Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Backmarket, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Backmarket est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, récits d'aventure et de mes aventures en pleine nature.
Une série audio du magazine Leosers.
Attention, le départ est imminent.
Avant ce nouveau départ, nous tenions à vous annoncer l'ouverture des précommandes de notre 13e volume papier.
Cette fois, nous allons vous donner une petite vidéo sur ce nouveau départ.
Nous y traitons la thématique de l'audio et de son rapport au monde extérieur.
Des radio-amateurs rendent honneur qui gravissent des sommets pour passer leurs messages au disque d'or envoyé par la NASA
à destination des civilisations extraterrestres.
En passant d'ailleurs par le podcast Les Baladeurs, le champ est vaste.
Rendez-vous sur le site leosers.com pour en savoir plus et vous procurez les OZers volume 13.
Les frais de port sont offerts jusqu'au 15 juin.
Et maintenant, place à l'épisode.
Porté par la machine qui traverse pour lui les pleines monotones de la taille garruse,
le voyageur observe depuis la fenêtre de son compartiment le paysage défilé.
A grande vitesse, les détails deviennent des formes colorées et distordues.
Il espère trouver en chemin l'inspiration qui l'est venue chercher.
Comme un secret qui s'est transmis au fil des siècles,
de nombreux écrivains voyageurs ont embarqué à bord du trans-sibérien
dans l'espoir de trouver enfin les moments qu'on a leur ouvrage.
En 2015 pourra souvrir son besoin de création.
Le musicien électro-tylasine décide lui aussi de partir sur les rails
qui relie Moscou à Vladivostok sur plus de 9000 km.
Sur le trajet, les bords du lac Baikal deviennent des lieux de tête-à-tête enivrants
et des villages isolés réservent quant à eux de curieux surprises.
Au rythme du train, des escalets dérents en compte.
Tylasine enregistre des sons, capte des ambiances, collecte des bruits,
avant de s'enfermer à nouveau dans sa cabine exigu
pour composer son premier album, Trans-Sibérienne.
Je pense que pour partir et être inspiré et tout,
c'est hyper intéressant d'aller dans un endroit qu'on ne connaît absolument pas.
D'une part, j'y connaissais rien de la Russie.
On a une vision souvent un peu biaisée en Europe d'ailleurs de la Russie.
En plus, j'avais peu d'images à mettre dessus.
J'avais vraiment pas grand-chose.
Ce n'est pas une destination vraiment touristique.
On ne sait pas trop ce qui s'y passe.
On a plein de clichés qui sont véhiculés.
Il y a aussi un peu d'imaginaire.
Mais c'est assez abstrait.
Tout ça, c'était assez important pour moi.
Je voulais me renseigner un minimum sur le trajet,
sur les destinations.
Je voulais juste me renseigner le minimum
pour préparer un peu et aider à ce que le projet se passe bien,
que je ne sois pas bloqué par des problèmes techniques ou autres.
Mais essayer de savoir très peu pour être surpris,
pour avoir cet émerveillement à chaque fois
que je recherche vraiment,
qui est assez important pour le véhiculer dans ma musique derrière.
L'idée, ce qui m'intéressait beaucoup avec le Transipéen,
c'était fixe.
Il y avait un repère géographique,
point A, point B, un repère temporel.
Je partais tel jour, je rentrais tel jour.
L'idée, c'était vraiment de voir
ce qui va se passer pendant cette période-là.
Et ce que je peux rentrer avec un format,
je n'étais même pas sûr de faire un album.
Je n'avais même pas cette ambition.
Je pensais faire un EP.
Je me suis dit, si je fais six morceaux, c'est déjà cool.
Mais voir ce qui se passe pendant toute cette période-là
et de rentrer avec un truc déjà quasiment fini
qui raconte ce périple.
Donc il y avait une notion de carré de voyage
qui n'était pas encore très forte
dans le sens où c'était aussi un rapport assez conceptuel
au train et à me dire, voilà, je pars,
je pars et on voit ce qui se passe.
Donc voilà, la base du projet, c'était ça, en fait.
Quand j'arrive à Moscou, je suis hyper excité.
Du coup, la guerre de Moscou, c'est une grande guerre pré belle
parce que tous les vécu-bâtiments comme ça,
à Moscou, sont quand même assez forts.
Mais après, à l'intérieur, c'est assez classique.
Il n'y a rien de totalement différent, si ce n'est que...
On a pas mal de matos parce que du coup,
il y a une petite équipe vidéo avec moi,
il y a la traductrice russe qui nous accompagne aussi.
Donc on trouve des mecs pour foutre tout le matos sur des chariots.
