Or, en donner un jour, ou partez pour toujours avec Colombia.
La marque conçoit des vêtements, des chaussures et des accessoires
intégrants des technologies testées en conditions réelles
depuis plus de 80 ans, pour les passionnés d'aventure du monde entier.
Colombia est fière d'accompagner le podcast Les Balladeurs.
Paris Marseille
Depuis des années, Médie des bras marchent.
Paris Marseille, Paris Lisbonne, Paris Venise, Paris Copenhague,
autant de kilomètres à pied qui lui permettent d'échapper au quotidien
et, selon ses mots, de devenir une meilleure version de lui-même.
En chemin, il en profite pour récolter des fonds, pour des associations
et pour partager les plaisirs et galères du voyage en temps réel
avec des centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux,
un public qu'il veut inspirer et à qui il veut transmettre sa passion du voyage à pied.
En 2022, suite au décès de son père, il se lance un grand défi,
faire Paris alger à pied, soit 4000 kilomètres à travers la France, la Suisse, l'Italie,
la Sicile et la Tunisie, pour aller retrouver son grand-père dans la banlieue d'Alger
et surtout faire un pas vers le deuil.
Alors, ma première longue marche, c'était en 2015. J'ai fait Paris Marseille à pied.
Je pense qu'il y avait un petit ras le bol de Paris et il y avait aussi l'envie de me challenger.
J'étais un moment de ma vie où scolèrement parlant, je n'avais pas trop réussi.
Donc j'avais besoin de m'accomplir dans autre chose et je me suis dit, allez,
pourquoi pas tenter Paris Marseille à pied ?
Je suis parti juste après à Venise.
Venise, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai fait Paris Venise à pied,
après Paris Saint-Sébastien, qui de base devait être Paris Lisbonne à pied,
mais c'est la seule marche que j'ai abandonné en cours de route,
parce que je n'étais pas préparé au froid. C'était la première fois que je partais dans le froid.
Faites-tu que général ? Beaucoup de mes aventures tout au long de ma marche,
ça a fait que à Saint-Sébastien, ça a craqué et je me suis dit, allez, je rentre à la maison.
Ensuite, Paris Saint-Malo, Paris Copenhague et Paris Alger.
Mon déclic pour partir de Paris Alger, ça a été le décès de mon père.
J'avais prévu de faire ce voyage-là, mais je me suis dit que j'allais me consacrer à ma vie professionnelle,
parce que à chaque fois que je partais marcher, je perdais mon emploi et je devais tout recommencer.
C'est un plaisir pour moi de marcher, mais en même temps, il faut pouvoir gagner sa vie.
Donc j'avais décidé de plus marcher, puis il y a eu le décès de mon père qui a été assez soudain,
et je me suis posé plein de questions. Je me suis dit, on n'a pas la garantie de pouvoir vivre
même l'heure qui suit. On se projette tout le temps, mais finalement, il faut pouvoir vivre ces expériences-là.
Donc je me suis dit, allez, je vais marcher de Paris Alger, en plus, ça a du sens, parce que mon père, il est d'Alger.
Et je me suis dit que j'allais aussi récolter des fonds pour une association,
pour la construction d'un château d'eau qui serait en son nom.
En fait, ce qu'on peut faire pour un mort dans la religion musulmane, c'est qu'on peut faire des prières pour lui,
ou on peut faire ce qu'on appelle une sede accrégérias, ça s'appelle une nommone continue.
Et une des façons de rendre hommage, c'est d'acheter de l'eau et de donner de l'eau à des gens qui ont besoin.
Et donc moi, à travers ce château d'eau, j'ai voulu faire ce qu'on appelle une nommone continue.
Donc à chaque fois que quelqu'un, que ce soit un humain ou même des oiseaux, vont boire de cet eau-là,
il aura donc des bonnes actions en son nom.
La relation avec mon père, j'aurais du mal à la qualifier, mais c'est lui qui m'a inculqué les valeurs du sport, déjà.
Quand j'étais petit, j'étais un peu bouboule, donc il aimait bien me faire marcher.
C'est lui qui me faisait tout le temps marcher, j'ai ce souvenir-là qui me faisait aller partout,
on allait à Opéra, on allait me promener tout le temps depuis tout petit.
Et j'ai même cette anecdote-là, quand je lui ai dit que voilà, j'avais fait Paris-Marseille à Pia,
à l'époque, il me disait que c'était grâce à lui.
Mon plan avant de partir, c'était 136 jours.
Je me suis dit que je vais mettre 136 jours, après, par expérience, je sais qu'on prend toujours un peu plus de temps,
quand on marche, je voulais pas faire une course non plus.
J'avais prévu en total de 4000 km.
Donc j'avais prévu de rejoindre la Via Francigena, ce chemin de pelrinage,
qui a été emprunté par l'archevec de Canterbury au 9e siècle pour rejoindre le pape.
Donc j'avais prévu de prendre ce chemin-là, le rejoindre quelque part en France,
aller jusqu'au Rome et de Rome faire encore un petit bout de la Via Francigena du Sud
et ensuite la quitter pour aller à Palerme.
Et ensuite de Palerme, je prends le bateau jusqu'à Tunis, et de Tunis, je marche à pied jusqu'à Algé.
Donc tout ça 136 jours.
Avant de partir, je me sens un petit peu coupable aussi,
parce que je laisse ma mère seule.
Je me dis que, bon, elle a déjà perdu son mari, et puis c'est moi qui pars pour quand même beaucoup de temps.
Je me demande si c'est pas un petit peu egoïste aussi.
Je sens que je dois partir, je sens que je dois le faire.
Ma mère, elle me fait confiance.
On est au moment du départ, le 5 mai 2022, et j'avais mis tous mes appareils électroniques à charger.
Je devais partir à 6 heures du matin, mais je me réveille à 10 heures.
