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Columbia est fier de soutenir les baladeurs pour cette cinquième saison.
Les baladeurs,
récites aventures et de mes aventures en pleine nature.
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Il est des pays dont les libertés semblent fragiles, des régions épiées par les puissants contrôlées par la menace.
Pour les peuples qui les habitent alors, la liberté s'invente.
On en dessine les contours, on joue avec l'intitule « Les dérègles pour mieux les transgresser » pour trouver de la place dans leurs interstices.
Au guidon de Samotho, Mellusine Malender a choisi de traverser ces pays aux réputations complexes.
Après un premier voyage en solitaire de Paris à Vladivostok, à la découverte d'elle-même, elle a repris sa route pour rencontrer les autres, les femmes surtout.
Et leur poser une précieuse question, c'est quoi pour vous, la liberté ?
Cette démarche la porte vers l'Iran.
Sur les pistes brûlantes des déserts, dans les oasis ou au cœur des villes, elle espère briser la glace et les stéréotypes.
Elle a donné la parole aux principales concernées pour changer son regard et sa vision du monde.
Car derrière les clichés tenaces de ce pays, qui reçoit peu de visiteurs,
il se pourrait que la réalité soit toute autre et que sous un soleil de plomb, l'ombre côtoie parfois la lumière.
Quand je conduis, c'est...
Il y a quelque chose de très organique avec Lamotho.
C'est un destrilié.
J'ai vraiment l'impression de conduire ma vie.
Je sens et je ressens oui de Lamotho, qui vibre, qui vit.
Je ressens l'air, je suis très en alerte de tout ce qui m'entoure, que ce soit sur le périph,
parce qu'il y a des voitures qui sont dans tous les sens, que ce soit dans une forêt.
Alors évidemment, il y a le bruit quand même de Lamotho, mais de l'air, de l'humidité, du soleil.
Il y a un contact complètement direct avec tout ce qui m'entoure.
Et ça, c'est tellement fort.
Et l'idée, surtout de se dire, tiens, je mets la clé dans la serrure si je veux.
Je peux aller à Vladivostok ou à Istanbul.
En fait, si je veux, je peux. Je me sens sans limite, je me sens très forte,
très puissante quand je suis sur Lamotho.
Je suis venue à Lamotho parce que mes deux parents sont motards.
Après, ça fait pas tout.
Nous sommes trois frères et soeurs et je suis la seule à aimer Lamotho.
Mais en tout cas, l'univers de Lamotho était très présent à la maison.
Et pour moi, c'était impensable de pas vivre avec une moto.
Depuis petite, j'ai vu des motos à la maison et dès que j'ai pu passer mon permis,
j'ai une moto vers 20 ans, je me suis acheté une moto et après, je l'avais quitté.
C'est un concours de circonstance, le voyage à moto.
C'est que j'adore les voyages.
Je pense que mes parents m'ont transmis une certaine curiosité.
Et j'avais toujours eu envie de voyager quand j'étais enfant, je voulais être hôtesse de l'air.
Dès que j'ai pu à 18 ans, je suis parti travailler pour de l'humanitaire, je suis parti à Sacadeau.
J'ai voyagé parce que je crois que c'était voyager comme respirer.
Et donc, j'ai commencé comme ça.
Mais en même temps, j'étais aussi motarde dans ma vie civile au quotidien.
Et derrière motarde, c'est prendre un peu la conduction de sa vie.
Il y a quelque chose d'un petit peu... une forme de décision dans la moto.
C'est pas un outil de déplacement toujours pratique, parce que quand il peut en émouiller, quand il fait chaud, il fait très chaud, c'est un peu dangereux.
Mais en même temps, ça permet d'aller où on veut, quand on veut.
C'est une manière un peu de conduire sa vie.
Donc oui, je suis motarde.
Et cette moto dans ma vie normale d'ici, m'accompagner, c'était une compagne.
C'était une vraie compagne de vie, 725.
Et à un moment donné, 725 m'a dit, je suis fatiguée.
J'ai envie de m'arrêter.
Et j'ai décidé de faire un voyage avec elle, le dernier voyage avec elle, et de l'emmener vers son pays natal, le Japon.
C'était une onda. Et c'est comme ça que ça a commencé.
M'atteindre juin, on est partis toutes les deux, direction le Japon.
Et après ça, j'ai envie de continuer à voyager avec une moto.
Et c'est à le début d'une bonne, mais l'aventure qui continue aujourd'hui.
J'ai eu besoin de partir seul parce que, à ce moment-là, j'ai envie de me connaître, mais jusqu'au bout, du bout.
Et de m'éprouver, de savoir de quel bois j'étais faite et j'avais besoin de le faire seul.
Ce premier voyage, c'était un déclic.
Une révélation personnelle, pour moi. Ça m'a permis de me libérer de mes peurs.
Et ça m'a permis de me faire grandir et du coup de repartir.
Je me rends compte maintenant que les peurs que j'avais, c'était la peur d'être seule, la peur de faire face à des mauvaises rencontres.
Peut-être une peur d'inconnu, peur de ne pas être capable.
On ne sait jamais de quoi on est capable.
En fait, on vous charge énormément au départ.
Et même si au départ, quand je suis partie, je suis vraiment genre, « Ouais, ça va aller, c'est cool ! »
Je me posais même pas de questions. Moi, je voyais le Japon, je voyais la Mongolie.
Je me disais « Ouais, c'est trop bien ! »
Mais quand je suis partie, les gens vous transmettent une peur.
Vous vous disent « Ouais, tu ne te rends pas compte, tu es toute seule, il y a des violeurs, on va te voler la moto, c'est dangereux ! »
Et même si on se dit « Non, ça va ! »
En fait, cette peur, elle est sur les épaules.
Et j'ai mis beaucoup de temps à m'en débarrasser.
Et c'est en ça que ça a été libérateur.
Je me disais « Mais en fait, je peux me débrouiller toute seule, comme une femme seule, je peux me débrouiller. »
Et même si je le savais, que le monde était sympa et que les gens étaient gentils,
ça me l'a confirmé. Et c'est énormément...
Ah, ça fait du bien !
Ça fait du bien.
Je crois que c'est la meilleure chose qu'on puisse dire aux gens, « Partez ! »
Voyager !
Toutes les peurs que j'avais, c'est des peurs de société.
Quand on ouvre la télé, il y a forcément l'autostopeuse qui s'est fait violer, kidnapper, séquestrer.
On n'entend que des catastrophes quand on regarde les informations.
Et quand on regarde aussi les nouvelles du monde, c'est la déprime.
Alors, quand on voyage, on se rend compte que là-bas, oui, il y a des choses qui ne sont pas rigolotes comme chez nous,
mais il y a des humains, pas comme partout, qui ont juste envie de vivre, qui ne seront sympas, qui s'y peuvent aider le fond.
Et ceux-là, bah, partout, partout, partout.
Ça fait du bien et ça m'a conforté dans l'idée que j'avais envie de continuer à voyager.
Mais voyager dans un territoire humain,
ce n'est pas la même chose que voyager dans un territoire de nature.
Je dirais que la montagne et la nature, on ne peut jamais en vouloir à la nature.
Elle est comme elle est.
L'humain, c'est un animal compliqué avec lequel il faut quand même prendre précaution aussi.
J'apprends à camper. Je ne peux pas camper n'importe où.
Parce que, malgré tout, ma condition de femme, le fait de voyager seul fait qu'il y a des certaines choses auxquelles je dois faire attention.
Je ne peux pas comme ça aller chez n'importe qui.
Je dois tout de suite casser certaines choses parce que la culture est différente dans certains endroits
et que quand on voit une femme seule qui voyage, bah, dans certains pays, l'imaginaire de l'autre, c'est...
la liberté et la liberté au sens sexuel, amoureux.
Et on doit tout de suite dire, bah non, et de remettre dans un contexte pour que l'autre tout de suite dise, ah non, voilà, je suis une femme
qu'il faut aider, un voyageur. J'invente des histoires.
Mon mari m'attend à la prochaine ville où tout d'un coup j'ai trois enfants, avant la nuit tombée.
Il faut que je trouve un lieu où je peux être en sécurité.
La sécurité pour moi, c'est d'aller voir d'autres femmes souvent.
Ou alors vraiment d'être en pleine nuit, d'être dans un endroit où on voit moins et que les personnes
identifient moins qu'il y ait une femme seule qui se déplace.
J'arrive en Iran en juin 2011.
C'est une toute petite frontière très sèche dans une région de montagne.
Il n'y a pas grand chose, c'est vraiment des petits villages.
Il y a beaucoup de tensions, en tout cas de la partie turque.
On ne sent pas la population à l'aise, mais c'est normal, on a toujours des militaires.
Mais en termes de décors, on est dans une montagne un peu sèche, très pierreuse, très rouge.
Et il fait assez chaud. Mais dès que je passe du côté iranien, ça devient beaucoup plus plat.
Mais très désertique. Je suis un peu stressée en arrivant à la frontière.
À l'ambassade, c'est vraiment l'ambassade iranienne de Paris, ils sont glaciales.
Ils ne vous obligent pas à mettre un foulard.
On sent bien qu'il faut s'habiller selon la loi iranienne, il y a un contrôle.
Et à l'ambassade, on me dit que vous ne pouvez pas du tout conduire de moto en tant que femme.
Donc là, zut. J'ai Christian, mon compagnon de l'époque, qui va me rejoindre à la frontière
et qui va être là pour pouvoir traverser ce pays-là.
Les femmes en Irang n'ont pas le droit de conduire de moto.
Mais pas parce qu'elles n'ont pas le droit, mais parce qu'elles n'ont pas le droit de passer leur permis de conduire de moto.
Voilà, c'est la loi.
Mais il y a des femmes qui vont conduire, alors, elles vont se cacher,
ou elles vont conduire sur des terrains, sur le off-road, en fait sur des pistes, elles ont le droit.
Parce que ce n'est pas la circulation civile.
Ou si elles vont à l'extérieur de leur pays passer un permis,
elles ont le droit de conduire dans leur propre pays.
Complètement débile.
Là, j'ai rencontré Benaz Shafi, qui est une championne de motocross iranienne.
Mais jusqu'à il n'y a pas très longtemps, en fait, elle ne pouvait rouler que sur des pistes.
Et elle faisait des bons de plusieurs mètres de haut, c'est une surebillonne.
Elle n'avait pas le droit de rouler sur la route, parce qu'elle n'avait pas le droit de passer son permis.
Déjà, c'est compliqué.
Moi, je venais de passer par le Kurdistan-Turk.
Et à cette époque-là, on a Deschard, c'est des contrôles de police.
C'est un climat très tendu.
On a les Kurdes qui sont là, armés.
On n'est plus du tout en Turquie, on est au Kurdistan.
Il y a quand même des gens qui vous racontent que en Iran, c'est compliqué, c'est difficile.
J'arrive à la frontière.
Ok. Qu'est-ce que ça va être ?
Et là, en arrivant, le douanier, grand sourire.
Welcome in Iran !
C'est une blague.
On tombe sur quelqu'un qui s'appelle Mohamed, qui lui fait la liaison entre l'Iran et la Turquie, parce qu'il vence les légumes.
Il nous dit, oh là, c'est génial, la moto, super.
Je connais tout le monde ici, et il connaît tout le monde.
Il m'amène d'un poste à l'autre, on fait des tampons, les machins.
En 1h30, c'est bâché.
Le 2e douanier est là, super. Bienvenue en Iran.
Welcome in Iran.
C'est quoi cette propagande ?
Mohamed, dis-vous de ramets où ?
Je dis, je ne sais pas, on en croit pas ?
On ne peut pas du tout ?
Viens chez moi, suis-moi.
Bon, ok.
Donc je suis Mohamed, et là, c'est le début de la découverte de la conduite iranienne.
La conduite est conduite très, très, très, très vite.
Et il nous invite chez lui.
Et donc, c'est la fête.
Il a toute sa famille qui est là, ils essaient de parler en anglais.
Ils sont hyper contents, hyper excités.
Ils me font visiter le marché de la ville à côté.
Voilà, c'est une énorme surprise.
Ça doit être exceptionnel.
Mais ça va être que le début de ce que je vais toujours reconnaître en Iran.
C'est ce que j'ai dit dans cet accueil, qui s'appelle « Eu le tarouf ».
C'est vraiment de te faire sentir comme si tu étais à la maison,
comme si tu étais un membre de la famille, comme si tu avais été attendu.
Je trouve ça toujours hyper impressionnant, surtout en Asie centrale,
l'Iran ou dans ces endroits-là.
On a toujours l'impression qu'en fait, il y avait ce couvert qui t'attend.
Comme si, en fait, tu avais prévu que tu sois là.
Et là, c'est la même chose.
Mme. Abid, dans une maison très moderne,
dans un âge sort de dix meubles, construit peu à la vavite,
de trois, quatre étages, c'est assez grand.
Les maisons iraniennes sont vraiment faites pour accueillir beaucoup de monde,
avec des très grands salons.
Et Mme. a fait installer justement cette lumière un petit peu d'ambiance
pour avoir un peu de l'air,
danser ou recevoir.
Il y a un immense salon.
Il n'y a pas grand-chose dedans.
Il y a quelques tapis, ils mangent par terre.
Et il y a trois, quatre chambres
dans lesquelles les enfants, ils sont quatre, vivent ensemble,
et puis les parents aussi.
Mme. n'a pas grand-chose.
Par contre, il y a un immense garage, donc là, c'est le bordel, c'est le bazar.
Là, je peux mettre la moto, elle est en sécurité, sa voiture.
Il n'y a pas énormément d'objets.
Il n'y a pas beaucoup de choses chez lui.
Mais c'est grand.
Du coup, je suis dans chez lui, c'est pas discutable de...
Non, c'est... Il est chiant, on va chez lui.
En Iran, quand j'arrive, je me rends compte que c'est un pays complètement fou.
Tout est interdit, ça c'est vrai.
Mais en fait, tout est possible aussi.
Il y a plein de plein d'interdits,
et les gens contournent et trouvent toujours un chemin pour faire différemment.
Avec plus ou moins de difficultés, c'est vraiment difficile.
Mais par exemple, la discothèque n'existe pas en Iran.
Il n'y a pas d'endroits publics où on peut danser, oh, mes femmes, on danse à la maison.
Donc chez eux, les gens aménagent leur intérieur,
avec des lumières pour faire comme des discothèques,
où les jeunes vont se retrouver dans des endroits avec des voitures,
ils mettent la musique à fond,
ils s'envoient des textos,
ou des SMS, ou des... ils sont sur Facebook.
Et ils se rencontrent comme ça, et ils vont danser avec leurs bagnoles,
à fond, c'est insensé.
Où ils vont aller dans le désert, se cacher, faire des rêves.
Ils vont trouver un moyen de faire ça, quand même,
de se réunir, de se voir, de se croiser.
Et tout est de cette manière.
Et il y a complètement une autre construction mentale,
de la vie intérieure, la vie privée, et la sphère publique.
Donc dès qu'on passe la porte, en fait,
les Iraniens sont des gens différents.
Ils vivent sur double personnalité.
Ils ont deux Facebook, ils ont deux Whatsapp,
parce qu'il y a le Facebook public,
et il y a le Facebook privé, caché,
donc ils sont toujours dans une dualité,
qui est très très complexe pour nous, en tout cas pour moi.
Mais c'est passionnant.
Et c'est un pays qui est passionnant,
parce que c'est un pays où il y a tout.
On a les neigets ternelles dans le Damavan,
au-dessus de Déran.
On a un climat un peu tropicalement dessus,
on a ce désert qui est chaud, de chaud, de chaud.
On a une histoire qui est préservée,
avec les Oroastriens, avec des sites qui sont vraiment millénaires.
Ils ont adopté l'Islam,
mais ils n'ont pas pu le faire.
Ils ont quand même une sorte de fierté de leur histoire.
Ils sont très curieux, ils vont beaucoup visiter Camp,
énormément les Iraniens.
Donc à chaque entrée de ville, on voit des tentes,
parce qu'ils ne peuvent pas sortir de leur pays,
mais par contre ils visite leur pays.
Et comme ils n'ont pas d'argent non plus,
ils s'entassent dans des voitures,
et puis ils mettent leur tente, et Camp,
ils se font des petits barbecues aux entrées de ville,
ou dans des parcs, dès qu'ils peuvent, ils sortent, ils voyagent.
Et ça va être aussi des lieux de rencontres.
Les routes en Irans sont assez bien entretenues,
on a vraiment des très bonnes routes.
Elles ont des autres routes, elle est assez agréable,
et il y a des grands espaces perdus dans le désert, dans la montagne.
C'est vraiment la conduite que j'aime bien.
C'est qu'on a à la fois des étapes de ville très culturelles,
et puis à la dernière fois des grands moments d'évasion,
et même de méditation.
Moi, quand je conduis, au bout d'un moment,
justement, quand je suis dans des grands espaces,
ça peut aussi aller dans la marche,
mais je me retrouve complètement perdu dans mes pensées,
et je médite de manière active en conduisant.
Et les routes peuvent le permettre là-bas.
Maintenant, ce qui arrête la méditation,
ça va être la conduite des Iraniens,
qui, elle, est très, très, très agressive.
C'est peut-être ça le marqueur d'un manque de liberté.
C'est que souvent, les gens conduisent très, très mal,
quand il n'y a pas de liberté.
Parce que c'est peut-être le seul moment
où ils peuvent faire ce qu'ils veulent.
C'est avec leur voiture, et donc ils conduisent mal,
ils conduisent vite, ils conduisent nerveusement.
Là, ils ont peut-être le sentiment d'aller,
où ils peuvent aller.
Ils vivent dans leur voiture, ils voyagent, ils font la fête,
ils discutent, je ne sais pas quoi.
Ils sont hyper dangereux.
Je ne sais pas toujours où je vais,
mais je me mets quand même des étapes un peu clés,
qui créent une espèce de squelette,
et je fais des choses que j'ai envie d'aller voir,
en me disant, tiens, quand même ça, c'est un lieu d'intérêt.
Là, en entrant en Iran, je suis toujours
dans le même esprit de l'année d'avant.
Je pars, je découvre.
Sans plus me poser de questions.
En plus, en Iran, je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre.
J'ai quand même voyagé dans pas mal d'endroits,
mais là, c'est très très bizarre.
Je ne connais pas les pays de musulmans.
Donc après, je vais à Isfahan.
J'ai vécu d'Iran, parce qu'en 2009,
il y avait vraiment des grosses grosses émeutes,
et c'est encore un peu tendu au niveau politique.
Et je pars pour Isfahan, et là, c'est pareil.
C'est très surprenant.
Les gens m'interpellent,
me disent bienvenue en Iran.
Ça me dit, tiens, c'est bizarre quand même.
Vous savez, en Iran, les gens ne sont pas comme on le décrit à la délée.
On est très différents.
C'est très très fort.
Enfin, je me balade dans la rue.
Alors déjà, je suis habillée un petit peu différemment des gens,
parce que même si je dois m'habiller,
comme la loi le dit, c'est-à-dire,
mettre quelque chose sur ses cheveux,
se couvrir jusqu'au poignet,
couvrir jusqu'au cheville.
Donc je m'habille comme je peux, j'ai trop chaud.
Mais les gens m'arrêtent vraiment dans la rue.
Mais ils arrêtent aussi en conduisant.
Je conduis, les gens m'arrêtent,
ils donnent des trucs, ils me donnent des abricots,
ils me donnent des shungom.
C'est très difficile de s'arrêter,
parce qu'il va y avoir tout le village,
où l'attente, où le cousin, où le voisin,
qui faut, qui voit,
la moto, c'est...
Non, c'est une vraie surprise.
Je ne m'attendais pas à être autant interpellée.
J'ai l'impression d'être une rockstar.
Je prévois de rester à peu près un mois et demi
et de faire tout le tour de l'Iran, tranquillement,
et de visiter un petit peu les points importants.
J'ai envie de voir Esperance,
j'ai envie de voir Persepolis,
j'ai envie de voir Machade.
J'ai envie de voir les trois villes importantes à mes yeux,
de traverser le désert du Gasteelhout,
qui est un des déserts les plus séquents et arrêt du monde.
Mais finalement, ça fait plutôt de des gens que je vais voir.
C'est les gens qui vont construire mon voyage,
malgré moi, parce qu'à un moment donné,
on sait comme si on ne s'appartre de nez plus.
C'est un petit peu eux qui décident,
parce qu'il y a le cousin qui est à tel endroit,
donc il faut absolument que j'aille le voir.
C'est très difficile de dire non,
avec des Iraniens.
Ils sont très forts,
pour vous convaincre qu'il faut rester,
et c'est très très très compliqué de dire non.
Donc je vais plutôt voir des gens.
C'est comme que je vais dans la rue Esperance,
je demande parce que vous savez où il y a un salon de thé,
et la personne ne peut comprendre Chai,
et en fait je me retrouve chez elle.
Avec sa femme qui est complètement voilée,
sur un tapis,
c'est la MTV,
parce qu'ils regardent des Td,
ils ont toutes les chaînes du monde entier.
Donc t'as MTV avec des filles qui font du rap,
qui sont en petite tenue, elle est voilée,
alors j'avais pas du tout prévu d'être chez cette personne.
Mais voilà, c'est comme ça, c'est normal.
Je vais faire plusieurs rencontres en roulant,
je roule avec la moto,
et souvent les gens,
viennent avec leur voiture,
ils veulent faire des photos,
ils se rapprochent, ils se rendent pas compte
que moi j'ai des caisses et tout,
ça fait super flipper ce qu'ils ont.
Je pense qu'ils aurent le tout de d'accidents,
voitures le plus élevés du monde à ce moment-là.
Ils viennent, ils me donnent même des trucs,
ils me balancent des gâteaux,
je conduis, je te le truie.
Et là, j'ai ces trois filles qui arrivent
avec une voiture,
à fait que la musique, mais à fond, à surdissant,
hyper excité, ils sont,
arrête-toi, arrête-toi,
je parait sur le bas-côté,
qui sort de la voiture,
j'ai la musique de Roulio Iglesias.
Elle se met à danser autour de la moto,
c'est complètement démant, c'est interdit,
mais elles sont tellement contentes
de voir cette moto qui n'existe pas,
mais y'a pas de moto,
de ce type-là, là-bas.
Au-delà de 125 cm3, ça n'existe pas.
Elle danse autour de la moto,
mais très vite,
en l'espace de trois minutes,
ça va s'arrêter complètement
parce qu'il y avait une autre voiture qui va s'arrêter, qui va claxonner,
et qui va dire, wow, là, non, vous n'avez pas le droit de faire.
C'était tellement fugace et tellement fort, parce qu'elle, elle dansait à 50 mètres plus loin.
Il y a deux scoutteurs qui se sont arrêtés et qui se sont mis à danser aussi,
mais ils n'ont pas osé s'approcher de nous parce que c'était des femmes,
mais ils se sont mis à danser.
Et là, cette personne qui dit, stop, il faut arrêter là.
Et on était en pleine campagne.
En les montagnes, il n'y avait personne.
Et là, elles se sont complètement figées.
Elles ont rabessé la musique.
Et là, elles me donnent un cafard en plastique.
Donc, je n'ai toujours pas de...
Je n'ai personne à qui ça arrivait.
Et en disant, on est du mouvement de la résistance,
on est comme ce cafard, on nous écrase, mais on revient toujours.
À bientôt.
Et...
Le moment où je vais me rendre compte à quel point
la liberté là-bas est compliquée.
À quel point on ne peut pas faire ce qu'on veut, à quel point c'est difficile.
Parce que chez nous, on danse dans la rue, ça ne fait pas de mal.
Mais là-bas, non.
C'est grave.
Une femme seule ne peut pas chanter là-bas.
Mais elle peut chanter en groupe.
Donc, les femmes qui veulent chanter seules,
elles sortent de leur pays, quittent leur famille
et ne reviennent plus jamais dans leur pays.
Si elles veulent vivre de leur arde,
et pourtant, elles seront écoutées par toute la population iranienne.
Et tout est comme ça.
C'est hyper...
Le prix de la liberté pour les Iraniens est parfois très très cher.
Et ils ont une très grande conscience de ce que vaut la liberté.
Parce qu'elle est difficile à arracher, difficile à prendre,
mais ils trouvent quand même des solutions à ça.
Et c'est souvent des compromis.
Mais là, je me rends compte que c'est...
Ben oui, je suis vraiment dans un pays difficile.
En Iran, il y a des mouvements féministes.
Mais là, à ce moment-là, je l'avais plus le sentiment
que c'était des mouvements pour une liberté pour les Iraniens.
Il n'y avait pas forcément d'attachement pour les femmes.
Même si il y a des mouvements,
il y a un mouvement maïsterse des freedoms.
Donc c'est de se prendre en photo, en selfie,
sans son voile en Iran,
qui a été un mouvement énorme.
Et même des hommes ont participé pour dire, ben, quand même,
pourquoi est-ce que des femmes devraient porter un foulard ?
Enfin, pourquoi est-ce que des femmes devraient avoir
des restrictions vestimentaires ?
Et ça devrait être un choix de sabillée.
Il y a des mouvements quand même comme ça,
et même portés par des hommes.
Moi, je l'ai pas vu,
parce que j'étais beaucoup dans des familles.
Et que ce que j'ai vu, c'était plutôt...
Ça marche par clans familiales beaucoup.
Parce que le voyage a fait que même quand je reviens après,
je le vois peu,
même si je sais qu'il y a des mouvements et des groupes qui se font.
Ce que je sais, ce que je peux dire, te dire,
c'est que c'est un pays étonnant pour ça,
c'est que les femmes sont très éduquées.
Un tiers des étudiants sont des hommes.
Ça fait deux tiers d'étudiants sont des femmes, quand même.
Donc elles vont à l'université, elles sont éduquées.
Il n'y a pas de travail,
donc elles ne vont pas forcément travailler après.
Mais ça va être aussi le seul lieu mixte de l'éducation.
Elles sont très débrouillardes pour pouvoir trouver les informations.
Et j'ai trouvé les femmes assez...
Et ça, c'est probablement la culture éranienne qui fait ça.
Elles prennent beaucoup leur décision.
Ce n'est pas du tout l'Arabie saoudite.
Elles peuvent conduire une voiture tout de même,
elles se déplacent et elles vont à l'école.
Et même dans des familles qui sont plus rigoristes,
elles font du sport, elles font des activités,
qui font qu'elles ne sont pas enfermées chez elles.
Donc ça donne une grande ouverture d'esprit.
A juste titre, ils vivent dans un pays vraiment liberticide.
Le gouvernement est très dur.
Et il y a une police religieuse qui est beaucoup plus forte que la police normale.
Ils ont des caméras de surveillance dans tous les lieux publics, dans tous les cafés.
La police religieuse peut arriver, prendre les bandes
et vérifier ce qui s'est passé dans le café ou dans tout l'espace public.
En plus, ça change suivant les villes.
Certaines villes, les femmes n'ont pas le droit de conduire de vélo.
Dans d'autres, c'est toléré.
Les femmes doivent porter un voile,
mais les hommes ne peuvent pas être en débardeur dans la rue
ou porter des shorts, par exemple.
Donc, oui, d'un point de vue strictement pratique,
en termes de liberté, ce n'est pas un pays où il y a beaucoup de liberté.
Néanmoins, le ressenti de liberté, il est différent.
Et les Iraniens, en fait, ce n'est pas parce qu'ils ont un régime qui est dur,
qu'ils ne vont pas forcément essayer de trouver des moyens
pour se retrouver, pour se sentir libre, en tout cas.
J'irai que c'est le paradoxe français.
On a beaucoup de liberté, mais on est aussi très rare à l'heure.
Donc, on a toujours tendance à regarder ce qu'on ne peut pas faire,
alors qu'on a énormément de liberté.
Et beaucoup de gens ne se sentent pas de libre en France.
Alors que, techniquement, en Iran,
où c'est beaucoup plus cadré et difficile,
il y aurait peut-être des gens qui ne se sentent pas forcément plus libres,
mais peut-être plus heureux.
Ou en tout cas, ils savent d'avantage ces moments de liberté.
J'étais vraiment à la porte du Dastelout, proche du désert.
Et c'est une pause de malhombre dans une sorte d'épicerie.
Il y a quelqu'un qui est en train de manger à côté.
Et là, il vient, il donne le téléphone.
Je réponds.
Puis, ça, c'est quoi ?
Et il y a quelqu'un qui me parle en anglais qui dit,
« Vous devez suivre cet homme.
Absolument.
C'est très, très important.
On vous invite à déjeuner.
Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Et le gars, il a « Oui, follow me, follow me, follow me ».
Bon.
Pour la moto, je suis le gars.
Et là, on dit « Poing, où est-ce qu'on va ? »
C'est des petits villages.
C'est vraiment beaucoup de montagnes, très sèches encore,
très arrilles, très orcre.
Mais dans les petits villages, c'est vraiment des oasis.
Je suis normale, les gens se mettent là.
Et on vit à Cheperdu.
Et là, on tombe sur un tournage.
Donc, il y a des équipes de tournagers raniens qui sont là.
On a besoin de figurants étrangers restés avec nous
pour faire les figurants.
C'est qu'est-ce que c'est que ça ?
Et là, moi, je suis costumeur.
Pfff, c'est génial.
Et je me retrouve un peu comme au travail.
Et toutes les équipes, dans la même ambiance,
des mecs qui prennent le saumon, des mecs qui maquillent.
Alors il n'y a que des hommes.
Et là, il n'y a pas de maquilleuse, il n'y a pas de costumeur.
C'est des costumeurs, des maquilleurs.
Avec les héros principaux, ce sont des enfants.
Mais une équipe hyper décontractée,
hyper sympa, qui nous invite.
Et ils sont très ouverts.
Et ils veulent absolument qu'on soit partie du film
qui est un peu bizarre avec un scénario...
qui s'écrit sur un coin de table.
Et surtout, ça va être marrant
parce qu'ils ont une vision très marrante des étrangers
dans leur film qui nous habillent
avec des vestes, des chemises à moyenne,
avec des chapeaux à voyages.
Qu'est-ce que c'est que ce genre ?
Bon d'accord, mais quand même les foulards,
mettre le foulard à l'irraniène.
Et c'est un tournage un peu intense
parce qu'il fait quand même 56 degrés.
On est dans le désert.
Et le soir, ils font la fête.
Je sais pas comment ils font pour travailler,
mais ils font la fête jusqu'à 4h du bât.
On est invité à danser avec eux, à faire de la musique.
Ils veulent qu'on se soit festif,
qu'on passe un excellent moment,
qu'on soit dans leur culture
parce qu'on est un peu gratos.
Et ça va être 2-3 jours comme ça
où on va vivre avec eux,
aller regarder tournées, bosser.
Moi, ça me remet au travail
avec une version iranienne.
Ils vont prendre soin de nous,
mais vraiment de manière adorable
à nous donner de l'eau constamment
et dans des conditions extrêmes.
Parce que là, le désert du Daech-le-Bouth
c'est un désert...
Après, je vais le traverser
avec la moto,
mais ça va être hyper épouvant.
Il fait...
...mais chaud comme je n'ai jamais eu chaud.
Et même rouler.
Parce qu'on se dit,
rouler, ça va faire de l'air.
On roule contre un vent qui brûle,
qui brûle complètement la tête.
Donc, j'ai l'objet de se couvrir
avec des choulards, les gants.
Dès que je m'arrête,
la moto a du mal aussi
à se refroidir.
Le seul ombre que pourrait donner
la moto, si je m'approche,
en fait elle brûle.
Je pourrais cuire un oeuf, là-dessus.
Mais c'est un désert magnifique.
C'est un désert
avec des gros blocs
comme des boues de montagne
qui sont façonnées par le vent.
Donc on a des sortes
de gros blocs, tout lisses.
Ils appellent ça, d'Arthelout,
c'est le désert du vide.
Il n'y a rien.
Il y a juste cette espèce d'autoroute,
ce qui traverse, un d'autoroute,
de route, un peu condolé.
Et cette vapeur,
cette vapeur chaude,
c'est aussi un des endroits
où
moi je me suis sentie à la fois pas bien,
vraiment pas bien et en même temps
émerveillée de conduire là.
Et eux vont permettre
de passer ces 2-3 jours
autour et de prendre
un peu le pou du désert.
Ça apprend aussi
à conduire dans des climats très chauds.
Ça demande une vigilance constante,
de boire tout le temps,
de déconvoi de l'ombre, on se cache,
déclenche un petit panneau, hop,
juste en se plaît à l'ombre.
Parce que la moindre ombre est hyper précieuse
et puis
de toujours s'hydrater.
Quand je suis partie,
ils m'ont donné
15 litres d'eau pour être sûre
que j'allais bien traverser le désert
et que j'allais être en sécurité.
À Machade,
c'est une ville, c'est un peu lourde
ou la mec.
Ce serait plutôt la mec
pour les musulmans chiites.
C'est
un grand lieu de rassemblement.
On doit aller là-bas, à Machade.
Mais je dis que c'est un peu lourde
parce qu'il y a un magasin de chaplets,
un magasin de safrans,
un magasin de photographies.
On se photographie avec un fond vert
du Holy Shrine
parce qu'on ne peut pas faire de photo à l'intérieur.
les gens ramènent des paquets de cadeaux
avec des combos de chaplets
tapis de prière, safrans,
parce qu'ils auraient été là-bas.
Il y a des grands camping où tout le monde camp.
Par contre, ils sont habillés.
Là, c'est là qu'on voit énormément de femmes en tchador.
L'espèce de cap
qui veut dire tente.
Enfin, si. Toute noire.
Donc, ça a l'air plus austère.
Moi, je vais vivre une expérience très
fondatrice aussi pour moi.
C'est que pour aller voir le Holy Shrine
qui est vraiment
le huitième imam,
c'est une mose au lait.
Mais pour aller à l'intérieur, on ne peut pas y aller
si on n'est pas musulmans.
Donc je vais me faire faire un tchador.
Donc vraiment, cette habille traditionnelle
tout noire.
Et ça va être un moment très, très...
C'est
en plus, moi qui aime les costumes.
Donc, aller se faire faire un tchador,
ça veut dire, il faut choisir un tissu.
Donc je vais dans une boutique
pour le faire faire. Et là, je vois tous les rouleaux
de noire.
Que des rouleaux de tissu noir.
Mais alors dans les noirs, il y a plein de choses.
Il y a des tissus à fleurs, il y a des tissus
avec des motifs géométriques,
il y a différentes matières, des transparents,
des moins transparents en coton, en lin.
Enfin, en fait, il y a une variété de noirs.
Moi, je ne savais pas. Quand moi, je fais des costumes,
c'est pas pareil. Et du coup, j'en choisis un peu au hasard.
Un peu, bon, tiens.
Là, le vendeur, il m'amène derrière.
Et là, je tombe sur une petite couturière
qui a son ventilo.
Elle a juste un petit rideau
pour que les clis ne la voient pas.
Parce qu'elle, elle est très, très chaude.
Elle est en débardeur, elle est en digine.
Elle a sa queue de cheval.
Et son fou là,
elle me prend mes mesures de tête,
ma hauteur, et puis elle me dit, reviens dans 2 heures.
Et je reviens 2 heures plus tard.
Elle m'habille.
Donc c'est une sorte de grande
cap
qui tient avec un élastique
autour de la tête.
Et avec des élastiques au niveau des poignets.
Donc, si je lève les bras,
ça fait un peu comme si j'étais
une chauve-souris.
Moi, je dirais ça.
Et du coup, ça, voilà. Et ça va jusqu'au sol.
Et je le mets.
Et elle me met de mon miroir.
Et elle me regarde. Elle est mais...
Et merveilleuse.
Elle est là. Mais comme t'es trop belle,
t'es magnifique.
Comme si j'avais mis une robe de mariée.
Je fais la... Oui.
D'accord.
Moi, je me sens un peu déguisée.
Je me sens un peu... C'est bizarre quand même comme truc.
Et là, je le sors. Le vendeur me voit.
Elle me dit, oh, mais vous êtes magnifique.
C'est génial. C'est... Vous êtes trop belle.
Faut le garder.
Faut pas l'enlever.
D'accord.
Et je vais sortir avec
ce tchador.
Et là, tout d'un coup, je vais disparaître.
Jusqu'à présent,
j'étais vraiment...
C'était marqué sur mon front, que j'étais une touriste.
Et là, dès que je vais sortir de la boutique avec mon tchador,
et bien, personne ne me regarde.
Personne ne me voit.
Et ça va être
un sentiment très, très bizarre.
Parce que je...
Parce que justement, on
ne l'attribue pas à une forme de liberté,
ce vêtement.
Mais moi, à ce moment-là, je peux aller
où je veux. Personne ne me regarde.
Tout le monde n'en a rien, n'a rien.
De qui je suis.
Et de ce que je fais et de où je vais.
Et...
Et ça va être une grande surprise.
Et moi, en cours du chemin,
j'avais rencontré plusieurs types de femmes.
Parce que c'est pareil, on suit la loi.
On peut mettre un foulard, mais il y a des femmes
qui vont mettre le foulard, mais vraiment à la moitié
de la tête.
Ça va être coloré. Elles vont...
Oui, il faut cacher les fesses, mais en fait, elles sont moulées
dans des chemises.
C'est comme si on voyait tout.
Et il y avait d'autres femmes
qui vont plutôt garder un...
un habil plus sobre.
Donc, avec des tchadors.
Et souvent, des femmes que j'avais croisées
qui avaient des habiles de ce type-là, plutôt noires,
plutôt... ben, comme ça.
J'en avais croisé deux, trois qui étaient
haqueuses, qui allaient sur Internet,
créer des profils de machin. Mais dans la vie,
dans la vie de dehors,
elles étaient beaucoup plus traditionnelles.
Et là, j'ai compris
qu'en fait, c'était un moyen
de pouvoir aller où elles voulaient, dans tous les sens,
en fait. Que l'on ne les remarquait pas
et qu'il pouvait aller où elles voulaient,
sans qu'on se pose de questions.
Même si c'était pour aller voir les copines
et faire la fête
dans des discothèques improvisés
chez les copains.
Je ne vais pas même garder longtemps ce tchador.
Je vais l'éprouver, mais je ne vais quand même pas le garder.
Je vais aller à l'intérieur
de la visite
de la Moseau-les.
C'est
aussi
une expérience assez
intense.
Parce que
c'est comme des stats de foot.
C'est aussi grand, très, très, très grand.
On a des grandes, grandes cours.
Tout d'un coup, aux heures de prière,
tous les tapis sont déballés pour pouvoir
prier. Et ensuite,
ramballés. C'est très, très beau.
Avec du marbre blanc.
À l'intérieur, il y a des mosaïques
de miroirs.
C'est sentillant.
Et pour le Moseau-les,
c'est divisé en deux.
Il y a une partie qui est pour les femmes,
et une partie pour les hommes.
Et là, les gens, après un rituel,
vont aller s'approcher de la tombe
pour essayer de toucher et puis
d'absorber
le sacré.
Et autour, il va y avoir des gardiens
qui sont avec des longues longues tiges,
avec des plumeaux, pour essayer de décoller
des gens qui voudraient rester
trop longtemps. C'est comme un concert de Madonna
ou des Beatles, des gens, et ils sont
mais hystériques. Ils veulent absolument
forcément s'accroger. Donc, on est pris
dans une espèce de marée humaine
pour tenter, en fait, de s'approcher
au plus près du tombeau.
Et le but des gardiens,
c'est de décoller ce qui arrive
au bout pour pas qu'il reste trop trop longtemps
et puis donner et faire le tour.
Et là, c'est vraiment
l'impression que si
avec quelqu'un qui donnait
« on va aller tous en haut de la montagne,
tout le monde va aller en haut de la montagne ».
Là,
je me suis dit que
c'est pas toujours bon d'avoir
des groupes.
Ça, ça pouvait faire un peu peur.
À Machade, c'est là-bas
que je vais avoir une femme qui va me dire
« mais… »
Je lui dis « oui, chez moi,
on pense qu'en Iran, la liberté,
c'est un peu compliqué ici, et là, elle est
claque de rien. Mais la liberté,
qu'est-ce que vous en savez vous ?
Mais moi, je suis libre.
Qu'est-ce que vous
vous balancez de la liberté ?
Vous ne voulez jamais nous voir,
vous n'êtes jamais de nous poser de questions
avant de nous juger, mais venez
vous voyez comment on vit, posez-nous
des questions, mais arrêtez de parler
de nous de loin. C'est injuste.
Vous nous jugez
sans nous connaître.
Elle me dit « moi, je suis libre.
Je peux me déplacer
et je peux travailler,
je peux… mes enfants
vont bien, je me sens libre.
Je ne me sens pas du tout opprimé.
Et c'est pas parce que j'ai un foulard
sur la tête que je suis opprimé.
C'est un faux problème.
Et là, ça a été vraiment un déclic.
Parce qu'après avoir fait tout ce voyage,
parce que c'est vraiment la dernière étape
de mon voyage, je me rends compte,
ben oui, c'est vrai,
ce pays je ne le connaissais pas.
Si je n'avais pas été,
je ne me serais pas rendu compte
à quel point c'est différent de la réalité
qu'on nous montre par les médias.
Et c'est vrai, si on ne pose pas la question
aux gens, on ne peut pas deviner
comment ils vivent et ce qu'ils pensent.
Et à partir de là, j'ai eu envie
d'aller dans des pays qu'on ne connaissait peu
ou mal d'y aller avec cette moto
et justement
de me pencher sur cette question de liberté.
Et malgré tout,
c'est quand même, j'ai une sensibilité
peut-être par mon genre,
mais c'est souvent les femmes
qui ont moins de liberté.
Et donc justement d'aller poser cette question aux femmes,
de leur donner un peu la parole,
parce qu'à l'époque, on ne les écoutait pas tant que ça.
Et de se poser la question
qu'est-ce que c'est la liberté pour elles
dans ces endroits-là.
Mais non,
ce sont les iraniens qui m'ont éduquée.
Après ma chatte qui est quand même le lieu
le plus religieux
d'Iran,
je pars pour inquiéter d'Iran en me disant
c'est génial.
Je vais enfin pouvoir m'habiller comme j'en ai envie.
Je commence à être un petit peu fatiguée
de toujours réfléchir
à la manière dont
je dois être
et je pars au Turkmenistan.
Et là
je vais être assez vite douchée
parce que le Turkmenistan
personne n'en a entendu parler
mais c'est
les pays en temps
qui ont des vraies dictatures.
Et là
à l'époque
c'était celui qui a suivi Niazov
qui était qui gouvernait
mais il y avait encore toute l'installation de Niazov
j'arrive à
Hkagat
on peut pas visiter comme ça le Turkmenistan
il faut un visat de transit
avec lequel on met une carte
et ils vont calculer
le nombre de kilomètres qu'on fait pour traverser ce pays-là
pour être sûr qu'on va pas se balader
et Hkagat
c'est une espèce de champignon
architectural qui est très bizarre
qui sort du désert
et les gens doivent
nettoyer leur voiture pour pouvoir rouler dans Hkagat
parce que tout le monde doit être propre
il y a des policiers tous les 150 mètres
qui sont là pour surveiller
il y a une grande statue
érigée qui ressemble à Niazov
qui est toute dorée et qui tourne
face au soleil
qu'on est dans un pays tenu par
une espèce de dictateur
on pourrait lire un
Tintin, on se dira aussi pas possible
non, le Turkmenistan c'est ça
alors oui
on peut boire de l'alcool
on peut s'habiller comme on veut
mais par contre il y a un couvre-feu
le mec il a rasé des villages
parce qu'il les trouvait moches
je sors de l'Iran
je me dis wouah wouah
ok d'accord, l'Iran c'était dur
mais là c'est vraiment dur
même si les lois sont différentes
ça relativise aussi le pays
donc quand
je vais regretter
les rangs presque
quand j'avais pas de surpétistons
le fait de faire des documentaires
qui posent cette question de la liberté
dans ces pays qu'on connaît peu
ou mal ou qui ont des difficultés
de liberté
ce que je veux montrer
c'est que
quel que soit les pays
il y a toujours des humains qui y habitent
quand je dis humain
ça veut dire
finalement des humains qui ont
les mêmes préoccupations
quel que soit l'endroit
c'est que les enfants aillent bien
qu'on soit en sécurité
qu'on n'a pas des terroristes
à tous les coins de rue
et que justement dans ces endroits
où ça semble quand même difficile
de pouvoir vivre
et bien il y a des personnes
et des femmes qui font des choses
qui bougent, qui mettent des petites pierres
et qui créent un espace de liberté
de manière complètement inattendue
et j'espère que
on se dit
tiens ces pays sont peut-être intéressants
pourquoi ne pas y aller
parce que je suis toujours persuadée
que quand on a peur de quelque chose
ça peut créer une forme de haine
de distance et du coup de rejet
alors que quand on commence
à s'y intéresser on se rend compte
que ce sont des humains et finalement
ils ont leur petite vie
que peut-être si ils sont dans certains endroits
ce n'était pas leur choix
et que ce serait mieux chez eux tranquilles
et que même là-bas
s'ils pouvaient faire différemment ils le feraient aussi
et qu'ils construisent
et qu'ils ont aussi
ces questions
qu'est-ce que ça veut dire la liberté
et que peut-être quand on les regarde
les documentaires ils disent tiens
cette fille elle a créé un groupe métal
au Népal
quand même
c'est quand même balèze
moi qu'est-ce que je fais pour moi
qu'est-ce que c'est quoi mon rêve
qui je suis elle elle a trouvé sa voix
alors qu'on est dans un contexte difficile
et elle se bat et elle fait des choses
et je ne dis pas aux gens
allez vous battre et déjà
qu'est-ce qu'il m'empêche
de faire ce que je veux faire
qu'est-ce que ces barrières
ces obstacles qui soient
des fois réels, physiques
manque d'argent
des enfants mais aussi
qu'est-ce que moi je m'empêche de faire
peut-être c'est ça, c'est le vœu pieu
de ces documentaires
c'est de se poser des questions
aussi sur soi
sur
qu'est-ce qui nous fait peur, qu'est-ce qui nous fait pas peur
c'est quoi la liberté
qu'est-ce que c'est ma liberté un mois
je me sens libre
et puis ce serait vraiment
je dirais que ce serait incorrect
de dire que je ne suis pas libre
pas rapport au changement rencontré
forcément
à la liberté il y a toujours des limites
mais non je me sens libre
je peux m'habiller comme j'en ai envie
je peux m'exprimer
j'ai une garde d'identité
à mon nom
je peux prendre ma moto, je peux travailler
je peux voter, pas forcément
pour la personne que je veux
mais oui non je suis libre
mais après ça veut pas dire
que la chose n'en faut pas
pas perfectible et qu'il faut pas être visible
mais oui je suis libre
la liberté je dirais que c'est une sorte d'espace
qui a forcément une barrière
il y a forcément une limite à cette liberté
et elle est plus ou moins grande
suivant les personnes
et suivant les lieux où on habite
donc forcément on peut toujours
construire plus de liberté
ou on peut toujours lutter pour plus de liberté
et si on lutte pas dans notre propre pays
la lutte elle peut être dans d'autres pays
elle s'arrête jamais
oui, j'espère qu'un jour ça s'arrêtera
et surtout pour les femmes
parce que ce que je constate
c'est que quand les femmes sont libres
la société est plus libre
pour le résumé court
en fait plus il y a de liberté pour les femmes
dans un endroit et plus il y a de liberté
pour tout le monde et ce homme compris
ça ne diminue pas la liberté des hommes
ce qui est souvent
c'est souvent ce qui est dans le schéma mental
si on donne plus de liberté
de femmes, moi j'aurais moins de travail
enfin si on lui donne du travail j'aurais moins de travail
des trucs un peu bizarres
plus de liberté pour les femmes
en fait ça résonne, ça veut dire que
ça se développe parce que
aussi si on doit lutter pour cette liberté
et c'est vachement fatiguant
c'est quand même beaucoup d'énergie
donc on crée pas, on se développe pas
et tout ça c'est de l'énergie perdue
l'investissement qu'il y a dans l'éducation
pour justement rendre libre sa population
tout ça ça a un coup
mais en fait
la donnée au final est beaucoup plus positive
maintenant
c'est vrai que certains dirigeants c'est plus simple
de pas éduquer
de rester dans des schémas
plus simples parce que
peut-être ça
ça fait moins peur parce que ça fait peur
de donner la parole à des gens
parce que ça veut dire qu'ils pensent différemment
ça veut dire que peut-être ils vont amener
des idées différentes de soi
mais quand même je trouve que
c'est un impact positif
pour la société
si je devais faire un état des lieux
de la situation des femmes
du droit des femmes en ce moment
dans le monde
alors il serait pas beau
mais je suis quand même
une optimiste
je veux dire que c'est un combat
qui a toujours 4 pas en avant
3 pas en arrière
et qui est toujours comme ça
en avant en arrière
mais il est présent
il est vivant
et il avance
donc même si c'est extrêmement frustrant
et que c'est rageant et ça met en colère
de voir des choses qui vont se dire
hésites
on est en 2022
comment c'est possible qu'on en arrive là
comment on en arrive à se reposer
des questions sur le droit de l'avortement
aux états physiques
ça semble complètement incompréhensible
et pourtant ça l'est
c'est remis en cause
ça met en colère
mais pourtant à côté
dans plein d'autres pays les choses changent
je dirais que d'un point de vue global
les droits des femmes
et quand même changent et avancent
mais c'est vrai que c'est toujours une vigilance
et ça partout, même chez nous
même en France
et qu'il faut toujours continuer
mais des choses changent, moi je trouve les nouvelles générations en France
en tout cas beaucoup plus ouvertes
la parité
enfin, il y a des questions que
des jeunes hommes
et femmes de France
en tout cas se poussent pas du tout
alors que c'était un vrai questionnement
il y a 20 ans même pas, ça fait plaisir
mais c'est
une vigilance, un combat
qui faut faire
pour les femmes
je retourne en Iran une seconde fois
4 ans plus tard
seul, complètement seul
je viens du Pakistan
j'arrive par le Pakistan
et
je vais traverser l'Iran
parce que c'est sur le chemin
mais aussi parce que j'ai envie d'aller en Iran
et comme je connais un petit peu mieux
la manière dont on fonctionne l'Iran
c'est
bien sûr j'y vais avec beaucoup moins d'après-divrit
en plus je viens du Pakistan
qui était plus
plus difficile, je fais scorter
tout le long de la frontière afghane
pour cette seconde fois en Iran
je vais aller quand même voir des gens
qui se sont posés plus de questions
sur la liberté, ou en tout cas
des femmes plus exemplaires
donc je vais rencontrer Sarah
qui a fait le tour de l'Iran
avec son vélo
qui a un petit café de voyageur
je rencontre Benazs Shafi
qui du coup à l'époque
n'avait pas encore son permis de conduire
mais je la rencontre
elle m'emmène sur son circuit
elle me prête sa moto
elle m'invite complètement chez elle
je vais aller à Terran
je vais rencontrer des femmes
qui sont dans le théâtre, qui font des photos
qui sont beaucoup plus actives
dans les mouvements
dans les réseaux sociaux, les mouvements féministes
enfin, c'est des femmes
qui sont vraiment confrontées
dans leur passion
confrontées à des limites
prendre son vélo
pour une femme dans certaines villes
c'est interdit
et ça devenait de plus en plus interdit
à ce moment-là
Sarah l'a fait plusieurs fois
des tours au poste de police
parce qu'elle se fait arrêter par les flics
parce qu'elle le roulait juste avec son vélo
et pourtant, passionnée
elle continuait à conduire
avec son vélo
et elle
je l'ai rencontrée à vélo
et elle a dit
elle va bien, elle se fait un heure, rejoins moi
dans mon café
et ce qu'elle voulait montrer aux Iraniens
c'est de dire
on a toujours des visiteurs qui viennent
avec des vélos ou des motos
mais il fallait montrer qu'une femme
pouvait partir seule avec son vélo
et faire le tour de l'Iran avec son vélo
et que les gens lui disaient
mais c'est pas dangereux
et dis bah toi, t'es dangereux
et non, et bah
c'est pareil pour tous les autres
donc te changer
un peu aussi des mentalités
et de dire que aussi les femmes
peuvent aussi faire des choses seules
je vais retrouver certaines personnes
que j'ai vues aussi du premier voyage
et c'est
je crois que c'est ce qui me va me faire le plus plaisir
c'est de retrouver des gens
d'avoir l'impression de retrouver mes familles
et d'en créer d'autres
mais tout ça
prend toujours du temps
je vais peut-être plus passer du temps
à être chez des gens et à revivre des choses avec des familles
mais
c'est toujours les mêmes
rencontres aussi
très spontanées et très
je pense que c'est aussi le voyage
qui fait ça mais un jour
je suis un peu
en fin de journée
et je cherche ces endroits
d'entrée de ville où on peut camper
je vais demander à un policier
est-ce que tu sais où je peux camper
il se réfléchit
il se gratte le cerveau et il me dit ah, suis moi
je le suis et il m'emmène chez sa soeur
il m'emmène chez sa soeur
il s'occupe de moi et ça
c'est la manière normale de faire
parce qu'on laisse pas une femme traîner
toute seule dans la rue avec sa tente
la leçon que je garde
de tout ça c'est que
vraiment de manière
déchéditive
on peut pas connaître
sans expérimenter et sans aller sur place
et qu'est-ce que le jugement
peut être négatif
non je crois que vraiment
c'est ça, le lirant c'est là
c'est vraiment la surprise entre
tiens si je tape sur google
ça me donne ça
et quand j'y vais
j'ai complètement d'autres choses
et que c'est comme ça le monde
rien n'est blanc, rien n'est noir
c'est plein de gris, c'est une mosaique de couleur
et qu'il faut aller voir, il faut expérimenter
et se poser des questions
et pas toujours absorber ce qu'on entend
et garder son esprit critique
et c'est ça que je garde de dire
la liberté c'est un concept
très particulier
c'est à la fois
très pratique
il y a des choses comme ça de règles
de vie, de la société
qui sont quantifiables
et après il y a tout ce qui est ressenti
émotionnel
et là
c'est quelque chose de complètement
variable
mais pourtant il est
complètement associé à je dirais
l'humain, voire peut-être même vivant
on a besoin
de se sentir libre
moi je trouve que les personnes
qui se sentent le plus libre
jusqu'à présent sont des personnes
qui
n'avaient pas peur
qui savaient qui elles étaient
ce qu'elles pouvaient faire et qu'elles étaient
une maîtrise sur leur propre limite
après l'Iran
mais l'usine a roulé à travers 50 pays du monde
pour continuer de rencontrer les femmes
qui y vivent
elles diffusent ensuite ces perriples dans des documentaires
disponibles en ligne
si vous la croisez au hasard d'une route
au volant de sa moto, nul doute qu'elle vous posera
la question à vous aussi
quelle est votre définition de la liberté
merci à mes usines Malender pour
son témoignage et merci à vous
d'avoir écouté cet épisode
Les Balladeurs est un podcast du magazine
Les Ozzards
cet épisode a été réalisé par Tom Affir
en collaboration avec Nicolas Alberti
une histoire
montée par Claude Vibault et Cappuccine Lebeau
et présentée par Clément Sacar
la musique originale
a été composée par Nicolas de Ferrand
et le mixage a été assuré par Loré Galligani
on se retrouve dans 15 jours
pour une nouvelle aventure
à très bientôt