
Oum Kalsoum la diva du Moyen-Orient
Durée: 15m47s
Date de sortie: 13/02/2024
durée : 00:15:47 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - On l'appelle "l'astre de l'Orient", la "quatrième pyramide" ou encore "l'immortelle", Oum Kalsoum a révolutionné la musique et bien plus : elle a été la voix vibrante et l'âme puissante du peuple égyptien.
Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli,
pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
Dans la ville du Caen, en Égypte, se trouve le plus ancien marché du Moyen-Orient,
le bazaar El Fraleli.
Dans l'une des milliers nourris de ce souc légendaire,
se cache un café au mur recouvert de miroir.
Le fameux café.
Elle fiche à huile.
Si tu es passe un jour, assie-toi, commande-en-t-t-à-la-mante et écoute.
À travers le brouhaha de la ville, tu entendras sans doute quelque habitué, plaisanté et dire...
Mes amis, en Égypte, deux choses sont immortelles, les pyramides et umcalzum.
Humcalzum.
Le regard dissimulé derrière ses lunettes noires, les cheveux relevé en un magnifique signon.
Sa voix d'or, électrice, codige, elle est merveilleuse et facile.
Chanteuse populaire, diva adorée de tous, elle en sort celle son public.
Humcalzum chante l'amour, le divin et porte en allée rêve à les désirs de son peuple.
Glorieuse et puissante, elle s'est battue toute sa vie pour sa liberté et celle de son pays, l'Egypte, alors dominée par l'Angleterre.
Elle a enflammé le monde arabe.
Voici l'odyssée de l'astre de l'Orient, de la divine, de l'immortel.
Humcalzum.
Humcalzum.
C'est un petit village au nord de l'Egypte entouré de déserts et de champs de coton.
Nous sommes dans le Delta d'une île, cette région planche et verte, arrêt des fertile,
où le fleuve se sépare en une centaine de bras qui se jettent dans la mer Méditerranée.
Ce village s'appelle Tamaï al-Zaira.
Ici, tout le monde travaille la terre et tous les paysans sont pauvres.
C'est là, en 1898-1902, 4 ou 6, on ne sait pas exactement, que n'est Humcalzum.
La légende raconte qu'elle serait arrivée dans notre monde durant la nuit du destin.
Pour les musulmans, elle est très spéciale.
Ça dure en cette nuit, à la fin du ramadan, que l'archange Gabriel aurait révélé à leur prophète Mahomet
les versets du courant.
Ibrahyme, son père, est l'imam de la mosquée du village.
Pour arrondir ses fins de mois qui sont souvent très maigres,
il chante avec son fils, Raled, des sons religieux dans les mariages.
N'est vu ni connu, l'orail grand ouverte, les yeux brillants,
hum, grandiant les écoutons répétés.
Une nuit, la petite entend ses parents chuchoter, allongée sur leur nat.
Ibrahyme, hum doit apprendre à lire et à écrire.
Elle ne passera pas sa vie à ramasser du coton.
Et avec quel argent on va l'envoyer à l'école ?
Le peu qu'il nous reste, il faut l'utiliser pour l'éducation son frère.
Fatima, ne lâche pas l'affaire.
À cinq ans, hum entre au coutab, l'école couranique du village.
Et elles ne sont pas nombreuses les filles dans sa classe, peut-être une ou deux.
Autrement, ce ne sont que des garçons.
Bon bah, faudra faire avec.
Un matin, à la maison, c'est la panique.
Son frère, malade, ne peut pas se produire à un mariage.
La petite entame alors un champ sacré.
Oh, c'est de voix !
Oui Ibrahyme, elle est merveilleuse.
Cette voix, puissante, céleste, oui, c'est comme si elle ouvrait l'infini à l'intérieur.
Comme si la vie devonnait tout à coup mille fois plus intense.
Hum, ses mises à chanter, et l'espace de quelques instants, sa voix a raisonné du petit village de Tamé Al-Zaira, jusqu'à dans le cœur de Dieu.
Enfin, s'il existe.
Où, ce produit désormais, avec son père et son frère.
Les femmes n'ont pas le droit de réciter les chants religieux, alors son père l'habitit en garçon.
En file, cette gélaba, et en roule tes cheveux dans ce tissu.