Donc à ce moment-là, je me dis que peut-être qu'il faut pas que je parte aujourd'hui,
mais j'aime beaucoup partir le lundi.
Donc je me dis aller, c'est parti. Je pars lundi, je prends mes affaires, j'embrasse ma mère et je décide de partir.
Mon départ, c'est jamais de Paris.
Donc je prends les transports en commun pour partir à la fin de l'île de France.
Donc je fais mon départ de Melin, et je me souviens que je prends mon support du téléphone.
Je l'accroche à un abri-bus, et je fais la vidéo où j'annonce mon départ.
Donc je bégeille une fois, je recommence la vidéo dix fois.
Tout le monde me regarde à l'arrêt de bus.
Et je me sens un peu bizarre, parce que je me dis que là, les gens, ils sont en train d'entendre un gars qui dit qu'il va marcher jusqu'en Algérie depuis la gare de Melin.
Et c'est marrant parce que j'ai l'impression que c'est un peu irréel ce que je suis en train de faire et de dire.
Je finis la vidéo, je la poste et je pars marcher.
Est-ce que c'est une heure pour décoller ?
Elle est 11 heures. Bon, c'est parti, tout à pied.
La prochaine fois que je prends le bateau, ce sera en 6,6.
C'est toujours difficile, je trouve, de trouver l'équilibre entre le fait de vivre son aventure et partager sur les réseaux sociaux.
Mais heureusement que Paris-Venis, Paris-Sacébacien, Paris-Saint-Malo et Paris-Copenhag, ça a été un entraînement pour moi.
Donc là, je me suis dit que j'allais vivre l'aventure avant tout pour moi, mais aussi, qu'il fallait que je sois plus actif.
Je suis parti de la marche, il me semble, sur Instagram avec, ouais, 8000 abonnés.
Et sur TikTok, j'avais créé un TikTok juste avant la marche et j'avais 30 000 abonnés.
Juste à l'annonce du projet, il y a eu beaucoup de gens qui se sont abonnés à moi.
Quand je commence à marcher, je suis très excité.
Je me dis que tu vas au bled à pied.
C'est inexplicable comme sensation, je pense qu'il n'y a pas de mots pour décrire ça, de la gare de Melin.
Je me dis que j'ai tellement de chemin à faire.
Je me dis que je vais passer par la Suisse, par l'Italie, par la Tudisi, par l'Algérie.
Mais j'ai cette image-là de mon grand-père en tête.
Mon grand-père n'est jamais venu en France, donc il n'est pas venu à l'enterrement.
De base, je devais lui faire une surprise.
Il ne savait pas que je marchais à pied.
J'avais prévenu la famille de rien lui dire.
Au début de l'aventure, je suis équipé d'un sac 50 litres.
De dedans, il y a ma tente, mon sac de couchage, ma popote, bon panneau solaire,
pour que je puisse être autonomie en électricité.
C'est à peu près tout, après il y a des vêtements.
Pas beaucoup de rechange, 3 t-shirts, 3 calçons, 3 paires de chaussettes, un pantalon, un t-shirt.
À ce moment-là, j'ai le même panneau que j'utilise, comme d'habitude,
tout le temps, il y a écrit pari-alger à pied, 4000 km avec mes réseaux sociaux,
et je l'ai accroché au sort de mon sac à dos.
J'ai remarqué que c'était utile pour parler à des gens.
J'ai remarqué que souvent, ça évit la curiosité des gens,
mais un peu normal, quand on voit quelqu'un qui marche de pari-alger,
ou peu importe de pari-alise bonne à pied, on se demande pourquoi.
Au bout de 4 jours, j'arrive à 3, encore beaucoup d'angouements, c'est une plus grande ville,
donc il y a plus de gens qui me suivent sur les réseaux sociaux.
La calune, elle augmente, mon nombre d'abonnés aussi,
et le nombre de personnes qui viennent m'aider,
ou me demander juste si j'ai besoin de quelque chose,
ou qui viennent me voir pour me donner des mots d'encouragement,
il y en a de plus en plus.
J'allais descendre les escaliers, là, à une seconde près, je les aurais ratés.
Ils m'ont ramené de quoi manger, et un petit mot.
Accroche-toi, mon ami, tu peux le faire, Mireyana.
Ça fait trop plaisir.
Le second checkpoint après 3, c'est besoin-son.
Quand je suis de marché, il y a toujours autant de bienveillance, les gens m'aident,
et c'est... il me semble pendant mon 11ème jour
que je rejoins la vie à Francigena.
Dès le 11ème jour, je commence à avoir des chemins de randonnée
qui me facilitent la marche et qui me mettent de meilleures humeurs.
C'est toujours mieux que marcher sur les départementales ou les nationales.
Donc je rencontre la vie à Francigena,
qui me fait passer par besançons non loin de la Suisse.
Et ça représentait une nouvelle étape,
donc mon premier changement de pays pendant cette aventure.
Je me mettais promis de retourner en Suisse.
Je l'avais déjà fait une fois à pied,
et là je rejoins le lac Léman.
C'est magnifique.
Les chemins de randonnée, c'est magnifique.
Je plante ma tante une fois.
Au bord du lac Léman, je me réveille le matin,
je pique une petite tête dans le lac,
et je continue ma route jusqu'à un gros morceau de la Suisse.
Et le gros morceau, c'est le Col du Saint Bernard,
où il y a beaucoup de dénivelé.
J'espère même rencontrer de la neige éternelle pour le kiff.
Il y a le lac gelé tout au sommet du col.
A quelques mètres, il y a l'Italie.
Donc je passe de la Suisse à l'Italie.
Et magnifique sensation.
Je prends une petite vidéo, une vidéo mémorable,
parce que je suis en roue libre.
Je suis trop content.
C'est une nouvelle étape, mais une des plus grosses.
Parce que je sais que l'Italie, c'est long.
