Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Backmarket, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Backmarket est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, récits d'aventure et de mes aventures en pleine nature.
Une série audio du magazine Leosers.
Attention, le départ est imminent.
Le Grand Monde
Venir à bout d'un big wall requiert une technique minutieuse et une patience sans faille.
Probablement un grain de folie aussi.
En 1992, une équipe anglaise ouvrait El Regalo de Moeno, une voie d'escalade de 1300 mètres,
tracée sur un immense mur de granite en Patagonie.
Autant dire au bout du monde, là où le vent souffle sans discontinuer.
À l'époque, c'est en escalade artificielle que le sommet avait été atteint.
Une discipline où l'on s'arme de piton, de crochet, d'étrier,
ou encore de poulis pour se tracter et se hisser lentement sur la montagne,
souvent lisse et sans prise possible.
26 ans plus tard, l'idée de retourner grimper cette voie a germé dans la tête d'une nouvelle équipe.
Avec des règles du jeu un peu différentes.
L'objectif cette fois, gravir cette paroi en escalade libre.
Pour progresser, il ne faudra désormais compter que sur ses mains, ses pieds et les prises du rocher.
Le matériel ne servant qu'à s'assurer pour éviter la chute et hisser son campement.
Suspendu dans leur portalège, détente de parois de 2 m2 permettant de bivouacquer à même la falaise,
Nicolas Fabresse, Sean Villanueva et Sib Vanne,
vont passer des journées entières à scruter les failles de la roche, à la recherche de prises minuscules,
leur permettant de libérer cette voie de la tour centrale de Torres del Paine, l'une des plus exigeantes du monde.
La première fois que j'ai grimper sur une structure artificielle,
il y avait une structure artificielle près de Bruxelles.
Il y a un gars qui se pendait dans un toit avec des échelles et tout ça.
C'était Sean et il faisait de l'artif sur un mur extérieur avec des potes.
Il avait tout son matos d'artif qu'il avait construit lui-même, maison.
Je me souviens avoir vu un film.
Qu'est-ce qu'il fous ce mec ? Je ne comprenais pas trop.
Moi, je débutais. Je faisais des traversées sur ce mur.
On s'évite bien de trouver notre goût de l'aventure et de s'entraîner comme des possédés.
Je me souviens qu'on se motivait à faire des séances,
presque toute la journée, à faire des tractions.
Jusqu'au moment, on n'arrivait plus à en faire une.
Souvent, quand on se voyait, c'était pour faire des séances comme ça.
Des séances où on grimpait jusqu'à la mort.
Avec Sean, on avait une première tribe d'escalade ensemble.
C'était quand on avait 17 ans.
On partait en stop de Belgique.
On savait pas où on allait. On allait dans le sud.
Je jouais déjà de la guitare. J'avais pris la guitare avec moi.
On se fait prendre en stop. Le gars va en Alsace.
On a une petite carte avec les sites d'escalade.
On voit un site qui s'appelle le Cronital.
On va grimper là.
Après quelques jours, on fait du stop.
Il y a un gars qui nous emmène à Sou.
On regarde à Sou.
Ça tombe bien. C'est d'un endrome.
Il y a un site d'escalade.
On va là-bas.
On a fait des trips où on partait.
Mais sans savoir où on allait.
On grimpait.
Je crois qu'on n'a même pas de tente.
On dormait dans des grottes.
À la rache.
On aimait bien ça.
C'était ça qui nous plaisait.
On a des petits détails.
C'est le côté aventure.
Hello boys and girls.
Here we are on Regalo de Momo,
Central Tower,
East face of the Central Tower
of Torres del Paine.
Torres del Paine est un parc national au Chili.
Vraiment dans le sud sud de la mer.
En Patagonie.
Le Cap Horn est plus si loin.
C'est assez curieux.
C'est une formation rocheuse.
C'est assez curieux.
C'est un endroit du côté argentin.
Tout est désertique.
En une fois,
il y a quelques aiguilles comme ça qui sortent de nulle part.
Tout les voies à plusieurs centaines de kilomètres.
C'est hallucinant quand tu les vois de loin.
C'est un mirage.
C'est pas possible.
C'est pas des montagnes.
Et puis non, c'est des montagnes.
C'est toute une chaîne assez grande.
Derrière des montagnes plus alpines,
les tours en elles-mêmes,
elles sont vraiment du rocher.
C'est vraiment perdu au milieu de nulle part.
C'est un paysage qu'on n'a pas d'habitude de voir en Europe.
C'est vraiment du côté argentin.
C'est désertique.
Et puis au plus sud-est,
des cales vers l'ouest.
Il y a un peu plus de végétation,
des verres et des arbres.
Mais ils sont tous un peu biscorgnus.
Ils sont tellement abîmés par la force du vent.
C'est vraiment un paysage unique.
Les Thoreselepine, c'est trois tours.
T'as la tour sud, la tour centrale, la tour nord.
Et la voie qu'on grimpe,
c'est le Régalo des Monos.
C'est l'eau milieu.
C'était une voie qui avait été ouverte dans les années 90
par quatre anglais,
donc Paul Preitchard,
c'est le plus connu des quatre.
C'était une ligne vraiment pure dans du rocher,
vraiment verticale.
Et juste la petite fine fissure
qui vient trancher toute la montagne de bas en haut.
Et là on s'était dit, wow,
si ça, ça passe en livre,
ça doit être vraiment génial.
Et on s'est dit, allez, on y va,
on va grimper le Régalo des Monos.
Donc le topo d'origine de ce qui avait fait l'artif,
donc il avait coté la voie A4.
Donc après ce qu'il faut savoir,
A4 c'est presque le niveau maximal en artif,
mais voilà, du coup,
on avait juste ça comme info.
C'était un dessin crifonné à la main.
Ils avaient mis des noms à quelques passages caractéristiques
dans la voie qui déjà donnaient une idée un peu de l'ambiance.
Et voilà, et puis du coup,
en libre, ça s'est traduit
en une voie très soutenue,
dans le 6 et dans le 7.
Et avec deux longueurs en 8.
Pour cet expès, on est partis à 3.
Bon, je suis parti avec Sean
parce que Sean, j'ai plus ou moins été dans toutes mes expés avec lui.
Ça, c'était impossible de partir sans lui.
Et alors, comme troisième personne,
on est parti avec Syb Vané.
Ça, c'est un jeune grimpeur belge qui est très motivé,
un très bon grimpeur,
qui a un passé de compétition aussi,
donc de très haut niveau en escapades sportives.
Et c'est vrai que c'est toujours sympa
d'emmener quelqu'un nouveau dans une expès
parce que, bien,
je ne m'amène de rien en une expès,
tu te connectes avec une personne d'une manière ultra profonde.
Et ça, c'est chouette aussi, quoi.
Ça crée des liens vraiment profonds.
Et donc voilà, on s'est retrouvé...
On s'est retrouvé à Buenos Aires.
Et de Buenos Aires, on a pris un autre avion vers El Calafate,
et puis on est allés autoriser le bainé.
Et en fait, c'était marrant parce que,
on a tellement l'habitude de partir ensemble.
Chonnez-moi qu'on est assez rodés, on a le matos.
On fait un peu moins bien les listes de matos que avant,
parce qu'on fait un peu confiance,
on sait plus ou moins qui prend quoi.
Et je me souviens, c'était marrant,
c'est quand on arrive au Therese El Paené,
j'ai demandé à Sean d'aller où, la corde statique,
et lui, il m'a regardé,
ah non, c'est pas de fois qu'il devait l'apprendre.
Et du coup, on avait 200 mètres de corde statique,
ce qui est très peu.
Du coup, oui, là, au niveau organisation,
on n'était pas au top.
