La toile sur écoute !
Ah non mais c'est des grands malades !
Salut les hernaceurs c'est Penelope Buff et oui, je m'appelle vraiment Penelope Buff
Buff comme un BUFF
Dans ce 7ème épisode de la saison 4, je vais vous raconter pourquoi j'ai failli tout abandonner
Sans vous se poler je peux vous dire qu'à la fin en fait
Mais pour rien au monde j'arrêterai ce que je fais
En vrai je suis comme tout le monde hein, parisienne 35 ans et ça fait 6 mois et demi que j'ai créé la toile sur écoute
Mes journées c'est levé à 6h50, petit déj, douche
Et à 7h45 je suis assise, courbé sur mon canapé, devant ma table basse, trop basse
Mon ordinateur avec son écran poussiéreux devant moi, mon micro sur son pied à ma gauche
Et mon enregistreur à ma droite, et je suis fin prêt à travailler
Travailler ça veut dire écrire mes podcasts de l'arnaque, mes fictions,
Contacter des gens pour des pics paroles, enregistrer mes arnaques, monter les épisodes,
Faire des presse, développer et écrire de nouveaux projets, poster sur Instagram,
Verifier mon nombre d'écoute quotidien, programmer mes épisodes pour la semaine,
Préparer mes formations podcasts aux entreprises, et écrire encore encore
Quand je relève la tête il est minuit et demi, la journée vient de se finir et une nouvelle commence
Aussi ma perception du temps est complètement biaisée
J'ai l'impression que ça fait au moins 2 ans que j'ai lancé la toile sur écoute
Et forcément j'aimerais qu'au bout de 2 ans on m'appelle plus, beaucoup plus
Mais surtout j'adorerais qu'on m'appelle pour faire des chroniques à la radio
Sauf que ça fait que 6 mois et bien évidemment que les radios ne veulent que des chroniqueuses qui ont un nom
Pourtant je trouve que le mien, Pénélobuff il est pas mal hein
Mais non, ils veulent un nom connu
Et en vrai c'est normal
Alors je décide que c'est moi qui irais chercher les radios
Je passe une demi-journée à trouver les bonnes personnes de radio à contacter
Et je leur envoie un mail pour me vendre en tant que chroniqueuse
Je contacte 3 grosses chaînes de radio national au culot
Un peu comme on jettrait une bouteille à la mer avec l'espoir que ça tombe dans les mains de quelqu'un de créatif, bienveillant et ouvert aux nouvelles propositions
Le lendemain, incroyable mais vrai, j'ai un message d'une radio qui me dit qu'elle voudrait
Qu'est ce que je considère être mon meilleur
Je lui envoie un épisode de pique parole car je trouve que les sons, l'écriture et le sujet correspondent bien à la couleur de l'antenne en question
Deux jours plus tard je relance, il me répond qu'il n'arrive pas à ouvrir le fichier
Je vérifie le fichier pourtant pas abîmé, j'arrive très bien à l'ouvrir
Mais j'y en renvoie un autre avec en plus de liens différents sur lesquels il peut l'écouter en ligne
Deux jours plus tard je relance
Bonjour avez-vous pu écouter mon épisode ?
Je laisse passer 3 jours et fèbrilement je renvoie un troisième message
Bonjour pardonnez-moi d'un système et avez-vous pu écouter ce que je vous ai envoyé ?
Je peux pas savoir si l'allume en message, je reste donc dans l'expectative et dans le noir
Et c'est l'ascenseur émotionnel
Mais tu rêves, Penelope, tu rêves, t'es personne, t'as fait entouer pour tous 70 podcasts dans ta vie
Pour qui tu te prends de penser qu'on puisse vouloir de toi un chroniqueuse
Et donc je continue ma vie en y pensant plus
Et puis 10 jours plus tard je reçois un texto de cette radio qui me demande si elle peut m'appeler pour discuter
J'arrive pas à y croire, je suis tremblante, j'ai chaud, je sais même plus quoi répondre
Alors je souffle, je respire et je passe 10 minutes à écrire une réponse qui aboutit sur un...
