#56 — Chute libre au Yosemite, avec Sam Beaugey

Durée: 41m20s

Date de sortie: 15/06/2022

Après une ascension dans le parc du Yosemite, le guide de haute montagne et grimpeur agité Sam Beaugey a choisi de redescendre d’El Capitan par les airs, en base-jump. Un défi risqué et millimétré qui semble cocher toutes les cases d’une nouvelle folie.

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🎙 Un épisode réalisé par Thomas Firh, présenté par Clémence Hacquart, mis en musique par Nicolas de Ferran, mixé par Laurie Galligani, et monté par Chloé Wibaux en duo avec Capucine Lebot.


🤝 La saison 5 des Baladeurs est soutenue par Columbia.

Plus de détails sur l'épisode :
Au fond d’une vallée californienne, les immenses murs de granit du Yosemite attirent les grimpeurs du monde entier. Ces têtes brûlées s’embarquent pour des ascensions sur une roche au grain minuscule.

Seuls, les plus aguerris atteindront au prix de longs efforts ces sommets qui trônent sur le parc. Après la célébration, viendra ensuite l’heure de redescendre par le sentier. Le Chamoniard Sam Beaugey a choisi de sauter cette dernière étape en base-jump.

Ce guide de haute montagne, skieur de pentes raides et grimpeur protéiforme a repoussé les limites de ces disciplines jusqu’à se prendre d’amour pour le base-jump. Des sauts extrêmes dans le vide, à frôler la roche, qui comblent le rêve le plus intime de l’homme : voler comme un oiseau.

Alors sauter depuis le sommet d’El Capitan, en plein jour, semble cocher toutes les cases d’une nouvelle folie. Défier les lois de la gravité, prévoir un atterrissage millimétré. Avec le risque de se faire attraper par les rangers, ou celui, bien pire, de ne pas gagner la partie…

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Pour les aventuriers et les aventuriers d'hier et de demain.
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Au fond d'une vallée californienne,
les immenses murs de granites du Yosemite attirent les grimpeurs du monde entier.
Des têtes brûlées, qui l'espace de quelques jours s'embarquent pour des ascensions de 1000 mètres
sur une roche aux grains minuscules,
tirant avec eux des dizaines de kilos de matériel.
Certains devront battre en retraite.
A cause de la fatigue, bain manque d'expérience ou du mauvais temps.
D'autres atteindront au prix de longs efforts
les sommets du Mont Watkins, du Half-Dome ou encore Del Capitane,
cet immense paroi qui trône sur le parc.
Après la célébration,
viendra ensuite l'heure de redescendre par le sentier.
Le chamanière Sam Bojet a choisi de sauter cette dernière étape.
Guide de haute montagne, skieur de pantraide,
grimpeur protéé forme,
avec sa bande de copains touchâtous,
il a repoussé les limites de ses disciplines
sur les montagnes du monde entier,
jusqu'à se prendre d'amour pour le base-jump.
Des sauts extrêmes dans le vide,
affroler la roche,
qui gromble le rêve le plus intime de l'homme,
voler comme un oiseau.
Et sauter en base-jump,
depuis le sommet Del Capitane,
en plein jour,
semble cocher toutes les cases d'une nouvelle folie,
défier les lois de la gravité,
prévoir un attaissage millimétré,
avec le risque de se faire attraper par les Rangers,
ou celui bien pire,
de ne pas gagner la partie.
On n'est pas là pour faire face à l'autorité,
ou faire face à la mort et à l'accident.
Je pense qu'on saute parce que
ce plaisir de voler, il est fabuleux.
L'idée, c'est pas forcément de sauter super longtemps,
c'est plus le cadre.
Le cadre de Yosemite, avec ce caillou tout lisse,
et ses fissures incroyables, c'est le top.
Mais ce plaisir de voler,
c'est comme la haute montagne et l'alpinisme,
à un moment donné,
on sait qu'on doit être concentrés et animales,
et aux aguets,
le plus possible pour essayer d'éviter tout problème.
Le Yosemite, c'est pour moi un terrain de jeu exceptionnel,
par le fait que c'est une zone de granite
qui sort de la forêt,
et ce granite, il est unique.
Donc c'est un polyglacier,
c'est-à-dire qu'il a été poli par les glaciers à l'époque.
Du coup, il a ce grain très très fin,
puisque on imagine que c'est du papier de verre
pendant des millénaires qui a été frotté ce glacier.
Donc ça fait des dômes supérieures qui sont très jolies,
avec des fissures qui ont été découpées au couteau,
et tout autour, très peu de grains,
au moment où on touche avec nos doigts,
le contact avec ce rocher du Yosemite est particulier.
Mais c'est féerique, c'est digne de Tolhienne,
c'est-à-dire qu'il y a des cascades qui se jettent,
des montagnes à l'entour,
des grandes forêts de sécoyas,
qui ont une odeur vraiment particulière.
On se retrouve enfermé dans un univers clos
autour de ces arbres qui font une ombre importante
et un tapis d'aiguille au fond.
C'est exactement comme un paysage dans les Alpes,
c'est qu'il faut imaginer que l'hiver, c'est la neige là-bas.
Même en automne, tu peux attraper la neige au sommet d'El Cap.
Il faut l'imaginer, paraît, de toutes couleurs différentes,
on a du blanc et des cascades gelés au moment de l'hiver.
C'est sûr que le soleil reprend, puisqu'on est en Californie,
donc dès que le soleil réapparaît, c'est l'explosion et la fonte.
Ensuite, on a un printemps qui va se jouer énormément sur l'eau,
puisque les cascades vont exploser de volume,
puisque la neige fond partout,
on a une Sierra en haut avec des anciens glaciers
et des rochers qui bordent les rivières et qui canalisent les rivières.
Donc ça va couler dans tous les sens.
Je pense que si je résumais les couleurs du printemps,
ce serait surtout les couleurs d'eau.
Et évidemment, l'explosion du verre avec le printemps.
Il y a des fleurs un peu partout.
Si on se retrouve derrière El Cap et derrière surtout Alve d'Aum,
ou si on monte par la voie normale du Alve d'Aum,
il y a plein de champs qui se retrouvent derrière les forêts avec des lacs superbes.
Et puis l'automne, l'automne, c'est le doré de la chute des feuilles.
C'est de la façon que c'est ma saison préférée,
quel que soit les endroits dans le monde, j'adore l'automne,
parce que le doré des feuilles qui tombent,
pour moi, c'est quelque chose de beaucoup plus fort que tout le reste.
Pour moi, y aller l'automne, c'est un privilège.
Les phalaismitiques du Eusémite, on parle bien sûr de la plus haute,
El Capitane et haute de plus de 1000 mètres, à 1200 mètres.
Ensuite, on a Alve d'Aum, on a le Mont Watkins,
qui est beaucoup moins connu,
puisqu'il est plus au fond de la vallée,
et justement, il est atteignable uniquement par plusieurs heures de marche.
Mais aussi, on a toutes les cathédrales qui sont en face El Cap,
qui sont ailleurs cathédrale, middle cathédrale, etc.
On est tenté de penser qu'il n'y a qu'El Cap dans le parc,
alors qu'il y a énormément de faces qui sont dignes d'être grimpées,
qui sont fabuleuses, mais que souvent El Cap met dans l'ombre.
El Capitane, l'histoire de l'Escalade là-bas,
c'est à une influence sur l'Escalade mondiale, moderne,
et passée.
El Cap, ça a été le laboratoire de toutes les expériences,
déjà au niveau du matériel,
c'est-à-dire que toute l'évolution du matériel a eu lieu là-bas, la plupart du temps,
notamment parce que ces fissures étaient tellement raides et tellement bouchées,
ou difficiles à pittonner, qu'il a fallu inventer des choses.
Il faut savoir qu'à là-bas, avant avec une corde,
il fallait juste pas tomber, et il y avait énormément d'ascensions libres
qui se faisaient à El Cap, bien avant même que l'Europe parle de l'Escalade libre.
Et ensuite, il y a eu une vague énorme d'ascension,
surtout sur El Cap et sur El Vdo, mais évidemment, qui c'était les parois les plus raides,
en artif, qui est le diminutif de artificiel,
c'est en fait céder de tous les points de protection qu'on va mettre sur la paroi,
plutôt que de grimper ce qu'on appelle en escalade libre.
L'Escalade libre s'est grimper en naturel et utilisait uniquement les points de protection en cas de chute.
Pour résumer le yosemite, c'est des grandes parois de cailloux fantastiques avec du granite incroyable,
et ça donne envie à la fois de monter dessus, mais après de pouvoir voler.
Donc comme je volais en base jump,
cette idée là de se faire un big wall et ensuite de pouvoir sauter, c'était génial.
On ne s'est pas dit, moi je veux faire du base jump pour aller sauter d'un pont
ou aller sauter d'une antenne parce que c'est le plus sympa.
Évidemment, pourquoi pas se faire un petit saut d'antenne et se faire un saut de pont,
parce qu'on sait que base jump c'est BAS, B-A-S-E, c'est building antenna, span,
qui est un pont, et earth qui est donc la falaise,
mais nous on est quand même des sauteurs de earth, donc des sauteurs de terre, de falaise,
et l'idée de grimper et de se faire un saut après est hyper importante.
