#52 — Les cristaux du mont-Blanc, avec Christopher Baud

Durée: 29m39s

Date de sortie: 06/04/2022

Dans le massif du mont-Blanc, le guide Christopher Baud scrute les montagnes à la recherche de cristaux transparents ou fumés, aux reflets roses, verts ou orangers. Un jour d’automne, sur un immense pilier de granit, ses efforts finissent par être récompensés.


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🎙 Un épisode réalisé par Thomas Firh, présenté par Clémence Hacquart, mis en musique par Nicolas de Ferran, mixé par Laurie Galligani, et monté par Chloé Wibaux en duo avec Capucine Lebot.


🤝 La saison 5 des Baladeurs est soutenue par Columbia.

Plus de détails sur l'épisode : 

Façonnés par le temps dans les entrailles de la montagne, des cristaux mystérieux patientent à l’abri des regards.

En apportant leurs éléments minéraux, les sols humides sur lesquels les Alpes sont apparues, il y a 25 millions d’années, ont permis l’apparition de fours à cristaux dans les fissures de ces sommets en formation.

Depuis des siècles, ces trésors d’altitude attirent ceux qu’on appelle les cristalliers, qui doivent parfois se hisser à plus de 3500 mètres d’altitude, faire confiance à leur instinct et à la force magnétique des sommets vertigineux pour tenter leur chance.

En guise de récompense, la montagne peut offrir des cristaux transparents ou fumés, aux reflets roses, verts ou orangers. Une fois extrait de la roche, le cristal se révèle pour la première fois dans les rayons du soleil, et promet à celui qui l’a trouvé un émerveillement sans pareil.

L’alpiniste et guide Christopher Baud fait partie de ces passionnés qui perpétuent la tradition, en scrutant les failles de quartz dans le massif du mont-Blanc. Avec son ami Jonathan Charlet, il explore les falaises qu’il connait depuis toujours. Comme en ce beau jour d’été, où il décident de rejoindre le pilier de granit, sauvage et élancé, observé depuis des mois à la jumelle, à la recherche des pierres tant convoitées.

Depuis plus de 80 ans, Columbia équipe les passionnés d'outd'or du monde entier.
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pour les aventuriers et les aventuriers d'hier et de demain.
Columbia est fier de soutenir les baladeurs pour cette cinquième saison.
Les baladeurs
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Fassonné par le temps, dans les entrailles de la montagne, des cristaux mystérieux patientes à l'abri des regards.
En apportant leurs éléments minéraux, les sols humides sur lesquels les Alpes sont apparus, il y a plusieurs dizaines de millions d'années,
ont permis l'apparition de four à cristaux dans les fissures de ces sommets en formation.
Depuis des siècles, ces trésors d'altitude attirent ce qu'on appelle les cristalliers,
qui doivent parfois se hisser à plus de 3500 mètres d'altitude,
faire confiance à leur instinct et à la force magnétique des sommets vertigineux pour tenter leur chance.
En guise de récompense, la montagne peut offrir des cristaux transparents ou fumés, au reflet rose, vert ou orangé.
Une fois extrait de la roche, le cristal se révèle pour la première fois dans les rayons du soleil
et promet à celui qu'il a trouvé un émerveillement sans pareil.
L'alpiniste et guide Christopher Bow, fait partie de ses passionnés qui perpétuent la tradition,
en scrutant les failles de Quartz dans le massif du Mont Blanc.
Avec son ami Jonathan Charlet, il explore les falaises qu'il connaît depuis toujours.
Comment se bougeur d'été, où il décide de rejoindre le pilier de granites sauvages et élancés,
observés depuis des mois à la jumelle, à la recherche des pierres tant convoitées.
On espère trouver des beaux cristaux et remplir les sacs de cristaux un petit peu spécifiques,
parce qu'il y a plusieurs cristallisations finalement, et chaque pièce est unique.
On rêve grand, des fois on est un peu déçu, mais on rêve déjà de trouver des cristaux,
de faire un bobivouac, de partager des bons moments entre amis et de rentrer à Saint-Héssoph.
Cristaux sont des pierres semi-précieuses, donc ça ne fait pas partie des précieux comme les connues,
diamants, hémerots, des rubis, etc.
On voit là une histoire bien différente.
Après j'avais lu que le cristal de quartz était appelé parfois le petit fils du diamant,
par rapport à sa clairvoyance et à son effet brillant et diamant naturel,
parce qu'un diamant naturel est brut, finalement, et moins joli qu'un simple cristal de quartz.
C'est ça, nous aussi, qui nous fascine aussi, de trouver des pièces comme ça brut,
façonnées par la nature, et taillées avec des règles,
et une imagination sans fin.
Tout commence avec le collègue habituel, Jean-Antain Charlet, Cristallier.
C'est un grand ami snowboarder de la vallée,
qui était champion du monde à une époque de freeride World Tour en snowboard,
de compétition de freeride.
Il a toujours pratiqué, on était en classe ensemble à l'école,
on s'est retrouvés pour les cristaux, finalement, plus tard, après l'adolescence,
sur qu'on vit des choses ensemble, qu'on vit pas haute part que là-haut.
Comme dans toute cordée alpinistique, il faut être complémentaire,
donc on a chacun nos qualités, nos défauts, mais on se complète bien.
Il a dû me proposer, j'ai sauté sur l'occasion,
parce que c'est quelque chose qui m'a passionné de découvrir autre chose aussi en montagne,
et avoir d'autres objectifs aussi.
Pour autant, j'ai toujours été comme un gamin face à des cailloux,
mais même ceux qui brille pas.
Depuis cette journée-là, finalement, ça a aussi changé ma vie,
je vois plus les montagnes de pareil.
Ça m'a plu tout de suite, surtout aussi le côté différent de l'alpinisme pur,
où on fait quand même plus la course avec nous-mêmes, avec le terrain, avec l'horaire.
Là, c'est l'inverse, on prend notre temps, on cherche, on retourne des pierres
pour trouver des indices, on cherche des couleurs dans le rocher,
donc quand je suis passé pour moi à Cristallier,
les premières fois, voilà le regard de la couleur du rocher qui m'avant,
m'avait jamais choqué, finalement, finalement.
Je faisais des courses et je me souviens d'un peu la grimpe,
mais là, tu es beaucoup plus attentif au moindre détail.
Et tu cherches ces petits détails qui vont t'amener justement sur la piste de ces cristaux.
C'est une approche complètement différente,
qui m'a plu tout de suite beaucoup.
Alors du coup, on cherche les cristaux de quartz principalement,
dans du granite, du coup, nous c'est le granite, c'est des roches magmatiques
qui sortent du centre de la Terre, finalement.
Voilà, c'est essentiellement du cristal de quartz, donc on cherche des veines de quartz.
On regarde pas mal à la jumelle,
et on cherche ces veines de quartz qui peuvent traverser des fois des kilomètres la paroi,
qui sont blanches la plupart du temps et à l'horizontale, c'est le mieux,
qui sont des indices de cristallisation.
Potentiellement, voilà, il peut y avoir d'autres minérales comme la florine,
qui peut être rose ou d'autres couleurs, mais qui sont plus difficiles encore à trouver et à comprendre.
Tous les deux, on attend quand même l'été, souvent,
ou différemment, ou lui aussi du coup, snowboarder.
On était avant peut-être dans notre jeunesse, on attend de l'hiver plus pour faire du ski,
et puis l'été a à être content, mais l'été est trop court, maintenant on le regrette chaque année.
Ça passe très vite ces moments où c'est la bonne époque pour aller au cristau,
et c'est une passion qui est dévorante.
On part tous les deux pour aller en refuge, déjà une première nuit.
On part en montagne, donc on part avec l'équipement d'alpinisme,
donc déjà on a quelques kilos, c'est sûr d'équipements classiques, de corps, de crampons.
Et là, comme on part en plus à l'aventure, on a en plus du matériel qu'on n'a pas habituellement,
de piton ou de choses pour ouvrir un terrain, finalement,
faire des relais dans des endroits non aseptisés, donc des sangles, on a des corps d'enrabes.
On a en plus, c'est sûr, les affaires de bivouac, de sacs de couchage, des vivres,
donc ça nous fait des bons sacs.
On part très tôt le matin parce que c'est un endroit assez compliqué où on veut aller.
En été, classiquement, on n'osait pas du tout aller là-bas, c'est constamment des chutes de pierre,
donc voilà, on a jamais... On attendait finalement le bon moment.
Ce début d'automne, assez froid où les conditions étaient bien réunies pour y aller.
On savait que personne allait là-bas, donc on savait qu'on était dans les zones vierges et potentiellement riches.
Donc on marche déjà quelques heures sur un glacier assez facile.
Après, on commence un petit peu la montagne à grimper, à redescendre, à remonter.
Jusqu'à un endroit où on commence vraiment à rentrer dans ce qu'on a appelé le Mordor,
parce que très impressionnant visuellement, avec beaucoup de risques qu'on voit bien,
beaucoup de bruit qu'on entend, c'est une espèce de grande, grande comble glacière.
Donc en plus, ça fait vite l'écho, ça démultiplie les bruits de chaque chose qui tombe, de chaque effondrement.
On se motive l'un et l'autre pour garder le cap et l'envie de s'engager dans cette descente.
Parce qu'on sait aussi que, à partir du moment où on va descendre en rappel la première partie,
on ne pourra pas remonter par le même itinéraire ni rentrer par le même itinéraire,
donc ça sera tout de suite plus engagé au niveau de l'aventure et de la suite des événements,
où on ne calcule pas tout, on essaie de minimiser les risques, mais on ne peut pas tout savoir à l'avance.
Là, on s'encorde un petit peu, puis après, on est dans un terrain classique de cristallier,
qui n'est pas très raide, mais pas très bon au niveau du rocher.
Donc on ne peut pas trop s'encorder, à la fin on finit pas encore dans le solitaire chacun,
avant d'arriver à l'objectif convoité, qui est un pilier très sauvage de granite assez élancé.
Ça faisait pas mal d'années qu'on pratiquait les cristaux dans cette zone
et qu'on voyait ce pilier qui avait l'air inaccessible et technique à descendre,
avec des indices quand même de quartes à des endroits, donc on disait qu'on imaginait que ça pouvait être
une belle aventure d'aller voir là-bas, d'aller chercher ce qui pouvait s'y cacher.
Pour nous, c'était un engagement un peu total, on est tous les deux guides,
donc on se rend bien compte des risques et de l'engagement qu'on met dans cette pratique.
On attendait finalement le bon moment et on a attendu d'être bien en forme aussi,
ça joue aussi, d'être bien affûté aussi sur nos techniques et sur nos coordinations tous les deux encordées.
C'est vraiment un terrain qui donne pas envie, avec beaucoup de risques, de chutes de pierre, de chutes de glace,
donc il faut se pousser quand même.
Nous, comme on aime bien l'alpinisme assez technique, on aime bien aussi aller dans les parois plutôt où le rocher est très bon en granite,
mais par contre très raide et assez vertigineux et on les descend en rappel, on équipe la paroi en descendant en rappel
et on pendule surtout le premier finalement, donc on se balance le long de l'accorde de droite à gauche
pour essayer de faire le plus de terrain possible dans la paroi.
On a fait une première journée intégrale de marche et d'alpinisme, de rappel et vraiment de montagne,
puisque là on est du coup à partie à 3400 mètres, on est remonté à 3700 mètres, on est redescendu à 3000 mètres, on est remonté à 3500 mètres,
on est au haut du pilier, on a de la chance de trouver un endroit un petit peu correct, un peu plat et surtout pas exposé,
donc on est super content.
Nous, on a le plaisir d'amener pas trop d'héophilisé et des bons repas, donc c'est un super repas en couchée de soleil,
une belle nuit face aux étoiles et voilà, sans tente, on est vraiment en mode le plus léger possible,
en même temps déjà bien assez lourd, mais on peut pas amener la tente.
Donc moi je dors sur une petite terrasse, j'ai mis le bodard sur le sac de couchage, parce que c'est un endroit quand même très aérien
et j'ai mon collègue qui est un petit peu sous moi dans un renfoncement du rocher et le lendemain, commence l'aventure.
On espère trouver un four, comme on dit, donc une cavité de cristaux mûre, comme on dit aussi,
c'est-à-dire que les cristaux sont détachés de la roche, mèrent et donc il n'y a plus qu'à ramasser les cristaux et à les sortir doucement pour pas les abîmer.
Voilà, on sera vraiment, comme on aime bien dire, des sauveurs un peu de ces cristaux, de ces trésors des montagnes,
parce qu'on le sait bien depuis encore plus, depuis ces dernières années, avec le changement climatique,
mais voilà, les montagnes depuis toujours, elles n'ont pas attendu le changement climatique pour s'éroder et s'effriter,
ces cristaux, on les sauve, c'est sûr, en quelques années, quelques, des fois, des signes plus tard, ils sont en bas, dans la moraine, cassés en mille morceaux.
Donc ça, on aime bien aussi le dire, mais c'est vrai qu'on a scoté un petit peu de naissance, c'est nos bébés, quoi.
On essaie de pas les abîmer et de les ramener sans ils sauvent, mais on parle souvent d'accouchement,
parce qu'à ce côté, un peu cavité, sorti d'un trésor.
Un côté intemporel, un éternel, c'est ça aussi qui fait rêver, c'est qu'on trouve des pièces qui ont entre 13 et 17 millions d'années,
mais qui nous survivront aussi et qu'elles ont un côté intemporel.
La quantité de la cavité
Souvent, c'est quand même plutôt large, donc un ou deux mètres et puis pas très haut, donc 30 cm à des fois plus.
C'est souvent assez de la contortion et après, dès qu'on a commencé à ouvrir la cavité, il faut entrer dedans et il ne faut pas être claustrophop.
Un beau four avec des beaux cristaux en grande quantité, c'est très rare, quand justement, c'est mur et tout est offert, finalement, par la nature.
On dort assez bien, mais c'est sûr que c'est une nuit quand même assez courte, assez fraîche et excitée,
parce qu'on n'a finalement pas beaucoup vu de cristaux encore et on sait que le lendemain, il y a une grosse journée qui nous attend.
Le matin, c'est un petit peu dur, là, on est en face-norme, donc c'est un petit peu dur de se sortir du sac de couchage.
On commence la ligne de rappel. On fait plus d'un ou deux rappels sur la corde, à commencer à chercher les cristaux.
Et dès le deuxième rappel, mon collègue qui était devant, je l'attends, me dit, descend là, il y a vraiment des bons indices.
Donc je le rejoins et tous les deux, on commence assez excité à regarder autour de nous.
Et là, un des moments les plus forts pour tous les deux, je pense, en tant que cristallier, c'était visuellement notre plus belle découverte.
C'était une petite ouverture. On a dû enlever les casques l'un après l'autre pour pouvoir regarder à l'intérieur de ce petit trou,
mais qui finalement, on apercevait la suite de la cavité qui était grande, plus grande, peut-être deux ou trois mètres de large,
et puis sur finalement cinq mètres de profond. Tout mur, tout libre, les cristaux effondrés, donc on savait qu'on avait trouvé vraiment ce qu'on cherchait.
Voilà, il a commencé un rappel et au bout de quelques dizaines de mètres, il arrive sur une zone super intéressante où il me demande de le rejoindre.
Donc je le rejoins et on commence à ouvrir cette cavité qui est au début assez petite.
Il y a un gros bloc à dégager pour vraiment ouvrir la cavité et qu'on puisse rentrer facilement.
On trouve assez vite des cristaux et il plonge à main dans le petit trou parce qu'on ne pouvait pas vraiment rentrer au début.
Il sort un superbe windull, donc un cristal assez spécial, un helicoïdal qui tourne et qui est très recherché parce que justement,
son architecture et sa géométrie est assez complexe et plus rare que les cristaux classiques hexagonales de Quart.
On cherche, c'est ça, la qualité, la transparence, comment le cristal peut attirer finalement la lumière à travers lui.
C'est sûr qu'il y a des formes un petit peu plus complexes comme le peigne, on dit en français le windull en allemand, donc ce cristal tordu.
On a trouvé assez vite des windull sur plaque, beaucoup plus rares à trouver parce que les windulls sont des pièces qui souvent se fragilisent avec le gel, le regelle, les années.
Donc souvent ils sont cassés, ils sont tout seuls. C'était sans fin un extase de différence de couleur et de variété.
On est parti sur des nuances, des couleurs translucides et très peu colorées finalement comme la vitre, on appelle ça des cristaux un peu yalins.
La nuance commençait, plus on s'enfonçait dans le four et plus les cristaux devenaient foncés et avec les variations qu'il y a entre champagne,
des fois des couleurs qui attrapent la lumière, qui attirent la lumière et qui permettent à l'œil de plonger finalement dans cette transparence et dans cette pureté de cristaux.
Voilà, il y avait toutes les variétés de cristalisation jusqu'au plus recherché des formations un petit peu de cristaux, de forme helicoïdale aussi,
mais pas avec des arrêtes d'entrée mais plutôt des arrêtes fines comme des rasoirs, on appelle ça des sucres, qui sont des grindles mais encore plus petits et encore plus rares.
On en a quelques-uns aussi qu'on met en poche, on est content, ça c'est tout petit, c'est très facile à perdre dans un four, mais comme on peut perdre dans sa poche,
mais c'est très rare et très recherché donc dans cette cavité il y avait un peu tout, des cristaux normaux, des grindles grands, petits, des petits avec les sucres.
En plus des quartzammes aussi très élancés. Un quartzammes c'est un cristal de forme un peu spécifique, donc pas hexagonal, avec un nuage d'énergie, de bulles ou de particules à l'intérieur qu'on peut voir par transparence.
C'est une spécificité un peu du Mont Blanc et des cristaux de quartz un petit peu plus rares.
Et là il y avait l'ensemble plus des pièces qu'on a gardées et qui nous reste gravées, complètement libres comme ce quartzammes, qui n'a pas d'accroche, qui a une forme très spéciale,
un petit peu comme un doigt levé ou une clé, on peut le voir de différentes manières, mais très très fin et du coup qu'il y a une sonorité aussi un petit peu, un bruit, une fragilité.
Ce cristal plus l'est fin et plus il chante un peu plus il sonne, il a des sonorités on peut dire. On n'avait jamais vraiment vu ça dans le Mont Blanc et ça reste de nos plus belles découvertes.
Quand l'ouverture de la cavité est faite, on peut petit à petit après avoir enlevé quelques dizaines de kilos de cristaux, on rentre à l'intérieur, on se fofile, on se met à plat ventre un petit peu.
Ce qui est assez extraordinaire dans cette trouvaille, c'est que à partir du moment où on a ouvert la poche et la cavité, contrairement à ce qu'il peut y avoir assez rapidement dans ce genre de trouvaille, c'est de la neige, de la glace surtout,
qui emprisonne aussi les cristaux, qui ne nous permet pas d'avoir les cristaux libres.
La poche et la cavité est sèche, libre et a été protégée et nous attend on imagine depuis bien longtemps.
C'est beaucoup plus facile pour les extraires, même si à chaque fois c'est avantage inconvénient, on a le problème de la terre dans ces cavités qui volent et on respire pas mal de terre.
On appelle ça la lèpre des cristalliers, c'est aussi une terre assez rare, la chlorite, une terre verte, qui est souvent quasiment tout le temps dans les fours, et qui après quand elle est sèche, est assez volatile et qui doit pas être très bonne pour la santé.
Mais voilà, qu'on respire malgré nous.
Là on est tout en haut du pilier quasiment, on a fait depuis notre nuit en bivouac, on a fait deux rappels, donc on est très proches du haut et on est très loin de la fin.
On est très excités et en même temps c'est assez marrant parce que je me souviens, on a fait les sacs une fois, tellement qu'il y avait tout de suite plein de cristaux, donc on en les emballait, ils étaient tous très magnifiques.
Et puis après il y en avait tellement d'autres encore plus jolis qu'on a finalement défait le premier sac, re-rempli les autres cristaux d'après dans le deuxième sac.
Donc on a plein de variétés et d'exception, on va dire, qui font qu'on refait les sacs au plus rare, on va dire, aux pièces les plus rares, et on a tous les deux des sacs peut-être à la fin de 20, 25, même 30 kg, et on peut pas les remplir plus après pour descendre en rappel.
C'est sûr qu'on avait cette excitation et en même temps ce dilemme entre charger le sac et pouvoir faire le reste de la journée, c'est à dire un peu moins d'une dizaine de rappels, et après une remontée de glaciers et une marche assez longue pour entrer en vallée.
Du coup après quelques heures de recherche et les sacs remplis avec les cristaux bien emballés, on commence à redescendre, à se dire qu'il faut entrer.
Donc on recommence les rappels et à équiper la descente, c'est à dire qu'après chaque 50 mètres de corde, on refait un relais dans le rocher, qu'on équipe à l'aide de piton, ou de cordelette, ou de bloqueurs, qu'on va coisser dans les fissures.
Et équiper petit à petit, voilà, la descente, et tirer la corde, qui est toujours un des petits moments où on prie un petit peu, parce que c'est un des moments de latence du D'Hidlalpinis quand on est à la corde, et prier que la corde ne se coince pas, parce qu'après, il faut aller la chercher, et c'est très compliqué.
Ce jour-là, ça nous arrive, on la coince à un moment, pas très loin, donc Jonathan remonte et on la décoince après quelques efforts, mais on utilise vraiment toutes nos connaissances d'alpinisme pour pouvoir s'en sortir, parce que c'est vraiment un piège un peu qui se referme sur soi, avec un sac lourd, on est du coup beaucoup moins mobile et rapide, et du coup on se met encore plus en danger.
Et après, une dizaine de rappels, on arrive sur le glacier, et là, on a pour but de retraverser ce glacier qui est très crevassé et qui nous pose pas mal de problèmes sur le cheminement entre ces crevasses et le labirin, un petit peu à trouver.
C'est vrai que pour revenir sur les rappels, les sacs sont tellement lourds qu'on est vraiment obligés d'utiliser aussi une technique pour s'assurer le sac sur l'accord et sur l'assureur, finalement, et sur le rappel, puisque autrement, le sac est tellement lourd qu'on pourrait se retourner à chaque rappel, et c'est un effort, le rappel, la descente, mais surtout parce qu'on a les sacs énormes.
Donc là, on est obligés d'utiliser un peu des techniques qu'on n'avait jamais utilisées tellement ensemble, parce que les sacs sont tellement lourds qu'en rappel, on pourrait se retourner et ça serait catastrophique.
On est dans des moments de concentration, mais surtout d'alerte maximum.
Après cette traversée, on est déjà plus calme, on a le côté technique et physique qui va rentrer en compte pour rentrer, c'est de remonter ce glacier.
Et là où vraiment chaque pas, on va donner un peu le maximum, parce qu'on est très lourdement chargé, on commence à être fatigué, après, c'est plusieurs journées en longtemps.