Oui bien sûr
La radio m'appelle et me dit, Penelope j'ai beaucoup aimé votre pic parole mais il dure 12 minutes
Pourriez-vous me le faire en 3 minutes
En 3 minutes ? Oui oui bien sûr, oui bien sûr oui mais c'est très facile de le faire dans 12 minutes en 3 minutes
Oh bah, sans problème alors vraiment aucun problème
Parfait parce que j'aimerais bien vous diffuser tous les matins de la semaine sur la grille de l'été
Je n'en crois pas mes yeux
Je raccroche, je saute, je crie, j'appelle tout Paris, enfin le proche Paris
Et je leur dis que ça sent très bon pour que j'aie ma chronique sur la matinale d'une radio nationale cet été
Je pofine la chronique, je la réécris, je la lèche, je la dors l'autre et je la pimp
Je lui envoie comme prévu le MP3 et j'attends, j'attends un jour, deux jours, trois jours et je craque
Bonjour, avez-vous pu écouter la chronique que je vous ai renvoyée ?
Oui oui, bonjour, j'ai écouté mais je dois la réécouter
Je retourne la réponse en tous les sens comme si il y avait un message codé et je prends mon mal en patience
Une semaine se passe et j'ai toujours pas de nouvelles
Alors je tiens plus en place
Bonjour, pensez-vous que j'ai ma place pour la grille de cet été ?
2 heures plus tard j'ai une réponse
Bonjour Penelope, malheureusement nous avons opté pour un humoriste qui fait des billets d'humeur
mais je garde votre maquette pour plus tard
Je suis dépitée, je comprends pas mais je peux pas en rester là
Puis je vous proposer un billet d'humeur, si oui quelle est ma deadline et avez-vous un thème ou peu importe
je vous fais un 3 minutes, il me répond
Allez vendu, faites-moi un coup de gueule humoristique sur un phénomène de mode comme les tatouages par exemple
Il est 21h30, je suis chez moi, j'ai atteint mon Netflix qui était mon petit plaisir de la semaine
et j'attaque, j'ouvre un Word et je déroule
J'écris mes deux pages à toute vitesse, les touches s'enchaînent facilement
j'enregistre, je fais 3 prises, je nettoie le son, je réécoute, j'envoie une copine qui me le valide
et j'ai le sentiment d'avoir fait du pénélope
Je peux pas faire mieux, enfin on peut toujours faire mieux mais là c'est moi, c'est ma signature
s'il aime pas je peux rien faire d'autre car c'est mon style, c'est ma patte et je lui envoie
Ma nouvelle technique d'éteindre mon téléphone la nuit me sauve et j'arrive à m'endormir
Le lendemain, pas de nouvelles, je tiens plus en place, j'ai besoin de savoir surtout parce que si c'est pour cet été
je vais devoir enfournir 40 ans de moi et il faut que je prenne de l'avance
Je relance le surlendemain avec un
Bonjour, pensez-vous que je serai diffusé cet été avec cette nouvelle chronique
Une heure plus tard j'entends un bip, je vois le nom, c'est lui, j'ai peur
J'attends 30 minutes avant de lire le message et puis je clique sur ouvrir
Bonjour, pénélope, malheureusement pas de diffusion pour cet été
Ce n'est pas une question de qualité mais de couleur d'antenne
J'ai rien à répondre à ça, les bras m'en tombent, je passe mon week-end à broy et du noir
J'ai le sentiment que j'y arriverai jamais, que c'est beaucoup trop dur
Mes chroniques sont trop décalées pour être appréciées du grand public
Ma signature ne correspond pas à ce qu'on attend des médias, j'ai envie de les se tomber
Je ne fais rien de week-end
Et puis lundi, matin, les ragards, des pités, je descend pour aller prendre un thé au café d'en bas
J'ouvre ma boîte aux lettres sur le chemin et j'ai une grosse enveloppe
Sûrement de la pub, mais bon je l'ouvre
Et là il y a deux téléramats avec un post-titre sur lequel est écrit page 137
Je vais voir à la page 137 et là le titre c'est Tête d'affiche
Et le sous-titre avec pénélope vive l'autodérision
Et j'ai une colonne entière qui est consacrée à la Toile sur écoute et mes podcasts
L'envie me revient et je me dis que je suis vraiment trop con
Car tout vient à point à qui c'est à tendre et que ce qui est bon quelque part dans les montagnes russes
C'est justement de pouvoir apprécier doublement quand le train est en haut
Et oui, vous ne m'entendrez pas à la radio cet été, mais je vous promets qu'un jour vous m'entendrez
Je vous le promets, c'est juste que c'était pas le bon moment
Et si vous voulez écouter la chronique que je l'aurais envoyée justement
Écoutez jeudi l'épisode numéro 8
La Toile sur écoute