La Toile Sur Ecoute
Pour ce nouvel épisode de l'arnaque, j'ai le plaisir d'accueillir entouré de toute ma bande de chroniqueurs,
Penelope !
Penelope ! Penelope ! Penelope ! Penelope ! Penelope !
Cet épisode a été réalisé grâce à Pic Parole !
Vous savez, c'est le deuxième programme de La Toile Sur Ecoute, dans lequel je dresse, à la première personne du sanglier,
le portrait d'une personnalité au parcours incroyable, avec en background un univers sonore qui vous immerge complètement
et vous met dans une bulle pendant environ 12 minutes.
C'est comme un biopic au cinéma, sauf qu'il n'y a pas d'image et c'est un podcast.
Ça s'appelle Pic Parole ! Et c'est tous les mercredis ! Pic Parole !
Salut les arnaqueurs, c'est Penelope ! Et oui, je n'ai toujours pas changé de prénom, heureusement !
Dans cet épisode de l'arnaque, je vais vous raconter comment j'ai galéré à manager des millénials.
Sans vous spoiler, je peux vous dire qu'à la fin, je n'ai toujours pas les clés d'un management réussi.
En vrai, je suis comme tout le monde, parisienne 35 ans et j'ai manager des millénials.
Alors je suis tellement fière de l'avoir fait que je leur ajoute même sur mon CV.
Surtout pas dans OBI, parce que c'était franchement pas une partie de plaisir,
mais plutôt dans réalisation, parce que c'était vraiment beaucoup plus de souffrance que de faire un marathon par entraîné.
La définition de millénial est un peu floue, mais ça définit plus ou moins les personnes nées entre 1980 et 2000.
Moi, je suis né en 1983, donc je suis, logiquement, moi aussi, de millénial.
Sauf que je suis quand même beaucoup moins millénial que celle qui est née en 2000.
Elle a été bercée avec des podcasts audio, plutôt qu'avec des livres du petit tourse-bran acheté dans un vide grenier.
Elle a déjà fait un plan à trois avec son pot qui filme,
quand toi tu effaces tes cookies de ton ordinateur après avoir tapé dans Google le point G existent-il ?
Et elle ne jouent plus que par les Youtubers type Norman Cyprien ou McFly Carlito,
quand toi tu ne dures que par Arte.
Bref, il y a deux ans, je prends le nouveau poste de directrice des événements, d'une grosse radio nationale,
et je dois manager cinq personnes qui ont entre 27 et 35 ans.
J'arrive le premier jour, lundi matin, mon boss m'accueille et me présente mon équipe.
Hello la team event, je vous présente PNLop qui vient d'arriver pour prendre la direction des événements.
Bonjour !
Aucune tête ne se lève, aucun son ne sort de leur bouche et je les vois continuer à taper sur l'ordinateur.
Je regarde mon nouveau boss et je lui fais des grands yeux genre, bah c'est quand même pas très chaleureux,
et lui me fait un petit signe du genre, non mais t'inquiète pas.
Et il ne dit rien de plus et me laisse prendre ma place à côté de cette charmante équipe.
La matinée se passe et je le renvoie à chacun des invitations individuelles pour faire un point,
pour qui me racontent leur rôle dans l'équipe, là où ils ont envie d'aller,
les compétences sur lesquelles ils aimeraient monter, ce que je suis venu leur apporter et mes domaines d'expertise.
Le soir, j'ai aucune réponse à mes invitations,
je me dis que ça doit être une habitude d'employer de cette boîte,
de ne pas confirmer une invitation si c'est évident qu'ils y seront.
Les 10h, j'ai le premier entretien, je vais à son bureau avec mon volet ski, le monstilo, et je lui dis, on y va ?
Elle répond pas.
Claire, on y va ?
Elle déagne, levé la tête.
Euh, on va où ?
Bah je t'ai callé un point de 30 minutes.
Et je l'ai accepté ?
Non.
Bah donc c'est que je peux pas ?
Mais tu l'as refusé ?
Bah non.