Donc, normalement, il idéal,
c'aurait été de prendre au moins 400 mètres de corde statique.
Là, on en avait que 200.
Et en fait, on se balade dans,
pas loin du pied de la face.
Comme par hasard, en fait, on est...
Un jour, on voit un sac qui était coincédéré à un bloc,
et apparemment, c'était des grimpeurs
qui avaient laissé un peu de matériel là.
Et là, en fait, on a découvert dans le sac,
qu'il y avait des cordes.
Le seul truc, c'est qu'on savait pas
s'ils allaient revenir cette année-là.
Du coup, au début, on a imposé d'aller les prendre.
Puis, pour finir,
comme on n'était pas sûr,
on s'est dit, on a quand même les prendre.
On a rencontré les gens plus tard,
et ils étaient bien contents qu'on ait utilisé leurs cordes,
parce qu'ils avaient pas trop l'intention d'y retourner.
Donc, voilà pour les cordes.
Comme matériel vraiment important de cette ascension pour nous,
c'était les portales et donc,
ce sont des tentes qu'on arrive à suspendre en paroi.
Et c'est en même temps,
non seulement, c'est des endroits où on va dormir,
mais c'est aussi nos refuges.
Donc, c'est ça qui nous permet de résister
quand il y a la tempête qui arrive,
et qui fait mauvais,
et qu'il faut pas s'éhanter.
C'est une plateforme que tu montes
avec des tubes que tu viens emboîter l'un dans l'autre,
et avec des systèmes de sangles qui viennent se rattacher
à un point central.
Bon, ça reste du tissu, mais c'est une plateforme,
il faut bien les installer,
parce qu'en Patagonie,
il y a tellement de vent que, en fait,
quand le vent souffle, le portalège,
si tu n'as pas bien accroché vers le bas,
il s'envole.
Même si t'es dedans, le vent ascendant,
en fait, il repousse le portalège vers le haut,
et tu peux vraiment te faire surprendre.
Ça peut vraiment bien te réveiller.
On a commencé à faire des allers-retours
vers le pied de la face,
déjà pour amener du matériel.
Et chaque fois qu'on montait au pied de la face,
en fait, s'il y avait un créneau pour grimper,
on essayait de grimper,
et si on n'avait pas, c'est pas grave,
on laissait un peu de matos, et puis on descendait.
Et voilà, un moment donné,
il y a une demi-journée de beau temps,
et le pied de la face, comment ça a bien se nettoyé,
et là on se dit, c'est une opportunité
pour nous lancer dans la voie.
On s'achant que c'est un peu...
voilà, c'est...
de te lancer dans une navette qui va aller à...
dans l'espace, tu sais pas trop
comment ça va se passer,
mais au moins, à un moment donné,
tu te lances et il faut se lancer, quoi.
Alors nous, on choisit toujours de la même manière
toutes les décisions de nos expés.
Donc on fait un pire papier-ciseau.
Et c'est celui qui gagne et qui commence,
donc qui fait ce pour quoi on a joué.
Donc parfois, tu es content de gagner,
parfois tu aurais préféré perdre,
et après, il faut assumer, quoi.
Et comme ça, du coup,
arriver au pied de la voie, première chose,
on a fait un pire papier-ciseau,
et c'est Cyp qui a gagné,
et il a commencé.
Donc là, quand Cyp termine la première longueur,
donc il a réussi, c'est en tombé,
après, c'est le tour de moi et Sean de grimper.
On grimpe, on avait déjà fixé...
on avait déjà fixé une bonne partie du début de la voie.
Et donc, c'est toi, si on remonte,
mais en y sent les sacs avec nous,
en laissant rien derrière nous,
et on vise une vie qu'on avait repérée du bas
pour qu'on aille de la même manière,
et qu'on avait estimé être un bon endroit
pour poser notre premier camp.
Et donc, le premier jour,
bien, génial, on y arrive, quoi.
On mène notre camp,
et on s'installe en haut des dalles
qui nous amènent au pied du plat principal,
du headwall de la tour centrale.
Donc, la face, elle fait 1 300 mètres
du bas jusqu'en haut.
Alors, c'est quasiment tout le temps
presque la verticale.
La première partie, c'est un socle d'aleux,
et puis tu as, je dirais,
la moitié qui est vraiment verticale,
et même des passages déversants,
dans du rocher vraiment,
du rocher du granite comme ça orange,
mais vraiment lisse,
coupée au couteau avec quelques...
quelques vrais systèmes de fissures,
vraiment bien rectilignes.
Et la partie finale, ça repanche un peu en dalles,
et là, c'est du coup, c'est de l'escalade souvent.
Bon, ça dépend très fort des conditions,
et en Patagonie, ça varie vachement
parfois d'une journée à l'autre,
mais c'est souvent des conditions de mixte en haut,
donc tu commences du rocher,
tu as un peu de glace, tu as un peu de crampon,
tu mets les piollets.
En fait, la météo est ultra changeante
en Patagonie.
Les systèmes météo, ils passent très, très vite.
Alors, ce qui est hallucinant, c'est que parfois,
tu peux avoir des nuits où il fait pas si froid,
des journées où il fait plus froid,
donc en fait, les systèmes météorologiques passent tellement vite
que t'as l'impression que tu peux avoir 4 saisons, 4 fois par jour.
Quand tu parles en paroi comme ça,
tu peux pas tout prévoir.
En fait, tu prévois pour affronter l'inconnu.
C'est un peu ça. T'essayes d'avoir un maximum d'options avec toi,
mais en même temps, tu peux pas prendre toutes les options,
parce que si tu prends toutes les options, tu vas être trop lourd.
Donc c'est toujours un compromis.
Et c'est ça aussi,
l'excitant quand tu grimpes un big wall,
c'est d'être confronté à l'inconnu
et de ne pas pouvoir prévoir.
Tu te t'apptis, on monte
et on fixe les cordes
et ça fait du bien.
Tu sens que tu avances
et c'est d'escalade délicate.
T'es vraiment
sous les pieds en équilibre.
Tu sais pas trop où tu vas.
Tu vois pas trop où tu vas trouver ta prochaine protection.
Tu sens que
il fait froid,
tu as un peu du vent.
Quand le vent souffle,
tu as de la neige qui descend de la face.
Tu sais pas ce qui va se passer si tu chutes,
parce que avec toutes ces petites protections,
ça peut vite faire en mode
que chacune pourrait sauter.
Quand tu arrives au relais,
tu as vaincu une longueur comme ça,
tu es bien satisfait.
Ce que je ressens dans cette première partie,
c'est
d'escalade technique,
difficile,
exigeante,
avec un engagement assez élevé.
Et en même temps,
une météo qui est tout le temps en train de florter
avec le fait qu'elle va se refermer
et qu'il faudra vite descendre et aller se protéger
dans les portales.
Du coup, ça rajoute une dimension quand même
où il faut être un peu speed,
parce qu'il y a de la neige où elle est prise,
il y a de la glace dans les fissures.
Tu n'as pas l'option
d'attendre que les conditions soient meilleures,
parce que sinon,
tu pourrais passer un mois dans la paroi
pour les attendre.
En fait,
est-ce qu'elle a des éléments majeurs
que ça te donne quand même une certaine jouissance,
même si elle est de côté difficile et rare ?
On a besoin d'une jam,
d'un recul.
Elle roue très bien.
Elle roue très bien.
Quand je suis arrivé dans le portale,
je me sens très fatigué.
Quand tu crains pour un big wall,
quand tu es bloqué dans un portale,
souvent tu es content le premier jour,
parce que, oui, en big wall,
tu te fatiques quand même vachement,
et ça fait du bien de te reposer.
