Tu savais toi que quand ça du tête est petit, faisais aussi des bêtises ?
Rien que moi, une bêtise.
Une bêtise.
Une énorme...
Oh !
M'en horte ma voix.
Ça, c'est une grosse bêtise.
Oups !
T'es trop stupide !
C'est pas moi !
Bonjour les copains, je m'appelle Eric Antoine.
Je suis magicien.
Et quand j'étais petit, j'ai fait une grosse bêtise.
J'étais très amoureux.
Une jeune femme qui s'appelait Laurence, qui avait des longs cheveux bruns.
Ah, Laurence !
On était deux jeunes adolescents.
Et je voulais l'impressionner.
Et elle, elle avait une passion pour les fruits de mer.
Les fruits de mer, vous savez, c'est tous les coquillages, les crustacés,
tous ces trucs qui viennent de la mer, qui se mangent d'un certain,
qui ressemblent quand même à des crottes de nez, à la mort,
à des choses absolument immondes et dégoutantes.
Mais ma chérie, mon amoureuse en était fan absolue.
J'adore ça !
Et moi, je voulais l'impressionner.
Et c'était le repas de Noël.
On s'était dit, on va faire un autre Noël à nous deux en amoureux.
J'aime tout mon argent de poche de côté pour lui acheter six huîtres.
Je vais vous en prendre une 2012enne, s'il vous plaît.
Et je me suis rendu compte au moment où les huîtres sont arrivées
sur cette petite table dans ma chambre que j'avais préparée
avec la jolina, avec le petit papier cadeau autour des serviettes,
avec des petites paillettes, le verre en plastique.
Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas ouvrir les huîtres
et que pour ouvrir des huîtres, il faut un couteau spécial,
un couteau à huîtres.
Ah ben ça, c'est embêtant.
J'avais déjà commencé à être magicien depuis quelques années.
Et j'apprenais ce métier.
Ah ben ben voilà !
Du coup, j'ai voulu utiliser mes pouvoirs pour le mal.
Je suis allé au Monoprix du coin, un assez grand Monoprix.
J'habitais dans le 18e à l'époque, à Paris, un quartier très populaire.
Donc il faut dire qu'il y avait des vigiles un petit peu attentifs
parce que ça chouravait, ça volait beaucoup dans le magasin.
Moi qui faisais déjà une très grande taille avec mon long manteau noir,
j'avais verre très suspect, je pense.
Quand je suis arrivé devant cette boutique,
j'avais déjà le cœur qui battait la chamade.
J'étais flippé, je me disais mais comment je vais faire.
Et j'avais pas vraiment l'idée de voler,
j'avais plus l'idée d'aller voir combien ça coutait.
C'était plus genre dix-zeine de francs.
Quoi ? Cinq-en-de-francs pour un couteau ?
Et moi je crois qu'il m'est resté cinq francs.
J'ai passé.
Impossible pour moi d'accéder à ce couteau.
Et sans ce couteau je ne pouvais ouvrir les huîtres,
sans les huîtres je ne pouvais faire de bisous à ma chérie.
Donc j'ai pris dans ma main,
dans une position dite de lampalmage,
pour cacher un objet dans la main, un couteau à vitres,
et que j'ai enfourné dans ma poche,
soit disons discrètement.
Mais j'étais tellement stressé,
je pense que les gouttes transpiraient donc sur mon visage,
que c'était plus un visage, c'était une fontaine,
et que le vigile m'a vu faire.
Halt-la jeune homme !
Monsieur, qu'est-ce que vous avez mis dans votre poche ?
Rien monsieur.
Avec l'appelon absolu du brigand,
de long vol celui qui a beaucoup d'expérience,
j'ai rien mis mais tremblant quand même un petit peu.
Permettez que je regarde.
Ben allez-y fouillez-moi.
Et j'enlève donc mon manteau,
et en enlevant mon manteau je fais une maillot de magiciens,
c'est-à-dire que je l'avais dans la main,
je le sors de la poche,
en enlevant mon manteau je retourne à ma moche,
il reste dans ma main,
et je suis prêt à te gratter un petit peu les fesses.
Je passe le couteau dans ma ceinture à l'arrière,
n'y vu une connue, je t'embrouille,
je geste sous mon pull.
Le vigile fouille mon manteau.
Ouais, ça ira pour cette fois.
Et moralité me remonte mon manteau.
Allez-y monsieur.
Et je sors avec mon larcin.
Le larcin, c'est un vol.
Mais je vous ai à l'œil hein.
Et le soir, grâce à mon couteau à huitres,
j'ouvre ces pauvres huitres,
j'étais super fier d'ouvrir ça à ma chérie.
Je vois les noéles Laurent.
Elle était aussi très très contente.
Hum, des huitres, j'adore ça.
Je révoisais, me regardons,
moi j'étais un petit peu un super héros.
Je lui suis.
Je lui raconte mon histoire,
et là je sens qu'on va s'embrasser.
Notre premier bisou.
Mais pour tout vous dire,
ça se finit pas super bien,
parce qu'elle mange une huitre un peu de travail,
et dans le hoquet.
Et quand je veux l'embrasser,
pour lui et de l'embrasser sur la bouche,
je l'embrasse sur le menton, je le laisse.
Et mon premier baiser
était raté à cause d'une huitre.
Et aujourd'hui,
plus jamais,
je n'utiliserai mon super pouvoir de musicien
pour faire le mal.
Aujourd'hui, je n'utilise que pour faire rire,
pour faire rêver,
pour inspirer.
Allez, raconte-moi encore une bêtise.