Yasuké, le premier samouraï noir de l'Histoire

Durée: 18m18s

Date de sortie: 06/07/2022

durée : 00:18:18 - Les Odyssées - Tu vas découvrir l’incroyable destin de Yasuké, capturé par des marchands d'esclaves, il a traversé le monde. Après bien des souffrances, il est devenu le premier samouraï noir de tous les temps !

Certaines nuits au Japon, ni la Lune, ni les étoiles ne se montrent.
Le ciel est alors infiniment sombre.
Alors oui, c'est un peu embêtant car on se prend souvent des racines entre les pattes.
Mais bref, notre aventure commence une nuit exactement comme ça.
Au loin, l'océan se jette contre les rochers.
Sous l'herbe grasse, soudain, le sol se met à trembler.
Par niniginomikito, mais qu'est-ce t'en ?
Des ballours ?
Du cuir qui grince ?
Des morceaux de métal qui se cognent ?
On dirait...
Et je buis trop de saquets ?
Mais oui ! Enfin, je veux dire non !
C'est une armure.
À vue d'oreille, elle est extrêmement lourde et donc très ancienne.
L'homme qui la porte s'appelle Yazuki.
Il est né en matin de brume en 1530 au sud-est de l'Afrique.
Devenu esclav, après bien des souffrances, il a réussi à retrouver sa liberté.
Et il est allé loin, oh oui, infiniment loin.
À force de travail, d'efforts et de sueurs, il séit ses au-rend des plus grands combattants de son temps.
Yazuki est le premier samouraï noir de l'histoire.
Et voici son audicère !
Tous les matins sont splendides, dans ce fabuleux pays qu'on appelle le Mozambique.
Cette longue banque de terre, bordée par l'océan indien au sud-est de l'Afrique, est en véritable trésor.
C'est ici, il y a près de cinq siècles, que commence la vie de Yazuki.
Il fait partie du peuple.
Makua.
Les Makua sont d'un pitoyable guerrier et d'habile pécheux.
Ils savent manier la lance et le harpente.
Vers l'âge de 12 ou 13 ans, chaque garçon doit accomplir un geste fort pour prouver son courage, son adresse, sa détermination.
C'est autour de Yazuki de faire ses preuves.
Demain, avec son oncle, il y est rapéché, le Dugong.
Le Dugong ? Oh, pétard, c'est loin d'être un mini-poisson.
Cette drôle de créature des mères reste dans les 500 kilos.
Et puis, l'animal est puissant, violent !
L'approcher est terriblement dangereux.
Dans la nuit, une pirogue glisse sur le sable.
Lentement et sans faire de bruit, Yazuki et son oncle quittent le rivage.
Au large, la mer est infiniment calme.
Soudain, un bruit étrange attire l'attention de Yazuki.
Il s'approche.
C'est un Dugong en train de mâchouiller des algues.
Vite, le jeune garçon s'empare de son harpon, mais purée, tétanisé par la peur, il se fige !
Vas-y, Yazuki, vas-y !
Trop tard.
L'animal retourne dans les eaux sombres de la mer, en donnant au passage un gros coup dans la pirogue.
Yazuki tombe par-dessus bord.
Le Dugong ne compte pas en restant là.
Il le croque à la cuisse gauche, puis il l'entraîne dans les profondeurs, où il le fait baldinguer dans tous les sens.
Souleau, Yazuki donne des coups, il crie, il étouffe !
Enfin, la bête décide de lâcher sa broie.
Pétard, c'était moins une !
Yazuki, avec l'aide de son oncle, regagne la pirogue, puis le rivage.
Le pauvre à la jambe bien amochée. Impossible de bouger, il doit rester couché.
Ah, Satanais Dugong !
Yazuki pourtant garde son calme.
Les blessures, le danger, tout ça, il est habitué.
Les bébêtes fougueses ne sont pas les seules menaces qui baissent sur la vie des Makua.
Il y a pire, bien pire, il y a les hommes blancs.
