Les Odyssées des musées d'Orsay et de l'Orangerie 4/5 : Paul Durand Ruel, le fou de peinture !

Durée: 14m41s

Date de sortie: 16/04/2024

durée : 00:14:41 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Malgré ses cheveux bien peignés et ses bonnes manières, il fut le plus décoiffant des marchands d’art. Visionnaire, il a inventé une nouvelle façon d'accompagner les artistes, allant jusqu’à traverser l’Atlantique pour faire connaître les peintres impressionnistes.

...
Vous a percevé cet homme qui avance ?
Silhouettes fines, costumez les gants ?
Vous voyez ce visage sage, avec cet emboutage bien peigné ?
Vous entendez ?
Mes hommages, monsieur. C'est une belle journée, n'est-ce pas ?
Oui, cette façon de parler, si calme, si polie.
Et si je vous disais que ce zigoto est un fou furieux,
à gros risques et à l'aventure ?
Paul Durand-Ruel et Marchand de Tableau.
Sa passion ? Dégotter des pépites !
Le jour, la nuit, ils visitent les expositions et les ateliers
pour des nichelles-navres qui le fera chavirer.
Oh...
Poursuivi par les banquiers, manqués, hués,
ils vont d'aventure dès confiture, souvent à deux doigts du fiasco.
La bancroute ? C'est rigolo, ça arrive avec croûte.
Père de ma réputation, mais chez moi c'est devenu une vocation.
Dès les années 1870, alors que personne ne croyait en eux
qu'il s'est battu, bac et ongle pour défendre les peintres impressionnistes.
Il les a soutenus, nourrées, lavés, logeés, accompagnés chez le dentiste.
Oh oui, bon, j'exagère.
En tout cas, il a été jusqu'aux États-Unis pour les faire connaître.
Jamais il ne les a laissés tomber.
Eh bien oui, l'or, ce sont des artistes, pas de vieilles chaussettes.
S'inviller pour risquer que les montagnes de l'îmallaya.
Voici l'odyssée de Paul Durand-Ruel.
Faut amour de peinture et peut-être...
Oh oui, on peut photocouper !
Nous sommes à Paris en 1851.
C'est le joli mois de mai ou peut-être celui de joie.
Le soleil, cercle d'or dans le ciel bleu,
fait pétiller la ville de joie et de bonne humeur.
Oui, enfin...
Ça, c'est quand on n'a pas encore la peur de la côte.







Paul Durand-Ruel, 20 ans, transpire à grosse côte.
Oh non... Ça va faire des oréoles sur mon costume.
Le visage grimacant et le plus les yeux effroncent les sourcils.
Attendez une petite seconde !
Ce ne sont pas seulement ces essais qu'il chiffonne.
Oh ! Ça prétit ! Paul est un kier que dis-je !
Il est tiraillé.
Jean, son père, lui a demandé de rejoindre le commerce familial,
alors que lui, il ne rêve que d'une chose, partir à l'aventure !
Ou... Sacré qu'au dur !
Mais son père, d'ailleurs, que fait-il ?
Jean est marchandard.
Tout a commencé il y a Joli Durrette,
dans une boutique pas tout à fait comme les autres.
Ah bon ? Ah ben alors vite, en tronc !
Bienvenue dans la papétrie des Durand-Ruel.
Ici, on vend du papier et des crayons, bien sûr,
mais aussi des toiles, des pinceaux, des boîtes à couleur.
Bref, tous les matériels indispensables aux artistes.
Le problème, c'est qu'ils sont souvent fauchés.
S'ils ne veulent pas régler leur note qu'ils me laissent une ou deux toiles en échange,
je les présenterai dans la vitrine.
Excellent idée !
Peu à peu, les tableaux envahissent la famille.
Jean a tellement de toiles qu'il les expose même chez lui, dans son saloon !
Tiens, c'est bizarre.
Mais oui, évidemment, c'est pas son saloon mais son salon !
Paul grandit entouré de peintures et pas n'importe de quels.
Son père ne choisit que des oeuvres nouvelles à la pointe de la création.
Mais tout cela, hélas, ne fait pas rêver son fils.
Tu parles d'une vie.
Acheter, vendre, acheter, vendre, acheter, revendre, c'est d'un ennui.
Mais c'est l'amour dans l'âme, que Paul suit les pas de son père.
Heureusement, le pays est moins dépriné que lui !
Après avoir été secoué par trois révolutions, la France retrouve enfin la stabilité.
Pour réplater le monde entier, un énorme événement de renommée internationale,
appelé Exposition universelle, est organisé à Paris en 1855.
Des mois durant, la foule se presse sur les Champs-Élysées.
Ce qu'on peut voir ?
Ah bah, ma foi, un peu de tout !
Allez, chaleuchus, pâtes-molles, pierres crème, n'hésitez pas, venez, venez, venez, croqués dans les fondages.
Alors oui, il y a des produits du terroir, mais aussi des inventions, des machines et bien sûr, de l'art.
Une salle presque entière et consacrée à Eugène de la Croix,
un peintre vivant qui dessène les passions depuis quelques années.
Appele Paul à qu'il posait ses yeux sur cette oine incendie de couleurs vives,
que ses genoux tremblent, son cœur bat la chamade.
Ce mouvement, cette puissance, cette liberté,
et dire que personne ne vous laisse étoile quand de la croix était jeune,
un génie pareil si longtemps incompris,
le public est sacrément aveugle.
Oh, oh, je sais.
Mais oui, mais oui, c'est ça, c'est exactement ça.
La voilà, ma vocation, faire connaître et aimer les artistes de montants.
Paul Marchandard a désormais une mission, défendre les peintres.
En quelques années, sa vie change.
D'abord, il se marie avec Jean-Marie Éval-Affon, une jeune femme de dix ans son éni.
Bravo, bravo, vive les mariés, vive les mariés.
Ah, bah moi, j'adore, j'adore les vies sur l'amour.
Et puis, à la mort de son père, il prend officiellement les reines de la galerie.
Mon père avait du flair, de l'intuition et le sens des affaires.
Je lui ferai honneur.
Une nouvelle recommence.
Yahoo !
La première chose quand on veut défendre des artistes vivants, c'est les rencontrer.
Et pour ça, il faut chercher.
Paul est dans tous ses états.
Tous les jours, il a besoin d'émerveiller sa pupille,
le bonhomme est absolument accro.
Des toiles, des toiles, je veux voir de nouvelles toiles.
Donnez-moi des toiles, des toiles partout, je veux en voir partout.
Attendez, attendez, je sens quelque chose.
Là, là, là, ça sent la merveille.
Oui, je fonce, je fonce.
S'il y a une merveille cachée dans une exposition,
ou au fond d'un atelier, tu peux être sûre d'une chose.
Paul la trouvera.
Ce qu'il préfère.
Ma foi, allez à la grille.
Enfin, je veux dire, à l'hôtel Drô, la plus grande salle des ventes de Paris.
Drô, c'est un peu comme une foire d'enfouagne.
Les tableaux sont mises en chair et partent avec le vendeur le plus haut franc.
Oups, je suis là, excusez-moi.
Personne ne s'est fait de cadeau.
Paul, bondi de sa chaise, il crie, il hurle en le vol d'un mort.
Oh, plus lourde, il n'a plus de lutte.
Non, non, trois, trois, quatre cents, six cents, six cents, c'est pour moi, c'est pour moi.
C'est pour moi.
En quelques années, le marché en se taille d'une sacrée réputation.
Monsieur Durand-Ruel, ces choix sont éblouissants.
C'est dans sa galerie, rue le pêletier qu'il faut aller.
Oh, le gentil monsieur a intérêt à se dépêcher.
En juillet 1870, la France entre en guerre contre la Pruche.
Paul envoie sa femme et ses cinq enfants à la campagne,
tandis qu'ils filent à Londres, en Angleterre,
les valises remplies de tableaux.
Ce serait dommage de louper de six belles occasions.
Arrivé dans la capitale anglaise, notre bonhomme ouvre une nouvelle galerie.
On va voir comment nos amis anglis réagissent à l'art français.
Paul n'est pas le seul français réfugié à Londres.
Des artistes ont également fui la guerre et, parmi eux, un certain Claude Monet.
Paul a bien remarqué ses toits lors des dernières expositions à Paris,
mais il n'a jamais réussi à le rencontrer.
Le problème avec les artistes qui aiment peindre au dehors, c'est qu'ils sont tout le temps à la campagne.
Ce qui n'a plus arrivé en France se produit dans l'Angleterre.
En Nord-Regard, une poignée de porte, non, de main, un sourire,
les vies de Paul et de Claude changent à tout jamais.
À Londres, mon épaque en mon petit fou,
le soleil qui passe à travers le fog, ce brouillard si typique de la ville, l'inspire.
Sur ses toiles, la lumière dispersée en mille reflets,
apparaît et disparaît dans la brume.
Paul, à la mâchoire qui tremble autre,
au curé, ça fait comme avec de la croix.
Ce qui l'a sous les yeux est absolument renversant.
On dirait que la toile vibre.
Immédiatement, il achète ses toiles.
Cette obsession de la lumière,
cette façon de tremper son parceau dans la vie,
Claude la partage, avec toute une bande d'âme peintre
qui veulent réinventer la peinture.
À la bonheur !
La guerre terminée, de retour à Paris, Paul les rencontre tous.
Auguste Renoir, Édouard Manet, Edgar Tegaff, Berte Morizot,
ils décident de vendre leurs toiles.
Euh, pardon Paul, mais...
est-ce que vous êtes au courant que personne ne veut les acheter ?
Ah bon, et pourquoi donc ?
Alors, d'après ce que j'ai compris,
ils ne suivent pas les règles imposées par l'Académie des Beaux-Arts,
du coup, le public trouve leurs toiles bizarres, mal peintres, bref... ratées.
Oh, mais vous me prenez pour une bille ou quoi ?
Évidemment que je sais tout ça.
Ces peintres ont de l'or au bout de leurs pinceaux,
et c'est tout ce qui m'intéresse.
Ce que je cherche, c'est la nouveauté, l'audace.
Je suis mon instinct !
Ah, eh bien, il est rudement efficace cet instinct.
Un jour, après avoir visité l'atelier de Manet,
il lui achète 23 toits d'un cours.
Tout sa vie tourne désormais autour de ses artistes
qu'on appelle depuis peu, Impressionnistes.
La passion, ça permet de surmonter le chagrin,
et Paul, on a diablement besoin.
Et il y a quelques années, sa femme est morte,
à cause d'une vilaine pnémonie,
le laissant seul avec ses cinq enfants.
Alors bon, ce n'est pas facile tous les jours,
mais c'est le sacroche !
Allez, au les coeurs.
Une nouvelle vente m'attend à trou.
Paul ne perd jamais espoir,
toujours droit, toujours digne,
il n'abandonne jamais,
ni ses idéaux, ni ses amis.
Il l'encourage, cajole, rassure.
Je sais que vous n'êtes jamais satisfait par votre âme, Onet,
mais je vous en supplie,
ne détruisez pas vos toiles !
Faites-moi confiance,
je me battrai pour vous jusqu'au bout.
Bientôt viendront des jours meilleurs.
En attendant,
Paul n'hésite pas à ouvrir son porte-monnaie,
et de façon très créative.
Il a une idée complètement dingue,
verser un salaire ou peintre fauchée
pour leur permettre de créer sans peur du lendemain.
Et il ne s'arrête pas là,
monnaie crève la fin,
il règle son loyer,
il lui achète du matériel,
il paye les vêtements des enfants.
Oui, Paul est un drôle marchand,
qui se fiche,
un peu de l'argent.
Lorsqu'il achète des toiles,
ses prix sont toujours supérieurs,
à se demander par les artistes.
Alors,
très vite,
le mot circule.
Eps !
Si tu fais affaire avec Paul,
un conseil,
boucle-le-là,
et attends sa proposition.
Tu verras,
tu ne seras pas déçue.
Entre nous,
heureusement qu'il est là.
20 ans après les avoir rencontrés,
les peintres impressionnistes,
ne séduisent toujours pas le grand public.
La réputation de Paul, d'ailleurs,
on a pris un sacré coup.
Personne ne comprend pourquoi
il s'acharne à soutenir ses peintres
qu'on trouve au médiocre,
ou bien,
oh bah fou !
Paul dit en révèle,
le pauvre a complètement perdu les pédales,
il va bientôt mettre la caisse sous la porte.
Les clients ne lui font plus confiance,
les caisses se vide.
Bon, je...
C'est-à-dire que
je m'attendais à ce que ce soit difficile,
mais là,
je crois que je sèche un peu.
Notre vaillant camarade,
est-il en train de perdre courage ?
Oh !
Oh mais non, non !
Dans ses yeux, ça lume,
tout un tas de petites étoiles.
Oh ? Tiens,
comme sur le drapeau américain.
Tout juste, Lord.
Fils que la France est trop étroite
pour mes impressionnistes,
je traverserai l'Atlantique,
j'irai les défendre aux États-Unis.
Et puis,
j'espère au passage que je renflouerai mes caisses.
Maxi, youpi !
En 1886,
Paul, durant réel,
60 ans,
organise une grande exposition à New York
pour présenter ses plus belles toiles.
La boule, la boule, c'est magnifique !
La boule, la boule, c'est magnifique !
La boule, la boule, c'est magnifique !
Et cette fois,
oui,
le succès est là !
La vie des peintres impressionnistes
change à tout jamais.
Et grâce à qui ?
Grâce à Bibi !
Ha ha ha ha !
Wooohohoho !
Yahoo !
Ainsi vécue, Paul, durant réel,
le plus décoiffant des marchandards.
S'il ne l'avait pas soutenu tous ces peintres,
qui sait, c'est l'histoire de l'art,
n'aurait pas perdu un bras ou une jambe !
Ouch !
Paul, durant réel,
a inventé une nouvelle façon d'accompagner les artistes.
Il a révolutionné le monde de la peinture !
Derrière cet épisode,
il y a
Do Fargueride,
Basil Boker,
Fanny Le Roi,
Marion Lolaix,
Clarisse Orne,
et Lodifiattes,
les équipes du Musée d'Orsay,
et moi,
leurs grands besançons.
Paul, durant réel,
n'est pas le seul soutien
des peintres impressionnistes.
Certains peintres de la bande,
issus de familles de la grande bourgeoisie,
étaient également
de grands collectionneurs.
C'est le cas de Gustave Caillbotte,
qui a acheté de nombreuses toiles
à ses camarades.
Le bonhomme avait aussi
beaucoup de talent !
L'une de ses plus belles toiles,
les raboteurs de Parquet,
se trouvent au Musée d'Orsay.
N'hésite pas à y jeter un œil !
Au bien, les deux !
Les Odyssey des Musées d'Orsay
et de L'Orangerie
est un podcast original
de France en Terre.

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

Lesodyssées

France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere