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pour les aventuriers et les aventuriers d'hier et de demain.
Columbia est fier de soutenir les baladeurs pour cette cinquième saison.
Les baladeurs,
récites aventures et de mes aventures en pleine nature.
Un podcast du média Leosers.
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Il a fallu 27 heures de bus à l'activiste écologiste Camille Etienne
pour rejoindre le micro de ce dernier épisode de la saison 5 des baladeurs.
La veille encore, au Portugal,
à l'occasion du sommet des Nations Unies pour l'océan,
elle vaquait à ses occupations,
à savoir identifier des menaces environnementales urgentes,
rassembler des équipes compétentes afin d'étudier des alternatives
et interpeller les dirigeants pour les mettre face à leur responsabilité.
Derrière cette image publique pourtant,
faite de discours solennels et de cérémonies officielles,
Camille Etienne est tout autre,
une enfant des montagnes dont le cœur et l'esprit regardent vers l'extérieur,
là où le vent souffle sans cesse et où le froid irite les joues.
En 2020, elle décide d'embarquer sur un voilier pour rejoindre l'Islande
et documenter la fonte de ses glaciers,
avec Jade et Solal, ses deux amis de toujours,
elle découvre alors la dur-vie à bord,
les cartes de nuit glaciales, les remontrances du capitaine
et la tenacité du Maldemaire.
Si l'orage finit par passer,
faisant de cette traversée un voyage initiatique au milieu de l'Atlantique Nord,
la calmi sera de courte durée.
A l'arrivée, à Reykjavik,
les glaciologues n'ont que de tristes nouvelles à annoncer.
Il y a une question qui m'obsède, c'est pourquoi est-ce que tout le monde dit savoir,
qu'il y a une urgence écologique, pourquoi est-ce qu'on n'est que quelques-uns
à réellement faire la priorité absolue de nos vies ?
Et cette question, elle m'obsède de plus en plus,
et donc j'ai décidé de faire une pause dans mes études
et de prendre un moment pour aller essayer d'y répondre.
Le début de cette histoire, c'est d'aller voir, d'aller m'attaquer à l'origine
de cette fameuse fonte des glaces qui, moi, a été mon grand déclic quand j'étais jeune,
d'aller là où ça fonte plus, d'aller le plus haut nord possible, et donc d'aller en Islande.
Donc il y a quelques mois, il y a une grande pandémie mondiale, ça ne j'appelle pas personne,
et là je suis contactée par des navigateurs scientifiques
qui m'appellent pour me dire, Camille, on fait une expédition,
il nous reste une place si tu veux venir.
Je me demande encore pourquoi ils m'ont demandé à moi en réalité, j'étais touchée,
mais je pense parce que c'est compliqué pour les scientifiques de donner accès à ce qu'ils découvrent.
C'est très frustrant quand on passe des heures et des heures à travailler sur un sujet extrêmement grave
et qu'on sait que ce qu'on découvre peut apporter à l'humanité énormément,
ça doit être très frustrant de voir que ça dépasse pas nos rapports,
que les décideurs pour qui on fait tout ça ne les prennent pas en compte,
donc je pense qu'ils avaient ce besoin de dire, on va parler directement à une jeune
qui elle va vivre les conséquences de ce qu'on annonce.
Je pense qu'il y avait de ça.
Et moi je l'aurais dit, mais juste j'ai jamais navigué de ma vie, je viens de la montagne,
j'ai peur de l'eau, enfin c'est pas, enfin mais en même temps oui évidemment bien sûr.
Et en fait on commençait à monter cette expédition pour aller au Grenoble,
et pandémie est fait que le Grenoble ferme, que toutes les expéditions sont annulées,
et donc du coup je peux plus aller là-bas, mais c'était devenu tellement un désir fort en moi,
que ce qui était devenu un coup un peu du hasard était devenu une quête de sens super profonde
de me dire mais je vais aller trouver la réponse à ma question loin,
que en fait je ne pouvais pas me dire que c'était plus possible.
Et donc c'est là où je commence à chercher un moyen d'aller le plus au nord possible
et le plus au nord qui est ouvert c'est l'islande.
Maintenant que je me dis que c'est potentiellement possible d'aller en Islande,
je ne peux pas me voir partir sans mon meilleur ami,
qui est un réalisateur, qui est un jeune réalisateur et on est hyper fusionnel
et je ne peux pas être loin de lui aussi longtemps et en même temps je me dis que
égoïstemment si j'arrive à aller là-bas, ce que je vais apprendre je ne vais pas le garder pour moi.
Et moi ce que je vais faire c'est écrire mais je ne sais pas raconter différemment.
Et je me dis que je vais voir des choses tellement belles et tellement boules de la vie,
le versant que parfois les mots ne suffiront pas,
qu'il faut que j'embarque avec moi quelqu'un qui va pouvoir savoir raconter une histoire différemment
avec sa caméra, donc ça c'est solale.
Et avec Jade qui est une autre de mes meilleurs amis,
qui est les danseuses.
Du coup je me dis qu'avec le corps, avec les images et avec ma voix, mes mots,
on arrivera peut-être à ramener quelque chose de fort de ce voyage là.
Et à partir de là,
commence le bon combat de combat pour trouver un bateau.
Donc on est trois amis qui n'ont jamais navigué.
Je ne connais rien, j'ai peur de l'eau,
je suis vraiment partie des gens qui ont peur quand ils ne voient pas leur pied,
quand il y a des alques qui les touchent.
Et je me dis je vais aller me mettre vraiment super loin dans la mer et je ne verrai que de l'eau
mais rien que d'y penser ça m'engoua assez.
En plus je suis malade quand je prends le bus ou un peu la voiture.
Je me dis mais comment est-ce que tu vas avoir le mal de mer, de l'espace ?
Mais ce truc là est plus fort que moi, j'ai vraiment besoin de partir dans les labas de voir ce qui se passe
et donc on se met à chercher un bateau.
Et comment est-ce qu'on fait pour trouver un bateau quand on est trois qui n'ont jamais navigué de leur vie ?
On regarde sur la bourse aux équipiers,
qui est un espèce de blablacar des bateaux.
Et en fait c'est un échange de bons procédés, c'est à dire que c'est comme si vous faisiez du stop
où tu vas t'engager à tenir des cars, à faire manger, à aider sur le bateau.
Et comme ça ça fait un peu de la compagnie au marin qui font leur longue route.
Et donc on trouve un bateau sur la bourse aux équipiers.
Au mai, c'était un oncle-là sans vraiment trop y croire, on a demandé de partout.
Et là on a trois jeunes qui nous appellent et qui nous disent on est aux Açores.
En gros on fait pendant deux ans le tour du monde pour suivre la migration des baleines
et ils étudient fondations participatives, c'est à dire que c'était des anciens ingénieurs du son,
ils travaillent dans le spectacle et ils ont inventé un système pour enregistrer le son des ces tassés.
Et ensuite le donner à la science.
Et ils disent mais là on est aux Açores mais si vous voulez on peut faire deux semaines de détour pour venir vous chercher.
Je t'étais dans mon quotidien hyper pressé, à ce moment là je suis dans le truc de très nerveux
quand il y a une minute d'attente au métro, d'une urgence constante,
l'urgence climatique, l'urgence des médias, un truc très très sollicité de partout.
Et là il y a des gens qui me disent on va faire deux semaines de détour.
J'y croyais pas, vraiment j'y crois pas.
Et là on les appelle et on découvre que si ils sont sincères et qu'ils ont envie de nous faire vivre cette expérience-là.
Qui croient en ce qu'on envie de raconter et que c'est important pour eux que c'est leur manière d'agir
et donc qu'on embarque dans un mois.
Ce mois prene embarquement est assez bizarre parce que du coup ça devient concret
et en même temps les législations changent toujours par rapport au Covid.
Donc un jour c'est fermé, un jour on peut passer par tel autre pays, un jour on ne sait pas encore d'où on va partir,
est-ce qu'on va bien pouvoir partir de Brest ? Où est-ce que nous il va falloir qu'on aille en train jusqu'en écosse ?
On ne sait pas encore trop qu'est-ce qu'il va se passer, quel jour on va partir quand ?
Et en même temps il faut qu'on prévoit ce qu'on va faire là-bas, donc rencontrer des glaciologues.
Donc il faut qu'on s'organise, qu'on leur donne des dates précises et je suis encore vraiment dans la logique
avant le bateau, quelqu'un qui a jamais pris le bateau, qui a jamais marché longtemps,
une temporalité très différente où j'ai besoin de dates, d'heures, d'arrivée, de départ.
Mais c'est un voilier donc c'est les métaux qui choisissent quand on part, quand on arrive, d'où on part, où est-ce qu'on arrive.
Et du coup c'est dur de composer avec ça.
À la fois je suis très concentrée dans ce qui se passe là maintenant, j'ai beaucoup de choses à finir avant de tout lâcher
parce que ça m'est jamais arrivé comme ça d'abandonner un peu, avec toute l'humilité que ça comporte
mais dans le sens d'abandonner le monde, d'abandonner mon monde, moi pendant si longtemps.
Et là c'est une période hyper intense, il se passe beaucoup d'actions.
Donc c'est un peu compliqué, en plus je suis en train de perdre ma grand-mère,
qui est la personne qui m'a élevée, qui est la personne que j'aime le plus au monde à ce moment-là.
Et je sais pas quand elle va partir quoi, on sait que c'est bientôt et en même temps
mais je peux pas m'imaginer faire le bateau du départ si je l'ai pas déjà enterré, je l'ai pas dû en revoir.
Et donc là je vais la voir, je laisse partir sur la léjade à Brest, donc on est à trois jours du départ
et je vais la voir et elle ne parlait plus, mais là elle me dit vas-y,
c'est un truc complètement fou de ma grand-mère qui me dit vas-y, vas-y, par quoi.
Donc on a cet auroir magnifique où je la vois qu'elle est face à nos montagnes,
qui est Belle Côte, qui est une des montagnes préférées de la famille, donc elle est là sur son lit face à Belle Côte.
En effet elle part dans la journée et du coup moi je vais plus dire au revoir à ma grand-mère
et je le rejoins donc c'est hyper bizarre quoi, je suis dans un truc d'avoir perdu quelqu'un que j'aimais très fort
et d'être dans le train donc l'endroit le plus nostalgique quand même de la terre
et arriver à Brest et on parle l'endemain avec des inconnus sur un bateau
pendant je ne sais pas combien de semaines pour une expédition en Islande,
enfin tout ça a été un peu fou, et en même temps c'était exactement ce dont j'avais besoin.
Le jour du départ, on le rend compte pour la première fois et c'est bizarre parce qu'il y a une sorte de pudre
et en même temps là on rentre dans le bateau et je comprends assez vite qu'on n'aura pas de barrière possible.
Il y a un apparemment droit dans le bateau où il n'y a pas une autre personne qui nous voit,
à part dans les toilettes, donc on n'a aucune intimité.
Donc ces gens là que je viens de rencontrer, on va vraiment casser toutes les barrières d'un coup.
Du coup c'est quelque chose avec lequel moi je suis à l'aise et du coup je ne sais pas par contre comment eux vont réagir face à moi
je me dis mais est-ce qu'on ne va pas aller déranger dans leur cocon, ça fait deux ans qu'ils naviguent ensemble,
voilà trois meilleurs potes, nous on va arriver au milieu de ça, qu'est-ce qui va se passer
et donc on va d'abord faire les courses pour partir sur le bateau, donc on va sur le marché et on prend tout en quantité
mais énorme parce qu'il faut qu'on parte pendant plusieurs semaines en mer et donc il n'y a rien.
Donc il faut penser à absolument tout et j'ai l'impression qu'on dévalise le marché de Brest
les petits producteurs et en même temps je suis hyper fière de leur dire qu'on part un bateau naviguer,
je fais trop semblant que je suis une grande marine qui part en Islande
alors que je n'ai jamais monté sur un bateau et qu'en vrai à ce moment là j'ai super peur.
Dans le bateau il y a Charlie qui est le capitaine, Genola et Clem
et c'est marrant parce qu'ils ont vraiment pour moi le même physique, le même regard et le même main,
surtout que les gens en montagne qui ont ce truc un peu d'habillé par le soleil, d'habillé par le doigt
et en même temps un regard hyper avif.
Je pense que sur le moment ça contraste avec nous parce qu'on arrive de Paris avec nos affaires
et en même temps pas tant que ça parce que moi c'est un truc au fond de moi.
J'ai été élevée comme ça mais mes parents ils ont toujours fait un peu,
je n'avais pas marché encore que j'attendais quand ils grandpaient en bas des voies
et du coup je sais à ce moment là que je veux renouer avec quelque chose de profond
et je crois que j'ai hâte à ce moment là, un peu sans le dire aux autres, sans trop même me l'avouer
mais je crois que j'ai hâte de, je n'ai pas hâte de pas prendre de douche, j'ai hâte d'être sale,
j'ai hâte d'être un peu sauvage quoi.
Il y a vraiment ce sentiment là où je me sens hyper libre,
ce truc d'être hyper libre et d'être hyper dehors tout le temps
et d'y prendre un espèce de plaisir dans l'inconfort.
Je sais que ça va arriver et j'ai hâte.
Sur le bateau au départ ils nous montrent les cartes,
ils nous montrent comment ils se tracés tout un plan avec des couleurs
et des espèces de sites où je ne comprends pas grand chose
mais voilà c'est un peu en gros en fonction des courants, des vents,
on va savoir quel jour on va partir exactement
et je vois, je réalise que la route n'est pas vraiment tracée
dans le sens où on ne sait pas encore en fonction des vents
si on va passer à côté de l'Iraland ou passer plutôt large
et donc peut-être faire une escale à un moment donné
ce qui voudrait dire toucher terre, ce qui voudrait dire peut-être se toucher,
avoir du réseau pour parler de nous proches tout ça
et au contraire aller en ligne droite directement, Cabo Nord en Islande.
Ça on ne sait pas encore.
Ils nous parlent de la sécurité, donc bien sûr ils sont obligés de nous dire
les pires choses qui peuvent arriver mais à ce moment-là
moi je suis sûre que tout ça va arriver en même temps, donc c'est assez flippant.
En fait en plus même vu qu'on est coupés du monde,
en fait c'est quelque chose que je pensais pas avant de partir,
c'est-à-dire qu'il n'y a pas que la navigation,
il y a le fait d'être en autonomie totale, loin du monde, à 6
pendant au moins deux semaines.
Et donc on a des médicaments, des trucs hyper graves,
de recours de...
de si on fait une émourage interne, si on fait des trucs
ou du coup je me dis je sais pas si je serais capable de vous faire un pensement comme ça
ou de faire je sais pas quoi là, mais ok bon on va voir, ça va le faire.
Donc j'écoute, je me suis concentrée de me dire c'est bon ça va aller, tu vas gérer.
Ils nous brivent beaucoup sur ça, sur la sécurité, sur la vie à bord.
Et moi j'ai aussi une grande angoisse et celle du Mal de Mer
qui peut paraître un écdotique face à tout ça mais vraiment c'est un gros truc pour moi donc...
Donc là on est sur le bateau je leur dis pas encore, je me sens déjà, je sens que ça tant quoi.
Alors qu'on est à Brest au Caire, quand même.
Donc là je me dis mais...
Là ma pauvre, ça va être long quoi, ça va être vraiment long.
Le bateau c'est un tout petit bateau, c'est un tout petit bateau qui doit faire 12 mètres.
L'écho arvique, ça s'appelle.
Et en fait ce bateau là, à la base il les fait pour 3 personnes, ça fait...
Ils ont 3 cabines, il y a une petite cabine où en fait c'est un peu le garde manger quoi.
Donc ils ont transformé pour moi un petit lit où c'est en fait la table quoi, donc on a enlevé la table
et donc je réalise que le bateau tel que je vois en version croisière qui me semblait déjà pas hyper vaste, bien que absolument adorable.
Je réalise que ça c'est la version posée, puis qu'après la version navigation, où là on peut pas fermer de porte, on peut fermer aucune porte.
Du coup quand ça tank trop on dort pas dans les cabines.
Donc il faut dormir au milieu du bateau, donc en fait ce qui est censé être la table, le petit canapé un peu sympa,
où là on se pose, on écrit en jeu aux cartes, en fait ça ça n'existe plus, ça c'est trop lit quoi.
