#55 — Le syndrome du Loch-Ness, avec Sonja Delzongle

Durée: 35m18s

Date de sortie: 01/06/2022

L’autrice de polar Sonja Delzongle s’est échappée au milieu des Highlands afin de comprendre comment un mythe comme celui du Loch Ness façonne une région.
Sur ses rives encore sauvages, elle a tenté de percer le secret de Nessie en rencontrant ceux qui ont élu domicile autours du lac.

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🎙 Un épisode réalisé par Thomas Firh, présenté par Clémence Hacquart, mis en musique par Nicolas de Ferran, mixé par Laurie Galligani, et monté par Chloé Wibaux en duo avec Capucine Lebot.


🤝 La saison 5 des Baladeurs est soutenue par Columbia.

Plus de détails sur l'épisode : 

Sur les eaux glaciales du Loch Ness, flotte depuis des siècles l’espoir du mystère résolu. Autour du lac, les légendes se murmurent dans la pénombre, les énigmes disparaissent dans la brume épaisse.
Si les contours des esprits d’un autre monde animent les visiteurs de passage, le besoin de certitude, lui, fait rester ceux qui n’ont plus rien à perdre. Quand les remous alertent, leurs yeux fous se rivent sur l’eau grise, espérant pouvoir déceler un indice. Mais souhaitent-ils encore des réponses ?
Contactée par une maison d’édition pour partir sur les noires terres Écossaise, l’autrice de polar Sonja Delzongle s’est échappée au milieu des Highlands afin de comprendre. Comprendre comment un mythe façonne une région. Comment une légende façonne le monde...
Sur les rives encore sauvages, elle a épousé l’étrange, en marchant sur les traces de Williamson ou de Steve Feltham, des marginaux du Loch Ness, comme elle les appelle. Car le secret de Nessie se cache peut-être dans les silences de ceux qui ont élu domicile ici pour toujours.

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Sur les eaux glaciales du Loch Ness, flottent depuis des siècles l'espoir du mystère résolu.
Autour du lac, les légendes se murmurent dans la paix nombre, les énigmes disparaissent dans la brume épaisse.
Si les contours des esprits d'un autre monde animent les visiteurs de passage,
le besoin de certitudes lui fait rester ce qui n'ont plus rien à perdre.
Quand les remous alertent, leurs yeux fou se rivent sur l'eau grise, espérant pouvoir déceler un indice.
Mais souhaitent-ils encore des réponses ?
Contactés par une maison d'édition pour partir sur les noirs terres écossaises,
l'autrice de Polar, Sonia Delsongle, s'est échappée au milieu des Highlands afin de comprendre.
Comprendre comment un mythe façonne une région, comment une légende façonne le monde.
Sur les rives encore sauvages, elle a épousé l'étrange,
en marchant sur les traces de Williamson ou de Steve Felsam, des marginaux du Loch Ness, comme elle les appelle.
Car le secret de Nessie se cache peut-être dans les silences de ceux qui ont élu domicile ici pour toujours.
Le lac par lui-même est un lac qui invite à la découverte, à l'exploration mais aussi à l'introspection.
Parce que je dirais que ce lac est presque une métaphore justement de cette âme humaine
et on aime projeter nos propres démons aussi dans la nature,
d'où les légendes, d'où tous ces monstres qu'on a créés mais ces monstres je pense que en réalité c'est nous-mêmes.
Le déclic de ce voyage en fait c'est plutôt une sollicitation.
Le déclic a eu lieu chez les éditrices de Paul Sen qui sont venus me chercher, comme elles étaient venus chercher
Caril Ferret, Jacques Schwartzmann, Ian Manouk aussi après, pour leur demander et me demander d'écrire un livre
autour d'une thématique qui serait vraiment la plus appropriée aussi à mon univers
parce qu'elles n'ont pas oublié que je suis quand même auteur de Thriller et de Polar
qu'il y a dans mon univers du mystère et de la noirceur aussi.
Donc un jour elle m'appelle et elle me propose le Loch Ness.
Alors évidemment mon enfant intérieur bondit, exulte et puis je me dis je vais partir sur les traces de ce monstre.
Je crois que c'est l'une des plus grandes enquêtes quand même de tous les temps.
Donc je ne suis pas proprement parlé partie enquêtée sur le monstre.
Je n'ai pas du tout la prétention de revenir avec une vérité mais je suis plutôt partie à la rencontre de cet univers
qui réunit énormément de choses, des sciences diverses et variées, du journalisme, du reportage,
même la police scientifique est intervenue, des scientifiques, voilà.
Et surtout, ce que j'ai appelé des marginaux du Loch Ness qui attendent, attendent, attendent,
qui ont pour la plupart quand même rompu avec leur vie d'avant, qui ont tout plaqué, tout quitté
pour se consacrer entièrement à peut-être une chimère.
Ça ressemble aussi à un compte.
En plus c'est un compte qui se rapprocherait vraiment d'une réalité parce que dans ce lac c'est un petit peu,
si vous voulez, comme une croyance en Dieu.
On n'a pas de preuve de son existence mais on n'a pas de preuve de sa non-existence non plus.
L'arrivée en écosse est impressionnante et fidèle à ce que l'Écosse peut dégager justement comme mystère
parce que l'arrivée se fait de nuit quand même, on va dire, le temps d'atterrir, etc.
de prendre la voiture en avant et de prendre la route donc de Glasgow à Fort Augustus
pour m'accueillir parce que forcément il faut que je sois tout de suite dans l'ambiance.
C'est la nuit glacial, octobre, novembre, une pluie battante qui se transforme à certains moments en neige,
glacée, tout est humide et froid et glacial et je prends cette route conduite à gauche,
chaussée glissante, les phares qui m'éblouissent.
Je pressens que la route qui est quand même assez droite dans l'ensemble
mais à un moment donné on attaque quand même des birages.
C'est très incertain en fait, tout est incertain et je ressens des présences.
Attention je parle pas de fantômes, je parle de présences géologiques,
de présences très fortes, téluriques en fait.
Je n'ai jamais eu une telle sensation d'être cueillie tout de suite dans une atmosphère
à part, voilà, dans une atmosphère vraiment mystérieuse et en plus,
en éco s'il y a quand même eu des massacres historiques entre des clans,
il y a eu beaucoup de sang sur cette terre et peut-être qu'on ressent finalement tout ça.
La nuit est vraiment d'encre, c'est une nuit noire.
Sur la route il y a écrit en très gros slow, ralentissé
et puis j'ai compris la signification de ce slow,
ce slow c'est aussi pour qu'on ralentisse parce qu'il y a une nature autour.
Cette route me marque et puis je finis quand même par arriver à Fort Augustus.
Fort Augustus, c'est pas seulement une étape, c'est là où je vais vivre en fait quelque temps,
où je vais graviter dans la région des Highlands autour du Locke
et puis ensuite jusque l'île de Sky, Fort Augustus, c'est le départ du Locke
et c'est la ville consacrée à Nessie.
Nessie est partout, Nessie est sur le moindre petit stylo,
petit mouchoir, t-shirt, tous les objets en fait, consacrés au monstre du Loch Ness,
à Nessie parce que Nessie évidemment c'est le nom, on dit elle, c'est féminin.
Donc voilà, je m'amuse à découvrir un petit peu ce foisonnement,
cette surabondance de Nessie partout
et je me dis Nessie mérite autre chose, le monstre du Loch Ness mérite autre chose
et j'espère que je vais trouver autre chose en allant sur les bords du Locke.
La première apparition du monstre a eu lieu, 500 et quelques,
c'était un moine qui se trouvait justement au bord du Loch Ness
ce qui a eu vent de la présence d'un monstre qui a voulu voir ce qui se passait.
Donc il y a un jeune moine qui est parti nager dans ce Locke
et à un moment donné il se retrouve face à une gueule terrifiante, une gueule monstrueuse.
En fait voilà, le monstre avait surgi, un monstre avait surgi du lac
parce qu'à l'époque c'est pas le monstre, c'est un monstre voilà
et le moine a prié pour sauver le jeune un peu, peut-être imprudents, inconscients, téméraires en tout cas.
Donc le monstre a plongé dans les eaux du Loch Ness et il n'est plus réapparu
pendant cinq siècles, même un peu plus.
Il a refait surface par étape comme ça, il refaisait surface
et vraiment les apparitions se sont rapprochées à partir de 1900,
justement 1905, 1910, 1910, 1920, etc.
Et on va s'apercevoir aussi que ça va de pair quand même avec les événements,
soit les événements qui touchent le pays lui-même, soit les événements qui touchent
une plus grande partie du monde, en tout cas qui plongent dans la noirceur,
qui plonge une partie de l'humanité, soit en écoce en Grande-Bretagne en tout cas,
soit avec les guerres mondiales aussi.
C'est le lendemain, j'arrive aux abords du Loch
et puis je vois une forme qui arrive du lac, une forme qui arrive et qui se jette sous mes roues.
C'est très sensible évidemment à la cause animale, pour moi c'est pas anodin,
de renverser, enfin décraser, puisque c'est le cas, un animal.
Je crois un petit peu aux signes aussi et je me suis dit, bon, quel est le message là ?
Quel est le message que m'envoi le Loch peut-être de respecter son mystère,
de respecter sa qui-étude ?
J'ai besoin déjà d'aller tout de suite voir le Loch et aller sur les bords
et c'est la première fois, encore une fois là, vraiment je découvre.
Eh bien j'entre dans une atmosphère qui me saisit tout de suite,
qui me transporte tout de suite, finalement dans son mystère.
Le Loch, n'est peut-être atteindre à certains endroits 200 mètres de profondeur,
il est long de 6 km, en tout cas voilà, il est vraiment tout en longueur,
il est ouvert, il est ouvert sur la mer en fait, il y a des canaux
et justement ces canaux ont une importance sur l'arrivée supposée de créatures,
marines, possibles monstres, alors monstres, je dis pour le coup réels préhistoriques,
comme le plaisiosor ou des baleines, tout simplement.
Donc oui, ce Loch se prête en fait à toute une fantasmagorie, à toute cette histoire bien sûr.
Il y a un côté du Loch qui est aménagé, qui est plutôt, on va dire,
pour les touristes effectivement, pour permettre de descendre,
et puis à l'autre côté qui est sauvage, vraiment sauvage.
Et là il y a des rives, voilà on garde la voiture et on descend jusqu'au bord du Loch.
Je descends sur la rive, il y a une odeur de vase qui me saisit tout de suite,
c'est l'automne, les arbres explosent littéralement dans les couleurs,
mais vraiment fabuleuses, d'or, d'orange, de violet, c'est vraiment un feu d'artifice.
Le lac est noir, le lac est glacé, glacial, et j'avise un petit ponton aussi,
je vais sur ce petit ponton, je manque de me casser la figure parce que c'est glissant,
évidemment, c'est gluant, je me dis c'est sinistre en fait.
Le lac dont on ne voit pas le fond, ça va avec une angoisse aussi,
ne pas voir, ne pas savoir ce qu'il y a, ne pas savoir ce qu'il se cache.
