
Les Odyssées des musées d'Orsay et de l'Orangerie 1/5 : La naissance de l’impressionnisme
Durée: 17m8s
Date de sortie: 16/04/2024
durée : 00:17:08 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Remonte le temps à l’époque des calèches, des locomotives à vapeur et du pari fou de l’Impressionnisme. Nous t’embarquons pour une folle enquête à la rencontre de grandes figures de la peinture.
Ici l'or, grand possensant. Il est 3h15 du matin. Je me trouve actuellement au Musée de Horset.
Un informateur m'a récemment indiqué que des phénomènes très étranges s'y produiraient la nuit. Un secret.
D'accord, ma foi. Ça fait à peu près 8h30 que j'attends. Caché derrière la poubelle de la cafétéria et mis à part 3 fourmis qui se battent en duel.
Ah bah, il se passe pas grand chose.
Bon, allez, il est temps de mettre la viande dans le torchon.
Oh, c'était peut-être pas une bonne idée cette raclette.
Ah !
Il y a quelqu'un ?
Hey ! Où là-bas ? Arrêtez-vous !
Arrêtez-vous !
Oh, Péril, on s'est quittés là !
Je suis pas prêt à pas rien !
Oh, j'aime pas plus.
Un grand ornage ?
Oh, ma mère !
On dirait qu'elle va exploser !
Ah ! On a en train de remonter le temps !
Nouvembre 1862.
Un serpent de fer déchire la campagne.
Là-bas, une ville apparaît et devant elle, une gare.
La gare se rapproche et puis enquête une grande hall de fer.
La hall se remplit de fumée. Le train s'arrête. Les portes sauvent.
Gare, serrassar, tout le monde descend !
Terminus !
Au milieu de la foule, plein de monnaies, 22 ans, barbe noire, pipo bec,
en jambes les sacs, les valises et contourne les embrassades.
Pardon ?
Arrivée tout debout du quai, ils se retournent.
Hmm, cette fumée blanche et bleue ?
Cette petite locomotive noire au milieu ?
Ouais, c'est pas mal !
Le voici dehors.
Dehors, c'est Paris.
On s'assoit en ennêt, la capitale Bouillon.
Allez, mettez-moi une calèche !
Oh non ! Deux calèches !
Et puis des lampadaires !
Des fontaines !
Des robes qui frouffent route !
Oh, des passants qui se promènent !
Et puis y ajouter des travaux !
Oui, pas que pour travaux !
Voilà ! C'est Paris !
Merci, merci, arrêtez !
Ah, c'est génial ! Merci !
Clowne Monet, originaire du Havre,
a quitté sa ville pour devenir peintre
avec quelques recommandations de la part de son père.
Cette fois, tu vas travailler sérieusement mon fils.
Je veux te voir dans un atelier,
sous la discipline d'un maître connu.
Sinon, je te coupe les cheveux, les vivres.
Tu m'entends ?
Bonne art, maître atelier !
Les ateliers, c'est là que les jeunes artistes s'exercent.
Ils se retrouvent chaque jour,
sous le regard d'un peintre reconnu
pour peindre, d'après des modèles vivants,
ou bien des spécimens...
Ah, pas toujours très frais !
Prêté par l'école de médecine !
Quant à l'ambiance, je t'allais te faire ton idée.
Hé, les gars, pourquoi le lapin est bleu ?
Parce qu'on lapint !
Lapin !
Lapin !
Oui, ce n'est pas toujours très raffiné.
Claude, rejoins l'atelier de Charles Glère.
Professeur au Beaux-Arts, le maître a la réputation d'être puissage et bien racine.
Racine, comme le pain ?
Si sa vision de la peinture n'est pas fraîche, je risque l'indigestion.
Touché.
Les remarques de Charles Glère semblent à Monet quelque peu...
Oui, péremé.
Monet, vous avez devant vous un homme qui a de gros pieds et vous l'est dessiné.
C'est très lait.
Bah, il faut bien que je paye ce que je vois.
Eh bien non, tout faux !
La peinture ne doit pas représenter la réalité.
Peunier des personnages de l'Antiquité, grec ou romaine,
de grandes scènes historiques mais par pitié, jamais la nature.
Si vous ne suivez pas ces principes,
jamais le jurid ne sélectionnera vos œuvres pour être exposés au salon officiel.
À cette époque, la peinture est l'art numéro un.
Chaque année, toute la ville se presse au salon
pour découvrir les milliers de tables au sélectionné
accrochés bord à bord sur des murs remplies du salle au plafond.
Pour les peintres d'alors, c'est le seul lieu où montrer son travail.
L'enjeu est énorme !
À l'atelier de Charles Glère, Claude Solis avec trois camarades
qui, comme lui, ont la sensation d'étouffer.
Il s'appelle Alfred Cisley, Frédéric Basile et Auguste Renoir.
La barbe l'Antiquité ! On en veut plus, non ?