Et bien donc qu'est-ce qui me dit que tu ne peux pas ?
Bah en tous les cas, je n'ai pas accepté, donc recale-moi une date si tu veux, mais là je peux pas, je dois finir un truc.
Je retourne à ma place,
ça fait même pas 2 jours et je suis déjà démuni.
15h, lors de mon deuxième entretien,
je m'approche de son bureau.
Ah, mais liens, on y va ?
Euh, maintenant, là ?
Bah oui, il est 15h, mais si ça a besoin de 5 minutes, pas de problème, tu me rejoins,
j'ai réservé la salle 408.
À tout de suite !
Je me mets dans la salle, j'attends, 15h15 toujours personne, 15h30 toujours personne,
je remonte, je m'installe à ma place,
je suis complètement tétanisée, je ne sais même plus quoi faire tellement je suis abasourdi par leur comportement,
et bien sûr, ah mais liens, ils ne se manifestent pas de la journée.
Lors du 3ème entretien arrive, elles viennent me voir à mon bureau.
Pédélope, j'ai bien eu ton invitation, mais je vais pas pouvoir te voir car j'ai beaucoup de travail,
et ben Jamar, notre ancien boss nous disait qu'il fallait privilégier le travail plutôt que les réunions.
Entendu Aurélie, merci de prévenir.
En revanche, ben Jamar n'est plus là, c'est moi qui le remplace,
et si je t'en veux une invitation, je veux bien que tu lui réponds de la prochaine fois.
Non mais je m'organise très bien, c'est pas le problème,
si je suis quand l'occurrence, je préfère travailler que faire la réunion avec toi.
Je reste quoi ? Je reste con ?
Elle retourne à sa place.
Le 4ème est malade, c'est mon boss qui me prévient parce qu'il a reçu un texto le matin,
et le 5ème entretien, quand je m'approche de son bureau pour qu'on descend, elle souffle à moitié,
mais descend avec moi et fait la réunion.
Quand on s'assoit, je vois déjà sur sa tête que ça va pas être facile et qu'elle va pas coopérer,
je la fais parler, elle a.
Écoute, je sais pas ce que tu veux que je te dise, Penelope.
Concrètement, j'ai vu ton CV, tu n'as aucune expertise en production événementielle,
donc je comprends pas bien ce que tu viens de faire là en fait.
Nous, on nous avait dit que notre nouveau boss serait un mec de 40 ans avec un réseau long comme le bras,
et on devait arriver, on a le même âge, t'as fait que l'étaf pendant un an et demi,
dans des petites boîtes en plus, donc clairement, je te le dis,
tu vas galérer ici.
C'est pas une boîte pour les petites meufs qui veulent être calife à la place du calife.
Mais concernant tout ce que j'ai à te dire, c'est que je suis pas facile à manager,
j'aime pas qu'on me fasse chier, j'aime pas qu'on check mes horaires,
et j'aime encore moins qu'on repasse sur mes preses.
Mais après, à toi de nous prouver que tu peux nous aider, même si je vois pas bien comment là.
Voilà, c'est tout pour moi, et franchement, je te fais pas perdre plus de temps
parce que tu vas vraiment en avoir besoin pour t'intégrer.
On remonte ?
Je suis tellement scochée que je lui réponds pas,
et je sais qu'en ne répondant pas, je viens de signer mon arrêt de mort.
Et en effet, j'ai passé un an et demi à me faire bouffer par mon équipe.
Quand j'étais sympa, il me le faisait payer par derrière,
et quand j'étais dur, j'avais mon boss qui venait me demander d'être plus souple et d'arrêter de les agresser.
Les moments où j'étais la meilleure maladière du monde, c'était le weekend quand je ne les voyais pas.
Et ouais, on a tous des casseroles, hein.
L'arnaque dans tout ça quand même, c'est que quand je suis parti au bout d'un an et demi,
ils étaient tous en pleurs.
Et si vous voulez savoir comment, non, ce sera la surprise, le thème du prochain épisode, tiens.
Avant de redire, la toile sur écoute.