Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Backmarket, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Backmarket est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs récitent aventure et de mes aventures en pleine nature.
Une série audio du magazine Leosers.
Attention, le départ est imminent.
Je suis une goutte d'eau qui, sur son chemin, en rencontrera d'autres.
Mais il en existe une avec qui l'aventure prend tout son sens.
Dans notre périple, nous dévalerons les plaines, empruntrons les ruisseaux pour rejoindre l'océan.
Nous emporterons sur notre passage les trésors des sols et l'odeur des forêts.
Nous désalterrerons les animaux et les hommes.
Nous donnerons aux vagues des formes gigantesques.
Le bruit qu'elles feront en s'écrasant sur les côtes fera trembler les falaises que nous avons connues.
Ancien surfeur professionnel, Damien Castera a laissé derrière lui la compétition pour suivre le parcours d'une goutte d'eau
et ainsi renouer avec des sensations perdues.
Des sommets de clécher-bays à l'océan Pacifique, en passant par les rivières froides d'Alaska,
Damien Castera s'est accompagné de son ami Mathieu Crepell, ancien champion du monde de snowboard.
Et sous le regard de l'équipe de tournage qui les accompagne pour documenter leur périple,
Mathieu Crepell et Damien Castera sont comme deux gouttes d'eau qui posent sur les montagnes l'empreinte de leur alliance
avant de rejoindre ensemble le golfe d'Alaska.
Je pense qu'au Pays Basque, tout ce qui est océan, c'est vraiment un sport national.
C'est au Pays Basque, on fait du rugby, de l'appelotte et tous les sports de mer.
On a pas mal de jeunes qui pêchent, beaucoup qui surfent, d'autres qui font de la plongée.
Quand j'étais petit, je regardais les grands qui servaient super bien surfés.
C'était fantastique, on voyait les mecs qui prenaient de la vitesse, qui arrivaient à ramer.
Alors ce qu'on appelle passer la barre, c'est aller au large.
Moi je galérais avec mes petits bras pour passer sous les vagues.
J'avais hâte de grandir.
C'était un très beau spectacle parce que je regardais ça avec des yeux d'enfant.
C'était le rêve absolu.
C'est-à-dire que toute ma vie à partir ce moment-là a été conditionnée
sur le fait que je voulais pouvoir me lever dans la mer, surfer.
Moi j'ai commencé parce que je faisais vraiment tous mes étés à plonger.
Je ne surfais pas.
J'ai commencé le surf à 11 ans sur la côte de chez moi au Pays Basque, sur Anglète.
Et spécialement sur la Chambre d'Amour, c'est le sud d'Anglète.
C'est bordé par les falaises avec le phare de Biaritz.
Et puis on a la petite Chambre d'Amour, le club et les sables d'or.
C'est les trois plages qui forment la Chambre d'Amour.
C'est là où j'avais la famille qui allait à la plage, la grand-mère, les tonton.
Donc c'est vraiment le QG.
Gagner ma vie avec le surf a jamais été un choix pour moi.
Enfin, je n'ai pas fait ça par calcul.
Le surf de compétition ne me plaisait pas.
J'ai vraiment voulu partir.
Plus ou moins j'avais dit que j'arrêtais les compétences en 2010.
Et en 2011, on m'a donné une invitation pour le championnat du monde, qui était en Italie.
Et contre toute attente, j'ai fini cinquième en carte finale.
Ce qui est plutôt un super résultat pour moi.
C'était vraiment cool.
Et je crois que c'était un mois après ou quelque chose comme ça.
Il y a une coupe d'Europe qui était en France.
Je m'y suis inscrit aussi, j'avais fait un bon résultat avant.
Et je l'ai gagné.
Donc ça m'a fait deux bons résultats.
Et ça a ouvert pas mal de portes.
Mais c'était vraiment...
Une fois que j'ai fait un peu le tour de la compétition,
j'ai vraiment eu envie de reconnecter un peu avec tout le reste.
Il y avait vraiment cette volonté de réconcilier modestement le surf avec l'esprit d'aventure.
C'est-à-dire que je trouve que dans le surf, on n'avait vraiment plus de belles histoires,
de voyages, d'aventures, de tangents, de chemins de traverses,
de gens qui partent dans l'inconnu et dans l'imprévu.
Et je trouvais que toutes les vidéos se ressemblaient.
On part au Mentawhay, à Mabali, à Hawaii.
On sort des très belles vagues.
Mais il y avait contrairement à la montagne, où les alpinistes le font beaucoup.
Il n'y avait pas beaucoup de réflexion et pas beaucoup d'aventure.
Donc j'ai préféré faire autre chose et j'ai bien fait au final.
Mathieu Kripel, je l'ai rencontré en 2013,
lors des fêtes de Bayonne,
lors de l'ouverture des fêtes de Bayonne même,
sur une compète de pirogues hawaïennes
qu'on fait sur la Nive, qui est la rivière de Bayonne.
Donc c'est à avant qu'on se perde dans les rues festives.
On a concouru ensemble sur une pirogue.
Et puis on a tout de suite vu qu'on avait un point commun
sur cette volonté de repartir vers la nature
et de sortir un peu du sport de compète.
Et donc on a discuté ensemble.
Et je lui ai dit que ça pouvait être vraiment super.
On a été d'accord là-dessus,
qu'on avait un dénominateur commun qui est l'eau.
Moi, c'est l'eau de mer, plutôt.
Lui, c'est l'eau de neige.
Même si ça reste un très bon surfer aussi.
Et qu'il y avait peut-être une belle histoire à raconter
en partant des montagnes jusqu'à l'océan.
Et on s'est dit que c'était une très belle manière
de montrer un peu l'interdépendance des environnements,
c'est-à-dire tout ce qui se passait en haut serait percut en bas.
Et puis de traverser un pays,
une partie d'un pays en glissant sur l'eau,
faire la jonction entre les montagnes et l'océan.
Lui, en snowboard, moi avec le surf.
Et de se partager mutuellement nos expériences.
Le but, donc, c'est de suivre le cheminement
d'un flot qu'on neige des montagnes jusqu'à l'océan.
En passant par les rivières,
donc on a toute une partie en montagne,
en camp de base, on a toute une partie après
où on prend les premières fondes de neige
qui vont nous amener aux rivières un peu plus grandes
sur lesquelles on va naviguer jusqu'à l'océan.
Et puis une partie après, sur la côte,
où on va dédier la fin de l'expédition au surf
et à la vie plutôt océanique.
Donc c'est trois parties,
trois environnements différents,
et un seul moyen de locomotion, l'eau.
Ça a été une idée tout de suite qui nous a plu tous les deux.
On s'est mis à travailler dessus pendant un an,
à fond, on s'envoyait plein d'idées,
parce qu'on a été un peu...
On a été ambitieux.
On a tout de suite fait l'Alaska pour une première aventure,
sachant que l'Alaska,
ça demeure un pays
où on ne part pas comme ça, sans préparer,
c'est un pays assez dangereux,
c'est un pays où la nature est vraiment sauvage.
C'est un peu la terre promise pour moi de l'aventure.
Et il y a une espèce de spline dans les zones polaires.
Quand on parle de la Patagonie,
il y a quelque chose, en règle dans les musiques,
il y a une certaine nostalgie dans les couleurs.
On a l'impression que l'automne
et l'hiver sont les saisons principales.
Donc il y a quelque chose d'intime.
Et l'Alaska, c'est un peu pareil.
L'automne en Alaska,
c'est magnifique.
Toutes les feuilles, ce tint de jaune et d'orange.
Et on a l'impression qu'on est dans le crépuscule des saisons.
Enfin, c'est vraiment...
C'est très très beau.
Moi, c'est des choses que j'adore,
que je trouve magnifique
d'un point de vue artistique, visuel.
Et puis, c'est des régions que j'adore
parce qu'il n'y a pas grand monde.
Je me sens bien quand il n'y a pas grand monde.
Ça me change de chez moi un peu.
Donc faire une expédition
depuis les glaciers d'Alaska,
qui sont les grandes montagnes abruptes, près de l'océan.
Ou les montagnes sont confrontées
à des gros phénomènes météorologiques.
Il y a des énormes tempêtes qui viennent de l'article,
qui fouettent les montagnes.
Donc on a des lignes de neige magnifiques
et puis des montagnes abruptes.
Donc partir de ces montagnes fantastiques,
pour moi qui commençait à peine le snowboard,
c'était quand même quelque chose d'ambitieux.
Parce que j'ai déjà beaucoup lu sur la montagne.
J'identifie la montagne
comme un environnement assez dangereux
où on ne calcule pas tout,
où il y a des crevasses, il y a des avalanches,
il y a pas mal de choses.
C'est un endroit en plus que moi je ne connais pas bien.
Ce qu'on ne connaît pas bien, je n'ai généralement fait peur.
Et puis après, il y a cette peur
de devoir me lancer sur des faces
qui sont un peu comme si
je commençais le surf et que j'allais à Hawaii
sur fait des vagues de 4 mètres.
On est parti du Pays basque en voiture
parce qu'on avait 700 kg de matériel.
C'était pas mal.
On arrivait à Paris,
on a rejoint une partie de l'équipe qui était sur Paris.
Et en arrivant à Alaska,
donc déjà enregistrer 700 kg de matériel,
je l'avais jamais fait, c'était pas mal.
Puis arriver en Alaska,
donc on avait
on avait rendez-vous avec un guide
un guide local,
parce qu'encore une fois, la montagne,
même si Mathieu Crepell est un grand montagnard,
c'est des endroits assez dangereux.
On avait une équipe de prods avec nous
de, on était 600 tout.
Donc on a pris un guide local
qui allait nous trouver vraiment le bon spot
pour qu'on fasse notre aventure
sur la partie montagne, après on s'est débrouillés.
Et donc pendant 2 jours,
on a vraiment préparé un peu comme dans
toutes les expéditions
que tu peux voir en montagne.
C'est...
On prévoit un maximum
de nourriture au cas où on est bloqué
dans la tempête, assigné à résidence
dans la tente.
On prévoit un peu tout.
Il y a beaucoup de matériel à préparer.
On vérifie les pâques craft, on vérifie les tantes,
on vérifie un peu tout.
Et puis après on est partis,
donc pour vraiment gagner les glaciers,
on a pris un petit avion
et le pilote d'avion, quand on est arrivé
sur le hangar, en fait,
c'est un punk de 65 ans,
la tignasse grisonnante,
le pull troué,
pieds nus.
Et en fait, quand il a ouvert son entrepot,
il y avait l'avion limite en pièces détachées,
il y avait les portières à droite,
les lisses à gauche,
puis de l'huile qui traîne par-ci,
des boulons par-là.
Et c'est vrai que quand tu te dis
que tu dois voler dans les canyons
et te poser sur un glacier,
quand tu vois la tranche du mec
avec les sex pistoles, ça a fond
dans l'entrepôt, c'est vrai que c'était
pas hyper assurant.
Donc ce qui est assez compliqué,
c'est d'arriver à voir la distance
entre l'avion et le sol,
parce que tout est blanc,
surtout si tu es un peu le jour blanc,
tu ne vois plus du tout les distances,
les perspectives s'effacent un peu
et il faut essayer de ne pas percuter la montagne.
Carnet d'expédition,
6 mai 2015.
Le petit Cessna, armé de ski,
se pose sans encombre sur le glacier.
Au programme,
ascension des différentes phases environnantes,
exploration des langues glacières,
découverte de l'avion cante base,
familiarisation au rudiment de l'alpinisme
et première descente engagée en snowboard.
Une moyenne de 10 heures de marche quotidienne
pour quelques minutes de glisse.
Je vais enfin comprendre ce que voulait
dire Lionel Therré, en parlant
de conquérants de l'inutile.
La première décision de la campagne
de campagne de la rivière
de la campagne de Saint-Petersbourg
a été réalisée en 1916.
Il y a une grande tente
où on a enlevé le sol
pour pouvoir creuser dans la neige.
Tu fabriques tes bandes à table en neige,
c'est un peu le QG.
Et chacun a un binaume à sa tente,
chacun installe où il veut.
C'est vraiment ma première expérience
du camp de base comme ça,
c'est quelque chose qui résonne
dans l'esprit d'un aventurier.
C'est vraiment fantastique.
En montagne,
il y a vraiment cette notion
où on se dissoute dans l'environnement.
Si on veut aller quelque part,
il n'y a pas d'hôtel,
une fois qu'on a fini son ride,
généralement on passe la nuit
dans le même endroit.
On entend le bruit des avalanches.
On a eu des horreurs au boirelle
pendant la première nuit où on y était.
Chose assez rare puisqu'on était
en avril ou mai.
Et voilà,
il y a le programme qui s'installe.
C'est levé le matin très tôt,
vers 5h du matin.
Et puis on part sur des journées
de 13 heures de marche,
où on part grimper des montagnes.
Généralement,
chaque journée est une nouvelle montagne.
On monte en puissance, on va dire.
Mathieu montait sur des arrêtes
vertigineuses.
Et puis se jeter dans le vide,
c'était magnifique à voir.
Et Mathieu m'a
mis un peu au défi, avant la fin de la semaine,
ou dans les derniers jours,
une fois que je me serais un peu à climater,
j'avais pris l'habitude
d'escalader et de me jeter un peu
dans le vide.
Normalement Mathieu s'élance,
et moi je le suis, et c'est lui qui
ouvre la trace,
qui fait le premier la descente pour voir si tout va bien.
Et il m'a dit que le dernier jour,
ça serait ma face,
et que ça serait à moi de me lancer le premier.
Et j'ai voyé les jours
se rapprocher, et c'était un peu
flippant, parce que
j'avais jamais fait de
hors-piste, d'auront d'une station.
Et puis voilà, pendant toute la semaine,
je me réveillais tous les matins,
j'ouvrais matin, j'étais à putain, elle est encore là,
elle n'a pas disparu pendant la nuit.
Donc voilà, après Mathieu avait
des bons conseils, mais c'est vrai que j'avais
des défauts compliqués à gommer de surfers.
Parce qu'en fait, le surf et le snowboard,
c'est de la glisse,
il y a l'équilibre. Par contre,
c'est de mouvements complètement inversés.
En surf, on a le pivot
sur le pied arrière, et en snowboard,
on a le pivot sur le pied avant.
J'ai eu un quelques temps
d'adaptation, et j'ai fait quelques fautes de car.
On voit du blanc à perte de vue,
donc on n'a aucun repère, les perspectives,
ça se tombe un peu. C'est vraiment
difficile de se situer
dans l'environnement. Et en même temps, c'est très excitant,
parce que j'ai l'impression de me retrouver
à l'ère de la glacière,
il y a 10 000 ans ou 15 000 ans,
un peu à l'époque où le passage
du nord-ouest était complètement glacé,
les premiers hommes sont venus de Sybérie,
et on a l'impression de vivre dans
cet environnement-là, donc c'est super,
c'est une expérience qui est vraiment enrichissante.
C'est quelque chose de magnifique,
il y a une esthétique de la rareté, on est
vraiment très minimalistes,
et là, c'est vraiment des décors comme ça,
il y a très peu de vie sauvage,
il y a très peu d'odeur,
tout est au minimum,
et puis tout est blanc,
il y a un peu de contraste avec les roches
de temps en temps qui apparaissent sur les montagnes,
mais c'est un univers qui est quand même assez
spécial, c'est très lunaire,
mais on avait des couleurs
pareil, des couleurs de coucher de soleil
interminables, vraiment magnifiques.
Levet de soleil,
il y a un coucher de soleil qui fait
toute la journée, c'est ça en fait, donc les couleurs
ont des couleurs orangées magnifiques,
donc on avait pas mal de temps,
ou après avoir beaucoup marché, on s'allongait
chacun sur ses petits coins,
on s'allongait avec soin de tes chausses,
soit une gouttelle de géniepi, soit
quelque chose comme ça pour réchauffer
un peu les coeurs, puis après on
débriefait parce qu'on était tous très
excités, des images qu'on avait tournées,
des expériences qu'on avait vécues,
moi encore une fois, c'était complètement neuf pour
comme expérience, donc j'étais comme un gamin,
j'étais en train de vivre des choses magnifiques,
et puis j'avais tellement lu
sur les histoires de Cordée,
que là, me retrouver compagnons de Cordée
de Mathieu, ça prenait vraiment
un sens magnifique pour moi.
Mathieu qui se réveille,
il voit les premiers rayons du soleil, il est comme un fou,
donc on chausse les bouts, on se fait un café
en déjeune, on prépare le pactage
pour la journée, on met notre équipement
parce qu'on est quand même avec des harnais,
on a des cornes, et puis
du coup, on se met en marche, donc on
utilise des speed-born,
c'est des snow-born qui se divise
en deux parties, et qui permettent
de faire l'utilité de ce qui est de randonner.
Donc ça permet d'avancer
comme en skid randonnée, et puis une fois arrivé
en haut d'un sommet, on raccroche
les deux parties, ça refait le snow-born,
et puis voilà, donc c'est des snow-born un petit peu plus
lourds, on met des pôtes fog dessus,
et puis c'est super efficace pour pouvoir
grimper les montagnes à la force
des jambes sans utiliser
de moyens motorisés. Et du coup,
comme d'habitude, le matin
on se réveille le jour J
avec la petite boule au ventre, la prévention
celle qui fait qu'on
fait attention de ne pas faire n'importe quoi
parce que c'est vrai que généralement c'est que les accidents
arrivent quand on a tellement l'habitude de faire
quelque chose, c'est là qu'on se blesse
donc là, vraiment j'étais tellement focalisé
surtout, j'avais l'adrénaline,
j'avais le stress, j'étais
un état d'hyperlucidité, on va dire
donc on est partis
donc déjà on a eu
deux heures de marche d'approche
jusqu'à la montagne
d'ailleurs c'est une notion que je trouve absolument
incroyable, qu'on n'a pas dans le surf, c'est la marche d'approche
c'est une notion un peu de pèlerinage
où on
c'est comme si on méritait
notre descente, il y a vraiment cette notion
où alors avant, par exemple, beaucoup
d'alpinistes traversent des forêts, des rivières
avant même de chausser les skis, et je trouve que c'est quelque chose de génial
c'est à dire qu'on transpire
qui nous prépare à faire
l'ascension et à la descente
et c'est vrai qu'en surf on n'arrive pas
tout de suite de main spot, on se met à l'eau, on surf
et je trouve ça super
d'éprouver quelque chose avant même
de commencer l'escalade
Durant les longues marches d'approche
menant à la montagne
on en profite pour détailler les versants
on se projette
on dessine notre chemin d'ascension
en appréciant les signes du relief
La marche est une lecture du lieu
qui prélude à la compréhension
inépuisable de soi
17 euros
C'est vrai que dans cette gymnastique
élémentaire du corps, on a tout le temps
pour sonder les profondeurs de l'esprit
Donc là on a eu 2 heures de marche d'approche
et puis après on a eu
1 heure de marche d'approche et 3 heures de montée
et puis une fois en haut
donc la phase
sur laquelle je vais m'élancer
elle avait un bump en haut
donc c'est à dire que quand je t'étais debout au sommet
je ne voyais pas 3 mètres après
parce qu'on a une impression de vide
donc c'est super déstabilisant
je ne voyais pas du tout où j'allais
donc Mathieu m'a plus ou moins expliqué
qu'il fallait que je cible les rochers
qui avaient là-bas la barre rocheuse
ok très bien mais j'ai mis 1,5 heures à me lancer
parce que je n'étais bloqué
je ne voyais pas que c'était un gouffre en phase de moi
et comme je disais tout à l'heure
en face, c'est des glaciers à perte de vue
mais vraiment jusqu'à l'horizon
donc on a une espèce de démesure
et de sentiments de vertige
qui nous a capar et qui est assez déstabilisant
donc 1,5 heures
à envoyer des maux d'oiseaux
à me chier dessus comme on dit
et puis finalement je me suis élancé
là j'ai fait un truc qu'il fallait pas faire
c'est à dire que j'ai tiré
une grande ligne
pour traverser toute la face
et en tant que bon surfer
j'ai fait une grande courbe et sur partie de l'autre côté
et sur la troisième courbe en fait
j'avais décroché forcément
ce qu'on appelle le sluff
j'ai décroché une partie de neige
qui peut t'en marquer jusqu'en bas
en fait l'erreur qu'on fait
c'est que généralement quand tu descends
tu restes pas dans un axe horizontal
tu essaies de te décaler
à chaque virage
tu te décales un peu pour au cas où il y a une coulée
tu ne sois pas dans l'axe de la coulée
moi je n'ai pas du tout géré ça
donc je me suis retrouvé au milieu de la paroi
bloqué avec une partie de la montagne qui se décrochait
donc j'ai attendu quand même pas mal de temps
le temps que ça se calme
j'avais le coeur à mille
et puis je me suis élancé pour finir
je suis tombé 3-4 fois je crois
puis je suis arrivé en bas
j'ai pas du mètre
ça me parait une éternité
juste après Mathieu s'est lancé à son tour
il a mis 30 secondes à descendre ce que je venais de faire en quart d'heure
d'avoir descendu cette montagne
et d'arriver en bas
j'avais un sentiment
on est super excité
je pense qu'il y a toute la adrenaline qui a explosé
ouais ouais on est à fond
un sentiment de joie extrême
parce que déjà on est sorti
et puis Mathieu 3 secondes après
il était à côté de moi, il était hyper heureux pour moi
que j'ai pu faire cette
cette face le premier
peut-être que je suis le premier au monde
à l'avoir descendu
c'est un tellement de mental, on ne sait même pas
si quelqu'un l'a fait avant moi
donc c'est un sentiment super
on avait suffisamment
grimper de montagne
on était suffisamment courbaturel
je pense qu'on s'est dit qu'on allait
commencer à naviguer sur les rivières
pour pouvoir se reposer un peu
alors ça c'est une des plus belles choses qu'on est fait
pendant le voyage
je pense que c'est un des plus beaux souvenirs qu'on a avec Mathieu
c'est que le dernier jour
on est partis avec nos pas crâf
gonflés derrière nous
donc les pas crâf ce sont
des petits rafts individuels qu'on met dans notre sac à dos
et quand on les gonfle
ça nous permet de récupérer les premières fentes de neige
donc les premiers ruisseaux
comme c'est des embarcations avec un faible
tirando on peut naviguer sur des endroits
où il y a très peu de profondeur
du coup on a descendu
toute la langue glacière
pendant on est parti à 4h du matin donc on était dans les premières lueurs de l'hôbes
c'était rosé
le ciel était rose, la glace était rose
et on a descendu la langue glacière
jusqu'au Serac et jusqu'au
première fonte de neige
jusqu'au premier ruisseau
donc on est repassés et puis on a eu les premières forêts qui sont apparues
donc c'était quelque chose de
fantastique vraiment
de dévaler du glacier comme si on était
rejetés comme ça
et puis rapidement on a gonflé les pas crâf
et puis on a essayé de naviguer dans
une eau très très froide
et là on n'avait pas de combinaison
ni de surf ni de rien parce qu'on les avait pas pris avec nous
et ouais l'eau à 5°
on a passé 6 heures dedans
sur les pas crâf
et on a fait une finie en hypothermie
et là par contre voilà superbe expérience
parce que c'est...
on est repartis dans la forêt
on a retrouvé les pains, les odeurs
après une semaine où tu sens rien
où tu y as que du blanc
et puis la vie sauvage
parce que les premiers serres
les premiers élan
on sent tout de suite la présence de l'ours
les fruits, les baies sauvages
les poissons et puis la rivière
qui bouge alors qu'on est venu passer une semaine
sur un plan statique
où la neige est vraiment immobile
le paysage est immobile
et voilà donc
une journée vraiment pour descendre les premières rivières
peu de profondeur et beaucoup de cailloux
beaucoup de rapides
et le lendemain du coup on avait prévu dans l'organisation
que le reste de l'équipe nous retrouvait
un embranchement
avec des canoës traditionnels du Grand Nord
pour pouvoir naviguer de manière un peu plus
stable et plus agréable
sur une rivière plus large
reloc hunting
1920
Par Netflix
ça as vraimentility
ordenante
réột de French
se precipitation
leẹen
terminée
Given
bien élevé
nombre d'intellectuels américains sont à l'épuisé la substance de leur réflexion dans la nature sauvage.
Celle qui libère, reconnecte au réel et élève l'âme humaine, loin des turpitudes de la révolution industrielle.
J'avais l'impression de me retrouver un peu dans un bouquin de Jack London et c'est vrai que là ça a été un bonheur
absolu parce qu'on a passé des journées assis dans le canouet mais même à s'endormir à ce que ça allait.
Tu n'as pas besoin de ramets, tu peux pêcher et user un temps superbe.
Donc je pense qu'il faisait 25 degrés ensoleillés, on pêchait des ombles arctiques toute la journée.
On a mangé du poisson comme j'ai jamais mangé de poisson et puis le soir on se posait sur le bord de la rivière, on installait un campement.
Et puis voilà le poisson au feu de bois, les étoiles, enfin c'était franchement fantastique, c'était un rêve, vraiment, très très beau.
On a une côte qui remonte depuis la Colombie britannique, on est à la fin de ce qu'on appelle l'inside passage, donc c'est toutes les îles
qui forment un passage intérieur où les marins naviguent à l'abri des tempêtes.
Et là on arrive sur un endroit où on a 200 km de plage ouvert sur les grandes tempêtes du Pacifique et puis une bêche gigantesque
qui donne sur le Mont Saint-Élias et le Mont Saint-Élias c'est le plus grand dénivelé du monde, c'est plus que dans l'Himalaya,
c'est une montagne qui part de 0 mètres et qui arrive à 5 480 mètres, il faut imaginer une pyramide de glace en face de la mer,
donc quand on surf on a ça en face, donc c'était important pour moi de finir là parce que ça symbolisait un peu la montagne et l'océan
puis c'était au niveau artistique, magnifique pour faire des photos et filmer là-bas.
Et puis après on a établi le camp dans une forêt remplie d'ours, remplie de gris-lits et d'ours noirs,
donc c'était vraiment l'excitation totale parce qu'on en avait pas croisé encore jusque là,
enfin quasiment pas un peu en rivière mais là du coup c'est vraiment un endroit où tu sais que tu restes deux semaines
à un endroit statique, les ours vont commencer à venir sentir l'attente, ils vont être intrigués un peu par des gens qui campent dans un endroit où personne campent
et voilà donc installation du camp, et donc là c'est la partie qui a été la plus compliquée alors que c'était 1007 la plus simple
parce que les Alléams étaient au fond sur ton Alaska qu'on peut pas prévoir, il nous restait deux semaines
et on a passé quasiment deux semaines dans l'attente sous la pluie avec des vents, en fait on a eu une énorme tempête,
presque l'équivalent d'une tempête tropicale mais dans le nord, donc voilà assigné sous l'attente à résidence,
obligé de s'occuper, de lire, de faire, voilà, de discuter, le problème c'est que là on avait un film à faire et que la date du retour a approché
et qu'on avait pas une image de surf, donc le moral des troupes a commencé petit à petit à chuter,
au bout de dix jours il n'y a plus personne qui parlait dans le camp, c'était un peu compliqué,
le peu de sessions de surf qu'on avait pendant ce voyage, souvent les lions de mer venaient troubler la fête,
je sais pas si c'est pour défendre les femelles qui sont autour ou alors pour intimider, je sais pas du tout,
mais en tout cas souvent ils venaient à notre rencontre et quand ils arrivaient à fond la caisse, on les voyait arriver de loin
parce qu'ils sortaient, ils immergaient de l'eau, ils sortaient le buste et ils éructaient, ils criaient, ils crachaient de l'eau,
donc quand les voyaient arriver généralement on sortait de l'eau avant d'avoir vraiment la rencontre en face à face
parce que ça a quand même des dents dans la taille d'un grizzille, donc on n'avait pas envie de tester le truc,
mais là on a l'Asca, c'est compliqué et on a eu quand même un peu le soleil, on a pu voir les montagnes en face,
ces montagnes magnifiques, le Mont Saint-Élias et puis on a réussi à avoir quelques sessions de surf assez belles.
Niche entre les montagnes et l'océan, tapis dans l'ombre des forêts plus viales tempérées, le village de Yacoutate traverse les âges et s'ouvre peu à peu au monde.
D'après les historiens, les Tlingites appartiennent à la souche ethnique proto-mongole,
certains se sont sédentarisés et ont construit des villes et des monastères,
d'autres se sont lancés à corps perdu dans l'aventure nomade, empruntant le pont qui reliait les deux continents durant la dernière glaciation,
ceux qui ont survécu sont devenus américains.
La tempête passée, nous entreprenons quelques excursions jusqu'à leur village, pas malheureux d'abandonner pour un temps le confinement humide des forêts.
Yacoutate est un petit village qui est accessible uniquement par avion ou par bateau,
c'est-à-dire qu'il n'y a aucune route qui quitte le village pour une autre ville.
C'est un village de 500 habitants, à la base c'était ce qu'on appelle les tribus Tlingites,
c'était des chasseurs cueilleurs, donc Tlingites, ça veut dire les peuples de la marébasse,
c'est les gens qui partaient à marébasse chercher les coquillages.
Donc c'est assez étonnant parce que c'est une communauté assez petite qui vit l'été qui est très court,
ils ont deux saisons là-bas l'hiver et l'été, et l'été c'est le brand-bat de combat,
il faut faire les stocks de saumons, donc il y a pêche au saumon à fond,
généralement on prélève un élan à la forêt qui fera tout l'hiver pour une famille, généralement un élan c'est 500-600 kg.
Donc tout ça on congèle, les focs on peut les fumer, on peut les sécher, on peut les saler,
il y a plein de méthodes différentes, et après c'est assez étonnant parce qu'il y a vraiment un choc des cultures au sein même du village,
c'est-à-dire qu'on a certains anciens qui essayent de sauver la tradition, la langue,
c'est une tradition orale donc généralement les anciens partagent leur connaissance et leur histoire avec les plus jeunes,
c'est un peu dur à voir parce que les jeunes ne sont pas vraiment préoccupés par la sauvegarde de leur tradition
et on voit toute cette culture sur un point de disparition un peu.
Mais le groupe des anciens on a vraiment eu un très très bon rapport avec eux,
ils étaient assez curieux de voir ce qu'on voulait réaliser comme film avec la symbolique de l'eau,
parce que c'est quand même des animistes et c'est des gens qui poétisent beaucoup l'environnement,
qui mettent des déesses dans les rivières et des dieux dans les forêts,
donc quand on leur a dit qu'on voyagait en suivant la goutte d'eau et en suivant le flot qu'on neige,
pour eux ça leur a parlé tout de suite, donc on a eu des beaux échanges avec eux
et puis ils nous ont parlé de la nature d'une manière très belle,
c'est pas des connaissances empiriques, enfin en tout cas c'est pas des connaissances scientifiques,
c'est des connaissances poétiques et transmises de génération en génération,
et quand ils revenaient de la pêche avec pas mal de saumons et qui coupaient les têtes,
on s'est servi des têtes pour nourrir ce qu'on appelle les pigards à tête blanche,
c'est cet espèce d'aigle à tête blanche magnifique,
ils lancent les arêtes, les têtes de saumons une fois qu'ils l'ont consommé à la mer
pour que ça se régénère et que ça refasse des saumons,
donc c'est plutôt, c'est pas vraiment une croyance,
c'est plutôt une coutume un peu traditionnelle,
on nourrisse, c'est à dire qu'on jeteait les têtes
et puis on avait des dizaines de aigles magnifiques, gigantesques,
qui venaient se nourrir devant la barraque,
moi c'est un spectacle magnifique,
et moi c'est quelque chose que j'adore,
c'est vraiment une très belle manière de réenchanter un peu le monde,
de poétiser le monde, donc ça a été des rencontres très enrichies en tout moment,
et puis c'est comme ça que toute l'expédition se termine,
c'est à dire qu'on arrivait, c'est le flocon qui l'accompagne jusqu'à l'océan,
et puis maintenant il repart dans le cycle.
Là où les létempêtes ont de tout temps incarné
l'adversité des éléments naturels dans la culture clingite,
une force obscure capable d'éventrer les embarcations sur les brisants
et d'emporter les hommes dans ces profondeurs insondables.
Le Grand Océan symbolisant l'eau de là,
un monde sans air et sans lumière,
plus vite que l'espace lui-même,
car si le fond des mers est plongé dans les ténèbres,
le ciel nocturne brille quant à lui demi le feu.
Les mers et les croyances sont aujourd'hui évolués,
mais la mer conserve encore sa part de mystère.
Les vagues qui séduisent le surfeur effraient le marin.
Les au fonds que nous recherchons en quête de la vague parfaite
sont la hantise des pêcheurs.
L'aventure qu'on fait c'est un peu un prolongement des rêves d'enfant,
parce qu'on construit des cabanes, on fait des bivouas,
on fait des feux, on rencontre des chercheurs d'or, des indiens.
Je crois que c'était son qui disait
l'aventure c'est faire vivre nos rêves d'enfant avec des moyens d'adultes.
C'est exactement ça,
parce que quand tu vois ce qu'on fait avec Mathieu,
on fait des rados, on fait des cabanes.
Et là j'avais l'impression de me retrouver dans un livre de Jack London,
donc c'était un expérience absolument génial.
Ce qui est top avec Mathieu,
c'est qu'on a tous les deux envie de progresser,
on est curieux, on connaît pas
quelqu'un qui vient à notre rencontre
et qui nous parle de son expérience,
on le prend.
Avec Mathieu dans notre relation,
alors qu'on vient de deux sports individuels
où on est censé tous être en compétition les uns et les autres,
on était chacun assez fier l'un de l'autre
et chacun avec ses points,
c'est à dire que Mathieu avait cette manière
qu'il a de toucher à n'importe quel sport
et d'être super fort
et puis cette gentillesse,
il n'y a pas meilleur guide,
il y a aussi de patience,
et puis moi j'étais un peu plus
dans le travail,
sur la réflexion,
sur la nature, sur l'aventure,
sur l'exploration, sur la littérature.
Et c'est vraiment super pour construire une relation
parce que du coup on évolue
d'une belle manière,
c'est à dire que je prends beaucoup de lui,
il prend beaucoup de moi
et au lieu d'avoir une relation assez plate,
on a une espèce de relation de ping-pong
où on se motive énormément
et on a une relation qui évolue pas mal.
Dans une société aujourd'hui
où le principe de précaution
prime sur le goût du risque,
je pense que les gens qui font des sports extrêmes
et les aventuriers
sont un peu une sorte de résistant pacifiste
un peu à ce modèle de société,
c'est vrai qu'aujourd'hui on a peur de notre honte,
peut-être de sortir aussi d'un certain conformisme,
de sortir des chemins tout tracés,
de sortir des sociétés toutes faites.
Du coup
je me sens beaucoup plus vivant
dans l'aventure que dans la compétition
parce que la compétition touche vraiment
à un sujet,
à la camaraderie
avec mes compagnons de voyage,
à la curiosité historique,
humaine, géographique, géologique,
la littérature, le fait de raconter des histoires
et puis cette
mise un peu en danger
où on vit au milieu des ours,
on surf avec des orques, on traverse
un océan sur un bateau,
on escalait une montagne
et puis c'est surtout qu'après il y a ce rapport
alors on n'est pas obligés d'avoir
tout ça dans l'aventure à chaque fois
mais ce rapport soit à l'autre qui est important
soit à la nature sauvage, soit à l'environnement.
Encore une fois ce flocon à la base
qui se... dans nos pays occidentaux
ce flocon se pose pur sur une montagne
il descend dans les rivières
au début il est toujours pur, l'eau elle est pure
et puis petit à petit il va se charger avec les terres
avec les villes qui traversent
avec beaucoup de choses
et puis il arrive à l'océan
et puis il est chargé de bactéries
donc on voulait montrer aussi avec
une notion un petit peu environnementale
pour dire que chez moi
l'été au pays basse on te dit
la plage elle est pourrie
on y est un peu pour quelque chose
mais souvent on n'a pas conscience
ce qui se passe dans les valets
en amont est important
et que du coup tout est un interconnect
et ça on attend souvent à l'oublier
que le monde est un tout
et que généralement quand on déséquilibre
un endroit ça déséquilibre l'autre endroit
et l'aventure est peut-être un remède à ça
Damien Castera a publié
Expedition Audicéa
du flocon à la vague
dont vous avez pu entendre quelques extraits
dans cet épisode
Le film réalisé par le studio When We Were Kids
est aussi disponible sur Youtube
sous le nom de Audicéa Expedition
pour pouvoir plonger en image
dans ce périple
Les Balladeurs
Une série audio du magazine Leosers
Un épisode réalisé par Thomas Fier
et Clément Sacar
Nicolas de Ferrand quant à lui
a signé la musique et l'ambiance
et l'Origal Gany le mixage
On se retrouve donc un jour
pour une nouvelle aventure
en pleine nature