Des trucs un peu à l'arrache, tu te rends compte que voilà,
tu es plus en Europe aussi, faut aller payer des mecs avec des chariots.
Il y a toujours ce truc en Russie où il faut toujours un petit peu se battre
pour ne pas te faire non plus totalement renaquer.
Et on a cette chance d'avoir cette palina,
cette traductrice qui est géniale et qui en gueule
la moitié des russes qu'on croise, qui est hyper forte
et qui franchement, moi, m'a sauvé le projet
mais a permis de l'emmener vraiment plus loin
que ce qu'il aurait pu être parce qu'on est passé partout.
En fait, le voyage, c'est 9 288 km de Moscou jusqu'à Vladivostok.
On avait 4 arrêtes prévues avec l'arrivée à Vladivostok.
Donc plutôt peu, mais l'idée c'était de faire en gros
2-3 jours de train, 2-3 jours d'arrêt sur place
et ensuite 2-3 jours, voir 3-4 jours de train et de faire des...
C'était un petit peu ça, le rythme gros.
Donc voilà, on arrive dans le train, on monte dans le train,
ce n'est pas un train particulièrement magnifique de l'extérieur,
c'est l'inverse plutôt des vieux trains,
il y a des parties un peu un poil plus moderne, des parties plus anciennes et tout.
Ce n'est pas le rayon de l'expresse comme plein de gens ont en tête
quand je leur parle du train cyberien, ce n'est pas un train luxe.
L'inverse, c'est le train populaire, c'est le train que les gens prennent
quand ils n'ont pas l'argent pour prendre de l'avion.
C'est les gens qui vont aller voir de la famille,
il y a énormément de militaires aussi dans le train,
tous les jeunes militaires qui sont envoyés en Sibérie prennent ce train-là.
Les jeunes, les jeunes qui n'ont pas assez d'argent pour voyager,
pour aller à Moscou dans la grande ville, des choses comme ça.
Donc ce n'est vraiment pas un train luxueux plutôt étroit.
Notre premier contact, c'est cette Prophedonista qui nous accueille,
qui va être notre tautesse dans le train, c'est assez typique.
Donc voilà, je rentre, en gros, le train est divisé en trois classes.
La troisième classe qui est un énorme dortoir tout ouvert.
En général, ça sent bien fort.
Les gens juste glanent sur leur lit à attendre, ils jouent aux cartes,
des fois, il y a un peu de musique, il y a des chants,
et tout, c'est très vivant.
C'est un peu l'atmosphère du transsibérien qu'on entend parler souvent,
c'est ce truc-là.
C'est une odeur forte, une vraie vie, des mixités culturelles
et d'origine aussi.
Et ensuite, tu as seconde et première classe,
qui sont des petits compartiments.
La seule différence, c'est qu'en seconde classe,
tu as quatre lits dans ce compartiment,
et en première classe, tu en as deux.
En gros, c'est juste des petits compartiments
avec deux espaces de lits et une porte qui se ferme.
Donc moi, évidemment, je suis en deuxième classe
parce que j'ai besoin de m'étendre un petit peu avec une machine et tout.
Je pose mes bagages, je me défends un petit peu de mes affaires et tout,
et il y a juste deux petits lits, en fait,
avec une micro table au bord de fenêtre.
Donc franchement, c'est parfait pour moi.
J'ai un lit qui sert à étaler tout le matériel que j'ai,
un gros clavier, un clavier midi qui me sert à tout faire.
Je fais les rythmiques là-dessus,
toutes les mélodies, toutes les nables,
tous les trucs que je passe par là.
J'ai des petites boîtes à rythme.
J'ai une MPC que j'ai pris avec moi
si j'ai besoin de vraiment s'en plait,
de la jouer plutôt à l'ancienne et tout.
Donc voilà, j'ai pas énormément de choses, honnêtement.
L'idée, c'était pas de s'encombrer.
Je savais que je n'allais pas pouvoir brancher à quatre synthés en même temps
et donc de partir un peu léger
parce qu'évidemment, on a prévu aussi de s'arrêter dans des endroits.
Donc voilà, plutôt léger, pas grand chose.
Franchement, à l'époque, j'avais pas beaucoup de thunes non plus.
J'avais pris l'habitude de bosser avec très peu de choses.
Le clavier midi étant le centre du truc,
tout se passe beaucoup dans leur dit
et surtout, les micros qui me permettent d'aller enregistrer toute la matière première.
Et voilà, je m'étale un petit peu,
je m'installe comme ça
et là, il y a une prise pour tout le wagon.
Il y a la coup de bol de ouf.
J'ai un peu prévu plus ou moins le truc.
Donc j'ai une énorme rallonge et j'ai une multiprise.
Et en fait, du coup, je suis au milieu du wagon
et dès que je l'installe, je sors une grosse rallonge
qui traverse tout le wagon
et qui va se brancher au début du wagon
avec la seule prise où tout le monde se bat
pour aller charger son téléphone.
Et donc je fous une multiprise directement
parce que sinon, je sais que je vais me faire dégager.
D'ailleurs, au début, j'ai juste mis la rallonge comme ça
et ça a duré 5 minutes.
Quelqu'un qui m'attache pour charger un téléphone.
On va foutre une multiprise là
et puis les gens, ils seront contents.
Mais je me branche là
et c'est un courant pas très puissant.
C'est-à-dire que ça m'est arrivé pas mal de fois
depuis avoir de jus.
C'est très léger.
Ça permet de faire tourner un ordi et tout
mais c'est pas violent comme électricité.
Mais je suis content d'avoir ma rallonge
suffisamment longue
et au moins j'ai l'électricité qui arrive dans la petite cabine.
Donc là, je me pose
et dès que je me pose, je commence à composer direct.
Et puis la nuit arrive et du coup, moi, j'arrête.
J'arrête pas de composer.
Au fur et à mesure du voyage,
je vais adorer de plus en plus composer la nuit
parce qu'en fait la nuit,
il y a une ambiance géniale.
Moi, je suis parti, c'était plutôt le printemps.
Les nuits sont très courtes.
On est en train de faire des tournées.
On est quand même assez haut dans l'hémisphère.
À 4h du matin, il fait jour.
Et les ambiances au milieu de la taille,
de pleine nuit, sont magnifiques.
La brume le matin et tout.
Je crois que je râte quasiment aucun levier de soleil.
Je compose toutes les nuits
parce que je suis tranquillé.
Je me sens hyper bien.
J'ai l'habitude de composer le soir déjà chez moi.
J'aime bien ce rythme-là,
cette espèce d'ambiance où tout est éteint.
Tu te sens hyper libre.
C'est aussi un moment donné
où tu te sens un peu plus enfermé.
Ils éteignent les lumières.
Tu as pu les lumières dans les couloirs.
J'ai une sorte de petite lumière de chevet.
En plus,
c'est la tombe de la nuit où les jours se lèvent.
Son regard est hyper attiré vers l'extérieur.
T'es transporté,
tu as le roulis du train.
Tu as toujours une sorte de petit balancement.
J'étais tout seul.
J'ai mon clavier, mon ordi,
mon casque déçu.
Des fois, je me fais des petites pauses où je m'allonge.
J'écoute ce que j'ai fait sur ma petite enceinte
ou sur l'ordi,
mais en laissant sur la table.
Je m'allonge.
C'est d'avoir du recul sur ce que je fais.
Je regarde juste le paysage qui défie à ma droite.
Je ne sais pas trop ce qui se passe
le reste du temps.
Après, j'en ai plein la tête.
Je suis une pause et je traverse le train.
Je n'ai pas réveillé la troisième classe,
mais j'essaie de
décourdire un peu les gens.
Tout est noir, tout le monde dort.
J'avoue que j'aurais pu faire un morceau
sur différents rouflements qui étaient dans le train.
Ça n'avait pas pu à l'esprit à cette époque-là.
Tu te balades un peu seul.
C'est hyper beau.
C'est le moment que je préfère le lever du jour
avec plein de jeux de lumière qui traversent
toutes les fenêtres.
Il y a toujours des espèces de giver-rido
de grand-mère sur toutes les fenêtres du train.
T'as la lumière qui traverse tout ça.
T'as pas grand monde.
T'as une espèce d'ambiance un peu poussiéreuse,
un peu sale,
le gros samovar qui fume.
C'est chouette qu'il y a une ambiance
très confinée, quel feu-trait
qui grince un peu de partout.
C'est assez fort.
La première nuit dans le train
où clairement je n'aurai absolument pas,
je vois en plus un arrêt au milieu de la nuit
un mec couillir entre des wagons
avec une sorte de collier brillant.
C'est tout match, c'est juste le cliché.
Vous avez du transcibériant,
des espèces d'énigmes.
Je vois vraiment un mec couillir
avec un truc brillant
comme une sorte de collier en diamant.
Il y a pas mal de trafic
autour du transcibériant
sur les petits arrêts.
J'ai l'impression d'avoir un peu halluciné,
mais je crois pas.
Ce truc-là, je continue.
Le premier morceau que je commence à...
où je me laisse totalement embarquer par le morceau
et je construis de As-Ède,
c'est un arrêt dans une petite gare.
Les arrêts durent 15-20 minutes dans les gars.