Mais déjà, après le deuxième jour,
c'est un espace tellement petit
que ça te j'ai envie de repartir.
Dans cette ascension,
on a été bloqués la plupart du temps.
Ça a été un des trucs
les plus difficiles à gérer.
Arriver,
à rester tranquille dans les portales
sans savoir bouger.
Il faut un peu s'organiser.
On utilise pas mal le petit sac
qu'on raccroche et qu'on arrive
à accrocher dans les sangles.
Si on laisse tout au sol,
tu t'en sors plus,
du coup, je ne dois pas accrocher,
un peu s'organiser.
L'avantage,
c'est que tu as tout à porter de main.
Tu as ta nourriture à porter de main,
tu as ton livre,
tu as ma guitare,
et tu es dans ton coco.
Ce qui est génial,
c'est la sensation de
quand tu es dans ton coco
et que tu passes ta tête
et que tu regardes m'en bas,
et que tu as 700 mètres de vie
direct en apprend de là
où tu dors.
Ça me donne une...
C'est vraiment une
perspective de ouf.
3 heures,
4 jours sur la wall.
4 jours sur la wall.
J'étais en train de râler,
on a passé le whole jour,
on a été dans le port de l'Edge,
les livres, la dormir, la méditer.
On n'était pas de l'un à côté de l'autre.
On savait communiquer
pour dire les choses basiques.
Quand la nourriture était prête,
s'il devait m'envoyer un truc,
je lui criais,
et il m'envoyait ce qu'il me fallait.
On avait installé un système de téléphérique,
une petite corde qui passait d'un port de l'Edge
à l'autre pour nous passer les trucs.
Mais la plupart du temps,
j'étais tout seul dans mon port de l'Edge,
dans ma petite bulle.
Si j'étais dans le port de l'Edge,
je faisais mauvais,
j'étais pêché en Patagonie,
quasiment en Caporn,
en Amérique du Sud,
des milliers de kilomètres de chez toi,
au fin fond de l'Argentine.
J'étais pêché
sur une paroi,
en ton petit coco dans la tempête.
C'est quand même pas si mal,
c'est en sens de couchage.
Si tu veux,
je vais même amener des pop-corns,
vu que je me faisais parfois des petits pop-corns,
j'avais ma petite guitare.
Et en fait, c'est un état d'esprit
vraiment
particulier.
J'aurais vraiment,
je crois, du mal à retrouver en la vie
tous les jours,
parce que
t'es complètement déconnecté.
Les jours,
se ressemble pas mal
dans la paroi.
Tous les jours,
on a entre 4
et 6 heures de bouton,
parfois 2 heures de bouton.
Et en fait,
voilà, du coup, on est dans les portales
et je m'atteins,
on se lève le matin dans les portales,
parfois il y a 30 cm de neige
sur le portale, on se dit,
il n'y a pas le choix,
ça va être une journée d'horpôt,
il y a un moyen de grimper,
et puis une demi-heure plus tard,
il y a un petit air, on voit la neige,
il commence à souffler,
puis une demi-heure plus tard,
il fait beau,
et encore une demi-heure plus tard,
on se dit, mais là,
il faut peut-être commencer
à s'activer, j'ai l'impression
qu'il y a moins de grimper.
Et comme ça, du coup,
parfois,
on s'apprête à grimper,
et puis à ce moment-là,
il fait de nouveau au mauvais.
Puis il reneige.
Et en fait, la particularité
d'Horizelpainé,
c'est une face est
dans laquelle on grimpe,
et du coup on va protéger du vent,
mais ça veut dire qu'on ne voit pas
ce qui arrive, ce qui est amené par la météo.
La météo, elle vient toujours de l'ouest,
donc derrière.
Et du coup, ça met à l'esprit
où tu ne peux pas te projeter
dans quelque chose,
dans une action de grimpe,
tu as vécu vraiment
en fonction du moment présent,
tu vois, il fait beau,
le rocher est sec, bon,
maintenant il faut y aller, quoi.
