Seul maître à bord après Dieu - EP53

Durée: 5m22s

Date de sortie: 17/04/2024

La célèbre podcasteuse Camille Bourdin reprend les rênes de la fiction quotidienne de Christian, "Simple comme bonjour". Chloé est rassurée : cette professionnelle de haut niveau saura reconnaître son talent.  La Chute de Lapinville Lapin, pervers narcissique en fin de droits, raconte son retour à Lapinville et sa décision de faire un podcast pour se venger de ses anciens camarades d’école. Il est bientôt rejoint par Chloé Bloomington, star de cinéma qu’une énorme shitstorm oblige à revenir dans sa ville natale pour jouer dans une fiction quotidienne à la con. Puis, on suit l’enquête de Spiruline, astucieuse stagiaire à la mairie, qui dévoilera des scandales insoupçonnés dans les plus hautes sphères de Lapinville… Tour à tour, les Lapinvillois témoignent pour essayer de comprendre comment, une chose en entraînant une autre, ils ont fini par provoquer la destruction de la Terre. Leurs destins entremêlés forment une pelote visible de l’espace dont cette série, cinq minutes par jour, va dérouler le fil.
Fresque épique et palpitante, chronique de la catastrophe en cours et de ses ramifications les plus inattendues, La Chute de Lapinville a pu être décrite comme une variante des Simpson à la sauce rond-point ou un jumeau maléfique de Plus belle la vie.

Enregistrements : décembre 2023-2024 - Scénario et dialogues : Benjamin Abitan, Wladimir Anselme, Laura Fredducci - Conseillère littéraire : Noémie Landreau - Direction artistique : Benjamin Abitan - Réalisation : Laure Egoroff - Assistante réalisation : Clémence Bucher - Distribution : Clémence Bucher - Comédiens principaux : Flore Babled (Chloé), Noémie Landreau (Camille), Philippe Vieux (Christian), Séraphin Rousseau (Alonso) - Comédiens silhouettes : Cécile Fisera - Moyens techniques : Obsidienne, Rémi Durel, Julie Tribout, Alice Lebaube - Illustration : Roxane Lumeret - Musique originale : Samuel Hirsch - Production : ARTE Radio, ARTE Studio, Virginie Lacoste, Sahar Pirouz, Jacques Falgous

Je jouais donc le rôle d'une boulangère souriante, pleine de malices, dans un podcast merdique, et j'avais envie de me pendre.
Les répétitions venaient de commencer. C'était une torture, tout simplement. Il y a pas d'autre mot.
On va reprendre où la pâle.
Avoucloi.
Faire un sourire, tenir la porte à une vieille dame. Ce sont des choses simples.
Simple ? Comme bonjour.
Mais tu vas arrêter avec tes clins d'œil, bordel.
Attention, le gardon, c'est une belle énergie pour le micro.
J'ai pas le droit de jouer.
Mais tu joues pas, tu clines d'œil !
Mais tu clines pas d'œil, c'est mon personnage qui cline d'œil !
J'avais fait une erreur.
Ce projet était nul, les conditions étaient catastrophiques, mon partenaire était une tâche et je détestais cette ville.
Pour rester, j'avais besoin qu'on me raconte une autre histoire.
Et vite.
C'est alors que Camille Bourdin est arrivé.
La chute de Lapaville, une fiction quotidienne en podcast.
Écrite avec les pieds mais par des gens qui savent super bien écrire avec les pieds.
Episodes 53. Seulmettre à bord après Dieu.
Pour l'instant, c'est ici.
On est en train de voir pour un endroit plus petit.
Mais c'est une salle de sport.
Je sais.
On a fait mettre les tatamis contre le mur pour amortir le son.
Ok, peu importe.
On a aménagé une petite cabine de régie en haut du gradin.
Et pour les répétitions, vous avez cette chaise d'arbitre.
Très bon, ça ira.
Je suis Camille Bourdin.
Vous connaissez tous ma voix mais vous connaissez pas mon caractère.
C'est assez simple.
Je suis une vraie connasse.
Je n'ai pas d'amis et je n'ai pas besoin d'en avoir.
La seule chose qui m'intéresse, c'est le podcast.
C'est pour ça que je me lève le matin.
C'est pour ça que je me couche le soir.
Et c'est pour ça que je n'ai pas de vie.
On est deux.
Elle est meilleure.
Elle me fascinait.
Elle n'avait pourtant pas l'air de grand chose avec sa culotte de cheval,
ses lunettes à fleulou et ses cheveux fourchés.
Mais il se dégagait d'elle une impression de puissance,
d'incandéissance froide, de perversité subtile.
À partir de lundi, je vais vous voir en studio à 7h45 pour un training vocal.
Évitez les chaussures à talon et les vêtements près du corps.
7h45 ?
Moi, je gore pas de toute façon.
Question.
Est-ce que ça peut valoir le coup que je filme les échauffements ?
J'ai un canon qui fait des vidéos vraiment pas mal que je peux mettre sur pied.
Vous êtes qui ?
Alors oui, Christian est le show-runner.
En clair, le responsable de ce jeu-là, bordel.
C'est vous qui avez écrit le texte.
Coupable, votre honneur.
Je ne peux pas avoir un auteur dans mon studio.
Si c'est inévitable que vous soyez là, faites en sorte que je ne m'en rends pas compte.
Vous voyez cette porte ?
Vous voulez dire le filet de Badminton ?
Quand votre texte franchit cette limite, il n'est plus votre texte.
Il est de l'air, de la terre, de l'eau.
Il est de la glaise dans mes mains, prêt à être aplati, refassonné ou jeté au rebu.
Je suis Camille Bourdin et je suis seul maître à bord après Dieu.
Si vous me gênez une seule fois, c'est la porte.
Et il n'y a pas de deuxième chance.
Oh, je ne voyais pas les choses autrement.
Vous savez, moi, j'ai écrit ça pour que les autres s'en emparent.
J'aime bien dire que je suis un passeur d'histoire.
Ça commence maintenant.
Compris ?
En la regardant démolir méthodiquement ces gens, j'ai eu un regard d'optimisme.
Cette fille était comme moi.
Elle plaçait l'exigence artistique au-dessus de tout.
Elle avait dû voir mes films, flairer mon potentiel,
sentir que je valais mieux que toutes ces comédies familiales à la con.
Elle allait me comprendre.
Son talent conjugué au mien, on pouvait encore faire de l'or avec toute cette merde.
C'est là qu'elle s'est tournée vers moi.
Et toi, tu vas me cracher ce chewing-gum une fois pour toute ?
Pardon ?
Ecoute-moi bien, Miss Ponnais.
Moi, les princesse, je n'y crois pas.
Je ne vais pas être ton amie.
Je vais être une grosse brute qui va t'enfoncer la tête dans la boue
à chaque fois que t'as la peur de te salir.
Et pour ça, tu vas me détester.
Autant commencer maintenant, on ira plus vite.
Elle est partie sans retourner.
Elle avait décidément un gros cul.
J'étais vexée, bien sûr, mais si je voulais des raisons de rester,
pas un désormais j'en avais une.
7h45 !
À demain !
À suivre sur Arte Radio.
Demain, dans la chute de la painville.
Ça alors, Luc, c'est toi, je t'ai tant aimé.
C'est mou sans structure.
On fait pas du cinéma ici, on fait du podcast.
Et n'hésitez pas à nous laisser des étoiles.
Le plus étoile possible, compris.

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LaChutedeLapinville-Unefictionquotidienne

Tous les jours 5 minutes de vérité, d’aventure, de cynisme, de dépression, d’humour et d’amour (non en vrai, il n’y a pas beaucoup d’amour, mais il y a quand même un peu de sexe.) Alors voilà le pitch. Lapin a 38 ans, il est cynique et déprimé, un peu amer aussi et il semblerait qu’il soit responsable d’une catastrophe qui a causé la fin du monde. Il décide de nous raconter comment le cataclysme est arrivé, mais pour ça il doit remonter le temps. D’autres narrateurs vont l’aider à reconstituer le puzzle. L’histoire commence donc le jour où on lui supprime les allocations qu’il touchait en sa qualité de pervers narcissique. Pour tenter de les récupérer, il doit s’engager dans un programme de podcast thérapie qui ne l’inspire pas du tout. C’est le début de la fin et il est contraint de retourner vivre chez ses parents souriants et indifférents, Christiane et Christian, à Lapinville. De retour dans cette ville qui lui donne le bourdon et installé dans le garage de ses parents, les mauvais souvenirs remontent. C’est à ce moment-là qu’il décide de faire de son podcast l’instrument de sa vengeance. Ses anciens camarades de classe vont payer pour les humiliations qu’il a subies quand il était petit. Il élabore un plan machiavélique. Ce résumé contient beaucoup trop de spoilers, mais le spécialiste consulté par ARTE a dit qu’il fallait un résumé de 4000 signes pour que la série soit bien référencée sur les plateformes, donc déso. Lapin est bientôt rejoint par Chloé Bloomington, star de cinéma qu’un énorme shitstorm oblige elle aussi à revenir dans sa ville natale pour l’inauguration d’un rond-point à son effigie et aussi pour jouer dans une fiction quotidienne audio à la con. Elle est aussi l’égérie des pâtés Legroin qui ont fait la fortune de son père Georges Legroin. Elle se retrouve d’ailleurs prise dans les filets de l’autorité de maladive de Georges, qui la manipule et qui l’exploite, mais aussi dans ceux de Camille Bourdin, la reine du podcast et de la toxicité. Le tournage se transforme en cauchemar. Puis, c’est Spiruline qui reprend le fil de l’histoire. Astucieuse stagiaire à la mairie, d’une bonne humeur et d’un optimisme inébranlable, elle est totalement exploitée par la maire de Lapinville qui est nulle en informatique mais super forte en corruption et en malversations. Heureusement, Spiruline est surtout une sorte détective dans l’âme qui dévoilera des intrigues insoupçonnées dans les plus hautes sphères de Lapinville… Du coup la mafia locale s’en mêle et des disparitions mystérieuses se succèdent. C’est du moins ce que croit la personne qui écrit ce résumé et qui n’a pas encore lu tous les épisodes, qui sont écrits par des ordinateurs enfermés dans une pièce secrète et qui refusent qu’on les dérange, et qui prennent tout mal, dès qu’on veut changer une toute petite chose (comme le titre) ça les fait vriller alors, on aime mieux les laisser tranquilles. Les destins entremêlés de tous ces personnages forment une pelote visible de l’espace dont cette série, cinq minutes par jour, va dérouler le fil. Alors écoutez et vous ferez bientôt la connaissance de Sami l’ingé-son fan de reggae, du Robot Français Moyen, de Pif le chien, d’une journaliste sans scrupule, d’une assistante sociale qui est aussi cétologue et stagiaire à la mairie, d’un jardinier gréviste, d’un comédien qui fait des clins d’œil, de mafieux érudits, d’un collégien geek et woke et d’un footballeur volage. Il y aura des courses poursuites, des effets spéciaux, des concours de popularité, des conflits générationnels, du mystère, des enquêtes, de la politique locale, de la corruption, des fêtes, de la dystopie, de l’humour noir, des chansons, des groupes de parole, des avant-premières, des inaugurations, des traumas, des coups de feu, des goûters, des kidnappings, des rires, des larmes et même des scènes de crime. Et vous saliverez à l’idée de découvrir la spécialité culinaire de Lapinville, le chichoucha. Parce que finalement « La chute de Lapinville » c’est vous, c’est nous, c’est la classe moyenne, c’est la France, c’est la collapsologie, c’est tout l’univers, des petits riens aux grandes questions existentielles, c’est la retraite, l’épilation et le harcèlement scolaire, c’est la comédie et la tragédie, c’est le monde entier dans un podcast addictif. Une variante des « Simpson » à la sauce rond-point ou un jumeau maléfique de « Plus belle la vie ».
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