#48 — Sur les traces d’Alexandra David-Néel, avec Priscilla Telmon

Durée: 40m13s

Date de sortie: 11/08/2021

En 1924, après un périple de 2000 kilomètres, Alexandra David-Néel pénètre dans la cité de Lhassa au Tibet et devient la première Occidentale à fouler ces terres interdites aux étrangers. Cette prouesse, qu’elle retranscrit dans son ouvrage « voyage d’une Parisienne à Lhassa », fait d’elle un véritable exemple de liberté et marque des générations entières d’amoureuses et d’amoureux d’aventure.

Près de 80 ans plus tard, Priscilla Telmon s’est lancée sur ses pas. En solitaire et à pied, elle parcourt le Vietnam, le Yunnan et l’Inde avant de pouvoir rejoindre les contrées reculées du Tibet, et constater les menaces du monde moderne qui pèsent sur les peuples de l’Himalaya.

Cet épisode au pays des neiges vient clore la quatrième saison des baladeurs, merci d’avoir suivi ces aventures et d’être parti en balade avec nous !

Les Baladeurs est une émission du magazine Les Others, co-réalisée par Thomas Firh et Clémence Hacquart.

La musique originale est signée Nicolas de Ferran. Le mix est l’oeuvre de Laurie Galligani.

La saison 4 des Baladeurs est soutenue par Orange Bank.

Les Others : https://www.lesothers.com/

Recto Verso, la carte-méthode : https://www.lesothers.com/recto-verso 

Une histoire à raconter, une question, une idée ?