Et on a un espèce de filet pour nous retenir, parce que ça tank de tous les côtés,
donc du coup on se pose un filet pour nous retenir et faire en sorte qu'on soit bien serrés des deux côtés dans notre duvet
et qu'on puisse s'endormir et qu'on ne soit pas trop bousclés de tous les côtés.
C'est le départ, ça c'est marrant parce qu'il y a des élections qui arrivent et donc il fallait que des gens qui attendaient des trucs de moi
et il me reste encore, je me n'ai lancé une pétition pour un agriculteur et qu'on prenait sa terre.
Et donc en fait je suis là sur le pont, à profiter de dernière connexion qu'il y avait.
C'est vraiment trop drôle parce que je les voyais hyper calmes et posées en train de me faire la remanove de voiles et tout
et moi je suis là comme ça, je n'étais pas très fière mais en même temps c'est vraiment nécessaire.
Et après c'est drôle parce qu'il y a Charlie qui me convoque, donc Charlie qui est le capitaine,
qui a un peu impressionnant et tout, il est vraiment adorable mais c'est le capitaine qui tient son bateau quoi.
Et je lui dis, je ne sais pas trop est-ce que je prends des médicaments ou pas, pour me mal de marquement,
est-ce que je gère ce truc là parce que je te jure j'ai une oreille interne qui n'est pas bien.
Il me dit non, non, non, tu arrêtes tout de suite. Le mal de ma mère c'est juste son cerveau qui ne comprend pas
pourquoi est-ce que ça ne bouge pas, pareil, dehors que est-ce que ça bouge à intérieur.
Donc juste tu vas lâcher prise et c'est tout et il va comprendre en fait.
Et je lui dis, il est super mignon avec ce truc de développement personnel mais là moi j'ai une petite j'ai envie de vomir,
ça ne fait même pas trois heures qu'on est parti donc il me dit plus t'étais incapable de lâcher prise avant,
je vais en le départ, plus t'étais dans un quotidien de contrôle, d'urgence, de tension, plus ça va être difficile.
Là je comprends que je vais passer des longs, des longs journées parce que j'étais au paroxysme de ça,
je vien de carnet ça quoi. Pour des bonnes raisons, je veux dire je n'étais fière c'est parce que c'était pour me battre,
pour l'environnement tout ça mais oui, j'encarnais ce truc de l'urgence constant dans mon corps,
dans la vie qui n'a jamais le temps, qui ne dort pas, qui compte 60 cafés pour tenir.
Et donc il me dit mais tu vas lâcher prise et prends pas de médicaments parce que sinon ça va juste endormir tout tes sens,
tu vas faire que dormir et tu ne verras pas la traverser et tu peux le faire, c'est en toi,
c'est juste toi et toi-même et ton cerveau et tes sensations et c'est tout quoi.
Et ok et du coup je me dis ok et là je passe trois jours horrible.
Je passe trois jours à avoir une gueule de bois terrible,
mais où quand je vomi ça va pas mieux.
Et je lui j'ai envie de dormir mais il me force, il me dit il faut manger, il faut que tu prennes des forces parce que si tu te déshydrates,
tu es mignonne mais on est en plein milieu de l'océan là, on n'a pas ce que cela ça peut devenir grave.
Et je veux participer en plus à ce qu'il se passe au port parce que je vois qu'ils sont là, ils font leur quart de nuit,
ils font un manger et tout et nous ça fait trois jours qu'on est tous les trois incapables de se lever.
C'était juste si je ne regardais pas l'horizon ou que je n'étais pas allongé en train de fermer les yeux,
je vous le sais, j'avais donc n'osé terri quoi.
Et donc voilà, ces trois jours passent et là à un moment donné, j'en ai vraiment marre et je crois que je décide.
Il y a ce truc dans mon cerveau de c'est bon, je lâche prise, on y va.
Et depuis, c'est fou mais vraiment depuis je n'ai pas reu le mal de mer pour tout le traverser.
Et j'étais même la première à être bien et à faire mes carres de nuices qui étaient hallucinantes
parce que sous la légeade, il pensait évidemment comme tout le monde que c'était moi qui allait plus douiller.
Et en fait, j'ai pu prendre mes carres et partir et c'était fait quoi.
Il y a vraiment ce truc de lâcher prise mais profondément et d'accepter que je suis sur un océan qui bouge,
que c'est pas moi qui va décider comment lui va bouger.
Il y a quelque chose de beau aussi de là-dedans.
Déjà sur le bateau, on a décidé du temps.
Ça c'était trop beau parce qu'on était entre pas mal de fuseaux rares et donc on s'est dit mais vous voulez qu'il soit quelle heure,
on se met sur lequel, qu'est-ce qui vous arrange, vous voulez qu'il soit quelle heure là maintenant.
Je trouvais ça dingue, je me dis mais comment ça on peut décider du temps, c'était fou.
Donc on décide du temps, on décide que là il était 15 heures parce qu'on avait envie de profiter encore un peu du soleil et tout.
Et après une fois qu'on est partis, on s'est répartis les quarts.
Donc les quarts en gros, on était en binôme donc moi je t'avais guénolat.
Et on avait notre emploi du temps hyper réglé, on avait 2 heures la nuit et les quarts c'était 3 heures la journée.
Donc nous on avait 3 quarts dans la journée, on s'est répartis les 24 heures en gros sur les 3 binômes.
Et en fait du coup ça veut dire qu'il n'y a pas une fois où on dort plus de 4 heures et demi d'affilée quoi.
Mais du coup il y a quelque chose d'assez calme, c'est que vu qu'il y a toujours quelqu'un qui est un peu en train de dormir,
une sorte de silence et du coup faut pas avoir peur du vide.
Parce que tu passes beaucoup de temps avec des gens sans leur parler mais énormément de temps à juste être là.
Et au début moi mes quarts je ne sais pas faire parce que je n'ai jamais navigué donc du coup j'ai l'impression de me lever pour rien et de faire ce que je peux.
Mais très vite je me fais cette mission de dire mais je me laverai juste pour être là avec elle et pour dire mais tous les jours je serai là, je me laverai.
Le moment de se lever pour aller dans le quart c'est compliqué parce qu'il fait froid et qu'il fait tout le temps humide.
T'es tout le temps à une porte ouverte, on n'est jamais au sec et du coup on a ce truc de remettre tes mêmes habits qui sentent au fur et à mesure des jours de puissance plus mauvais.
Et on n'a pas d'eau évidemment.
Et donc vraiment de jour après jour tu remets tes habits salles et tu ressentes cette espèce d'humidité sur toi et tu te lèves et tu réfléchis pas et tu vas dehors.
Le truc que tu as le moins envie de faire quand tu n'as pas envie de te lever c'est aller dehors, prendre des vagues dans la tête par moi je ne sais pas combien.
Mais c'est ça, ça qu'il faut faire.
Pendant un quart, il faut surveiller le bateau. Il faut toujours qu'il y ait quelqu'un donc surveillez le cap.
Regardez vraiment que ton aiguille soit bien sur le cap indiqué, tenir la barre, gérer les voiles, le vent change de côté d'un coup, réussir à capter.
Donc c'est vrai très attentif au vent, très attentif à la mer qui change.
Et en fait au début j'ai l'impression de devoir beaucoup m'occuper donc d'écouter plein de podcasts que j'ai téléchargés.
Il n'y a que ça en fait donc faire ça et puis lire des livres sur les caches à l'eau, les cétasses et les livres un peu scientifiques.
Donc je lis ça à bal, je me mets à faire des fiches sur les baleines.
Et donc voilà je me fascine pour ces choses là qui sont un monde très loin de moi.
Au début j'ai besoin de l'impression de devoir me remplir et puis plus le temps basse, plus je prends un plaisir mais extraordinaire.
A cette longueur, à juste être là, à regarder l'horizon mais pendant des heures et des heures et des heures et je me laisse pas.
Honnêtement je me suis jamais ennuée et c'est fou.
Enfin mais moi ça m'étonne mais je me suis jamais ennuée une seule seconde alors que les journées étaient les mêmes.
Les journées étaient les mêmes et à la fois tellement différentes parce que la mer n'avait jamais la même couleur.
C'était fou. C'est ce qui m'a le plus fasciné c'est que...
C'est l'impression d'un peu les gens quand ils connaissent pas la neige.
Moi je connais plus ça par exemple en Finlande où j'ai étudié.
Il y a plein de dizaines de mots pour décrire la neige, il y a pas en seul mot pour dire la neige.