Après, notre journée, on finit, on refait une nuit en refuge quand même, même on dort pas quasiment, même si on est très fatigué, mais tellement boosté par toutes ces adrénalines, l'endorphine de l'effort, l'excitation l'ensemble, on dort quasiment pas.
Le lendemain, on rentre à la maison excitée de sortir les cristaux qu'on a vus quand même, qu'on a très bien emballés et qu'il n'y a plus qu'à nettoyer et admirer aussi.
Il y a une petite anecdote assez marrante, c'est que j'avais même oublié dans mon duvet la plus belle plaque des deux jours et que je l'ai retrouvé deux jours plus tard, je faisais une bourse au minéraux.
J'ai retrouvé cette plaque qui était dans ma voiture, qui avait juste de la veille, retrouvé dans le duvet et là je suis même rentré chez moi.
Je disais, ma femme, on s'en va de la bourge, j'avais oublié encore cette plaque, parce que c'était impressionnant vraiment la pureté de ces pièces.
On n'arrivait pas à leur donner une valeur tellement qu'elles étaient belles et intactes aussi, avec une couleur très très...
C'est du quartz fumé, du coup, qu'on avait trouvé, donc c'est une couleur assez chaleureuse finalement, du brun, un peu coca-cola.
C'est sûr que ça n'avait jamais arrivé, des fois, on vide le sac à l'envers pour sortir les derniers petites pièces qu'on a oubliées, mais là, il y en avait tellement que dans l'ensemble, on avait même délaissé la plus belle pièce de ce four sans se rendre compte.
Nous, on ne compte pas les journées où on rend redouille, où on laisse du matériel qui est coûte cher.
Il faut mieux pas faire les calculs parce que c'est sûr que tu ne sors pas vraiment gagnant, c'est vraiment la passion, prendre le temps là-haut avec ses amis et...
C'est le temps, finalement, qui est quelle plus de valeur là-dedans.
Là, depuis, maintenant, l'endroit où on avait trouvé cette super cavité, il y a un pilier, un ménier comme le ménier d'Obellix dans le dessin animé, qui est tombé devant la cavité, devant l'entrée.
Et déjà, ça donne moins envie d'aller faire les rappels dessous, on ne l'aie jamais refait.
Et ce pilier, il est posé sur une vière de sable, on ne sait pas comment il tient.
Et de toute façon, on a fini notre travail là-bas, mais ça a beaucoup, j'ai eu beaucoup d'effondrement depuis.
On ne reconnaissait pas l'endroit qu'on connaissait quasiment par coeur, la force de y aller.
Moi, j'y suis allé les dernières, j'étais assez impressionné.
C'est sûr que quand tu changes tout le temps d'endroit, tu ne te rends pas compte.
Et de loin, les montagnes, elles ont l'air d'être toujours pareilles.
Quand tu es vraiment roché par roché, à connaître pratiquement par coeur l'endroit,
tu te rends compte vraiment que c'est des panentiers, des fois, qui sont déstabilisés et qui bougent.
Ces cristaux, pour moi, ils représentent pas mal de choses, mais surtout un lien avec la montagne.
Une manière de bloquer un peu le temps et le moment, finalement, le souvenir dans ces cristaux.
Une motivation, c'est un prétexte pour passer plus de temps en montagne.
Et aussi, en dehors de finalement notre métier de guide, qui nous demande peut-être plus de patience ou d'autres choses,
là, on est un petit peu à nos extrêmes d'amatorisme alpinistique aussi.
On se sent vivre à fond dans l'engagement un peu compratique de l'alpinisme.
Ma vie me déroule ces richesses. J'ai tout le temps et rien ne presse.
Tout est là devant moi. Tout est là près de moi.
Je suis milliardaire en grains de sable. Je suis millionnaire en coquillages.
Ma fortune est inépuisable.
C'est sur cette chanson adorer des cristalliers que s'achève cet épisode des baladeurs.
Les Baladeurs est un podcast du magazine Leosers.
Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à nous le dire en nous laissant des notes et des commentaires sur vos applications de podcast.
Cet épisode a été réalisé par Thomas Fier et monté par Chloé Vibo et Capucine Lebeau.
Le texte a été écrit et lu par Clément Sacar.
La musique originale a été composée par Nicolas de Ferrand et le mixage a été assuré par Laurie Galliganie.
Merci à Christopher Bow pour sa participation et merci à vous d'avoir écouté cet épisode.
On se retrouve dans 15 jours pour une nouvelle aventure en pleine nature. Alors à très bientôt.

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