Une wingsuit c'est une combinaison élée qui permet de se déplacer d'avant en arrière,
de haut en bas et depuis seulement quelques années,
on arrive même en prenant des vitesses très importantes verticales,
à réussir à remonter positivement un peu comme un oiseau.
L'air s'engouffre à l'intérieur et on a donc un intrado et un extrado
qui permet au fluide de l'air de s'emprisonner à l'intérieur et de faire un objet volant humain.
Au lieu d'être à l'extérieur de l'engin volant, on est à l'intérieur,
du coup on se retrouve dans le tout début du rêve des hommes de pouvoir voler,
puisque les premiers se mettaient des plumes sur les bras,
ou justement s'enfilaient des combinaisons qui essayaient de gonfler pour essayer de voler.
On combine ça avec un parachute,
parce que pour l'instant on n'est pas capable de se poser directement avec une wingsuit,
puisque elle est capable de nous prendre en charge en vol pour voler très rapidement,
on est quand même avec des vitesses de 70-75 kmh verticales
et plus de 200 kmh horizontales,
qui fait que pour l'instant, si on vous laisse poser, il faudrait qu'on se pose
mais sur le menton, dans une pente de neige très raide,
et là on pourrait imaginer se poser.
Alors il y en a qui se sont posés un peu dans des cartons,
ou dans un filet, mais réellement se poser sans parachute, c'est pas possible,
donc on ouvre le parachute ensuite.
Le saut d'emballement est interdit, donc le bassjump c'est totalement interdit dans le parc,
et c'est pas de la rigolade, c'est-à-dire qu'on parle pas de juste une petite amende,
tu as une amende qui peut aller jusqu'à 1500, voire plus, dollars,
et tu passes en prison,
et généralement tu peux aussi être expulsé du pays.
Et j'ai des copains qui ont passé quelques temps dans les joles justement pour avoir sauté,
et voilà, tu es habillé en orange avec ton code de prisonnier,
t'as les menottes, t'as la lumière allumée pendant la nuit pour pas dormir,
donc sauter là-bas c'est tout de suite un peu tendu.
Par rapport à ça, on s'est dit qu'il fallait se cacher,
donc le mieux c'était toujours le soir ou le matin, très tôt,
mais quand il fait encore nuit, on peut se cacher au moment où on va se poser dans les champs,
parce que les champs sont très proches des routes et donc des rangers.
Au moment où tu te fais poursuivre, c'est déjà trop tard,
parce que eux, on le droit de tirer, on le droit aux armes, etc.
Donc évidemment, il faut passer pour quelqu'un qui soit un randonneur, soit un grimpeur,
et que évidemment il faut pas que tu aies ton matos sur toi,
parce que même déjà si tu choppes juste avec ton matos,
même s'il prouve pas que c'est toi qui as sauté,
c'est déjà dans l'illégalité.
Donc même si tu te balades dans ta voiture avec ton parachute, c'est déjà fini.
Donc il y a toute une procédure que je faisais souvent,
que j'arrive dans le parc, je mets mon parachute dans une berre box,
je mets un cadenas, du coup je ne suis plus avec mon parachute.
Ensuite, si jamais j'utilisais le capemédo comme posé,
je sais exactement où je vais aller le planquer de la manière la plus rapide possible,
avec du poivre pour les chiens pour pas qu'ils puissent sentir,
parce qu'ils ont même des chiens adressés à sentir le tissu du parachute.
Et ensuite, quand j'ai planqué ça, je me ressort avec toujours du matériel de montagne,
pour être là comme un grimpeur.
Je crois que c'est le pays des contrastes des États-Unis.
On est bordé entre une liberté exacerbée
et un contrôle de ce qu'on doit faire en permanence.
Et je pense que ça représente assez bien ce qu'on doit faire dans la vie.
C'est-à-dire qu'on doit se l'allumer entre ces contraintes
et une tentative de vivre sa vie telle qu'on l'a envie.
Et cette envie, il faut la garder, c'est-à-dire que de pas se faire enfermer
et de pas se faire bouffer par les contraintes, c'est le plus important.
Mais ces contraintes sont là et il faut réussir à tourner autour.
Donc je trouve que Lyosemite, c'est un bon exemple de ce qu'il faut faire en fait un peu partout.
Moi, en fait, je me suis mis au base jump dans cette optique.
On était attirés par ce type-là d'escalade longue.
Et nous, on était attirés au départ par ce voyage, en fait, prendre ces sacs de hissage,
l'eau nécessaire et la nourriture nécessaire pour pouvoir partir, évidemment des bières,
se poser dans le portalège plusieurs nuits, grimper plutôt de manière lente,
mais se gaver de cet univers vertical et d'être posé pendu dans un mur aussi lisse et impressionnant qu'elle cap.