On tente
deux fois de sortir pour grimper,
ça marche pas, la troisième,
ça marche, et du coup,
on monte, sous les coeurs qu'on a fixés,
et on commence à grimper,
et parfois on grimpe
une demi longueur,
et puis il t'empaît de neige qui arrive,
et d'autres jours,
la chance est un peu plus avec nous,
et on arrive à grimper deux,
trois longueurs, mais
l'avantage, c'est que
voilà, chaque jour on arrive à progresser
vers le milieu de la face.
Là, on se pose vraiment des questions
sur le fait
que ça passera, ou ça passera pas en libre,
parce que
le système de fissure
est assez vase,
tu te perds un peu dans un océan
de granite,
et c'est là que, en fait,
le neu du problème
de l'ascension en libre.
C'est la première fois de l'ascension
qu'on se rend compte que peut-être
ça passera pas,
on n'arrivera pas.
Là, c'est une longueur
où le rocher est tout évasé,
un sort d'antonorare,
mais complètement ouvert,
et de là, en fait,
la fissure est complètement fermée
après ça,
et toute fine,
même,
cette fissure, elle ne prend même pas
les protections
des câblés,
il faut mettre des beurres beaks,
des espèces de petits becs en métal,
ça veut dire qu'il y a vraiment plus de fissure,
et c'est en plus à l'endroit
où la face est la purette.
Donc là, on est environ
à 700 mètres du sol,
je dirais,
et vite, en fait,
je me rend compte que tout droit,
ça n'ira pas.
Dans ces conditions-là, maintenant,
je ne vois pas comment on arrivera
à grimper cette partie-là.
Je commence à regarder,
puis il y a Cybe qui regarde,
et puis vite, on
on se dit qu'en fait, peut-être
sur la gauche, il y a quelque chose.
Après, c'est vrai que c'est
une phase verticale,
du rocher vertical, c'est rare,
mais par rapport à des dévers,
on a l'habitude de grimper
en escades sportives.
En fait, quand c'est dans du rocher vertical,
déjà des prises très petites
peuvent faire en sorte
que ça passe,
ou ça ne passe pas en libre.
Du coup, tu dois vraiment porter
un regard très précis au rocher
pour être vraiment sûr que ça ne passe pas
en libre, et en fait,
on passe,
je crois, quatre jours
à explorer
30 mètres de rocher
pour
trouver
finalement une ligne qui passe en libre.
c'est ça qui est magique, parfois,
le temps qu'il faut parfois mettre
pour découvrir
la petite
subtilité qui fait que
ça passe.
Et du coup,
on trouve finalement
une ligne super belle,
une connexion qui donne
sur un système de fissures
très très beau et très soutenu,
avec qui ne se protège qu'avec des petites protections
ultra délicates dans les pieds,
ultra techniques.
Et voilà, du coup, moi ici,
on travaille cette longueur là.
Et en parallèle,
vu que cette longueur là
est vraiment très intense,
en parallèle, on se dit que c'est quand même bien
de continuer à explorer
la suite de la face.
Donc à ce moment-là, en fait,
on a bougé le camp, on l'a mis
juste au-dessus de cette longueur là.
Pour monter l'accord de ces longueurs
très très difficiles,
qu'on a dû explorer,
on a fait usage de l'artif
pour arriver à explorer.
Qu'est-ce que tu dis ? Plus de musique ou seul temps ?
Un peu de musique
pour faire que le temps s'améliore.
Parce qu'il a une neige un peu quand même.
Ok alors.
Oh, moi je voulais dire le temps
pour faire autre chose, là.
Pour ? Pour une surprise.
Au 12ème jour de la sanction,
c'est l'anniversaire de Sean
et du coup,
une petite célébration
d'anniversaire s'impose.