Bah là c'est pareil pour la mer quoi je vois.
Quand il y a une expression qui dit la mer est d'argent.
Il y avait un poème comme ça chez ma grand-mère qui disait la mer est d'or elle est d'argent.
Et vraiment en fait de ce soir où j'ai dit que c'est ça une merde d'argent.
J'avais l'impression que c'était vraiment de l'argent partout.
C'était fou, il y a une espèce de reflex, c'était métallique.
J'ai vu des mères métalliques, on a vu des mères bleues, profondes, on a vu des...
Enfin c'est fou, je vois des choses que j'ai jamais imaginé avant et que j'avais jamais vu avant des levées de lune.
Je vois un levée de lune mais j'ai l'impression que je pouvais la toucher.
La une était énorme, énorme.
Non et donc une journée sur le bateau ça ressemble à ça, ça ressemble à...
C'est en gros à Tla et en même temps à Tla quand il y a des urgences.
Donc je me rappelle de cette fois où Génola, qui est quelqu'un de très calme, très posé, me dit
« Camille tu tiens la barre, et là on voyait les nœuds qui s'envolaient, donc le vent qui vraiment augmentait, qui augmentait.
» Je me dis « Camille tu tiens la barre, faut que j'aie la mani sur tout le devant sur le bateau, tu gardes le cap.
» Et elle me dit « tu fais de capables, tu vas y arriver.
» Évidemment qu'à ce moment-là je peux parer pour non, donc je me dis oui.
Je vais garder le cap, ça va le faire, et je vois mais la force des vagues qui tire mes bras, je me sens emporté d'un côté, emporté de l'autre
et je me sens pas réellement impossible de garder ce cap droit.
Et en même temps plus ça avance au fur et à mesure des minutes plus je comprends un peu le langage du bateau.
Et j'ai l'impression d'être sur un cheval ou d'être avec un être vivant,
ou en fait j'arrive à comprendre un peu sa sensibilité, ou quand je mets un tout petit coulap,
ça emmène le bateau beaucoup plus à droite que ce que j'ai imaginé.
Et sur ce moment-là j'ai vraiment une impression de comprendre et de me dire d'accord, c'est un être vivant, le bateau français bête,
mais en tout cas il est sur un être vivant, il est sur un océan immense,
et il compose avec plein de force que ce soit le vent, que ce soit le vent, que ce soit à sa coque,
que soit la manière dont moi j'interagis avec la barre, qui fait que c'est comme le mal de mer où j'ai réussi à lâcher prise,
là il faut que j'accepte que c'est lui qui a cette sensibilité-là et que donc même si c'est pas rationnel
et que j'ai l'impression qu'il faut que j'aie beaucoup plus comme ça ou comme ça, bah non, c'est ce langage-là qui part.
Et je vois le déclic qui se passe et je vois Génola qui revient, avec un grand sourire en disant, t'as compris.
Là je suis trop fière, et moi j'étais hyper fière.
Après je me l'aie suppété pendant un moment avec Sola Léjad, quand on avait marre que je leur raconte à quel point.
C'est bon maintenant je savais tenir la barre et que c'était extraordinaire.
Il y a juste un moment donné où il y a une scène magnifique, où il y a un coucher de Solaïk et là,
et c'est les premiers dauphins qu'on voit.
Je m'avance vers le bon et là on a...
Mais vraiment, je sais pas, trois, quatre dauphins qui jouent avec la coque.
Et qui ne quittent pas. Et donc là j'appelle Sola Léjad et Sola Léjad arrive avec sa caméra.
Donc je vois que Sola Léjad, à ce moment-là, a compris que son moyen d'être sur le bateau, c'était aussi de raconter cette histoire-là, ce qu'on vivait là.
Et Génola Léjad aussi, c'est assez drôle parce que Génola Léjad, elle ne vient pas de ce milieu-là, elle n'a pas connu vraiment ce rapport à la nature,
ce rapport à tout ça. Donc elle a un peu presque le syndrome d'imposteur de dire
« Moi je ne vais pas pouvoir trouver mes marvées devant une baleine, je sais même pas ce que... »
Je veux dire, là on est avec des gens qui Génola, Clémence et Charali, ils voient un espèce de désert au loin et ils disent
« Ah, c'est une baleine de milk ici, que nous revons. »
Je leur dis « Comment ils font ça ? » On a juste vu un peu d'eau qui sortait et ils sont capacités.
Et au fur et à mesure des jours, je vois Génola prendre confiance, c'est hyper beau de voir quelqu'un qui a brouilli un langage
et qui découvrait le signe, on prend confiance dans tous les trois, dans l'observation et dans dire « Ok, là il y a eu un souffle, mais là on n'a pas vu la queue, on n'a vu que la bosse,
et là j'ai vu deux bosses, et ici on a entendu ce bruit-là, et donc ça veut dire qu'en fait, c'était pas un cahalot, c'est un globis séfal qui est beaucoup plus petit.
Pendant toute la première partie, on était au près, c'est-à-dire qu'on a été pendant une semaine pencher du même côté.
On a vraiment fait une vie penchée où on soit à se tenir pour aller aux toilettes, parce que tu peux pas, enfin autrement, que tu es obligé de te t'agripper comme ça sur les bords,
parce que tu es en près, donc c'est à la fois assez cool pour la navigation et à la fois hyper épuisant. C'est vraiment physique.
Tout est physique, on s'agripe parfois avec un mosqueton pour faire la cuisine. Donc voilà, on est au près pendant une semaine déjà,
ça nous paraît bizarre long, et là arrive le moment où on se dit « est-ce qu'on fait une escale ou pas ? »
Et Charlie décide de ne pas faire des scales, parce qu'il y a une tempête qui veut arriver, et que si on ne trace pas main-main,
on risque de se la prendre avant d'arriver en Islande, et ce qui se passe, c'est que la traversée pour les centres, c'est pas une espèce de traversée facile.
Il n'y a pas beaucoup de voiliers qui vont chaque année, c'est pas une traversée, c'est pas la Trondatalentique,
ou des traversées qui sont plus longues mais plus confortables.
Eux nous disent que c'est une de la traversée le plus dure qu'ils ont faite depuis deux ans, donc on décide de faire Caponor,
et de ne pas s'arrêter jusqu'à Reykjavik.
Là on est à peu près un tiers du voyage à ce moment-là, et c'est le moment où en fait il commence à faire de plus en plus froid,
parce qu'on approche de l'Islande.
Les journées sont bouleversées parce qu'il y a de plus en plus de lumière,
on commence à faire pratiquement jamais une nuit, mais on ne peut plus faire nos carces en enlevant nos gants,
donc on a toujours nos gants, donc plus de couverture possible, on a juste les yeux qui dépassent,
et du coup les levées sont de plus en plus difficiles pour aller dans le froid.
Et à la fois c'est marrant parce qu'on a une seule espèce qui nous accompagne tout le long,
c'est des oiseaux, des colmars qui nous accompagnent, on les voit et on les retrouve et c'est les mêmes,
et on dit mais c'est fou.
Fumars, pas des colmars, je suis en train de me dire, en fait on avait une grande blague,
c'est parce que je ne me rappelais jamais du nom, donc je les appelais les Fumax, donc ils se moquaient,
et du coup c'est bien, ils font être fiers de moi quand ils sont m'écoutés, je me suis encore trompé de mon,
mais je sais que c'est les Fumars, nos petits oiseaux blancs et gris magnifiques.
Il y a une nuit où on se retrouve à avoir une tempête, et il y a mesqu'à arriver d'un coup,
et en fait on comprend pas ce qu'il se passe, c'est-à-dire qu'il y a des sols là qui est en train de faire son quart,
je vais voir descendre en courant et juste Charlie crier les filles monter,
donc c'est pas nous les filles, c'était les deux Ben marines Guénola et Clem,
je les vois s'habiller vraiment en 10 secondes, sauter dans leur veste,
et puis monter sur le pont, et là on comprend pas ce qu'il se passe,
on sait pas si c'est dangereux ou pas qu'est-ce qui est en train d'arriver,
on s'est mis tous les trois, avec ce la légère dans notre buvée,
et on regarde, il y a une espèce juste au-dessus de nos moulines,
il y a un nublo et on voit les cordes tournées,
il y en a juste la lumière rouge, on met une lumière rouge pour pas faire de la pollution lumineuse d'ailleurs,
c'est assez tout ça, et pour les gens qui dorment, du coup c'est lumière en fras rouge,
on a tout le temps dans nos frontales, et on voit juste les lumières comme ça passer sur le nublo,
les cordes qui tournent, et on entend mes claquées sur le bateau,
mais vraiment comme si elle allait casser quoi, moi je suis sûre qu'à ce moment-là il va casser,
parce que je sais que c'est pas, rationnellement ça n'est pas possible,
mais là je suis prête de dire que c'est possible, je vous le sais, je me dis c'est sûr, le bateau est en train de casser,
comme si on donnait les coups de marteau, mais hyper fort dans la coque,
et on ne comprend pas ce qu'il se passe, et en même temps on comprend qu'on ne peut pas demander.
Il y a beaucoup plus important à gérer que nos petites angoisses, et que là à ce moment-là je me dis,
ma vie est dans les mains de ces trois personnes, c'est-à-dire qu'on est au milieu de nulle part,
et là on est à un niveau de lâcher prise où je ne peux rien faire.
Charlie redescend deux mondes et nous dit qu'on a cassé une des voiles,
et elle s'est déchirée sous la force du vent, et que ça va aller, et il remonte,
et du coup il remonte, et cette nuit est un peu longue, mais ça a fini par se calmer,
et puis le lendemain, c'est assez fascinant avec le bateau, c'est que c'est vraiment le calme après la tempête,
tu te lèves, et tu as une mère toute plate avec le bruit des oiseaux, des dauphins,
et quelques heures après, mais littéralement quelques heures après ça peut être un truc d'une extrême violence,
ou tu te sens hyper petit, et tu ne sais jamais quand ça arrive.
Quand on approche de la fin, c'est assez drôle parce que, en fait Charlie nous interdit,
mais il a raison d'aller, il y a une espèce de molette où on peut actualiser la carte,
et savoir, et ça nous calcule en peu près dans combien de temps on arrive,
et Charlie disait, les règles du début c'était, on le regarde une fois par jour,
parce que sinon tu deviens addict à ce truc là, et puis ça change tout le temps, c'est débile,
donc on regarde une fois par jour, et on le regarde quand on fait à la fin de notre quart,
on remplit un petit carnet avec tout ce qui s'est passé,
les forces du vent, le cap, etc, où est-ce qu'on est, on met le point qu'on est donc sur cette fameuse carte,
et comme ça ça sert de boîte noire, si jamais on meurt tous et qu'il y a un incident,
ils retrouveront ça et pensent à voir jusqu'à quel jour comment ça s'est passé, qu'est-ce qui s'est passé.
Donc on remplit toujours assez du ment, en regardant cette petite carte,
et là je vois déjà des solales à quelques jours de l'arrivée qui actualisent un peu la carte en scred,
et venaient dire, oh Camille c'est fou,
regarde là on arrive dans deux jours, c'est incroyable, hyper excité,
et puis deux heures après, c'est une catastrophe, le vent vient de tomber, c'est pétol,
quand on appelle pétol, ce qui est en plus au quart avant, on arrive dans cinq jours,
et donc c'est un peu drôle parce qu'à ce moment-là, moi je me sens avoir une saoudade,
c'est la nostalgie heureuse, et j'ai pas envie d'en rentrer,
et je le dis pas parce que bien sûr, on fait des blagues tout le temps sur,
qu'est-ce que vous allez faire en premier, prendre une douche,
ou manger autre chose que je sais pas de la polinde,
parce qu'il nous reste plus grand chose de frais au bout d'un moment,
on fait des blagues sur ça, et moi j'ai un peu ce truc là qui monte,
je me sens un peu sale, je me dis, mais j'ai pas envie d'arriver,
parce que cette sensation d'être coupée du monde et de me dire, le monde peut s'effondrer,
je ne saurais pas ce qui se passe, je suis pas là.
Que ce soit mon monde ou le monde, ou il y a un peu ce truc de,
cette extrait du monde, cette protégé dans cette petite bulle,
à la fois je me mets très en danger physiquement,
et à la fois je me sens plus que jamais en sécurité,
parce que très paradoxal, mais je me sentais vraiment en sécurité,
et j'avais presque pas envie de devoir allumer mon téléphone,
de revoir tout ce qui se passait, de voir tout ce que j'avais manqué,
en fait de plus pouvoir détourner le regard, parce que c'est facile finalement aussi de me dire,
mais là, j'ai pris une tout le monde, je suis pas là, je suis pas là,
je ne pourrais rien faire dans tous les cas, je suis au milieu de l'océan,
donc on ne voudra pas de ne pas être là, et à la fois je m'ai découvert aussi quelque chose de très beau,
que je m'ai découvert à l'océan, et vraiment je connaissais pas ça, j'avais peur,
je pense qu'on a peur de ce qui nous fascine aussi en même temps,
et donc c'était déjà un peu les deux, mais je découvre dans cette traversée
que ce monde que je croyais, silencieux, vide noir,
porte toute la vie, enfin c'est quand même l'origine de la vie,
nous on vient de là, dans notre sang,
qui est semblable à celle de l'océan, c'est fou, on est fait,
notre corps c'est 3,40 d'eau, enfin c'est quand même fou,
on fait partie de ce monde là, et moi je n'ai absolument pas conscience,
et je me suis dit, la pression d'avoir vraiment ouvert une boîte de pandas,
et je me suis sentie à appartenir à quelque chose maintenant.
Ce jour là, il y a eu un moment où on voit une baleine en particulier,
c'est à dire que c'est quelques jours avant arrivé,
il n'y a plus aucun vent, le vent tombe complètement,
et c'est tout blanc autour de nous, donc c'est mon caravé Gennola qui est la nuit,
mais puis qu'on a approché les sangues, il fait sort 2 jours un peu, il fait clair,
et on a vraiment le brouillard, mais quand on ne voit pas le bout de son nez,
donc on ne voit même pas le bout du bateau,
et on est en train de flotter dans cette espèce de, c'est comme un lac immense,
et en même temps entouré de blanc, et là on entend le bruit de baleine.
Et ce que vous savez, quand on est dans la coque, on entend le bruit des animaux,
qui on a pris en compte que c'est juste à côté de nous en fait.
Et là on m'entend avec Gennola, on ne peut pas l'avoir,
donc on sait qu'il y a une baleine qui est tout proche de nous,
et on ne peut pas l'avoir, et on a cette sensation d'avoir une présence énorme,
c'est un animal énorme, et d'être accompagné par cette baleine,
et il y a ce truc hyper fou de, je me dis, je ne sais pas pourquoi ça m'a bouleversé autant,
mais ça m'a fait cette sensation de justesse absolue,
comme une note de musique qui est parfaitement juste,
où l'idée de me dire, mais tout ce que je fais prenait sens pour ce moment-là,
comme si tout ça valait le coup, comme si toutes les fois où je me dis,
mais à la quoi, pourquoi, et que je ne sais pas trop expliquer avec des mots,
quand on me dit, mais pourquoi tu tombes à tout temps,
ben c'était pour ça, pour cette sensation-là, à ce moment,
et c'est quelque chose qui me, je me souviens souvent.
Donc après on arrive, donc c'est le grand moment où il est temps d'arriver,
enfin en Ismande, on se réveille et on voit la terre qui arrive,
et là c'est fou quoi, là on est vraiment un peu euphorique,
et en même temps c'est long parce qu'on revient, on redevient super impatient,
alors qu'on avique depuis deux semaines,
mais là il y a cinq heures avant du moment où on voit la terre
et où est-ce qu'on arrive à Reykjavik, on dit,
mais bon allez, c'est ton car, oh là là, encore une,
et c'est long, c'est long, c'est long, c'est si long,
et en même temps, on a l'impression de, je me sens attendue là-bas,
comme si on allait avoir les Islandais,
enfin nous c'était tellement important pour nous,
on arrive et tout ce qui nous attend c'est la police
pour vérifier si on est tout en mordre, et c'est tout,
et du coup il y a un truc hyper banal,
qui m'est fin à quelque chose d'hyper intense pour moi,
et du coup moi j'aime beaucoup les revoirs,
et sur le moment je me dis, mais comment je leur dis à revoir,
c'est des gens avec qui on a passé deux semaines,
et c'est rien deux semaines,
et moi j'ai l'impression que deux semaines c'est toute ma vie à ce moment-là,
enfin je suis partie plusieurs mois quoi,
enfin ça m'a paru éternel, on n'a pas dormi plus de 80,5 heures d'affilée,
donc on a un peu de trucs d'être crevés, d'être à le bout de nous-mêmes,
et en même temps du coup sans aucun réseau,
sans qu'une société qui perd entre inspections,
hyper là dans le moment présent avec que ça qui comptait tout le temps,
et l'arrivée est un peu spéciale parce que du coup j'appelle ma famille, une copain,
comme si il m'attendait depuis, pour leur dire je suis en vie, tout va bien,
et je vois qu'ils ne sont pas deux semaines quoi,
donc ils ne sont pas faits non plus, mais le truc,
et c'était très bizarre, vraiment cette distorsion du temps
qui m'a un peu revenu en plein figure.
Là on arrive, et tout ce qu'on sait c'est qu'on veut aller voir le plus vaste glace de Europe,
qui s'appelle le Vatnayokul,
et on ne sait pas encore où aller, comment y aller,
on a trouvé quelques contacts de glaciologues avant le départ,
mais c'est un monde, un petit monde,
et autant en France on a facilement accès à des scientifiques,
autant ici, on a des petits français qui viennent les voir,
ils n'ont pas le temps, ils font la recherche,
donc on comprend très vite qu'il va falloir qu'on aille sur place,
qu'on aille passer du temps avec eux,
qu'on aille un peu les appréhender pour avoir leur confiance et qu'ils nous racontent.
Ce qui font leur recherche, ce qu'ils trouvent.
Après l'arrivée en Islande,
déjà on loue un espèce de petite cabane,
et on prend une douche magnifique, merveilleuse,
en fait d'ailleurs même beaucoup trop grande pour nous,
on pensait que c'était une narnaque quand on l'a réservé,
parce qu'on s'est dit, mais ça peut pas être aussi luxueux,
et en fait on arrive, et là vraiment,
c'est un truc incroyable.
Je pense que c'est ma meilleure douche de ma vie,
alors que j'ai fait des randes longues en montagne,
ou des bins froids aussi, des fois,
franchement.
Et on sentait les odeurs de nos habits du bateau,
comme un truc très particulier, parce que c'était de la laine Mérinos,
que le seul chose qui permet de pas avoir trop de transpiration,
donc il nous avait vraiment recommandé de partir avec ça.
Donc on met ses affaires très loin de nous,
qui vraiment nous paraissent appartenir à un autre monde.
Et après on part à la recherche des glaciologues,
et on arrive assez vite,
d'abord dans le centre, à Reykjavik,
voir une femme assez abimée, elle aussi,
par le dehors et par le temps,
mais fascine des glaciés depuis toute petite.
Et elle est très reconnue dans ce qu'elle fait,
mais pas très douée pour parler,
disons que ce témoin est moins le témoin dans la transmission,
et du coup on est un peu dérouté par son dit,
mais c'est vrai que comment est-ce qu'on va faire
pour faire cette transition entre les gens qui savent,
qui ont un anglais parfois pas extraordinaire,
qui nous parlent du truc hyper technique,
et nous, où on a envie de raconter cette histoire des glaciés aux gens,
comment est-ce qu'on va réussir à capter ce truc-là.
Et donc on se rend compte que c'est un langage,
et que c'est un monde entier, les glaciologues,
c'est vraiment quelque chose de particulier,
donc il faut qu'on s'imprègne un peu de qui ils sont,
donc on passe du temps avec eux.
Ces glaciologues nous donnent le contact d'un autre glaciologue
qu'on va voir, puis lui et ami avec un autre,
enfin on se met à traîner avec les glaciologues du Dyslande,
ils sont pas non plus soizante,
et un qui nous dit bon, je suis en vacances avec des amis,
donc les vacances d'un glaciologue consiste à aller sur le glacier évidemment,
dans le centre du pays, Venez.
On dit bon, ok, donc on débarque là-bas,
on prend une voiture, et on arrive là-bas,
et là on voit cette espèce de,
d'humain un peu fou et excitée,
qui nous raconte ces histoires de glaciés,
et qui est fascinée et fascinante du coup,
parce qu'il voit vraiment glaciés comme un être humain,
c'est toute sa vie, c'est comme quelqu'un fasciné par le théâtre,
ou par lui c'est ce glacier le Vanayakul en particulier,
et même plus particulièrement une langue de ce glacier-là,
qu'il étudie depuis 30 ans, donc ça fait 30 ans que le mec Thomason,
tous les jours il travaille dessus,
mais il fait chaque année des mesures à la même date précisément de ce glacier-là,
et que ça tombe bien parce que c'était dans quelques jours,
donc nous on décide de rester dans ce petit village,
où il n'y a rien, c'est un village de pêcheurs,
où ça sent le poisson dans les rues vraiment très forts,
et en fait, si voilà, il y a ce village de pêcheurs,
où il y a ce centre de glaciologie,
et une espèce d'auberge de jeunesse,
un peu glauque, où il n'y a un peu personne,
bon reste là, parce que, bah voilà,
on sait qu'il faut qu'on attend le moment,
il va faire ses mesures, et qu'on prenne le temps,
et qu'on passe du temps avec lui,
et il nous amène, arrive le moment, il nous amène,
voir le glacier.
C'est assez fou parce que moi, je ne m'imagine pas être bouleversée,
c'est un monde que je connais, je sais que ça va être joli,
mais je ne m'attends pas à être surprise.
Et peut-être plus que j'ai à des solades,
je me dis, bah voilà, ils vont découvrir quelque chose qui ne connaissent pas,
on n'arrive pas sur le glacier, ils ne sont pas au pied du glacier,
et là ils nous disent, ok, on est dans sa voiture à lui,
donc on roule déjà pas mal sur notre route,
on voit une espèce de rivière,
qui est la rivière de la fonte,
et il nous dit, bah là, t'es né quand,
Camille déjà, je sais, en 98,
il me dit, ah, attends, regarde, c'est là.
Il s'arrête, il arrête la voiture,
il me dit, quand t'es né, le glacier était là.
Moi, il faisait déjà, à l'époque, j'ai 24 ans et j'ai 23,
il fait des mesures depuis plus de 30 ans,
donc il avait la mesure précise de l'endroit où je suis née,
il me dit, c'est ici, et puis on voit,
on lève la tête et on voit les traces,
on voit les couleurs des rochers qui ont laissé,
qui ont marqué encore tout ce flanc de montagne,
qui montrent que le glacier était non seulement très avancé,
mais aussi surtout très haut et très épais,
et ça on ne pense pas souvent,
mais c'était vraiment un monstre de glace.
Et depuis ce fameux 98, on marche, on marche, on marche, on marche,
mais ça a été dur, mais je sais pas si c'est la sensation
que ça m'a faite de me dire, de voir les années défiées,
de voir ma vie littéralement défilée jusqu'à l'arrivée du glacier,
ou que c'était vraiment très long, mais ça a vraiment par une éternité.
On a marché bien 30 minutes avant d'arriver à l'endroit
où était le glacier en ce moment, et lui-même était ému,
et il nous racontait que cette année, c'était la plus grosse fonte pour le glacier,
il avait perdu 300 mètres en main, 300 mètres en main,
et donc on se tient à 300 mètres du glacier,
et juste, il se passe un truc, moi je vois Solal très ému,
ce qui arrive jamais, c'est vraiment Solal ne pleure jamais,
mais il y a ce truc de, tout le monde le sait, les glaciers fondent vite,
mais là, l'huité de devoir, ce monstre de glace,
qui est quelque chose de très menaçant, de très fort, de très puissant,
et on voit la rapidité avec laquelle la fonte est là,
on voit le débit d'eau hyper impressionnant de cette fonte-là,
et on voit qu'en un moment, il s'est passé ça,
pas juste été hiver, mais été, été, on se dit, ok, c'est hallucinant,
en gros, on a vraiment l'impression de comprendre et de voir envie de crier au monde,
c'est pas pour demain, c'est pas pour les générations futures,
c'est pas un changement long face à une rapidité, une crise de Covid,
ou face à une rapidité, des crises économiques ou pas,
ce qu'on vit est juste hyper urgent,
et ça m'aimit une claque d'urgence à ce moment-là que je n'oublierai jamais.
Après ce moment-là, il nous amène et il nous dit ce que voulait voir une grotte,
ça contraste vachement avec cette idée de, à la fois, de vulnérabilité très grande,
parce que je me dis, nous, petits humains, on arrive à faire ça,
à défoncer à ce point-là ce glacier, et à la fois, cette force immense du glacier,
donc on va dans cette grotte qui est un endroit mais sublime, en fait, c'est sous le glacier,
donc c'est une grotte de glace, vous imaginez avoir au-dessus de nos têtes,
juste du bleu translucide, une glace translucide, comme on voit dans les films,
et la lumière qui rentre par dessus, et en même temps, on est submergé de glace,
et au fond, il y a une rivière, donc ça, c'est une grotte qui s'est formée sous le glacier comme ça,
on peut se tenir debout, je peux même lever la main et je touche le plafond,
et il y a des bulles d'air, au sommaire, on va des espèces de sortes de bulles d'air,
un peu comme on pourrait faire des bulles dans notre verre avec une paille,
et nous dit, mais ça, c'est de l'air qui date de plusieurs milliers d'années,
et c'est hyper précieux parce que ça nous donne une connaissance
qu'on n'a aucun autre moyen d'avoir sur l'atmosphère de l'époque,
c'est vraiment de la connaissance pure, c'est de l'histoire qui est détenue dans ces bulles-là.
Et du coup, je dis, mais ça fond le glacier, ça va partir, bien sûr,
ni en fait, on condamne une bibliothèque entière,
c'est la connaissance qu'on n'aura plus jamais, donc on prive des générations futures dans sa voie,
et à ce moment-là, je réalise aussi qu'une dimension très forte de ce voyage,
c'est que c'est pas que la glace qui fonce, c'est qu'avec ça, c'est des histoires,
c'est des gens qui ont vécu toute leur vie ici, c'est des milliers d'années avant nous,
avant même l'ère industrielle qui était contenue dans ces géants de glace,
qu'on est en train de faire disparaître, tout simplement.
Sur le moment, je pense que je suis émue, mais en même temps, c'est une émotion très juste,
et je préfère toujours avoir le courage à lucidité.
Je préfère toujours, comme dans Matrix, choisir l'apilule qui fait que je sais dans lequel monde je vis,
et donc à la fois, je me sens très bouleversée,
et quelque chose de très sérieux qui se joue là.
J'ai vraiment l'impression d'un moment très solennel en fait.
C'est encore plus solennel que des fois où on voit tous les gens en costume,
ou qu'il y a des grands discours de présidents, tout ça là.
Je me sens quand même ce truc de mystique républicaine, qui parfois semble un peu faux,
mais là, il y a ce truc hyper solennel qui se joue, je sais pas pourquoi.
On rentre dans son bureau, on va parler avec Nih, on met le setup pour faire une interview,
et qui nous explique un peu qu'est-ce qui se passe exactement,
des fluides, le réchauffement, le fait que l'eau revient,
et donc du coup, l'eau de la mer aussi, ce qui est assez fou, c'est que l'islamide,
c'est vraiment un endroit de terre et de glace, et donc il y a la glace et il y a l'eau aussi.
Donc le fait que, par la fonte des glaces marines, l'eau augmente aussi.
Enfin, les glaces terrestres qui font monter le niveau des eaux, l'eau rentre plus dans les terres,
et donc c'est une l'eau qui est plus chaude, qui vient réchauffer les glaciers,
et donc c'est une lune de la fonte, donc on a des endroits assez dingues,
on voit dans la mer des énormes bouts d'iceberg qui viennent des glaciers terrestres,
et à mon donné, je dis, mais pourquoi vous nous parlez ?
Le type a passé genre trois jours avec nous, en vrai, je me dis, entre la première fois qu'on l'a vu,
il a passé une journée en tir avec nous, il était avec ses amis en vacances,
je me dis, mais pourquoi il s'embête autant ?
Il me dit, en fait, je crois que quand tu te découvres quelque chose,
j'ai l'impression que tout le monde le sait,
et alors je passe à la chose suivante, et il venait de résumer tout le problème.
Il venait là, de résumer tout en disant que c'était son principe en étant chercheur,
il cherchait et mettait tout en place les conditions pour qu'il y ait un savoir,
et une fois que le savoir était là, il avait fait son job,
il avait rendu son rapport à son labo, au gouvernement,
et il avait publié son cas dans Nature ou dans d'autres journaux,
et puis il passait à l'autre, il passait à celle d'après,
donc il m'a dit, c'est pour ça que je veux vous parler,
il m'a dit, c'est pour ça que je veux vous parler,
parce que je crois qu'il faut que vous fassiez quelque chose de ça,
vous avez une responsabilité énorme,
et là, du coup, j'ai senti que ce plein d'émotions,
c'est vraiment de concentrer en très, très, très grande sens des responsabilités,
de la chance immense que j'avais d'avoir vécu ce moment-là précisément,
et du coup de l'envie d'être extrêmement précis, sérieux, rigoureux,
pour que cette information soit, celle-là et les autres, soit diffusée
à tous ces gens, qu'on parle de luxe de pouvoir partir un mois comme ça,
en isolant sur un voilier, d'aller voir ces glaciers-là.
Je me sens pas en mission plus que d'autres,
je pense que de nos privilèges découlent des responsabilités.
C'est peut-être la seule chose dont je suis sûre,
et donc puisque j'ai un privilège certain,
que celui déjà d'avoir très tôt été sensibilisé à la nature,
pas théoriquement, intellectuellement, mais juste en vivant dedans,
côté de l'un parc national, en ayant grandi dans cet endroit-là,
je me sentais déjà une responsabilité de devoir en parler,
expliquer à ceux qui n'avaient pas eu cette chance-là.
Et là, quand je vis des moments comme ça,
quand je vois des scientifiques de renom, des scientifiques de terrain,
qui, toutes leurs vies, sont battus, lui, toute sa vie,
a été consacrée à cette petite langue du Vatnayokul en Islande,
à des kilomètres et des kilomètres de nous.
On peut pas ne pas en parler, on peut pas ne pas savoir,
on peut pas, par nos actions, nous ici, condamner son petit bout de glaciers,
même juste pour lui en fait, même juste pour Thomas Angel, j'ai pas envie de le faire.
En Islande, un peu avant la fin, un peu avant le départ,
on allait voir un glacier qui s'appelait le glacier Ok,
qui est le premier glacier qui a disparu en Islande,
et ils ont fait toute une cérémonie,
d'interremment du glacier en fait, rien quoi,
c'est une sorte de pierrier,
et avant, il y avait un glacier,
pour que ce soit un glacier, ça peut pas être petit quoi,
c'est quand même un chose assez conséquente.
Et il y a une plaque en haut qui est écrite,
par un écrivain qu'on a interviewé d'ailleurs,
qui nous a relu cette lettre qu'il avait écrite,
et c'était, il dit en substance,
on fait cette plaque pour le Génération Futur,
vous seuls, savez ce qu'on a fait après,
et si on a réussi, on ne peut pas condamner d'autres glaciers.
Et c'était juste hyper fort aussi, parce qu'on se dit,
ok, bon, on a déjà fait beaucoup de mal,
maintenant, il s'agirait de, sincèrement,
pas condamner les autres, et évidemment,
que moi, à la fois, je me sentais au bout du monde,
mais vraiment au bout du monde, parce que, ok,
sur une carte l'Islande, ça paraît pas très loin,
mais on n'a pas assez vraiment,
vraiment quelque chose de très profond même pour nous,
c'était très long et loin,
donc je me sens vraiment au bout du monde,
et en même temps, je sens un sentiment de familiarité
avec mes glaciers, j'ai grandi dans les Alpes,
et je sentais ce truc de déjà vu,
un peu de me sentir un peu à la maison en même temps.
Et donc évidemment, à ce moment-là,
je pense à mes glaciers, à moi,
où je me dis, mais lui, il ne peut pas disparaître,
le pourri ne peut pas avoir une plaque, c'est impossible,
c'est ma rachembra, enfin, vraiment, ça me révolte.
On passe de l'émotion à la révolte, là,
c'est plus une espèce de tristesse que je peux ressentir
pour un glacier que j'ai pas connu,
ou c'est un peu la tristesse d'arriver après.
Là, ça me renvoie directement à ce qui fait mon identité,
et donc l'idée de me dire que celui-là,
qui fait partie de moi, peut disparaître aussi,
vraiment ça m'a sacré une grande révolte en moi,
et donc une envie d'autant plus de me battre.
Et ce qu'il faut savoir, c'est que d'ici la fin du siècle,
on peut avoir perdu l'intégralité des glaciers terrestres.
Un monde sans glaciers, c'est ce qu'on est en train de créer là maintenant.
La disparition des glaciers terrestres, déjà,
enjeu d'avoir une énorme montée des eaux,
parce que c'est ça qui crêle la montée des eaux.
Donc c'est plein de diles du Pacifique,
qui seront d'autres d'ailleurs, qui seront totalement imagés,
donc des endroits où aujourd'hui, il y a de la vie,
il y a des ancêtres et des ancêtres, des générations,
des générations qu'on a invité là,
des biodiversités endémiques,
c'est-à-dire qu'il existe nulle part ailleurs qui seront condamnés,
tout simplement submergés par l'eau.
Et dans l'espace de nos vies, je parle de nous là,
qui écoutent ce qui m'écoutait aujourd'hui,
on ne peut pas connaître ça, il y a des endroits qui vont disparaître.
Mais aussi, en fait, les glaciers, c'est un thermostat magnifique du climat,
parce qu'il y a énormément de gens qui dépendent des glaciers pour leur potable.
C'est-à-dire que l'hiver, ils sont ces énormes stockages
où ils stockent bien l'eau potable dont on a besoin,
l'eau douce, et puis l'été, ils cliquent petit à petit par les rivières,
ils le relâchent leur eau de fonte,
puis ensuite ils se recréent l'hiver quand ils se reflèrent trop propre,
puis ensuite ils relègent.
Donc en fait, c'est vraiment une sorte de château d'eau et de régulateur,
hyper important, mais dans plein plein plein plein plein plein de pays,
au monde ailleurs aussi.
Ou sans les glaciers, ça va être compliqué en approvisionnement.
Ça va vraiment être compliqué en approvisionnement.
C'est aussi des rivières qui seront asséchées.
Donc ça va bouleverser tout nos territoires,
comment ils sont, comment est-ce qu'on habite nos territoires,
comment est-ce qu'on se nourrit de ça,
comment est-ce qu'on s'abreuve de ces glaciers-là pour l'agriculture,
le nombre d'agriculteurs qui dépendent de l'eau déglacée.
On n'y pense pas, mais même au-delà de nos frontières, vraiment, littéralement.
Et donc c'est tout ça qui est mis en jeu par la fonte des glaces, entre autres.
Et il y a aussi un autre effet assez flippant, c'est l'effet d'Albedo.
C'est-à-dire qu'on dit souvent l'été,
faut pas avoir des voitures noires,
ou faut pas mettre du noir, ça a trop chaud parce que ça absorbe la chaleur.
Et le blanc, ça réfléchit la chaleur.
Et bien en fait, les glaciers-là, on se roule là.
C'est-à-dire que, puisqu'ils sont blancs, ils font à la surface de la Terre,
ils ont un capacité de réflexion.
Et donc en fait, ils renvoient de la chaleur dans l'atmosphère.
Et ce qui permet qu'ils ne font pas encore plus chaud que ce qu'ils font maintenant.
Donc ça, c'est l'effet d'Albedo, mais puisque cette surface des glaciers se rétrécit,
puisqu'ils font précisément, à la place ils laissent quoi ?
De l'océan, qui est noir, ou de la roche, du noir.
Et donc du coup, c'est des surfaces et des couleurs qui vont absorber la chaleur.
Et donc renforcer les températures qu'ils font aujourd'hui.
Donc en fait, c'est un cercle vicieux aussi, où en condamnant les glaciers,
on se condamne à un réchauffement encore plus grand.
Les glaciers, c'est vraiment un témoin.
C'est vraiment le témoin du dérèglement climatique, parce qu'on le voit très vite,
à quel point, mais c'est simple, mais ils font, de fin, je veux dire, c'est...
La première prise de conscience, c'était sur les fameux ours blancs qui avaient plus d'endroits à Ouellet,
et la glace qu'ils font.
Et moi, ça m'énervait un petit peu, parce que je me disais, mais c'est tellement réducteur,
c'est une question sociale, c'est une question d'agriculture, de biodiversité,
de toutes les choses qu'on ne voit pas dont on ne parle pas.
Et c'est vrai, c'est absolument certain.
Mais c'est pas pour rien qu'on parlait de ces glaciers-là qui font des.
C'est aussi parce que c'est le symbole le plus visible de ce que nous,
peut-être une vulnérable, qu'on peut être quand on va sur un glacier,
chaque personne qui a déjà fait la rando, ou un peu l'alpinisme,
même s'imaginent nature, on se rend compte de qui est vulnérable quand on est sur un glacier,
je peux vous dire que c'est pas le glacier.
Et pourtant, nous, on a réussi à inverser ce rapport si bien qu'on menace.
Dans l'histoire du temps, vraiment, c'est une poussière,
on a réussi à menacer ces géants de glace et faire disparaître avec eux l'histoire,
faire disparaître tout ce qui contenait en eux,
qu'on tient dans le temps les glaciers.
Il s'agit pas de graphique, ça n'agit pas de choses très loin de nous,
il s'agit de ce qu'on aime le plus profondément, de manière la plus pure.
C'est très dur et il faut pas se voiler la face en faisant croire que ça va aller,
qu'il y a des moyens pour continuer à ne pas savoir,
mais au contraire, je pense que c'est absolument nécessaire d'avoir ce courage là de la lucidité.
Il y a un peu ce truc où je n'ai pas envie qu'on monte,
et même si ce n'est pas facile, et donc je n'ai pas envie de vivre dans l'ignorance
parce que ce serait plus confortable, l'issue sera la même, voire pire.
Plus on attend pour garder la vérité en face, plus l'issue, elle sera violente, difficile.
Et donc on doit avoir ce courage à de regarder ce qui se passe et d'en faire quelque chose.
Et on n'est pas seul et c'est là où il y a beaucoup d'espoir et de joie et de ça va aller.
C'est parce qu'on est tous dans le même bateau différemment, bien sûr,
avec beaucoup d'inégalités qu'on embarque avec nous, bien sûr là-dedans,
mais on aura toujours des pères sur qui s'appuyer,
on a des gens qui, quand on a des coups de moins bien, nous embarquent à une action,
au contraire on prend de soins de nous, on va voir que des choses avancent
parce qu'on a décidé de plus détourner le regard et donc on arrive à avoir des petites victoires
qui maintiennent la vie comme ça.
Et ça c'est très beau, et donc comment est-ce qu'on vit avec quand on sait ça ?
On fait ce qu'on peut et à la fois on doit avoir le courage à lucidité vraiment.
Alors où l'on enregistre cet épisode, la France subit déjà la seconde canicule de l'été.
Les températures battent des records, les montagnes des Alpes s'effondrent,
les sécheresses s'intensifient, les forêts du Sud-Ouest s'embrassent,
les écosystèmes sont au bord de la rupture.
Si il est difficile d'aller de l'avant face à ce constat,
il reste une lueur des seins de la mer,
dans la troisième et dernière partie de leur rapport,
les experts du GIEC ont proposé des solutions.
Cependant, si nous attendons les gouvernements, il sera trop tard,
et si nous agissons seuls, notre pouvoir sera limité.
Mais si nous agissons en tant que communauté,
nous pourrions avoir un impact considérable et faire bouger les lignes plus rapidement.
Il est urgent d'imaginer une nouvelle manière d'habiter le monde.
Merci à Camille Etienne pour son témoignage et pour son combat quotidien.
Si vous souhaitez rejoindre des groupes pour mener des actions écologiques près de chez vous,
retrouvez-la directement sur Instagram.
Merci à toutes et à tous d'avoir écouté cette cinquième saison des baladeurs.
On espère que ces 12 épisodes vous ont transporté au plus proche de la nature.
Merci à toute l'équipe, Tomaphire, à la réalisation,
Claude et Vibo et Capucine Lebeau au montage,
Nicolas de Ferrand à la composition musicale et Sound Design,
Clément Sacar à l'écriture et à la présentation,
L'Ori galigani au mixage et Nicolas Alberti à l'accompagnement.
Et merci à Columbia de nous avoir accompagnés sur cette cinquième saison.
À l'année prochaine !