Et en plus, ça a été quelque chose qui nous attirait par ce fait de grimper très lentement et de descendre très vite.
La première fois que je suis allé au Lyosemite, c'était avec Martial Dumas, Arnaud Bouddé et Fred Mathieu.
On était quatre et on est restés un mois au Lyosemite.
Et notre première fois là-bas, c'était Mescalito, on dort qu'en quatre.
Parce que c'est l'endroit assez mythique, c'est le mythe.
Voilà, tu suis l'histoire de la vallée.
Qu'en quatre, c'est le camping des grimpeurs en bas dans la vallée.
Ça a été le repère dans les années 70 de tous les grimpeurs locaux qui venaient poser leurs tentes ici.
Alors évidemment maintenant, c'est un petit peu moins historique et un peu moins glamour
parce que c'est réglementé et tu dois réserver ton camp et faire la queue la nuit pour réussir à avoir de la place.
Évidemment, il n'est pas réservé qu'aux grimpeurs.
C'est un camp qui est placé en plein milieu de la vallée.
Tu peux t'y arrêter en tant que randonneur ou en tant que passionné du Lyosemite.
Les jonchers de blocs mythiques ou plein de grimpeurs s'essayent à grimper notamment midnight lightning
qui est un des blocs les plus connus de camps 4.
Et c'est là où tout le monde se retrouve.
Il y a une énergie qui se développe dans ce camp qui est incroyable,
surtout évidemment au mois d'octobre où tous les bons grimpeurs vont se retrouver
au moment où les conditions sont les meilleures pour libérer les voies.
On retrouve aussi bien des grimpeurs d'artif que des grimpeurs de libre
que des gens passionnés par ce parc.
Il y a d'autres camps dans le parc mais ils n'ont pas cet attrait.
Déjà ils sont beaucoup plus retirés.
Il n'y en a pas tant que ça en plus.
C'est très limité, le nombre de places est limité.
On se retrouve dans des places de camps l'un à côté des autres
et on va vite partager une bière et partager des moments d'escalade
avec d'autres grimpeurs qui se retrouvent du monde entier.
Il faut imaginer qu'au moment où c'est la bonne période,
même le printemps aussi, l'été il fait un peu trop chaud.
Donc souvent il y a beaucoup moins de monde.
Mais au niveau du mois de mai-juin et puis septembre, octobre, novembre
mais évidemment plus octobre, il y a une activité au camp 4
qui représente justement toute l'énergie grimpante de la vallée.
Ces copains, c'est avec eux que j'ai vraiment découvert le Yosemite
et d'abord les skies artificielles.
J'ai commencé à découvrir le parc par un big wall
et ce même trip, on a fait une voie qui se fait maintenant en libre
mais qui est très dure, qui s'appelle Salaté.
Donc sur la partie gauche d'El Cap, ça se trouve en fait à gauche du Nose
et ensuite il y a une partie très connue
puisque elle s'est vue dans le film d'Alexonold Solo.
Quand il fait son solo à El Cap, il passe dans le Free Blast.
Donc on utilise la même première partie
et ensuite on se lance dans le Headwall qui est un peu plus à droite par rapport à sa voix.
Cette voie historique, elle comporte notamment en bas des dièdres qui sont obligatoires.
C'est-à-dire que c'est pour ça qu'il n'y a pas beaucoup de grimpeurs forcément qui la font
parce que même si tu es bon grimpeur d'artif, tu dois passer plusieurs sections en libre
parce qu'il n'y a pas moyen de se protéger, notamment une fissure très large
où tu es obligé d'avoir rien du tout sur toi.
Simplement tu redescends des escalades pour basculer dans cette fissure
et tu montes jusqu'en haut sans rien mettre du tout.
Il suffit d'un mousse que ton avis, d'une sang pour aller au relais.
C'est pas très dur mais il ne faut pas tomber.
Et ensuite tu te retrouves dans des cheminées aussi
qui sont de la même façon toujours très larges
et tu ne sais pas trop comment te mettre avec tes genoux
si tu dois rentrer beaucoup dans la fissure ou pas.
Souvent tu te retrouves un peu trop bloquée.
Ensuite on a une longueur qui est très connue parce que c'est l'oreille
où là il ne faut même pas avoir de casque
parce que si tu as ton casque tu vas coincer ta tête.
Tu rentres à l'intérieur d'une énorme écaille et tu rentres jusqu'au sommet.
Pareil, c'est jamais dur mais le seul moyen de progresser vers le haut
c'est de réussir à dégonfler tes poumons
pour débloquer et rebloquer ton corps dans cette goulotte très étroite.
