc en fait, je perfuse ma victime,
sur le plat, là, où sont posés les deux machines.
Je lui fais des antagiques.
Il y en a un ré, ou quoi ?
Tu as pas du scotch ?
Ah putain !
Il y a un motil au scotch, là.
Je vais le tenir, je vais le tenir,
les outils, les outils.
Il va se réveiller, hein, d'accord ?
Il est à tétor.
Un cordon, ouais.
Il avait le casque, hein, sur main.
Il a eu un médecin ?
Il a eu un autre.
OK.
Il a chuté, en fait,
mais ils sont assurés, hein, par la corde.
Il pose ce qu'on appelle des freins
ou des coinceurs dans les fissures,
et il peut arriver qu'il y en ait plusieurs
qui se dégravent.
Donc en fait, il peut faire des chutes de 10,
10 ou 15 ou 20 mètres.
Et dans la chute, il tape avec son casque,
donc il perd connaissance,
et il tape sa cheville, il se casse la jambe, en fait.
Il est allongé dans la perche, il est conscient.
Et donc il est conscient,
mais je lui parle peu, en fait, hein,
je lui demande où il a mal,
on l'examine avec mon collègue.
Et c'est moi qui monte dans la machine
pour l'amener à l'hôpital de Salanche,
où il va être pris en charge,
pour son traumatisme craniens,
sa fracture de jambe.
Et sur le retour, l'équipage de Chouquin,
pour voir, enfin,
pensant que j'étais pas bien, en fait,
me propose un retour par le Mont-Blanc,
avec un posé Mont-Blanc,
pour que je me réhabitue à voler dans une machine
un peu comme une mauvaise chute de cheval.
On vous dit qu'il faut remonter tout de suite après,
et bien on fait ça pour moi,
et donc je fais ça.
Donc je repasse par le Mont-Blanc,
j'arrive à la désaide,
mais j'ai pu finir ce secours grâce à mes collègues.
On rentre le soir, et on est dans la montagne,
et il y a le soleil qui se couche,
et on voit la lune se lever,
et on est là-haut,
et on voit toute cette montagne, c'est magnifique,
c'est énormément de beauté,
ça paraît tellement paisible,
après le chaos de la journée,
c'est des moments intenses qu'on partage,
et où là on regarde, on est dans la machine,
on ne parle pas forcément, d'ailleurs,
on ne se parle pas forcément.
Ces retours magnifiques, ces vols...
Bon, Volima pour Cordial,
on vient de récupérer les 3 gars indemnes
sur la rède des hectémiastiques,
on les a déposés au refuge du couvercle,
et nous, on rentre à la désaide.
Un des 3 passera ce soir à la base, terminé.
Et après, par contre, quand on arrive à la désaide le soir,
une fois que je suis revenue,
une fois que j'ai posé le blessier à l'hôpital,
qu'on me ramène avec l'autre machine sur la désaide,
là, évidemment, c'est le moment d'échange entre équipes,
tout le monde se parle,
et mais on le fait, bon, là, c'est vrai que c'est un échange particulièrement important,
et puis finalement, on est tous allés boire un verre ensemble,
parce qu'on était contents d'être vivants,
et donc j'ai des témoignages des gens,
qui étaient des professionnels en entraînement,
qui étaient dans les voies à côté,
qui viennent raconter comment eux, ils ont vécu en tant que spectateurs,
et là, du coup, en discutant,
j'apprends de la part des deux scouristes qui étaient dans la paroi,
qu'ils comprennent que les licots,
quand moi j'ai eu peur pour eux, je pensais qu'ils allaient prendre des pierres,
eux, ils comprennent très bien, en fait,
que c'est moi qui ai peut-être peu de chance de m'en sortir,
et qu'ils pensaient qu'ils ne me reverraient pas, en fait,
et tout le monde s'en sort bien,
grâce à la solidarité de tout le monde,
au sang froid, moi quand même,
hors norme du pilote et du mécano,
pour me sortir, me remonter au treuil,
l'autre équipage qui est venu, qui me fait confiance pour que je finisse mon secours,
et là, j'ai un long moment d'échange avec eux,
mais à chaque fois qu'on finit des secours comme ça important,
on se parle entre nous, on débriefe nos secours,
on demande si il y a quelque chose qui...
