Tu savais toi que quand ça du tête est petit, faisais aussi des bêtises ?
Rien que moi, une bêtise.
Une petite.
Une énorme.
Oh !
Non, ordre ma voix.
Ça, c'est une grosse bêtise.
Oups !
T'es trop stupide !
C'est pas moi !
Bonjour, je m'appelle Redouan Injan.
Je suis artiste et quand j'étais petit, j'ai fait une grosse bêtise.
Je devais avoir 11 ans.
J'ai rendu la messe, donc...
en Lorraine, ville très froide, notamment l'hiver.
On se l'est pelle, là !
C'est assez rugueux, un peu de désolation.
Bon, qu'est-ce qu'on fait, là ?
On irait un peu en bas des tours.
J'ai rendu dans un quartier.
C'est un fou !
Pas mal famé, mais disons populaire.
Et arrivé dans le quartier, à un moment, un monsieur, avec des bergers allemands...
Au pied, sultan !
...réputé pour ne pas être très sympathique, voire même...
Vermine !
...l'humide raciste.
Racka, il voit où ?
C'était pas quelqu'un de très bien, Réan.
Vous allez voir.
Il avait deux gros chiens qui a boitier régulièrement.
On avait peur de ces chiens-là,
alors que, généralement, on n'était pas particulièrement peureux des animaux,
mais ces chiens-là, en particulier, nous...
nous effrayaient.
Une fois, il avait giflé un de nos camarades,
il avait mis une paire de claques.
Ah, il fouille !
Parce qu'on jouait au ballon sous le préo,
Vous apprends-moi !
et il estimait que c'était trop bruyant.
C'est fou, celui-là.
Et qu'il était pas content de voir des enfants s'amuser, des enfants heureux.
Et moi, ça m'a fait tellement de peine, ça m'a violenté,
je me suis dit, comment est-ce qu'on peut faire pour se venger ?
Vengeance !
Donc on a imaginé plein de choses.
Je sais !
On va jeter des marrons sur sa voiture,
on va tagger sa porte,
on va mettre un pétard dans sa poitolette.
Et puis, un jour, on m'est venu l'idée de faire une grosse, grosse bêtise.
Je me suis camouflé, en regardant un petit peu son passage.
Leveur, l'individu, part au travail.
18h, rentre chez les 6.
18h15, il va promoucher.
Un jour, je le vois venir en direction de notre quartier,
donc je sais qu'il ne va pas passer pas.
Un passage bien spécifique.
Cachement !
Donc on se cache, on le piste en fait, en dessous.
Derrière les buissons, les voitures, on le piste.
Et puis, on voit qu'il prend le chemin en direction de chez nous.
Alors, on le devance.
Et qu'est-ce qu'on fait ?
Eh bien, on enlève une plaque des couilles.
Un, trois, on lève.
Un, deux, trois.
Un, deux, trois.
Puis on sourit à l'eau qui coule, usée, des toits à lèvres, à l'horreur.
Verde, dégueu !
On place un morceau de carton dessus.
On y va un peu au petit bonheur.
Je me dis peut-être qu'il va marcher dessus, quoi.
Et donc on se cache.
Il arrive.
Shit !
Et puis on le voit avec toute sa méchanceté.
Tout son corps crispé.
Tout le nerveux.
L'ogre, quoi.
On le voit arriver vers nous.
Ça bruit.
Et là, il pose un pied dessus.
On le voit tomber.
On y s'enfonce juste que peut-être un peu avant la ranche.
Mais que d'une jambe.
Et ça fait mal.
Ça fait très mal.
Et nous, on était très contents.
Bien fait.
Et il nous voit.
Et on se dit, mais ça y est, c'est la fin pour nous.
Et bien, encore aujourd'hui, il n'est jamais allé se plaindre à nos parents.
Par contre, j'ai fait ça devant la vitrine du coiffeur
qui nous coiffe notre famille depuis des années.
Alors le coiffeur s'est empressé d'aller le dire à moi.
Ma mère.
Non, mais vous êtes complètement fou.
Qu'est-ce qui vous est passé par la tête ?
Mais vous vous rendez compte qu'il aurait pu se faire mal ?
Tu seras privé de sortie.
Et télé.
Ce que j'ai retenu, c'est que c'est jamais bon de se venger.
Je n'ai jamais recommencé.
Et encore aujourd'hui, j'ai cette image de ce monsieur qui tombe dans le caniveau
parfois qui me...