#36 — La colère des volcans du Guatemala, avec Jacques-Marie Bardintzeff

Durée: 34m52s

Date de sortie: 19/08/2020

Dans les années 70, les connaissances sur les volcans se développent grâce au concours de quelques scientifiques téméraires. Jacques-Marie Bardintzeff, alors âgé de 25 ans, se voit proposer un sujet encore peu documenté pour sa thèse d'état : les nuées ardentes, projetées par des éruptions explosives. Peu après, un télégramme informe son laboratoire que trois volcans sont en éruption au Guatemala... C'est le moment d'embarquer.

Les Baladeurs est une émission Les Others.

Cet épisode est signé Camille Juzeau, avec une composition musicale de Alice-Anne Brassac et un mixage de Laurie Galligani.

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Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
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Des balades, des aventures, des mésaventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti !
Parmi les endroits inaccessibles de la Terre, nous avons visité dans les précédents épisodes des baladeurs,
les étendues de glace de l'article, les sommets les plus élevés de la Terre en Himalaya,
la jungle sombre et fourmillante, peuplée de végétaux et d'animaux inconnus.
Parmi les endroits inaccessibles de la Terre, il est encore des lieux parsemés sur tout le globe,
qui font des bourses ou flûres à la surface, prenant tantôt l'apparence de montagne, tantôt celle d'île.
Les volcans dorment et se réveillent et crachent les témoins uniques de l'impénétrables centre de la Terre.
Sur les traces des personnages de Jules Verne, des scientifiques contemporains se risquent auprès des géants de feu pour les étudier.
La toute première expédition de volcanologie de Jacques-Marie Bardinzeff, dans les années 70, se passe au Guatemala.
Le jeune chercheur de 25 ans, fasciné par l'objet de ses recherches, s'engage avec son collègue et ami Christian Lefevre,
dans une mission de cinq semaines, pour étudier les explosions les plus dangereuses et méconnues de trois volcans alors en activité.
Les nuées ardentes.
Il part alors à l'assaut des sommets brûlants pour toucher du doigt les vestiges du cœur profond de la Terre.
C'était en 1978, c'était la première fois que j'allais outre-Atlantique.
C'était mon troisième voyage, j'ai d'aller une fois en Corse et une fois en Tunisie.
Voyageant en avion, c'était rare, c'était cher, c'était compliqué, c'était difficile, donc c'était une aventure.
J'étais volcanologue dans un apportateur de volcanologie.
J'avais été recruté comme assis sans d'université par ici d'Orsay.
Mon patron, Robert Brousse, qui était un grand géologue pétrographe, me demande, il faut qu'on trouve un sujet de thèse.
Je commence une thèse, une thèse d'État à l'époque, c'était une thèse assez longue.
Tout le monde travaille sur les coudées de lave en volcanologie, parce que c'est le plus simple.
Une coudée de lave, c'est quelque chose qui est cool, qui se durcit.
Après, on a une roche, avec un marteau en casse, un morceau, on analyse tout ça, c'est facile.
Mais il y a d'autres volcans qui font des projections de cendres.
Ce sont des nuages brûlants, de gaz brûlant qui déferlent sur les flancs des volcans à 500 km à l'heure,
qui parcourent des 10 km, ils peuvent remonter à contre-pente et qui tuent tout sur son passage.
Et qui sont difficiles à étudier, parce que les cendres, ça va partout, il y en a dans tous les coins.
Après, il peut-il dessus, où il y a un coup de vent, ça disparaît.
Donc il faut les prélever tout de suite, immédiatement après l'éruption.
Mais comme c'est dangereux, il ne faut pas trop s'approcher.
Et la référence, c'était la Montagne-Pelée, donc un département français, la Martinique,
où la Montagne-Pelée avait fait une éruption annuaire d'entre le 8 mai 1902, qui avait fait 28 000 morts en une minute.
C'était une des plus grandes catastrophes volcanologiques mondiales.
Ça avait été étudié à l'époque par Alfred Lacroix, qui était un immense pétrographe au Muséum d'histoire naturelle de Paris,
qui avait fait un livre de 700 pages.
Et le 1er été, le professeur Bouss me confie le livre de Lacroix.
On nous a coûté liser ce livre, c'est le point de départ des nuards dents.
À vous, aller plus loin, alors bien sûr, passer derrière Lacroix, c'était pas évident,
mais j'avais quand même un siècle de progrès à intégrer, donc partir là-dessus.
Et à la rentrée en 1918, vers le mois d'octobre, un jour mon patron arrêtait tout exciter.