Alors je me dis, ça peut être un bon refuge en effet pour un monstre,
il y a eu aussi dans les légendes, il y a les kelpises, les fameux kelpises,
donc écosselles ce sont des sortes de monstres à l'apparence de cheval,
et ils réussissent à amadouer les jeunes enfants ou les nageurs un peu imprudents,
et ensuite ils les emportent avec eux, ils les font disparaître dans les tourbillements, dans l'eau,
on a l'impression avec ces arbres vraiment au tronc, parfois noueux, au racine,
énorme comme ça qu'il y a des elfes justement qui vont en sortir,
il y a les fameuses fontaine au fait, tout se prête finalement à la fantasmagorie et au conte.
Et donc je me dis, je vais forcément voir quelque chose, je vais forcément peut-être
voir apparaître une ombre à la surface du lac, une nageoire, je sais pas, mais en tout cas, je le souhaite vivement.
Le premier jour, je vais aussi voir les ruines du château du recorte qui se dresse comme ça,
je compare tout de suite ça à une vieille molère, un château édenté comme ça,
évidemment je visite aussi ces ruines, il y a eu les premières apparitions de Nessi,
parmi les premières c'était justement un peu au large de ce château,
je me poste à une des fenêtres en hauteur et je regarde, là encore en fait,
je sens que les premières heures, les premiers jours même peut-être en écosse,
vont certainement m'apprendre la patience et je m'aperçois peu à peu que en réalité,
en réalité le monstre est là.
On sent sa présence.
Alors, est-ce qu'on sent sa présence avec tout ce qu'on a lu sur ce monstre ?
Si j'avais été, on va dire, vierge de toute lecture là-dessus,
est-ce que j'aurais senti une présence ?
J'ai tendance à me dire que oui parce que tout s'y prête,
les eaux sombres encore une fois, les reflets,
ce verre vraiment très très profond qui vire au noir,
parfois en plus on est pas loin de l'hiver, encore une fois,
il fait très très froid, le vent est glacé et puis il y a les douches écosse,
bien sûr, il y a les averses et il y a les éclaircies,
et les éclaircies qui donnent des jeux de lumière assez fabuleux sur les islands.
L'image du monstre a évolué avec la connaissance,
aussi avec la science finalement, avec les découvertes scientifiques.
Et plus on avançait dans les découvertes zoologiques, scientifiques, etc.,
plus finalement l'image du monstre s'en sort même.
Il y a quand même cette femme médecin Constance
qui a fait partie du bureau d'investigation du Loch Ness
et qui elle a consacré une grande partie de sa vie.
A cette étude, c'est un bureau qui a été créé par trois personnes
dont faisait partie cette femme médecin
et ils ont outre les explorations dans le lac,
ils ont récolté aussi de l'argent par l'intermédiaire d'une association
pour pouvoir mener à bien justement toutes ces investigations.
Ils ont vraiment pratiqué tout ça
mais à l'image d'enquêteurs, de véritables enquêteurs.
On a allé en faire des observations
avec aussi des sonars, des appareils, des détecteurs,
de mouvements, de sons.
Tout ça était quand même très sérieux
et vraiment une très belle aventure qui a duré une cinquantaine d'années.
Il y a eu quantité d'hypothèses,
il y a eu l'hypothèse d'un animal préhistorique,
il y a eu l'hypothèse d'une salamandre géante chinoise
qui était présente aussi, il se trouve qu'il y en avait dans le lac.
Est-ce que c'était ça ?
Et puis la vision, également les représentations fantasmagoriques
ou un peu plus réalistes de tous ces témoins
entre guillemets ou pas entre guillemets
parce qu'il y a eu quand même des milliers de témoignages,
mais ce qui m'a interpellé aussi c'est que quand même
il y avait des scientifiques ou biologistes ou médecins
qui y croyaient ?
C'est une belle leçon aussi
pour les esprits un peu plus obtus.
C'est une belle leçon d'ouverture
parce qu'effectivement pourquoi n'y aurait-il pas un monstre dans ce lac ?
Quel qu'il soit, je veux dire, même si c'est un vestige préhistorique
il y en a dans le monde des vestiges préhistoriques.
Il y a des requins dans les abysses.
