#46 — La promesse des terres brulées, avec Arnoul Mateo

Durée: 48m18s

Date de sortie: 14/07/2021

Lorsque les feux provoqués par les orages saisonniers dévastent la forêt boréale canadienne, ce sont des milliers de kilomètres carrés qui partent en fumée. Mais lorsque tombe la pluie, la vie se manifeste à nouveau sur ces sols calcinés. Dans les cendres humides poussent des champignons de grande valeur : les morilles de feu.


Pour la deuxième année consécutive, Arnoul Mateo s’est enfoncé dans les Rocheuses canadiennes aux côtés de cueilleurs du monde entier qui viennent tenter l’aventure dans l’espoir de trouver ces précieux champignons et de les revendre à bon prix au bord des routes. L’espoir aussi, pour certains, de reprendre leur vie à 0, à l’abri des regards de la ville et de ses règles de bienséance.


Les Baladeurs est une émission du magazine Les Others, co-réalisée par Thomas Firh et Clémence Hacquart.


La musique originale est signée Nicolas de Ferran. Le mix est l’oeuvre de Laurie Galligani.


La saison 4 des Baladeurs est soutenue par Orange Bank.


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Les baladeurs, récits d'aventure et de mes aventures en pleine nature.
Une série audio du magazine Leosers.
Attention, le départ est imminent.
Avant de commencer, j'ai un petit mot pour vous.
Si vous souhaitez passer plus de temps dans la nature, mais que vous rencontrez quelques obstacles,
comme le manque de temps, d'idées ou d'informations, voire des soucis d'organisation,
on travaille sur un projet qui devrait vous plaire.
Rendez-vous sur le site leosers.com, L-E-S-O-T-H-E-R-S.com, et cliquez sur projet A.
À très vite.
Chaque année, la forêt boreale canadienne devient hostile et lunaire sur des milliers de kilomètres carrés,
détruite par les feux provoqués par les orages saisonniers.
Mais lorsque tombe la pluie, la vie se manifeste à nouveau sur ses sols calcinés.
Dans les cendres humides, poussent des champignons de grande valeur, les morilles de feu.
Depuis des décennies, la promesse de faire fortune résonne dans ce paysage apocalyptique.
En concurrence avec l'homme et la nature, des cueilleurs du monde entier viennent tenter l'aventure au cœur des bois,
portés par l'espoir de trouver ses précieux champignons et de les revendre à bon prix au bord des routes.
L'espoir aussi, pour certains, de reprendre leur vie à zéro, à l'abri des regards de la ville et de ses règles de bienséance.
Pour sa deuxième saison de récolte, Arnoul Mateo s'est enfoncé dans les rocheuses canadiennes
aux environs de Jasper, à la frontière de la Colombie britannique.
Dans ses zones difficiles d'accès, de Valmont à Fraser Lake, il a vécu deux mois à Croupis,
déplaçant son campement au gré des rumeurs, les yeux balayant le paysage à la recherche du trésor.
J'ai beau être un fan de nature. C'est complètement étrange et difficile d'aller dans les bois comme ça,
de façon où est-ce que tu vas et pourquoi et comment.
En plus, c'est l'investissement. Pour aller dans les bois, il faut un 4x4 qui tienne la route,
il faut du matériel de camping de longue durée. Donc si vous ne passez longtemps dans les bois,
il faut une tronçonneuse pour faire ton bois pour machin.
On a un prétexte pour vivre des aventures incroyables, être au coeur de la nature,
vivre une aventure humaine aussi incroyable et vivre plein d'émotions,
des paris qui ne marchent pas, d'autres qui marchent.
Le fait de ne plus avoir d'horreur, par exemple, de ne plus savoir quelle date on est,
si on est mercredi, vendredi, peu importe, d'un seul coup,
on s'extrait de la société complète et on recréait une mini-société.
On n'a plus de contrainte de temps, on fait ce qu'on veut, si on ne veut pas aller travailler.
On ne va pas travailler. Quand on n'a pas beaucoup d'argent, c'est compliqué,
mais les bonnes saisons, on n'est pas obligés.
Il y a cette idéologie de tout laisser derrière soi.
C'est un boulot bizarre. C'est pas très stable, tu ne vas pas gagner forcément de l'argent.
C'est dur, tu vas vivre au milieu des bois pendant 3 mois,
tu vas sentir la fumée, pas prendre de douche.
C'est souvent des gens un peu bariolés, bigarrés avec plein d'espérité,
parfois des traumas, avec des personnalités très fortes.
J'ai l'impression que souvent, quand la vie a un peu tapé dessus,
et quand tu n'as pas forcément beaucoup d'estime de soi,
ou d'amour propre, ou d'amour personnel,
ou de la vie tellement tapé dessus que tu ne te sens pas bien,
la mine ne va rien.
Tu as un truc où tu repars à zéro,
peu importe tes diplômes, peu importe qui te tuer,
tu peux être un bon cueillard de champignon.
Pour plein de gens, ça peut être une occasion de se revaloriser,
de se prouver qu'on est capable, de vivre une aventure.
Et puis aussi, il y a un côté un peu far-west.
Mais il n'y a plus vraiment les règles de la ville.
Les forêts brûlent tous les ans au Canada.
La forêt boréale est adaptée au feu,
et du coup, comme c'est assez sec,
on se rend par contre bien l'intérieur du Canada, c'est quand même assez sec.
Il y a des orages, l'été, et puis ça brûle.
Comme c'est loin de tout, ça brûle sur des assez grandes surfaces en général.
Et en fait, ces morillards poussent après les incendies.
Elles reprennent le terrain derrière, elles poussent, elles peuvent pousser,
ça recouvre vraiment le sol.
Et en fait, on va sur ces zones incendies
qui peuvent être très très loin des routes, très très très reculées en Canada.
Et puis le Canada, c'est vraiment très grand, donc dans la forêt boréale.
Et en fait, on s'en va loin dans les bois, sur des routes forestières,
on rentre dans les feux, dans les forêts incendies,
puis on monte un campement qui peut être mobile ou pas.
Des fois, ça peut rester quelques jours ou alors un mois ou deux.
Et en fait, on fait toute une saison, donc en général, c'est entre mai et juin, souvent.
Et on se balade et on essaie de trouver des morillards.
Et ensuite, il y a toute une sorte d'économie qui se crée autour de ça
avec des acheteurs qui représentent des grosses compagnies,
qui viennent aussi vivre dans les bois avec des grosses caravanes
et qui ont des camps d'achats, en fait,
où on leur vend les morillards le soir en frais, ils pèsent,
et on est payés au kilo, au poids.
Comme je travaille dans la nature, j'aimais tout ce qui était autour de la nature,
même si j'étais vraiment pas que par des champignons du tout.
Et en fait, avant de partir au Canada, je cherchais ce que j'allais faire là-bas.
Et puis en en parlant à ma coloc, j'avais une coloc quand j'étais avec une oeuvre sur l'ote
qui m'avait dit, si jamais tu parles au Canada avec cet on-projet,
j'ai des amis qui sont partis, tu dois aller contacter.
En plus, ils ont accueilli des morilles.
Je pense que ça te plairait.
Tu pars dans les bois pendant un ou deux mois et tout, je me dis, super cool.
Je me suis dit que c'était vraiment le bon moment,
enfin, le bon compromis qu'en fait, passer ma vie dans les bois pendant un long moment,
vivre une aventure, en plus, dépendre un peu de la nature et d'être dans la nature.
Donc c'est comme ça que je me suis retrouvé dans les morilles finalement.
C'est quand même pas mal un prétexte des morilles pour s'externe de la vie.
C'est une vie qu'on pourra jamais créer autrement et qui est un peu...
On va pas se mentir, qui n'est pas une vie très stable et qui durera pas dans le temps.
Enfin, il y en a qui le vivent comme ça.
Mais c'est fatiguant de pas avoir de douche, de pas avoir de la vlinge, de réseau, de rien.