Si il y a quelque chose où on pense qu'on n'a pas été bon,
ou si on pense qu'on a gêné un scouriste,
ou si un scouriste pense qu'il nous a pas aidé suffisamment,
on échange entre nous,
et ça nous permet de progresser,
ça nous fait du bien aussi.
Quand on...
Même par rapport au pilote,
le pilote, lui, on ne sait pas ce qui vit,
parce qu'on ne peut pas lui parler.
C'est un silence absolu dans la machine,
quand il y a un treuillage,
il n'y a que le mécano qui parle,
on ne se permet pas d'ouvrir la bouche,
parce qu'en fait, il communique en permanence avec le pilote,
et après, quand nous, on est au bout du treuil,
on ne sait pas ce qu'ils se disent.
Des fois, ils vivent des trucs qui sont en chargée d'émotion,
parce qu'il y a quelque chose qui se passe,
donc nous, on n'a même pas conscience au bout du câble,
et oui, ils ont vécu peut-être un moment à trop,
si on ne le sait pas.
Donc tout ça, on échange après,
ils ne savent pas ce qui se passe,
pendant qu'on est en train de médicaliser la victime,
quand on remonte dans la machine,
ils nous disent alors, il est comment ?
Ils nous demandent toujours comment vont-nous blesser ?
Donc on leur dit, ouais, ouais, c'est bon, ça va aller,
on leur dit, bah non, là, pff, là, c'est mort,
ça, on a dit, ça n'a pas bien se passé.
Voilà, on échange entre nous,
parce qu'en fait, on travaille ensemble,
mais il y a un moment donné où on se perd de vue,
pendant le secours, tout simplement.
T'es content quand t'as fait un truc comme ça,
t'as servi à quelque chose ?
C'est pas...
C'est pas...
C'est du vrai, ça, c'est...
C'est pas du virtuel, là.
La pression tombe, là.
Déclique les coups et partons.
C'est la relâcherie.
Le nom, dans le l'autre ?
Vous allez fracer ?
Je me suis quand même posée la question
de savoir...
Voilà, je me suis dit que j'avais eu beaucoup de chance aussi,
et de savoir si je devais continuer,
vu que j'avais usé d'une de ces chances,
si j'en aurais d'autres ou pas.
Et puis...
Et puis je me suis pas posée la question très longtemps, en fait.
Et j'ai...
tout de suite eu envie de continuer,
parce que...
En fait, c'est une passion.
Je me suis dit que j'arrêterais quand je le déciderais,
et...
ou si la fatalité en décidait autrement,
mais que je n'allais pas partir comme ça,
alors que ça s'était très bien passé,
très bien fini,
et pour la victime aussi,
puisque c'est quelqu'un qui est guide,
et qui pratique son métier,
qui a pu continuer d'exercer son métier normalement.
Donc j'ai continué.
Mais vraiment, je pense parce qu'il y a eu toute cette solidarité,
toute cette rééducation en risque,
derrière, très progressive,
que ce soit de la part des gendarmes,
des équipages de la sécurité civile ou de la gendarmerie,
puis la confiance que les gens m'ont faites aussi.
Vous pouvez découvrir ou relire le très beau livre
paru chez Paul Sen de Blaise Agresti,
in extremis,
Les Pauppées du Secours dans le Massif du Mont Blanc,
ou du même auteur,
Une histoire du Secours en Montagne paru chez Gléna.
Un autre ouvrage sur la vie du pilote d'hélicoptère Pascal Brun
dans la vallée de Chamonix
paraîtra en octobre, toujours aux éditions Paul Sen.
Les ambiances de cet épisode sont issues du film
« Saufteur des cimes » de Gilles Perret,
un merveilleux documentaire montrant les visages de ces saufteurs anonymes,
les anges gardiens de la montagne.
Les Balladeurs, une série audio-léosaurs
écrite et réalisée par Camille Juzo,
la musique est de Alice-Anne Brassac,
et le mixage est de l'Origaligani.
Et nous vous retrouvons dans 15 jours
pour une histoire de piraterie,
dans les mers froides de l'Antarctique.
À bientôt !
...
...

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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