L'époque, il n'y avait pas de fax, il n'y avait pas d'internet.
Il avait reçu un bulletin.
On disait, écoutez, il y a trois volcans en éruption au Guatemala, dont un, à nuire d'entre.
Il faut que vous y alliez.
Alors le Guatemala, on s'est à peine oucété, on ouvre un atlas,
puis on mettait son doigt sur le pays, et le Guatemala, c'est tout petit.
C'était au sud du Mexique, personne n'y allait à l'époque, c'était un endroit perdu, aller au Guatemala.
Mon patron, on ne pouvait pas venir avec moi pour différentes raisons,
mais il me propose d'être accompagné par un de mes amis, qui était dans le bureau d'Arcudé Dumien,
qui s'appelait Christian Lefevre, qui avait fait une thèse sur le Pérou.
Donc il connaissait le Pérou, il connaissait l'Espagnol aussi.
Il m'avait dit, écoutez, vous partirez avec Lefevre.
Moi, j'ai 25 ans, Christian Lefevre, on a peut-être entre 30 et 35,
il a une petite dizaine d'années plus que moi, c'était un monsieur discret,
mais très compétent, très gentil, solide.
Je commençais à apprendre à appeler l'Espagnol, à trouver des contacts sur place, tout ça.
J'écris des lettres à des gens au Guatemala, au service géologique.
J'avais un de mes anciens professeurs qui était ambassadeur de France à Mexico,
donc il m'avait dit, passez-moi au passage, je vous ferai une lettre d'introduction
pour mon collègue qui travaille au Guatemala.
Je connaissais un couple d'Américains qui s'était intéressé au volcan,
à titre amateurs, mais qui avaient plein de données.
Et donc, effectivement, fin novembre, 78,
avec Christian Lefevre, on part en Boeing 747.
Alors, c'était une longue histoire.
Je crois qu'on a fait escale d'abord à Houston,
après à Mexico, là, on passe quelques jours à Mexico.
Je vais voir mon professeur qui est ambassadeur de France à Mexico,
voir un peu quelques citarchéologies.
On voulait aller faire le vol Mexico-Guatemala City
avec une compagnie qui s'appelait, je crois, Aviatica,
qui est une petite compagnie Guatemala Tech,
et là, c'était aller au bout du bout,
ou à l'époque, personne n'y allait.
On arrive à Guatemala City.
On avait beaucoup de bagages, on avait du matériel, tout ça.
Un marteau pour prélever les roches, des tamis,
des maîtres de couturiers pour faire des mesures d'épaisseur,
un appareil photo, des bonnes lunettes de protection.
Il y avait trois volcans en activité simultanée,
qui étaient très proches,
quelques dizaines de kilomètres les uns des autres,
mais très différents.
Comme en trois volcans frères,
pouvait être aussi voisins et aussi différents.
J'étais donc la première question de ma thèse,
en disant, ben voilà, pourquoi en principe,
quand trois personnes dans ce même endroit,
ils se ressemblent, et là, c'est trois volcans,
ils en faisaient un peu que la leur tête.
Donc c'était le début, on disait,
pourquoi il y en a qui fait des nuards dents et pas les autres.
On commence par le premier qui s'appelle le Pacaia.
Alors le Pacaia, il est assez proche de Guatemala City,
donc on reste logé à Guatemala City.
Une fois où nous, on s'était fait arrêter par la police
pour des contrôles, mais bon, ça, c'était pas trop mal passé.
On avait une carte géologique de la région,
on s'est rendu compte que certaines cartes qu'on avait
étaient en fait interdites, parce que c'était des cartes frontalières,
donc c'était ce crème un peu militaire.
On a tout à fait voir les douanes,
eux-mêmes nous ont prêté des cartes, on explique notre histoire,
comme on avait un mot de l'ambassadeur de France au Mexique,
il y avait un collègue au Guatemala, ça s'est arrangé,
on avait fait faire également en France des certificats
de ce qu'on appelait des visades courtoisies,
tamponnés à l'ambassade du Guatemala en France.
En Espagne, il y avait écrit M. Marinzeff et M. Christian Lefebvre
aux fondations de géologie, et des léos maximum.
Voilà, donc c'était un peu un sésame.
On est sur la voiture devant l'église, du village.
L'église s'appelait, je crois, San Francisco de Salès,
en François de Salle.
On voit le volcan qui est un cône,
qui est donc brun, les roches sont rougeâtre, brunâtre,
on voit d'un à un peu brûlé,
et au sommet, il y a un cratère qui fume beaucoup de la fumée blanche.
Donc c'est la fumée blanche, c'est pas dangereux,
c'est de la vapeur d'eau, en fait, ça veut dire que c'est chaud,
mais c'est pas des gaz toxiques, donc c'était plutôt un signe de bienvenue.
On a des roches très coupantes,
les laves, c'est des coulins de poins, de ces pointus,
c'est assez raie, donc on doit toujours être bien couverts,
avoir un jean, des chemis longs, même pas mettre des gants,
parce que la moindre chute sur une coulée de lave,
ça coupe comme du verre,
d'ailleurs, sur la main, j'ai une cigatrice
que je m'étais faite sur une coulée de lave.
Ça saigne beaucoup très vite,


parce que c'est très coupant, donc il fallait marcher avec la précaution.
Et on est allé presque jusqu'au sommet,
et en allant au sommet, on coupe différents coups d'aile de lave,
qu'il faut comparer pour certains coups d'aile de lave,
dans quelques années, d'autres en quelques dizaines d'années,
d'autres en quelques siècles,
un volcan comme ça, ça se construit en plusieurs dizaines de milliers d'années.
Mais déjà une carte géologique,
mais il fallait déjà retrouver les bons échantillons,
par rapport à la carte,
c'est-à-dire les datations comparées
qu'elles étaient déjà les premiers minéraux qu'on pouvait voir.
Quand on a une roche, on peut déjà aller regarder à l'œil nu,
c'est la première chose qu'on fait.
Et avec une loupe, on regarde si on voit des minéraux.
Donc comme c'était des roches chambres, on appelle des basales,
on voyait des minéraux qui ont été des olivines,
des olivines vertes,
si j'avais incarné de terrain,
ou je n'étais pas...
À chaque fois que je prenais une roche, je prenais un numéro,
donc la première roche s'appelait A1A,
après A1B, A1C,
puis après c'était B1A, etc.
Et son incarné, je mettais toujours le lieu, les conditions,
s'il y avait des tels ou tels minéraux à visibles à la loupe,
on avait l'impareil photo, mais qui était des pellicules,
donc on n'avait pas de résultats tout de suite,
c'était pas du numérique,
donc on s'est dédiapos.
Donc le carnet de terrain écrit manuellement
était encore très important.
Un peu comme faisais Darwin,
ou comme faisais Dufond,
c'est vrai, on écrit, on écrivait à la main.
Ça avait cassé, avec un marteau,
cassé, parfois c'était compliqué,
parce qu'on avait une lave qui était résistante,
donc on fallait casser un morceau, on va dire,
un grosse comme le point,
un marteau qui soit sain,
parce que la lave, sur le dessus, elle est un peu polluée,
elle est un petit peu abîmée,
donc il faut qu'elle soit cassée, qu'elle soit bien saine,
la roche soit bien saine,
donc on peut parfois passer une heure
pour prélever un échantillon.
Ça, c'est un foçage sale,
les gens nous connaissaient un petit peu,
et puis, rentrer en fin de journée,
on avait un sac à dos, Christian et moi,
plein de roches à rabord,
donc peut-être un sac de 15 ou 20 kilos,
et on tombe sur un groupe d'indiens,
enfin d'indiens Guatemaltèques,
qui étaient 4 ou 5,
et ils portaient eux des fagots de bois,
pareil de plusieurs dizaines de kilos,
et comme on est arrivés à bras en même temps,
on s'est trouvés un petit peu,
mis au milieu du groupe, quoi.
Et on est rentrés ensemble tous les 7,
du coup, 5 indiens et nous deux,
du poids sur la tête, sur les dos,
des fagots de bois, nous des cailloux,
mais sans parler forcément,
à la fois, le fait d'en avoir un peu plein de dos,
mais également la sensation de la journée faite,
de travail bien faite.
C'était des agriculteurs, en fait,
puis un peu des éleveurs, quoi.
Donc ils avaient leur champ,
ils avaient leur quitte maison,
ils vivaient sur Modestement.
Comme on avait un avion de retour
qui repartait de Guatamala City,
on voulait revenir 2-3 jours avant,
à pieds large et au retour du Pacaïa,
parce que justement, à côté,
il y avait un roc qui s'appelle
le Cero Chino,
le Cero, ça veut dire, en fait,
la montagne, hein.
Le Cero Chino, le Cero Chittito,
il y avait donc des petits anciens volcans
autour du Pacaïa,
qui étaient à la fois aussi pareilles
et différents,
c'était dit, tiens, ça fait le coup
des échantillonnées,
donc si on a le temps, on le fera.
Les plus anciens, eux, qui étaient inactifs,
ont retrouvé des roches de l'époque.
Donc après, on part au Frigo.
C'est encore quelques dizaines de km
du Pacaïa, donc là, on change l'endroit,
on va ailleurs, on va voir que ça s'appelle
il y a Amatitlan,
à Titlan, il y a d'autres vies,
il y a Allottenango,
des petits villages.
C'est l'ancienne capitale du Guatamala,
historique, on trouve un endroit
aussi pour loger,
et là, on est dominé par le Frigo.
Le Pacaïa, lui, disait,
2 500 mètres, peut-être, environ,
le Frigo, il frise les 4000 mètres.
Et comme nous, on était à 1000 mètres
de hauteur, à Allottenango,
on était dominé par 3000 mètres
de volcan.
Et ce volcan, tous les quart d'heure,
il crachait un panache de cendres,
en faisant un boom,
une explosion,
et ce panache montait à
500 mètres de hauteur,
1 km de haut,
donc sur les 3 km du volcan,
il y avait en plus,
un panache de cendres,

500 mètres de panache qui montait,
et à chaque fois, ça faisait un boom important.
Et on voyait les gens,
ils vivaient comme ça,
au pied du volant, ils faisaient boom,
on voyait les Indiennes qui passaient
avec leurs linges dans les bras,
leurs paniers sur la tête.
Nous, les premières fois, on se resautait,
puis après, de quelques heures,
quelques jours,
on n'a vu personne n'y tenir compte,
on a fait avec,
on s'est dit,
maintenant, il faut commencer
à s'intéresser au Frigo.
Le volcan était rendu sur un plateau,
à 1000 mètres,
et autour du volcan,
il y avait plusieurs villages
qui étaient là,
depuis tout le temps.
Ce qu'on fait,
c'est qu'on fait des radières du volcan,
qu'on remonte sur le fond du volcan,
et en fait,
c'était des sortes de
vallées,
de rivières qu'on appelait des barangues-cas,
barangues-cas, ça veut dire des gorges, en fait.
Au début, c'était facile,
on suivait la gorge,
donc on remontait le volcan,
alors en remontant le volcan,
vous voyez, les couches,
anciennes, près de plus en plus récentes,
donc à chaque couche,
bien prélèvement,
je faisais des dessins,
je faisais des notes.
Pour en être arrivé en haut d'une barangue-cas,
il y avait devant nous
une fin de falaises de 100 mètres,
et 100 mètres d'apique,
on était au bout du...
on ne peut pas aller plus haut,
on avait été montés 2 000 à 2 500 mètres,
peut-être,
on avait déjà fait la moitié de la journée,
on dit, bon, voilà,
c'est le stop, on était jusque là,
on a une coupe géologique
qui va jusque là,
puis maintenant, on va en voir descendre.
Il y a la barangue-cas-Onda,
la barangue-cas-Dékebrada,
enfin, chacun avait un nom,
qui était sur des cartes,
vous n'avez des cartes topographiques.
Alors là, par contre,
c'était plus de lave à casser,
c'était vraiment des...
descendres, des blocs,
donc c'était plus avec des sacs plastiques,
qui était des sacs des chantillons,
donc ayant noté au feu,
sur le sac des chantillons,
le numéro, toujours pareil.
On était déjà à C1A, C1B, tout ça.
À un moment, j'ai trouvé
une sorte d'un arbre entier,
enfin, un tronc d'arbre,
complètement carbonisé.
Vous pouvez avec le marteau,
casser un morceau de charbon de bois,
comme pour un barbe-vue, quoi.
Parce que l'arbre avait été englobé,
donc probablement jusqu'à un plinuard d'ant,
et il avait été consumé,
à l'abri de l'air,
il n'avait pas brûlé,
parce qu'il avait été englobé,
donc il avait été consumé,
il avait fait un charbon de bois
de très, très bonne qualité.
C'était un arbre entier
en charbon de bois.
Donc j'en ai prévenu un échantillon,
parce qu'on pouvait,
en laboratoire,
en par spectrometrie,
la température qui avait subi l'arbre.
Ça pouvait être entre 300 et 500 degrés,
et le spectre nous a renseigné là-dessus.
On les casse dans l'intérieur de l'arbre,
prend un morceau bien propre,
bien sain,
et le bien envelopper
pour pouvoir après faire l'analyse chimique
et l'analyse spectrometrique de ce bois.
Donc on fait plus j'enmonté.
Il n'y avait pas qu'on allait jusqu'au sommet,
d'abord parce que c'était trop long,
parce que de 2000 à 3000 mètres,
3000 mètres de dénivelé,
dans une ou deux, c'était pas possible.
Et puis là-haut, c'était une vraie mitraille.
C'est-à-dire que ces projections
qui nous semblaient de loin un panache,
de près, c'était des blocs
qui étaient gros comme des ballons de rugby,
qui étaient éjectés à 100 mètres secondes,
c'était se retrouver mitraillé
avec une chance de survie
de quelques minutes,
donc des factions de montée.
Mais ce volcan frigo avait un voisin
qui s'appelait La Catenango,
qui était un peu plus haut.
La Catenango fait 3975 mètres, je crois,
alors que le frigo doit faire 3700 mètres.
On fait la connaissance sur place
d'un Guaté Maltec
qui allait à l'Alliance française,
il voulait apprendre le français,
et il nous dit,
« Si vous voulez, on pourrait monter ensemble
à la Catenango pour avoir une vue sur le frigo.
Ils sont à une distance de 3 km à Voldoiseau,
mais sauf que la Catenango,
il est inactif,
enfin il y avait des cratères
qui fument, avec des petites fumerelles,
mais il n'était pas en activité,
donc c'est une façon d'avoir
une très belle vue sur le frigo,
en plus on dominait un peu le sujet.
On est allé en voiture au pied du volcan,
mais on est parti sur Trêtaud
pour le matin, peut-être,
à 4h du matin.
On partait de 1000 mètres,
on allait monter à 4000 mètres,
mais c'était pas très difficile techniquement.
Arrivée vers le Sommeil,
il y avait bien sûr,
plus à l'air qu'on se trouvait sur la Lune.
On voyait des cratères anciens,
il y avait un peu de fumerelles, tout ça.
Et de là, on a une vue magnifique sur le frigo,
donc on voit des panaches qui sortent,
tout ça, donc on vous rend mieux compte
du dynamisme.
Le Pacaïa, il y avait plutôt un dynamisme,
on va dire, Hawaiian,
de couler de lave.
Et là, c'était un dynamisme plutôt vulcanien
de projection de cendres.
Donc c'était différent de l'autre.
Donc déjà, deux volcans différents,
voisins mais différents.
Donc c'était là, on avait des centres,
on avait une autre logique.
On avait donc prélevé tout ça,
on avait également fait une cartographie.
On pique les claos,
on regarde tout ça,
on fait nos photos,
on admire tout ça,
et on repart vers 14h
pour descendre avant la nuit,
on bat quoi.
Après aussi,
les volcans, on leur donne une personnalité.
On a tendance un peu à leur voir
qu'ils ont un caractère humain,
alors ils peuvent être placides,
colériques,
constant, irracible, imprévisible.
C'est vrai qu'il y a un côté humain,
c'est un côté vivant,
un volcain.
C'est ça, c'est ce qui est un petit peu particulier
dans la volcanologie,
c'est ce que j'aime beaucoup.
C'est que la géologie peut paraître parfois
quelque chose d'austère ou de mordre
pour beaucoup de gens,
quelque chose qui est inaltérable,
quelque chose de vieux, qui ne bouge pas.
Et en fait, un volcan,
ça bouge chaque jour.
Donc la géologie,
ce n'est pas que du passé,
c'est du passé,
c'est du présent et de l'avenir.
Quand on retourne voir un volcan
dix ans après,
parfois on peut ne pas le reconnaître,
parce qu'il y avait un lac
dans le cratère de Lacadisparu,
ou encore, il n'y avait pas de lac
un qui est apparu,
donc du coup, il y avait des herbes
autour où il n'y en a plus,
il y avait des arbres à fleurs,
donc ça change constamment.
C'est toujours une lucarne
sur l'intérieur de la Terre,
ça fascinait des anciens
pour qui c'était des demeurs des dieux.
Les Romains pensaient que c'était vulgain
qui habité dedans avec Venus.
Ils forgaient son métal
grâce aux forges qu'il avait
installées sous les volcans.
Alors on ne voit pas bien sûr
que je ressente de la Terre
comme d'imaginer Jules Verne,
mais on a en surface des témoins
de ce qui se passe à 50 km de profondeur.
Et après le reste,
on peut l'imaginer par calcul
quand on voit une ouverture,
on voit un cratère qui fume
ou qui roujoie.
Parfois on ne voit pas que tu as fait le fond.
Bien effectivement,
on a l'impression que c'est un peu
l'enfer qui est dessous.
Voilà, donc ça c'est notre deuxième volcan,
le Frigo,
alors plus dangereux,
plus énigmatique,
plus compliqué, plus difficile.
Notre troisième volcan,
c'est celui qu'on appelle le Santia Guito.
Il fallait refaire encore peut-être
200 km,
il fallait aller à Quetzalte-Nango,
c'était loin de tout,
on n'avait pas trop de pieds de la Terre,
puis le volcan lui-même
était difficile d'accès.
Il faut passer des cols,
c'est des routes qui sont quasiment
en calutie,
il n'y a pas de bitume,
c'est des cols,
la cordière Boitemaltèque,
je trouve une gande au berge
tenue par des beurs des gens gentils
qui nous couchouchouent,
donc là on est très bien installés,
et on commence à aller
à la recherche de ce Santia Guito
qui lui-même est un petit volcan
qui est adossé au Santa Maria
qui lui est un gros volcan.
Le Santa Maria fait 3 700 m,
le Santia Guito c'est le bébé
du Santa Maria qui est né en 1922,
c'est l'enfant du Santa Maria,
mais c'est le Santia Guito qui est actif.
Et puis,

il y avait un crescendo
d'ailleurs on l'a fait dans le sens là,
on a fait le paquayà à la vique,
on va dire pas dangereux
à pas mettre le pied dans la lave,
mais enfin si on fait attention,
il n'y a pas de,
il n'y a pas de victime.
Deuxièmement,
le frigo cendreux explosif
qui était beaucoup plus méchant,
et troisièmement,
le Santia Guito Santa Maria
annuardante
qui lui était mortel.
Santia Guito avait un magma
beaucoup plus riche en sédistes,
donc beaucoup plus acides,
donc beaucoup plus visqueux,


donc beaucoup plus riche en gaz,
donc il faisait beaucoup plus d'explosion,
alors que le paquayà avait
une lave plus fluide,
donc il coulait, on va dire,
plus facilement.
Il n'y a pas de règles, c'est ça,
c'est qu'on estime,
c'est un peu,
on fait des estimations,
puis on dit voilà,
s'il y a une ouverte entre tous les jours,
on peut déchaîner de passer entre deux,
on prend une heure,
c'est un côté un peu rouler de russes,
c'est vrai que,
à l'époque, ce que j'ai fait
à 25 ans, je l'ai frappé maintenant.
Quand on est seul,
on est à 25 ans,
on est jeune,
bon, j'ai jamais pris trop de risques,
j'ai fait des clés à attention,
mais après, j'en ai pris moins,
encore, parce que, après,
j'ai démarré, j'étais pas de famille,
après, il faut être,
avoir du bon sens.
Pour y aller,
il faut passer
une sorte de canyon,
et alors le pont,
c'est deux câbles avec des planches
en travers,
et il manque une planche sur deux.
Elle était cachée dans les arbres,
c'était la vraie jungle,
avec des fleurs et des arbres, tout ça.
Donc, on se tient
aux câbles par les deux mains,
on met les pieds sur les planches,
il faut pas rater,
c'est un pont suspendu,
donc, il bouge,
nous, on a des sacs lourds,
on voit des indiens qui passent,
ils ont après les autres,
pas beaucoup de monde,
mais ça passe à j'ai obligé, quoi.
On passe ce pont
un après l'autre,
on dit, on va être deux en même temps,
au moins que s'il y en a un
qui va pas, l'autre,
il tu perdra,
puis, comme, on limite le poids, quoi.
Et après, on part en direction du Santé Agito,
on commence à ramasser des roches,
des soins, les pierres-ponses,
donc, des roches très légères.
La lave riche en gaz,
qui s'est refroidie,
et donc, les bubles de gaz
ont fait des trous.
Alors, les rugueuses,
c'est des rappeuses,
mais agressive,
c'est une pierre vitreuse, en fait.
Ce Santé Agito,
c'est un domes
qui buvent des explosions de vapeur,
donc, il fallait pas être
trop de sur-memement,
et il avait fait des fameuses nuées
ardentes dans le passé.
Donc, c'est ces nuées ardentes-là
que je devais prélever pour ma thèse,
pour comparer aux deux autres.
Donc, comparer les laves du paquillard,
les sandes du fouet-gaux,
et les nuées ardentes de Santé Agito.
Je fais des prélèvements,
je prends des sacs,
dans chaque sac, je mets
pratiquement 1 kg de nuées ardentes
à différents endroits
pour regarder ça
après au microscope,
à l'analyse chimique, tout ça.
Et, non, on entend un bruit
phénoménal.
On dit, ça y est,
on va laisser le volcan qui explose,
et on va se faire
traver peut-être par une nuée ardente.
Quand on se retourne,
puis on voit le volcan,
il fume toujours normalement,
il y a rien d'inormal,
donc on se dit, qu'est-ce qui se passe ?
Et puis, au bout de dix minutes,
on se dit, ben, il se passe rien.
Voilà, bon, ben, ok,
donc on reprend nos autoriségités.
On fait des prélèvements,
on passe la journée,
on a très soif,
ce jour-là, on a bien mené une gourde,
mais malgré tout,
on perd vite notre eau,
et on était très assoiffés,
tout ça.
Puis on fait demi-tour,
et au retour, impossible de retrouver le pont.
On voit notre immense canyon,
on dit, ben, le pont, il est plus bas,
on descend 100 mètres plus bas,
on a dénivelé, on le voit pas,
on remonte, on le voit pas,
on le trouve pas,
il est dans la jungle quelque part,
mais il fallait trouver, franchement,
quand dans l'autre sens,
c'était évident de le trouver,
mais pour le revenir...
Puis l'avenue commençait à apparaître.
Dans ce pont, il y a pas que d'une indienne,
de nulle part,
et celle qui nous a indiqué le pont.
On reprend la voiture, de nuit,
et au moment de passer sur le col,
il y a eu un guissement de terrain
qui avait emporté toute la montagne,
et la route était couper.
C'était ce brûlard, qu'on avait entendu.
C'était pas une explosion,
c'était un glissement de terrain,
un morceau du volcan
s'était effondré et a découpé la route.
On a trouvé sur la carte
un détour,
un détour phénoménal,
par un col beaucoup plus haut,
c'était une route impossible
de nuit, de phare.
On a fait un détour de 200 km,








peut-être.
Deux jours plus tard, ils avaient dégagé la route et il y avait eu une voiture
qui avait été prise malheureusement. On a vu la voiture elle a été complètement
écrasée, donc les occupants avaient été tués, il y avait eu trois morts.
C'est des gens qui ont l'habitude de vivre avec les colères de la terre, la route était toujours
coupée mais les gens s'y faisaient, c'est que les carres s'arrêtaient, les gens descendaient du
car, passaient par-dessus à pied, par-dessus de l'éboulement et reprenaient un carre l'autre
côté, donc les carres faisaient des vailles bien de chaque côté.
Parfois on a fait des journées, on partait à 1h du matin, on rentrait à 23 heures,
on faisait 22 heures de terrain sur 24 heures. On n'a pas le choix parce que
si on a un endroit donné, les mondes incollent au Santa Maria, on redescend dans la
qui se s'appelle la caldera, remonter le domes, faire le plein de cailloux,
redescendre le domes, remonter à la caldera, revenir à la voiture.
Ils sont portés une tente, on a un jour de plus mais il faut porter des kilos en plus,
donc il faut trouver le juste milieu, une journée de 22 heures. Pour remonter après,
les derniers mètres pour remonter à la voiture, on se dit chaque mètre, on se dit
est-ce qu'on va y arriver ou pas, chaque mètre est problématique, puis à la fin
c'est la volonté qui joue, mais après c'est vrai qu'après on sait fondre.
Parfois on fait un montage jusqu'à une quai brada, puis on a une fellesse qui nous
bloque le terrain, il y a des problèmes de météo, c'est pas beau, il pleut, on ne peut pas
avancer comme on veut, on ne voit rien, on est dépendant de la nature, donc il faut être modeste.
Sur le Saint-Iaguito, je fais la connaissance d'un jeune géologue américain,
le même âge que moi, qui lui-même aussi commençait une thèse un peu sur le même sujet,
mais côté américain. Il s'intéressait plutôt au gaz, au fluide, aux eaux chaudes, aux eaux thermales,
moi je m'intéressais plus au solide et plus plutôt au liquide et au gaz, c'est des complémentaires.
Ici il y a une source chaude qui sort d'un volcan, et cette source chaude, elle remonte
le volcan, le remontre forcément des éléments du volcan. La température, l'analyse chimique,
ce qu'on appelle le pH, c'est-à-dire l'acidité, donne l'information sur le volcan, donc il cherchait
des sources thermales autour du volcan, il est prélevé avec des bidons, en particulier avec des bidons
qui soient parfaitement propres, c'était ce qu'on appelle une algène, c'était un genre de plastique
sain, on remplissait la bouteille de dos, après il fallait aller à la vie des plusieurs fâts de chute
pour qu'il y ait un équipe entre le plastique et le dos, pour remplisser bien la bouteille de dos,
bien qu'il n'y ait pas de bulle dedans, il fallait bien visser pour qu'elle soit bien conditionnée pour rentrer.
Donc retour à Guaté-Mala-Citi, on commence à un petit peu au ciel,
faire le bilan de la mission puis a conditionné tout ça parce que le bilan de tout ça c'est que j'ai
400 kilos, 400 kilos de roche qu'il faut ramener en France et il n'est pas question de le prendre
en bagage accompagné en avion donc il fallait trouver un transporteur pour les ramener en France.
Par sécurité ce qu'on fait dans ces cas là c'est qu'on prélève pour chaque échantillon un petit
sucre, un petit morceau de la taille d'un sucre qu'on emmenait avec soi. Si jamais on perd tout,
toute la caraison, on nous restera un témoin de chaque échantillon donc soit un petit,
on prenait une petite étude, les positives vont remplisser le cendres, c'est la taille d'un pilulier
et pour une roche on prenait la taille d'un sucre avec un numéro dessus au feutre et on avait
donc dans notre sac à dos j'avais quand même après 10 kilos d'échantillon mais je prenais en
sac à main discrètement mais enfin bon qui passait. Par contre les 390 kilos qui restaient fallait les
envoyer autrement. On va faire d'abord trouver des caisses, on va aller sur le marché sinon qu'on
avait récupéré 5 grandes caisses, sur place on a rempli nos caisses avec nos cailloux donc on avait
autour de nous un attroupement de gens qui disaient mais qu'est ce qui se passe ce sont des lingots d'or.
On a fait donc 5 caisses de 80 kilos chacune, on trouve une compagnie qui parle de Puerto
Barrios, leur Puerto Barrios c'était un port qui était à la limite du Belize, le Belize c'est
pour le Havre. Donc on trouve un transporteur qui vache qu'à Puerto Barrios, on lui donne nos 400
kilos et si lui il est malhonnête il encaisse l'argent et puis il met les cailloux dans un fossé
et on en parle plus. Donc là on fait confiance 100% à ce monsieur, on l'a bien fait et puis arrivé
à Puerto Barrios là bas c'était des conteneurs de 20 tonnes de cacao ou de café qui partaient sur des
ferries, des gros bateaux et donc c'est arrivé au Havre et au Havre que l'indienne n'aurait pas
supporté tout ça donc il a fait trop un transporteur le Havre Paris et donc j'ai pu récupérer mes 400
kilos c'est le début de ma thèse.
Et là dès le retour je commençais à attendre les premiers échantillons que j'avais ramené
et j'ai demandé à mes collègues de faire la mince pour la microscopie, mes échantillons de
centre, je commençais également à les inclure pour les analyser chimiquement et après j'ai
reçu mes 400 kilos qui arrivaient.
J'avais une autre mission qui était en Costa Rica donc Guatemala Costa Rica, une mission en Indonésie
donc c'était ces trois missions là, la combatsant de tout ça qui a donné naissance à ma thèse d'État.
Et c'est vrai que j'étais différent, je me t'ai dit là j'avais fait cinq semaines de voyage transatlantique,
un début de ma thèse, j'avais basculé à ma tœur en géologie et puis là j'étais devenu,
je veux pas dire professionnel, ça serait ambitieux mais je veux dire j'avais fait une première
expérience, une première mission, il n'y a plus qui était quasiment positif partout,
il n'y avait pas de choses qui n'avaient pas marché, j'avais fait tout ce qu'on espérait,
tout ce qu'on voulait donc c'était que du bonus.
Jacques-Marie Bardinzeff, comme avant lui les épocraftes, a écrit un grand nombre de livres
à partir de ses multiples voyages auprès des volcans du monde.
De très belles photographies prises sur le terrain ponctuent les explications vulgarisées
qui font vivre les pierres des volcans.
Son dernier ouvrage parut chez l'Armathan en 2017,
s'intitue Volcanologue.
Les Balladeurs, une série audio-léosaurs écrite et réalisée par Camille Juzo avec la musique
de Alithan Brassac et le mixage de l'Origaliganie.
Et nous vous retrouvons dans quelques semaines avec un dernier épisode bonus pour refermer
ensemble cette troisième saison des Balladeurs et vivre avec les 12 témoins de cette saison
des aventures et mes aventures inédites et toujours en pleine nature.
À bientôt !

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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