Ensuite tu te retrouves sur une vière El Capspire
qui est vraiment la vière parfaite.
Ça fait une tour qui se décolle du rocher
où tu pourrais bivouacquer à 2 ou 3 sans problème.
Très plate, parfaite et où tu vois tout le mur qui se détache en dessous de toi
parce que tu es déjà au moins 700 mètres de haut.
Ensuite, tu as ce headwall qui a été la clé de la libération de cette voie
au moment où ils se sont tous battus pour réussir à faire la voie en libre
parce que c'était une section très raide, très dure
avec surtout des fissures bouchées donc très peu de moyens de mettre ses doigts.
Et en plus avec un gaz, c'est-à-dire un sentiment de vie qui est hyper important
puisque ce headwall se devient déversant
et donc surplombe à 800 mètres de haut, 900 mètres de haut, toute l'apprérie du parc
jusqu'à sortir sur le joli plat sommital et l'arbre d'El Capsp,
le pain qui est au sommet et qui symbolise vraiment le sommet de ce mur incroyable.
On se retrouve au sommet d'El Capsp, là d'un coup les choses ont changé
et je me suis dit qu'est-ce que je fais ?
Est-ce que je bivouacue ici et que j'attends la nuit ?
Ou est-ce que je saute ?
Ce jour-là, c'est une fête nationale américaine
donc je me dis déjà que les rangers sont bien occupés à faire leur sécurité en bas pour les touristes
et moi je me dis qu'il y a une solution que j'ai étudiée
qui a déjà été faite mais pas très bien
au lieu de sauter d'El Capsp et d'aller se poser dans El Capsp Médaux
qui est un énorme champ plus grand que deux stades de foot en bas
et qui est très facile à se poser
l'idée c'est de se poser au pied d'El Capsp
donc pied d'El Capsp, il faut s'imaginer qu'il y a une grande forêt
même si elle a brûlé un petit peu ces dernières années
elle existe toujours et cette forêt, elle va monter jusqu'au pied du mur
sauf à un endroit, au pied d'une voie qui est donc pas loin du Dunwall
il y a un caout de bloc énorme
la taille des blocs font à peu près la taille d'une voiture, voire plus gros
et ensuite il y a un tout petit carré de gazon
qui est situé entre ces blocs et le mur
donc évidemment le poser là est délicat
donc cette chose là je les murie avant, avant de monter sur le mur
j'ai été voir, j'ai regardé
alors ce qu'il faut évidemment c'est ni être trop long ni être trop court
parce que trop long c'est le caout de bloc
et justement il y a des américains dont un qui s'est fait très très mal
et qui a dû être secouru
et ensuite évidemment passer en jugement puisqu'il sautait illégalement
et si on se pose trop long on va t'appeler le mur
moi j'avais pris le parachute avec moi dans les sacs de hissage
mes copains me disent bah ok, y a pas de problème
nous on t'accompagne et puis après on descend les sacs
et tu peux y aller quand tu veux
au moment où je me dis bah ok maintenant c'est le plein jour
voilà le cœur s'accélère franchement
puisque je sais qu'il y a un double risque
et là il faut que je me mette en branle pour une concentration maximum
pour réussir à poser exactement où je dois me poser
et ensuite ne pas me faire trapper par la police montée
donc je laisse la plupart de mon matériel
mais je prends un tout petit peu de matériel de montagne sur moi
je prends un beaudrillier et quelques dégaines, quelque chose
pour justement faire grimpeur qui sort de la forêt en bas
je me prépare assez rapidement parce que je sors le parachute du sac de hissage
que j'avais mis dans un petit sac étanche pour le protéger de la pluie
je sors, je vérifie évidemment ce qu'on appelle les dernières vérifications
avant de sauter, on regarde les aiguilles
où les aiguilles, le sac est fermé par ces aiguilles
qui vont se sauter au moment où je vais jeter l'extracteur
ensuite je vérifie que justement cette trice, cette sangle
qui relie l'extracteur au parachute
et bien qu'elle feutre et bien bloqué à l'intérieur du tissu de mon parachute
pour pas qu'au moment où je saute en l'air
il y ait une ouverture intempestive
on revérifie que l'extracteur est atteignable très facilement
on enfile ensuite le harnais par les pieds
et je les serre au maximum
et ensuite je prends la boucle ventrale
qui permet aux deux épaules du sac de rester bien en contact avec les épaules
au moment de l'ouverture
donc elle est aussi importante que celle des jambes
je les ajuste au maximum
au niveau des cuisses généralement c'est vraiment un serrage serré serré au plus fort
et ensuite la ventrale c'est simplement garder les épaules symétriques
et de sentir que ce sac est au plus symétrique
