Ntombi la fille de la mer – d’après la tradition orale africaine

Durée: 15m55s

Date de sortie: 03/04/2024

Le continent africain résonne d’histoires merveilleuses qui ont été racontées pendant des siècles de génération en génération, transmises de bouche en oreille, d’oreille en bouche. C’est ce qu’on appelle la tradition orale, dont les griots, les conteurs, et tous les anciens et les anciennes sont les dépositaires. C’est pour cela qu’Amadou Hampatê Ba, grand écrivain malien, disait : « en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Alors, comment protéger cette mémoire ? C’est bien simple : en racontant à notre tour ces histoires ! À commencer par celle de Ntombi, la fille de la mer.

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Chez the FM
Conte-moi l'aventure !
Le podcast des histoires extraordinaires pour les enfants.
Un podcast signé chérie FM.
Une tombie, la fille de la mère, d'après la tradition orale africaine.
Le continent africain résonne d'histoires merveilleuses qui ont été racontées pendant des siècles de génération en génération,
transmises de bouches en oreilles, d'oreilles en bouches.
C'est ce qu'on appelle la tradition orale, dont les griots, les compteurs et tous les anciens et les anciennes sont les dépositaires.
C'est pour cela qu'Amadou Ampatéba, grand écrivain malien, disait, en Afrique, quand un vieil armeur, c'est une bibliothèque qui brûle.
Alors, comment protéger cette mémoire ? C'est bien simple, en racontant à notre tour ces histoires.
Il y a longtemps, dans un petit village de pêcheurs sur la côte ouest de l'Afrique, vivait une jeune femme d'une nom de Bacabaca.
Les habitants de ce village aimaient l'océan et ses eaux poissonneuses.
Ils lui devaient d'ailleurs leur subsistance.
Mais ils le craignaient aussi.
Car l'océan avait englouti plus d'un père, plus d'une amie, plus d'un enfant.
Il fallait toujours s'en méfier.
L'océan était aussi capricieux qu'il était généreux.
C'est ce que répétait sans cesse la mère de Bacabaca à sa fille, mais en vain.
Quand les enfants du village restaient joués dans les vagues au bord de la plage, la jeune fille fonçait vers le large.
Sourd au cri, elle plongeait sous les rouleaux et nageait de toutes ses forces pour remonter au-delà du gonflement des vagues, là où la mère était calme et immensité.
Dans le giron de cette mère-là, Bacabaca se sentait enfin chez elle.
Comment se méfierait-elle de l'océan ?
Elle s'y abandonnait au contraire, se laissant flotter dans l'eau et le soleil, tournoyant de joie, éblouie de beauté.
Fille de l'océan.
De retour sur terre, Bacabaca n'écoutait pas sa mère, l'humaine l'agronnait.
A la place, elle se répétait une promesse.
J'épouserais un homme qui aime la mère et j'élèverais mes enfants au bord de l'océan.
Et quand elle fut grande, Bacabaca t'emparole.
Elle épousa un jeune pêcheur qui aimait la regarder nager depuis la plage.
Il lui avait offert un magnifique coquillage.
Quand elle le collait à son oreille, elle entendait le bruit des vagues.
Comme ça, tu auras toujours la mère avec toi, avait-il dit.
Et Bacabaca su que c'était lui.
Ils accueillirent bientôt une petite fille qu'ils appelairent Ntombi.
Quand elle serrait sa fille contre elle, Bacabaca se sentait plus heureuse encore, plus complète que dans la mère.
Et quand elle marchait dans l'eau, sa fille dans son dos, comment imaginer bonheur plus parfait ?
C'est donc tout naturellement que Bacabaca confia sa fille à l'océan.
Chaque matin, en allant travailler, elle déposait une tombi au bord de l'eau
où les vagues l'abercaient, la chattouillait, l'enveloppait.
Le bébé grandit au rythme démarrer.
Elle apprit à nager avant même de marcher.
Et chaque soir, elle n'avait qu'une hâte.
Que sa mère la rejoigne pour s'enfoncer ensemble dans les flots.
Mais un jour, Ntombi, impatiente, partie seule dans la mer, et les vagues l'emportèrent.
Lorsque Bacabaca revint sur l'arrive le soir, tout le village l'entendit hurler de désespoir.
Pendant des jours et des nuits, elle courut, plongea, naja, encore et encore.
Elle appelait, suppliait, gonflait les vagues de ses larmes, implorait l'océan.
« Ma fille, rend-moi ma fille ! »
En vain.
Les sages du village soupirait.
Voilà ce qui arrive quand on ne se méfie pas de l'océan.
Car l'océan donne la vie, mais il la prend aussi.
Mais la mère n'avait pas angloutine, Ntombi.
Jamais de la vie, c'était une amie.