On a une sorte de tableau
qui nous montre tous les arrêts qu'on a par jour.
En général,
une dizaine d'arrêts
dans la journée, des arrêts
des fois très courts,
c'est 5 minutes, des fois 15 minutes.
Je sais pas trop pourquoi,
ça dépend des villes
où ça s'arrête.
Mais du coup, un premier arrêt,
j'ai déjà fait plein d'enregistrement
du bruit du train,
mais là, j'enregistre vraiment
le train qui passe avec son rythme
et tout un autre train qui passe à côté
et qui s'arrête pas.
Et donc, on a ce...
C'est juste, je partage juste de ça,
la rythmique du train
avec tous ces petits grincements,
le truc et tout.
Ce sont ces trucs qui rythment
mes journées, mes nuits
dans le temps cibérien.
Enfin voilà,
le petit lyla, il est tout le temps avec nous.
C'est toujours plus ou moins le même rythme
à part quand on rode,
et marre après un arrêt,
mais c'est toujours ce même rythme.
Donc, j'ai juste cette boucle-là
et je compose mon premier morceau
en partant de ça.
C'est-à-dire qu'il y a...
C'est un point à être avec multi-couches, en fait,
où tout s'ajoute
et tout repart comme ça,
mais le seul truc qui reste
et qui début jusqu'à la fin,
c'est le bruit du train, en fait.
Ce sera le premier morceau
qui s'appelle Choyne,
un train en français,
qui est vraiment
le premier contact avec
avec ce que le commotive.
...
Tous les matins,
il y a la Prove de Nista,
qui vient très vite
avec toute sa tendresse ruse
et qui ouvre la porte
et qui veut à tout prix
passer l'aspirateur
dans les 2 mètres carrés
de moquettes
qui séparent les deux lits.
Donc, il m'a rêvé tous les matins
à pousser mes affaires
à vouloir absolument passer l'aspirateur
parce que je pense que c'est vraiment
le rôle qu'il doit accomplir
et à servir du thé,
il y a un énorme samovar
avec du thé russe
qu'on te sert tous les matins.
Donc, je suis réveillé comme ça
tous les matins vers 8h
avec un thé russe
et un aspirateur
et puis en général
je me rendors un petit peu après
parce que je me suis couché
qu'il y a seulement quelques heures.
...
Au bout de quelques jours,
ça commence à être
de la Taiga,
donc là, de la forêt,
sans fin, quoi.
Il est vraiment
à perte de vue, quoi.
C'est-à-dire que moi,
ce qui m'a choqué,
c'est ça, c'est que des fois,
on pouvait se passer 2 jours
et en 2 jours,
tu vois
2 cabins d'emboît.
En fait,
la monotoniste,
c'est-à-dire le fait
que le train roule tout le temps
à 80 kmh
avec ce paysage un peu
sans fin qui change très peu,
il y a ce truc
où on se perd vraiment
et c'est ce que je cherchais,
moi, en fait, c'est...
En fait, on sait même plus
où on est,
on ne sait plus trop
quelle heure il est de la journée,
si ça fait
2 jours ou 3 jours qu'on est partis
et ça fait un peu
voyage sans fin, quoi.
Premier arrêt
vraiment musical
c'est un casan
qui est une ville
tata,
avec une culture assez intéressante,
mélange de religion
et inspiration assez
turcophone
dans la langue
et donc là,
le contact,
c'est un graffeur
chopé sur Instagram
qui s'appelle Artemi
qui est un grand artemis
un mec de mon âge
hyper cool
donc on sympathise
très rapidement
on devient un bien pote
et on passe
la soirée avec lui
on montre un peu
plein de trucs dans la ville
et tout, c'est cool
et il nous dit
mais en fait
il y a un truc
qui pourrait vous intéresser
c'est...