Contactez-nous sur podcast@lesothers.com

Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Back Market, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs récitent aventure et de mes aventures en pleine nature.
Une série audio du magazine Leosers.
Attention, le départ est imminent.
Après un éprouvant périlple de 2000 km, Alexandra Davidnell pénètre enfin dans la cité de Lhassa, la mystérieuse capitale tibétaine.
Nous sommes en 1924 et l'exploratrice française devient la première occidentale à fouler ses terres interdites aux étrangers.
Pour s'y rendre, la voyageuse s'est grimée en mendiant tout au long de sa route pour ne pas éveiller les soupçons.
Cette prouesse, elle la retranscrira un an plus tard dans son ouvrage Voyages d'une Parisienne à Lhassa.
Un livre qui fera d'elle un véritable exemple de liberté à travers le monde, dont l'existence centenaire marquera des générations entières d'amoureuses et d'amoureux d'aventure.
Sur les traces de celles qu'elle admire et cherche à comprendre, Priscila Thelmon s'est lancée près de 80 ans plus tard sur les pas d'Alexandra Davidnell,
empruntant les mêmes chemins, rencontrant les mêmes épreuves pour atteindre à son tour la cité du pays des neiges.
En solitaire, à pied et équipée d'une petite caméra pour documenter son périlple, Priscila Thelmon parcourt le Vietnam, le Yunnan et l'Inde,
avant de pouvoir rejoindre les contrées reculées du Tibet et constater ainsi la menace de la marche du monde qui pèse sur les peuples de l'Imalaya.
Alors ma première rencontre avec Alexandra Davidnell a été littéraire et j'ai eu la chance de grandir un peu dans une maison de grimoire avec un père éditeur
et je n'avais pas la télévision et je vivais vraiment avec des livres autour de moi.
Et tant parisienne pendant mon enfance, c'était incompréhensible pour moi de grandir dans cette grande ville, alors que j'étais déjà tellement atturée
par la compréhension du monde qui m'entourait et la curiosité d'aller voir ce qui se passait à l'autre bout des montagnes.
Et donc c'est adolescente que je suis tombée sur le livre « Voyage une parisienne à l'Assa » et qui a été un livre vraiment marquant.
C'est-à-dire, je pense qu'on a tous eu des livres qui nous ont vraiment parlé, comme si ce livre nous était destiné et qu'il était pour nous et que ça guidait votre vie un peu.
Donc le parcours d'Alexandra Davinelle est assez exceptionnel, il faut imaginer qu'elle est née en 1868,
que déjà, à son plus jeune âge, elle racontait qu'elle faisait des fuges en Belgique
et puis elle a commencé à se passionner par l'opéra, la mystique et les autorismes orientales
et à être passionnée évidemment de la condition de la femme, du féminisme.
Elle a écrit un pamphlet incroyable qui est tellement contemporain et moderne aujourd'hui,
après pratiquement, voilà, tellement d'année après sa mort, elle est morte en 1969, à 101 ans.
Et deux jours avant son décès, elle refaisait son passeport en pensant déjà qu'elle allait encore voyager
alors qu'elle était clouée, au lit, pleine de rhumatisme.
Et c'est vrai qu'Alexandra a rencontré Philippe Nel, qui a été son mari,
un homme assez exceptionnel qui a compris le destin fabuleux qu'allait être celui de sa femme
et a très vite accompagné ce destin-là, en ne l'empêchant pas de pouvoir aller étudier,
passer des années en Inde, au Sykime.
Et lors de toutes ces années passées en Inde, au Sykime, où elle a rencontré son fils adoptif,
Fafori Angden, qui a été de tous ses voyages, elle a commencé à imaginer et espérer la possibilité
d'échapper au contrôle parce que déjà le Tibet était à cette époque-là fermé, nourri dans cette stratégie géopolitique
de tous les territoires qui voulaient s'emparer déjà du Tibet
et d'imaginer ce voyage un peu fou en rencontrant un pelerin, un moine japonais
qui lui dit avoir utilisé la possibilité de se faire passer pour un moine
et d'avoir traversé une partie du Tibet comme ça.
Et ça pose en fait la graine d'impossible pour Alexandra de faire cette expédition
alors qu'à l'époque on voyageait encore avec des porteurs, elle était avec sa baignoire, ses sacs, ses valises, enfin.
Et donc elle commence à imaginer de tous les possibles pour que tous les porteurs
aient les emmène dans une autre direction et puis s'enfuir avec Fafori Angden en ayant juste un petit sac à dos
avec le minimum et de quoi vraiment se faire passer pour une vraie nonne,
enfin, maire Tibetaine qui accompagne son fils à Lhassa, à la ville sainte.
Donc elle fomente cette expédition, imaginons, voilà tout.
C'est-à-dire se grimer le visage avec des cendres, de prendre de l'encre pour pouvoir avoir cette couleur de g
pour ses cheveux, d'avoir le minimum de choses, d'avoir ce grand manteau tibétain,
d'avoir un tout petit pistolet pour se défendre, une boussole pour quand même s'orienter,
un simple parchemin pour noter les grandes villes.
Et parce que c'était encore une terrain incognita, il y avait beaucoup de taches blancs géographiques et il n'y avait pas de cartes.
Donc pour elle, c'était très important aussi de pouvoir quand même noter,