Et puis, toutes ces toiles peintes en atelier sont si sombres,
alors que là, regardez ! Le soleil !
Dès qu'il le peut, mon nez emmène ces trois camarades
dessinés dans la forêt de Fontaine Blanc.
Avant, je faisais des caricatures,
et puis un jour, alors que je travaillais en plein air,
pof ! Révélation !
Comme un voile qui tout à coup se déchire,
la lumière qui jaille !
Au printemps, mon nez retourne au Havre.
Il passe les journées à marcher dans sa campagne normande.
Le ciel ! La mer ! Oh les herbes folles !
Je me viens foutre tellement j'ai envie de tout peindre !
Yau ! La tête m'empète !
Pendant ce temps, à Paris, le monde de la peinture est sans dessus dessous.
En 1863, le jury du salon, particulièrement sévère,
refuse 3000 œuvres sur les 5000 présentés.
Devant le taux des Générales,
l'empereur Napoléon III autorise la tenue d'une deuxième exposition,
quelques mois plus tard, le salon des refusés.
Hopi !
Nous sommes le 15 mai 1864, la foule curieuse se presse.
Parmi les visiteurs, il y a des journalistes.
Ridicule ! Mais qu'est-ce que c'est que ces scènes toutes simples ?
Oh, franchement, c'est une farce ! Oh, mon dieu !
Une toine en particulier, fiscandale.
Ouh ! Rembourser ! Rembourser !
Enfin, vous n'avez rien payé ?
Oh, vous ! Rembourser ! Rembourser !
Il s'agit du bain par Édouard Manet,
rebaptisé plus tard, le déjeuner sur l'herbe.
Attention, nos alonthres est dans la toile.
C'est un après-midi, dans une petite clérière, au milieu d'une forêt.
Sous les arbres généreux, deux hommes à moitié allongés dans l'herbe discutent.
Ils ne sont pas seuls.
Assise de profil à côté d'eux, une femme fixe le spectateur avec un air de défi.
Elle est fière, elle est nue, entièrement nue.
Sa peau blanche comme la lune, il lumine toute la scène.
Les femmes nues, l'académie des beaux-heures les tolèrent,
mais seulement s'il s'agit de déesses, de personnages bibliques ou mythologiques.
Avec son déjeuner, Manet hausse peindre de façon extrêmement réaliste,
une simple mortelle, dans le plus simple appareil entouré d'hommes en train de pique-niquer.
Oh, la vie, quoi !
La toile choque, mais elle est blouie aussi.
J'y vais rien, je suis éblouie.
Bref, pour les jeunes peintres comme Manet, Sisley ou Basile, c'est une révélation.
Enfin, quelqu'un hausse bousculer les côtes poussiéreux de l'académie des beaux-heures.
Peu à peu, un groupe de peintres d'avant-garde se constitue autour de Manet.
Ils fréquent en des ateliers différents, mais souvent le même troquet.
Le soir, au Café Guerbois, près de la Place Clichy,
on croit souvent Manet, Sisley, Basile, Renoir et bien d'autres peintres animées par la même soif !
Euh... je veux dire, le même désir de liberté.
Edgar de Ga, Gustave Caillbotte et parfois aussi, Paul Cézanne, Camille Pissarro et Berte Maurizot,
une jeune femme qui se bat pour exister en tant que peintre.
Tous ces artistes ont des palais et des styles très différents.
Certains sont riches, d'autres pauvres, ils ne peuvent pas toujours bien se sentir, mais la peinture les réunit.
Ils se filent des coups de main quand ils le font, et puis ils cherchent des nouvelles formes.
Ils discutent, ils peignent, ils peignent encore !
Des cheveux bouclés, lisses, lombres, en roucours...
Oh pardon, je m'égare !
Des tableaux, hein, ils peignent des tableaux, bien sûr.
Puisque le salon est l'unique voie, beaucoup continuent de tenter leur chance.
Et ils ont chacun, oui, un rapport différent à l'institution.
La scène se passe au Café Guerre-Bois, Manet et Cézanne sont assis côte à côte.
Ce qui est rare, hein, parce que Cézanne ne peut pas biférer Manet, enfin, bref.
Ah, Cézanne, qu'est-ce que vous préparez pour le salon ?
Un pot de merde.
Ah oui, c'est une façon de présenter les choses.
Ces peintres s'affranchissent de plus en plus des règles imposées par le salon.
Ils veulent peindre avec sincérité ce qu'ils voient, la vérité de leur sentiment.
Ils s'intéressent à leur époque, ils peignent leurs amis, des scènes de la vie de tous les jours,
des paysages mis en mouvement par la lumière.
La lumière ?
Oh oui, c'est tel que le cherche Manet, encore, et toujours !
Nous sommes en novembre 1872.
Manet, au Havre, loge dans un hôtel face au port.
Il est 7h30 du matin.
