Vincent Millier Million Milliard 2/3

Durée: 13m39s

Date de sortie: 11/04/2024

Vincent Millier-Million-Milliard a réintégré l’Ecole des nombres, mais le directeur a des ennuis. Beaucoup de parents se plaignent de cette entorse au règlement et menacent de retirer leurs enfants du pensionnat.


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Radio classique et les éditions Le Robert présentent
« Vincent Millier Million Milliards »
une histoire en musique d'Elodie Fondaci.
Tais-e-toire, tais-e-toire, tais-e-toire !
Est-ce que je peux avoir une histoire s'il te plaît ?
Tu me racontes une histoire ?
Encore une histoire ?
Vous avez été sales, vous êtes sûr ?
Bon, d'accord.
Je vais vous raconter une histoire farfelue d'orthographe.
Celle de Vincent Millier Million Milliards.
Savez-vous qu'en orthographe,
tous les mots pour écrire les nombres sont invariables ?
Mais 20 et 100 sont des exceptions.
Ils prennent un S quand ils sont précédés d'un nombre qui les multiplie.
Sauf s'ils sont suivis d'un ou plusieurs nombres.
Voici une histoire pour ne plus jamais l'oublier.
Chapitre 2
Vincent Millier Million Milliards
Chapitre 3
Vincent Millier Million Milliards


Assez derrière son bureau.
Le directeur de l'école des nombres soupira.
Pour la 10e fois, il réécouta le message qu'il avait reçu le matin même sur son répondeur.
En prenant soin d'éloigner le combiné de son oreille
pour ne pas avoir le tympan percé par la voix qui vociféraient.
Allô, Monsieur le directeur, ici la mère du petit 8.
Oh, je vous appelle pour vous faire part de mon profond mécontentement.
Mon fils est rentré ce week-end à la maison avec des chaussures rouges.
Oui, rouges. Vous vous rendez compte ?
D'après ce qu'il nous a raconté,
il s'agissait de faire comme un certain Vincent
que vous auriez autorisé à mettre des vêtements de couleur.
Le code vestimentaire du pensionnat est pourtant clair, Monsieur le directeur.
Les élèves ne doivent porter que le strict uniforme autorisé.
Mon mari et moi sommes extrêmement préoccupés.
Nous craignons que votre décision insensée
ne conduise à une baisse du niveau de discipline et de respect à l'école.
L'école des nombres est supposée être un établissement sérieux, cher monsieur,
pas une école de cirque.
Nous exigeons que vous preniez des mesures pour remédier à cette situation.
Vous m'entendez ?
Sinon, nous nous verrons dans l'obligation d'inscrire notre fils ailleurs.
Je vous laisse le soin de me rappeler.
Le front de monsieur Poincaré se barra d'un pli soucieux.
Des messages couroussés comme celui-ci,
il en avait reçu une bonne douzaine depuis le début de la semaine.
Sans compter la pile de lettres furibondes qui grossissaient sur sa table.
Et cela ne faisait que commencer.
Il se leva et se remit nerveusement à faire les sans pas dans son bureau.
A force d'arpenter à grandes enjambées la pièce depuis le matin,
il avait bien dû faire 10 km.
Il était désemparé.
Il avait pensé bien faire en réintégrant 200 milliers et millions milliards.
Oui, même, il était certain d'avoir bien fait.
Mais il avait sous-estimé les conséquences de sa décision.
Depuis le retour de Vincent, beaucoup d'élèves s'étaient mises à l'initée.
Surtout les plus jeunes.
L'horloge sonna 11h.
Machinalement,
Monsieur Poincaré jeta un coup d'œil par la fenêtre.
Les élèves partaient en cours de sport,
rangés 2 par 2, derrière le professeur de gymnastique.
Il repéra sans difficulté vers la fin du rang,
Vincent, comme souvent à côté de son inséparable ami 4,
qu'il tenait par le trait d'union.
Derrière eux, trottinait le jeune 3,
qui était, oh, comme quelques pommes,
rouge de fierté d'être à côté de Vincent.
Le directeur les observa marcher vers le terrain de sport pendant quelques minutes.
Quand il vit distinctement,
le petit 3 regardait discrètement autour de lui
et persuadait que personne ne l'avait vu.
Sortir de sa poche,
une petite écharpe orange,
qu'il noit autour de son cou.
Monsieur Poincaré faillit s'évanouir d'horreur.
Une écharpe orange ?
Oh, c'était encore pire qu'il ne le pensait.
Il referma le rideau et s'écroula dans son fauteuil
la tête entre les mains.
Oh, il s'en voulait.
Il aurait dû envisager cette possibilité.
Vincent était devenu un modèle.
Que se passerait-il si tous les nombres se mettaient à faire comme lui ?
Le pensionnat perdrait toute crédibilité.
Les parents, mécontents, retireraient leurs enfants jusqu'au dernier.
Et l'école des nombres n'aurait plus qu'à mettre la clé sous la porte.
Le directeur soupira
et il se décida à faire ce qu'il se refusait de faire jusqu'à présent.
Il écrivit un mot au professeur d'histoire
en lui demandant d'envoyer 20,000,000 et millions milliards
dans son bureau après la cantine.
En début d'après-midi, on ne fera pas discrètement à la porte.
Ah, Vincent !
dit le directeur d'un ton paternel.
Entre, je t'en prie.
Vincent sourit au directeur
et il vint sa soir sur le fauteuil qu'il lui faisait face.
Ces deux-là s'entendaient bien désormais.
Vincent n'avait pas oublié la bienveillance de M. Poincaré
et le directeur ne pouvait s'empêcher de trouver attachant
ce petit garçon joyeux comme un arc-en-ciel.
Eh bien, Vincent,
dit le directeur d'un ton hésitant,
je t'ai convoqué parce que
je sais pourquoi je suis là, Monsieur,
dit Vincent d'une voix désolée.
Tous les copains ne parlent que de ça dans les couloirs.
Beaucoup de parents sont furieux
et si ça continue comme ça,
l'école des nombres va fermer.
Tout ça à cause de moi.
Ne dis pas ça, Vincent.
Souvira le directeur.
Ce n'est pas à cause de toi,
mais je dois avouer que je ne sais pas quoi faire.
Je pourrais leur parler ?
Sugérera Vincent et leur demander de ne pas me copier ?
J'ai bien peur que cela ne suffisse pas, Vincent.
Dis gravement le directeur.
Il faut montrer l'exemple.
Quand on a de l'influence sur les autres,
on a une grande responsabilité, tu sais.
Je ne vais pas revenir sur ma décision.
Tu as le droit d'être différent
et j'ai même l'intuition que c'est une bonne chose.
Mais nous devons fixer des règles.
Tu as remarqué que lorsqu'ils sont derrière toi,
les chiffres et les nombres se mettent à porter des accessoires de couleurs.
J'ai vu des foulards, j'ai vu des chandailles,
j'ai même vu des certes aides.
On ne peut pas laisser cela s'installer.
Alors, voici ce que nous allons faire.
Si tu es au dernier rang, je t'autorise à garder tes vêtements multicolors.
Mais, s'il y a d'autres nombres derrière toi, notamment les plus jeunes,
tu devras rester invariable.
Je te laisse trouver la meilleure façon de faire.
Il sourit d'un air rassurant.
Et je sais que tu trouveras.
Tu es malin ?
Allez, mon garçon, fais l'enrecréation.
Vincent sortit du bureau, les sourcils francaient.
Au lieu de rejoindre ses camarades,
il s'assise sur un banc dans le couloir.
Il réfléchissait.
Il passa même toute la journée à réfléchir.
Et le soir, Vincent téléphona à sa grand-mère.
Grand-mère, millier, million, milliard,
était une adorable vieille dame au gros chignon blanc,
toujours vêtue de chaud, pull en laine,
parsemée de fleurs qu'elle tricotait elle-même.
Bonjour, grand-mère, dit-il.
C'est Vincent, j'ai besoin que tu m'aides.
Et il lui explique à tout.
Grand-mère, millier, million, milliard,
écouta attentivement Vincent.
C'est d'accord, mon tout petit.
Je m'en occupe.
Tout va s'arranger, tu peux me faire confiance.
Je t'envoie ça par la poste.
Et elle raccrocha.
Dix jours après, à l'heure du petit déjeuner,
Vincent reçut un énorme paquet biscorneux
enveloppé de papier doré.
Il le range indiscrètement dans sa case,
sans l'ouvrir.
À onze heures, quand chiffres et nombres sortirent
pour aller au stade, chaudement en mitouflée,
car il ne jette à gros flocons,
Vincent avait un gros sac sur le dos.
Les autres nombres le regardèrent avec curiosité,
mais Vincent ne donnaient aucune explication.
Il rejoignit simplement le bout du rang.
Le professeur de gymnastique donnait un coup de sifflet.
En avant, les enfants !
S'exclamait-il joyeusement.
Faire de l'exercice va nous réchauffer.
À ce moment-là, les petites dix et neufs
accoururent tout et soufflé.
Vincent ! Vincent ! Attends-nous !
Crièrent-ils.
Avec un large sourire,
les deux petits se rangèrent derrière Vincent.
Ils jetèrent un couteau autour d'eux
pour être sûrs que le professeur avait le dos tourné
et il sortir de leur poche des gants multicolors
qu'ils enfilèrent en faisant un clin d'œil à Vincent.
On fait comme toi, Vincent !
Chuchoterti et l'ompe poufandrirent.
Nous aussi, on met des couleurs.
Alors, Vincent ouvrit son gros sac à dos.
Il en retira une grosse pèlerin en laine.
L'appel cap chaude entièrement noir
que grand-mère millier-million milliards lui avait tricoté.
Il la revêtit et la boutonna jusqu'au cou
et hop ! Son anoracle violet disparut.
Puis il met la capuche sur sa tête
et hop ! Son bonnet à pompons turquoise disparut aussi.
Il était tout de noir vêtu,
comme tous les autres nombres de l'école.
Les jeunes dix et neuf le regardèrent décontentencé
et vite ils se attaient de ranger leurs gants dans leur poche.
Si Vincent était un variable, alors ils feraient comme lui.
Tout fier, Vincent jeta un coup d'œil vers la façade du pensionnat
et il vit par la fenêtre le directeur
qui lui faisait un clin d'œil.
C'était Vincent millier-million milliards.
Une histoire écrite et racontée par Elodie Fondacci
sur des pièces d'Eric Sati.
Retrouver cette histoire dans le recueil
Vincent millier-million milliards de la collection
histoire farfelue d'orthographe.
Des albums avec des jeux illustrés par Marianne Barcelon
et Veronich Des aux éditions Le Robert.

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