Faire toute la botte du Nord jusqu'à la pointe à Palerme,
ça va me prendre beaucoup de temps.
Mais à ce moment-là, je suis très content.
Regardez où je suis.
Là, je suis encore en Suisse.
Mais là, le troisième jour de l'aventure,
je suis en Italie.
Ma routine, sur une journée, disons classique,
c'est je me réveille, alors que je veux.
Ensuite, je me fais à manger, ou pas.
Je ne sais pas si il y a vraiment une journée classique.
C'est ça qui est bien, c'est pouvoir faire au gré de ses envies.
Je me lève, je marche.
Je dis bonjour à tout le monde pour créer le contact,
pour voir s'il peut y avoir potentiellement des histoires,
des choses que je peux apprendre.
Tous les jours pendant la marche,
je prie et j'ai tous les jours une prière pour mon père.
Donc que je pensais énormément à lui.
J'aime faire un petit live dans la journée,
selon mes envies, encore une fois, ou pas.
Le soir, souvent, je suis dans ma tente,
je m'occupe de montage vidéo.
Ce que j'aime bien faire, c'est faire à manger en live.
Je cuisine en live.
J'aime aussi faire des petits dates,
des rendez-vous, avec les gens qui suivent l'aventure.
Généralement, quand je mange au resto,
je prends mon téléphone, je le mets en face de moi
et on fait ça avec les gens qui me suivent.
J'appelle ma mère une fois par jour
pour lui raconter les coulisses,
pour la rassurer et pour l'écouter aussi tout simplement.
Par contre, c'est vrai que même si je n'ai pas 10 ans de routine,
j'ai des objectifs.
Je me fixe des objectifs au préalable
et c'est ça qui me permet d'avancer.
J'ai essayé de marcher sans vraiment avoir d'objectifs
et c'est plus difficile de se dire
« bon, aujourd'hui je fais 30 km et je ne sais pas où est-ce que je vais ».
J'ai besoin d'avoir cet endroit-là en vue,
l'imaginer parfois ça m'aide.
Au bout d'un mois physiquement, je suis chaos,
j'ai mal aux jambes, je m'alais tout le corps,
mais ça va, le mental va bien,
parce qu'à ce moment-là, au bout du 30e jour,
il y a déjà le château d'eau qui a été inauguré.
En 30 jours, c'est 10 000 euros, plus de 10 000 euros,
qui arrive à être collectés pour l'association.
En 136 jours, je ne pensais même pas les collecter, c'est magique.
Je ne peux que avoir la pêche, je communique du coup avec l'association,
ils me disent qu'on peut lancer la construction, peut-être un deuxième château d'eau.
Donc ça me remotive encore plus.
Finalement même si mon physique à ce moment-là,
j'ai mal, mon moral, il va bien.
Je continue de marcher
et je me retrouve un moment face à une rivière
avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de courants.
Je n'arrive pas à évaluer le fond de cette rivière-là.
J'essaie dans un premier temps de mettre le sac
sur ma tête et d'avancer.
J'avance, mais le courant est beaucoup trop violent.
Je manque de tomber une première fois.
Et je décide de faire demi-tour.
J'ai deux solutions qui s'offrent à moi à ce moment-là.
Soit je traverse la rivière à l'anage,
soit je dois faire un détour d'environ 4 heures.
Je décide de faire ce passage-là à l'anage.
J'avais des sacs poubelles avec moi, j'avais des sacs étanches.
Donc je divise mon sac en deux petits sacs étanches.
Et je fais un premier aller-retour qui m'épuise totalement.
Ensuite je me dis que je vais faire un dernier.
Ce que je décide de faire, c'est de prendre le deuxième sac
et de laisser un peu d'air pour pouvoir faire des bouées
ou des caos que le courant m'emporte.
Je le ferme d'une certaine manière à laisser de l'air à l'intérieur.
Et je traverse une deuxième fois cette rivière-là.
Le deuxième passage m'épuise totalement.
Je longe une espèce de côte pleine de pierre
pendant à peu près 15 minutes.
Donc ça me fait super mal aux chevilles.
J'ai réussi à sortir de cet endroit-là et complètement épuisé.
Je m'assois à côté d'une maison pendant environ 20 minutes.
Il y a un monsieur qui se m'a sorti de la maison qui me regarde,
qui me dit ciao, il retourne chez lui.
Moi je suis toujours épuisé, trempé jusqu'au pied.
Et là c'est cette fois sa femme qui sort
et qui me dit de rentrer chez elle.
Donc je prends mes affaires, je rentre chez eux,
elle me donne d'une serviette et elle me dit d'aller me doucher.
Je suis trop content.
Et au moment où je sors, je vois qu'ils ont dressé une table
et qu'ils m'invitent à manger chez eux.
Je sens que la dame est un petit peu triste.
Je sens quelque chose chez cette dame-là.
La discussion suit son cours
et elle me dit ensuite que son père était mort
dans la rivière que j'ai traversée.
Un mélange de tristesse et de honte
à ce moment-là parce que je me suis dit
que j'aurais pu éviter, c'était dangereux.
Et de l'autre côté je me disais aussi
que je les aurais peut-être pas rencontrés ces gens-là.
Et finalement, au final, je pense même pas avoir gagné du temps
parce que j'ai fini par dormir chez eux.
Ça fait deux semaines que je suis en Italie
et tout se passe bien.
Contrairement à 2019, j'avais eu une expérience
un peu moins bonne en Italie.
À la différence de ce voyage-là,
j'étais pas tout seul.
Pour Paris-Venisapie, j'étais avec un ami à moi.
Lorsqu'on marcha à deux,
on a tendance à moins s'ouvrir aux gens.
Lorsqu'on est tout seul, finalement,
on est amenés à plus aller vers les gens.
Parce qu'on a besoin des gens au quotidien.
Donc tout se passe vraiment bien.
Je parle à énormément de personnes.
À ce moment-là, je communique 10% italien,
20% français et 70% langage d'ici.
Voilà, j'essaie de pas utiliser mon téléphone.
Généralement, quand je suis dans ce genre de voyage,
à moins que j'ai besoin de quelque chose de très spécial,
je vais sur Google Images et je montre une image.
Mais sinon, j'essaie de pas utiliser mon téléphone,
de me débrouiller.
Et puis, ça me permet d'apprendre aussi la langue.
Moi, ce que j'aime, c'est fonctionner en étape.
Et là, je me dis, la prochaine étape,
ça va être de voir la mer.
Parce que j'ai prévu pour la suite de l'aventure,
de longer la côte.
Au jour 50, j'arrive vers la mer.
Et pareil, une nouvelle victoire,
une nouvelle checkpoint.
Ensuite, je continue de marcher
jusqu'à la tour de Pies.
Ça aussi, la première fois que je vois la tour de Pies.
Mentalement, à ce moment-là, je me sens bien.
Je fais une grosse partie du deuil.
Mais l'amour que les gens m'envoient
sur les réseaux sociaux m'a vraiment aidé.
J'ai vraiment l'impression d'être dans une bulle,
pas qu'à travers les réseaux sociaux,
mais dans ma vie en général.
J'ai le sentiment d'être protégé.
J'ai trouvé en Italie un peu le juste équilibre
entre le fait de me sentir un peu plus seul
face à moi-même.
Parce que fatalement, c'est un pays
où il parle pas français, donc je suis moins suivi.
Et le fait aussi de me retrouver,
aider grâce aux gens qui sont derrière leur téléphone.
Ma réalité par rapport au réseau sociaux,
c'est que finalement, on décide d'en faire ce qu'on veut.
Les gens qui disent que sur les réseaux sociaux,
il n'y a que des insultes, ça peut être vrai.
Les gens qui disent qu'il peut y avoir
des bonnes choses et de l'entraide, c'est vrai aussi.
C'est comme les commentaires, finalement.
Il y avait des commentaires un peu racistes
dans le sens qu'il rentre dans son pays.
Mais moi, j'en fais ce que je veux.
Il y a eu aussi des commentaires me disant
que j'étais un voleur par rapport à la caniote.
Ça, ça me fait un petit peu plus mal.
Parce que je me dis que ça peut déjà empêcher les gens
de participer à la caniote.
Et que moi, cette caniote, c'est un hommage à mon père.
Donc, je peux prendre ça à coeur.
Je peux décider de faire demi-tour
parce que je me sens blessé et offensé.
Je peux en faire une force.
Quand je me suis mis à avoir énormément d'abonnés,
donc il y a beaucoup de bienveillance.
Et du coup, la malveillance aussi,
on a un petit peu plus.
Mais globalement, ça représente...
J'en parle jamais en réalité,
mais ça représente un pourcent, un petit pourcent.
Donc, c'est à moi aussi de faire le choix,
de donner du pouvoir à ces gens-là
ou de tout simplement me dire
que ça n'a pas forcément d'importance.
Le 65e jour de l'aventure,
je trouve un super spot pour mettre ma tente.
Pas très loin de la mer, je suis un petit peu en hauteur.
J'allume un live et je partage ce spot magnifique.
Donc, je passe au montage de l'attente.
Je me fais un petit thé en live.
Tout se passe super bien.
Et je dis aux gens qui me suivent que je vais aller dormir.
Et ils commençaient à avoir des gros nuages.
Et j'ai même le souvenir que quelques jours avant,
je ne sais plus pour quelle raison,
je m'étais moqué des gens qui avaient peur des orages.
Et là, ils commençaient à avoir des nuages.
La pluie, ils commençaient à avoir beaucoup de pluie.
La pluie s'infiltre, même un peu sous ma tente,
parce que je suis sur un petit morceau de terre
où finalement, la Terre s'imbibde.
Je ressens l'humidité du haut de mon dos
jusqu'à la pente de mes chevilles.
Et là, l'orage gronde.
J'entends les orages grondées.
Et il y a même ce truc là, on dit que chaque seconde,
c'est représente un kilomètre.
Sauf que là, dès que je voyais les clairs,
je l'entendais directement.
Et je commence à avoir trop, trop, trop peur.
Donc je prends une petite vidéo.
Et j'explique que je suis dans le mal,
que je ne suis pas trop bien,
que ça va être compliqué de dormir.
Je passe la nuit sous ma tente en boule.
J'ai peur de me faire frapper par l'orage,
bien qu'il y ait très peu de chance,
mais c'est tellement impressionnant à ce moment-là
que je me dis que c'est fou.
La nuit passe.
Fatalement, je n'ai pas très bien dormi.
Mais je prends mes affaires.
L'an-demain, il fait très beau, donc je l'ai fait sécher.
Et c'est reparti.
Je continue de marcher en direction de Rome.
À ce moment-là, je suis un patient,
parce que Rome, ça représente 50% de l'aventure.
Je suis à la foire assuré.
Et je me dis qu'il y a quand même pas mal de routes le plus gros,
reste à venir.
Je me suis moqué de pas mal de personnes qui avaient peur des orages.
Je présente mes excuses publiques.
Hier, j'ai cru que ça allait être la fin du film.
Environ 70e jour de l'aventure, j'arrive à Rome.
Et je suis trop content.
Je dors chez des anciens voisins à moi,
qui habitaient dans mon immeuble.
Et c'est le moment de recharger les batteries,
me laver, faire le tri dans mes affaires,
parce qu'à ce moment-là, je laisse des petites affaires chez eux
pour alliger mon sac à dos.
Ils commençaient à devenir un petit peu trop lourd.
Et bien sûr, visiter Rome.
À ce moment-là, je suis à 2000 km.
Et c'est vrai que je suis plutôt confiant sur la suite.
Mais il y a ce mélange-là un peu de...
pas de peur, mais un petit peu toujours d'appréhension,
parce que le plus dur reste à venir,
ils commencent à faire très chaud.
Je fais des journées de marche,
ou 35°C.
Et je sais que plus je vais descendre,
moins ça va s'arranger,
il va faire de plus en plus chaud.
En Italie, c'est magnifique,
parce que très souvent à ma droite,
il y a la côte, il y a la mer.
Magnifique.
Les petits villages suspendus
près de la côte,
ou sinon de la forêt généralement,
parfois il y avait des grandes routes,
parfois il y avait des petits chemins.
Je m'enfonce pour éviter les grandes routes.
Je trouve un chemin de randonnée
qui est parallèle à la grande route,
que je repère sur mon téléphone.
Sauf qu'à ce moment-là,
je ne vois pas la différence de hauteur
entre les deux chemins.
Je me retrouve à m'enfoncer dans ce chemin-là.
Je déteste faire des demi-tours.
Je sens que le chemin n'est pas bon,
mais je décide de m'enfoncer de plus en plus.
Je me retrouve plein de galère
dans ce chemin-là.
Très difficilement practicable.
A ma droite, il y a la mer.
Sauf qu'il n'y a aucune sécurité.
Il suffit que je fasse un mauvais pas
pour que je glisse et que je m'écrase
contre les rochers à ma droite.
Mais je continue le chemin.
Je continue le chemin.
Et seconde étape.
Des pierres qui ne passent pas très loin de moi,
donc des éboulements,
qui viennent de la gauche.
Et les pierres qui viennent s'écraser contre l'eau,
à plusieurs reprises.
À ce moment-là, je regrette le voyage.
Honnêtement, à ce moment-là,
j'avais mes jambes qui tremblaient
de peur, qui m'arrive quelque chose.
J'ai un peu la peur de ma vie.
Et...
En 5 secondes, j'arrive à me reprendre.
Je me dis que c'est bon.
Tu peux le faire.
Mais pour ça, il va falloir que tu laisses
les affaires derrière toi.
Donc je retire mon sac à dos.
Je laisse mon sac à dos,
avec mon téléphone, mes papiers.
Je mets mes vêtements, mon short,
ma perte de basket.
Ça me permet d'être beaucoup plus léger.
Donc je me mets à escalader
et à prendre de la hauteur.
Et en prenant de la hauteur,
j'arrive à observer un chemin qui se dégage.
Je décide de
refaire demi-tour,
prendre mon sac à dos, et emprunter
un petit chemin
que j'ai pu observer un peu plus haut.
J'arrive à rejoindre la route.
Tout ça, ça a duré environ 1 heure.
Je me sens pas bien.
Je pense qu'à ce moment-là,
j'ai sécrété beaucoup de règles de renalignes.
J'avais la poussée, j'avais énormément soif.
Et je continue ma route.
C'était la veille de mon anniversaire.
J'ai vraiment pris ça comme un cadeau,
de pouvoir rester encore en vie.
Je continue d'appeler ma mère tout le jour au téléphone.
Je sens dans sa voix
qu'elle est de plus en plus fière de moi.
Et elle voit le chemin
petit à petit se dessiner de plus en plus.
Parce que c'est vrai que lorsqu'on s'est dit en voir,
pas réalger, ça représentait que des mots.
Mais maintenant,
ça représente de plus en plus une histoire.
Surtout qu'elle est dans les coulisses
de Zressy-la.
Je lui raconte énormément de choses,
tout ce qui se passe tous les jours.
La prochaine grosse étape, c'est la Sicile.
Pour passer en Sicile,
je sais que je dois prendre le petit bac
qui ramène en Sicile
15-20 minutes de bateau.
Et je me dis bon, enfin.
Bientôt, je change de continent.
Parce que je commençais un petit peu à m'impenser en thé.
Ça faisait environ 75 jours
que j'étais en Italie.
Et je voyais plus trop le bout du tunnel.
On est enfin le jour J.
Je passe en Tunisie.
Il y a énormément de monde
pour aller en Tunisie.
Ce sont des bateaux
énormément fréquentés.
Ce sont des grands bateaux.
J'ai un petit peu cette peur-là
en moi, à chaque fois,
que je passe des frontières
ou je présente
mes papiers pour aller
d'un pays à l'autre.
Donc je ne sais pas, je me dis toujours
est-ce que ça va le faire ou pas.
Ça me fait plus peur qu'une journée de marche.
Mais tout se passe très bien.
Et là, je monte dans le bateau
et je suis prêt
à arriver en Tunisie.
J'arrive en Tunisie après 9h de bateau.
Je sors du bateau
et je me fais bloquer par la douane.
Mes peurs sont confirmées.
Je me fais bloquer environ 2h30 par la douane.
Ils me posent énormément de questions.
Et ce qui ne comprenne pas
c'est que j'ai aucun hôtel
ou aller.
Donc on prend un peu du temps
avant de se comprendre et tout.
Mais finalement, c'est passé.
Et dès le premier jour
je suis attendu par un membre
de l'association
pour qu'on puisse organiser
une distribution alimentaire.
Parce qu'à ce moment-là,
au niveau de la canneille, on a dépassé les 20 000 euros.
Donc il y a eu la construction
de deux châteaux d'eau,
un autogo et un Niger.
Et là, on décide de financer
une distribution alimentaire en Tunisie
sur ma route pendant la marche.
Donc je dors dans un hôtel
à Tunis avec
Mamadou de l'association
Life ONG.
Et ça me fait du bien parce que
on était déjà en correspondance depuis quelques temps.
Et là, je le vois enfin.
Et il m'annonce aussi
qu'il décide de marcher 3 jours avec moi.
Jusqu'à Alger, il me reste 1000 km.
J'ai fait en tout 3000 km.
Il me reste 1000 km de Tunisie
approximativement jusqu'à Alger.
Je me refais connaître à nouveau.
En Tunisie,
les gens parlent beaucoup français.
Sur les réseaux sociaux,
il y a des familles qui se lancent à ma recherche,
qui me ramènent de quoi manger.
Comme au début de l'aventure, finalement,
en France et en Suisse.
Ça ne m'opresse pas.
Disons que c'est toujours fait
avec énormément de bienveillance.
Mais c'est un peu plus tard
que parfois, ça devient un petit peu compliqué
pour que je puisse trouver
l'équilibre entre les réseaux sociaux.
Mon aventure à moi
qu'il faut que je vive
et prendre du temps pour les gens.
Parce que je n'oublie pas
qu'il y a des gens qui font de la route
pour venir me voir et qui veulent passer
un moment privilégié avec moi.
C'est très dur de trouver la bonne balance entre tout ça.
Ce que j'aime pendant la marche,
c'est se dégrader là
qu'on ne sent pas lorsqu'on est en voiture
ou en avion de décors et de paysages.
Ça se fait beaucoup plus progressivement.
Donc, le changement,
il n'est pas tant brutale que ça au niveau du décor
parce que j'avais l'impression
de me retrouver en quelque sorte
un peu en Sicile
lorsque je suis à Tunis.
Il n'y a pas une énorme différence.
Bien sûr, après, il y a la différence de l'arbe.
Il y a la langue, des infrastructures.
Je me sens bien, je me sens accompagné.
Et ensuite,
il faut que je rejoigne la frontière en Algérie.
Sauf que, à ce moment-là,
je passe par les endroits les plus désertiques
que j'ai rencontrés
pendant toutes mes marches.
Il fait très chaud.
Je rencontre personne pendant des heures.
Et je marche
tant des endroits où il fait
vraiment très sec.
Je rencontre les premiers chiens Iran
qui marchent en troupeau.
Ça me fait un petit peu flipper.
Et j'arrive à me frayer
un petit chemin à chaque fois.
Et je marche
comme ça, des tapes en étapes
jusqu'à arriver
à la frontière en Algérie.
Il y a deux fois où j'ai vraiment très,
très soif.
Mais heureusement, que j'ai rencontré un monsieur
qui était sur un âne, qui me demande très gentiment
« Est-ce que tu veux monter sur l'âne ? »
Alors honnêtement, j'étais à deux doigts de craquer.
Je me suis dit
« Est-ce qu'on peut dire que c'est de la triche ? »
Maintenant, je lui ai dit que je pouvais pas.
J'ai dit par contre
« Si tu as de l'eau, je veux bien ».
Il avait une bouteille d'eau congelée.
C'était le plus beau moment de ma vie.
Et heureusement,
qu'il y avait ce genre de petite rencontre inopinée
à des moments
où j'avais vraiment très soif
qui m'ont permis de me ravitailler en eau.
Le passage de la frontière en Algérie
c'est le moment le plus stressant de mon aventure.
J'ai mal au ventre.
Donc j'arrive à pied à la frontière.
Ce que vraiment personne ne fait.
Je suis le seul à venir à pied.
Donc on pose millé une question
et j'arrive au moment des fouilles.
Et je restresse à nouveau par contre.
Le doignie me regarde.
Il me dit
« T'es venu à pied, de France toi ? »
Je lui ai dit oui.
Il me dit « Bon, allez, passe. »
Et voilà comment je fais mon premier pas en Algérie.
La frontière est juste là.
Merci les gars, merci beaucoup.
Merci frère.
126 jours et je suis en Algérie.
Algérie vous souhaite la bienvenue.
Merci beaucoup, merci pour l'accueil.
J'y croyais pas.
Je me mets à pleurer de joie.
Parce que c'est quand même...
C'est une victoire.
En vrai, à ce moment là c'est une victoire.
Ce que je peux dire c'est que j'ai marché de Paris
jusqu'en Algérie à pied.
À ce moment là il me reste 30 jours de marche.
On me fait comprendre que je suis bien en Algérie
parce qu'il y a des drapeaux partout au début.
Dès que j'arrive en Algérie
je vois des drapeaux partout.
Algérie, Algérie, Algérie.
C'est aux fenêtres, aux lampes à d'air.
Et donc à chacun de mes pas
je me rappelle un peu plus que j'y suis.
Je l'ai fait.
La première étape
c'est la ville de Anaba.
Anaba, donc tout à fait à l'est de l'Algérie.
J'arrive là-bas et je suis content
parce que c'est une grande ville.
Je vais pouvoir visiter.
Je me retrouve un peu plus dans cette ville-là.
Et à Anaba je suis un peu chamboulé.
Parce que
j'apprends que mon grand-père,
du côté de mon père,
est enterré à Anaba.
Ce que je savais pas,
enfin parce qu'il est décédé à Algérie.
Donc mon grand-père,
du côté maternel, celui que je vais voir,
il est bien vivant, il est algé.
Mais du côté de mon père,
il est enterré à Anaba et je l'apprends là-bas.
Et j'apprends que
le cimetière est vraiment sur ma route.
Donc c'est quelque chose que je décide
de ne pas partager sur les réseaux sociaux,
de ne pas en parler du tout.
Et donc sur la route,
je décide d'aller faire une petite visite
à mon grand-père.
À ce moment-là, je me dis que c'est fou
de faire une marche, de parier algé à pied,
en hommage à mon père qui est décédé.
Et sur la route,
aller voir le père de mon père
pour tout lui raconter, c'était fort.
Pendant environ 2 jours,
je fais silence radio à Anaba sur les réseaux sociaux
parce que j'avais besoin de digérer tout ça.
Une des choses que je préfère dans la marche,
c'est prendre le temps.
Et on aura toujours des choses à apprendre,
chaque kilomètre carré à une histoire, finalement.
Et en échangeant avec les gens d'un peu partout,
on va beaucoup plus apprendre,
que ce soit sur les traditions, les coutumes,
l'histoire,
même l'histoire que les gens ont à nous partager,
leur propre histoire.
C'est quelque chose qui nous fait grandir.
Après la visite au cimetière à Anaba,
je continue de marcher.
Donc Anaba, Skigda, Jigel, Bejaia,
je découvre l'Algérie.
C'est vraiment un moment fort pour moi
parce que c'est mon pays d'origine.
Mes deux parents sont algériens.
Et je me dis que j'ai entreguébé une chance
parce que je l'ai provoquée,
j'ai marché quand même jusqu'à l'abà.
J'ai une chance de pouvoir visiter le pays
comme peu de personnes vont avoir l'occasion
de le visiter dans leur vie.
J'ai traversé la moitié du pays,
quasiment à ce moment-là, la moitié de la côte.
J'ai changé à propos de plein de choses.
Je vois que je représente une fierté nationale
parce qu'on parle de moi à la télévision.
D'ailleurs, de l'autre côté,
malheureusement, le secret que je devais garder,
il est un peu dévoilé au grand jour
parce que mon grand-père me voit à la télévision.
Et il me dit...
C'est mon petit-fils-là qui marche des pharis jusqu'à l'âge.
Ma mère, donc, j'ai tous les jours au téléphone,
elle me dit,
« Écoute, papy, il est au courant que tu viens jusqu'à lui à pied.
Par contre, je décide de ne pas en rentrer en contact avec mon grand-père
jusqu'au jour où j'arrive devant sa porte.
Je me dis que c'est pas très grave et qu'il y avait deux options.
Soit il est surpris et fier,
soit il est fier tout court.
Et le plus important, c'est qu'il soit fier.
C'est pour la bonne cause parce que l'objectif de base,
c'était vraiment la construction du château d'eau
et toute cette médiatisation,
elle a permis une plus grosse somme collectée.
Donc c'est que du bonheur.
On est à dix jours.
Je suis épuisé physiquement et mentalement,
mais je peux faire le parallèle avec une journée de marche classique.
Pendant une journée de marche classique où je marche 40 km,
les 30 km sont, entre eux, mais faciles
et les 10 derniers sont vraiment durs
parce qu'on sait mentalement qu'on arrive vers la fin.
Et là, à l'échelle d'une grande marche comme pari, elle j'ai à pied.
J'ai fait 90% du voyage
et les 10% c'est les plus durs.
Tout ça, j'en suis conscient.
En partageant cette aventure sur les réseaux sociaux,
je voulais partager tous les messages en lien avec la marche.
Donc que la bienveillance, elle est encore là.
Que souvent, on parle de ces gens-là qui ne sont pas bienveillants,
on parle d'effets divers parce que ça peut faire vendre et tout,
ça crée de l'émotion chez le lecteur et tout.
C'est la vérité, mais il y a beaucoup plus de gens bienveillants
et encore heureux et heureusement.
C'est un des messages vraiment que j'ai voulu faire passer.
Ensuite, il y en a plein.
Il y en a plein.
Je sais que j'ai aussi aidé des gens qui ont perdu des membres de leur famille.
J'ai en quelque sorte partagé le fait qu'il ne faut pas se laisser abattre dans la vie,
qu'on peut faire des forces, nos souffrances.
Ça aussi, c'est un message que j'ai véhiculé.
J'ai véhiculé aussi le fait de prendre des risques dans la vie.
Quand j'ai quitté mon emploi, beaucoup de personnes pensent que je ne suis pas comme monsieur tout le monde,
mais si je suis comme monsieur tout le monde,
à la fin de mois, si tu n'as pas d'argent, c'est compliqué.
C'est-elle fric ou vide ? C'est compliqué.
On doit tous travailler.
On est tous dans la même situation.
Donc ça aussi, je vais montrer que prendre des risques, c'est important.
Pour moi, la marche, c'est un peu l'école de la vie.
J'ai grandi en marchant.
L'aventure continue.
Et de fil en aiguille,
je suis plus qu'à un jour d'arriver chez mon grand-père.
Sauf que je suis un petit peu chamboulé.
Et que j'ai ce sentiment-là paradoxalement,
qui me manque quelque chose.
Nous, il y a une petite idée qui me trotte dans la tête,
c'est de faire le retour à pied alors que je ne suis même pas arrivé chez mon grand-père.
Je me souviens, pour le dernier jour,
j'étais dans un hôtel parce que j'avais besoin de rester seul.
Et que, mine de rien,
les gens savaient que j'allais arriver à alger
et que je me faisais arrêter toutes les 10 minutes.
Donc ça devait même être compliqué pour moi de marcher.
Et j'avais besoin de me retrouver seul
pour faire de l'ordre un peu dans mes émotions.
Pendant que j'étais chamboulé,
je décide de faire le chemin retour à l'écrit.
Donc je passe un petit peu la nuit à écrire le chemin retour.
Et je m'endors en faisant le chemin retour
juste avant de rejoindre mon grand-père.
Voilà, demain, c'est le jour j'y.
C'est la fin du voyage par alger à pied.
Je ne sais même pas si je me rends compte ou pas.
Je suis un point où dans ma tête, je suis tellement perdu
que je n'arrive même pas à savoir si je m'en rends compte ou pas.
Je n'arrive même pas à me rendre compte d'où je suis.
Mais ça fait plaisir.
Après 157 jours de marche demain,
je suis enfin arrivé à alger l'objectif final
après plus de 4000 km.
Donc j'ai mon itinéraire, environ 26 km.
Le dernier jour, je ne voulais pas en faire beaucoup
pour avoir le temps de partager l'arrivée en live,
prendre du temps avec les gens
parce que je savais que des gens allaient marcher avec moi.
Il fait beau.
Il y a Merwann, donc du parisien,
un journaliste qui m'avait rencontré à Besançon
qui décide de marcher avec moi les 20 km
pour faire son sujet et aussi pour me voir
parce qu'on était en contact tout le voyage aussi.
C'est devenu un ami.
Et beaucoup de chaînes de télévision
m'ont demandé de participer à ce moment-là.
Mais je ne voulais pas en faire non plus
un moment trop médiatisé.
Donc j'ai accepté que le parisien est Canal Algérie,
donc la télévision nationale.
Et je me suis retrouvé à faire les 26 derniers km
entourés des gens qui m'ont suivi tout au long de l'aventure.
On était une quinzaine, il me semble.
Tous les gens m'ont arrêté aussi toute la journée
qui ont pris des photos, qui étaient très fiers de moi
parce que je l'ai fait, je suis algé à ce moment-là.
Et j'ai le sentiment, je suis dans le même état d'esprit
qu'au départ, je suis dans le même état d'esprit.
J'ai l'impression d'être dans un pilotage automatique,
de voir toutes les choses avec de la distance.
Je ne saurais pas trop expliquer.
Mais un peu comme si tout allait trop vite
et que je ne contrôlait plus rien,
je demande de passer la dernière heure tout seul.
Pour pouvoir marcher tranquillement.
Je suis toujours à ce moment-là avec Mérouane,
qui me filme.
On est juste tous les deux.
Et Kallan Algerie nous attend sur place.
Et là, j'arrive devant l'immeuble.
Et je vois mon grand-père là, la fenêtre,
qui me fait un petit signal avec la main.
Comme un enfant qui a fait une bêtise
à qui on voulait donner la fessée.
Et mon grand-père descend les escaliers.
Je le retrouve et il me prend ses bras.
Ça va ?
Comment ça va ?
Tu as eu peur pour moi ?
Quoi ?
Non, non, ça va.
C'est pour ça que je voulais réellement dire.
La première chose qui me dit, c'est que je lui ai fait peur.
Qu'il est très très très fier de moi.
Que j'ai rendu fier.
Beaucoup de personnes autour de moi.
Et que même des gens qui ne me connaissent pas personnellement
étaient fiers de moi.
Et entendre ça à ce moment-là,
de la bouche de mon grand-père.
C'est ma plus grande fierté.
Ma plus grande fierté.
Donc je me replonge quelques mois
avant d'entreprendre ce voyage.
Et je me dis que j'ai pris la bonne décision.
Les émotions que j'ai pu vivre et que j'ai pu faire vivre,
ça n'a pas de valeur en réalité.
Il y a ma famille,
qui sont dans la maison, qui m'attendent aussi.
Les gens sur les réseaux sociaux s'attendaient à un truc un peu plus gros.
On voyait tout le monde.
Et ça, ça ne me ressemble pas.
Disons qu'en partageant même ce moment-là,
sur les réseaux sociaux,
j'ai joué le jeu.
Parce que ça ne me ressemble pas trop
d'exposer ma famille sur les réseaux sociaux
et de partager quand même des moments intimes.
Mais à la fois, ça me faisait plaisir aussi de partager ce moment-là
parce qu'on était nombreux à vouloir le vivre.
C'est comme ça que s'est fini le voyage de Paris,
allgé à pied.
J'ai un peu du mal avec la notion de deuil.
Mais je pense que ça a été
une des façons de faire le deuil,
pas de mon père,
mais de toutes les émotions liées au décès.
Avec la marche, bien avant que mon père soit décédé,
je disais déjà que la marche me permettait
de faire le deuil de mes émotions de l'année passée.
Dans la vie de tout le monde,
il peut se passer des événements
ou des galères ou des moments difficiles.
Et la marche me permettait de prendre du recul
sur mon année entière
et de voir si j'ai pris des mauvaises décisions,
si j'ai eu des comportements déplacés,
toutes ces choses-là,
je les passais en revue pendant la marche.
Et donc je savais un peu
que la marche allait m'aider par rapport au décès de mon père.
Mais je savais pas à quel point.
Quoi qu'on veut entreprendre dans la vie,
comme Paris-Alger,
on doit faire déjà un pas,
on doit faire ce premier pas.
Ce premier pas, parfois, c'est le plus difficile.
Et ensuite, il est important de diviser
notre rêve ou notre objectif en étape,
à la manière d'une marche,
jusqu'à l'arrivée.
Parce que Paris-Alger, je l'ai pas fait en une fois.
Le plus important, c'est que j'y suis arrivé,
que j'ai divisé toutes ces choses dans l'étape,
et qu'à la fin, toutes ces étapes réunies,
ça fait un Paris-Alger à pied,
ça devient un exploit.
Alors que tous les jours,
faire 30, 40 km,
c'est difficile, mais c'est faisable.
Donc c'est pour ça que, ouais, je dis que la marche
est l'école de la vie.
À l'issue de son voyage,
Médie Desbrat a récolté plus de 60 000 euros
pour l'association Life Ong.
Il est ensuite rentré chez lui à pied,
en longant la Méditerranée via le Maroc,
le Portugal et l'Espagne,
pour finir à Paris, dans le parc des butchements.
Un retour qui a été fêté par son immense communauté de fans.
Son aventure Paris-Alger Paris, à pied,
aura duré 400 soixants de temps.
en 18 soixanties et 18 jours de marche,
pour un total de 10 000 km.
Médie prépare actuellement d'autres aventures
que vous pourrez découvrir sur son compte Instagram,
at Debra World.
Les Balladeurs est un podcast du média Leosers.
Cet épisode a été réalisé par Tom Affir,
assisté par Nicolas Alberti.
Cette histoire a été présentée par Clément Sacar,
la musique est composée par Nicolas de Ferrand,
avec une musique additionnelle de Michael Bogat.
Clévibo s'est assuré du montage
et Antoine Martin, du studio Chris Péricorde, du mixage.