Il ouvre ses fenêtres.
Devant lui, le brouillard matinale chassé par le vent,
l'eau qui rougeoise sous le soleil qui monte,
les fumées d'usine, les barques qui partent.
Manet, ce n'est alors un pari fou, fixé sur la toile, un pari fou,
un moment qui passe, des sensations, la beauté de l'air, bref, une atmosphère.
Des heures durant, ils tentent de capter les reflets changeants de l'eau,
et là, cette drôle de buée qui enveloppe le soleil.
La précision, ils s'en fichent, avec des petites touches de bleu, d'orange,
ils cherchent une sorte de magie des couleurs.
Bon, on ne reconnaît pas trop le port du Havre.
Disons que c'est une impression.
Une impression soleil le vent !
Monet, Manet, Pissaro, Morizo, Cézanne, de Ga...
Ah bah non, pas de Ga qui passe dans la rue !
De Ga, Edgar, de Ga !
Brach, un vent, peu à peu, une toute nouvelle façon de peindre.
Et au salon, ou ça ne passe toujours pas !
Bon, bah il ne nous reste plus qu'à exposer nous-mêmes
et à faire une concurrence mortelle à tous ces vieux idiots bornes.
Mais oui, la voilà la solution !
Exposer seul, sans jury !
Le groupe s'organise.
Pour l'instant, il ne se donne pas de nom et pas de règle non plus.
Monsieur, on ne peint pas avec des théories.
Continuons de peindre simplement, en suivant chacun sa propre vérité !
Mais oui, oh oh, c'est génial, mais oui !
Pas de règle, pas de nom !
Oh la la, c'est génial, c'est absolument génial !
Oups, je crois qu'ils m'ont mal un peu là.
La date d'ouverture de leur exposition est fixée au 15 avril 1874,
soit 15 jours avant l'inauguration du salon officiel.
He he, ça leur fera les pieds !
Oh mon dieu, oh que vois-je !
Des visiteurs arrivent devant le 35 boulevard des Capucines.
Ils sont venus sans calailler devant l'étoile de ces jeunes peintres
qui passent pour de véritables rebelles.
La critique assise de Louis le roi dans le journal Le Charivary des Ingres, le travail de Monet.
Impression, saleil le vent. Impression, vous j'en étiez sûr, je me disais aussi,
puisque je suis impressionné, il doit y voir de l'impression là-dedans.
Oh non !
Le roi a intitulé son article, L'exposition des Impressionnistes.
Impressionniste, ça y est, le mot est lâché, et pour l'instant, il n'est pas très flatteur.
Nos peintres, en tout cas, se sont surpassés.
Plus de 200 œuvres sont exposés, signés Monet, Cézanne, Renoir, Maurizot, Degas.
Oui, ils sont tous là !
Tous ? Sauf Basile, mort à la guerre en 1870, et sauf Manet aussi, mais pour des raisons différentes.
Mais pourquoi irais-je avec vous, les jeunes, puisque je suis reçu au salon officiel ?
Bon, mais le public alors ?
Regardez, on dirait que ce n'est pas terminé, et puis c'est tout le pâtur là, ça fait comme des pâtés,
oh non non non, c'est franchement mal peint !
Oh purée, non ! Il n'est compréhende rien !
Seuls quatre toiles sont vendues.
Cette première exposition est un véritable flop.
Casselandien, Vaïkvaï, Monet, Degas, Cézanne, Maurizot, Sisley, Pissaro poursuivent le recherche.
Le groupe organisera sa tôtre exposition indépendante et finira par s'autoproclamer Impressionniste,
beau pied de nez lancé à celui qui avait tenté de les ridiculiser.
On s'approchissant des critères de l'académie, chacun à sa manière a révolutionné la peinture
et ouvert la voie à la modernité.
Oh non ! Ah ! Mais qu'est-ce qui se passe ?
Oh purée ! Ah bah, il m'avait pas menti cet indiquant !
Il s'en est passé de belle par ici.
Une enquête s'impose, une enquête Impressionniste.
C'est parti pour une nouvelle série d'odissées, les odissiers des Musée d'Orsay et de l'Orangerie !
Yahoo !
Derrière cet épisode, Il y a...
Claire Levasseur, Basil Boker, Marion Lollet, Fanny Le Roi, Hélodie Fiette, Clarisse Orne,
les équipes du Musée d'Orsay et moi, leurs grands besançons.
Les écrans de la France
Les écrans de la France
L'impressionnisme s'est aussi développé grâce au progrès technique.
Dans les années 1860, peindre de or, c'est tout nouveau.
Les cubes de peinture qui permettent de transporter les couleurs viennent en effet d'être inventés.
Ce qui est rudement pratique pour peindre, comme on dit, sur le pif.
Sur le vif !
Les odissées des Musées d'Orsay et de l'Orangerie
est un podcast original de France en Terre.
Les infos glanées
Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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