Et c'est un truc aussi que j'ai remarqué, c'est qu'en fait,
on se rend pas compte mais dans la vie de tous les jours, dans notre vie de tous les jours de français,
par exemple, dans vie en ville, moderne, occidentale, on n'est jamais complètement soi-même.
Ce qui est logique, on a des postures à tenir en fonction des autres,
et du coup, on a notre égo qui travaille pour nous et qui nous fait qu'on a une image à remplir.
Donc on va s'habiller bien ou plus ou moins bien en fonction de à quel point vous faites attention à ça.
Alors que là, en fait, tous nos codes sociaux s'évanouissent.
Une fois qu'on arrive dans les bois, on vit en campement, on dort dans une tente.
Donc de quoi t'as l'air, t'en as plus rien à faire ?
Comment t'es habillé ? Forcément, tu remets les mêmes fringues, parce que tu mets ton pantalon de terrain,
tu ne vas pas avoir 35 pantalons pour le terrain, donc tu remets ton pantalon de terrain
qui est déjà plein de terre, de sortes, de machins.
De toute façon, tu es couvert de sortes constantement.
Donc tu te laves une fois de temps en temps dans le lac qui est plein de moustiques,
mais tu ne le fais pas tout le temps parce que de toute façon, c'est relou.
Et tu sens la fumée en plus parce que tu cuisines au feu de bois tous les jours.
Enfin, je veux dire.
Et là, d'un seul coup, je voulais dire, c'est un recette de qui tuer,
puisque tu ne peux plus... On a aussi des postures sociales dans nos sociétés.
Si tu es chirurgien ou si tu es maçon, les gens t'attribuent tout de suite une catégorie sociale
et te mettent vite dans une case et mine de râces.
Ça change la façon de même te tenir dans un groupe.
Et là, tu te retrouves dans les bois, que tu sois chirurgien, que tu es réçu dans les affaires,
que tu sois millionnaire, ou un bûcheron pas important qui t'est.
On n'en a plus rien à foutre. Ça ne se voit pas sur toi, et en plus, on n'en a rien à foutre.
Et puis, il y a cette solidarité d'être dans les bois
qui fait que même s'il y a beaucoup d'animosités dans les mauris, il y a beaucoup de conflits.
Il y a aussi une sorte de... On est dans les mêmes galères, du coup, on discute.
On discute avec n'importe qui, ce qui n'arriverait pas dans la rue,
quand on croise quelqu'un, on dit pas. Alors, comment ça va ta journée, qu'est-ce qu'il faut aujourd'hui ?
Et dans les bois, par contre, on a général apparté. Il y a quelques fous, mais sinon, la plupart,
ça arrête, on discute, on boit de l'eau, il y en a qui fument des joints, enfin, pas importe.
Il y a un truc de sociabilisation qui se fait, on discute de trucs bateaux, de mauris,
on se dit, t'as trouvé quoi ? Ah ouais, là, il y a une pâche, machin,
bon, ça ne donne pas les coins, mais en tout cas, voilà.
Et en fait, ça, ça fait une sorte de remise à niveau de la société,
on se retrouve tous dans le même bateau, tout ça avec la même tronche,
et il n'y a plus de classe sociale, d'origine, de religion qui compte.
On est tous des cuilleurs de champignons, à ce moment-là.
Même si ça a été bien passé l'année avant, on était à 10,
c'était compliqué de gérer toutes les individualités, les égots de chacun,
l'organisation prend beaucoup plus de temps, tout est en cause de cette idée,
là, on part avec un noyau plus petit de 4 que l'heur.
Dans les 4, on a Coco, qui est un français, qui a un peu,
qui a une drôle d'œil de gain avec des grandes restas,
ce n'est pas vraiment ce que t'imagines dans les bois, forcément,
mais il est super expérimenté, il a accueilli des champignons de toute sa vie,
et il a toujours vachement d'énergie, donc c'est un bon élément.
Il y a sa copine, Sophia, qui est de Colombie, qui fait sa première année de mori,
et puis il y a Anna, qui est une amie à moi, qui est de Chec,
et c'est pareil qu'elle est assez à la coule, qui est voyageuse,
et du coup, on est une bonne équipe assez tranquille.
On va dire, une personne complètement débutante,
Anna, qui était peut-être un peu moins expérimentée,
qui avait fait une mois bonne saison l'année d'avant,
et puis Coco, qui est vraiment très expérimentée,
sur les chocolés de champignons, et puis qui a déjà fait une année de mori,
et moi qui a déjà fait une année de mori juste avant.
C'était une saison qui s'annonçait complexe,
parce qu'il y avait eu énormément, énormément de feux,
et du coup, il y avait le choix, en fait,
il y avait le choix entre des dizaines et des dizaines de feux,
des feux gigantesques ou des petits feux,
et en fait, le premier coup de poker,
ça a été de partir sur un petit feu,
pas le plus gros où il allait avoir tout le monde,
sur un petit feu où on n'était pas sûr qu'il y aurait un acheteur,
mais c'était un feu qui était prometteur,
qui était dans les montagnes rocheuses,
vraiment en montagne, super, super accidenté,
et qui avait l'air super bien sur le papier,
ou plutôt bien, et du coup,
on voulait tester la première partie de la saison-là,
donc on est monté, c'était à Vermont,
c'est au nord, c'est assez près de Jasper,
qui est la ville un peu super connue
pour son parc national, les Grizzlies, les Elans, les...
Donc en fait, on savait que ça allait être sauvage,
on était un peu content de ça,
donc on a acheté une vieille voiture,
qui était un Nissan Passfinder, un vieux Passfinder,
et donc on faut imaginer un 4x4,
mais plein à craquer, vraiment, comme un taxi-bros,
parce qu'on avait des barres de toit,
avec un poil à bois, des caisses enroulées dans des baches,
sur le toit, ça fait vraiment hyper bigarré,
on avait tout le matériel d'expédition,
des tronçonneuses, des poils à bois, du bois,
des trucs pour visser, percer, réparer,
nos affaires personnelles, la bouffe pour deux semaines,
donc on part ultra chargé, un peu excité,
et puis on prend la piste forestière,
le soleil se couche, on voit plein d'ours,
donc on sait qu'il y aura beaucoup d'ours,
on voit cinqours, on aura une heure de piste forestière,
on est obligé de contourner de la lanche, de pelleter un peu,
c'est pour ça qu'il faut pas mal de matériel,
parce qu'on sait jamais ce qu'on va voir sur les pistes forestières,
il faut pelleter un peu les avalanches pour laisser passer les voitures,
et puis on arrive dans cette vallée qui brûlait vraiment
du fond de la vallée jusqu'en haut, carbonisé,
c'était un incendie vraiment fort,
et du coup, tout de suite on se dit,
oh là, ça va être un peu plus compliqué qu'on se pensait,
parce qu'il y a une rivière au fond de la vallée,
mais c'est beau, c'est vraiment beau,
mais c'est carbonisé, c'est lunaire,
et du coup, c'est pas mon signe,
parce que quand ça a brûlé un peu partout,
de tous les côtés, et de façon pas homogène,
il reste déjà, c'est plus apaisant,
parce qu'il reste des forêts pas intactes,
et puis on peut jouer avec ça en fonction de la saison,
on sait qu'il y aura des morées plus longtemps,
et que quand elles auront finie d'être dans les parties les plus sèches,
elles seront dans les parties les plus humides,
et là on se dit, oh là là,
ça peut être compliqué, si elles sortent pas dans cet endroit-là,
on est fou, tu vois.
Alors l'écosystème des morées,
tout en bas de la chaîne, c'est le cueilleur,
donc en fait, t'es un peu indépendant,
t'as pas de contrat, c'est rien,
y'a aucun contrat, si tu veux, tu vas dans les bois,
tu ramasses des morées, tu les curies à la fin de la journée,
y'a un acheteur qui est posté au coin de la route,
et il s'est écrit tant de dollars la livre,
tu amènes tes champignons, il les achète,
eux en fonction de, ils font une sorte de tri en fonction de la qualité des morées,
les plus belles, les plus bien fraîches,
qui sont pas trop abîmées, ça dépend du moment de la saison,
ils envoient ça en camion en général,
et ça part pour le marché du frais,
donc ça part ensuite dans les grands centres canadiens,
enfin couverts, puis ensuite ça part vers Toronto, peu importe.
Et l'immense majorité du marché, je pense que c'est les États-Unis,
donc les plus belles, les fraîches, elles sont mis en camion réfugié,
elles sont envoyées pour le marché frais,
et puis y'a une partie les moins belles,
ou celles qui veulent sécher ou à des moments de la saison,
ils les gardent et puis ils les séchent,
et ils les revendent dans le monde entier,
c'est pareil plus tard en saison, ils se font un stock pour l'année,
et puis ils en vendent en Chine, en Europe,
enfin beaucoup de morées qu'on a dans la restée en français,
quand c'est de la morée sèche, c'est de la morée canadienne souvent,
le gros de la chaîne c'est ça, c'est les cueillards,
ça peut être n'importe qui, il va dans les bois,
il va ramasser des morées, il va les vendre
aux vendeurs du coin qui les achètent,
et à la fin de la journée, il y a le camion qui passe,
souvent à la fin de la journée,
il y a le camion qui passe et qui vient les chercher.
Il y a des gens qui peuvent, si ils sont bons,
qui peuvent gagner sur plusieurs mois,
ce qu'ils auraient gagné,
ce qu'ils gagnent pas d'ailleurs,
ça peut leur permettre de passer l'hiver,
de payer les factures,
ou de réparer leurs bagnoles,
donc il y a des gens pour qui c'est un plus gros enjeu,
et ça peut être quand même des grosses sommes,
mais il peut y avoir des grosses sommes en cash en fait,
du coup il y a un peu aussi,
il y en a qui crâment vite en bière, en drogue,
en dôts de choses à la fin,
parce que ça fait beaucoup d'argent d'un coup en cash,
et c'est pas comme un salaire qui tombe tous les mois,
mais par contre il y a une époque dorée,
je pense dans les années 90,
il y avait moins de gens,
le prix de la maurie avait beaucoup descendu,
souvent en bas maintenant,
mais il y a des années où c'était très haut,
et les gens ont bien gagné leur vie,
et il y a cette même histoire avec le matout taqué,
quel champignon du pain,
pas une mushroom en anglais,
et là ça c'était le dorado,
dans les années 80, 90,
des années 70, des années 90,
personne connaissait ça quasiment,
et c'était vraiment la rue vers l'or,
parce que le yen apparemment au Japon était extrêmement élevé,
et les Japonais étaient très très riches à cette époque là,
entre guillemets,
comparativement aux dollars canadiens,
et au Japon c'est un champignon qui est vénéré complètement,
les Japonais et les Coréens ont vite épuisé
leurs ressources de champignons là-bas,
parce qu'ils en avaient,
et dans les années 70,
il y a certains pionniers qui sont rendus compte
qu'on avait beaucoup beaucoup beaucoup,
dans l'ouest du Canada,
sur la côte,
la côte,
et ça a été la rue vers l'or,
et dans ces époques là,
et moi j'ai plein d'anciens qui me disaient,
il y a des gens qui gagneaient,
c'est arrivé que des gens s'arrêtent sur la route,
des voyageurs un peu hippies dans un van,
ils disent,
il y a un acheteur sur le bord de la route avec sa cabane,
on achète des champignons,
ils disent,
c'est quoi comme champignon ?
Le acheteur lui montre,
c'est un truc blanc,
et là le prix c'est un volet,
c'est à 500 balles là-le-livre,
et des inconnus complets
qui connaissaient rien dans le champignon,
partaient dans la forêt,
revenaient et se faisaient 5000 balles en un jour,
il y a vraiment ces histoires là,
et en tout cas c'était une réalité
que des gens pouvaient gagner 20, 30, 40 000 balles
sur une saison,
et à l'époque ça faisait l'argent de l'année, ouais.
Et puis voilà,
la saison commence,
et il y a toujours cette anxiété de dire,
on savait qu'on était un peu tôt de toute façon,
et qu'on va gagner notre vie,
et puis voilà,
on fait la vie sur le campement,
et on attend un peu la pluie
parce qu'on sent que c'est vraiment, vraiment sec,
et déjà après, je pense,
une semaine,
on commence à avoir des tensions,
parce que c'est un peu,
il n'y a qu'une route,
du coup on se retrouve vite
tous au même endroit,
on voit bien que ça ne sort pas beaucoup,
et ça crée un peu des tensions,
et on commence à se dire,
et c'est toujours cette histoire
de partie de poker,
est-ce que ça se trouve,
on est là,
et puis personne n'est là,
et du coup on a une situation privilégiée,
et puis ça va se mettre à pleuvoir,
et puis ça va être hyper bien,
et on va gagner plein d'argent,
on va rembourser nos dettes,
entre guillemets,
et puis on va ramasser plein de morailles,
ça va être super cool,
où on bouge,
on redépend de l'argent,
on retrouve un camp,
ce qui est toujours,
il y a une logistique,
il faut redéplacer le camp,
tour plier,
il faut re-voyager,
c'est beaucoup d'efforts,
donc c'est toujours une décision
qu'il faut vraiment peser,
et puis au bout de deux semaines,
on se dit bon allez hop,
en attendant,
il y avait aussi des problèmes de logistique,
parce que le gars qui nous a acheté les mori,
il ne pouvait pas acheter beaucoup de volumes,
c'était compliqué,
on s'est dit,
il vaut mieux qu'on soit sur un feu,
ou il y a d'autres acheteurs,
comme ça pour tout le monde,
que les gens,
une fois que lui,
il a acheté ses volumes,
on puisse en vendre à d'autres,
on ne soit pas là avec 10 kilos de mori
qu'on ne peut pas vendre,
on ne va pas manger 10 kilos,
et du coup,
on bouge,
et la décision est prise,
en attendant mieux,
parce qu'on a des coups de pocah
un peu,
des meilleurs feux ailleurs,
on se dit, ça pourrait être cool,
en attendant mieux,
on va sur le feu,
où il y a tout le monde,
cette année-là,
c'est un très très très gros feu,
au milieu de l'acronomy britannique,
dans le parti intérieur,
donc pas dans les montagnes,
près de Prinzorge,
qui est une grande ville au nord,
et c'est un feu qui fait 120 000 hectares,
donc c'est des proportions gigantes,
et c'est vraiment,
on n'a pas idée tant qu'on n'a pas conduit dedans,
mais c'est un feu qui est immense,
du coup,
il faut imaginer une carte,
qui a 120 000 hectares,
je ne m'en rends pas compte,
mais c'est plus grand que Paris,
et c'est comme si tu disais,
bah, est-ce qu'on va dans le 11e,
ou dans le 1er arrondissement,
ou nord, au sud, à l'ouest, à l'ouest,
quelle veut aller à l'air bien,
quelle partie à l'air bien,
donc on faut se poser toutes ces questions,
et puis,
en conduisant nous,
on est une voiture qui nous pose des problèmes,
parce qu'elle est vieille,
et qu'elle a une fuite d'huile,
et qu'on a déjà un peu surchauffé,
qu'on a un peu cramé tous les joints,
et que du coup,
on a un peu, genre,
si elle fait 500 km de plus,
elle peut lâcher, quoi.
On a un peu cette tension là aussi,
de savoir que notre voiture,
elle ne va pas aimer
les longs déplacements, quoi.
Et puis, en faisant la route,
le moteur explose, il se met à fumer,
on se met sur le bord de la nationale,
et puis, en fait,
on ouvre le capot,
le radiateur a explosé,
le joint de culasse a explosé.
Donc autant dire que notre voiture
ne vaut plus rien.
Heureusement, les filles,
les vies du groupe,
je dirais pas fondu chat,
mais elles sont là,
vous pouvez nous aider,
et puis, un mec,
et là,
je vais vous aider,
et puis on va vous aider,






et puis, en fait, il appelle,
avec son assurance à lui,
un camion qui vient de nous chercher,
qui nous emmène
à la grosse ville la plus proche,
et là, la galère commence,
parce qu'on a plus de voitures,
on a plus d'argent,
on doit retrouver une voiture,
pas cher, parce qu'on n'a pas de moyens.
On a nul paroi à aller,
puis on se...
la dépaneuse nous dépose
sur un parking de centre commercial,
avec Walmart et des trucs comme ça,
américains, Tim Horton,
des cafés, des McDonald's,
et on...
on n'a pas d'autre choix que de camper
dans un petit buisson,
un petit parterre de fleurs, en fait,
avec des buissons et des arbustres,
il faut qu'on ne voit pas trop notre tente,
parce qu'on n'a plus de voitures,
on a une tonne de matériel,
et on peut pas...
on peut aller nul part, quoi.
Et on est un peu désespérés,
parce qu'on n'a plus d'argent,
et la voiture,
pour finir les galères,
on essaie de trouver des...
la vendre à NK,
c'est une bonne voiture quand même,
c'est un bon 4x4,
qui est très très répandu
en Amérique du Nord,
et du coup, on se dit
qu'on va renturer entre 500 et 1 000 dollars, au moins.
Et le mec, c'est un...
un philo,
il a senti qu'on est piégés, quoi.
Et là,
ah, mais moi,
votre cas, c'est pour rien,
les Nissan, j'aime pas ça,
personne n'en veut, alors que c'est pas vrai,
c'est un super fast finder,
tout le monde a ça.
Si tu l'achètes en tant que...
pour des pièces détachées,
tu en vendras forcément,
et même les sièges en cuir,
rien,
tout a de la valeur dans cette bagnole, quand même.
Et le mec nous en propose 50 balles,
parce qu'il sait qu'on n'a pas de bagnole,
qu'on est bloqués,
qu'il sait qu'on n'a aucun autre choix,
et que de toute façon,
on peut pas aller voir dire,
bah tant pis, on va voir quelqu'un d'autre,
il n'y a personne autre.
Et du coup, je sais que même les sièges,
ils ne vont pas aller plus,
même ce qu'on a dans le réservoir,
ce qu'il reste des sens,
ça vaut plus que ça.
Du coup, on a fait un petit coup,
quand même,
on a attendu,
et puis on n'a pas trouvé d'autres solutions,
donc il a accepté de nous le prendre,
on a pris quand même...
on a récupéré toutes les durées
de tout ce qu'on pouvait sur la bagnole,
on a pris les sens et tout,
on a même récupéré des cuir,
des sièges et tout,
parce qu'on se dit,
bah tiens, tu veux la voiture à 50 dollars,
tu vas la voir.
Et en fait,
comme d'habitude,
dans toutes les galères comme ça,
elles ont mon ami Coco et sa copine,
ils ont un ami qui est dans le sud du Canada,
chez qui ils ont logé,
qui a un vieux un peu biker,
et ils leur dit qu'il a un ami à la Prinzorge,
donc cet ami-là passe nous voir,
il nous amène à 20 bornes de Prinzorge
dans la campagne,
et en fait,
on se retourne dans une ferme,
une belle maison,
au bord d'un marais qui est hyper belle,
avec un mec super gentil, Charlie,
un vieux monsieur retraité,
avec des cheveux longs, super grands,
hyper solaire,
super gentil,
qu'il a, bah,
qui n'a pas de soucis,
reposez-vous,
et en fait,
du coup,
au moins,
on a un endroit où se poser,
on peut chercher une voiture.
Au bout de,
on reste quand même 4-5 jours,
le temps de trouver une voiture
qui est convient,
qui n'est pas trop cher,
on la négocie vachement bas,
un vieux 4-4 Ford,
qui n'est pas idéal,
mais on n'a pas le choix.
Et du coup,
on a tellement cramé,
et c'est un peu le coup du sort,
c'est que, à ce moment-là,
on peut,
nos rêves un peu de,
de feu super éloignés,
avec potentiel en plein de morue,
c'est cool,
parce qu'on a plus d'argent,
du coup,
on peut pas repayer tellement de,
re-voyager super loin,
et reprendre le risque.
Donc en fait,
on retourne dans le feu
qu'on venait de quitter,
en disant,
bon, débarras,
ce feu,
il était trop bizarre,
c'était trop la galère,
on parle des stades,
on est forcé à retourner
dans ce feu-là,
parce qu'il y a 2 heures de route,
et que c'est le plus sûr,
en termes de,
il y a des acheteurs partout,
et l'ironie de l'histoire,
c'est que,
donc,
il y a plusieurs vagues
dans la saison de Maury,
la première,
c'est la Conica,
donc c'est la,
une Maury brune,
un peu classique,
qu'on retrouve en France,
c'est la plus courante,
la plus abondante,
et c'est la première qui pousse.
Et donc celle-là,
on l'a attendu,
on l'a attendu,
on ne trouvait pas,
et l'ironie du sort,
l'espèce de semaine
qu'on a passée
à Prince George la Gallerée,
pendant qu'on était en train de Gallerée,
c'est sorti à fond,
et les gens ont fait des belles récoltes,
et vraiment,
et en fait,
on serait restés,
on aurait sûrement au moins
renfloué un peu nos caisses,
on n'avait pas de choix,
et en fait,
c'est le moment où on était partis
que ça a vraiment sorti.
Et du coup,
on retrouve un vieil acheteur allemand,
Wolf,
qui a un gros grand-père
qui fume de la weed,
qui n'est pas...
Il a un peu de bonheur,
il est un peu piquant,
il se moque un peu des gens,
il a un peu...
Je pense que, comme il est vieux,
il s'en fout un peu de ce qu'on pense de lui,
et il est un peu mauvais,
parfois,
un peu moqueur.
Et puis,
on le connaît,
parce qu'il est quand même sympa,
donc on va se camper avec lui,
histoire d'avoir un acheteur pas loin,
et puis c'est pareil,
en fait,
il y a déjà de nouveau
des choix qui se font,
il est complètement à l'est du feu,
et à l'opposé,
donc c'est presque 1 heure de route,
il y a une vallée
dont on a entendu parler,
qui est normalement super bonne,
mais on est là, bon,
son coin, lui, on le connaît,
c'est pas mal,
et en fait,
on s'installe,
et puis pareil,
les galères continuent,
parce qu'il n'y a pas beaucoup de mori.
Il commence à faire beau,
c'est le mois de juin,
ça va, il n'y a rien qui va,
mais bon,
on se dit quand même qu'on garde l'espoir,
et on repart,
et en fait,
on se rend compte qu'on aurait dû bouger
beaucoup plus tôt
du premier campement en été,
qui était vraiment hyper mal foutu,
parce qu'on s'engage sur des routes,
et on trouve tout de suite,
beaucoup de mori,
et par contre,
encore une fois,
ça ne le sourit pas,
puisqu'en fait,
on est à la transition
entre deux,
deux saisons,
la saison de la conica,
qui est la première moria à arriver,
et puis,
il y a les blondes et les grises,
et en fait,
là, on est un peu entre deux,
donc il n'y a pas encore
beaucoup de blondes et grises,
mais il n'y a plus trop de conica,
et on trouve des patches de conica
hyper belles,
et qui sont toutes pourries,
parce qu'elles sont beaucoup trop belles,
en fait,
elles n'ont pas été ramassées
sans pleine d'eau,
et du coup,
encore une fois,
on dit,
mais c'est incroyable cette saison,
on n'a vraiment pas de chance,
on n'experte pas,
mais on voit ces patches
qu'on a trouvé longtemps après,
qui sont ramassables,
en fait,
ils sont toutes pourries,
donc on ne peut rien en faire.
