#49 — Exfiltration d’urgence en Afghanistan, avec Victor Daviet

Durée: 34m36s

Date de sortie: 23/02/2022

Kaboul, Afghanistan. 15 août 2021. Les yeux du monde entier regardent les images de la prise de la capitale afghane par les talibans. À 6.000 kilomètres de là, le snowboardeur français Victor Daviet va avoir un rôle à jouer dans cette histoire : tenter l’exfiltration de 14 jeunes afghans menacés par le régime.


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🎙 Un épisode réalisé par Thomas Firh, présenté par Clémence Hacquart, mis en musique par Nicolas de Ferran, mixé par Laurie Galligani, et monté par Chloé Wibaux. ⁠

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Kaboul. 15 août 2021. Les yeux du monde entier regardent les images de la prise de la capitale afghane par les talibans. Sur nos écrans, l’insoutenable. Des civils désespérés, tentent de s’accrocher aux ails des derniers avions militaires qui quittent le pays. Chaque décollage est un espoir de moins pour ceux restés sur le tarmac, contraints de retrouver chaos, terreur et incertitude. Désormais les femmes, les intellectuels, les artistes, les sportifs voient leurs libertés et parfois leur vie menacés par le régime des combattants islamistes. Et chaque pays fait en sorte d’évacuer ses ressortissants.


Lorsque son téléphone sonne, à 6.000 kilomètres de là, le snowboardeur français Victor Daviet est loin d’imaginer qu’il va avoir un rôle à jouer dans cette histoire. Rattrapé par les liens qu’il a tissés un an plus tôt, sur des neiges immaculées loin de la guerre et de l’effroi, il se voit confier la plus lourde des responsabilités.

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Kaboul, 15 août 2021
Les yeux du monde entier regardent les images de la prise de la capitale afghane par les talibans.
Sur nos écrans, l'insoutenable.
Des civils désespérés tentent de s'accrocher aux ailes des derniers avions militaires qui quittent le pays.
Chaque décollage est un espoir de moins pour se rester sur le tarmac,
contraint de retrouver chaos, terreur et incertitude.
Désormais, les femmes, les intellectuels, les artistes et les sportifs voient leur liberté et parfois leur vie menacée par le régime des combattants islamistes.
Chaque pays fait alors en sorte d'évacuer ses ressortissants.
Lorsque son téléphone sonne à 6000 km de là, le snowboarder français Victor Davie est loin d'imaginer qu'il va avoir un rôle à jouer dans cette histoire.
Rattrapé par les liens qu'il a tissé un an plus tôt sur des neiges immaculées, loin de la guerre et de l'effroi,
il se voit confier la plus lourde des responsabilités.
Un matin en août, j'étais en vacances à Paris parce que moi je suis en montagnard mais j'ai pas passé beaucoup de temps à Paris
à faire la visite de tous les musées, de tous les lieux.
Avec ma copine on a décidé de se faire une petite semaine de vacances à Paris.
Je me retrouve à Paris, 8h du mat' au lit avec ma copine et là le téléphone sonne.
Sur le portable je vois un numéro qui s'affiche mais que je ne connais pas et en dessous le pays afghanistan.
Là je me dis qu'il y a quelque chose qui clauche.
Je décroche et là c'est donc le président de la fédération afghanes de snowboard qui m'appelle.
En me disant Victor j'imagine que tu as suivi l'actualité.
Les talibans viennent de prendre Kaboul nous venons de recevoir des menaces de mort.
Il faut que tu nous aides à faire sortir toute l'équipe afghanes de snowboard du pays le plus vite possible.
Depuis hier ce triomphe est fondamentaliste.
La véroute de l'armée afghanes, la panique d'une partie de la population à Kaboul notamment au Faso.
Au cas où qui s'est emparé l'aéroport, tous les vols civils et militaires sont toujours suspendus.
Édition spéciale consacrée à l'Afghanistan.
Donc je suis la personne d'après eux la plus proche d'eux en Occident.
Suite un voyage au Pakistan dans lequel on s'est rencontrés.
En janvier 2021 je me suis embarqué dans une nouvelle péripétie avec l'association Zom Connection qui a été créée par Pika Eri.
