Nouvelles héroïnes
Salut toi, je suis Céline Steyer, celle qui murmure à tes oreilles des récits d'aventures
insolites et de dépassements de soie à travers des histoires vraies de femmes qui ont osé
faire de leur rêve une réalité.
Des histoires pour t'aider à grandir en confiance et trouver ton propre chemin.
Bienvenue dans le monde surprenant des nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes
Tu t'apprêtes à écouter la deuxième partie de l'histoire de la nouvelle héroïne
Claudine Montaille.
Tu avais quitté Claudine, chantant et récitant des poèmes sur les bancs de l'école, la
voici plus grande que 14 ans, à la découverte d'un nouvel horizon dans un contexte de
guerre froide entre les Etats-Unis d'Amérique et l'URSS, l'ex Russie actuelle.
Si tu n'as pas encore étudié sur les bancs de ton école la guerre froide, sache que la
guerre froide, c'est un petit peu comme une très grande compétition entre deux équipes
très puissantes.
Enfin surtout une très longue compétition.
Mais au lieu de jouer un match de foot, elle se défiait pour voir qui était la plus forte
sans vraiment se battre directement.
Ces deux équipes s'appelaient les Etats-Unis et l'Union Soviétique et cette compétition
a duré de très très nombreuses années.
Au lieu de se battre avec des armes, elles utilisaient surtout des mots, construisaient
des choses très impressionnantes comme de très grand bâtiment ou des fusées pour
aller dans l'espace.
Et essayaient de se montrer l'une à l'autre à quel point elles étaient fortes et intelligentes.
Parfois elles étaient d'autres pays pour se faire plus d'amis et montrer qu'elles
étaient les meilleurs.
Même si par moments ça pouvait paraître un peu effrayant parce qu'elles avaient beaucoup
d'armes très puissantes.
Heureusement elles n'ont jamais vraiment utilisé ces armes l'une contre l'autre.
Nouvelle zéroïne.
Mais revenons à Claudine.
Claudine, grandiée dans une famille, scientifique tu leur a compris.
Le soir quand elle rentre à la maison, après ses cours, le salon est souvent le lieu de
rencontre entre mathématiciens, physiciens, chimistes.
Et certains de ces mathématiciens sont d'origine russe.
Un pays qui paraît encore bien lointain pour Claudine.
J'avais l'école mathématique russe, c'est une des meilleures au monde.
Donc ils sont très très bons.
Ils sont invités à Princeton, ils sont invités.
Et on les voit à la maison.
Ils nous racontent les dictatures.
Ils nous racontent ce dont ils souffrent.
C'est-à-dire qu'ils n'ont pas de nouvelles, ils ne savent pas ce qui se passe dans le monde.
Ils n'ont pas accès à la littérature.
On leur apprend des choses très ciblées.
Donc certains aussi ont eu leurs parents qui ont été en camp sous Staline.
Donc si vous voulez, j'entends parler des relations est-au-ouest, des relations entre la France
l'Union européenne, les États-Unis, la Russie et les dictatures communistes.
Je suis passionnée par ça depuis mon enfance.
Ce qui fait que quand je dois choisir la deuxième langue au lycée en France,
quand on était en France, puisque une partie de l'année on était aux États-Unis,
je choisis la langue russe parce que je veux découvrir le monde,
comprendre ce qui se passe à quatre ans.
Et je ne suis pas d'origine russe, personne ne parle russe dans ma famille.
Je savais qu'en choisissant le russe, mes parents, qui souhaitaient me donner la meilleure éducation,
et j'ai eu de la chance, une éducation tout à fait passionnante,
mes parents me disaient que tu vas aller passer tes mois de juillet
et tu disais le russe en Russie sérieusement si tu le fais, tu le fais sérieusement.
Et je voulais déjà devenir diplomate.
C'était mes rêves. Je ne vous dis pas que j'allais y arriver, mais c'était dans mes rêves.
Je savais qu'en choisissant le russe, c'est plus un plaisir.
Je voulais comprendre parce que vous savez qu'en faisant une famille scientifique,
qu'est-ce que font les scientifiques ? Ils veulent comprendre.
Je voulais comprendre l'autre monde derrière le mur de Berlin.
Je veux dire derrière le rideau de verre.
On est vraiment dans la guerre froide.
John Kennedy vient juste d'être assassiné.
Il est assassiné en 1963, et moi je commence le russe en 1964 ou en 1963 même.
Je commence le russe et je commence à aller en Russie en 1964 pendant six, sept ans ou huit ans de suite.