Depuis quelques années, ils arrivent du Portugal, chaque fois plus nombreux, pour capturer les Makua.
Ils les emportent ensuite sur leurs bateaux pour les vendre comme esclaves.
Yazuki les déteste tous !
Ah, s'il pouvait en zigouiller quelques-uns, il serait le plus heureux des humains !
Oui, le jour où il croisera la route, il se battra s'il le faut, jusqu'à la mort.
Depuis qu'il est enfant, il en a vu des cousins, des amis, des oncles disparaître tout d'un coup pour ne jamais revenir.
Alors évidemment, il en a gros sur la patate.
Comme tous les jeunes garçons de son village, il est extrêmement prudent, il connaît la consigne.
Ne jamais se déplacer seul, toujours rester groupé.
Les semaines, les mois passent.
Yazuki, enfin, guéris.
Youpi ! Il peut repartir à la chasse.
C'est un petit matin clair, le soleil est en train de se lever, l'aube est bleue, elle est rose, elle est jaune.
Yazuki, ses camarades, s'éloignent du village.
Notre héros a le coeur qui fait, boom, la chasse, il adore !
A désormais 14 ans, c'est un garçon immense, musclé et extrêmement vigoureux.
Et il court comme un guépard et bondit comme une antilope.
Caché derrière des puissants, ses compagnons et lui attendent.
Quoi ? Mais ma foi, un lion !
Ça y est, on voit si un qui traverse la plaine.
D'un coup de lance, sec, rapide, assuré,
Yazuki blasse l'animal, qui s'enfuie.
Il y a toute bersin, vite, il s'élance à sa poursuite.
Il est si rapide qu'il devance tous ses camarades.
Sans s'en rendre compte, il vient d'entrer dans la jungle.
Oh purée, il est désormais tout seul.
Seul ?
Euh, non, pas vraiment.
Un groupe d'hommes vient de surgir, donc c'est...
Horreur, malheur, ce sont des trafiquants d'esclaves.
Yazuki n'a même pas le temps de se léfendre,
il s'effondre par terre, assommé par un gros coup de gourdeur.
Il se réveille, quelques heures plus tard, l'igotté, des pieds à la tête.
Notre héros a le coeur en feu, il a la rage.
Tout ça pour capturer un lion ?
Que faire ? Fuir ? Mais comment ?
Complètement sous le choc, Yazuki est sonné, abattu, résigné.
Tout en lui a changé.
Après une longue marche de plusieurs jours,
le jeune garçon est jeté dans la calte d'un immense bateau.
Il n'est pas seul.
D'autres malheureux, comme lui, ont été capturés.
Entassés et enchaînés les uns aux autres, leurs yeux, en silence,
disent une seule et même chose.
La terreur.
Le bateau, tout à coup, se met à bouger.
Tous lignorent, mais ils les emportent loin,
en Inde, dans le port de Goa.
En 1510, les portugais en quête de nouvelles richesses
ont conquis la ville et depuis, ils y vendent leurs esclaves.
Dans la calte, l'air devient vite irrespirable.
Les pauvres prisonniers en chant, ils en soifent, ils étouffent.
Alors le matin, on les fait sentir sur le pont, sous l'écrit de quelques hommes, Bola.
Allez, respirez un bon coup.
Hé, faudrait pas qu'on perde de la marchandise en route, hein ?
Yazoque, prends le temps de les observer.
Des blancs, ils l'en avaient jamais vu avant et franchement, bah, c'était pas plus mal.
Ma parole, mais ils sont horriblement les, leurs pouets cipales et leurs cheveux.
Qu'est-ce que c'est que ces machins qui pendouillent ?
Sont-ils vraiment humains ?
Cet horrible voyage, dure.
Cinq semaines.
...
Arrivée à Goa, Yazoque est perdu.
...
Les maisons, les arbres et même la couleur du ciel.
...
Tout est si différent.
Soudain, le fouet claque.
C'est le signal. Il faut partir, direction, le marché aux esclaves.