mais si elle se faisait fouiller de pouvoir avoir tous ces simples petits éléments cachés sur elle
pour éviter d'être déjoués dans sa quête.
Et ils sont partis donc depuis une zone qui est encore existante,
un monastère que j'ai retrouvé et qui est absolument extraordinaire.
Et de là, elle a réussi à partir à pied et pendant cinq mois, à 56 ans,
traverser tempêtes et montagnes et faire plus de 2000 km d'aventure pour gagner l'ASA.
Donc elle va y rester assez longtemps et puis c'est en redescendant aussi Kim,
qu'elle va aller se rendre dans une antenne anglaise pour annoncer en ayant perdu 30 kg,
en étant le nombre d'elle-même, annoncer le voyage qu'elle vient de faire.
Et puis de là, les choses vont évidemment rayonner et faire parler d'Alexandra
de ce voyage absolument inouï qu'elle venait d'accomplir.
Et je me suis fait une sorte de promesse en me disant un jour,
ce personnage aussi fascinant, cette femme aux multiples facettes, tellement polyvalentes
et à une époque où les femmes étaient beaucoup moins indépendantes que maintenant.
Je me suis promis de lui rendre hommage dans un voyage qui retracerait cette expédition
qui a marqué l'histoire de l'exploration imalayan, de sa traversée en Nône, Tibetaine
avec son fils adoptif, Afor Yung Den, sur les plateaux tibétains et d'être la première européenne en 1924 à gagner l'ASA.
Alors le déclic du voyage pour repartir sur les traces d'Alexandra après avoir fait cette promesse adolescente
est arrivé très vite après un voyage qu'on a pu faire avec Sylvain Tesson
à travers l'Asie centrale à Cheval pendant six mois où vous voulez raconter l'histoire de cette région
qui comme son nom l'indique est tellement centrale et pour tous les explorateurs, les voyageurs, les commerçants
ont traversé cette Asie centrale qui était en 1999 très mal connue.
Et avant les attentats du 11 septembre et donc c'est vrai quand on parlait du Kyrgyzstan,
du Tadjikistan, du Dousbbekistan, du Tadjikistan, c'était des noms qui semblaient tellement lointains
et après ce voyage là, très vite c'est imposé de partir sur les traces d'Alexandra.
Quand je pars pour ce voyage j'ai 27 ans et je pars à peu près 5000 km d'aventure
je sais pas encore exactement puisque j'ai un point A et un point B
voilà je pars d'Anoï au Vietnam et je sais que je vais arriver à quelques tard un jour
quelques mois plus tard et quelques kilomètres dans les pattes en Inde
et donc je savais que j'avais ce point et ce point B entre les deux
bah y'avait Lhassa, voilà qui était un peu le point de l'entre-deux du voyage
et c'était magnifique parce que j'étais avec évidemment ce livre
un voyage une parisienne à Lhassa qui a écrit de mémoire
ce qu'il faut imaginer c'est que Alexandra n'ayant pas la possibilité de pouvoir écrire
comme voilà tout voyageur souvent le fait avec un petit carnet et pose le soir après une journée d'aventure
en tout cas les phrases de ce qui a pu marquer cette journée
Alexandra elle devait faire ce travail de mémoire
et donc c'est vrai que de pouvoir repartir avec cet ouvrage
voilà il y a des gens qui partent en voyage avec des guides et moi je partais avec les livres d'Alexandra
pour parler de ce qui, la permanence des choses ou au contraire ce qui avait complètement évolué
et donc c'était passionnant parce que forcément je me disais comment à 56 ans elle a pu avoir ce dynamisme
cette capacité d'adaptation parce qu'il y a quand même beaucoup de cols, beaucoup de difficultés
elle avait en plus la difficulté d'être cachée, de se cacher de son identité d'European
je me dis mais comment a-t-elle fait quoi, comment a-t-elle fait à cette époque et quelle force de vie, quelle force de caractère
et donc elle m'a vraiment porté pendant ce voyage
j'ai pas la force d'aller au prochain village, être la première ligne dans mon bivouac
je suis pas sûre que je vais hyper bien dormir mais...
donc les premiers jours de marche arrivée au Yunnan
je pose ma tante dans un endroit qui me semblait merveilleux
et puis en fait en pleine nuit j'ai un groupe d'hommes qui entourent ma tante
je comprends évidemment qu'ils en veulent à ma tante, à mes objets et aussi à moi
donc il faut garder son calme
et je parle à un chinois qui est très approximatif
mais je commence à utiliser ce subterfuge pour pouvoir un peu déjouer l'intention des personnes qui sont autour de moi
qui commence à me resserrer et qui commence à vouloir m'attraper le bras, mon sac
et moi je commence à mettre le sac sur le dos, à discuter un peu en disant
mais voilà on m'attend au prochain village et à commencer à paragouiner
il y a au tout bout, chan, oui, shimalaia chan
en disant des choses, je suis en train de traverser l'imalaia à pied
alors les mecs ils comprenaient rien parce qu'évidemment d'un accent à un autre ils comprenaient rien
et donc les types essayent de comprendre et puis à ce moment-là
avant de partir j'ai pris des cours de penchaxilate
donc un arme marciaise indonésien de celles défenses qui vous permet
c'est pas de tant l'utiliser mais de savoir que vous pouvez vous défendre
quand une situation peut évidemment tomber dans un moment un peu compliqué