Qui m'a proposé de venir sur un voyage complètement différent par rapport à ce que je fais d'habitude.
Je vais souvent sur des voyages pour créer des films plutôt techniques.
Le but c'est de montrer sa meilleure performance sur les montagnes du monde entier avec la plus belle neige.
Et la Zom Connection a pour but de collecter du matériel dans les Alpes, de l'envoyer au Pakistan et ensuite de développer les sports divers sur place au Pakistan.
Et de partager des bons moments avec les locaux.
Julien Pika Eri c'est le fondateur de la SAU.
Il est donc guide de Haute-Montagne à Chamonix et est très bon snowboarder en panthrède.
C'est vraiment la légende du coin.
Et lui il a fait 7 ou 8 expés au Pakistan principalement pour faire du snowboard ou de l'alpinisme.
Dans l'équipe Zom Connection il y en avait énormément aussi qui avait fait beaucoup d'experts au Pakistan.
Notamment Mathieu Ménadié et La Smyrdiaryou.
Où eux étaient déjà venus plein de fois.
Et pour rendre un peu au pays.
Ils ont beaucoup voyagé dans le pays. Ils ont pris beaucoup de place dans leurs montagnes.
Pour rendre au pays ils étaient comme moi motivés pour développer les sports divers sur place et amener du matériel.
Donc moi embarqué sur ce voyage qui pour une fois était plus à caractère éducatif social que purement technique et...
je dirais presque égoïste.
Donc sur place on aura amené environ 10 tonnes de matériel.
Avec des skis de rando, des snowboard, des splitboard, des skis de fond du matériel pour faire du hockey sur glace, de la cascade de glace.
Tout pour développer les sports divers au Pakistan et apporter un peu de fun dans des vallées enneigées.
Qui sont au final parfait pour faire du ski mais les sports divers ne sont pas développés.
Mon rôle sur place c'est de distribuer le matériel, de coacher tous les jeunes en snowboard.
On était deux coachs en snowboard, Picca et moi-même.
Puis d'organiser le premier 7-tichet day de Pakistan.
Sachant qu'on leur a amené des splitboard, des skis de rando pour accéder à des montagnes vraiment dangereuses.
Au Pakistan il faut savoir qu'une des vallées dans laquelle on a été, la vallée de Madak Lach,
ils ont des phases de 6 000 mètres de chaque côté de leur village.
Donc on leur a amené des super jouets pour s'évader en montagne, pratiquer mais dans des montagnes super dangereuses.
Donc il était essentiel de leur amener aussi du matériel de secours en avalanche et de les former au secours en avalanche.
Donc une formation 7-tichet days, en général on commence toujours par une partie théorique donc avec une conférence.
Donc là on était dans une vieille salle d'école par moins 5° donc ça cahiait.
Mais voilà on avait réuni les 50 jeunes les plus expérimentés du village pour qu'ils suivent donc une conférence que j'animais.
Normalement en France on a un conférence-ci mais là c'est moi qui m'y collais donc j'ai animé la conférence sur les avalanches théoriques
pour leur apprendre comment se déclenche une avalanche, comment éviter ce type de situation, le matériel à avoir aussi.
Et ensuite toute une partie sur neige avec différents ateliers, c'est-à-dire pris en main du détecteur de victimes en avalanche, le DVA.
Recherche DVA, sondage, peltage, un petit peu de névologie et aussi de la gestion des risques.
Le but c'était d'en apprendre vraiment aux meilleurs groupes tous les basiques pour qu'ensuite ils transmettent leur savoir à tous les plus jeunes pratiquants.
Donc au Pakistan on a visité 3 différents endroits et on a commencé par la station de Malamjabba
parce qu'on a fait exprès, on s'était retrouvé en même temps que la compétition internationale de snowboard du Pakistan à Malamjabba, oui messieurs d'âme.
Durant cet événement on était sur place pour les cocher, aider à l'organisation, passer du temps que ce soit avec les locaux mais aussi avec les compétiteurs
parce que c'est une compétition internationale, il faut le rappeler, il y avait donc les locaux pakistanais, un belge, l'équipe afghanes de snowboard et du coup plusieurs français, nous, tout ça fait que c'était une compétition internationale de snowboard.
Donc nous voilà dans cette station où il y a la plus grosse station du Pakistan où il y a une colline avec un vieux de place dessus et une piste rouge bien red, donc vraiment pas idéale pour apprendre le ski.
Et voilà ça reste la plus grosse station du Pakistan donc on les a aidés toute la semaine à l'organisation, c'est-à-dire faire le tracé, faire des rachet massage de déchet, les cocher avant la compétition.
Et dans cette station il y avait uniquement un hôtel, donc on se retrouvait tous les soirs, tous les compétiteurs dans le même hôtel, donc l'équipe afghanes de snowboard était dans le même hôtel que moi.
Et tous les soirs après le repas on buvait le thé ensemble.
Au Pakistan on va pas avoir des bières au bar donc on buvait le thé avec ces jeunes afghans on était vraiment intrigués des deux côtés, c'est-à-dire que eux c'est la première fois qu'ils ont rencontré un pro snowboarder.
C'était très curieux et ils avaient plein de questions imposées, c'était vraiment marrant au Pakistan de voir moins un trix qui me parait à une figure qui me parait banale, c'était la première fois qu'ils l'avaient et c'était wouah !
Ils étaient tous vraiment très admiratifs de notre niveau, au point qu'après chaque run il y avait des jeunes qui couraient après nous pour nous laver nos planches, porter nos planches jusqu'aux TSH.
C'était assez fou, puis ils montaient avec nous, sachant que c'était un deux place, tout le monde voulait monter avec nous, donc c'était la bataille à chaque fois.
Et moi de mon côté, pareil, super intrigué à l'idée de rencontrer cette équipe afghane qui avait l'air sérieuse.
Donc dans l'équipe, ils sont une trentaine au total, mais le cœur vraiment de l'équipe c'est 14 courants.
C'est vraiment une bande de jeunes d'une vingtaine d'années, une autre directeur de la fédération à 25 ans.
Un groupe de jeunes pleins d'espoir, ils ont 20 planches dans le pays, c'est quasiment ce que j'ai à l'année.
Ils n'ont pas de stations, donc ils vont s'entraîner au bord des routes sur des cols, ils n'ont pas de piste d'amé à rien.
Ils s'entraînent l'été sur des dunes de sable, mais par contre ils ont un team sérieux, ils sont tous motivés.
Ils ont tous la banane, ils veulent faire du snowboard et progresser pour développer le snowboard en Afghanistan et représenter leur pays.
Du coup on a passé vraiment toute la semaine à échanger.
Je me souviens de discussions sur la religion super intéressante, parce que moi c'était vraiment aussi nouveau de rencontrer des snowboarders musulmans.
C'est vraiment ce qui est marrant, c'est que Huktaï sur la planète t'auras toujours des snowboarders avec qui tu as vraiment un point commun, c'est cette passion et les cultures de politique complètement différentes.
On a vraiment discuté, notamment je me souviens avec les femmes, c'est simple, il faut que vous voyagez, que vous preniez votre snowboard, que vous ridez un maximum, que vous édiez les uns les autres pour faire un maximum de snowboard et progresser ensemble.
Je me souviens d'une phrase d'une femme qui me dit « Mes victoires, pour nous ça ne marche pas comme ça en fait ».
C'était marrant parce que c'est vraiment le point où elle me disait « Non mais on va te réexpliquer en fait, ça se passe comme ça ».
Même si elles n'ont jamais vécu sous le régime taliban, il y a quand même de grosses barrières dans le pays pour pratiquer des sports, des barrières religieuses, politiques.
Et après cette semaine, donc la compétition se passe, certains afghans font de très bons résultats, notamment une deuxième place de Sorouche au Slalom Parallel.
Donc là c'était vraiment la fête, ils étaient avec le drapeau, super heureux, ils étaient même venus avec leur costard pour monter sur le podium.
Moi c'est la première fois de ma vie que je voyais un snowboarder monter en costard sur un podium.
Et donc suite à cette semaine, on a vraiment tissé des liens et on s'était dit « Faut qu'on se revoit ».
Et moi je me suis dit « Ce qu'on va faire, c'est que l'année dernière je suis au Pakistan, mais l'année prochaine on se fait l'Afghanistan et on documente vraiment l'histoire de cette équipe qui est incroyable.
Je vais amener toute une équipe sur place et on va faire un triproulette afghanistan après celui au Pakistan ».
Donc triproulette c'est ma web série qui mixe snowboard, aventure et écologie.
Donc on avait commencé à organiser ce voyage via WhatsApp avec le directeur de la fédération, les jeunes afghans, on avait pas mal échangé durant le printemps.
Et au final c'était assez simple, donc l'organisation se passe mais il y a assez restreinte.
Jusque ce fameux appel.
Quand je reçois Scootfield, ma première émotion c'est vraiment l'étonnement.
Pourquoi moi ? D'ailleurs que je n'ai aucune connaissance en politique, on est en grosse période de crise,
je pense qu'ils ont envoyé plein de bouteilles à la mer en essayant avec tout leur contact de trouver les pistes les plus solides.
Donc là dans ma tête, ça fait des backflips, des fonds de flip, je sais pas ce qui se passe.
À la fois c'est tellement surréaliste que je me dis que tu ne vas pas te mettre trop la pression
parce que ce n'est pas ton cœur de métier de faire exfiltrer 14 afghans en période de crise.
Mais bon, tu as quand même un raison important, tu vas l'utiliser pour la bonne cause et tu vas tout donner pour essayer de faire sortir tes copains.
Mais surtout, ce qui m'a vraiment motivé c'est de me dire pourquoi ils ont reçu des menaces demain.
C'est pour faire du snowboard.
Snowboard qui pour moi toute ma vie, c'est vraiment ma passion ultime.
C'est mon quotidien et eux, ce qu'on leur reproche et ce qui peut leur coûter la vie, c'est de faire du snowboard.
Tous les sportifs ont été menacés.
Nous on a reçu que les lettres de la FED de snowboard, mais ils ont reçu une lettre qu'on a traduit par la suite.
Vous avez péché, soit vous serez puni si vous vous excusez, soit vous serez exécuté.
Donc la punition de ce qu'on sait c'est soit fouetté soit lapidé.
Dans la révision des talibans, tu n'es pas censé faire du sport et avoir du plaisir.
Et notamment pour les femmes, le risque est d'autant plus important.
Parce que la religion des talibans ne permet pas aux femmes de faire du sport ou d'avoir des loisières.
Il faut savoir que cette équipe de jeunes n'ont jamais vécu sous régime talibans.
Les talibans sont partis il y a 25 ans, du pouvoir il y a 25 ans.
Donc les américains sont arrivés et eux ils sont toujours vécu à l'occidental, dans une capitale à Kaboul.
Ils ont des smartphones, ils font du snowboard, ils ont fait des études.
Le plateau du jeu c'est vraiment retourné d'un coup.
Il a été renversé brutalement et c'est comme si nous demain nos vies changeaient radicalement,
qu'on nous coupe nos comptes en banque, qu'on nous mesasse de mort et on n'a pas d'autre choix que de s'échapper du pays.
Je me suis vraiment attaché à cette cause.
Tout de suite mes vacances ont pris une autre tournure.
C'est à dire que je me suis dit, ils sont besoin d'aide, tu as des contacts, 2 bras, 2 jambes, 1 cerveau.
Alors maintenant, qu'est-ce que tu fais ?
T'es à Paris, l'ambassade afghan, tu dois sûrement être à Paris.
Allez, je skate jusqu'à l'ambassade afghan à Paris.
J'arrive sur place, gris fermé, déjà une cinquantaine de personnes qui attendent parce qu'on était à plein début de cette crise afghane.
Et donc là, je capte que ça allait être compliqué, que ça allait être vraiment la croyance.
Devant les grilles, une cinquantaine d'Afghans qui essayaient d'avoir des nouvelles de leur famille,
certains médias qui voulaient aller sur place, mais là impossible d'avoir une réponse.
Non monsieur, on peut rien pour vous, pour l'instant on n'a pas d'informations, au revoir.