moi mes parents
ils ont grandi
dans un petit village
paumé au milieu de la Taïga
moi je dis oui direct
je n'ai pas entendu la fin
et il dit ouais
et puis voilà
c'est très typique
du coin
et puis c'est vrai que moi
l'idée c'était pas
de s'arrêter dans des grosses villes
et tout
c'était vraiment pas le but
donc je fais
carrément en bancaut
on file direct
donc le lendemain matin
on le rejoint
on loue un petit van
et tout
et on part
on part là-bas
le village s'appelle
Bello-Besveugnier
et en fait
ce qui me dit pas
c'est qu'entre temps
il a
contacté
une espèce de
chef du village
c'est entre un maire
et un chef du village là-bas
et en fait j'arrive
sur place
et direct il me dit
ah tout le monde t'attend
viens on va dans la salle des fêtes
et là dans la salle des fêtes
t'as
une dizaine de vieilles dames
en habits traditionnels
qui commencent un concert en fait
de chants russes et tatars
et de chants
qu'ils ont toujours appris
et voilà
des chants qui leur font plaisir
donc il y a un peu de tout
des fois il y a une sorte
de battle
c'est hyper chouette à voir
et à un moment donné
t'as une
petite dame
qui est bizarrement habillée
différemment des autres
qui est vraiment
tatar
et qui chante
un morceau tout seul en tatar
donc tout ça
on enregistre
évidemment
tout le concert
et là ce morceau
il est
il est magnifique
moi il me touche
énormément
et je me mets à pleurer
enfin genre j'ai
l'arme qui coule et tout
parce que
d'une part c'était très beau
et en plus c'était
la première rencontre musicale
j'avais réussi mon projet
je suis parti
et là
je n'ai rien demandé
à personne
je sais que je me suis entendu
avec un mec cool
et on m'offre ça
comme ça
c'est magnifique
donc
je m'enregistre
évidemment
je discute
on me raconte que c'est
un classique
de la mélancolie
de ce pays
ou c'est
une dame
qui
qui est seule
et qui voit son fils
partir à la guerre
voilà
un rapport de lettre
comme ça
envoyé à son fils
moi je suis trop content
donc j'ai enregistré ça
je l'ai remercie
on fait des photos ensemble
et tout on passe un moment sympa
et après
on digne
chez ce pote
dans la maison
de l'ancienne maison
la dacha maintenant
de ses parents
qui est dans ce petit village
hyper particulier
un peu
assez pauvre
avec tous les
tuyaux de gaz
hors de terre
il n'y a pas beaucoup d'habitants
c'est vraiment entouré
par la forêt
on se balade un peu
on tombe sur une vieille dame
recouverte de moustiques partout
parce qu'il y avait plein de moustiques
sur la période
et on ne comprend pas
genre des centaines de moustiques
sur les jambes
nous on est en train
de couvert partout
pour essayer de les éviter
et totalement
à l'aise avec ça
bref voilà c'est une ambiance
assez particulière
et il nous invite
à faire
un bâni à russe
une sorte de
sauna russe
avec une petite
différence
et que
en gros le principe
c'est d'être à poil
dans un sauna
et de se faire fouetter
avec des branches de boulot
donc là j'arrive
on se retrouve à poil
d'un coup avec le mec
que j'ai rencontré la veille
et il va dire allonge-toi
et tout
tout à l'heure j'y fais
déjà extrêmement chaud
je suis pas hyper habitué
d'essonner
mais bon je n'ai pas de soucis
avec la chaleur
et là il te sort
une sorte de
bouquet
de branches de
boulot
avec les feuilles et tout
qui trompent dans l'eau
et il commence à te fouetter
tout le dos
il te fouette le cul
il descend comme ça
et en fait à chaque coup de fouet
ça fait une vague de chaleur
qui est hyper dur à supporter
quoi
et il prend un malin
plaisir à me fouetter comme ça
et du coup ça tourne
et je le fouette à son tour
et après tu sors à poil
et tu fumes partout
dehors et tout
donc on passe un moment
assez sympa
et on discute de plein de trucs
de musique
il y a des potes
à eux qui sont là
et on passe
honnêtement une soirée géniale
et on rentre
on rentre le soir même
après ça
parce qu'on a le train
qui repart le lendemain tôt
donc on file
en pleine nuit
on retraverse toute la taiga
moi je repars avec tous ces enregistrements
et toutes ces émotions
à ce moment passées
et là je remonte dans le train
et je suis trop content
je commence direct
à bosser avec la voix
de cette dame en fait
et je commence
à découper un petit peu
et puis voilà
je commence un morceau
avec ça qui s'appelle
Bello Bezzvognier
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Yes, baby
Dans le train du coup les journées sont un peu longs
il n'y a pas grand chose à faire
il y a juste des toilettes
le wagon, le wagon bar
et c'est tout
c'est un ensemble de wagons entre première,
deuxième et troisième classe
donc c'est des gens qui patientent
qui jouent à des jeux de cartes
qui jouent
qui qui dorment, qui sont sur leur téléphone
une sorte de
d'attente globale
le soir ça s'anime un peu plus
dans le wagon bar
je me suis retrouvé à jouer à des jeux
avec des militaires russes
avec du coup
Paulina qui nous traduit
à chaque fois une sorte de jeu où il faut
deviner
ce qu'ils sont en train de mimer
avec une traductrice, c'est fun
donc voilà plein de jeux comme ça
ça finit souvent quand même assez alcoholisé
et d'ailleurs
il y a une soirée comme ça
où on joue longtemps
avec tous ces militaires russes
qui eux sont jeunes, plein d'énergie
et tout
et bien bourrés aussi
et donc on passe pas mal de temps avec
les coups de vodka
avec apporter des toasts à chaque fois
ça c'est très typique russe, apporter des toasts
à tout, apporter des toasts aux trains, la vie de soleil
apporter des toasts à la vie
aux femmes et tout ça
et au bout d'un an
je commence à être
cuit et je m'échappe
de ce tracknard
avec les militaires qui part
en tous les sens, c'est aussi les otesses
qui jouent avec nous
c'est des embouts quand même plutôt sympa
et moi je parle de ça, on l'a donné
je suis un peu bourré, surtout que moi
je bois peu, donc
ça m'atteint assez rapidement
et je m'enferme dans ma petite cabine
et je compose un
morceau qui s'appelle
Piany Pianyne
qui veut dire le piano bourré
et qui est un enchaînement
de plein de petites notes de piano
qui sont jouées par couche par couche
en fait, vraiment couche par couche
qui s'accumule et qui font une sorte de mélodie
assez surprenante
l'idée c'est de
aller à l'encontre du piano classique
où on va demain
et on se balade sur le piano avec demain
moi j'ai
deux doigts en gros mais par contre
j'ajoute plein de couches comme ça
je suis pas du tout un très bon pianiste
donc je me sers de la musique électorie
pour composer des mélodies complexes
donc ce morceau
n'est comme ça d'une soirée
un peu trop alcoolisée
et il prend son nom facilement
avec justement Palinac
où je lui explique le lendemain
le morceau et tout qui me dit
c'est marrant parce qu'en fait
entre piano et bourré
c'est la même
racine en russe
ça donne piani pieni
beaucoup plus loin
plusieurs jours après
on s'arrête à Ierkutsk
qui est la grosse ville
proche du lake Baikal
qui est une ville hyper belle
avec vraiment très dix carénes à voir avec Moscou
que des petites maisons en bois
assez vieilles et tout
on se rend compte que
les choses ont pas été rénovées
jusqu'ici
on est trop loin
dans la construction
on est trop loin dans la Sibérie
c'est un peu
beaucoup plus dans son jus
ça fait moins Disneyland comme la Place Rouge
la lettre qui est repeinte et repeinte
quasiment tous les ans
donc il y a un truc assez fort
c'est assez chouette
on arrive juste là
et puis après on prend un petit van
avec un papi russe
qui nous emmène vers le lake Baikal
où en fait on avait
un contact pour aller voir
un shaman en fait
on part là bas et on sait pas exactement
où il est
sur le périple
on s'arrête des fois
on discute avec des gens
on arrive à le trouver
il vit
il a une sorte de huitour
des petites habitations à côté
on discute un peu avec lui
il sort son costume traditionnel
on part avec lui au bord du lake Baikal
on fait des chants
traditionnels
et on nous raconte aussi son histoire
avec son arrière grand-père
qui était shaman
qui est parti au goulag
et lui qui a une particularité
assez sympa
c'est qu'il a un pouce
fondu en deux à la naissance
donc il a un double pouce
il a six doigts
et son arrière grand-père
qui est parti au goulag avait ça aussi
et c'est la marque des shaman
on raconte tout ça
toujours un peu en chanson
c'est du texte
semi chanté comme ça
moi j'enregistre tout
et on arrive à le convaincre
qui nous emmène sur une cérémonie
qui va faire pour un village le lendemain
qui est beaucoup
de rester à hémonie
comme il en fait assez peu
c'est plutôt un coup de bol
un petit village au bord du lake Baikal
qui veut faire une cérémonie pour avoir plus de poissons
donc on passe la nuit
avec le shaman
on dort dans sa yurte
avec le feu qu'il faut entretenir
toute la nuit on se réveille
on est absolument fumé
mais c'est un beau réveil
du coup il y a une lumière magnifique qui traverse la yurte
et donc là on reprend
on reprend le van
et le shaman est déjà parti lui
donc
il nous a donné l'indication
d'où il faut aller
et on arrive
sur les bords du lake Baikal
avec un village
assez particulier
un peu en bois, mis-jeu
mis avec quelques constructions récentes
mais un village pas très grand
quasiment pas d'arbre
un truc assez désertique
d'une colline on aperçoit
le shaman
il y a pas énormément
de villageois
il y a 4-5 villageois qui participent
à la cérémonie
que des hommes
et des femmes au loin
qui voient la cérémonie
et quelques autres personnes
il y a des enfants aussi un petit peu autour
mais on sent qu'ils ont pas le droit de s'approcher
puis d'un coup
il y a un pickup qui arrive
avec un bouc
accroché à une corde
qui gueule comme un fou
qui sait exactement ce qui va se passer
et du coup
qui serait sacrifié
pour la cérémonie
et qui sera par la suite
bouillé
et sa peau
pour enlever et mis dans le feu
et du coup
l'habit traditionnel du shaman
c'est assez magnifique pour le coup
c'est une énorme
toge bleu
bleu électrique
très fort avec plein de brauderie
il a une sorte de
des colliers
avec des photos de ces ancêtres
nous explique tout le shamanisme
c'est beaucoup la célébration des ancêtres
donc il y a des colliers énormes
avec les photos de sa famille
en fait
un chapeau aussi
assez particulier
qu'on pourrait imaginer comme
des chapeaux anciens
de cavaliers, mongols
il y a une sorte de tambour
en peau
et un bâton en bois
sur lequel il tape
et donc quand il chante
il tape comme ça
juste rythme lancinant
il n'y a rien de musicalement
très compliqué mais voilà
il tape à chaque fois qu'il chante
il a aussi des souliers
complètement fous
qui partent
en pointe
il y a vraiment un habil
assez incroyable
super coloré
super fort
quand on voit ça
tu vois lui qui est assez immense
qui est grand
et gros, qui a une grosse tête
avec son double pouce
là
quand il bouche son pouce
ça fait qu'il coulpouc que ça part dans les deux sens
c'est assez incroyable
c'est une vision un peu folle
puis derrière tu vois le lac Baikal
et voilà c'est
une présence assez
assez puissante
il commence à faire plein de chants
il tourne autour du feu
il faut brûler la peau du bouc
en fait
sur le feu
il jette de la vodka dans le feu
il fait plein de tours
comme ça
on voit ça avec
la distance
on essaie de comprendre tout ce qui se passe
c'est un peu
un peu particulier
et ça sent un peu bon
avec ce feu et tout
j'avoue qu'on a un peu intéressé
à part ce qu'ils ont fait avec ce bouc
et puis il faut un moment
donner un truc
un peu drôle
c'est qu'à la fin de la cérémonie
il a fait une sorte de bateau
en papier
qui met dans le lac
et on comprend que le bateau
est censé partir dans le lac
et qu'il a aussi
une offrande un peu au lac
et une fois que la cérémonie est terminée
on a le droit de descendre
on discutait un petit peu avec eux
et
c'est assez intéressant
j'avoue qu'il y a une partie de moi qui est un peu
il y a
un truc un peu triste
dans le fait que ces villageois
misent tout
et donnent de l'argent
ça leur coûte vraiment
de faire des cérémonies comme ça
ils le font que on disait
une fois tous les 10 ans
donc c'est vraiment rare
et c'est assez triste
de voir des gens qui galèrent
à pêcher, à vivre
de ça et tout
et ils mettent tout leur argent
dans cette cérémonie
donc voilà on passe un peu
de moments avec eux et puis on repart
et puis sur la route
on était venus avec les petites filles
du shaman qui sont à Aikai
et Mandocai
des noms hyper beaux
comme ça et qui sont adorables
qui passent tout le temps
avec moi, courir autour de moi
et tout
qui comprennent rien de ce que je leur raconte
mais on a un rapport hyper chouette
comme ça et sur le retour
ils nous font des chansons
des chansons d'école en fait
que j'enregiste mais parce que
c'est hyper beau, il y a un truc
hyper fort, on est en train de traverser
là où c'est un paysage
super désertique
il n'y a rien
c'est de la sorte de terre
sableuse comme ça
avec pas d'arbre
et ce truc que tu as vers soi
c'est des bouteilles d'alcool
des tas de bouteilles d'alcool
des fois, moitié cramées ou autre comme ça
et des espèces de petites marmotes
qui sortent
leur tête
comme ça de terre
et c'est un paysage
assez particulier
un peu beau, un peu triste
on sent qu'on est vraiment loin
dans la Russie
au milieu de la Sibérie
au milieu de nulle part
et de voir toujours ces bouteilles
de vodka au milieu de ça
ça fait un peu chier
mais voilà, le paysage
la vie est comme ça là-bas
et c'est une vie assez rude
et tu sens que l'alcool a une part quand même important
pour ces villas
donc au milieu de ça
il y a ces petites
filles du shaman
qui chantent dans le van
et moi du coup j'enregistre juste dans le van
donc il y a un son
assez compliqué mais j'arrive à ressortir un truc
et du coup
ça me sert
d'interludre un peu
l'idée, j'avais pas envie de casser
c'était plutôt un moment
qu'il y a plein de moments
comme ça qu'il y a différents se rencontres
différents morceaux
et celui là on fait partie
donc ça lit 2 morceaux
je pose juste quelques accords
dessus pour harmoniser
le truc et les accompagner
mais je les laisse chanter comme ça
on entend un petit peu le bruit du van
et ça me plaît comme ça
c'est un truc qui me fait
de l'air
donc après tout ça je remonte dans le train
et là d'ailleurs c'est le plus gros
la plus grosse portion du train
ce qui me va très bien
il y a 4 jours de train sans sortir
et c'est génial parce que moi j'ai
les enregistrements du shaman
j'ai les enregistrements des filles du shaman
j'ai énormément de matières
et là ça
je me laisse embarquer
là dedans
c'est un peu le dernier
moment de
composition forte pour moi
après 4 jours on arrive à
la diva stock derrière
après c'est fini
et donc là pendant 4 jours
je fais que de la musique
je dors quasiment pas
le dernier jour je me rappelle
c'était 4 jours je compose
à fond pendant 3 jours
et 4ème j'en peux plus
4ème après je suis
je suis crevé je commence à plus
me rendre compte de ce que je fais
je commence à plus savoir
ce qui est bien, ce qui est pas bien
je suis arrivé au bout du truc je crois
ça tombe plutôt bien parce qu'on arrive le lendemain
à la diva stock
quand j'arrive à la diva stock
j'ai un morceau que j'ai fait
à partir du rythme du train
un morceau qui s'appelle Bello Bezvenir
avec le chantateur
j'ai le piano bourré
j'ai un morceau avec le shaman
j'ai une sorte de
petite interlude avec les fituchaman
j'ai un morceau
un peu plus court
mais avec le trio
de polyphonie à aircoach
j'ai le sample
de la castafior
que j'ai un peu travaillé
que j'ai commencé
mais j'ai pas encore le morceau
qui va hyper bien avec
je teste plein de trucs avec ça
mais c'est un peu moins évident
ça va prendre un peu plus de temps
donc j'ai tout ça et puis d'un coup je me dis
ok mais en fait là
c'est bon j'ai un album
j'ai plein de morceaux
j'ai des enregistrements
en plus d'ambiances
d'ambiances de gare
de bruit de partout
je suis plutôt
satisfait
je serais pas plus
beaucoup mieux se fassé que ça
donc je suis vraiment content
et fatigué j'ai hâte de
faire accouter ça
à d'autres personnes
j'ai hâte de faire
quelques jours de studio pour finir
ça finir les petits arrangements
et tout
et quand je rentre
c'est début juin
je crois je rentre début juin
et j'ai sorti l'album en novembre
sachant que
j'ai fini l'album fin août je crois
quand je fais de la musique en général
je l'ai fait aussi pour moi
et je l'avais avant tout pour moi
un truc comme ça qui te permet d'extériver
qui te fait du bien
tout simplement donc
j'ai toujours été dans une posture
où mon but c'est pas de
livrer
d'avoir une intention très précise par rapport
à l'auditeur
mais là
sur ce projet il y avait quand même quelque chose
où il fallait transformer
toute cette matière
et l'idée pour moi c'était juste
de faire
voyager un peu les gens
de leur faire entendre des choses différentes
qui sont pas entendues
et de
raconter des émotions
parce que la plupart du temps
j'avais aucune idée
des paroles de ce qui me racontait
et en fait
tu t'attaches juste au son, tu t'attaches aux émotions
tu t'attaches à ce que toi ça transmet
et après tu essaies de les faire traduire
tu te rends compte que c'était pas
à l'opposé de ce que tu t'imaginais
parce que au final l'émotion parle
déjà d'elle-même
mais en général je me mets pas
d'objectifs très précis là-dessus
parce que notamment ce projet
il a pris une tournure quand même assez différente
de celle que j'avais en tête qui était assez
conceptuelle de voir
comment le transcibérien a inspiré
au final
le transcibérien a inspiré
des choses mais
les gens sur place m'en ont inspiré beaucoup plus
les balladeurs
est une série audio
du magazine leozers
cette 4ème saison
est réalisée par Tom Affir
et Clément Sacar
les morceaux que vous avez entendus
dans cet épisode sont ceux
que Tila signe à composer
pendant son voyage
ils sont issus de son premier album
transcibérien
la musique additionnelle
et le sound design sont l'œuvre
de Nicolas de Ferrand
et l'oreille galiganie s'est occupée du mixage
dans 15 jours
nous quitterons les longues étendues
de la taille garrus pour le vertigineux
massif de Thorest Delpaïné
au Chili dont l'ascension
risque de vous faire perdre pied
à bientôt