Ha ha, parfait ! Tu ressembles un bédouin, ma fille.
La petite, fait rapidement parler d'elle. On veut l'entendre partout dans la région.
Oum, n'a jamais quitté son village. La première fois qu'elle monte dans son train, elle ne comprend pas qu'il avance.
Papa, papa, la gare, elle recule !
La famille voyage en troisième classe, mais descend toujours par le wagon de la première.
C'est pour impressionner nos employeurs ! Ça fait pro ! N'oublie pas, hein.
Toujours soigner ses entrées.
Il est temps de tourner sa chance dans la cour des grands.
Bienvenue au Caire, la tête et le cœur de l'Egypte. La capitaine du Monde Arabes, la mère du monde.
La ville, immense, bouillonne jour et nuit.
Homme-Galçon, 16 ans.
On prend plein les mirettes !
J'y crois pas. Le soleil s'est couché via belle lurette et regardait toutes ses lumières.
Le coeur et son poudret d'étoiles électriques.
Et là, oh, attention, le tramway !
Ici, ce presse des artistes, venu de tous les pays arabes.
Sur les scènes de théâtre, dans les cinémas, à les salles de concert, les cafés, on réinvente.
L'art, la société, le monde, le pays est en pleine Renaissance.
La culture arabe est aussi riche et puissante que la culture européenne.
Nous devons arrêter d'obéir à l'Angleterre.
Au Caire, il y a des riches, beaucoup de pauvres, des égyptiens, des français, des craques, des italiens et des anglais.
Les Britanniques occupent l'Egypte depuis 1882.
Officiellement, le pays, dirigé par en roi, est indépendant.
Mais en réalité, les Anglétires, les Ficelles, ils s'en mettent plein les poches.
Baba, qu'est-ce qu'ils nous restent à nous, les Égyptiens ?
Euh... ben... pas grand chose.
Mais c'est pourtant notre pays ?
Je sais, cela s'appelle la colonisation de ma fille.
Toujours accompagnée par les voix de son père et de son frère,
sans musicien, oncle-calson, vêtue de son avis de pédoin, donne ses premiers concerts payants.
Le succès est là, la jeune prodige est un phénomène !
Où va des bâts d'eau ?
Où ?
Deux ou... oui, trois années passent.
Les publics carottes et non pas carottes, extrêmement exigeants, commencent, hélas, à se lasser.
Sa voix est exceptionnelle, mais son style...
Euh... ben... disons que... il fait un peu... flop.
Ces chants traditionnels, austères, à la longue, ça fatigue !
Et puis son accoutrement est vraiment tristoune.
Disparé derrière sa longue tunique, faut qu'elle se mette à la page.
Il faut changer, se réinventer, s'ouvrir.
Mais comment ? Son père contrôle tout.
Pourtant, c'est moi qui chante et fait vivre la famille.
Bon allez, c'est terminé tout ça.
Désormais, les recettes, ce sera 50-50.
Une moitié pour moi, l'autre pour mon père.
Je prends les commandes.
À son arrivée au cœur, Om Kalsou m'a rencontré le célèbre poète Armée de Rami.
Il lui fait découvrir de grands auteurs, arabes et européens.
Oum, tu sais... tu peux chanter autre chose que des chants traditionnels.
Le poète, fou d'elle, lui écrit des chants sans amour.
Ces chants, aux paroles enivrantes, Om Kalsou décide de les interpréter.
Pour l'accompagner, elle engage un Tarte,
un orchestre typique de la musique arabe, qui réunit les meilleurs musiciens du cœur.
Ah, ça change des vocalistes de son frère et de son père, hein ?
Eh, ça envoie du frisson !
En 1927, leur premier concert est en véritable triomphe.
Une raie et une naie.
Om Kalsou s'est métamorphosée.
Elle porte désormais des robes raffinées, elle chante debout et s'envoie.
Sur celle, elle est surtout magnétique.
Ces concerts ne ressemblent à aucun autre.
Chaque chant est une improvisation d'une ou deux heures,
durant laquelle elle répète, comme une prière, certaines paroles,
sur des tones, des rythmes différents.
Om hypnotise son public, qui entre en transe.
Elle provoque ce qu'on appelle le Tara,
une ecstase, une ivresse,
une sorte de communion intense entre la scène et la salle.
La foule en délire se presse pour la voix.
Lorsqu'elle passe à la radio, tous les premiers jeudi du mois,
le caisse de s'agiter.
Les ruches vides et dans le silence, absolu, total, tout à coup.
Sa voix jaillit.
La vie est malade.
En 1949,
catastrophe, la diva est malade.
Ateinte d'une tumeur à la gorge, elle doit se faire opérer aux États-Unis.
L'Egypte retient son souffle.
Le pays est tout entier, alors elle collait au poste
en passion d'avoir des nouvelles.
Nous interrompons notre programme pour vous informer
que l'opération de notre diva a réussi.
Oum Kall-Sou est en danger.
Yuruhu, Yuruhu !
La voix d'Oum atteint le cœur de tous les Égyptiens.
De la rue, au salon les plus chiques, riches et pauvres,
toutes et tous se reconnaissent en elles.
Fier de ses origines, toujours trépieuses,
elle représente l'Egypte tout entier.
Elle incarne le passé, le présent, le futur,
la tradition et la modernité.
Travailleuse infatigable, elle dirige sa carrière d'une main de fer.
Avec ses maisons de disques, ses compositeurs, ses musiciens,
c'est elle qui décide.
En ces années où les femmes égyptiennes n'ont pas encore le droit de vote,
eh ben, purée, ce n'est franchement pas rien.
Il se trouve que certains Égyptiens, comme elles, veulent prendre le contrôle.
Le pays suffoque sous les inégalités et les injustices.
Il est temps que les Anglais quittent notre territoire pour de bon.
L'indépendance totale de l'Egypte.
Voilà ce qu'on veut.
En 1952, un groupe révolutionnaire commandé, entre autres,
par le colonel Gamal Abdel Nasser,
renverse le Roi Farouk.
Une nouvelle ère commence.
4 ans plus tard, Nasser devient président de la République égyptienne.
Il a de grands projets.
Le colonel rêve d'une union de tous les papels arabes.
Comme l'Egypte, la Libye, le Maroc, la Tunisie, l'Algérie,
ont été colonisés par des puissances étrangères,
dont la France, pour une grande partie.
Nasser veut célébrer l'indépendance
et rendre leur fierté aux papels arabes.
Ce rêve devient aussi celui d'Hom Kalsom.
La diva admire le président éreciproquement.
Oum soutient officiellement Nasser,
en mettant son art au service de la nation.
Elle ne chante plus uniquement que des chants d'amour ou religieux,
mais également des chants patriotiques.
L'une de ces chansons devient même l'hymne national égyptien.
Écoutez, au Liban, en Syrie, au Maroc, en Algérie,
elle n'est plus seulement la voix de l'Égypte,
mais celle du monde arabe.
Que dis-je ?
Elle devient une icône arabe dans le monde.
Oum Kalsom soutient son pays dans toutes ses guerres.
En 1967, elle entame une grande tournée pour soutenir les soldats.
Elle donne des concerts à Tunis,
Rabat, Tripoli, Cartoon, Abu Dhabi et Paris.
On l'appelle
Nasser.
Nasser,
l'astre de l'Orient, la quatrième pyramide,
ou encore l'immortel.
Oum Kalsom a révolutionné la musique et bien plus,
elle a été la voix vibrante,
l'âme puissante du peuple égyptien.
Si tu te rends un jour au cœur,
et si tu décides de boire un thé dans le sublime café,
elle fichouille,
tu entendras peut-être,
à travers le broie,
quelques vieux habitués,
plaisantés et dits...
Nous, les Égyptiens,
on a pleuré trois fois dans notre vie,
à la mort de Nasser,
à la mort de notre mère
et celle d'Oum Kalsom.
D'arrière cet épisode,
Il ya
Fanny Le Roi
Anne Nourou
Alice Rouet
Éric Boisset
Cédric Dialot
et moi,
le grand faisant son.
Le tact,
l'orchestre typique de musique arabe
qui accompagne
Oum Kalsom lors de ses concerts,
se compose de merveilleux instruments.
Il comprend un Kwanoum,
un Oud,
un violon,
un ney et un rick.
Plus tard,
Oum introduira également
une guitare électrique.
Les Odyssey
est un podcast
original de France Inter.
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