Et après,
on se dit que,
mine de rien,
on continue
à persévérer,
on tient le bon bout,
on va bien finir par en trouver.
On allait abandonner,
le coin n'était pas si bien,
en fait,
on était partis à gauche de la route,
et on ne trouvait rien
toute la matinée,
et puis,
et puis à ce moment-là,
je dis à mes collègues,
est-ce qu'on n'irait pas,
juste,
on ne sauterait pas
de l'autre côté de la route,
alors que moi,
je ne suis vraiment pas
quelqu'un de persistent d'habitude,
je ne suis pas celui qui va
en remettre une couche vraiment,
je tendance à vraiment dire,
bon allez, c'est bon,
on rentre,
on plie les goles et on rentre,
et là je dis,
on jette 5 minutes,
vraiment, je regarde derrière le buçon,
puis j'envoie une,
deux, trois,
bon allez,
j'en ramasse un peu,
puis je vais plus loin,
10 mètres,
et puis,
là on se dit,
avec,
à ce moment-là,
à Coco, on se dit,
tiens,
il y a une sorte de plateau,
et puis il y a une grosse rupture de pente,
et avec un plateau,
plus bas on dit,
oh là là,
juste en dessous,
et puis il y a une sorte d'excitation,
comme les enfants,
on se dit,
oh là là,
mais il y a peut-être quelque chose là-bas,
et on court vite,
et en fait on descend,
et on,
ça a l'air hyper bien,
super marraquageux,
et en fait,
on tombe sur notre première,
première page,
où là,
il y en a vraiment partout,
de gauche à droite,
on trouve des moiries partout,
c'est pareil,
on est un peu,
en termes de timing,
un tout petit peu tard,
parce qu'elles sont un peu trois,
on restait un peu trop les pieds dans l'eau,
quoi,
il y en a beaucoup de pas mal,
mais on est aussi beaucoup
qu'on peut pas ramasser.
Mais par contre,
on est hyper excités,
parce qu'on a finalement
enfin trouvé
notre première vraie page,
où là,
on se sur une journée,
on gagne notre vie,
c'est sympa,
on en ramasse plein,
et puis ça fait vraiment,
cet aspect,
je pense,
c'est dans nos gènes,
de ramasser des fruits,
de ramasser des trucs,
et d'être stimulés
par la perspective
d'une belle récolte,
et là,
c'est ça,
quand c'est ça,
tout le monde débranche le cerveau,
tout le monde part dans tout les sens,
on s'en ramasse à fond.
Une maurie,
une maurie,
enfin une maurie en général,
ça ressemble à,
ça a un pied blanc,
un peu plein,
et puis en fait,
il y a une sorte
de chapeau
en forme assez conique,
qui a des alvéoles,
c'est plein de petites alvéoles,
ça peut,
c'est vraiment un champignon bizarre,
quand on y pense,
c'est assez unique,
c'est plein de petites alvéoles,
et voilà,
ça fait comme un petit dos,
une petite pyramide
sur le sol,
et des fois,
elle pousse 3 fois,
4, 5 collés ensemble,
comme un cluster de mauris,
et du coup,
elle pousse des fois,
c'est assez marrant,
parce qu'elle pousse en tapis,
elle pousse par ci, par là,
et puis autour des armes,
des fois,
il y en a 15 qui sont tout autour de l'arbre,
donc en fait,
quand on est cueillir,
on cherche ça,
parce que tu poses ton saut
et tu vois cette belle,
cette belle zone,
où il y en a assez,
petite baie,
c'est pas faf, faf, faf, faf,
dans les pleins d'un ton saut,
c'est super cool,
et voilà,
elles sont bien,
plus elles vieillissent,
plus elles grossissent,
et plus les alveroles souffrent,
donc en fait,
il faut arriver au bon moment,
parce qu'il y a cette belle forme
pyramidal
qui peut se voir de loin,
qui en a des vraiment super grosses,
de la taille de la main,
facilement,
mais au Canada,
on essaie de paramasser
celles qui sont un peu moches,
parce qu'en fait,
il y en a tellement sur le sol
que ça sert à rien,
plus autant les laisser se reproduire,
quoi.
Mais par contre,
une fois qu'elles sont un peu vieilles,
les alveroles souffrent de plus en plus,
elles deviennent de plus en plus creuses,
légères,
et du coup,
en termes de qualité gastronomique,
c'est beaucoup moins intéressant,
donc nous,

On a le titre d'un peu,
on est entre 820 000 m,
et il y a des petites montagnes
autour de nous,
vraiment toutes douces,
et en fait,
ce que j'ai détesté dans ce feu-là,
c'est qu'il reste quasiment
plus de bois debout,
en fait,
l'industrie forestière au Canada,
elle est hyper intensive,
et là,
dans ce secteur-là,
je pense que c'est des secteurs
qui sont assez honnores,
pour qu'ils en aient vraiment rien à foutre
de l'impact paysager,
et du coup,
ils ont vraiment



massacré,
vraiment massacré le paysage,
avec des,
il faut imaginer,
c'est lunaire en fait,
quasiment tout autour de la route,
il y a des coups clairs,
des coups à blancs,
qui font 5, 6, 100 hectares,
en fait,
et par-ci par-là,
il y a des pages de forêt
qui restent,
et en fait,
j'ai compris,
j'ai appris plus tard,
à la fin de cette saison,
que cet coin-là,
avait été particulièrement explosé,
parce que
il y avait eu
l'escolite
qui avait ravagé un peu la forêt,
et du coup,
de manière préventive au Canada,
ils en ont un peu profité l'industrie,
pour dire,
ah, on coupe tout avant qu'il soit trop tard,
et du coup,
ils ont explosé leur cota
pour tout couper,
pour être sûr qu'ils perdent pas la valeur,
et là,
dans ce coin-là,
où on est,
on trouve cette première patch,
c'est quand même dans des coins
qu'on ne peut pas mal brûler,
avec,
donc,
pour décrire le paysage,
c'est une sorte de succession
de petites vallées,
qui descendent
avec une rivière en fond de vallon,
et puis une autre vallée,
qui remonte de l'autre côté,
et l'autre côté,
vraiment plus forestier,
mais en fait vachement
moins accessible,
gris entre acides,
les arbres, c'est des tiges,
il ne reste plus rien,
et puis là,
c'est pareil,
c'est des paysages assez désolés,
mais il reste toujours
quelques patches,
un peu préservés,
qu'on ne peut pas forcément brûler,
ou qu'on brûlait qu'un peu,
donc en fait,
il y a encore la hoop des arbres,
il y a encore les aiguilles
pour les conifères,

on a un peu
une sorte de patchwork de tout ça,
une fois éparcie,
une fois qu'il est préservé,
une fois qu'il est complètement carbonisé,
un patchwork qui a été laissé par l'industrie,
et puis beaucoup de trous là-dedans,
c'est un gruyard vraiment morcelé.
Quand on keule et mori,
on a vraiment le nez sur le sol,
et il faut faire attention
au bruit qu'on entend dans la forêt,
il faut rester vigilant,
mais entre la théorie et la pratique,
une fois qu'on est vraiment
dans la cuitette,
on est complètement absorbés,
et puis les gens se perdent beaucoup
au mori, parce qu'on perd tout nos repères,
si on est le nez
sur son pied pendant 1 heure,
on perd nos repères géographiques
complètement,
et je pense que ça déboussait
complètement l'aiguille interne
de notre cerveau.