Pour ma génération, les enfants, on n'avait pas beaucoup de référence de femmes.
On avait John Dark et Marie Curie.
Et moi j'avais Simone de Beauvoir dans ma famille.
Mais disons, j'avais John Dark, Simone de Beauvoir et Marie Curie.
Il n'y en avait pas d'autre. On parlait bien sûr des reines de France.
À l'époque, on apprenait très bien l'histoire de France.
Il faut quand même reconnaître ça.
On avait une connaissance de l'histoire de France tout à fait remarquable, un plaisir, vraiment un bonheur.
Mais là-dessus, il y a un événement qui marque ma vie.
C'est le fait qu'il y a d'abord un premier homme russe, Yuriy Gagarin, qui fait le tour de la Terre tout seul.
Dans une capsule, on n'imagine pas, mais à l'époque c'était inconcevable.
Donc il a été un héros tout de suite.
Mais surtout, la force et l'intelligence de la Russie, c'est d'avoir envoyé, juste après, une femme seule autour de la Terre.
Valentina Tereshkova.
Et Valentina Tereshkova.
Bon, ma jeunesse, c'est une star.
C'est une femme très inspirante.
Et il faut dire quand même qu'au même moment, les États-Unis ne vont pas prévoir de femmes astronautes et cosmonautes pendant plus de 20 ans.
Parce que le premier américain qui va tourner autour de la Terre, John Glenn, aux sixiers militaires, va dire que les femmes sont incapables de faire ça.
J.M.S.
L'Ontario, le premier ministre de la Russie, a élevé un grand nombre de personnes.
Il a élevé un grand nombre de personnes.
Alors je m'imprigne de la culture russe d'une manière qui est formidable.
Parce que je me rends en Russie dans le cadre de stages d'échange officiels.
Il ne faut pas rêver.
On est en pleine guerre froide.
Je ne pouvais pas partir comme ça avec un balluchon en Russie.
Je pars dans le cadre des relations frances urses.
Parce qu'on l'appelait l'URSS à l'époque.
C'est naturellement orienté.
Mais en fait, on fait quatre à six heures de cours de Russe dans des universités tous les matins.
Ensuite, on va à la campagne où on rencontre des Russes.
Tout est très orchestré bien évidemment.
Mais en même temps, j'ai les adresses et les numéros de téléphone.
Ce qui était très difficile à obtenir à l'époque.
Parce qu'il n'y a pas de bulletin, il n'y a pas de botein, il n'y a rien.
C'est la guerre froide.
J'ai des courriers pour les plus grands mathématiciens russes que mon père m'a donné.
Et donc en réalité, comme mon père avait réussi au début des années 60,
à faire sortir, à faire inviter quelques mathématiciens russes,
à ce qu'ils aient le droit de sortir de Russie,
ils étaient très reconnaissants.
Mon père, c'était le voyage de leur vie à l'ouest.
Donc ils étaient adorables avec moi.
Ils étaient très gentils avec moi, ils m'emmenaient, ils me montraient.
Et là, ils me montraient la réalité.
Ils me montraient comment en réalité, les dirigeants russes
étaient des grands bourgeois qui se protégeaient et les autres n'avaient rien.
Ils m'expliquaient les choses, ils me montraient les choses.
Et on discutait beaucoup.
Et donc ça m'a donné cette passion, je dirais diplomatique, parce que vous savez,
quand on négocie en tant que diplomate, quand on arrive dans un pays,
en réalité, on a déjà eu plein d'informations par l'ambassade.
On arrive dans un pays et on a les gens de l'ambassade
avec qui nous attendent à l'aéroport et qui nous donnent les derniers éléments.
On sent battre le cœur d'un pays quand on est diplomate.
Et bien, grâce à mon modeste niveau d'adolescente,
grâce à ces grands mathématiciens russes,
je sentais battre la Russie.
Je voyais les injustices, je voyais la misère,
je voyais les femmes qui faisaient des heures de queue dans le froid, dans le blizzard.
Et en même temps, il y avait quelque chose de très attachant à l'époque.
C'était le fait que la littérature française était une des littératures traduites en Russie
les plus lues dans toute la Russie.
Parce que quand vous faites des heures de queue dans le froid,
quand vous n'avez pas de transport en commun, quand vous attendez,
vous passez votre temps à attendre quand vous êtes une femme russe à l'époque.
Attendre dans la misère pour avoir un morceau de pain,
pour avoir un morceau de saucisson, parfois pourri.
Pour se construire en tant que lycéenne, ça n'a pas été très facile.
