#59 — Naufragés des mers du sud, avec Jean Le Cam

Durée: 41m3s

Date de sortie: 27/07/2022

Jean Le Cam est un marin d’exception. Son palmarès, son expérience et ses exploits en solitaire lui valent d’ailleurs le surnom de “Roi Jean”. Mais le navigateur ne le sait que trop bien, la mer est capricieuse et imprévisible. Sa carrière l’aura démontré de manière implacable à deux reprises. 

Lors du Vendée Globe de 2009, son navire chavire au large du Cap Horn faisant de lui un naufragé. 12 ans plus tard, pour la dernière édition de la compétition, c’est à son tour de recevoir les appels de détresse d’un compétiteur. Une bonne occasion de payer sa dette…

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🎙 Un épisode réalisé par Thomas Firh en collaboration avec Nicolas Alberty, présenté par Clémence Hacquart, mis en musique par Nicolas de Ferran avec une musique additionnelle de Micheal Boga, mixé par Laurie Galligani, et monté par Chloé Wibaux en duo avec Capucine Lebot.

🤝 La saison 5 des Baladeurs est soutenue par Columbia.



Plus de détails sur l'épisode :

Il y a des hommes et des femmes que la terre ferme ne contente pas. Si certains l’arpentent de long en large, les marins eux, n’y mettent les pieds que pour l’escale. Et, à peine à quai, leur regard se tourne déjà vers la mer. Vers le prochain départ, la prochaine course, les prochaines aventures…

Jean Le Cam fait partie de cette espèce. Bien plus qu’une passion, la voile est avant tout pour lui une affaire de compétition. Son palmarès sur les courses les plus prestigieuses, son expérience et ses exploits en solitaire lui valent d’ailleurs le surnom de Roi Jean.
À l’arrivée, il n’est pas rare de le voir danser sur le pont de son voilier, pour fêter ses victoires ou remercier l’océan de l’avoir laissé rentrer à bon port. Car le Roi Jean ne le sait que trop bien, la mer est imprévisible et capricieuse.

Lors du Vendée Globe 2009, son navire percute un iceberg et chavire au large du Cap Horn. Réfugié dans un petit compartiment de son bateau retourné sur l’océan, il dérive en attendant les secours, plongé dans le noir. Et en mer, patience est mère de sûreté.

Après avoir été sauvé par son concurrent Vincent Riou, Jean Le Cam a repris la mer. En 2020, lors de la dernière édition du Vendée Globe, c’est à son tour de répondre aux appels de détresse de l’un des participants aux large du Cap de Bonne Espérance. Une belle occasion de payer sa dette et de sauver un compétiteur du naufrage.

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Il y a des hommes et des femmes que la Terre ferme ne contentent pas.
Si certains l'arpentent de long en large, les marins eux n'y mettent les pieds que pour l'escalent.
Et à peine à quai, leurs regards se tournent déjà vers la mer.
Vers le prochain départ, la prochaine course, les prochaines aventures.
Jean Le Cam fait partie de cette espèce.
Bien plus qu'une passion, la voile est avant tout pour lui une affaire de compétition.
Son palmarès sur les courses les plus prestigieuses,
son expérience et ses exploits en solitaire lui valent d'ailleurs le surnom de roi Jean.
À l'arrivée, il n'est pas rare de le voir danser sur le pont de son voilier,
pour fêter ses victoires,
ou remercier l'océan de l'avoir laissé rentrer à Bonport.
Car le roi Jean ne le sait que trop bien,
la mer est imprévisible et capricieuse.
Lors du Vendée Globe 2009, son navire percut un iceberg
et chavire au large du Cap Horn.
Réfugié dans un petit compartiment de son bateau retourné sur l'océan,
il dérive en attendant les secours,
plongés dans le noir,
et en mer, patience et mer de sûreté.
Nous, on fait un tour du monde en 80 jours
à la vitesse d'un soleil,
ou pas loin.
Et encore, on descend par le sud,
on fait tout un détour,
ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que la Terre est toute petite, en fait.
Le Vendée Globe, c'est une course qui part des sabdologues,
c'est une course en solitaire.
Sur des bateaux qu'on appelle IMOCA,
c'est un type de bateau,
c'est un bateau monocoque, donc d'une seule coque,
avec des normes de largeur, de hauteur,
donc ces bateaux qui font 18 mètres de long,
avec des mâques qui font, on va dire,
aux alentours entre 27 et 28 mètres,
ce qui donne en fait une flotte
logiquement assez homogène,
puisque c'est tous les mêmes types de bateaux.
Donc ça part des sabdologues,
ça descend vers les îles de Canary,
Cap Verre, on passe l'Équateur,
ensuite on longe le Brésil pour des questions météo,
on tourne l'Afrique du Sud d'assez loin d'ailleurs,
et ensuite on se dirige vers l'Australie,
Nouvelle-Zélande,
et ensuite c'est l'océan Pacifique,
qui nous amène directement au Cap Horn,
et au Cap Horn, on tourne à gauche,
et on remonte en fait l'Atlantique Sud,
l'Équateur, et le retour au Sabdeland.
C'est une course qui dure,
surtout dans les 80 jours à peu près,
et donc on traverse une grande partie des mères du globe,
puisqu'on fait le tour du monde,
donc c'est ça sa particularité, on va dire.
Une journée de navigation,
c'est forcément la météo,
qui est déjà le chef d'orchestre,
parce qu'il n'y a pas de journée qui se ressemble,
parce que la mer est à chaque fois différente,
la météo, il faut, on est toujours,
au moins deux fois par jour,
en train de regarder les nouveaux fichiers météo.
Après, il y a tous les réglages du bateau,
la stratégie,
se nourrir,
contrôler l'énergie.
Si on n'a plus d'énergie, on n'a plus d'eau,
parce qu'on a un dessin à l'énateur,
on fabrique l'eau à bord du bateau,
ça c'est la première chose de la sécurité, l'eau,
se reposer, si on peut,
régler le bateau, changer de voile éventuellement.
Ce qu'il y a c'est que,
sur une course, comme le Vendée Globe en fait,
le temps passe très vite par rapport à le canter à terre.
On n'a pas la même notion du temps,
c'est assez étonnant d'être.
Je pense qu'on est très, très...
On a l'esprit tout le temps en alerte,
et donc, voilà, il y a toujours quelque chose à faire,
toujours, voilà, c'est en compétition quand même.
Le 6 janvier 2009,
il s'est passé que
je fais le dernier empanage,
enfin, empanage chez un Vireman de bord au portant,
donc on change d'amur.
Là, je remontais vers la maison, on va dire,
et là, il y a eu un choc,
et j'ai perdu en fait une partie de la quille,
la quille, c'est la partie qui est...
qui est immergée du bateau, qui stabilise le bateau.
Là, du coup, le bateau devenait instable,
et puis, là, il a lentement chagiré.
Là, je suis au Cap-en-Bre,
à 200 000, donc 200 000, ça fait
380 km à peu près du Cap-en-Bre,
donc assez proche finalement,
parce que c'est la fin du Pacifique,
mais c'est l'endroit qui était le plus sud,
donc il y a toujours, dans ces grands endroits-là,
justement des petits icebergs qu'on appelle les groleurs,
et je pense que j'ai percuté un de ces petits groleurs
que j'ai heurté avec la quille,
qui a séparé le bulbe de la quille.
Donc, c'est au moment où j'ai vu la l'eau arriver par le hubl'eau,
et là, j'ai dit, bon,
quand le moque commence à toucher l'eau,
là, tu te dis, il y a un gros gros problème.
Forcément, il y a de l'eau qui est rendue dans le bateau,
il y a les cordages et tout ça qui se retrouve
dans l'habitacle, et tout flotte dans le bateau,
c'est comme une maison qui est à l'envers,
on ne sait plus comment on marche sur le plafond, en fait.
Donc, on n'a pas forcément cette habitude-là.
L'eau à l'intérieur du bateau, ça détruit tout.
On sait bien que l'eau est incompressible,
donc c'est des vrais coups de bébier en permanence,
donc ça détruit tout.
Et là, je remonte vers l'avant du bateau
parce que l'arrière était très enfoncée dans l'eau
pour essayer de trouver un endroit sec,
et là, je me retrouve dans la soute à voile,
en fait, qui était à l'envers,
il y a un capot, forcément, dans la soute à voile,
puisqu'il faut bien amener les voiles à l'intérieur du bateau.
Et en fait, avec les phénomènes de oule,
de pression ou de pression,
parce que quand le bateau monte et descend dans la oule,
ça eut l'effet d'ouvrir ce capot.
Et donc, dans cet endroit que je pensais sec,
l'eau envahit le compartiment,
et donc je suis allé dans le compartiment le plus avant
pour trouver cet endroit sec,
puis là, j'arrive dans ce compartiment avant,
et là, je ferme,
puisque là, c'était un compartiment étang,
je ferme la trappe.
Et là, tout d'un coup, c'est le bonheur
parce que t'as un pan qui, comme c'est étanche,
t'as plus phénomène de pression ou de pression.
Et puis là, j'ai essayé d'installer un petit campement, en fait.
J'ai essayé de me mettre au sec,
de mettre des poufs qu'on a pour dormir,
pour essayer de se reposer,
parce que l'idée, c'était quand même de laisser passer le temps
et de pouvoir se reposer, pour être en forme,
et puis pouvoir prendre les bonnes décisions au moment,
parce que le repos, en général,
est un facteur essentiel pour prendre des bonnes décisions,
surtout dans des moments comme ça.
Quand tout flottait dans le bateau à l'envers,
j'ai essayé de récupérer tout ce qui était utile,
la pharmacie, l'eau,
la nourriture qui flottait, etc.
Le maximum de trucs pour essayer de me faire mon campement
le plus confortable possible,
et puis être surtout dans la durée.
Et là, j'avais des éponges, un saut,
et là, j'ai pris le temps de bien tout sécher,
parce que je savais que c'était...
ne pas être les pieds dans l'eau,
pour pouvoir se changer, etc.
C'est important, surtout quand il fait très froid,
de ne pas être dans l'humidité,
c'est des facteurs essentiels.
Et puis, par la suite,
il faut aller essayer d'enfiler une commisonde de survie,
parce que la grosse problématique, c'est qu'il fait froid,
il fait 6°, 7°.
Donc, l'histoire, c'est de pas mourir d'hypothermie, en fait.
À l'intérieur, du compartiment étanche de l'avance,
ça doit faire 3 mètres par 4, à peu près.
C'est tout noir, parce qu'il n'y a pas de matériel dans cet endroit-là,
il n'y a rien.
Mon inquiétude, c'était de savoir combien de temps
je pouvais rester dans un petit pièce sans air,
complètement étanche.
On sait que, sans boire, on peut rester 4, 5 jours,
pas beaucoup plus.
Parce qu'après, les facultés intellectuelles
commencent à décroître, et puis là, ça peut être la misère,
mais dans un petit espace comme ça,
je n'avais aucune idée de savoir combien de temps je pouvais respirer.
Là, je commence à prévoir et puis me dire que le temps est un ami,
donc il faut que je laisse passer le temps de la façon la plus agréable possible, on va dire.
Et là, c'est de se trouver un endroit pour se reposer, pour s'allonger,
et pour attendre, en fait.
Parce que j'avais prévu, je me suis dit,
il faut que je prévoie vraiment du temps,
2 jours, 3 jours, 4 jours,
parce que je sais que les secours dans cette région-là ne sont pas faciles.
T'arrives quand même à le reposer.
On sait que dans beaucoup de situations,
la patience est quand même assez essentielle dans ce qu'on fait.
C'est des courses qui sont longues,
et si tu t'emportes de trop, tu ne vois pas où.
Donc on a quand même une faculté, une capacité à attendre.
Quand j'étais à l'envers,
j'enlève un des spidomètres, c'est un capteur de vitesse qu'on a dans ses bateaux.
Je me suis dit, je vais essayer d'enfilé une fusée,
fusée parachutte à l'époque.
Elle était juste diamètre pour diamètre du PASCOC.
Un PASCOC, c'est un trou dans la coque
dans lequel on peut mettre un sondeur, une sonde de vitesse,
comme un spidomètre, qui nous donne la vitesse du bateau
et une petite roue à haute qui tourne et qui transmet la vitesse du bateau.
Là je tire la fusée, et là l'intérieur, forcément, j'étais à l'envers,
donc le bateau était complètement étanche.
Et là je m'aperçois que j'étais comme un idiot en train de me faire gazer
parce que forcément la fusée parachutte, elle dégage des fumées énormes
et là tu te dis vraiment, t'es qu'un con, t'es à l'envers
et t'es en train de te faire gazer par ta propre action.
Et puis la deuxième chose, c'est qu'il faut surtout pas ouvrir un PASCOC quand t'es à l'envers
parce que ça fait échapper l'air qui te protège finalement
et donc qui fait couler ton bateau.
Donc ça c'est des choses qui sont, voilà, qu'on n'a pas forcément le réflexe dans ces moments-là
mais qui sont assez essentielles et qu'on s'en rappelle qu'après.
Quand j'ai chaviré, en fait, il y avait Vincent Riu qui n'était pas loin
et Armel Le Cléache qui était à l'époque sur Bretterre, Vincent sur PRB.
Donc je savais que dans ces contrées-là, toutes façons, les secours viennent toujours de l'autre concurrent
puisque l'organisation de courses les avait prévenues, j'avais déclenché les ballises de détresse
et donc là il fallait attendre, il fallait attendre vraiment.
Les ballises de détresse en fait, ce n'était pas très gros, ça fait 20 cm de haut, 10 cm de périmètre, on va dire.
Et en fait, dès que tu déclenches cette ballise-là, ça envoie des signaux par cet élite au secours
et qui stipule que tel murot, tel bateau est en détresse.
Ils essaient de reposer au maximum, d'imaginer les secours,
de penser qu'est-ce que je pourrais faire de plus pour faire avancer la problématique
et puis surtout de se reposer, parce que le repos dans ces cas-là, je savais qu'il fallait laisser passer le temps.
Donc pour laisser passer le temps, le mieux c'est de dormir, tout au moins d'essayer de dormir.
Je ne fais pas chaud, mais tu as quand même la fatigue de la course derrière toi.
Après toutes ces péripéties, j'entends des bruits, des chocs.
C'était dans un demi-sommeil, donc tu te dis, mais est-ce que je rêve ou pas, parce qu'il faut être sûr.
J'entends en fait une boîte de conserve qui percute la coque.
Et après, j'entends aussi la voix de Vincent.
C'est important parce que le choc, le son et le bruit, c'est toujours des choses extraordinaires.
Parce que c'est toujours les bruits qui t'alertent de quelque chose.
Encore une fois, le son est-elle le facteur, on va dire, qui m'a libéré, qui a permis que je comprenne qu'il y avait quelqu'un à l'extérieur.
Là, si je sors du bateau et qu'il n'y a personne dehors, ça peut être la catastrophe.
Parce que là, autant à l'intérieur du bateau, tu es en sécurité, autant à l'extérieur,
il peut y avoir des vagues qui balayent, et puis tu n'es pas dans une situation stable, tu n'es pas calé.
Il faut être sûr quand tu sors du bateau qu'il y ait quelqu'un dehors.
Ça, c'est quelqu'un des facteurs un petit peu angoissants, on va dire.
Et là, je commence à m'organiser pour sortir du bateau, donc dans une trappe de survie qui était à l'arrière du bateau.
J'essaie de laisser dranger un peu les obstacles qui pourraient m'empêcher de sortir du bateau.
Parce que dans ces cas-là, il faut faire attention au suraccident, c'est toujours pareil.
Et puis à un moment, je décide d'y aller.
Et je sors, je peux faire une première plongée à l'intérieur du bateau parce que tout l'arrière était sous l'eau.
Et puis là, dans un premier temps, j'ouvre la trappe de survie.
Une fois que t'es sorti du bateau, il faut penser à la suite.
C'est-à-dire de pouvoir toujours avoir une main sur le bateau parce que les bateaux dérivent dans ces cas-là.
Et donc je sors les pieds devant, puis je m'accroche et je réussis à monter sur le bateau à l'envers.
Et m'accrocher à un des saffrans.
Saffrans, c'est le gouvernail du bateau, en fait.
Parce qu'il y avait de la merde, donc on ne peut pas se faire agerquer.
Le moment quand même le plus fantastique, c'est que quand tu sors ta tête de l'eau et que tu vois les bateaux qui sont là,
puisqu'il y avait Vincent et Hermel qui étaient là,
là c'est un gros soulagement.
Mais, t'es pas encore sauvé.
Je sais qu'il ne faut pas non plus s'emporter,
il faut rester bien accroché au bateau avec le saffrans.
Mais je sais quand même qu'on est sur le bon chemin.
Parce qu'à l'inverse, si j'avais rêvé que les bateaux étaient là et qu'ils n'étaient pas là,
là pour le coup, ça aurait été une autre histoire.
Je n'avais jamais douté.
Parce que je me dis toujours que ça se passe mieux que ce qu'on imagine.
Et c'est bien souvent l'être humain voit toujours les choses pires qu'elles le sont.
Globalement, en moyenne, ça se passe toujours mieux que ce qu'on imagine.
Heureusement que la peur ne m'a pas gagné,
parce que là, pour le coup, c'est très possible que je ne m'en sorte pas.
Est-ce que la peur peut être très néfaste,
tu peux être paralysé, tu peux être totalement inactif.
Donc ça, c'était une vraie chance.
Donc Vincent fait des allières tours autour du bateau,
essaye de me passer un cordage.
Il passe plusieurs fois, il essaie de le balancer, je n'arrive pas à l'attraper.
Et puis là, tu ne sautes pas du bateau comme un toit pour essayer de l'attraper.
Il faut vraiment que tu l'aies en main et après ça, tu te la marres,
tu l'attaches autour de toi.
Et puis là, je réussis à capter le bout qui m'avait passé.
Et là, Vincent et son moulin à café, c'est un espèce de treuil,
enfin un winch qui démultiplie la force et qui me remonte petit à petit à bord du bateau.
En faisant ces allières tours, Vincent percute l'aquil du bateau,
qui était incliné et casse une des barres de flèche qui tenait à ma.
Son ma a été basculée sur le côté.
Ça, c'était pendant qu'il me remontait, en fait,
parce que lui, il était vraiment captivé sur le fait de me sauver.
Et moi, j'étais derrière, accroché au bout comme un macro
avec Vincent qui fait de la pêche au gros, on va dire.
Le gros, c'est moi.
Et moi, je vois la situation, en fait, de derrière.
Je vois l'aquil du bateau.
Et donc Vincent qui fait d'eau à la vente son bateau,
donc qui ne voit pas.
Et là, je vois le choc de l'audrigueur avec l'aquil
et le moque qui tombe, mais pas complètement.
Il tombe au 3,4, on va dire, un fort angle sur le côté.
Là, il me remonte sur le bateau.
Là, je monte sur le bateau.
Bon, et puis là, je dis, bah, attends, il faut qu'on répare.
Je dis, bon, on va essayer de faire le plus bel empanage de notre vie.
C'est-à-dire que le mar était complètement couché sous le vent.
On met le bateau avec le vent de l'autre côté.
Et là, il y a tout le grément qui se redresse et qui se met en ordre.
Et là, c'est un moment magique.
Et ensuite, on arrive au caporde.
Donc on passe le caporde en doux pour une course en solitaire, c'est pas banal.
On continue, on continue, et puis on fait route vers Ushuaia.
Et puis là, on démate.
Le matembe, là, c'est récupérable.
La réparation qu'on avait faite de l'autre côté,
on avait fait un bricolage qui n'a pas tenu, et le matembe, bon.
On essaie de ramasser les morceaux le plus possible.
Et puis, il y a un bateau, donc un bateau chilien qui vient le lendemain.
Là, on se repose encore une fois, et bateau chilien vient nous remorquer, en fait, le lendemain matin.
Et là, on se retrouve dans un premier temps à Porto Uiyam,
ce qui est une île dans le canal du Bighelle, pas très loin d'Ushuaia, mais qui est au Chili.
Puisqu'on était dans les eaux chiliennes, donc je débarque même pas.
Et là, on me dit, eh bien non, vous n'avez pas de papier, vous n'avez pas de passeport, vous ne pouvez pas débarquer.
Je suis resté là-bas, et il y avait Isabel Autissier qui était sur place.
Et au bout de quelques jours, j'ai réussi quand même à mettre le pied à terre.
Et voilà, donc, c'est une histoire assez particulière, on va dire.
Comment, en appréhendant la notion du risque, on est sur des bateaux qu'on connaît quand même bien,
il n'y a pas beaucoup d'accidents, honnêtement.
Maintenant, voilà, quand l'homme a inventé la vitesse, il a inventé l'accident.
Nous, notre métier, c'est d'aller vite au bon endroit, et loin, forcément.
Faire un tour du monde, on va dire, sans objectif de compétition, etc.
C'est une chose, faire un tour du monde vite, c'est une autre chose, une autre discipline, on va dire.
C'est surtout le côté compétition qui me plaît.
Donc forcément, le côté compétition, ça veut dire que la technique est omniprésente,
parce que nous, les bateaux, c'est vraiment des bateaux très techniques.
Mais il faut aller jusqu'au bout.
Donc il y a tout ce challenge d'aller vite, mais pas trop, d'aller loin, ça, c'est sûr.
De pouvoir maîtriser son bateau.
Tout ça, c'est hyper intéressant, c'est très prenant.
C'est l'aventure, parce que tu fais un tour du monde, parce que ça dure 80 jours,
parce qu'il y a beaucoup d'inconnus, mais là-dedans, pas il y a un premier et un dernier.
Et donc tout à chacun essaye d'être le plus proche possible de la première place.
Après avoir été sauvée par son concurrent, Vincent Reilloux, Jean Le Cam a repris la mer.
En 2020, lors de la dernière édition du Vendée Globe,
c'est à son tour de répondre aux appels de détresse de l'un des participants,
au large du Cap de Bonne Espérance,
une belle occasion de payer sa dette et de sauver un compétiteur d'une offrage.
Dernier Vendée Globe, la fin de 2020, vraiment.
Le départ part en novembre, donc là on est en décembre.
J'ai été troisième au classement.
On est arrivé dans l'Océan Indien.
PRB avec Kevin Escozfier me doule.
Donc je suis à ce moment-là quatrième.
Et puis là, comme il m'a doublé, il a été puni.
Comme quoi il faut, il faut jamais me doubler.
L'organisation m'appelle et me dit, Jean,
il y a la balise de détresse de PRB qui a été déclenché.
Et on n'a aucune autre nouvelle.
C'est-à-dire on ne sait pas ce qui s'est passé,
tu ne sais pas si le bateau a dématé,
si le bateau a perdu sa quille, tu ne sais pas quoi.
Je file sur la position que me donne l'organisation.
Et là je trouve un petit radeau avec Kevin dedans.
Et je tombe dessus, mais en direct.
Donc j'arrête le bateau.
J'essaye de parler avec Kevin, mais il y avait beaucoup de vent,
beaucoup de mer, c'était pas facile de se comprendre.
Moi je lui dis que j'allais revenir.
Donc je mets carte du bateau, du radeau de sauvetage de Kevin.
Et puis je vais un peu plus loin pour affaler ma grand-voile,
mettre moins de toile, prendre trois riz, etc.
pour bien préparer la manœuvre pour emmener Kevin sur le bateau.
Et là je reviens au point GPS que j'avais sur mon écran d'ordinateur.
Et là, personne.
Là que je me suis dit, mais c'est pas possible.
Donc je me suis dit, je me suis trompé.
Donc je fais des allés, des retours, etc.
En espérant au moins croiser le petit confetti,
qui était le radeau de survie,
parce qu'un radeau de survie comme ça, ça fait...
Bon, ça doit faire trois mètres de diamètre.
Donc c'est tout petit à l'échelle d'un océan.
Et là, personne.
C'était enfin une journée, la nuit commençait à poindre.
Et là je commençais à désespérer un peu.
Donc j'essaye de regarder sous le vent du point,
c'est-à-dire que forcément le vent poussant le radeau,
il pouvait se retrouver sous la trajectoire du vent.
Et toujours rien.
Là, ça commençait à sentir mauvais.
Je me dis là, si j'ai pu de position GPS trouver Kevin,
c'est comme une aiguille dans une boîte de foin.
C'est pas compliqué, c'est une mission impossible.
Je me dis, bon, du coup tu restes sur zone,
tu fais des tours, tu tournes, tu désespères.
Miser total, tu te dis là c'est fini, comment on va faire.
L'autre problématique, c'était le suracquillant.
Parce que si tu cherches en fait quelqu'un
qui, le bateau s'est cassé en deux,
donc il aurait été possible
que je tape son bateau et qu'on mette deux rados sur lui à l'eau.
Là, ça aurait été...
Mais c'était une des probabilités.
Et puis dans la nuit,
l'organisation me rappelle et me dit,
on a reçu un point GPS avec une balise.
Du coup, je refile sur ce point
que m'avait donné l'organisation.
Là, il fait nuit noire.
Et rien encore, pas de Kevin, pas de rados.
J'avais quand même la chance de savoir ce que je recherchais.
Parce que si je ne l'avais pas vu le premier coup
et qu'il n'y avait plus de signal,
j'aurais pu...
Voilà, quand tu sais ce que tu cherches déjà,
tu es moins bête.
Et à un moment,
je vois une petite lumière au loin,
un mille et demi,
donc c'est assez loin, 3 km.
Un petit flash.
Bon.
Et là, je me dirige vers ce flash
et ce flash le vient de plus en plus régulier
et de plus en plus intense.
Et là, j'arrive sur ce point lumineux,
donc de nuit.
Je retrouve mon radeau de survie
avec Kevin dedans.
Et là,
là, je suis assez proche de Kevin
et je lui dis,
bon, on y va.
Il me dit, maintenant, tu vas revenir et tout.
Je lui dis non, je ne vais pas revenir.
Là, je ne vais pas le quitter plus des dieux, c'est sûr.
Et l'opération l'a fait tout de suite maintenant.
Donc là,
je vais laisser dériver le bateau
sur son radeau de sauvetage.
J'ai réussi à récupérer un cordage
qui reliait le canot de survie à mon bateau
et on a tiré pendant 20 minutes au moins
pour remonter le canot de survie.
Et puis au dernier moment,
Kevin est monté sur mon bateau.
En quelques heures,
tu passes du désespoir total à la joie totale.
C'est les moments qui sont assez fort, c'est sûr.
Mais comme quoi,
l'organisation, à un moment,
c'est dit, on va peut-être arrêter les recherches
parce qu'il fait nuit.
Et au final, c'est la nuit
qui nous a permis de récupérer Kevin
parce que, deux jours, le petit feu,
je ne l'aurais pas vu.
Kevin a dû rester
8h00, 9h00.
L'histoire, c'est que Kevin a coupé
sa balide de dottresse
en pensant qu'on allait attendre
en fait le lendemain pour récupérer.
C'est pour ça que lui, il était très zen, en fait.
Et encore une fois,
par rapport à la première situation
où moi, j'étais le sauvet,
quand j'étais le sauvet,
moi, je savais que j'étais en vie.
Alors que les autres ne le savaient pas
quand j'étais à l'intérieur du bateau.
Et là, c'est Kevin qui était le sauvet.
Et du coup, moi, j'étais très inquiet,
enfin, plus que ça, même.
Et de la même manière,
Vincent Rioux, en 2009,
était hyper inquiet aussi.
Et c'est marrant parce que la leçon,
enfin, je ne sais pas si c'est une leçon,
mais le sauveur est toujours très angoissé
par rapport au sauvet.
Parce que le sauvet, lui, il sait qu'il est vivant.
Dans le cas de Kevin,
Vincent m'avait appelé sur le bateau
en me donnant une indication.
Parce que moi, j'avais vu,
Kevin, j'avais vu qu'il était en rouge.
Et Vincent m'a appelé parce qu'il s'occupait
du projet de Kevin aussi.
Et ses cirés étaient verts.
Donc ça, c'était une des informations les plus importantes
parce que ça voulait dire qu'il était en combinaison de survie
parce que sa combinaison de survie était rouge.
Comme quoi, les codes couleurs,
il faut peut-être que la combinaison de survie
ne soit pas de la même couleur que les cirés.
Les combinaisons de survie, en général,
c'est rouge et noir.
Et tu pouvais être très bien avoir un ciré rouge et noir.
Ça m'a donné l'information
qu'il était en combinaison de survie.
Ça veut dire que le froid n'était pas un problème.
Ce qui est un facteur essentiel
dans les deux cas de figure, d'ailleurs.
Il est monté par l'arrière du bateau
parce que le bateau continuait quand même
à avancer un tout petit peu,
ce qui était difficile, d'ailleurs,
parce que le radeau de sauvetage,
il a des espèces de poches
qui l'empêchent de dériver, qui minimisent la dérive.
Mais forcément, quand tu tires le radeau,
le bateau avance et c'est très difficile
d'arrêter ces bateaux-là,
ou alors tu pars un marche arrière,
et là, ça peut t'en corpire.
Donc il y a beaucoup de traînée,
beaucoup de force pour ramener le radeau.
Et lui, par où il est rentré,
il est rentré par l'arrière du bateau,
qui est l'endroit le plus accessible du bateau, assez bas.
Donc il s'est glissé sous la barre des coutes.
Il restait allongé par terre
pour reprendre un peu ses esprits.
Parce qu'en fait, quand j'arrive
à côté du radeau, donc de nuit,
quand j'arrive à côté du radeau,
de survie, le bateau continue à avancer.
Donc là, j'avais demandé à l'organisation
de pouvoir déplomber l'arbre des lisses,
parce qu'on a une sécurité,
parce qu'on n'a pas le droit de utiliser le moteur en course.
Et là, j'avais émis le moteur quand j'ai approché Kevin.
Et là, le bateau continue à avancer,
donc j'avais émis le moteur en marche arrière, forcément,
pour essayer d'être le plus long possible
et pouvoir juste que le bateau dérape en latéral.
Mais c'était pas suffisant.
Donc le bateau, en fait, avec la mer,
l'élise sortait de l'eau.
Et Kevin m'a raconté que lui étant derrière
dans le radeau,
il voyait l'élise qui sortait de l'eau
dans les vagues et ça faisait un peu le Titanic.
Pour lui, c'était un spectacle incroyable,
parce qu'il était à rade l'eau,
et il voyait l'élise tourner à côté de lui.
Ça l'a marqué, je crois.
Après, il s'est réchauffé à l'intérieur,
séché, enlevé sa commisante survie,
et puis se reposer.
Et encore, non, on ne s'est même pas reposé.
Pendant 24 heures après,
c'était les médias en permanence.
On a fait du non-stop pendant 24 heures.
Et donc, c'est Kevin qui était
préposé au téléphone,
et c'était parfait.
On faisait une bonne équipe.
La sensation, c'est...
C'est le bonheur absolu.
Tu passes de la détresse absolue
où tu crois que jamais tu vas le retrouver.
Après, il n'y a plus rien qui existe.
De toutes les manières, la course n'existe plus.
Là, tu n'es plus du tout...
Tu n'es plus du tout dans la course.
Parce que c'est des événements tellement forts.
C'est la vie d'un homme.
Toi, la course, c'est...
Elle n'existe plus.
C'est mis de côté, en fait.
Tu as du mal, revenir à la course,
à te dire...
Parce qu'on reste 5-6 jours ensemble,
et après, je le remets
par-dessus bord avec le bateau
de la Marine Nationale qui le récupère,
qui était prévu.
Et après, je repars tout seul.
C'est vrai que c'est pas facile.
À suite de la course, après,
je le remets à l'eau, je repars tout seul.
24 heures après, je ne perçois que le bateau
a des problèmes de structure sur l'avant.
Là, il fallait que je répare,
parce que sinon, c'était moi qui coulait.
J'ai fait une première réparation.
Donc ça, c'était au milieu de l'océan indien.
Après les crics, elle est...
Tout va bien, je continue.
Et au milieu du Pacifique,
pfff, ça recasse.
Et là, il me restait encore les lattes de grand voile.
On amène toujours des lattes de rechange
sur un tour du monde.
Pourquoi ?
Donc les lattes sont des espèces de barreaux en carbone
qui tiennent, en fait,
qu'on enfile dans la grand voile
pour stabiliser la voile.
Là, je fais des renforts avec ces lattes de carbone
qui me restaient.
Et avec le reste de col que j'avais, enfin bon.
Et là, j'en avais vraiment marre.
Et là, c'était, ouais, milieu de Pacifique.
Et puis je dis, bon, on va peut-être prévoir
de s'arrêter au Cap Horn ou quelque chose comme ça.
C'était en plein Covid.
Donc en plein Covid, au Chili,
tu t'arrêtes, tu t'arrêtes pour le monde
parce qu'on ne voulait pas repartir, c'est sûr.
Tout était compliqué.
Et puis il se fait que quand j'arrive au Cap Horn,
il y avait 50 nœuds de vent.
Donc ce qui fait 90 km heure.
Donc des vents assez forts avec de la mer au Cap Horn, forcément.
Donc je me dis, bon, tant qu'à faire,
je vais m'écartir complètement de la côte
pour avoir moins de mer.
Après, je remonte vers le nord.
Et là, chaque jour,
tu vois la température qui remonte,
la température de l'eau, la température de l'air qui remonte.
Et puis je me dis, bon, de toute façon,
quitte à finir dans un horde d'eau de survie
autant qu'il fasse chaud.
Chaque jour, t'as l'oeil sur le thermomètre
de température d'eau et d'air.
Et j'ai réussi à remonter comme ça.
Et ça a tenu, ça a tenu,
jusqu'à... Alors évidemment,
quand il y avait un peu trop de mer,
je ralancissais complètement, ça s'est clair.
Et puis voilà, j'ai réussi à l'arriver comme ça.
Donc c'était un peu le parcours du combattant.
Et psychologiquement, c'était quand même pas facile
parce que c'était long.
C'était quand même pendant plus de 60 jours.
Donc c'était un vendé globe très particulier.
C'est pour ça que la ligne d'arrivée avait une réelle saveur.
Je me qualifie comme vendeur de rêve.
Et donc ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que quelque part,
les gens ont besoin de rêver.
Et surtout les derniers temps.
Pendant ces années d'ailleurs,
car à chaque fois qu'il y a un truc,
tu passes à un autre.
Quand c'est pas le Covid,
c'est la guerre en Ukraine,
quand c'est pas les Gilets jaunes.
Enfin, du coup,
les gens ont besoin de s'extraire
un peu de ce quotidien assez oppressant, on va dire.
Et du coup,
un tour du monde en solitaire,
comme l'élevant des globes,
fait rêver les gens.
Parce que ça fait travailler leur imaginaire.
Et c'est ce pourquoi, je pense,
qu'il y a beaucoup de monde qui nous suivent
sur cette épreuve.
C'est quelque chose d'extraordinaire.
Donc forcément,
il y a des situations qui ne sont jamais elles-mêmes.
Il y a des histoires comme cette année pas possibles.
On aurait voulu écrire le scénario,
on n'aurait pas pu.
Le rêve fait partie de l'équilibre aussi.
Et pour ça que...
C'est pour ça que aussi,
le vendeur de rêve, c'est faire plus d'héros autres.
Et ça, c'est ce pourquoi aussi,
on fait le vendeur de rêve.
C'est des sentiments qui sont forts
dans les deux extrêmes.
Donc ça sera nuit par pleurer
de joie et de misère.
Est-ce que ça rend un peu moins con que tu n'étais ?
Je ne sais pas.
...
Après avoir porté secours à Kevin Escoffier,
Jean Lecum navigera pendant plus d'un mois
avec un bateau qui prend l'eau et une côte cassée.
Il finira la course en 8e position
et sera reclacé en 4e position
aux portes du podium.
Aujourd'hui, le marin de 63 ans
cherche au défon
pour préparer son nouveau bateau pour le Vendée Globe 2024.
Merci à Jean Le Cam pour son témoignage et merci à vous d'avoir écouté cet épisode.
Les Balladeurs est un podcast du magazine Les Ozzers.
Cet épisode a été réalisé par Thomas Fyrre en collaboration avec Nicolas Alberti,
une histoire montée par Claude Vibo et Capucine Lebeault,
et présentée par Clément Sacar.
La musique originale a été composée par Nicolas de Ferrand,
avec une musique additionnelle de Michael Bogat,
et le mixage a été assuré par Loregy Galligani.
On se retrouve dans 15 jours pour la dernière aventure de la saison.
A très bientôt.

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Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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