Et là, on est tous
un peu loin des uns des autres,
et j'entends un nez
en agroniombre,
vraiment un espèce de bruit
culturel de bête,
et dans ta tête,
tu te dis ça peut être
que rinours qui fait ce bruit,
c'est tellement rocailleux,
roc et puissant,
et puis je vois une masse,
une énorme masse
couchée sur le sol à 20 mètres
qu'on n'avait pas vu,
parce que je pense que ça se confondait
parfaitement avec le sol,
et en fait, je vois cette masse
qui se lève sur ses pattes,
et en fait, qui arrive plus
aucune voiture,
et bon, je vais arrêter le suspect,
je me rends vite compte
que ce n'est pas un ours,
c'est un élan,
parce qu'un élan,
il faut imaginer que ça peut faire
2,50 mètres au carreau,
donc c'est gigante,
c'est plus grand qu'un cheval.
En fait, c'est au moins
la taille d'un grand cheval,
et c'est beaucoup plus massif,
et du coup, en fait,
on a cette espèce d'autobus
qui nous fait face à 20 mètres,
et là,
c'est hyper dangereux,
parce qu'en fait,
les gens, quand on pense au Canada,
pensent toujours au danger des ours,
et en fait, les élan,
il y a plus d'attaques d'élan
que d'attaques d'ours statistiquement,
alors qu'ils sont moins mortels,
parce qu'eux, ils n'ont pas de griffes
et de dents,
mais bon, vous avez
une sorte d'autobus
qui vous charge à pleine vitesse,
ça peut vous tuer facilement.
Et en fait, là,
du coup, je vous dis,
à tous mes camarades,
de se regrouper,
regroupez-vous, on se met en retard,
et puis, en fait,
ils commençaient à partir en courant,
et c'est vraiment pas le truc à faire.
C'est vraiment la règle numéro 1
n'importe quel baisse...
Alors,
prenez-l'ence,
il y aura peut-être une moine conséquence,
mais n'importe quel prédateur,
vous êtes face à un prédateur au Canada,
que ce soit un cougar,
un ours, un loup,
ne jamais tournez le dos
et partir en courant,
parce que s'il n'a pas décidé
de vous attaquer,
s'il voit que vous partez en courant,
ils disent, mais en fait, c'est une proie,
c'est un comportement de proie,
il a peur de moi, je ne risque rien,
allez hop, je l'attrape.
Du coup,
vous ne le jamais partez en courant,
et du coup, je dis, regroupez-vous,
parce qu'il y a aussi un effet,
le fait qu'il y ait un groupe,
n'importe quel animal,
ils n'ont pas toujours une très bonne vision.
Du coup, ils voient ça
comme une masse informe, grosse,
et là, ils se disent,
bon, attention, c'est dangereux pour moi,
et en fait,
on a de la chance,
parce que les lents,
elles restent, c'est une mère,
en fait, je m'en rends compte,
parce que je vois
une petite forme en dessous d'elle
de la tendance, parce que
ils ne peuvent pas beaucoup bouger,
quoi.
Et elle n'attaque pas,
elle nous toise,
et puis on se recule tout doucement,
en n'en faisant pas trop de bruit,
du coup, de une voix calme,
on parle et on recule,
et en fait,
une fois qu'on est
à une cinquantaine de mètres,
elle s'en va tranquillement,
en marchant,
et elle a le petit qui la suit,
et là, bon,
c'est clair que ça fait monter le coeur,
on a eu chaud vraiment,
sur ce coin-là,
parce que, là,
on avait toutes les circonstances
réunies pour être chargées, quoi.
Après ça,
on décide de réesporer cette région,
puisqu'en fait, on se dit,
bah, ça a bien marché pour nous,
ça doit être une bonne zone,
du coup, on y retourne,
et on a quelques...
Là,
sur le moment,
on a quelques essais infructueux,
on ne trouve pas beaucoup
plus que ça,
et puis, c'est pareil,
de la même manière,
on pousse un peu les routes forestières,
et on arrive sur un espèce
de drôle de phénomène géologique,
et c'est vraiment super chelou,
on est sur des jaunes plantations
de peintre,
donc c'est pas très favorable,
je pense, au morif,
ça paraît pas très favorable,
c'est des jaunes peintres,
un peu comme dans les Landes,
on peut s'imaginer,
et puis, une sorte de téton,
une grosse...
une petite montagne,
vraiment,
au milieu,
on est sur le plateau,
là,
il y a une rivière juste en bas,
et il y a une sorte de petite montagne,
après, ça a pas l'air,
ça a toujours l'air prêt,
en fait, c'est pentu,
il doit y avoir 200, 300 mètres
de dénivelé,
et on se dit,
bah, allez, on va aller voir
rentrer cette petite montagne,
ça fait toujours un peu chier
quand t'es fatigué,
parce que,
parce que, en fait,
c'est hyper raide,
et qu'il faut la monter,
puis,
puis, en fait,
c'est un peu pareil,
intuition,
cette fois-ci,
la chance nous sourit,
et on monte en haut de cette montagne,
et, paf,
on commence à en trouver pas mal,
et en fait, c'est vachement dur,
parce qu'il fait hyper chaud,
et qu'en plus,
cette partie,
la partie de la montagne,
on est,
la forêt,
vraiment, danse,
mais,
c'est pas encore ce qu'on appelle une pâche,
mais il y a des moiries un peu partout,
quoi,
on cueille régulièrement,
et, par contre,
cette partie,
il y a des endroits brûlés,
et d'autres pas brûlés,
du tout,
donc on est dans des endroits super denses,
avec des sapins,
des épicées,
et du coup,
on a les branches dans la gueule,
des toiles d'araignées,
on suit,
parce qu'en fait,
c'est pas une forêt comme ça,
un peu denses,
quand il fait chaud,
ça garde la chaleur,
la l'humidité,
du coup, il fait super chaud,
il y a plein de moustiques,
on se fait un peu défoncer,
et puis,
justement,
on s'isole un peu,
on part un peu plus loin de coco,
parce qu'on sent qu'on tient quelque chose,
quand on remonte,
on en trouve,
c'est vachement dans les pentes,
et paf,
on voit qu'il y a un peu plus loin,
un endroit qui est complètement brûlé,
et qu'il y a alors,
alors,
on utilise des mots pas mal anglophones,
là-bas,
et en fait,
ça a l'air swampy,
donc swampy,
ça a l'air marraquage, quoi.
Et du coup, là,
c'est là-dessus qu'on a trouvé
des premières bruits,
notre première patch,
swampy,
en haut de la montagne,
il y en a plein ailleurs,
dans la forêt,
ça sent bon, quoi.
Du coup,
on a l'excitation,
parce qu'on sent qu'on a peut-être
quelque chose,
et qu'on a peut-être une patch,
et on arrive en courant,
et paf comme dans un rêve,
finalement,
boum,
il y a des morilles partout, partout,
c'est un espèce de petit marraquage
complètement brûlé,
et en fait,
on voit des tapis de morilles blondes,
énormes,
du coup,
on les ramasse à fond,
on va chercher les filles,
on repart dans l'autre sens,
une fois que nos sauts sont pleins,
parce qu'ils sont pleins hyper vite,
on leur dit,
« ramenez les sauts,
on a trouvé plein de morilles,
hyper excité,
puis on repart en courant,
et là,
on est contents,
parce qu'on refait une belle journée,
on a ramassé
une super belle patch,
on se stressait un peu,
en plus,
parce qu'on venait de croiser
un couple de check
juste en bas de cette petite montagne,
et que l'on avait discuté,
on s'était rafraîchis dans la rivière,
en bas,
on s'était baignés,
on n'avait rien trouvé de l'autre côté de la rivière,
puis on est stressés sur le moment,
parce qu'en fait,
on a vu les checks à midi,
on a parlé avec eux,
et on se dit,
« ça fait chier,
6 points sans cette patch,
pour une fois qu'on a trouvé une patch,
et on a en plus
des gens dessus qui ramassent hyper vite,
et en fait,
finalement,
on les a pas vus,
je sais pas où ils ont été,
mais ils n'ont pas trouvé cette patch-là.
Et du coup,
on est là,
enfin,
la saison se passe beaucoup mieux,
et puis,
mine de l'un,
ça change tout, franchement.