Parce que dans les années 60, mes copines de lycée,
ce qui les intéressait, c'était les acteurs de cinéma.
C'était le beau Alain de Long, il était vraiment la star à l'époque.
Et puis Jean-Paul Belmondo, mais c'était plus Alain de Long,
qui faisait beau gosse.
Elle me considérait déjà que je n'avais pas une vraie mère.
Elle me disait, t'as pas une vraie mère,
parce qu'elle ne vient pas te chercher à la sortie du lycée.
Et moi, le jour où on ne travaillait pas au milieu de semaine,
à l'époque, je crois que c'était le jeudi,
mais je me souviens plus, c'était soit le mercredi, soit le jeudi.
Mais je crois que c'était plutôt le jeudi dans ma jeunesse.
Enfin, je ne sais plus.
Mais dans ma jeunesse, il y avait un jour aussi où on ne travaillait pas.
Et j'allais au laboratoire de chimie de ma mère à l'école normal supérieure.
J'apportais des livres, on me faisait faire des petites expériences.
Et j'étais très heureuse et très fière de ma mère.
Donc je me sentais déjà un peu différente par rapport aux autres enfants.
Et surtout, j'étais obnubilée à l'idée que j'allais être diplomate,
changer le monde, mener à la justice.
Stop !
Enrique Inzinger de la diplomatie,
peux-tu m'expliquer ce que fait un diplomate ?
Alors, tout d'abord,
Enrique Inzinger était un grand diplomate américain,
après la Seconde Guerre mondiale,
qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 1973,
pour son action dans la résolution de la guerre du Vietnam.
Alors, un diplomate, ce n'est pas un gâteau.
C'est un peu comme un super argent secret de la paix.
Imagine que tu es dans la cour de récréation.
Et que deux de tes copines sont fâchées l'une contre l'autre,
parce qu'elles ne sont pas d'accord sur les règles d'un jeu.
Toi, tu décides d'aider à résoudre le problème en parlant calmement avec chacune,
en écoutant les arguments de chacune,
et en essayant de trouver une solution pour que tes deux copines,
continuent à jouer ensemble.
Et bien, c'est un petit peu le travail d'un diplomate,
mais à une échaîne beaucoup plus grande.
Sa mission est de parler et de négocier
avec les représentants des autres pays pour s'entendre sur des choses très importantes,
comme la paix, le commerce, l'environnement et bien d'autres sujets.
Il doit être très bon pour écouter,
comprendre les différences entre les cultures,
et trouver des points d'accord pour que tout le monde puisse bien s'entendre.
J'étais première en russe,
alors toutes les gamines qui faisaient du russe,
elles étaient russes.
C'est-à-dire, elles étaient d'origine russe-blanche,
et elles parlaient russe à la maison quand elles rentraient.
Moi, personne ne parlait russe.
J'apprenais les livres par cœur de russe
pour pouvoir tenir le niveau, quoi, essayer de tenir le niveau.
Mais du coup, je me passionnais pour les relations Estouestes.
Et comme mes parents ont disait le monde à la maison,
depuis mon enfance, j'ai commencé à lire le monde très jeune,
et j'ai emblété mes parents,
adolescentes, mes pauvres parents,
ils ont beaucoup supporté mon sérieux.
Parce qu'on dit « Nain, mon père avait beaucoup d'humour,
ma mère avait des histoires à raconter, on se racontait chacun,
et puis russe, comment je cassais l'ambiance ? »
Je suis fille unique.
Je cassais l'ambiance, je disais.
Oui, mais enfin, est-ce que vous vous rendez compte à 15 ans ?
Est-ce que vous vous rendez compte quand même
de ce qui s'est passé au Kremlin avant-hier ?
Et alors, ils se regardaient tous les deux avec un petit clin d'œil.
Je me suis prise très au sérieux, mais je faisais quand même d'autres choses.
C'est-à-dire que j'ai fait énormément de sport.
Parce que mes parents, c'était comme Marie Curie,
parce que Marie Curie a fait ça, et que c'est fiers.
C'était un esprit saint dans un corps saint.
Donc, j'ai fait de l'acclétisme au stade français,
et puis ma passion, c'était vraiment la danse classique.
C'était la danse classique, et donc j'ai fait de la danse classique,
mais j'étais pas au niveau de faire dans ces étoiles.
Il y avait un cours de danse près de chez nous,
et je l'ai suivi jusqu'à l'âge de 23, 24 ans,
pour vous dire.
Donc, j'ai fait toutes mes années de lycée,
c'était toujours le même professeur.
Donc, on se connaissait bien.
Je veux dire, c'était bon.
Et là, là-dessus, au milieu de la danse classique,
de me prendre au sérieux en lisant le monde,
je me disais, mon anniversaire,
mon cadeau d'anniversaire pour mes 15 ans.
Alors, pour mes 15 ans, mon père m'offre.
Alors, il faut dire pour la jeune génération
qu'à l'époque, des ordinateurs sont de la taille d'une pièce entière.
Les ordinateurs, ce sont des monstres.
Horrible.
Et mon père, lui, en tant que grand mathématicien,
on lui a offert un tout petit ordinateur,
tout petit, relativement petit,
où on peut compter, faire des belles choses et tout.
Et mon père, rentrant de voyage,
m'offre comme cadeau d'anniversaire à une jeune fille de 15 ans,
qui commence à s'habiller,
qui commence à réfléchir à se maquiller.
Vous voyez, c'était pas vraiment le cadeau dont j'avais envie,
mais il m'offre ça.
Il m'offre ce calculateur ultra moderne, etc.
Qui fait que ma mère quand même m'offre elle un cadeau
qui me plaisait beaucoup plus.
Elle m'offre un sac à main dont je rêvais.
Donc, tout allait bien,
je pouvais mettre le petit ordinateur dans le sac à main.
Mais c'est pour dire qu'on en est là.
Et puis, brusquement, mon père me dit,
« Ah oui, oui, oui, mais t'as 15 ans aujourd'hui,
alors j'ai un autre cadeau pour toi ».
Et il me dit, « Viens, on va à la bibliothèque ».
Alors, il y a plusieurs bibliothèques dans l'appartement familial,
beaucoup de livres, bien sûr.
On va dans le salon, il y a une très grande bibliothèque,
et là, il prend dans la belle collection Gallimard,
il prend le deuxième sexe,
les d'automne du deuxième sexe de Simone de Beauvoir.
Et il me dit, « Il faut que tu le lis,
c'est important pour que tu comprennes ce qui t'attend ».
Et je prends mon air d'adolescent de 15 ans
qui se prend très au sérieux,
et je lui dis, « Mais papa,
je sais tout ce qui se passe pour la condition des femmes
avec maman, j'en parle tellement, je sais ça,
mais j'ai pas besoin de le lire le deuxième sexe ».
Et il me dit, « Si, il faut que tu le lis,
car il faut que tu saches ce qui t'attend ».
Vendu, je leur a compris,
« Le deuxième sexe est un livre qui s'adresse aux adultes ».
Mais j'ai quand même demandé à Claudine
comment elle expliquerait son contenu à ta génération.
Et je dirais d'abord,
vous savez, nous sommes toutes et tous des êtres humains,
simplement, nous ne sommes pas construits physiquement,
de la même manière,
je veux dire physiquement,
c'est différent.
Mais psychiquement,
nous sommes des êtres humains
qui avons besoin d'être respectés de la même manière.
L'égalité, c'est vraiment la notion première du monde,
sinon il n'y a pas un monde juste.
Donc c'est vraiment la première chose.
La deuxième, c'est que le monde est encore très difficile
pour les jeunes filles,
parce qu'il y a beaucoup d'apriori contre elles.
Donc je dirais aux jeunes garçons,
votre sœur a besoin de vous,
elle a besoin que vous la souteniez.
C'est malheureusement encore plus difficile pour elle
que pour vous garçons.
Je ne dis pas que c'est facile pour vos garçons,
je ne suis pas en train de dire ça.
Vous aussi, vous subissez des harcèlements, des discriminations,
mais quand même, c'est encore plus dur pour les filles.
Et elles ne peuvent pas vous le dire totalement,
mais quand même, ne l'oubliez pas.
Et moi ce que je trouve formidable,
je vais donner un exemple pour les enfants et pour les jeunes.
J'ai eu 20 ans en 1970,
donc vous vous en doutez,
je n'ai plus 20 ans.
Et bien, depuis que je suis petite fille,
je passe souvent place du trocadéro.
Et place du trocadéro,
vous avez d'abord l'esplanade des droits de l'homme,
avec un grand tâche.
Droit de la femme, on ne sait pas où elles sont,
parce que je vous le dis franchement,
quand j'entends le mot homme,
je ne me sens pas concerné.
Je ne suis pas un homme, je suis une femme.
À côté de l'esplanade des droits de l'homme,
vous avez le musée de l'homme avec un grand tâche.
Alors on vous explique que c'est la référence universelle,
homme veut dire humanité.
Mais je suis désolée,
moi homme veut dire homme,
que je respecte pour être un homme.
Mais quand j'entends le mot homme,
je me sens complètement ignorée, balayée, cachée.
Ce serait tellement simple d'appeler ce musée,
musée de l'humanité.
Il s'agirait simplement de changer un mot,
pour que nous les femmes,
nous puissions être partie prenante.
Je veux simplement vous dire.
Imaginez, j'ai donc passé ma vie entière,
à passer devant le musée de l'homme avec un grand tâche.
Je voudrais que vous imaginez un homme de mon âge,
qui aurait passé sa vie,
à passer devant le musée de la femme,
Place du Trocadéro,
et où nous les femmes, on aurait dit à cet homme,
mais vous savez, la femme,
c'est simplement la référence neutre de l'humanité.
Mais ne vous inquiétez pas,
quand on prononce le mot femme,
on pense aux hommes aussi bien sûr.
Je crois qu'aucun homme n'aurait accepté cela,
et tous les hommes auraient raison de ne pas l'accepter.
Non, je ne veux pas que ce musée s'appelle
Musée de la femme avec un grand têche,
en disant que cela implique les hommes.
Je dis simplement,
le respect commence déjà par l'utilisation du féminin,
du masculin.
Et donc, le mot humanité, pour moi,
c'est un des plus beaux mots de la langue française,
avec le mot liberté.
Donc, très simplement,
appelons le mot Musée de l'homme, Musée de l'humanité.
Eh bien, je vais vous dire quelque chose à vous jeunes.
J'ai réalisé une pétition, il y a un an et demi,
sur ce sujet.
J'ai eu assez peu de signatures,
quasiment aucune signature d'hommes de mon âge.
Par contre, ce sont des jeunes de 20 ans,
un peu plus vieux que vous,
mais de 20 ans,
filles et garçons,
qui ont spontanément signé la pétition.
C'est-à-dire que la génération légèrement plus vieille que vous,
elle a spontanément signé la pétition.
Les hommes en premier.
Par contre, les hommes de ma génération,
il n'y a que mon conjoint qui est signé.
C'est pour dire à quel point
vous avez quelque chose de formidable à vivre.
C'est cette notion d'humanité,
hommes et femmes, confondues,
mais quand on nommait de parler de quelqu'un,
on les fasse de la mémoire
et on lui donne un rôle secondaire.
Les femmes ne sont pas le deuxième sexe.
Les femmes sont l'autre sexe,
ou un des sexes,
et les hommes sont l'autre sexe et un des sexes.
Il faut détruire cette notion de premier et de deuxième,
parce que ça fera une plus belle humanité
et j'ai confiance dans votre génération.
Dès que le livre, le deuxième sexe paraît,
dès que ma mère me mette au monde,
mon père va lire à son tour le deuxième sexe.
Donc c'est pour dire que le rôle des garçons est important.
Quand je vois certaines jeunes féministes qui me disent
« Mais non, Claudine, nous, on s'en sort toute seule »,
je leur dis, on vit en société.
On a des hommes dans notre vie, des hommes que nous aimons
et qui nous aiment aussi.
On n'est pas dans un couvent de femmes
où on n'adresse pas la parole à des hommes, pas du tout.
On n'est pas ça.
Et même les sœurs dans les couvents,
elles d'adresser aussi la parole aux prêtres.
Donc, simplement pour dire,
non, le rôle des hommes est important.
Il ne faut pas le négliger, il faut donc élever les garçons.
Voilà le deuxième épisode du début de la grande histoire
de Claudine Montaille touche à sa fin.
Le prochain épisode s'embarquera en mai 1968
avec une jeune Claudine révoltée à peine majeure
qui découvre la naissance des mouvements féministes.
Et dont la rencontre avec une certaine Simone de Beauvoir
va cimenter son engagement.
Nouvelle serroïne.
Voilà cet à présent l'heure de générique.
Je remercie infiniment Claudine Montaille
pour sa générosité lors de notre échange
et son accueil dans les bureaux de l'UNESCO.
Et bien sûr, la talentueuse Alice Kriaff
du studio Les belles fréquences
pour le montage, le mixage
et la réalisation sonore de cette mini-série.
Pour soutenir le podcast,
par le sang autour de toi et à ton école,
toute cette semaine, et cerise sur le micro,
demande à tes parents, grands frères et grand-sœurs,
de mettre cinq étoiles et un avis
sur les plateformes Apple Podcast et Spotify.
Ça me fera très très plaisir.
Et comme ça, je pourrais te délicasser
une prochaine histoire.
Je compte sur toi.