À ce moment-là, des gouvernements mettent en place des avions pour rapatrier les contacts afghans sur place.
Et donc il y a pas mal de possibilités à ce niveau-là, mais mes afghans sont loin d'être sur la liste prioritaire pour sortir.
Donc là, je me dis, ok, qu'est-ce que tu fais ?
Donc tu contacts des ambassadeurs peut-être sur Twitter par mail, tous les moyens étaient bons.
Donc là, je me fais une liste sur mon carnet, je trouve des contacts sur Internet,
j'envoie la liste de leur passeport, toutes leurs infos et j'envoie des bouteilles à la mer comme ça.
Je pense que je relis le mail demain, dans la panique le mail a été fait à l'arrache complet,
mais voilà, j'essaye de le faire quand même le plus carré possible pour essayer de les mettre sur des listes.
Tout le monde essaie de sortir, les personnes qui ont un risque, je dirais politique,
ou qui ont travaillé avec des pays en Occident vont être clairement en priorité.
Donc le but, c'est d'avoir des contacts le plus proches des gouvernements pour les mettre dans ces avions.
On sait que c'est vraiment très limité et que les Américains se sont engagés à partir prochainement de Kaboul
et donc là, c'est vraiment les portes du pays qui se referment.
Vraiment, j'ai mis de tout côté quoi.
Impossible d'aller boire une bière avec un ami quand tu as cette responsabilité là.
C'est-à-dire qu'on a beau t'appeler pour te dire, ça te dirait d'aller boire un coup.
J'ai mis de l'attente, mais là tu as des années-lumière de on va aller boire un coup
et même apprécier, je dirais, une sorte de vie quotidienne, était quand même assez délicate
que tu as 14 jeunes de 20 ans qui sont potentiellement entre la vie et la mort
et qui t'ont demandé de l'aide.
Dans la panique, après toute cette série de mails, je me dis, ok, là tu as besoin d'aide, clairement.
Tu ne veux pas t'en sortir tout seul, tu n'as pas les contacts pour, mets un message sur les réseaux sociaux.
Tu lui fais une story, tu fais un post Facebook, donc je prends une photo d'eux,
j'affiche leur visage très clairement en disant, voilà, j'ai rencontré ces jeunes cet hiver.
Ils sont en danger, ils ont reçu des menaces de mort, s'il vous plaît aidez-moi par n'importe quel moyen,
j'ai, ils ont besoin d'aide.
Donc là, gros c'est la haute, de les afficher sur internet, d'afficher leur visage,
mais cette erreur a vraiment joué en leur faveur parce que de ce message,
j'ai reçu de l'aide de quelques personnes qui ont informé un team qu'on va appeler Snowboarders of Solidarity
car c'est désormais le nom de notre association.
Et donc ce team est composé de 5 membres principalement,
avec deux américaines qui ne veulent pas être cités et que j'appelle leur American Angels,
parce que c'est vraiment donc de personnes incroyables qui ont mis leur vie entre parenthèses pendant 5 mois pour les aider.
On a Laurent Portier, un membre de la Fédération de Snowboarders, qui est coach et un très bel humain,
et on a Jérôme Tannon, donc mon ami qui est photographe, réalisateur de films,
et j'ai vraiment eu énormément de chance de tomber sur ces personnes qui ont tout fait pour les aider alors qu'elles ne les connaissent pas.
C'est-à-dire que moi je les ai rencontrés 6 jours et on a fait du snowboarder ensemble, on a bu des thé ensemble,
on a rigolé ensemble, mais eux, ils ne les connaissent pas.
Maintenant, sur place, c'est la Coye complète.
Là on sent que la tâche est vraiment lourde, vraiment, vraiment compliquée.
Donc il y a deux solutions, soit voie terrestre, soit voyeurienne.
Il y a des checkpoints qui explosent avec des morts.
Nous on a le filtre occidental, donc voilà c'est vachement de weedier.
Sur place on a des contacts qui nous disent ok non, ça se passe de telle manière, voilà.
Et les places dans les avions sont vraiment restreintes.
Donc là on fait notre maximum en contactant la planète entière pour essayer d'avoir quelques places dans les avions.
Alors sur place, on essaie d'avoir un maximum de nouvelles, que ce soit de l'équipe Avgan, mais eux sont cloîtrés chez eux.
Ils essaient de se mettre un maximum de sécurité, donc on communique via telegram.
Ensuite on suit les nouvelles parce que des fois via les médias en Occident on avait plus de nouvelles que eux.
Et ensuite des contacts sur place, à l'aéroport etc.
Donc là certaines personnes de l'équipe ont développé beaucoup de contacts en s'associant avec d'autres associations.
Mais aussi des fondations sur place qui nous ont beaucoup aidé pour garder les jeunes en sécurité.
Donc là on vit vraiment dans un film, là on vit vraiment dans un film où on a l'impression d'être des agents secrets qui communiquent,
on se connaît pas, notamment avec ces deux anges, on ne se connaît pas et on essaie d'exfiltrer 14 personnes.
Donc voilà j'ai eu tel contact, ok ça se passe comme ça, là ok on peut lui faire passer un checkpoint à telle heure.
Il faut vraiment lui dire que ça va être bon, ah finalement ça va foirer.
Ah il y a un tel checkpoint qui est explosé, finalement ça se passe comme ça.
En fait il faut payer un droit d'entrée au checkpoint.
Voilà, là c'est la panique, là au cahier on s'organise du mieux qu'on peut.
Et dans la première semaine on arrive à faire sortir 5 des 14 jeunes, principalement les femmes.
Voilà, qui quittent tout. Familles, amis, diplômes, souvenirs, le tout sans argent avec un sac à dos et ils sont envoyés à l'autre bout de la planète.
Voilà, ils sont éparpillés, ils sont seulement éparpillés entre la rue Saoudite, la Suède, l'Espagne, l'Ukraine.
Ils se retrouvent dans des camps de réfugiés, dans des conditions parfois difficiles, mais bon ils sont sauvés leur vie.
Voilà, là c'est vraiment un peu sauvetipé, à cette époque là.
Mais bon déjà quelques victoires, de trouver des places dans des avions alors qu'ils ne sont pas prioritaires.
Il faut le rappeler, ils font du snowboard, c'est quand même 30 pratiquants dans leur pays, c'est rien.
Donc ils ont entreguimé peu de poids.
C'est à dire que nous derrière nos portables, on suivait en live toutes ces excéminations et c'était vraiment d'un autre monde.
Jusqu'à ce qu'il y a ensuite les portes de l'Afghanistan se referment avec le départ des Américains.
Et donc là, il nous en reste neuf à faire sortir.
À ce moment là, je pense qu'on a tous vu des images qui ont choqué le monde.
C'est des Afghans qui essaient de sortir à tout prix par voie aérienne en s'accrochant à des avions et qui malheureusement tombe de l'avion juste après l'écouage.
Ça je pense que c'est des images qui nous ont tous énormément marqués, énormément touchés.
On est exactement à ce moment là.
Donc là, ça a pris du temps.
Savoir comment ça allait se passer une fois que les portes se referment.
Savoir si ils étaient directement en danger ou pas.
C'est à dire qu'ils sont tous planqués chez eux, du jour au lendemain, avec quelqu'un qui peut taper à la porte et c'est la fin quoi.
Un gros peur de se dire qu'est-ce qui va nous arriver.
Une grosse peur aussi de partir.
Est-ce que toi demain, si le plateau se retourne comme ça, est-ce que tu quittes tout ta 20 ans ?
Est-ce que tu quittes ta famille, tes amis, le tout sans argent pour sauver sa peau et espérer avoir un futur meilleur ?
Moi ça je me suis vraiment posé la question de dire, est-ce qu'il faut les forcer à partir du pays quoi ?
Il faut vraiment que ce soit leur volonté la plus profonde et il faut surtout pas les forcer parce que c'est quand même un choix
que toi-même tu sais pas si tu arrives à le prendre quoi.
Après que les portes de l'Afghanistan se referment, on essaie de s'organiser différemment.
L'aéroport est complètement bloqué, il n'y a quasiment plus d'avions.
Qu'est-ce qui nous reste comme solution ? Voie terrestre.
Donc là ça veut dire, avec une fondation sur place,
organiser un convoi pour les mettre dedans, leur faire passer tous les checkpoints jusqu'à la frontière pakistanais.
Donc ça ça prend du temps et ça se coordonne.
Il y avait aussi des moyens, donc on avait des levées des fonds via des privés pour les aider à sortir de ce moyen.
Donc là ça demande pas mal d'organisation, ça demande d'être discret.
On s'organise tout le temps par texto, tout le team est au courant, c'est dirigé par le chef de la fédération.
Le jour J arrive.
Il faut tous les mettre dans les voitures et ensuite organiser le fourgon jusqu'à la frontière.
Ils arrivent à passer tous les checkpoints, c'est aussi pas mal de négociations à chaque fois.
Ils arrivent jusqu'à la frontière.
On avait donc des visas pakistanais, des visas canadiens.
Et arrivent à la frontière, alors qu'on avait passé toutes les péripéties.
Là, on suit d'affaires, ils sont devant les grilles et ils leur manquent un document, qu'ils demandent depuis une heure.
À cause d'une formalité administrative, impossible de faire le document sur place.
Tout le team fait demi-tour, le drame.
On suit tout ça par texto en direct et là c'est l'angoisse.
Donc là, toute notre mission qu'on organise depuis au moins deux semaines, c'est fondre et la retour casse départ.
Avec autant de risques alors qu'on avait tout fait impossible de négocier, retour casse départ.
On suit tout ça via les membres de l'équipe par texto.
Voilà, ils nous avaient envoyé deux minutes avant une photo.
Ça y est, on est à la frontière, tout heureux.
Et là, deux minutes après, allons, ça passe pas.
De savoir que c'était la fin de cette mission et qu'on avait échoué, ça a été dur pour toute l'équipe.
Parce qu'on croyait que c'était la victoire, on était à un mètre de la victoire et là, elle a domito.
Et là, pas mal de temps se passe.
Et là, nos deux anges, plein de contacts, plein d'énergie, elles allaient pas s'en arrêter là.
Il fallait à tout prix aller les faire sortir.
Et donc ça a pris du temps, beaucoup de négociations, mais ces deux anges ont réussi à aller les faire sortir par voie aérienne.
Ça a pris plusieurs mois.
Donc ils sont restés cloîtrés chez eux, vraiment s'embouchés pendant plusieurs mois.
Mais on a trouvé des places dans les avions.
Maintenant, ils sont tous sortis depuis une semaine.
C'est la première victoire.
Ils sont tous Saint-Et-Sauf, toute l'équipe Afghan de Snowboard, et Saint-Et-Sauf à l'extérieur du pays.
Et donc là, tu te dis « yes, victoire, parfait ».
Ils sont Saint-Et-Sauf, mais en fait, pour des jeunes de 20 ans, tu les as fait sortir de leur pays.
C'est que du début de leur nouvelle vie, tu es loin d'avoir gagné, mon pote.
Parce que ces jeunes, ils n'ont rien.
Tu les as fait sortir.
Maintenant, il faut que tu leur trouves une situation stable, une nouvelle vie, dans laquelle ils soient le plus heureux possible.
Et donc là, il y a une deuxième bataille qui commence.
Il y en a cinq qui sont dans des pays occidentaux qui s'en sortent très bien.
On est à cinq mois de leur exiltration.
Certains ont un emploi fondu Snowboard.
On a réussi via l'association à leur avoir du matériel pour pouvoir reprendre leurs études
et vraiment s'intégrer du mieux qu'ils peuvent dans leur nouvelle vie.
Mais c'est vraiment touchant de voir que certains font déjà partie d'un nouveau pays.
Ils ont un emploi stable, ils travaillent dans une station de ski.
C'est quand même déjà une belle première victoire.
Il y en a un qui voulait représenter son pays et son team dans l'équipe de réfugiés et J.O. là en 2022.
Malheureusement, il n'a pas pu se faire parce que c'était vraiment court.
Mais voilà, il était motivé pour montrer que malgré son exiltration, l'équipe Snowboard a bien fait toujours du Snowboard.
Les neuf autres actuellement, ils sont dans une maison en sécurité.
Mais ils sont vraiment en situation d'attente.
Ils attendent que on trouve des visas à long terme dans un pays pour pouvoir commencer leur nouvelle vie.
Pour l'instant, ils n'ont aucun moyen, aucun contact et surtout ils ont des visas qui sont expirés depuis maintenant pas mal de temps.
Donc là, on essaie par tous les moyens de trouver une possibilité quelque part sur cette planète de les accueillir à long terme.
Mais ça, ça paraît simple, mais ça n'est pas du tout.
On a déjà puiser pas mal de contacts autour de nous.
Et donc là, c'est encore une fois une bouteille à la mer pour aider ces neuf jeunes,
qui en ont vraiment besoin pour ne pas faire demi-tour, se faire renvoyer dans leur pays en Afghanistan.
Et là, ça sera vraiment le retour casse-départ le plus dramatique.
Au début, il y avait énormément de pays qui suite aux images qui ont marqué l'actualité de ces Afghans qui essaient de sortir à tout prix.
Des pays qui ont ouvert pas mal de quotas.
Maintenant que les images sont loin dans des disques durs, ça a vraiment serré la vie.
Il y a beaucoup moins de demandes qui sont acceptées.
Pour l'instant, on essaie par tous les biais.
Mais voilà, si un pays avec des montagnes qui est prêt à accepter ces jeunes, ils prendront.
C'est vraiment des démarches administratives complexes.
Si vous nous entendez, c'est une bouteille à la mer pour un petit peu d'être.
On a décidé de prendre la parole parce qu'on a véritablement besoin d'aide.
Sinon, on s'en est très bien sorti jusque-là.
On est encaché en ne parlant pas ou peu de cette histoire.
Maintenant, on sent que financièrement, on a besoin d'aide.
Donc on a ouvert un crowdfunding pour maintenir les jeunes qui ne sont pas en situation stable, dans des conditions correctes.
Et surtout, on a besoin de visa.
Pour l'instant, on n'a pas réussi à avoir les contacts pour.
Pour l'instant, la France n'a jamais été très coopérative.
C'est peut-être aussi notre faute parce qu'on n'a pas eu le bon contact au bon moment.
Mais on n'a jamais de contact de leur part.
J'ai jamais eu un numéro de dossier à rien.
Donc ça a toujours été impossible à suivre du côté français.
Je serais tellement fier que la France accepte notre demande.
Ça, ce serait vraiment l'objectif numéro 1.
Pas de faire un tripoulette afghanistan, mais de faire un tripoulette avec Angaise, les Afghans, dans les Alpes, en France.
Ce serait la plus belle victoire.
L'histoire est inachevée.
Alors où nous enregistrons cet épisode, beaucoup de chemin reste encore à parcourir pour les réfugiés afghans.
En parler, c'est donner une chance à la situation d'évoluer.
Si ce récit vous a touché, vous pouvez le faire savoir en participant à la campagne Go Found Me
pour aider les membres de l'équipe de Snowboard à assurer leurs besoins quotidiens en attendant des visas.
Le lien se trouve en description de cet épisode.
Merci à toutes celles et ceux qui ont participé de près ou de loin à cette histoire, Victor Davie, évidemment,
mais aussi les personnes ayant souhaité rester anonymes et celles qui ont contribué à la faire connaître
à l'image de la journaliste Clémentine Orrubilla et de son article dans Paris Match qui nous a inspiré cette histoire.
Les Balladeurs est un podcast du magazine Les Ozzards.
Cet épisode a été réalisé par Tom Affir et monté par Chloé Weibo.
Le texte a été écrit et lu par Clément Sacar.
La musique originale a été composée par Nicolas de Ferrand et le mixage a été assuré par Lorie Galliganie.
Nous sommes toutes et tous ravi de vous retrouver pour cette nouvelle aventure des Balladeurs.
Merci à vous d'avoir écouté cet épisode et merci à Columbia, notre nouveau partenaire pour cette cinquième saison.
On se retrouve dans 15 jours pour un nouvel épisode, alors à très bientôt.

Les infos glanées

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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