Le requin du Groenland est très déjà eu vie quatre siècles
mais c'est phénoménal, il y a des animaux,
il y a des varans de Komodo aussi.
Voilà, ces animaux sont passés de la cryptozoologie
qui est en fait, c'est pour ça je dis c'est une pseudo-science
parce que c'est la science des chimères.
Le lendemain je retourne au ponton,
et j'aperçois une barque.
Je vois une inscription sur cette barque
à moitié effacée en fait
mais elle me paraît quand même assez neuve en même temps.
Il y a vraiment un sentiment très étrange.
Et puis à un moment donné, je m'entends interpeller
par une voix d'homme.
Et là, j'aperçois un homme silhouette assez massive quand même,
c'est bon avec un partant.
Et puis je me dis, je suis en train de...
Non, non, c'est...
Voilà, et donc on engage une discussion
alors pour moi c'est un peu difficile de suivre
même si je comprends la langue, l'anglais, etc.
parce que l'accent écosse est un accent très roulant.
Enfin dans le sens, on roule les airs,
on a l'impression que ce sont de grosses pierres comme ça
qu'ils ont au fond de la gorge un peu.
Donc je m'accroche.
Puis il me demande à un moment donné, il me dit
mais finalement vous êtes venu là pour le voir.
Vous aussi pour le trouver.
Et j'ai un moment de désitation.
Je comprends qu'il parle du monstre.
Et il y a une proposition qui arrive,
c'est-à-dire de m'emmener en barque sur le lac.
Donc là c'est inespéré parce que
je ne vois pas vraiment de navigation sur ce lac.
On n'est plus en période touristique non plus.
Et donc voilà, on se donne rendez-vous
pour cette petite virée sur le lac en barque.
Cet homme m'inspire confiance.
Il a vraiment presque les traits d'un grand-père
en tout cas de quelqu'un qui a des choses à dire
et qui a un vécu.
Même je sens un vécu douloureux.
Je n'arrive pas à expliquer pourquoi.
Je sens un vécu douloureux chez lui.
Je reste quand même sur mes gardes.
Alors nous sommes en barque, voilà, avec Williamson
et vraiment son visage un peu taillé dans la pierre
comme ça, ses yeux un peu délavés.
Je ne sais pas du tout où il va m'emmener.
C'est quand même un petit peu l'inconnu.
Et nous arrivons sur une dérive du Loch Ness.
Je ne sais pas du tout, je veux dire,
situé géographiquement.
Mais en tout cas, on a coste
et le refuge qu'il voulait me montrer
est en fait un bateau sur terre
dans lequel il a aménagé sa maison.
On monte, c'est un petit peu tarabiscoté,
ça me fait un peu penser à ses créations,
un petit peu d'arbrutes en fait.
J'entre l'intérieur,
un univers absolument dingue,
avec des sculptures, des dessins aussi,
de différentes paysages
et puis certaines qui représentent le monstre,
qui représentent, bon, on commence à parler
et de fil en aiguille,
j'ai l'impression qu'il y a quelque chose,
parce que moi je lui demande
qu'est-ce qu'il fait là, pourquoi il vit là,
pourquoi cette proximité avec le lac,
qu'est-ce qu'il attire dans le Loch,
qu'est-ce qu'il veut trouver.
Et à un moment donné,
il finit par me rapponter quelque chose
d'assez dramatique.
En fait, un jour, ils étaient sur ce bateau
et avec quelques hommes d'équipage et son fils.
Bon, à un moment donné,
il y a des remous,
parce qu'un lac peut effectivement,
fonction du temps, fonction des courants,
bouger un petit peu.
Et il y a un grand bruit à l'arrière.
Il y a un brawl bat de combat, etc.
Et Williamson apprend que son fils est tombé
dans le Loch et ils essayent vraiment de le récupérer.
Et ils ne le récupèrent jamais.
Ils sombrent dans les tourbillons.
Le Loch lui a enlevé une part de lui,
de lui-même, de sa vie.
Williamson quelque part a consacré sa vie
à essayer de retrouver son fils.
Je pense qu'au fond de lui,
il sait très bien qu'il ne va jamais le retrouver.
Mais là encore,
ça s'est transformé en une croyance,
en une attente, et peut-être même espérer
qu'il sait qu'il ait pu être sauvé.
Sur les bords du Loch,
il y a aussi Steve Feldham.
Donc lui, il n'était pas là.
Je n'ai pas pu le rencontrer malheureusement.
Mais il s'est établi sur les bords du Loch
pour observer pendant 27 ans.
Steve Feldham, il a été marqué enfant
par l'histoire du Loch Ness.
Ils étaient allés en vacances avec ses parents.
Et puis, il a ressenti quelque chose d'incroyable.
Et ça l'a rattrapé plus tard.
Et il a tout quitté.
Il a quitté sa vie, son métier, sa femme carrément
pour se consacrer complètement au monstre du Loch Ness.
Il habite à Doors,
dans une espèce de...
je dirais mobileau,
mais en fait, c'est genre un combi.
Qu'est-ce qui peut se passer
dans un cerveau comme ça, dans un esprit ?
Déjà, c'est une passion.
J'ose espérer que c'est une passion et non un suicide.
Même si...
On peut se demander parfois
si ce n'est pas une sorte de suicide social
ou en tout cas de retraite.
Parce que c'est une sorte d'hermite aussi,
du Loch Ness.
Évidemment, il rencontre aussi des gens,
il rencontre des touristes,
puisqu'il vant des petites statuettes
qu'il fabrique lui-même.
Il a un contact quand même.
Et puis il voyage.
Mais, maintenant, ça fait une trentaine d'années,
voilà qu'il est au bord de cela,
qui est pour lui, le monstre existe.
Il existe alors qu'il ne l'a jamais vu.
C'est intéressant.
En général, quand on cherche
à voir quelque chose,
c'est plutôt rare,
en effet, qu'on le trouve.
Et c'est un peu quand on lâche prise
que ça se manifeste, en fait.
Et je pense que il y a...
Chez quelqu'un comme Steve,
Feltham,
malgré tout,
lui, il attend, il attend, il attend.
Sera-t-il surpris un jour ?
Est-ce qu'on peut être surpris ?
C'est aussi la question que je me pose.
Dans une telle attente.
En tout cas, ça s'est transformé
en quelque chose
de l'ordre
d'un automatisme, je pense, vraiment.
Il a des heures
régulières,
il fait ses observations
et tous les jours, c'est la même chose.
Tous les jours, tous les jours.
C'est un rêve d'enfant, je pense.
J'aurais vraiment aimé pouvoir le rencontrer,
parce que je ne peux pas me prononcer,
bien sûr, pour lui.
Mais c'est un rêve qui dure.
Et le rêve de quelqu'un comme Steve Feltham,
c'est le monstre du Loch Ness.
C'est l'existence, c'est prendre cette photo.
Mais une fois qu'il aura pris cette photo,
qu'il aura, on va dire, prouver,
et mais pour lui, tout s'écroule, je pense.
Il vaut mieux pour la santé, je dirais,
de l'humanité,
qu'il n'y ait pas de réponse
à toutes nos questions.
Finalement, la science détrone
quelque part aussi le mythe,
même si elle n'a rien prouvé du tout.
Elle donne des explications,
parce qu'il y a eu des prélèvements ADN
par une équipe néo-zélandaises.
Et puis, bon, ils ont conclu
que c'était peut-être une grosse anguille.
C'est vraiment à l'image un peu
de notre société actuelle,
qui laisse moins de place au rêve, quand même.
Il y a d'un côté la représentation,
je dirais, image d'épinales,
toute l'imagerie autour de Nessie,
parce qu'on lui a donné cette forme-là.
Mais ça se trouve,
il a, s'il existe, une autre forme.
Voilà.
Je pense qu'en réalité,
pour le commun des mortels,
pour tous ces rêveurs,
dont je fais partie aussi,
ça n'a pas vraiment d'importance
la forme du monstre.
C'est plutôt le rêve, en fait,
qu'il y a autour de ça.
Mais je pense que les écosètes
tiennent quand même plus que tout
à ce mystère et à ce rêve.
Je suis allé
après avoir fait le tour du lac.
Donc je continue
vers l'île de Skye.
Et là,
c'est une route
qui défile,
qui s'ouvre,
entre le relief,
très sculpté,
on va dire, très montagneux,
les paysages
changent,
parce que les couleurs
des islands ne sont pas les mêmes.
On va vers Mars.
Et vraiment, les couleurs
sont
ces ochres,
comme ça, orangées, rouilles.
Là, on va vers
une autre dimension, je le sens,
je sens que l'île de Skye
est encore autre chose.
Plus désert,
plus
lunaire,
et puis il y a
The Old Man of Store,
qui est un rocher anthropomorphes
qui ressemble justement
à un vieillard
qui regarderait
éternellement l'horizon.
Peut-être,
comme Steve Phelpsham et Williamson,
il regarde aussi
l'horizon pour voir apparaître
son rêve.
Dans mon roman, en tout cas,
sur l'île noire,
c'est à la fois un roman,
à la fois un récit,
un voyage intérieur aussi.
Je dirais que
si on veut la vérité scientifique,
si on veut,
elle y est, elle est dans ses pages,
elle est dans les témoignages,
elle est...
Si on veut la vérité
de l'observatrice
que je suis,
elle est là aussi.
Dans cette enquête,
je vois très clairement
un rapport à la mort
et à la nature,
déjà
de par cette attente,
cette éternité,
cette métaphore
l'homme
attend sa propre mort,
soit
dans l'action,
soit dans une forme de passivité.
L'idée
de monstre
est un exutoire
et une façon aussi
de projeter nos propres peurs
mais également nos parts
je dirais
monstrueuses.
Il y a
finalement autant de définitions
du monstre
que de monstre aussi.
Le monstre, c'est aussi
un être
qui n'est pas dans la norme,
qui est différent,
mais qui est dix formes aussi.
Les légendes en réalité
c'est vraiment tout ce qui
explique, tout ce qui nous relit
à la nature et tout ce qui explique aussi
certains comportements
de l'être humain
et les monstres, je dirais que
les premiers monstres sur Terre,
c'est sans doute nous en fait.
Même si
on a quand même de gros
moyens scientifiques aujourd'hui,
pour vraiment
savoir, il faudrait
complètement vider le lac
et la sécher.
Donc ça, c'est pas faisable.
On va laisser,
je pense,
Nessie tranquille
avec les elfes, les fées,
les fantômes, les cosses.
Les fondeurs froides du lac mystérieux,
les fantasmes ancestral
et la solitude des marginaux qui le côtoient
ont inspiré
à Sonia Dell'Ongle, l'écriture de son enquête.
Sur l'île Noir
a été publié chez Paul Seine en 2021.
Un récit fascinant
qui explore le fantastique et le réel
que nous vous conseillons de lire
pour prolonger ce voyage mystérieux.
Les Balladeurs est un podcast
du magazine Les Ozzards.
Cette épisode a été réalisée par Tom Affir
et montée par Chloé Vibo
et Capucine Lebeau.
Le texte a été écrit et lu par Clémence Acar.
La musique originale
a été composée par Nicolas de Ferrand
et le mixage a été assuré
par L'Ori Galliganie.
Merci à Sonia Dell'Ongle
pour sa participation
et merci à vous d'avoir écouté
cet épisode.
On se retrouve dans 15 jours
pour une nouvelle aventure.
A très bientôt.

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