et j'ai eu ce réflexe en fait j'ai pu mettre, j'ai mis cette personnataire
et j'ai acheté ma tante, je suis partie en courant
j'ai bougé
merde
j'ai été attaqué cette nuit, je tue ma battre, arraché ma tante et mon chui
et j'ai été accueilli par des camionneurs
je vais faire mon sac et je vais y aller maintenant
je reparserais après ça parce que je crois que le voyage était plus fort
le désir était plus fort et la peur on la met de côté pendant les voyages
on a tous et puis la vie est un chemin d'épreuve et puis la vie est un risque à prendre
si on le prend pas alors qu'est ce qu'on fait ?
c'est les moments parfois les plus forts, ce qui vous ont fait être le plus en vie
de vous rendre compte à quel point la vie est précieuse et incroyable
qui marque je pense les souvenirs d'un voyage
alors évidemment on se rappelle toujours des moments magiques, des moments de grâce
mais les moments où vous avez dû aller chercher en vous
une force, aller chercher en vous
une capacité d'aller au-delà
c'est souvent ça dont vous vous rappelez
et donc là de ce moment je me rappelle ça
que oui j'avais pas très envie de terminer avec un couteau dans le vent dans un fossé
mais que le lendemain je reprenais la route en gagnant le nord pour gagner le Tipeee
donc quand j'arrive dans le village où est parti Alexandra en 1924
c'est une émotion vraiment particulière parce que tout le village connaît
l'existence d'Alexandra Davidnel même si ça fait vraiment pratiquement 100 ans
que le voyage a été fait
et du coup j'arrive avec une certaine émotion
parce que c'est comme si tout l'espace était encore de la présence d'Alexandra et de Yonkden
et donc je pouvais sentir cette excitation
et l'aventure qui les attendait, cette grande aventure
et du coup j'ai passé un vraiment ému
en arrivant dans cette chapelle
d'où Alexandra est partie
et puis de gagner tout de suite
voilà de gagner ses premiers chemins
qui commence par une montagne avec des cols
où on arrive tout de suite en fait dans le vif du sujet
et donc très vite en fait j'avais le sentiment d'être le pied posé
dans ce voyage d'une parisienne à l'Assas
et chaque jour je relisais les pages de ce livre qui avait nourri mon adolescence à 12 ans
en le vivant au présent
et en le vivant complètement dans cet instant
en étant à pratiquement pouvoir décrire et lire ce qui se déroulait sous mes yeux
Voilà on voit déjà la chapelle, le toit
Donc je pars depuis le monastère de Tsedrong
au Yunan d'où Alexandra est partie en 1924
j'avais déjà quand même quelques kilomètres dans les pattes
en arrivant à Tsedong
je venais quand même de traverser tout le nord vietnam
et puis une grande partie du Yunan
donc le voyage avait déjà commencé
donc quand j'arrive à Tsedrong
c'est vrai qu'il y a une émotion particulière
parce que c'est le début vraiment de l'aventure d'Alexandra
et que je peux sentir toute sa présence
et je peux sentir dans l'air
comme si tout d'un coup tout était différent
c'est fou comme c'est une question de perception
c'est notre perception à soi
quand on peut voir un paysage d'une certaine beauté
et puis quand tout d'un coup il prend encore plus de beauté
parce qu'il vous y mettait toute votre curiosité
que vous regardez finalement les choses
en disant tiens Alexandra est passée là
et de pouvoir toucher les pierres
de pouvoir se dire elle a été assise là
elle devait être tellement nerveuse
parce que c'était le début d'une aventure
d'où elle savait pas si elle en sortira vivante
et je suis dans cette émotion
en étant dans ce monastère
et en prenant la route
et en commençant du coup à sortir le livre
qui était avec moi
qui m'a accompagné depuis déjà plusieurs semaines
pour faire de pouvoir me nourrir
des pages que je lisais
qui étaient le paysage et les rencontres que je vivais
la beauté de la rencontre
quand vous êtes sur ces marches
et de pouvoir être silencieusement
accompagné des caravanes de pelerins
des caravanes de marchands
de marchés ensemble
quelle bonheur, quelle grâce
que de marcher ensemble
même dans le silence
juste marcher
d'être dans l'écoute du sifflement
de la personne
d'un petit chant qui est chantoné
d'un mantra qui est répété
de prières qui sont données au ciel
pour moi c'est ce qui m'a nourri
et ce qui m'a nourri dans ce voyage
c'est d'être dans cette dynamique
véritablement de la rencontre
du paysage et des hommes
la vie dans les campements
quand on est avec les pelerins
qui traversent le Tibet
de long en large
pour se rendre au kailash
se rendre dans tous les lieux
de pelerinage, des montagnes sacrés
c'est toujours des moments de partage
autour de la tsampa
cette farine d'orges grillée
qui est la nourriture principale
que l'on mange au Tibet
et donc qui est mélangée souvent
avec du thé ou beurre de yak
en fait la tsampa elle a le goût
de celui qui la prépare
parfois elle est salée
d'autre fois elle est sucrée
la plupart du temps elle est
assez sale
il faut juste regarder
les doigts de celui qui la prépare
pour comprendre
le coup
que va avoir la tsampa
ça va parce que Reema
il est aussi là
il est plus propre
c'est le mama
c'est le mama
c'est le mama
c'est le mama