parce que ce qu'on ne veut pas évidemment c'est d'avoir une orientation
et une orientation généralement c'est parce que notre corps n'est pas symétrique
j'approche ensuite la paroi au niveau de la casquette
je suis à quelques mètres du bord
je vérifie déjà en bas qui n'est pas d'activité particulière
je regarde ensuite mon posé
il y a toujours mon petit carré de gazon qui m'attend 1000 mètres plus bas
et ensuite je vais coller mes pieds sur le rebord et la margèle finale
il suffit que je descende je désescalade légèrement mais c'est vraiment très facile
donc je fais un pas de plus
je sais que maintenant je peux sauter quand je veux
puisque tout est prêt au niveau du parachute
quand on part à plusieurs c'est bien de faire un décompte
parce que ça permet de timer pour les autres
pour réussir à partir en même temps
généralement le técompte surtout par rapport à cette
ce saut c'est plus par inquiétude de la suite
et des rangers c'est du saut donc je me mets un petit peu
et puis ça permet aussi de prendre une photo pour les copains qui sont juste à côté
accrochés au relais pendus par leur bonnerier
qui vont prendre une photo du départ
je descends mes pieds le long de la dernière margèle avant le vide
je prends mes mains pour me décoller du rocher
et c'est uniquement mes pieds qui touchent cette petite margèle
les doigts de pieds ont déjà dépassé l'endroit critique
je lève les yeux à l'horizontale
pour ne pas être dispersé par le vide
mais prendre un point de référence au loin
je plie mes genoux, souffle un dernier coup
décompte 3, 2, 1
c'est le sentiment de perdre quelque chose
ça c'est sûr, tu perds l'élément que tu connaissais
ce qui est normal pour un être humain c'est d'être en contact avec la terre
donc au moment où tu perds cette référence, tu perds quelque chose
il y a deux choses qui sont importantes dans l'esprit
la première c'est un élargissement du temps
on est tellement concentré que chaque seconde s'étale dans un espace qui est plus important
et comme on va étudier tout ce qui se passe autour de nous
toutes les sens sont décuplés
les quelques premières secondes de tous mes sauts je peux m'en rappeler à chaque fois parfaitement
puisque c'est le moment où on va étudier tout ce qui se passe
c'est la première chose qu'il faut comprendre dans l'esprit du sauteur
et ensuite après c'est quand même un plaisir intense, fabuleux
puisque là d'un coup on se retrouve dans la position de l'oiseau
puisque au moment où on va commencer à avoir des appuis
on va sentir qu'il y a quelque chose qui se passe avec le corps et l'air
et que les déplacements sont possibles
et un déplacement dans l'air, point humain, c'est quand même pas rien
c'est une sensation de quelque chose qui n'existait pas jusque là
jusqu'à ce que nos pieds soient collés au gêne
celui-là je sens le vent qui s'accélère dans mes cheveux, sur mon visage
l'accélération est très forte
mais au début c'est vraiment une chute alors qu'après les 4 secondes
tu sens l'appui sur tes mains, sur ton corps, les joues qui flappent
et là tu atteins au bout de 6 secondes ta vitesse terminale
cette vitesse terminale elle est d'environ 150 kmh
je vais mettre mes bras le long de mon corps pour réussir à dériver en avant
au lieu d'avoir une position neutre avec les bras repliés légèrement et les jambes repliées
je vais tendre mes jambes et mettre mes bras en arrière
pour avancer et se mettre en position qu'on appelle de dérives
et cette dérive on peut aussi incliner son corps légèrement à gauche
pour que cette dérive elle tourne et que je me retrouve justement vers la zone de posée
donc je vais tourner en direction du posé
évidemment pas faire un virage à 360° mais au moins un virage à 90°
qui va me permettre d'être face à la forêt qui bordent ma zone de posée
et ensuite je prends une position à nouveau neutre
je viens amener mon bras gauche au dessus de ma tête
et le bras droit va chercher l'extracteur
et je tire sur l'extracteur assez fortement
pour qu'il vienne se gonfler et je remets mes bras au dessus de ma tête
pour attendre la voile qui monte
et ensuite lever les yeux pour voir comment ma voile va s'ouvrir
si la voile s'ouvre bien dans l'axe j'ai rien à faire de plus que attraper mes commandes
et tourner à gauche et à droite et me diriger pour pouvoir me poser
ça se passe exactement bien
ce qui est étonnant pour moi surtout parce que j'ai déjà glissé plusieurs fois
et je me suis fait mal un peu partout
mais ce cou là ça marche du tonnerre