Le soleil tape sacrément fort.
Autour de Yazoque, d'autres hommes venus d'Afrique, mais aussi quelques indiens,
des Japonais et des Chinois ont été rassemblés pour être vendus.
Pour éviter les coups, Yazoque, épuisé, se force à rester debout.
Des portugais passent et le dévisage.
On le touche, on lui demande de sauter en l'air et de montrer ses muscles.
Enfin, on le fait, vite, il doit suivre un homme, là, en train de donner quelques pièces.
Yazoque vient de se faire acheter.
Ses chevilles, à cause des chaînes, le font terriblement souffrir.
Ils marchent péniblement, la boule au ventre.
L'homme le conduit vers un immense bâtiment,
où vivent des prêtres d'un genre un peu particulier.
Des missionnaires.
Ces bons hommes venus d'Europe ont traversé les océans
pour convertir les habitants de la région à la religion chrétienne.
La vie de Yazoque désormais leur appartient.
Notre homme ne comprend rien à la langue de ces drôles de Zygmé.
Une chose est claire, il est là pour travailler.
Plusieurs fois par jour, il va puiser de l'eau très loin dans les montagnes.
Les semaines, les mois passent.
Yazoque se mure dans le silence.
En 1574, le prêtre Alessandro Valignano fête Escalagua.
C'est pour lui le début d'un grand voyage qui le conduira jusqu'au Japon.
Entre les pirates et les bandits, la route est dangereuse.
Alessandro a besoin de protection.
Yazoque est choisi pour la compagnie.
Avant de monter dans le bateau, Yazoque sert quelques secondes pour regarder ses chevilles.
Au moins cette fois, je ne porte pas de chez nos pieds.
Le voyage jusqu'au Japon, qu'on appelle alors Sipango, dure, deux ans.
Enfin, Alessandro Yazoque arrive sur l'île de Kyushu.
Tous les regards, les gens qui sont en train de se faire des tournées,
immédiatement se tournent vers notre camarade.
Cet homme immense, à la peau noire, facile.
Les Japonais sont fous, ils perdent la tête.
Certains vont même jusqu'à le toucher pour se prouver à eux-mêmes qu'il est bien réel.
Bien sûr, son physique est très impressionnant, mais en réalité, le trouble vient d'ailleurs.
Une force étrange et mystérieuse se dégage de lui.
Au service du prêtre Alessandro, Yazoque reste un esclavage, mais il est plus libre qu'Agoa.
Il est mieux nourri, mieux vêtue.
Il peut se déplacer et il n'a plus à aller puiser de l'eau.
Il revit.
Six yeux, de nouveau, s'animent.
En mars 1581, Yazoque accompagne son maître dans la ville de Kyoto.
Son arrivée, vire à l'émeute.
Certains Japonais font des centaines de kilomètres pour venir le voir.
Où qu'ils se rendent, la foule surexcité se presse.
Même le démyo Nobunaga, un seigneur extrêmement puissant, demande à le voir.
Nobunaga est un guerrier féroce, connu pour être capable du pire et...
Oui, euh, non, en fait, surtout du pire.
Dans sa jeunesse, on l'a surnommée Bacadono, le seigneur fou, c'est dire.
Ouh, je me demande bien comment cette rencontre va se passer.
Nobunaga n'en croit pas ses yeux.
Lui non plus, n'a jamais vu d'homme à la peau noire.
Il pense que Yazoque a été en sorcellé.
Vite, il lui fait prendre en bas.
Les serviteurs frottent notre camarade.
Sa peau reste noire.
Nobunaga est sur les fesses.
Il existe donc, de l'autre côté du monde, des hommes dans la couleur de peau, et aussi sombre que la nuit.
Deux jours plus tard, il demande à prendre Yazoque à son service.
Le père Alessandro Valignano accepte.
Notre homme, pour la troisième fois, change de propriétaire.
Nobunaga est très impressionné par cet homme, c'est qu'il reconnaît tout de suite un immense courage.
Yazoque a l'âme d'un grand combattant.
Sans attendre, il a franchi notre héros.
Par ce geste, il lui rend sa liberté.
Puis, il l'élève au rang des plus grands combattants de son temps.
Yazoque devient sa morale.
Il est de nouveau un homme libre.
Extrêmement vaillant, il porte deux sabres.
C'est un immense honnête.
Seuls les plus grands guerriers ont droit à ce privilège.
Les valeurs des samourailles vont à Yazoque comme un gant.
Ils retrouvent en elles toutes seules des plus grands guerriers macuants.
Bravo. Honneur. Loyauté. Honnêté. Bienveillance.
Lorsque Yazoque prend les armes, il s'embondit en lui toute la force de son peuple.
Dans son armure de métal et de cuir, il court comme un lion, il bondit comme une antilope.
Tout à l'heure, lui revient en mémoire.
L'odeur de la terre, humide dans la jambe et les bruits du digong dans la mer.
Il se souvient du petit garçon qu'un jour, il a été.
Un matin de brume, dans les années 1530,
au Mozambique, est né un homme au destin exceptionnel.
Capturé par des marchands d'esclaves, il a traversé le monde.
Après bien des souffrances, il est devenu le premier samouraill noir de l'histoire.
Son nom est Yazoque.


Dernière cet épisode, il y a Anne-Sophie Ladonne, Fanny Le Roi, Basil Boker et moi,
lors Grand Besançon.
Les Odyssey est un podcast original de France en Terre.
Au début de l'odyssée, j'ai fait référence à un certain Ninigi No Mikoto.
C'est un personnage de la mythologie japonaise envoyé sur terre par sa grand-mère,
la déesse du soleil, pour couverner le monde et planter durée.
Tu vois comme je suis, quoi qu'il arrive, je pensais à mon bidou.

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