Simplement, elle s'était amusée toutes les deux de vague en vague, de courant en courant,
jusqu'à ce qu'elle soit loin de la côte africaine, et que la petite fille soit épuisée.
Alors, la mère avait déposé l'enfant sur la plage la plus proche pour qu'elle puisse se reposer.
À présent, la nuit était tombée, et Ntombi soudain était terrifiée.
Où était-elle ? Où était sa maman ?
Elle l'appelait de toutes ses forces.
« Maman ! »
Mais Bacabaca ne venait pas.
À la place, une drôle de vieille se présentait.
Elle n'avait qu'une jambe et sautait à cloche-pied sur le sable.
« Tu n'es pas d'ici ! »
Lance à la vieille femme.
« Non, je m'appelle Ntombi. Je suis venue par la mer.
Ça se voit. Il n'y a qu'une étrangère pour être entière.
Ici, nous sommes cannibales.
Alors, il nous manque des jambes, des bras, ou quelques doigts croqués si elle est là.
Mais n'est pas peur. Je ne te mangerai pas.
Je vieillis et je manque de compagnie.
Viens vivre avec moi et je ne laisserai personne te croquer.
Fois de salou quasi ! »
Ntombi regarda la mer.
Elle était tentée d'y replonger.
Mais qui sait où les vagues l'emporteraient cette fois ?
Un village de cannibales, c'était loin d'être idéal,
mais au moins, elle avait une amie.
Alors, la petite fille prit la main de sa loucasi.
L'heure arrivée ne passait pas inaperçue au village.
Alléché par l'odeur, les cannibales sortaient des huts sur leur passage.
« Oh, la belle petite fille ! Regardez-moi ces cuisses potlées !
Les rondelettes et toutes gènes. Sa chair doit être si fraîche ! »
Déjà, il s'allivait, prèse à la dévorée.
Mais salou quasi les arrêtait.
« Ah, le tolain ! Elle est avec moi.
Celui qui la touchera aura à faire à moi. »
Pour montrer qu'elle ne plaisantait pas, salou quasi leva les bras et grondin.
« Tonnerre ! Tonnerre ! Entends ma colère ! »
Aussitôt, un orage terrible s'abattit sur le village.
La pluie et le vent emportaient les huts et les habitants s'enfuiaient de toutes parts.
Salou quasi baissa les bras et d'un coup, l'orage s'arrêta.
Le message était passé. Personne n'attaquerait à s'approtager.
C'est que salou quasi était la magicienne la plus respectée de ses contrées.
Ton bi serait en sécurité à ses côtés.
Les années passèrent et la petite fille grandit au milieu des cannibales.
Les enfants étaient un peu embêtés au début de ne pas pouvoir la mordre,
eux qui adoraient jouer à cache croque et croque-mouton.
Mais comme Ntombi leur a pris ta nager, elle devint vite leur ami.
Elle aimait toujours jouer dans l'eau, même si elle restait près du bord désormais.
Ntombi appritte aussi aux enfants à pécher et elle réussissait si bien le poisson grillé
que cela devint leur plat préféré.
Ils en oubliaient même de se manger.
C'est qu'à force de s'occuper de salou quasi, Ntombi était devenu une cuisinière hors-père.
Et en échange de ses bons soins, la vieille magicienne lui transmettait son savoir.
Au fil des années, la jeune fille apprit ainsi à maîtriser les éléments,
la pluie et le boutant.
Elle s'apprêtait à devenir à son tour la magicienne du village, de son village.
Mais si le poisson de Ntombi avait convaincu les plus jeunes,
leurs parents, eux, demeuraient de fervents cannibales.
Ils se l'étaient promis il y a des années,
dès que salou quasi mourrait, on mangerait Ntombi.
Et plus la vieille femme vieillissait, plus elle s'affaiblissait, plus il s'alivait.
Un matin vint où salou quasi ne put quitter son lit.
Ntombi tenta tous les sorts qu'elle avait appris, mais rien n'y fit.
Sa vie serait bientôt finie.
Alors, les femmes du village commencent à rassembler du bois et dresser un bûcher.
Il faut être prête à honorer salou quasi.
Oui, elle mérite un beau bûcher.
Ntombi rapporta leur propos à la vieille femme.
Chère grand-mère, vois comme elle t'aime, elle te pleure déjà.
Mais le visage de salou quasi s'assombrit.
Il était temps de révéler la vérité à sa protégée.
Ce bûcher n'est pas pour moi, Ntombi.
Dès que je ne serai plus là, elles essaieront de te faire retir.
Un cannibal n'oublie jamais sa proie.
Pour ta sécurité, tu dois partir et me laisser mourir.
A Sémaux, Ntombi couruore de la hûte.