Quand on...
il faut imaginer aussi les retours,
il y a quand même des bons moments
comme ça,
on a le coffre plein de morée,
on sait qu'on a enfin gagné
notre journée,
qu'on a super bien ramassé,
donc tout le monde est rigole,
blague,
et en plus,
on roule sur des pistes forestières,
et là,
c'est là qu'on voit le bon côté des morées,
on roule
en haut des collines,
on a souvent,
là, au juin,
la nuit se couche très tard,
il y a des hyper belles lumières,
il y a le sauté qui se couche,
des belles lumières orangées,
on roule sur une piste,
on voit les montagnes autour,
dans les forêts,
on passe près de rivière,
souvent,
on s'arrête de se baigner
dans la rivière autour,
donc on voit les trucs
qui se baladent dans la rivière,
on se baigne.
C'est vraiment là,
une fois qu'on a fait notre belle journée,
on boit une bière,
on arrive en camp,
mais on est hyper contents,
parce que là,
on profite de la vie,
parce qu'on rentre au camp,
et on est plus stressés,
quand on vend nos morits,
on a gagné notre vie,
et puis on sèche celle qu'on veut sécher chez nous,
et puis en fait,
on pêche détruits,
on boit des bières,
et là,
c'est beaucoup plus agréable.
Quand on rentre au camp,
enfin, la fin de la journée,
en général,
on vend les morits tout de suite,
parce que,
parce que plus il reste longtemps au soleil,
ou on en est connu à l'électérieur,
moins elles sont fraîches,
moins elles sont belles,
déjà elles perdent du poin,
plus ils se mettent de rien.
Quand il fait chaud,
ils t'aiment au poids,
et les morits,
c'est de l'humidité beaucoup,
c'est de l'eau,
et du coup,
si elles sèchent,
elles pèsent deux fois moins lourds,
donc tu perds d'argent.
Et puis,
on vend rapidement,
on en sèche un peu pour nous,
pour en avoir,
pour en ramener en France,
et puis on
les plus moches,
celles qui sont un peu grosses,
un peu
un peu
légèrement trop humides,
ou qui sont un peu moches,
un peu cassées,
on les cuisine parfois.
Alors tous les 2-3 jours,
on se fait nos moulettes,
parce qu'elles n'ont plus tant d'alux,
parce que
les morits, c'est quand même un champignon assez luxueux,
et du coup,
nous, on peut en manger autant qu'on veut.
On n'a pas idée à quel point
c'est difficile physiquement,
à quel point on est cassés,
parce qu'on marche
10 heures
dans des
pierriers,
dans des bois,
on passe sous les troncs,
on marche dans la boue,
on se met les pieds
dans des marécages,
on a les chaussures
pleines de boue,
on se fait exploser
par les moustiques,
constamment,
il faut imaginer que les gens
n'aiment pas les moustiques
sur leur terrasse,
parce qu'il y a 2-3 moustiques,
c'est fatigant.
Nous, on est suivis
par 100, 200 moustiques
par toute la journée,
vous entendez un bourdonnement
constant autour de vous,
il vous pique partout,
même,
vous êtes remplis de mi-piqueurs,
donc en fait,
on vit des émotions
elles plus dures à vivre,
c'est vraiment l'incertitude
de jamais gagner sa vie,
de jamais savoir
si on va trouver des morits,
il y a des saisons plus faciles,
mais
et là, on se dit que
en fait,
il y a des bâts vraiment,
vraiment bas,
et par contre,
du coup,
les émotions sont décuplées,
je pense aussi,
parce qu'on n'a pas,
on est en or de notre vie
de tous les jours,
on est en or des circuits traditionnels
de nos habitudes,
et là,
il y a aussi un sentiment
de liberté de fou,
quand on a gagné sa vie,
en ramassant des champignons,
qu'on a passé sa vie dans la nature,
on a vu des trucs
qui vont nous faire des anecdotes,
et puis on discute
avec les autres cueilleurs,
c'est des moments
complètement hors du temps,
à part
qui existent nul par ailleurs,
en fait, on vit
une vie de liberté,
on est au milieu des bancs,
on est couverts de,
il y a une sorte
de mystique aussi,
on est couverts de poussières,
de cendres,
on a des vieilles chemises canadiennes
éclatées par les ronces,
mais il y a un côté agréable,
avoir passé sa vie dans les bois
à être épuisé,
il y a une bonne fatigue
quand la fatigue physique
elle est précompensée.
Je sais pas, en fait,
c'est notre vie,
ce qui fait que vous avez plus
des histoires de bureaux,
de problèmes, de machins,
vous discutez de mori tout le temps,
et de,
ah, tu viens au camp soir,
et là,
on va faire un feu,
et puis tu te fais ton feu le soir,
tu manges les truites,
ou...
Là, dans ce coup,
quand on galère moins,
et qu'on trouve un peu de mori,
et qu'on arrête de se stresser
pour la météo,
parce que s'il fait sec
pendant un mois,
tu stresses tout le jour,
en disant,
quand est-ce qu'il arrive la pluie,
parce qu'on va jamais ramasser de mori,
et là, enfin,
quand les...
les planètes s'alignent un peu
pour toi,
bah en fait,
c'est toute la pression aussi
accumulée qui redescend,
et là,
c'est vraiment des super moments.
Là, on commence à être
dans la saison,
ils pleurent régulièrement,
les prix sont un tout petit peu remontés,
et en fait,
comme ils pleurent régulièrement,
il y a des mori de façon assez régulière,
on ne fait pas des cartons-cartons,
mais...
mais...
mais ça commence à être mieux,
et du coup, on se dit
qu'on va repartir,
là où on avait vu les lents,
là où on avait trouvé notre première page,
parce que c'était un bon secteur,
et normalement,
les grises et les blondes
doivent être sorties maintenant,
et donc la deuxième volée,
un peu de mori doit arriver,
puis on repart sur le même endroit,
et la même manière,
Banco,
c'est une bonne...
c'est une bonne journée,
on trouve favel de mori
à des secteurs un peu différents,
mais on joue avec les...
un peu avec les...
les aspérités du terrain,
en fait, des petites collines,
des trucs comme ça,
et puis, à peu près,
au même endroit,
dans le même secteur,
on est en train de remonter
le marécage en collant des moris,
et puis on se rapproche
du bord de la route,
la route forestière,
et il y a un...
il y a un bosquet assez dense,
et il y a un gros,
gros camion qui passe,
un gros camion de bois,
il faut imaginer,
des camions de la taille
d'un 40 tonnes en France,
mais avec deux chargements,
donc deux remorques
remplies de bois,
et ces gars-là, ils bombardent,
ils sont payés à la course,
et du coup, ils en ont...
vraiment, on n'a pas aidé en France,
comme ils bombardent
sur des routes forestières,
ils sont à 70-80,
avec un chargement,
j'ai pas combien de tonnes ça fait,
mais on a plus grand 40 tonnes, quoi.
Mais du coup, ça soulève la poussière,
ça fait un bouquin de malade,
et en fait,
le camion passe à fond,
et il passe le long du...
le long du bosquet
qui est le long de la route,
et ça fait sortir deux oursons,
qui font de la taille,
déjà, un sanglier, je pense.
On est en ligne,
et en fait, on est en ligne,
on remonte vers la route,
et ces oursons,
ils arrivent à pleine balle,
et ils passent
juste à côté de mon pote Coco,
qui faut les enfaillir,
enverser comme une quille,
tellement ils l'ont pas vue,
ils sont tellement, ils étaient paniqués aussi.
Et là, on se dit,
ah, y a une ourson,
et y a le maire dans les parages,
c'est l'endroit,
c'est le moment hyper dangereux,
et en fait,
Benco,
la mère sort des buissons,
juste après,
et là, c'est pareil,
c'est le situation hyper dangereux,
c'est la situation
de numéro un peu de décolle,
attention,
vous êtes entre la mer et l'ourson,
c'est toujours là, ouais Charles.
Et en fait, pareil,
on se regroupe tous,
j'appelle Sophia,
la copine de Coco,
parce qu'elle était de Colombie,
elle avait pas encore trop eu
l'expérience des ours,
et du coup,
fallait vraiment qu'on soit sûrs
que personne ne fasse
de gestes brusques
ou de trucs qu'il faudrait pas faire.
Du coup, on se regroupe tous,
elle se met à côté de moi,
et Coco, qui était un peu plus
loin, se met avec Anna,
il se colle,
et puis en fait,
on sort tous nos berces près
après avoir ce qui va se passer.
Et heureusement,
la mère,
elle se parait de nous toise,
nous regarde,
sans l'air,
regarde derrière,
en fait, elle a pas,
c'est vrai qu'elle a pas l'air vraiment inquiète.
Et puis, il se passe une minute
comme ça de tension,
où on se dit,
qu'est-ce qu'elle va faire ?
Et puis finalement,
elle s'est loin tranquillement,
elle nous contemple,
elle va voir ses oursons,
et là, encore une fois,
on a eu la chance que
la mère soit vraiment calme
et qu'elle décide pas de charger,
parce qu'on aurait dû
utiliser nos préahours,
et on aurait été un peu dans,
bah forcément,
c'est une situation super dangereuse, quoi.
Donc c'est pareil, là,
plein d'émotions qui se créent,
on est bien contents
que ça soit bien passé,
bien soulagé,
et c'est un des moments forts, vraiment,
on a eu vraiment chaud, quoi.
Et puis du coup, là,
en fin de saison,
il pleut plus régulièrement,
et en fait, là, c'est bon.
On trouve quelques patchs,
on discute avec plein de gens,
on fait plus des soins, en fait,
là, dans ces moments-là,
on va boire des bières chez des amis,
on s'est fait des potes
pendant toute la saison,
donc on change d'une vallée,
on va faire une soirée chez quelqu'un,
on boit des bières,
on va à la pêche,
on prend un peu plus notre temps, quoi.
Et en plus,
comme on connaît les coins
et qui pleure encore régulièrement,
ça continue de sortir,
donc on fait des assez bonnes journées.
Et du coup, là,
c'est vraiment la bonne fin de saison,
finalement,
j'aurais jamais réussi à faire
ce que j'espérais en termes d'argent,
j'aurais eu plein de galères,
mais au moins...
Et puis je suis parti en vacances
beaucoup plus tard que j'imaginais,
puisque je voulais partir après.
Une fois qu'on est déjà vachement monté au Nord,
autant continuer,
je voulais explorer l'Eucone un peu,
DOSUNCITY,
la ville de Trapeur,
et puis un peu aller en Alaska.
Mais c'est vrai que on l'a fait,
mais du coup,
on part avec peut-être deux semaines de retard
sur le planning,
parce qu'en fait,
il fallait que je remplisse les caisses un peu
quand il y avait des morits.
Et on part,
et en fait,
il reste encore plein de morits,
c'est un peu frustrant,
mais ça fait deux mois et demi
qu'on est en train de ramasser,
on est épuisés moralement,
physiquement,
on peut plus vendre une morée en peinture.
Du coup, on décide de partir,
alors qu'il reste quand même,
il y avait encore de quoi
faire des bonnes journées,
parce qu'il reste des morits.
Et en fait,
c'est toujours un sentiment du hamer
quand on fait le bilan de sa saison,
parce qu'en tout cas,
en fait, cette saison-là,
on a des meilleurs sûrement,
mais
il y a eu énormément de doutes,
de galères,
de mille fois,
on a voulu renoncer,
et puis c'était vraiment
une saison hyper dure.
À la fois,
on a vécu des superes émotions,
on a des superes histoires,
on a vu des couchets de soleil incroyables,
et en fait,
on a rencontré plein de gens.
Et en fait,
à la fin de la saison,
tu as une sorte de
de pression qui redescend,
ton corps qui se relâche,
et en fait,
tu as quand même une sorte de nostalgie
qui s'installe direct
de,
c'était quand même une belle saison,
et c'était quand même fou de passer
de haut en de temps dans mes bois.
Il y a toujours une nostalgie de,
même si c'est le lieu,
j'avais du malaxe fela
qui était complètement ravagé
par l'industrie forestière,
que j'aimais pas beaucoup.
Finalement,
il y a plein de petites habitudes
qui se mettent en place,
par exemple,
quand on allait faire le plein,
parce qu'il fallait bien
mettre de l'essence,
on est dans une station de...
une station
locale,
une station d'essence,
et puis on mangeait une glace.
Alors c'est des trucs tout blètes,
mais j'étais bien content,
j'étais super chaud l'été,
j'étais un peu un peu industriel,
mais en plus,
il y a plein de petits moments
comme ça,
où en fait,
on connaissait
à se faire des potes et tout,
et c'est un peu étrange,
c'est toujours un peu drôle
de sentiment de partir,
de laisser derrière toutes les galères,
on devrait être super content,
et à la fois,
on est un peu nostalgique
déjà de ce qu'on a raté.
Bon, après,
je suis parté
pour un super voyage
où on montait vers le Nord,
et donc c'était sans regret,
mais c'est vrai que ça faisait
un peu bizarre de clôturer la saison.
C'est toujours comme quand on est petits,
qu'on finit une colonne
de vacances par exemple,
et qu'il s'est passé mille trucs,
et qu'on sait pas trop
où est-ce qu'on va quand on se dit
« ah, on est un peu perdu,
tout paumé ».
Et voilà,
ça prend du temps à clôturer.
C'est un virus, en fait,
c'est vrai que quand tu l'as vécu
une fois,
en général,
tu as vraiment envie de repartir
et que ça,
c'est marrant parce que c'est
une sorte de relation
d'amour et d'étestation.
Cette espèce de
d'amour vache
où on se demande ce qu'on fout
là plein de moments
pendant qu'on le fait,
et puis on se dit
« mais qu'est-ce que c'est que cette connerie ?
»
C'est vraiment trop dur,
il n'y a aucun intérêt,
c'est n'importe quoi,
et puis on passe par tous les états,
on peut avoir des hauts
très très hauts et des bas
très très bas,
on va être déprimés,
pas vouloir sortir de Satan,
trop fatigué.
Et puis à la fin de la saison,
le cerveau humain,
je pense qu'il a cette faculté magique
à gommer les mauvaises parties
de nos souvenirs souvent.
Et là, les morits,
c'est un peu pareil,
c'est une sorte de virus
qui vous prend,
et au bout de 1, 2, 3 mois,
vous êtes là,
vous commencez à penser
à la saison suivante,
est-ce qu'il va y avoir
des feux,
ou est-ce que ça va être,
et en fait,
vous vous recrez une sorte de mythe,
vous vous dites « ah, j'aimerais bien
quand même retourner
dans les bois encore ».
En plus là, cette année,
ça a l'air d'être dans ce coin-là,
ça a l'air super cool.
Cette addiction à la chance
et en plus,
je pense qu'il y a un dernier facteur,
c'est que ces 2, 3 mois isolés,
faire un énorme coup d'œur
de 3 mois dans les bois,
de voyager,
de voir du pays,
d'être en pleine nature,
et du coup,
moi, c'est un peu
une combinaison de tous ces facteurs-là
qui a fait que je suis reparti
pour une deuxième saison.
Les Balladeurs
Les Balladeurs
est une série audio
du magazine Les Ozzards.
Cette 4e saison
est écrite et réalisée
par Clément Sacar
et Thomas Fier.
Ce voyage à travers
les terres brûles et canadiennes
a été mis en musique
par Nicolas de Ferrand
et mixé par Lorie Galgany.
En attendant de repartir
à l'aventure,
avec un nouvel épisode
dans 15 jours,
n'hésitez pas
à parler des Balladeurs
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A bientôt !

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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