La toile sur écoute !
Je sais que c'est pas la première fois que vous m'écoutez, sinon vous seriez plutôt en train d'écouter la saison 1, non ?
Bah oui, le 1 c'est avant le 6, non ?
Ouh...
Salut les arnaqueurs, c'est Péné !
Et comme vous m'écoutez depuis le tout début, vous pouvez même m'appeler Pénouche !
Pénouche-boeuf, c'est stylé, non ?
Dans ce quatrième épisode de la saison 6 de l'arnaque sur le thème des premières fois,
je vais vous raconter mon premier rendez-vous chez le psy.
Sans vous se poler, je peux vous dire qu'à la fin, je ne comprends pas qu'on puisse vivre bien sans aller voir un psy.
En vrai, je suis comme tout le monde, parisienne 35 ans et j'ai un problème.
Enfin, j'ai un problème. J'ai des milliards de problèmes.
Mais comme vous d'ailleurs, même si vous pensez que vous en avez pas, vous en avez.
Mais si, ça va du petit soucis au gros problème.
Je sais pas, par exemple, vous êtes au supermarché, vous avez mis des tomates dans votre caddie,
vous êtes à la caisse, c'est votre tour, et là vous vous rendez compte que vous avez oublié de les peser.
Vous arrivez-vous à faire attendre toute la queue derrière pour aller faire peser vos tomates ?
Ou alors vous arrivez à ne jamais envier personne ?
Ou alors vous arrivez à partir d'un resto quand la carte ne vous plaît pas alors que vous êtes déjà assis ?
Bon, si vous n'arrivez pas au moins un de ces trois exemples, vous devriez aller voir un psy.
Parce que oui, on devrait tous pouvoir tout faire.
Si on n'arrive pas, c'est qu'on a des bloqueurs, des blocages, des blocs qui se mettent dans notre tête dont on n'arrive pas à se défaire.
Bon, mais je suis aussi la première à savoir que ça ne sert strictement à rien de forcer les autres à quoi que ce soit.
Et encore moins à faire la démarche de les voir un psy.
Mais moi j'en avais marre de toujours laisser mes tomates à la caisse, donc je me suis lancée.
Enfin, je me suis lancée.
Mais, heureusement, on prend pas un numéro comme ça au hasard dans la nuire.
Enfin, on peut, mais c'est quand même pas recommandé.
Non, idéalement, ça se fait sur recommandation ou par réseau.
Et donc, je demande à ma copine Eva, dont la mère est psy, si elle n'a pas quelqu'un me conseiller.
Elle demande à sa mère, me donne un numéro et elle me dit,
« Penelope, voici le numéro d'un psy.
Ce numéro, Penelope, tu ne dois le donner à personne. C'est le tien.
Tu verras, d'ailleurs, tu voudras pas partager ton psy.
Donc tant que tu n'as pas appelé, garde-le pour toi.
Et d'ailleurs, ne dis rien à personne. C'est ton truc à toi, ça te regarde.
Oui, ok, mais t'inquiètes, l'psy, je vais l'appeler direct là.
Non, non, je crois pas, non.
Comment ça ?
Bah, si tu l'appelles direct, c'est super, Penelope, mais je pense que tu y arriveras pas.
Tu vas douter, te dire que finalement, tu t'en fous, laisser tes tomates à la caisse
et tu vas ranger le numéro au fond d'un tiroir.
Ah, mais c'est mal me connaître Eva, ça, hein.
Mais Eva avait raison.
Appeler un psy, c'est comme appeler son boss un matin pour lui dire qu'on est malade
alors qu'on a juste la flemme de venir au bureau.
On hésite, on doute, on tourne dans tous les sens qu'on va lui dire,
on se ravise, on retente et en effet, le numéro est resté longtemps au fond d'un tiroir.
Et puis un jour, c'est pas mes tomates que j'avais pas pesées,
mais à la caisse, j'avais oublié d'acheter ce pourquoi j'étais venue à la base, du dentifrice.
J'en avais plus du tout à la maison.
Et si j'en achetais pas, à ce moment-là, je ne me l'avais pas les dents ni le soir même ni le lendemain matin.
Sauf que non, j'ai pas réussi à faire attendre tout le monde
et j'ai payé, trop énervé, mis vieux chewing-gum et mon samoret, donc j'avais franchement rien à foutre.
Je suis sortie du monoprix, j'ai recherché le numéro qu'Eva m'avait filé et j'ai composé.
Oui, allô ?
Oui, bonjour, je m'appelle Penelope Buff.
Allô ?
Oui.
Oui, pardon, je m'appelle Penelope Buff et j'appelle de la part de la mer d'Eva.
Oui.
Et j'aimerais prendre rendez-vous, s'il vous plaît.
Oui, je peux vous proposer jeudi à 15h30.
Euh... 15h30, mais je bosse !
15h30 ?
C'est mon dernier créneau.
Euh... Oui, oui, ok, 15h30, c'est parfait.
Euh... oui, oui, merci, au revoir.
Je raccroche et là, je ressens un soulagement énorme.
Ça y est, enfin !
Je vais enfin pouvoir faire attendre les gens à la caisse et aller faire peser mes tomates tranquilles.
Alors quelques jours se passent, je retourne au monoprix et à nouveau, j'oublie un truc en arrivant à la caisse.
Sans même me poser la question, je dis aux clients qui attendent derrière moi,
je suis désolée, j'ai oublié quelque chose, je me dépêche.
Je fonce, chercher ce qui me manque, je fais un petit sourire d'excuse quand je reviens
et les gens me rendent gentiment sourire.
Ils sont pas énervés, pas du tout.
Mais surtout, j'y ai réussi, j'ai réussi !
Mais en fait, j'ai plus du tout besoin d'aller voir un psy, ça sert à rien.
Alors j'appelle Eva.
Allo Eva ?
Alors Penelope, tu l'as appelé de la psy ?
Non, mes trucs de fou, oui, je l'ai appelé.
Il y a quelques jours, elle m'a filé un créneau en plein après-midi d'ailleurs.
Mais bon, figure-toi que j'ai réussi à faire attendre les gens à la caisse.
Comme si le fait de l'avoir appelé m'avait libéré de mon souci.
C'est super Penelope, c'est la mécanique qui se met en marche.
La mécanique, c'est-à-dire ?
Ok, ok, ok, ça va, j'ai compris, j'ai compris.
J'ai maintenant le rendez-vous.
Et contre toute attente, j'ai parlé de tout,
sauf de mon problème de tomates à la caisse, de partir d'un resto, d'un steak pas assez chaud.
Puisque d'ailleurs, j'ai pas tellement parlé, j'ai juste pleuré.
Et ouais, allez voir un psy, c'est pas facile.
Mais je vous assure que ça remet les pendules à l'heure.
Et figurez-vous que depuis, je peux faire tout ce que je n'arrivais pas à faire avant,
et bien plus encore.
Et si vous voulez savoir comment j'ai réagi la première fois qu'on m'a ghosté,
écoutez lundi, l'épisode numéro 5.
La toile, je vous écoute.