c'est à dire que j'arrive exactement sur la zone
et au pied du mur se trouve Chang'o
Chang'o à l'époque y dort au pied del cap
c'est un mexicain qui a été un très bon grimpeur de big wall
qui a une vie je pense difficile et délicate
je sais pas exactement ce qui s'est passé avant dans sa vie
et à cette époque il est là dans son arbre
avec des sacs plastiques pendus
je pense que les rangers savent qu'ils dortent là depuis déjà des mois
mais ils le laissent faire
et Chang'o il me voit arriver
et tout de suite la première chose c'est il me dit ok
je vais t'aider y a pas de problème
je vais pas te dénoncer je vais t'aider
on va s'en sortir t'inquiète pas ils viendront pas
et moi je suis là et je m'échappe grâce à lui
je planque le parachute grâce à lui quelque part
et je ressorte la forêt évidemment sans parachute
pour me pointer comme un grimpeur lambda qui sort de son mur
et tout s'est passé comme je l'avais imaginé
le cas de cette pratique il reste très risqué
puisque c'est vrai qu'on n'a qu'une chance
c'est le parachute qu'on a
il doit bien s'ouvrir
il doit s'ouvrir dans le bon sens
et ensuite on doit se poser correctement
et avant ça surtout quand on vole en wingsuit
on est tenté de se rapprocher du relief
pour voler contre le relief
parce que c'est pas assez possible
c'est seulement à nouveau pour frôler la mort
mais c'est pour avoir une référence
puisque au moment où on va bouger ses ailes
et bouger de droite à gauche
ou remonter légèrement
ou descendre contre le relief
plus cette sensation de devenir un oiseau sera forte
le risque est important par rapport à ça
puisque on se rapproche
et donc si on tape c'est fini évidemment
maintenant toute cette pratique là
on sait qu'on s'engage
c'est à dire qu'on sait qu'on va mettre une barre
plus ou moins haute avec le risque
et on l'accepte
c'est vrai qu'il y a beaucoup de mes copains
qui sont tués en base jump
mais pas seulement
je pense que toute notre pratique est risquée
de haze
aussi bien dans ma pratique de guide
le jeu de la montagne est forcément un jeu à risque
maintenant l'engagement qu'on va prendre
en parachutisme et donc en parallépinisme
il est plus important
au moment où on le fait
on va essayer de réduire au maximum ces risques
surtout la plupart du temps
plus que des incidents de matériel
c'est l'erreur humaine
voilà moi je peux en parler
puisque j'ai eu un pas quel accident
tous ces accidents se sont arrivés
après les histoires du osémy
il y a eu deux accidents
le premier accident à Maglan
c'est une erreur humaine
je suis en fait avec un copain
qui est en train d'apprendre à sauter
donc moi évidemment je viens faire un petit saut avec lui
il fait un super saut
il part, il fait un départ parfait
donc lui est sans wingsuit
il va se poser dans le champ
où je devais aller me poser
et ensuite c'est à moi
et déjà je suis pas à l'aise au départ
j'ai cette espèce d'appréhension
peut-être de sentiments animaux
qui fait qu'il faudrait que justement je fasse demi tour
mais après c'est un saut que je connais très bien
je suis certainement en l'endroit
où j'ai sauté le plus souvent
dans ma carrière de base jumper
et du coup je me disais un petit saut ici
ça ira bien
mais c'est vrai qu'au moment où je décolle les pieds
du rocher j'ai encore cette sensation bizarre
les sauts précédents
j'ai eu pas mal de fois des ouvertures très fortes
qui donnent des grands coups dans le dos
particulièrement au niveau du coup
puisque au moment où
l'ouverture est très forte
il y a le coup qui se relève d'un coup
et on a cette violence
qui se passe dans les cervicals
et on a plus envie d'avoir mal au coup comme ça
jusqu'à avoir même un voile noir
ça arrive que les parachutistes
pas seulement les mecs jumper
et ce voile noir au moment où
la violence d'ouverture est tellement forte
qu'il y a comme la télévision qui s'arrête
donc j'ai l'envie de
ralentir ma vitesse
mais ce qui est une erreur en wingsuit
qu'il ne faudrait justement pas faire
et je tire le petit extracteur
qui permet de faire sortir
le parachute principal
et celui-ci se colle
dans mon dos
à ce moment là on réalise
que si jamais on ne fait rien du tout
on va s'écraser comme une peau d'ours
en bas dans le gazon
et je fais ce qu'on m'a appris
en parachutisme dès mon
école et dès mon apprentissage
que j'ai fait en Floride
je fais un demi tonneau c'est à dire que je me mets sur la tranche
de mon corps pour redonner de l'air
à l'arrière de mon dos
et ça marche
l'extracteur sort
la voile monte tout doucement
