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Les comptes du renard blanc, le protecteur et le protégé.
Tous les habitants du domaine de traîne-feuille et des fermes environnantes étaient intrigués et
stupéfiaient tout à la fois par la vue quotidienne d'un lapin et d'un renard,
se promenant de compagnie dans la plus calme sérénité. Le lapin marchait deux ou trois
pas devant Goupil qui affectait une attitude souriante et respectueuse à la foi. Que cela
voulait-il dire ? Parfois, les animaux rencontraient le lapin qui se promenait seul, on essayait
de l'interroger mais toujours en vin. Le rongeur, fier de l'amitié qui le liait au
renard, dédaignait ses compagnons de la basse cour. Tous les matins, il allait prendre le
renard à son domicile et la promenade silvestre commençait. Fréquemment, un animal, attiré
par le lapin, surgissait, le plus souvent en quelque belette ou quelque furée. Le renard
aussitôt bondissait et l'imprudent était impitoyablement mis à mort et dévoré sur le champ
par Goupil. Le lapin pouvait se dire heureux et se vantait de cet amitié qui le liait
au prince du bois, amitié qui veillait sur lui avec tant de sollicitudes.
Cette histoire de l'amitié consacrée entre un renard et un lapin faisait jaser à la ferme
et les langues se déliaient sans répit.
« C'est un espion ! » disait Groniard. Ce motuil lapin a signé avec le renard un pacte
qui lui laisse la vie sauve à cette condition de livrer les secrets de la ferme afin de
mieux aider Goupil à commettre ses déprudations.
« Naturellement ! » s'écrièrent les auditeurs de Groniard. Ce lapin est un vil espion.
Aussi, quand le rongeur parut, il fut hué par les habitants de la basse cour et couvert
d'imprécations de sarcasme et même de menace.
« Va-t'en, sale espion ! » hurlait Groniard.
« Va retrouver ton protecteur, vil renéga ! » clamait la chèvre.
« Si tu tombes sous ma pâte ! » menaçait Flambeau. Je fais de ta peau un col de fourrure pour
horner le par-dessus du percepteur. Le lapin esquissait un mouvement qui voulait dire
« Je me moque pas mal de vous imbécile que vous êtes » et il disparut pour aller retrouver
son grand protecteur. La promenade commença, promenade quotidienne à travers la vallée.
Soudain, en sortant d'un allié, le lapin qui marchait à quatre pas devant son ami
jeta un cri et disparut sous terre. Goupil s'arrêta, puis s'approchant avec précaution
d'un trou dissimulé dans les herbes, il regarda. Le petit lapin gisait, inanimé, à deux mètres
de profondeur. Le trou était un piège à Renard. À quelques mètres de là se tenait
Oscar, le canard. En se promenant, il avait tout vu de la scène rapide qui venait de se dérouler.
« Hein, je comprends maintenant, se dit-il, les raisons d'une si grande amitié. Le Renard
faisait marcher ce pauvre jano devant lui pour éventer les pièges semés sur sa route. »
Et voilà tout le secret d'une amitié si apparemment sincère, dont ce pauvre et naïf
jano ne se vendra plus.