Donc on a sorti
un petit gâteau
et avec la guitare
on a chanté
« Je vois les anniversaires ».
Chaque fois que je suis parti
en Patagonie avec Sean,
on a célébré son anniversaire en paroi.
Du coup, je crois que c'était peut-être
son 4ème ou 5ème
qu'on fête ensemble en paroi, en Patagonie.
Donc fêter l'anniversaire de Sean,
c'est une sorte de rituel et en même temps,
vu qu'on a quand même eu
une référence en anniversaire
et que chaque fois on était en montagne,
on sait maintenant que le 7 février
c'est des journées où ça grimpe bien en Patagonie.
Du coup,
on sait que, voilà,
s'il faut partir en Patagonie,
si on cherche du bon temps
pour aller en montagne,
il faut y aller au moins
dans la période du 7 février
pour en trouver.
Salut Nico !
Allô !
Bien dormi !
Le sommet,
il y a la longueur
je crois 30,
c'est quand même beaucoup plus bas
que le sommet,
où on a la longueur dure.
Dans une logique,
ça aurait été peut-être mieux d'enchaîner
la longueur 13 avant de monter au sommet,
mais là, voilà, vu les conditions climatiques,
il faut qu'on
optimise
parce qu'on a envie de faire le sommet,
donc c'est quand même important
qu'il t'a à faire cette longueur dure plus tard.
Parce que le 15e jour,
on a vraiment
une belle demi-journée,
c'est un peu un miracle.
On a juste la météo
qui nous faut pour arriver au sommet,
et il faut
juste croiser les doigts pour que la météo tienne
pour qu'on arrive
au sommet
et qu'on puisse redescendre.
Et en même temps,
c'est à ce moment-là qu'on s'engage vraiment dans la voie
parce qu'on quitte les cordes fixes
qui sont quand même nos
liens vers nos refuges,
qui sont nos portales Edge.
Et une fois qu'on part,
c'est genre 300 mètres
d'escalade de mixte,
là on a eu
trop exposer parce que si la météo arrive
et nous surprends,
il faut qu'on arrive
à redescendre
jusqu'à nos portales Edge.
Là on ressent vraiment
quand on se détache
de notre lien vers nos refuges
et qu'on part
dans cette dernière partie de la face,
tu sens que tu t'engages
dans la sanction sommet
et c'est
toute une ambiance et
c'est un peu comme si tu retenais ton souffle
jusqu'au moment où t'arrives au sommet
parce que tu ne sais pas ce qui va arriver
du coup quand t'arrives au sommet.
Là on est hyper content.
Voilà de voir la vue
à 360 degrés
c'est un paysage magnifique
tu vois des calottes glacières
derrière, des montagnes
super belles
on ne traîne pas trop
pour redescendre et effectivement
déjà dans les rappels ils recommencent à neiger.
Arrivé au sommet c'est une victoire
mais c'est vrai que c'est pas
c'est pas la victoire
complète
il faut qu'on descende
mais avant de descendre
si on peut au moins essayer
cette longueur dans lequel on a déjà passé
tant de temps
ce serait cool.
Et du coup le 16ème jour
pas de chance on se réveille
la face mais
complètement plâtrée, inège
des duvents
donc impossible
à bouger
à faire quoi que ce soit
17ème jour
pareil.
Et là
ça commence à se poser des questions
parce que quand on a redescendu le 15ème jour
il nous reste un jour de nourriture
est-ce qu'il faut qu'on attend
encore
un bon créneau
pour essayer de la longueur
et des sens, ce qui veut dire
peut-être qu'on a encore à attendre
et qu'on va pas pouvoir essayer cette longueur
rapidement
c'est dit en fait
la température elle ne sent pas si pire que ça
on va pouvoir essayer
cette longueur
du coup Pierre Papier Ciseau
parce que cib il a aussi envie d'essayer
c'est normal il a essayé
la longueur autant que moi
il a autant la
priorité que moi d'essayer
cette longueur
alors il
il essaye, il tombe
et du coup
ça m'entoure
d'essayer
et là j'enchaîne
et
tu sais que
c'est
t'auras pas
t'auras pas 36 chances
d'essayer
c'est possible, c'est la
l'unique chance que tu auras encore pour essayer
cette longueur
ça veut dire que n'importe quel erreur que tu fais
moi si tu tombes au début peut-être tu peux retaper un autre essai
mais si tu tombes à 20 mètres
après avoir fait un essai
ou tu as donné toute ton énergie
t'as des fortes chances
que t'auras plus l'occasion
de retaper un autre essai avant que la météo change
c'est là que je me rends compte que
les 19 jours qu'on a passé
en paroi se jouent maintenant
tout se joue
dans cette longueur
du coup c'est vraiment une grosse pression
et pas facile à gérer
et je crois que j'ai un petit avantage par rapport à
Asip c'est que
mon créneau est un peu meilleur
il fait encore un peu plus chaud que pour lui
je monte dans la longueur
je fais même des erreurs
dans les protections je suis tellement excitée
que je fais des erreurs
à un moment il y a Syb qui est en train de me filmer
qui doit me dire quelle protection je dois mettre
et dans le crooks
je suis vraiment à 2 doigts
de tomber
mais finalement
je sais pas ce qui
se passe mais je
je tombe pas
super
super
quand j'arrive en haut
c'est vraiment
quand j'arrive au relais
c'est une sensation de relâchement
extrême
et de plaisir
en même temps
de l'accomplissement
que je ressens
en tout corps
au bout du compte c'est vraiment
un travail d'équipe dans une paroi comme ça
et si c'est moi qui l'enchaîne
c'est parce que
Sean s'est concentré sur la longueur d'en bas
que Syb m'a donné ses méthodes
à cet endroit là
donc c'est vraiment le
toute l'équipe
qui enchaîne la longueur
c'est pas seulement moi
d'ailleurs il y a eu d'autres longueurs
moi je les ai pas enchaînés
ça a été Syb ou Sean qui l'ont enchaîné
pour moi ça a été la longueur 13
ma longueur dans laquelle j'ai
viennement vibré dans mon escalade
et d'autant plus vibré
parce que c'était le 19ème jour
j'avais mangé l'équivalent d'un jour
de nourriture sur 4 jours donc j'avais plus
de nourriture
19 jours en paroi
j'étais sec de chez sec
et c'était une sorte
ouais c'était une libération
chaque fois que je reviens
d'experts et en particulier
en particulier celle là
tu reviens dans la vie
comme si tu renessais un petit peu
et que tu réabortes
tout avec une nouvelle
nouvelle vue
avec un
peut-être un peu plus de sagesse
ou une autre perspective
du coup moi ça m'apporte
beaucoup dans ma vie tous les jours
je crois que le portaleige
vraiment ça
le portaleige, l'escad big wall
au plus
t'es
dans un environnement
éloigné, extrême
ça te permet de laisser ta vie
en bas et
de faire une sorte de risette
de t'épancer de ta manière
d'approcher
la vie, les choses
t'es en standby
ouais tu te laisses aller
dans des possées plus profondes
c'est vraiment un dire d'esprit
vraiment intéressant je trouve
la jeune recrue du trio belge
cibvané
a retranscrit cette ascension
dans un film baptisé notes from the wall
corréalisé avec Guillaume Lyon
dont vous avez pu entendre
quelques extraits dans ce podcast
on vous invite grandement
à aller y jeter un oeil
les balladeurs est une série audio
du magazine les others
cet épisode a été écrit
et réalisé par Thomas Fierre
et Clément Sacar
la musique originale est signée
Nicolas de Ferrand
et le mixage a été assuré par
l'Origal Egani
on se donne rendez vous dans 2 semaines
pour un prochain épisode
à bientôt