mais tout ça se passe à seulement une vingtaine de mètres du sol
et moi j'ai l'impression
qu'en fait les suspendes vont pas se tendre
avant que j'arrive au sol
j'ai cette chance que le parachute
réussit à me prendre en tension
et donc freine complètement ma chute
et je me retrouve
avec quelques secondes
pour attraper mes commandes
et réussir à me poser
le problème c'est que j'ai dépassé la zone de vol
et que je suis au milieu d'un parking plein de bagnoles
j'essaye d'attraper mes commandes
et là il y a une dernière voiture
j'essaye de l'éviter en tournant légèrement
parce que je sais que juste derrière c'est le gazon
j'essaye de lever les pieds
mais j'arrive en plus en virage
avec une vitesse plus importante
sans pouvoir freiner quoi que ce soit
dans le pare-brise d'une 205
je m'écrase violemment
au point que je me souviens encore
aujourd'hui du bruit
de l'impact sur le pare-brise
et j'arrive je me rappelle tellement vite
qu'au moment où je vais toucher
je me dis que je vais traverser le pare-brise
et en fait je tend mes jambes
je contracte mes muscles au maximum
parce que la première impression
le premier sentiment c'est de se dire
d'éviter de casser le dos
effectivement c'est toutes mes jambes
qui prennent et je me retrouve écrasé
à côté de la voiture, à côté du pneu
et j'ai une des jambes
qui a 90 degrés à côté
et mon pied droit qui regarde complètement à gauche
à angle droit donc j'ai le fémur explosé
j'en ai fait des cauchemars pendant une bonne année
parce que j'ai vu le seul arriver
et je me suis vu arriver
un plat comme une peau d'ours s'en bas
dans la plouse
mais ça s'est bien passé
et ensuite il y a eu un deuxième accident
qui était plus lié au premier
qui était le plus lié au fait que
j'ai eu un décalage
et c'est comme ça que j'ai arrêté le Besse Jump en fait
parce que au deuxième accident
j'ai réalisé que j'étais pas en phase
avec moi-même j'ai toujours envie de sauter
si tu me donnes un parachute
j'irai sauter de n'importe quoi
d'une falaise ou de ce qu'on veut
parce que c'est comme le vélo ça reste
mais il y a eu un décalage
qui a fait que... voilà
je me suis dit que j'étais arrivé à un point
où il fallait que je donne
je donne un arrêt à la pratique
le deuxième accident était en Suisse
j'étais au pleureur
et j'ai sauté un wingsuit
depuis là j'ai volé plus ou moins bien
et ensuite j'ai eu
un 360
c'est à dire que la voile
s'ouvre face
aux rochers
et au moment de désyper ma wingsuit
je l'ai désyper avec stress
et j'ai coincé
la patelette donc et le morceau de tissu
qui permet d'attraper le zip
le plus vite possible
donc je me suis retrouvé menotté
avec toujours cette voile qui va en direction des pentes
très raides de la montagne
donc je me suis posé
bon en malin
où je me suis plutôt écrasé
dans les pentes raides
et je me suis fait
une luxation fracture du coude
qui m'a valu
ensuite une prothèse au coude
et là je me dis je crois que voilà
j'ai fini ma carrière ici
je pense que c'est le moment de s'arrêter
c'est le moment de dire
stop au bass jump
par rapport à ce qui m'anime
dans la vie
c'est pouvoir se retourner
et dire
voilà
est-ce que
tu as eu un kick
avant tout le shit
ça c'était Jim Morrison
qui disait que du coup
est-ce que tu as eu tout ce que tu voulais
dans strip
avant que toute la baraque part
t'en fumer ou en flamme
et je crois que ça résume assez bien
le fait que
il faut pas essayer
de vivre le plus prudemment possible
en vivant comme un mouton
mais plutôt
comme un lion
parce que
le plus important c'est l'expérience
qui va en sortir
tout ce qu'on fait
et on le fait pour le présent
et on le fait pas pour se retourner
pour raconter à ses amis
pour le mettre sur instagram
l'important c'est de le vivre au présent
et de le vivre passionnément
c'est de l'avoir fait
et de l'avoir vécu
vécu dans le plus pur
style
de l'action
et si il n'y a pas cette action
si il n'y a pas ce mouvement
si il n'y a pas ce geste
bah ça vaut pas le coup
cette épisode a été réalisée par Tomaphia
il a été monté par Claude Vibault
et Capucine Lebeault
et présenté par Clément Sacar
la musique originale a été composée par Nicolas de Ferrand
et la musique de la musique








et le mixage a été assuré par Lory Gallaghani
merci à Sam Bogey
de nous avoir confié son histoire
et merci à vous d'avoir écouté cet épisode
on se retrouve dans 15 jours pour une nouvelle histoire
alors à très bientôt

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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