La toile sur écoute !
Ah non hein !
Si c'est le premier épisode de l'arnaque que vous écoutez, vous devez d'abord écouter la saison 1 !
Celui-ci est réservé à ceux qui ont écouté les 5 premières saisons !
C'est des tricheurs !
Salut les arnaqueurs, c'est Péné !
Et comme vous m'écoutez depuis le tout début, vous pouvez même m'appeler Penouch !
Penouch Buf, c'est stylé non ?
Dans ce 5ème épisode de la saison 6 de l'arnaque,
je vais vous raconter comment s'est passé mon premier ghosting,
ghostage, enfin, la première fois qu'on m'a ghosté quoi !
Sans vous se poler, je peux vous dire que grâce à cette histoire,
je n'ai plus jamais ignoré personne.
En vrai, je suis comme tout le monde, hein !
Parisienne, 35 ans, et si je me suis jamais fait larguer,
comment cela pète ?
Je me suis déjà fait ghoster, ce qui revient finalement exactement au même.
Alors pour ceux qui sauraient pas ce que ghoster veut dire,
ce passage s'adresse à ma mère, notamment,
a ghost en anglais veut dire fantôme,
et donc se faire ghoster, c'est ne plus avoir de nouvelles de votre target,
partenaire, amoureux, crush, du jour au lendemain.
D'ailleurs, j'aime bien qu'on parle français,
donc j'ai décidé de ne plus dire ghoster mais fantômer.
Donc la première fois que je me suis fait fantômer,
c'était il y a 14 ans, en fac de droit.
Je redoublais ma deuxième année, et coup de chance,
je me retrouvais avec le même prof de TD de droit administratif.
Je n'ai jamais vraiment connu son prénom,
parce que j'ai toujours appelé Monsieur, même par texto,
donc on va l'appeler Monsieur Von Porte.
Monsieur Von Porte était assez grand, les cheveux bouclés,
décidément j'ai un truc avec les cheveux bouclés,
une peau ravagée par des marques de bouton de varicelles,
et des mains non pas de pianistes, mais plutôt d'hommes qui manient la terre.
Il n'était pas beau du tout, mais il avait cette aura,
ce style inimitable et ce sourire tellement rare
que la moindre esquisse me faisait tomber de ma chaise.
C'était d'ailleurs l'objectif que je mettais fixé en début d'année,
le faire sourire ou encore mieux, le faire rire à chaque cours.
Je passais donc mes TD à chercher des idées, des jeux de mots, des études
pour pouvoir réussir à lui décrocher un sourire.
Et ça marchait, un cours sur deux.
Ça marchait d'ailleurs tellement bien que certaines personnes de la classe
venaient me voir à la fin du cours en me disant,
mais dis donc, comment tu fais pour le détendre,
pénélope, le prof, là il a le bégin pour toi, c'est sûr hein.
Comment un type de 35 ans peut avoir le bégin pour une étudiante de 21 ans
de surcroît, nul endroit.
Franchement, aucune idée, mais je continue cette communication non verbale
pour créer du lien en espérant qu'il m'invite un jour à prendre un verre.
Et puis un jour, bonjour à tous, je vais vous donner un sujet
qu'il faut me rendre pendant trois jours,
comme le délai est très court, j'en conviens,
je vous donne mon numéro de portable et vous pouvez me contacter
pour me demander de l'aide et je me rendrai alors disponible.
Franchement, qui va oser lui envoyer un texto pour lui demander de l'aide
sur un sujet noté ? Ha ! Bah moi !
Et oui, je profite de cette occasion pour entrer en contact plus intime avec lui.
Donc je lui envoie quelques textos, ils me répondent,
m'aident sur mes devoirs jusqu'à ce que je lise.
Pénélope, dans un souci d'optimisation,
il serait sans doute préférable qu'on en parle dans un café.
Dans un café, ça y est, il m'invite à boire un verre !
Je m'asperge de Miss Diorchiri,
enfile des baskets pour avoir l'air de rien,
et je fonce au café près de chez lui.
On passe 15 minutes à parler du projet et 45 à parler de lui,
de moi et de nous.
Et là il me lâche.
Pénélope, je vais pas te cacher que tu me fais de l'effet,
mais la situation est très compliquée, je suis ton prof,
et puis j'ai près de 15 ans de plus que toi,
je suis un peu démunie là.
J'ai 21 ans, je suis sous le charme vulnérable,
faible et déjà amoureuse évidemment.
Amoureuse est la représentation que je me fais de lui, sans doute,
mais j'ai le sentiment d'être conquise.
Après une heure au café, il se lève pour partir et se rasseois,
car il ne veut pas me quitter.
On repasse deux heures ensemble à se regarder dans le blanc des yeux
et à s'embrasser comme des ados.
Il rentre finalement chez lui, je vais de mon côté,
sur le chemin du retour, on séchie des textos langoureux.
On s'échange au moins une cinquantaine de textos,
et le dernier que j'envoie est, on se voit demain après tes cours,
et plus de nouvelles.
Plus de nouvelles, il ne me répond pas de la soirée,
et il ne me répond pas de la nuit.
Le lendemain, j'ai pas cours avec lui,
mais j'ai attend son texto comme une adolescente avec son premier amour,
rien, pas de messages.
Que dalle ?
Je suis perturbée, je comprends plus rien, quelque chose m'échappe, clairement.
Il a sans doute pas reçu mon dernier message,
alors je clique sur renvoyer le message,
et là, message distribué, mais pas de nouvelles.
Non mais c'est pas normal, il a dû se passer quelque chose,
il faut que je comprenne, peut-être qu'il a eu un accident.
Donc je l'appelle, ça sonne, répondeur.
Je rappelle, ça sonne, répondeur.
Je rappelle, ça sonne plus, et je tombe direct sur la messagerie.
Alors je m'inquiète, et donc à 22h, je décide d'aller frapper chez lui.
Il a dû lui arriver un truc, c'est sûr.
J'arrive en bas du numéro 8, mais j'ai pas le code.
Je sais qu'il habite au troisième, je regarde les fenêtres,
et je vois que c'est allumé dans le salon.
Et là, miracle, un homme sort de l'appartement.
Je bloque la porte pour m'infiltrer.
Je montre les escaliers avec hâte,
mon dieu, mais si il s'est évanoui,
comment je vais faire pour défoncer la porte ?
J'arrive au troisième, interphone, van porte, je sonne.
J'entendais pas, j'entends, c'est pas.
Il ouvre.
Penelope, mais qu'est-ce que tu fous là ?
Il sort en fermant la porte derrière lui.
Mais je m'inquiète, tu réponds plus à mes messages, est-ce que tout va bien ?
Penelope, je...
Mon chéri, c'est qui ? C'est une erreur !
Penelope, je suis mari, en fait.
Quoi ?
Mais alors nous, c'est...
C'est pas envisageable, Penelope.
Ah bah voilà.
En fait, quand un mec vous répond plus,
c'est pas qu'il a perdu son téléphone,
qui s'est évanoui, ou qui est devenu manchaud.
C'est juste qu'il vous a fantomé.
Et si vous voulez savoir ce qui s'est passé quand je me suis fait draguer
pour la première fois par François Civil,
écoutez jeudi, l'épisode numéro 6.
La toile sur écoute.