Comme salou quasi quand elle était enfant, elle le va les bras et lança.
Ton air, ton air, entend ma colère.
L'orage obéit et éclata.
La foudre s'abattit sur le bûcher et l'enflamant.
Ntombi attendit qu'il furet réduit en cendres.
Et alors seulement elle baissa les bras.
Puis elle attendit que les femmes ressortent de leurs abris
et elle les toisa d'un air de défi.
Quelle voix, ce dont elle était capable, elle, l'héritière de salou quasi.
Puis elle retourna auprès de la malade.
Personne n'osera m'attaquer désormais. Je peux rester à tes côtés.
Mais celle au qu'elle y lui prit la main.
Mon enfant, tes soeurs ont beau être puissants.
Ils ne seront pas suffisants.
A peine t'endormiras-tu qu'ils te retireront.
Le village ne respectait pas seulement la magicienne en moi,
mais aussi la cannibal.
Toi, depuis dix ans que tu es ici,
tu es restée entière, restée une étrangère.
Crois-moi, il est temps de rentrer chez toi.
Ntombi soupira.
Je ne sais même pas où c'est chez moi.
Sous mon matelas, tu trouveras une corne d'antilope.
Elle peut te ramener chez toi.
Si je ne te l'ai pas montré toutes ces années,
ce n'était pas seulement pour te garder.
C'est que pour l'utiliser, il faut une bonne dose de magie
et plus de courage encore.
Jette-toi dans l'océan, il souffle dans la corne.
Si tu es aussi forte que je le crois, les vagues te ramèneront chez toi.
Maintenant, file et ne m'oublie pas.
Ntombi embrassa en pleurant la femme qu'il avait protégé,
élevée, aimée et s'enfuit.
Pour la première fois depuis sa tendre enfance,
elle tourna le dos à la plage et nagea vers le large.
Déjà, il lui semblait rentrer à la maison.
Alors, elle souleva la corne et souffle là-dedans,
avec tout son courage, toute sa magie.
Et ce n'est pas un son qui s'éleva,
mais un courant puissant qui emporte un ntombi au cœur de la nuit.
Le lendemain, les cannibales découvrirent le corps sans vie de sa l'occasion.
Lutôt que d'honneur et la magicienne,
les habitants passèrent la journée à chercher un ntombi.
Les adultes modissaient leur festin disparu.
Les jeunes, eux, pleuraient une amie perdue.
Au même moment, de l'autre côté de l'océan,
la jeune fille reprenait ses esprits.
Comme dix ans auparavant,
la marée l'avait déposée sur une plage.
Mais celle-ci lui était doucement familière.
Dans le soleil du matin,
une femme aux cheveux blanchies par le sel et le chagrin marchaient au bord de l'eau.
Quand elle s'approcha,
une ntombi vit qu'elle pleurait,
et ses larmes avaient la couleur de la mer.
« Qui es-tu ? » demanda la femme.
« Euh, je suis une ntombi.
Je crois que je viens d'ici.
Avec un cri de joie, la femme l'enlassa.
C'était Baka Baka.
Depuis dix ans, elle n'était plus entrée dans l'océan.
Mais jour après jour, elle parcourait la grève,
cherchant sa fille jusque dans ses rêves.
L'océan prend, mais parfois, l'océan rend.
Voilà que sa fille était revenue.
Et quelle fille !
Une ntombi était courageuse, généreuse,
et pleine de surprises.
Et puis, elle portait chance.
Depuis son arrivée,
les poissons abondaient,
tombant dans les filets par milliers.
Les pécheurs n'avaient plus à risquer leur vie au large.
On aurait presque dit de la magie.
En se retrouvant,
la mère et la fille retrouvent aussi l'océan tant aimé.
Que les longues baignades leur avaient manqués,
mais elles avaient appris de leurs erreurs.
Lorsque une ntombi eut à son tour des enfants,
elle préféra les confier à une vraie nourrice.
C'était plus prudent.
C'était plus prudent.
Si heureux de vous retrouver pour cette cinquième saison du podcast,
déjà,
on espère que ces nouvelles histoires vous entraîneront autour du monde et des univers,
et vous plairont autant que les précédentes.
En tout cas, c'est toujours un grand plaisir pour nous de vous les raconter.
Alors merci à tous ceux qui nous écoutent,
tous ceux qui nous soutiennent pour vos likes et vos commentaires.
Vous nous donnez envie de continuer.
A bientôt pour de nouvelles aventures.
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Le podcast d'histoires pour les enfants de Chérie FM. Mondes merveilleux et émotions fortes : bienvenue dans l’univers de Conte-moi l’aventure ! Catalogue musical : Extrême Musique. Un podcast écrit par Marion Lemoine, interprété par Léa des Garets Production : Anne-Cécile Kirry Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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