c'est la tsampa
c'est comme une sorte de pâte crue
qui est très énergisante
très nourrissante
qui pèse peu
quand on doit transporter beaucoup de kilos de tsampa
pour des jours d'autonomie
on sait qu'on va pas du tout
avoir la possibilité d'acheter
à des paysans de la nourriture
c'est l'équilibre parfait
entre le poids
le côté nourriture
qui va vraiment vous remplir les stomins
sur des kilomètres de marche
et donc c'est toujours une grande joie
il faut s'imaginer
on a tous notre petit bol
en bois
pour pouvoir la fois faire le thé
les nomades ont tous des énormes
on fait un feu de bois
et on se cercle autour du feu
on se raconte les histoires
on se partage
cette farine d'orge
et on mélange cette farine d'orge
avec ce thé au beurre salé
en faisant cette pâte crue
en faisant une grande boule
et de cette boule
ça va être la nourriture
souvent matin, midi et soir
ou sinon, simplement deux repas par jour
on mange peu le matin
on prend tout de suite la marche
et voilà, moi j'ai eu
j'ai été très admirative
parce que je vois beaucoup de pèlerins
qui eux se prosternent tout le long du chemin
donc quand vous marchez très simplement
avec un sac à dos et que vous voyez
des pèlerins qui eux font la route
en se prosternant
en faisant les prières, en se prosternant
et en avançant sur le pas de la longueur de leur corps
c'est
tellement impressionnant
que le soir vous avez
une chose
c'est l'envie de l'hormacer
les pieds, les épaules
de cette humilité
et de ce don de soi
d'un coup il va y avoir un pays
ou des noms de lieux
qui vous attirent et qui ont une sorte de sonorité
tellement magique
qui sont un appel
et moi c'était comme un appel d'aller
au Tibet, l'Assa
et d'avoir ce parcours assez
passionnant et comme Alexandra le dit
c'est-à-dire que toutes ces deux passions
ont été vraiment l'étude et le voyage
et jusqu'à pouvoir
vraiment nourrir sa vocation de devenir
exploratrice du monde et des êtres
et rien que ce mot
d'être exploratrice du monde et des êtres
quand on a 12 ans
je pense que c'est quelque chose
qui est une sorte
de pépite
à gagner et qui a été vraiment
pour moi
ce qui a nourri en tout cas mon vie de voyage
Alexandra donne-moi du courage
pour qu'elle marche
sur ce sentier
56 ans
on est 30 de moins
j'espère comme un
comme un bouche
il y a des zones militarisées
au Tibet qu'on ne peut absolument pas approcher
et donc qui demandent vraiment
ou de placer en clandestin
mais c'est très compliqué parce qu'il y a toujours quelqu'un qui vous voit
et je veux pas en fait
me grimer comme Alexandra
ça n'a pas de sens
à l'époque où je traversais
cette région je pouvais le faire
en étant à découvert
et en étant celle que je suis
donc
je réussis à faire le voyage
Alexandra en
très grande partie
exactement sur la route qu'elle emprunte
malgré les vallées
qui soient interdites, malgré les interdictions
malgré certains endroits
où je suis obligée de rebourser le chemin
parce qu'il y a des campements militaires
mais tout ça a été extrêmement précieux
aussi de voir comment
le Tibet était grignoté de toutes parts
par les routes
par les chemins de fer qui sont construits
par les campements militaires
par les constructions de villages
dans des territoires complètement isolés
donc ça c'était pour moi
un enjeu aussi très précieux
de pouvoir documenter et de parler
de ce Tibet d'aujourd'hui
donc à la frontière du Yonan
et du Tibet
je vois une caravane
comme de petits elfes
il faut imaginer, on est en pleine forêt
d'un coup on voit des
petits enfants
avec des petites tenues, Tibetens
et les manteaux tibétains
aussi beaux les uns que les autres
des petites filles, des petits garçons
une caravane exceptionnelle d'enfants
accompagné par 3 adultes
qui les emmènent
à Lhassa pour devenir moi nénonne
parce qu'au Tibet
l'éducation
et puis l'éducation spirituelle
passe par
la possibilité de passer des années
dans des monastères pour pouvoir
apprendre à lire et à écrire pour des familles les plus pauvres
qui ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l'école
et surtout pour
Laura
que va gagner la famille et l'enfant
dans cette vie d'avoir un enjeu
un moment spirituel, d'essent plus jeune âge
et je croise cette caravane
et là
c'est une rencontre absolument
magique
il faut imaginer ces enfants
plein de grâce, tellement plein de vie
et
et qui m'accueille
comme une grande soeur
et je me retrouve
avec cette caravane en marche
pendant voilà et nous
on savait qu'il y allait avoir quand même beaucoup de marche
avant Lhassa
et on se retrouve à marcher dans les forêts
à camper ensemble, à vivre ensemble
à partager notre nourriture
à passer des soirées à prier
à chanter, à méditer
à dessiner avec les enfants
c'est
c'est un des
un des grands cadeaux de ce voyage
que d'avoir pu
et de vivre
ce moment inouï
avec cette jeunesse
tibétaine
et
cet émerveillement du quotidien
et on finit par
arriver dans un petit village
dont le nom m'échappe aujourd'hui
on se réjouit
à l'idée de pouvoir tout d'un coup manger
des petits momos qui sont s'ébaignés
de légumes tibétains délicieux
et on avait passé 10 jours
on avait quand même rationné beaucoup notre nourriture
on était
assez fatigué
il y avait eu des cols
beaucoup de preuves sur le chemin
et on arrive
et alors là c'était la fête
parce que c'était pléthor
on était au restaurant
on avait tout ce qu'on pouvait
tous les enfants
sont dans un état d'excitation absolue
en voyant la nourriture
devant eux
où les plats arrivent les uns après les autres
et ils en ont jusqu'aux oreilles
et là ce quelqu'un
je pense
nous dénonce
et on se fait arrêter par
les militaires chinois
des militaires
qui nous empêchent de continuer le voyage ensemble
t'as acheté de l'eau
enfin un petit cœur
on vient de se faire arrêter
par les fléguliers, nous on peut et je te continue
de marcher avec nos amitié méta
je l'ai
putain
je suis curée
je suis curée
pour moi je savais qu'il y allait avoir
besoin d'avoir des permis, des autorisations
parce que j'allais être dans des zones qui n'étaient pas autorisées
donc ça allait être la plus grande
difficulté
d'obtenir plus ou moins ces permis
et j'ai obtenu ces permis en étant
accompagné par une sorte de garde
qui surveillait mes déplacements
mes conversations avec les tibétains
et que je ne suis pas trop curieuse
des choses qui pouvaient être un peu étranges
sur le chemin
donc j'ai accepté un peu cette contrainte
sur une partie, donc j'ai pu traverser une partie du Tibet en étant
seul
et puis une autre où j'ai dû être accompagné par ce garde
qui était plutôt un bon gars
qui est vraiment le pauvre
il n'avait pas spécialement envie d'être là
de marcher des kilomètres
il pensait qu'on allait finir par prendre les grandes routes
et prendre des bus et des camions
alors que quand il a vu que nous voulons
nous serons 50 km par jour
c'était vraiment la torture
mais il a pris ça comme une sorte de pèlerinage
aussi, voilà il était
bouddhiste donc il a pris les choses
vraiment du bon côté
et
je le vois se transformer aussi au cours
du voyage parce que la marche à cette capacité
de transformation voit bien
les gens sont très nerveux au début
exciter
mal à droit, ils ne savent pas marcher
ils ne savent pas porter un sac, ils se font mal
ils tombent au premier caillou
et puis au fur et à mesure des jours
le pas prend le rythme
et puis le souffle prend le rythme
et le silence s'installe
et tout d'un coup une douceur est là
et c'est beau
c'est beau de le voir se transformer
et donc ça
ça a été une chance
de pouvoir avoir ce moment là
et de me se jouer
de la contrainte en sachant que
cette contrainte elle était quand même
finalement pas si grande
pour pouvoir gagner
ces territoires qui sont interdits
je suis en train de
rentrer dans l'Assas
c'est dingue
soulage


Alexandra
nous y sommes
El S require
ça est là
ouh
j'arrive à l'Assas avec lui
fou de joie évidemment
c'est quand même
quelque chose d'arriver à l'Assas
vous avez le potalas qui
se détache dans le ciel
malgré le fait que la ville ne ressemble plus évidemment, la salle ne ressemble plus du tout à
l'image qu'on s'en fait et c'est devenu vraiment une ville chinoise donc je pourrais presque dire
qu'il y a des boutiques Chanel dans les rues de Lhassa donc c'est un tel contraste entre des
pelerins qui font des milliers de kilomètres pour venir à Lhassa et puis que la ville est
aujourd'hui dans tout ce qui est de plus commerciale, de plus consumériste, de plus
destructeur parce que avant il y avait le potala et puis des petites maisons qui étaient tout
autour du potala donc le potala dominait complètement la vallée aujourd'hui je me demande
si les buildings ne vont pas dépasser la hauteur du potala il y a des caméras maintenant de
surveillance tout autour du potala et dans le potala il a été abandonné en 1959 par le
Dalai Lama actuel et au moment de la révolution culturelle toute l'histoire de ce lieu résonne
on sent qu'il ya une spiritualité une force et une force télurique exceptionnelle quand on arrive
à Lhassa et en même temps une tristesse immense de voir ce lieu totalement inhabitée totalement
vide de sens donc il ya une émotion et en même temps une tristesse toutes ces boutiques tous
ces clubs tous ces bars enfin c'est cette musique tony truante dans les rues ces voitures c'est pas
du tout l'idée qu'on se fait des caravanes de pelerins qui arrivaient à pied dans cet endroit
comme le graal vraiment d'une quête mystique et donc d'arriver devant ce potala avec ce garde
je savais qu'ils ont devait aller dans un de veille aller dans un bureau militaire et qu'il
était forcément obligé de donner en rapport toutes ces choses là ça pouvait me poser problème et
j'aurais pu être expulsée à ce moment là depuis l'hassa donc autour du potala au moment où vous
êtes avec beaucoup de pelerins beaucoup de monde il ya des petites ruelles il ya beaucoup de gens
c'était le moment de m'échapper et de m'échapper de son regard et de m'échapper de sa surveillance
et c'est comme ça que j'ai réussi à voilà gagner une toute petite auberge où j'allais
retrouver mon vieux compère Sylvain Tesson qui est arrivé de Sibérie et et donc du coup je savais
que mes jours à l'hassa aller être comptés que je pourrais pas rester très longtemps et que je ne
peux pas rester très longtemps à ce moment là à l'hassa en attendant l'arrivée de Sylvain et
qu'on allait faire ce petit tronc ensemble jusqu'à la frontière du Sikkim
arrivé à l'hassa j'ai la chance autour du potala d'avoir une petite main qui tire
mon manteau tibétain et là c'est un des c'est à four qui était juste cette merveille d'enfants
qui était en train de tirer mon manteau et et et la famille était là pas tous les enfants
parce que certains avaient déjà été placés dans des monastères mais j'ai pu voilà dire au revoir
à une grande partie des enfants qui aujourd'hui va être des grands adolescents des jeunes adultes
et donc c'est c'est un moment vraiment précieux parce que voilà c'était comme si on nous avait
empêché de continuer de pouvoir vivre ce voyage complètement ensemble jusqu'à l'hassa mais
que malgré tout les bons esprits avaient permis à de nous retrouver et de vivre un
au revoir un peu plus gracieux que la dernière fois qu'on s'était croisé
la dernière étape du voyage comme un peu comme un clin d'œil comme au début du voyage
de partir d'hanoi quand Alexandra avait chanté en tant que quantatrice à l'opéra d'hanoi
c'était de terminer le voyage au bord du gange là où c'est Sandra oui on était dispersé et de
faire une boucle voilà d'aller dans dans ces lieux qui ont marqué son son histoire qui ont marqué
qui ont marqué ce qu'elle est ce qu'elle ce qu'elle nous a donné en partage et donc de traverser on
a dû faire une grande boucle avec Sylvain depuis la frontière du Sikkim parce que la frontière est
fermée quand on arrive à la frontière du Sikkim et on se retrouve à faire 2000 km de détour
depuis l'Inde pour se retrouver de l'autre côté de la frontière en Sikkim est qu'on a fait depuis
le bout du pont un coco au garde en disant bah on est là les gars reprend le voyage ils allus
ciner complètement ils allusent complètement nous voir là alors qu'on voilà on aurait très bien pu se
dire bon bah tant pis la frontière est vraiment fermée là pour le coup c'était impossible de
c'est impossible de traverser on a essayé un moment de se dire on part en clandestin on part dans
les montagnes mais il y a des militaires partout et là on aurait pu vraiment se faire tirer dessus
donc on n'a pas essayé de jouer les fendres au à ce moment là on s'est dit bon on a un mur là
qui est infranchissable mais on peut le franchir en faisant juste un détournement de 2000 km et de
venir de l'autre côté de la frontière juste pour les 1 km de frontière qui nous sont interdits
et voilà on reprend le reprend la marche à ce moment là et à Darjeeling je laisse Sylvain et
je reprends la marche seul à travers à travers les champs de thé magnifique et de cet endroit où
Alexandra voilà c'est rendu au colonie anglaise après son magnifique voyage et je gagne je gagne
le je gagne l'indes et tout le nord de l'indes en marchant sur les chemins de fer parce que c'est
l'indes c'est un c'est une toile d'araignée de chemin de fer et c'est pratiquement le seul endroit
où on peut éviter de se faire écraser par un tata sur les routes donc c'est on entend plus
facilement un train arrivé que les tatas complètement voilà complètement dingue par des
conducteurs qui sont sous choutée au bétel depuis depuis six jours et qui vous écrasent sans problème
et donc j'ai traversé tout le nord de l'indes jusqu'à Calcutta pour finir mon voyage dans le
golf de Calcutta après ouais pratiquement sept mois de marche Alexandra elle est fascinante aujourd'hui
parce qu'elle était déjà son époque extrêmement contemporaine quand elle écrit ce plan se
pamphlait pour la vie préfacée d'Elysée reclue c'est quelque chose qui est tellement
contemporain aujourd'hui c'est à dire elle parle exactement des de tout le combat des des
femmes actuellement donc et c'est tout ça c'était il y a plus de cent ans donc c'est vrai qu'Alexandra
avait tellement de corps d'assonard qui était une femme à la fois active toute une dimension
artistique à travers voilà le fait d'être une chanteuse opéra une orientaliste parce qu'elle
s'est complètement plongée dans des études parlant des langues couramment en étant hauteur
écrivain tout ça en étant totalement autodidactes et combien elle n'a pas été reconnue à l'époque
par ses pères parce que là absolument voulait passer aucun concours qu'elle voulait absolument
pas être enfermée dans des bureaux et que pour elle la seule étude possible c'était celle du
terrain donc qui combinait c'est pour moi un peu les deux entités extraordinaires de la personne
qui cherche de pouvoir se nourrir des textes de pouvoir se nourrir des écrits de pouvoir se nourrir
d'une tradition et en même temps d'aller voir sur le terrain de se frotter au réel et ça Alexandra
avait ces deux choses là et ça bon c'est pour moi une définition vraiment de l'exploration
je suis tout ce que j'ai rencontré à la fois les paysages et les femmes et les hommes les enfants
qui qui ont été des visages des paroles des rencontres une guidance dans mon existence et
je pourrais reprendre cette phrase de sa avantesse qui dit je vis du désir de vivre un et de pouvoir
grandir dans ces paysages de pouvoir avoir mille et une vie et pour moi vraiment quand je dis
que l'extraordinaire c'est l'ordinaire c'est vraiment ça en voyage en expédition et dans la
vie quotidienne j'essaye toujours d'avoir ce regard aux choses de pouvoir me dire que tout ce qui
m'entoure est extraordinaire et donc même quand il pleut même quand c'est dur même quand le col est
même si je suis au milieu d'un de marécage que je suis malade comme un chien et que j'ai
bu dans l'auge d'une brebis et que je suis une dysentrie qui me clou pendant cinq jours et j'ai
l'impression de voilà mes forces m'échappent et il y a toujours un événement tout d'un coup qui
vous redonne foi dans la possibilité de continuer les extraits que vous avez entendu dans cet épisode
sont issues du documentaire de pricilla tellement voyage au tibet interdit et c'est donc dans cette
cité du pays des neiges que s'achève la quatrième saison des baladeurs cette aventure et les
onces précédentes ont été mis en musique par nicolade ferrand et mixé par l'oreille galganie
avec qui nous avons eu la chance de travailler tomat fier et moi même lors de l'élaboration de
ces épisodes tous les quatre et plus largement toute l'équipe du magazine les others espérons
que ces expéditions vous ont plu merci d'avoir suivi cette aventure et d'être partie en balade
avec nous merci pour vos nombreux partages et messages reçu sur les réseaux sociaux de
nous suivre depuis quatre saisons et nous l'espérons pour bien d'autres encore merci à nos chers
invités tony damien cendra guillain et émanuelle haude matieu tillacine nicola laïla arnous
katrine et pricilla d'avoir raconté leur histoire à nos micros de nous avoir fait frissonner ému
surpris et souffler même parfois au cours de ces 12 nouveaux épisodes nous espérons pouvoir vite
vous retrouver à bientôt et bel été

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': None}, {'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}, {'term': 'Places & Travel', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}, {'term': 'Personal Journals', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere