Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Back Market, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs récitent aventure et de mes aventures en pleine nature.
Une série audio du magazine Leosers.
Attention, le départ est imminent.
Le terrain de l'aventure
Leosers.
De quoi a ton besoin pour s'installer ?
Que faut-il pour que le terrain sur lequel nous construirons notre maison soit un lieu sûr, qui puisse voir nos enfants et notre histoire à grandir ?
Pour le monde sauvage, il est nécessaire de trouver de quoi se nourrir et se sentir en sécurité.
Pour ceux qui est des grands prédateurs, qui suscitent fantasme et tension, l'anonymat est aussi un élément essentiel.
C'est pour cette raison que le massif sur lequel se déroule cette histoire restera secret.
Quelque part dans les Alpes françaises, nature et civilisation se côtoient et s'observent.
Mais les messages envoyés d'un monde à l'autre ne sont pas toujours compris.
Pourtant, les certitudes s'éveillent dans la nuit pour ceux qui savaient écouter intensément les murmures des forêts.
Allorés de ces bois, au moment où le soleil se couche et où les arbres ne sont plus que des formes inquiétantes, on peut sentir dans l'air la ruïdesse du prochain hiver.
Sandra Bérénice-Michel est photographe et vidéaste.
Au rythme des saisons, elle parcourt les versants portés par une trace, une intuition ou les rumeurs de son village.
On dit qu'un loup, disparu depuis longtemps, serait revenu sur le massif.
C'est presque un prétexte d'avoir l'appareil photo dans le sac et de partir comme ça en montagne,
ou d'essayer de commencer à s'échapper du reste du monde.
Mais je ne pars jamais en me disant que je veux faire des photos.
Je vais plutôt prendre ce qui vient à moi tout en pistant les animaux,
parce que j'adore pister les animaux, j'adore décrypter la montagne.
C'est quand même un grand livre ouvert à la montagne.
Il y a plein de choses et je pars juste comme ça, décrypter un petit peu tout ce qui s'y passe.
On utilise des outils quand on est photographe animalie, on peut avoir des pièges photos.
Ces pièges photos vont servir à en mettre en relation ce que nous, on observe avec la réalité,
parce que des fois, on peut partir sur des hypothèses qui sont complètement à côté de la plaque.
Tout n'est pas toujours validé et donc on va pouvoir mettre ces caméras qui sont silencieuses,
qui ne font pas de lumière, etc.
On les pose et ça permet, quand on vient les retirer un peu plus tard, de valider nos acquis,
entre guillemets, de se dire c'est bon, parfait.
Le chevreuil, je pensais qu'il passait par là, vu les traces.
C'est exactement ça, il passe bien par là, puis faire telle heure, il va manger.
Donc ça c'est un peu les débuts en animalier.
Et puis une fois qu'on a fait un petit peu tout ce pistage,
puisque là on parle vraiment du côté animalier, même si je fais d'autres photos,
et ben on se bat là-dedans, par moment, c'est pas tout le temps,
mais il y a des moments comme ça où on voit, on voit quelque chose, on voit une image.
On se dit à cet endroit-là, il y a une lumière, il y a quelque chose,
je sens que ce serait intéressant de graver soit cet instant qui est là tout de suite,
soit on se met aussi à imaginer en fait l'animal qui pourrait venir à tel endroit,
qui créerait ce cadre un peu féerique, et puis on se prend en jeu,
ça devient une espèce de quête pour réussir à construire cette image.
Donc on va faire des affus, on va aller se poser dans la nature au bon moment,
avec les bons vents, comme je le disais souvent, on se lave pas.
Un photographe animalier, il faut pas qu'il pu, mais il faut qu'il sente la nature.
Il faut surtout pas vraiment, il faut éviter de se laver, il faut mettre une vidéo dorant,
il faut s'imprégner un maximum pour pas les déranger, parce que eux leur odorat,
c'est le premier signal d'alerte, donc on fait très attention à tout ça.
On se met à regarder tout ce qui se passe, même des fois on oublie l'image qu'on est venu chercher
parce qu'il se passe un milliard de choses autour de nous, la petite araignée qui va passer sur toi,
t'as l'impression que tout dure une éternité, et en même temps ça passe hyper vite,
parce que quand tu te réveilles un petit peu de tout ça,
tu te rends compte que t'es resté à 6-8 heures.
En fait, c'est juste que tout tes sens ont été réveillés,
et que tu vivais pleinement tout ce qui se passait autour de toi.
Et puis, si on a de la chance, on a ce fameux moment, soit qu'on attend, soit qu'on attend pas du tout,
parce que ça peut être aussi un petit bonheur la chance, qui se dérobe devant nos yeux,
et puis vient le moment où on déclenche.
Moi, personnellement, j'essaie de déclencher qu'une, deux, trois fois, maximum.
Je prends le temps vraiment de bien observer, en fait, et d'attendre le moment,
vraiment le moment qui m'intéresse en termes de photos.
Alors là, on est en novembre 2016, et j'ai un ami qui vient me dire,
« Ah, ma gueule, j'aurai probablement un loup qui se balade sur le massif,
quelqu'un l'aurait vu, waouh, ok, bon, quelqu'un a vu un loup,
alors ça, déjà, c'est quelque chose de fou pour moi,
même si je n'aurai pas nécessairement cette volonté de le voir à tout prix,
mais je me dis que c'est déjà une énorme chance,
parce qu'il y en avait plus, il y a quelques années,
et là, tu t'es dit, ok, ça devient réel, quoi.
Il y a probablement un loup sur ton massif,
où il y en avait plus depuis si longtemps, à peu près les années 40, quelque chose comme ça.
Et donc, quand cette rumeur vient à mon oreille,
je réalise que c'est quelque chose de concret, que je vis quelque chose aussi d'historique,
tant bien pour les hommes que pour les écosystèmes,
puisque ça va toucher en boulet, comme à l'époque,
on vivait avec les loups, on faisait plus ou moins avec,
jusqu'à un certain temps où voilà, ça a été totalement refusé,
mais voilà, il va quand même se passer quelque chose d'assez important,
et je vais être le témoin de tout ça, donc j'ai déjà une chance énorme,
et être le témoin de tout ça, entre guillemets,
dans un milieu où tu te sens chez toi,
ou tu pars pas, je veux dire, dans un autre pays, entre guillemets, pour observer tout ça,
c'est encore plus fou, quoi.
Et donc là, c'est parti, quoi.
J'ai commencé.
Je ne suis pas forcément quelqu'un qui part en montagne en quête d'une espèce.
Ça m'est vraiment, en fait, je ne crois jamais arriver.
Je suis plus quelqu'un qui va se balader et puis prendre ce qu'il entoure, quoi.
Mais là, c'est vrai que d'un coup d'un seul,
j'ai vraiment ressenti quelque chose d'assez particulier, prenant,
et c'était une invitation que je pouvais pas refuser, en fait.
Je l'étais presque forcé à y aller.
Je me suis réveillée simplement un bon matin,
et puis j'ai eu ce sentiment qu'il fallait que je parte en quête du loup.
Et je savais que bon, on en avait quelques-uns qui passaient par là,
mais il n'y avait aucune installation.
Et c'est vrai que petit à petit, je me suis questionné
sur ce pourquoi du comment il ne s'installe pas.
Le sujet du loup est un très dédicat, surtout en montagne,
où voilà, ici, il y a des bergers, il y a de l'élevage, il y a des troupeaux.
Et donc j'étais déjà un peu bercée dans tout ce qu'il pouvait sans dire,
sans m'y être auparavant très intéressée.
Et là, d'un coup, voilà, je sais pas, j'ai pas eu de choix.
Je me cherchais ressenti vraiment cet espèce d'appel,
comme quoi il fallait que je m'y intéresse vraiment profondément.
Et je l'ai suivi.
C'était quand même très compliqué parce que, ben, déjà, j'étais jeune,
j'avais pas conscience de tout.
J'étais quand même assez naïve.
Et en débutant, je me suis dit, bon, déjà, il faut des pièges photos.
T'en as un, c'est bien, peut-être un second, ce serait pas mal.
C'est très utopique de trouver un loup avec deux pièges photos.
Et puis, ben, tu te mets à repenter dès que tu peux.
Dès que tu peux, tu as rependu la montagne.
Donc, je la rependais plus comme je faisais avant
pour observer la totalité des espèces qui m'entouraient.
Mais je devenais un peu focus sur cette espèce que je ciblais,
qui était le loup.
Donc je cherchais tous les indices de présence possible.
J'écoute un petit peu les rumeurs autour de moi
et puis je pars seul, très seul la plupart du temps en montagne.
Ce que je cherche le plus au-delà des traces ou des rumeurs, c'est une proie.
Je me dis si j'arrive à tomber sur une proie,
peut-être qu'en laissant une caméra,
déjà je pourrais avoir la certitude qu'effectivement je suis bien en train de pister un loup
parce que les empreintes à décrypter, c'est compliqué.
Il peut y avoir des gros chiens ici, au début,
enfin voilà, quand tu commences,
t'es pas certain que ce soit un loup,
après que le temps forcément tu reconnais beaucoup mieux les traces,
même des fois sans les regarder.
Et j'ai tout de suite beaucoup de chance.
Dès le début, je tombe sur une proie,
quand un premier chevreuil mort assez fraîchement.
Je dispose ma toute première caméra totalement maladroitement.
Je me rappellerai toujours de ce soir-là,
avant de revenir le soir,
où on va poser en milieu d'après-midi la caméra avec un ami.
Et je l'installe et je reviens.
Donc c'était vraiment presque ma toute première installation de caméra.
Et quand je rentre à la maison, je me dis,
mais est-ce que tu l'as allumé ?
Donc il y a ce moment de doute intense qui arrive.
Est-ce que je suis allumée ma caméra ?
Et là c'est une erreur monstrueuse,
parce que tu sais que la proie que tu viens de trouver,
premièrement elle est fraîche, donc c'est une énorme chance.
En plus, ça va pas rester la longtemps.
Il y a la nuit qui est en train de tomber.
Et là tu te dis, si j'y vais,
peut-être que potentiellement aussi je vais le déranger.
Donc tu mélanges toutes ces choses,
tu sais, des questions dans ta tête et tu te dis,
non mais arrêtes de réfléchir, en fait là il faut que tu fonces,
parce que déjà tu perds du temps à y réfléchir.
Donc je repars avec ce même ami,
on se dépêche de retourner sur place.
Pour contextualiser un petit peu la zone où était cette proie,
c'était aussi sur les non loin des pistes de ce qui te font,
donc à l'entrée du village.
Donc ça fait très vite écho aussi,
tout le monde commence à en parler
et puis tu peux avoir des gens qui vont aller voir
ou quelqu'un qui peut enlever le chevroye.
Donc il faut pas se rater.
Et on commence à marcher dans la neige assez discrètement
avec les frontales.
Et là en arrivant un petit peu plus loin,
on voit le chevroye pas du tout à sa place.
C'est-à-dire que quand nous on l'a laissé moins d'une heure avant,
quand on l'a laissé, il était un petit peu en surplombant dans le bois
et là quand on arrive, finalement on s'aperçoit que le chevroye est tombé.
Il est plus un peu plus haut dans la forêt,
il est vraiment sur la piste forestière
et il reste pas grand chose.
Donc on se regarde, il a l'air de dire
mince quoi, peut-être que moi,
intérieurement je me disais peut-être qu'on l'a dérangé.
Et en fait, on regarde un peu plus haut dans le bois.
Je sais pas pourquoi,
autant l'un que l'autre, on relève la tête
et avec nos frontales là on voit tes yeux.
Et clairement, au moment où je vois ses yeux,
je sais que c'est un loup.
Et tu le ressens au plus profond de toi-même,
c'est-à-dire que tu le vois pas.
Tu as vu ses yeux qui te regardent un peu plus haut dans les bois
et tu sais, tu sais vraiment que c'est un prédateur,
enfin un tanquette humain, tu le ressens profondément.
C'est pas négatif, c'est pas un stress,
c'est pas de l'angoisse,
mais tu sens que t'es pas grand chose face à cet animal-là.
Et donc là on se regarde,
mince on l'a dérangé, on l'a dérangé.
On se dépêche de remettre notre caméra
et en fait je me dis vite vite et on part.
Donc avec cette image qui reste gravée,
ces yeux qui te regardent là-haut dans la forêt.
Et puis bon, quelques jours plus tard,
quand j'y retourne, que je récupère ma caméra,
c'était juste un brave échec.
C'est à dire que, effectivement,
il n'était pas allumé, premièrement.
Donc on n'a pas du tout d'image du moment
où il mange la proie et ça descend, etc.
Et en plus de ça, au moment où on l'a dérangée,
ça n'a servi strictement à rien,
puisque en fait, la caméra,
je n'ai pas fait attention au fait que,
ici c'est très raide des montagnes.
Et du coup, je n'ai pas des axées à ma caméra
et elle regarde tout simplement les épiciers.
Donc bon, assez drôle comme fin
et en même temps, je sais qu'effectivement,
il est là parce que je l'ai vu.
Donc je n'ai pas mes images sur la caméra,
mais là, tu es rempli à bloc pour la suite.
Tu te dis « OK, on est en plein hiver,
il est là, il est probablement arrivé en fin d'automne.
Il y a peut-être des gens qui s'installent.
Donc c'est parti, il va falloir suivre tout ça.
J'ai appris aussi des erreurs de députante.
Je comprends qu'il faut quand même plus de caméra
pour couvrir le terrain que deux pauvres pièges photo.
Donc j'essaye d'investir.
J'investis dans quelques caméras
et je dois me retrouver avec quatre ou cinq caméras
à cette époque-là.
Je retrouve mes premiers indices et je me dis
« Bon ben peut-être s'installera-t-il, peut-être pas.
On va essayer de savoir pourquoi en tout cas.
Et puis première proie, deuxième proie,
troisième proie, enfin voilà,
c'est une année où j'en ai eu plusieurs.
Mais à chaque fois, un échec.
Il y a eu par exemple cette chevrette,
donc Femelle Chevreuil,
où je suis super contente, je la découvre totalement au hasard
en partant faire mes courses en plus.
Quelque chose un peu hors du temps,
je les dis à deux mondes, les toits dans ta voiture
en train d'aller faire tes courses.
Et puis à côté, il y a le monde sauvage qui est juste là en fait.
Bref, je me dis « Ben vite, il faut installer des caméras,
c'est très frais, elle vient d'être prise à la gorge certainement là
dans la nuit ou au petit matin,
parce que les empreintes sont fraîches,
les yeux ont même pas été encore mangés
par des corneilles ou des corbeaux, etc.
Donc il faut tout de suite installer des caméras,
genre je fais pas mes courses, je repars chez moi, je prends mes caméras
et je reviens.
Et là, une multitude d'indices,
c'est du loup, peut-être même qu'il y en a plusieurs,
parce qu'il y a plein de traces, donc tu sais plus trop,
et wow, prise par l'excitation de découvrir finalement
ce qui s'est passé, s'il y a plusieurs loups.
Donc là, cette fois-ci, je pose deux caméras.
Et je reviens, deux jours après,
parce que comme c'est juste à côté de la route,
je me dis, bon, moi je l'ai vue, mais d'autres personnes vont l'avoir
encore une fois et potentiellement, bon, voilà.
Et ça loupe pas.
C'est-à-dire que quand je reviens,
encore un énorme échec, une heure après que je pose ma caméra,
j'ai un monsieur que je connais qui est d'ici,
qui est sorti de son bus et qui est allé enlever la chevrette
du bord de la route, parce que ça peut choquer des gens,
et donc il a décalé plus loin.
Moi je me retrouve avec encore une fois une chance de
potentiellement prouver qu'il est là, qu'il s'en va,
enfin on ne le sait pas, ben, année anti.
Donc un peu déçu quand j'arrive.
Et puis je me dis, bon, là, clairement c'est fichu,
surtout qu'il t'a touché, moi je fais très attention
à contourner, à pas toucher, pas mettre mon odeur tant que possible.
Et je repose une seule caméra en me disant, bon,
ça me permettra de voir les autres animaux qui viennent s'y nourrir,
parce que je pense que clairement le blue,
il ne reviendra absolument pas.
Et puis j'oublie un peu cette caméra et je finis par revenir
une dizaine de jours après.
Et là, quand je la récupère, donc je fais défiler les images
sur mon ordinateur, et il y avait quoi ?
Il y avait une fouine, il y avait des rapaces,
il y avait des corneilles, un peu de tout.
Mais classique, quoi, les bus, tout le monde se nourrit.
Donc la nature fait son œuvre, tout simplement.
Et là, d'un coup, il y a une buz, un corbeau,
qui se nourrissent ensemble, si ça ne m'allait pas,
déjà je dirais, oh, mais tiens, c'est sympathique de pouvoir observer ça,
pas de bagarre, très bien.
Et il disparaît d'un coup.
Ok, deux images où il n'y a plus rien,
et là, un énorme égle royal qui se pose sur la carcasse.
Et super impressionné, parce que, bon,
ça en met d'altitude quelque chose comme ça,
donc on est assez bas, moi j'ai l'habitude de les observer très haut,
puis la proie était quand même bien camoufflée,
en bord d'une route.
Wow, tu te remais mort ce moment où tu te dis,
là je suis là dans ma voiture, je fais mes courses,
et le monde sauvage est bien là autour de moi, quoi.
On est tous là, on fait partie de cet écosystème.
Et là, ça te frappe encore plus de voir cet égle royal
qui se nourrit juste à côté de la civilisation, quoi.
Et puis je réalise d'un coup aussi que le fait de m'être fixé
sur cette quête du loup,
je ne regardais plus de la même manière les autres espèces
qui étaient là à côté de moi.
Je m'en ai merveillé peut-être moins bien qu'avant.
Et du coup, je reprends le temps après tout ça,
après cette observation-là,
de certes continuer à quitter, à poser mes caméras,
à beaucoup plus être la Sandra d'avant,
celle qui regardait absolument tout et qui s'est merveillée de tout.
En fait, avant de retomber sur ces images d'églis
qui m'ont plongé dans tout ça,
c'était devenu clairement obsessionnel, ouais.
Dès que j'ai le temps, il faut que je sors,
il faut que je quette, il faut que je piste, il faut que je trouve.
C'était omniprésent, quoi.
C'était le loup, le loup, le loup, le loup,
et sans plus faire attention aux maisanges qui m'ont tourée,
aux chevreuils qui me passaient à côté.
Et c'est dommage, c'est dommage parce que c'est aussi ça que ça doit montrer.
En fait, simplement, j'ai l'impression qu'à chaque fois
que ça peut paraître très simple,
rien ne se présente, mais vraiment.
On se dit, bon, là, il y a une proie, donc nécessairement,
si c'est très frais, tu mets une caméra, il ne va pas s'émanger.
Et à chaque fois que ça a été ça, ça a été un échec.
Donc en fait, petit à petit, j'ai compris que c'était pas ça
qu'il fallait que je cherche, en tout cas.
Donc je continue, le printemps passe, je profite beaucoup mieux
de mes instants dans la nature à l'extérieur.
Je profite vraiment à fond.
J'ai une amie qui vient,
une amie qui vient me rencontrer ici durant l'été.
Et elle me dit vouloir justement aussi, à travers elle,
ces images témoigner de cette quête que je réalise.
Donc je l'embarque un petit peu dans tout ça.
Et donc on part sur ces endroits où j'ai pu voir des empreintes,
où j'ai posé des caméras.
On voulait, vu que ça faisait partie de l'histoire,
on avait cette envie vraiment de pouvoir avoir une image
de l'Aix-de-Royal.
Nécessairement, il doit dormir pas très loin, certainement dans la falaise.
Donc si on se positionne en haut de cette falaise,
on va probablement réussir à l'avoir en train de prendre son envol.
Et puis on y passe, pas mal d'heures, le matin, un jour, deux jours,
trois jours, quatre jours et rien.
On l'observe à chaque fois, mais trop loin, trop tard.
On se dit on va peut-être arrêter de s'entêter,
on y va un dernier matin.
On dit ok, c'est le dernier matin où on y va.
Et après, on passe à autre chose parce que si ça veut pas, ça veut pas.
Il faut pas forcer les choses.
Et donc on s'installe à deux endroits différents sur cette falaise.
On est sur le plateau, elle est un petit peu plus haut.
Et moi je suis en surplombant un petit peu plus bas
et j'ai vraiment la tranche de la falaise à côté de moi.
Enfin si je t'enlépiais, je suis dans le vide.
Et j'installe ma caméra, je suis en affu.
Elle aussi d'un peu plus haut.
Puis on attend une heure, deux heures, trois heures.
Puis là je crois qu'il devait être à peu près 11 heures.
Je me dis on laisse tomber.
Et on se pose en toute simplicité et on contemple juste
tout ce qu'on a autour de nous, presque en s'endormant un peu.
En écoutant juste les oiseaux autour de nous,
en se laissant bercer par des petites brises de vent,
le soleil qui caresse le visage.
Et c'est là en fait que moi je me sens le plus éveillé
à ce moment là.
Tout qui est décuplé.
Tout est beaucoup plus fort.
Les odeurs, les sons, tout est beaucoup plus fort.
Et je suis juste là à regarder tout ça en disant
bon ben c'est simplement ça la vie.
Là t'es bien quoi, t'es vraiment bien.
Et d'un coup il y a une espèce de phrase
qui me vient, une espèce d'intuition.
Lève-toi, maintenant tout de suite.
T'as pas le choix quoi, tu exécutes.
Quelque chose de plus fort que toi en fait,
t'as ordonné de te lever et d'y aller.
Ok, je me redresse un peu affolée.
Je cours jusqu'à ma caméra.
Un peu vraiment, j'ai failli la faire tomber.
Enfin, j'ai n'importe quoi et j'arrive comme ça
un peu tremblante en me disant qu'est-ce qui se passe.
Et là juste en dessous de moi,
en fait il y avait la royale.
Et il était là, en train de prendre de l'altitude
quelques mètres en dessous de moi.
Et je me rappelle que j'étais mais entre le choc de l'instant
et l'excitation, je criais à mon ami,
je disais, viens vite, il est là, t'es bêche toi.
Parce que c'était tellement inattendu, en fait,
on pensait vraiment qu'il était parti.
Et puis il y a ce truc, de se dire,
mais il y a une seconde auparavant,
j'étais bercée par les bruits de la nature tranquillement
et il y a juste cette espèce d'intuition,
en tout cas cette voix de ma conscience peut-être
qui m'a dit, oh, faut que tu y ailles.
Et là tu tombes néanis avec la royale.
Et donc je le filme.
J'essaye de tenir mon plan,
bien que je tremble un peu dans tous les sens
parce que vraiment je suis pas...
Tu vois, wow, qu'est-ce qui se passe ?
Et après tu reprends un peu ta respiration
et il finit par partir en chasse dans un silence
mais assourdissant.
Il passe de l'autre côté de la vallée
et tu réalises quoi, tu te dis mais...
Wow, si je...
s'il n'y avait pas eu cette voix qui me dit d'un coup,
lève-toi, vas-y.
En fait, jamais tu l'aurais vu, quoi,
en tout cas à ce moment-là.
Quand je suis vraiment bien, en tout cas en osmose,
avec l'extérieur, avec le milieu dans lequel je suis,
que tout va bien,
il y a vraiment ce truc de sens un peu décuplé.
Et là j'avais vraiment cette sensation d'être bien,
d'heurter tous mes sens bien éveillés,
bien aiguisés à la fuite tout, à l'écoute de tout.
Et un truc super puissant qui me prend au trip
me dit clairement, en gros, il y a un loup.
Et je sais pas comment, je sais pas pourquoi
mais il y a un loup.
Et j'écoute un peu cette petite voix
comme pour l'aigle royal, je me dis
mais finalement l'aigle royal, quand t'as eu
cette petite voix dans ta tête,
il s'est dérobé à tes yeux, donc
suis juste ton instinct en fait,
c'est simplement ton instinct qui te dit ça.
Et je prends mon sac,
je prends mes raquettes,
parce qu'il y a beaucoup de neige,
c'est le début d'hiver.
Et mes caméras automatiques,
je vais vraiment avoir les réponses à mes questions.
Et puis je me rappelle que je monte,
je monte, je monte un peu frénétiquement
et puis en en donnant je m'arrête
avec vraiment la certitude
qu'il faut que je pose une caméra sur cet arbre-là précisément.
D'accord.
Donc j'installe ma caméra
et j'ai la sensation, vraiment,
après avoir posé cette caméra,
qu'il est pas loin.
Et je me rappelle d'ailleurs,
et c'est drôle parce que j'ai filmé cette scène
avec la caméra automatique,
je devais redescendre par la droite,
donc dans la forêt.
Et d'un coup, d'un seul, je suis un peu attirée.
Il y a une espèce de forme d'attraction
par une zone,
je sens que ce soit quelque chose de très précis,
mais je ressens une attraction.
Et donc je continue sur la piste forestière
et je me mets à regarder cet endroit.
Très fou, c'est très bas,
mais juste quelque chose m'a attiré là-bas
et je m'arrête et je regarde
avec la certitude qu'il est quelque part
dans cette direction.
Il est vraiment par là.
Je reste là totalement bloquée,
un peu vide,
d'être un peu perchée.
Et puis bon,
un peu comme si je reprenais un peu mes esprits,
je me dis,
« Ouh là, il faut y aller ».
Donc je m'en vais.
J'ai posé d'autres caméras
et en fait, un mois après,
quand je récupère ma caméra,
je le vois.
Donc qui remonte
de cette piste forestière,
de cette zone que j'ai regardée,
j'ai trois photos puis une vidéo
où il repart.
Déjà,
wow,
c'est effectivement,
il y a un loup, il est là,
il est magnifique.
Et il est passé
cinq ou six heures après moi.
Et il venait de cette fameuse zone
dans laquelle j'étais attirée,
donc j'avoue que sur le moment,
un peu surprise,
très heureuse
de l'avoir en fin à l'image,
de me dire,
« Bon, ben, ok, on est au début de l'hiver,
les choses recommencent,
comme ça l'est depuis,
comme c'est le cas depuis un moment ».
Et très vite,
tous ces sentiments sont busculés
par autre chose,
une espèce de pensée
qui me vient,
je me dis,
« Mais je sais pas pourquoi,
mais il est plus là ».
Effectivement,
je continue toutes mes images
et ils ne repassent absolument jamais.
Donc sur un mois,
il n'est pas repassé sur cet endroit
et au fond de moi,
il y avait aussi ce sentiment bizarre
qu'il était plus là
ou plus loin.
Je me remets simplement
à prendre les bagages
et à quand je peux sortir,
faire mes observations habituelles,
d'autres animaux,
de paysages, de lumière,
à mes merveillées,
en toute simplicité.
Et par moments,
je retombe sur quelques empreintes,
mais j'ai toujours ce sentiment
qu'en tout cas,
il est assez loin de moi.
Je me dis,
est-ce que ça va servir
quelque chose ?
Est-ce qu'une meute va s'installer ici ?
Je me demande
si ça peut être possible
aussi un jour,
en fait,
qu'une meute s'installe,
parce que je me dis, c'est fou.
Par tout à l'heure,
ils retrouvent leur place,
alors plus ou moins bien.
Mais pourquoi ?
Pourquoi ici, ça fonctionne pas ?
Et donc,
t'es encore plus en doute,
parce que
moi, ce que j'avais envie de montrer,
c'était que par l'installation
d'une meute,
logiquement,
on devrait avoir moins d'attaques,
parce que c'est un loup solitaire
qui va s'attaquer au proie facile.
Donc, si une meute s'installe,
elle va défendre son territoire,
il y aura possiblement moins de loups
en dispersion
qui vont passer,
ou en tout cas,
ils vont se faire chasser
du territoire.
Donc, plein de questions,
encore une fois,
qui tournent dans ma tête.
Plein, plein, plein de questions.
Et pour l'anecdote,
je me rappelle
que j'ai participé un petit peu
financièrement
au film de Jean-Michel Bertrand,
justement,
marcher avec les loups,
et on arrive au mois de mars.
Je pars un ciné-débat,
justement, pour le rencontrer.
On passe la soirée
à échanger autour du sujet,
il sait que moi, ici,
je réalise cette quête
pour essayer de témoigner
dans ma gaisine
un maximum d'informations,
et il demande un peu
où j'en suis.
Et je lui fais part de mes doutes,
je lui dis que réellement,
là,
je ne sais pas pourquoi,
mais ça ne fonctionne pas.
La mayonnaise
ne prend pas du tout
sur ce massif.
On échange autour de tout ça,
et lui me dit,
non mais accroche-toi,
en gros, tu verras quand,
quand tu n'y penseras plus,
il apparaîtra,
ok, ok,
merci Jean-Michel.
Et je le quitte,
et le lendemain,
mon ami avec qui je suis,
assez souvent,
sur cette quête,
me dit,
oh, il reste une caméra
vers l'entrée du village,
il me dit bien,
on va chercher la caméra.
Bon, d'accord,
j'avoue que j'étais vraiment fatiguée,
en plus, mais je le suis,
vraiment non sans peine.
On grimpe, on grimpe, on grimpe,
on récupère la caméra,
et là, on se gare,
moi, j'avais qu'une envie,
c'était de dormir,
et puis en fait, d'un coup,
je me dis non, non, non,
je crois qu'il faut absolument
regarder ce qu'il y a dedans,
mais vraiment,
et je lui dis,
viens, on voit un verre à la maison
et on regarde les images.
On s'installe tous les deux,
plein d'entrains à l'idée
de regarder ce qu'il va y avoir
sur cette caméra.
On fait défilé les images,
là, je les mets en
petite miniature,
et en fin de mai,
instinctivement,
même si c'était en tout petit,
je le vois,
et je me m'appleurais quoi.
Je me mets à pleurer,
parce qu'il y a eu toutes
ces étapes,
en fait,
assez avant ça,
et là, mais la vidéo
est juste magnifique.
C'est un animal
qui est fort,
et bon, c'est une image
en noir et blanc,
mais malgré son noir et blanc,
tu arrives à t'écriveter,
tu peux même presque
sentir la texture
du pelage,
enfin, c'est assez impressionnant.
Le froid aussi,
qu'il peut y avoir,
enfin,
c'est assez immersif.
Il y a vraiment un animal
assez imposant,
mais qui m'a pas forcément
l'air d'être un adulte
dans le fort de l'âge, quoi.
Certainement un sub-adulte,
un jeune qui a certainement
quand même au moins 2 ans,
et, wow, il est quand même
bien costaud,
donc je me dis,
c'est superbe,
ça veut dire qu'il arrive
à prédater,
qu'il arrive en tout cas
à se débrouiller tout seul
dans ses montagnes l'hiver,
c'est formidable, quoi.
C'est beau de le voir,
même si c'est au travers
une caméra automatique, quoi.
Ça, c'est fort, très fort.
Et puis là, je comprends
qu'il y a quand même
quelques mois qui se sont écoulés.
Et donc je pense,
à ce moment-là,
que je pleure aussi
parce que je réalise
que potentiellement,
il s'est installé.
Parce que les autres,
sur ces périodes-là,
je les voyais plus nécessairement,
donc je me dis,
déjà, Jean-Michel,
à raison,
tu dois continuer d'y croire,
et peut-être qu'il va s'installer,
quoi.
Je repars, pfff,
remplis mes de bonheur
et de...
de cette belle conviction
qui me tient
depuis le début,
ce qu'on en parle beaucoup.
Et je repars
avec en tête,
sur le dernier piège,
de le déposer
sur cette zone
où je l'ai filmé,
où j'ai eu cette magnifique
Je m'engage dans la montée,
il y avait une fine pellicule
de neige fraîche,
parce que là, je suis un peu plus haut,
avec à ma droite,
donc la forêt assez raide,
à ma gauche,
la même chose,
juste avant la forêt,
sur ma gauche,
il y a un petit ruisseau.
Et puis derrière,
c'est de forêt à ma droite,
à ma gauche,
c'est des grandes clérières,
avec un peu plus loin,
des habitations,
des deux côtés.
Je suis une petite centaine de mètres,
et là, je tombe sur des empreintes.
Et...
Et à ce moment-là,
je comprends
que ces empreintes sont
très fraîches.
La nuit tombe encore assez tôt,
ou il est bientôt 17h,
ça s'est assombré un petit peu.
Et en même temps,
quand je vois ces empreintes,
j'ai l'impression qu'il est passé
quelques heures avant moi,
ou même moins que ça,
vraiment,
j'ai un sentiment particulier
quand je tombe néané avec ces empreintes.
Et
mon regard, donc, suit ces empreintes,
et il y a eu par exactement
sur l'épice forestière
comme moi, en tout cas, comme cet endroit
où je veux aller.
C'est superbe.
Ça veut dire qu'il est encore par là.
Tu vas pouvoir aller déposer une caméra,
et il prend clairement la direction
de cet endroit où tu voulais mettre
ta caméra, donc c'est juste fou.
Wow, super, on y va, on y va.
On s'engage.
Et puis, arrive un moment donné,
où...
ils tournent, donc moi, je m'arrête net.
Je comprends pas trop,
et je regarde ces empreintes.
Je me dis, mais pourquoi ?
Pourquoi ils tournent subitement ?
Parce que ça signifie quand même
qu'ils se dirigent vers la clérière,
donc en vue
et proche du village.
Donc c'est pas très safe,
quoi, pour un loup de se montrer.
En fait, quand je me pose ces questions-là,
il se passe clairement quelque chose,
ça va clairement au-delà de l'intuition,
comme si mon cerveau
s'était activé massivement,
et avait décrité plein de choses
que moi je voyais pas, peut-être des odeurs,
des choses dans l'empreinte,
que sais-je,
mais sur le moment,
je comprends qu'en fait, il est là.
Et là, je me retrouve prise d'une émotion
vraiment trop forte pour moi,
je pense trop forte pour un être humain,
et je me rappelle que j'ai même du mal à respirer,
tellement c'est fort.
J'ai j'ai le coeur qui bat très, très, très, très vite,
parce que,
sur ce moment-là, je comprends pas ce que je suis en train de vivre,
c'est-à-dire que visuellement, moi je le vois pas,
mais je sais qu'il est juste là.
Et j'ai aussi pas forcément le droit d'avancer,
comme s'il y avait une espèce de respect à avoir.
Je suis là, au milieu de la forêt,
dans la neige,
avec ces émotions qui sont en train de me bouffer,
et puis, je comprends qu'il va rester là.
Qu'en fait, il va vraiment clairement rester
sur ce massif.
Et d'un coup,
c'est comme si
je m'étais projetée comme si on envoyait un drone au-dessus de la forêt,
et je vois cet endroit
où il va rester.
Et je comprends aussi,
en tout cas, un fait comprendre
qu'il ne va plus rester tout seul dans cet endroit.
Et bon, j'essaie d'en magasiner un petit peu
toutes ces informations sur le moment
qui viennent de Jeune Césou.
Et puis, à un moment donné,
ça y est, c'est comme si
les choses étaient débloquées,
il s'est mis à avancer, il va beaucoup plus haut.
En tout cas, c'est ce que je perçois.
Et je peux avancer,
comme si j'avais reçu l'autorisation
d'emboiter le pas quelque part.
Et donc, je monte,
je vais pour poser cette caméra.
Et puis,
il y a quelque chose, vraiment,
comme si un poids était tombé,
en moi, un poids, quelque chose qui m'a dit vraiment
c'est bon, ça va aller,
on ne me cherche plus quoi.
Ça dépasse un peu l'entendement,
parce que je ne comprends pas
comment, ni pourquoi,
je peux avoir ces certitudes-là,
mais ça rejoint, finalement,
ce moment du début
où je sentais qu'il était là,
où je savais qu'il était là,
et je savais à quel endroit il était.
Sauf que ce jour-là, ça a été très, très, très fort.
Et que j'ai eu plein d'intuitions en même temps.
Ça fait même aussi presque un peu peur,
mais je vais écrire toutes ces informations
qui m'ont été données.
Je mets sur la carte l'endroit
où visiblement il va être,
où, disons, il est plus tout seul, etc.
En même temps, je me dis, mais...
Comment c'est possible ?
Comment il pourrait ne plus être tout seul,
sachant que tous les loups qui sont venus auparavant
ont échoué, entre guillemets,
où l'homme a fait que ça allait échouer ?
Pourquoi lui, d'un coup, ça fonctionnerait ?
Pourquoi il serait plus tout seul ?
Pourquoi ceci ? Pourquoi cela ?
C'est comme si j'avais envie de me raisonner,
mais en même temps,
ce serait body-croire.
Donc je passe par plein de phases
où j'accepte pas,
et puis il y a un bout d'endement, je me dis,
mais à quelque part,
si je voulais prouver que ces informations
que t'as reçues comme ça,
tu sais pas trop comment, par intuition,
elles sont fausses,
parce que j'avais envie de prouver que c'était faux,
sur ce moment-là,
il faut y aller.
Et je pars sur cet endroit
où, soit 10 ans, il pourrait être
et plus seul.
Et ça m'a fait exactement la même chose
qu'au mois de décembre, c'est-à-dire que,
ok, je suis vraiment d'idée
par un truc qui prend au trip,
c'est cet arbre.
D'accord, ok, soit.
Je laisse cette caméra,
puis je viens la récupérer quelques jours plus tard.
Et là, je passe les images
et il y a une première nuit
où il passe,
et la deuxième nuit,
et ben elle est plus toute seule.
Il est accompagné
et clairement, c'est un mal et une femelle.
Ils sont magnifiques,
même si il y a pour le coup,
la caméra que j'ai mise,
c'était pas la meilleure qualité qu'ils soient,
mais ils sont beaux.
Et là, je vois ce couple qui se révèle à moi,
comme si c'était eux qui m'avaient invité, en fait,
à la révélation de cette information.
Je veux dire, c'est pas par science,
quoi, que je suis arrivée là.
C'est simplement par écoute,
par intuition, par instinct.
Et donc, c'était vrai.
Donc, il était là.
Donc, il n'était plus tout seul.
Et je n'avais donc plus besoin,
quelque part, de le chercher.
Et je comprends aussi le message,
peut-être, qu'il pouvait y avoir derrière ça,
qui est que c'est le moment
où je dois peut-être arrêter de le chercher
pour que ça se passe bien, pour eux.
Parce que là, c'est un moment crucial.
On est donc au mois d'avril
et on rentre dans cette période
doublement historique pour moi,
parce que, ça y est,
un couple vient de s'installer
et le Covid-19 apparaît.
Donc là, ça a vraiment double sens,
parce que d'un côté,
on continue à foncer droit dans le mur
et on a ces épidémies
et ces pandémies qui apparaissent
parce qu'on m'attraite l'environnement
et la faune sauvage
et qu'on rentre en contact
de choses qui ne devraient pas l'être.
À côté de ça,
j'ai ce couple qui vient de s'installer
où je me dis, ben, soyons plein d'aspoir.
Ils sont là
et ils se sont, du coup,
possiblement installés.
J'étais remplie d'un espoir fou
parce que je me suis dit, bon,
eh ben, maintenant, il faut faire quelque chose de tout ça.
C'est bien, c'est historique,
on a de la chance.
On a un prédateur naturel
qui revient
sur notre massif.
Maintenant, cette cohabitation
ou plutôt coexistance,
comment elle va se dérouler.
Ces intuitions
que j'ai pu vivre
durant toute cette quête,
c'est finalement avant et après.
Je sais pas dire
si ça a aujourd'hui plus de sens pour moi.
J'ai simplement la sensation
qu'il y a effectivement quelque chose
qui dit de mes pas.
Qu'est-ce que c'est ? Je ne saurais pas.
Je pense que je ne saurais jamais
qu'il faut peut-être aussi laisser
cette part de mystère là où elle est.
Et, honnêtement,
j'ai la conviction qu'on a ça
au fond de nous tous.
Et que c'est un sens un peu oublié.
On doit perdre un peu cette capacité
à décrypter les choses
et à les traduire.
La fin de cette édition
C'est une série
au Dieu du magazine Les Haussards.
Cette épisode a été réalisée
par Clément Sacar et Thomas Fier.
Nicolas de Ferrand
a traduit en musique
cette quête de vérité
et l'Origalicanie
a su mixer ses murmurs de la forêt.
Dans 15 jours,
nous nous retrouverons
pour une nouvelle vidéo
de la nouvelle aventure
loin, très loin, des sentiers battus.
A bientôt.