
Vincent Munier sur les traces du loup des glaces
Durée: 16m55s
Date de sortie: 13/02/2024
durée : 00:16:55 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Dans l’objectif de Vincent Munier, des lièvres blancs, des ours, des loups et tout autour, la tempête qui gronde… Prépare-toi ! Cette odyssée t’embarque sur la banquise par moins 50°...
Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli,
pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
Notre Odyssey commence avec la voix d'un père qui s'adrace à son fils.
Quand tu entres dans une forêt Vincent, il faut y aller sur la pointe des pieds.
Ici tu n'es qu'un invité, un être de passage.
Nous sommes en novembre 1988, à l'est de la France, au milieu des Vosges,
dans la forêt de Chamagne.
C'est la nuit, autour de nous, sous les rayons de lune,
des chênes, des êtres, des sapins immenses, relient la terre jusqu'au ciel.
Ça sent les feuilles mouillées, la mouche et le froid.
Le petit Vincent, douze ans, tremble.
Pour la première fois, il va pister seul des animants.
Tu as bien ton appareil photo, hein ?
Vincent, hoche la tête.
Ouvre grand tes oreilles et tes yeux, tu vas découvrir de sacrés merveilles.
Allez bonne chance, on se retrouve demain matin.
Voici Vincent allongé par terre.
Récouvert des pieds à la tête, par son fil et de camouflage,
il s'est transformé en amas de bois sec.
Les heures passent.
Il attend.
Il guette.
L'œil collé à son appareil photo, il cherche l'invisible.
Du vin, du bras, du bleu, apparaissent peu à peu dans le noir.
La nuit devient rose, le soleil recouvre le monde d'or.
Tendu comme une flèche à la fuite du moindre son,
Vincent laisse la forêt entrer en lui.
Souda, là, dans son dos, des feuilles croustilles.
Qu'est-ce que tu as ?
Un sanglier ?
Un rena ?
Les passent approches, puis ça arrête.
L'animal respire tout près à quelques centimètres.
Ensuite, plus rien.
Est-ce qu'il est loin ?
Plus rien !
Une mace sombre apparaît devant l'objectif.
Un, deux, trois, toute une famille de chevreuils se fichent dans la rétine de Vincent.
Face à lui, la beauté, la grâce, la délicatesse animale.
Trampelant de peur et d'émotion, l'enfant appuie sur l'appareil.
La photo est prise.
Bon, elle sera flot, mais qu'importe !
C'est là que tout commence.
Vincent Mounier est un poète de la nature.
Dans l'Himalaya, au Japon ou bien dans les Pyrenees,
il parcourt le monde sur la trace des animaux sauvages.
Il a photographié des chouettes des neiges, des bonusquets, des ours-brains, des yak !
Vincent, mais comment faites-vous pour les approcher ?
Le tout, l'or, c'est de s'effacer dans la nature, de devenir quasi invisible.
Oui, c'est-à-dire que la discrétion, c'est pas trop mon fort en général, mais bon, je vais essayer.
Imaginez un monde fait de neige et de glace, balayé par le vent.
Cette terre blanche, à l'extrême nord de notre planète, s'appelle l'Arctique.
Là-bas, il fait moins 50. La vie humaine ne tient qu'à un fils.
Pour toi. C'est bien là que nous nous rendons.
Le boucan d'enfer que tu entends, c'est un twin hauteur,
un petit avion à spatule pour se poser sur la glace.
Il a déconné il y a deux heures de résolue de paix,
un village inuit situé tout au nord du Canada.
Vincent Mounier a la recherche du louplant de l'article Yopé !
Oui, c'est parti pour une lundale au dissé !
On vole !
Les yeux brillants comme des boules de Noël,
Vincent observe le désir de glace défini à travers le blanc.
Chaque fois, il éprouve le même merveillement
de retrouver cette terre blanche, montagneuse ou bien plate,
fondillée de partout par semelles de petites bosses comme des cloques
ou bien de son yeux flangelés.
Lors, l'or, regardez ! C'est juste magnifique, on touche l'infini du monde !
Vincent aime le froid. Dans les vaux rages de son enfance,
les hivers sont rigoureux et il en a passé des jours,
des nuits sur la terre glacée, à attendre les animaux.
Son corps a appris à parler le langage du froid.
Tout son existence, il l'a fait que ça,
chercher et suivre la glace, auquel le mène,
toujours plus au nord, toujours plus loin vers le monde sauvage.
Toujours plus au nord, c'est la que vie le louplant de l'article,
l'animal fabuleux que les inuits appellent le fantôme d'Estempe.
La dernière fois qu'un humain a croisé sa route,
oula, cette étidiajolie l'urête, il n'a pas été photographié depuis 25 ans.
Vincent rêve de rencontrer ce somptuux animal depuis qu'il est tout gosse.
Alors, qui sait ? Peut-être cette fois ?
Entre nous, ça m'arrangerait, sinon, qu'est-ce que je vais raconter ?
Ça y est, l'avion amorce à sa descense.
Oula, accrochez-vous, en plurée, ça va se couper !
Bienvenue sur l'île d'Else-Main !
Vincent enfile son armure contre le froid.
Des pévêtements de protection qui lui donnent l'allure d'un astronaute,
un large masque et surtout des moufles.
A cette température, en perdre une, c'est perdre une main.
Alors, euh, en perdre deux, ben euh...
C'est perdre ces deux mains, j'imagine ?
Le temps de disarger le matériel, le pilote est de retour dans sa cabine.
L'avion oublie sur ses skis, décolle, puis disparaît dans le ciel.
Et soudain, le silence, absolu, éternel.
Sur cette terre vierge et gelée, un seul petit pas résonne infiniment loin.
Et si Vincent réveillait à nous ce blanc endormi ?
Les villages les plus proches sont à des centaines de kilomètres.
Si il se blesse, l'avion mettra six jours pour venir le chercher.
Le voici seul, pour de vrai, seul au monde.
C'est une drôle de sensation.
Dans son ventre, des centaines de papillons dans ta lambada,
c'était un mélange d'angoisse et d'extrême excitation.
Vincent balaît des yeux l'immensité blanche.
Nous sommes au mois de mars.
A cette époque, la lumière polaire est sublime.
Rose et bleue, elle colorent le ciel en dansant, encarré sans la glace.
Ébloui par toute cette beauté, Vincent pleure des larmes de glace.
Ah, bah ça tombe bien ! J'ai besoin d'un petit glaçon pour mon whisky.
Ha ! Ça réchauffe !
Euh, Laura, ça va ? Je vous dérange pas ?
Pardon, excusez-moi.
Vincent se transforme.
Tous ses sens sont à la fu.
Il perçoit les couleurs, les sons, de façon beaucoup plus intense.
Immergé au coeur de la vie sauvage, il devient lui aussi un animal sauvage.
Il oublie la faim, la fatigue et même d'éventuels envies de faire pipi.
Une seule chose compte désormais, pister le loup blanc.
Vincent le seul whisky, propulsé par ses bâtons, se met en route.
Enfin, il essaie.
Curé que c'est lourd !
Ah oui ! C'est le moins qu'on puisse dire !
Notre homme tire une sorte d'entraîneau qu'on appelle une pulca
et qui contient 80 kilos de matériel.
Il y a là, de la nourriture en poudre, un duvet, une tente en réchon,
des panneaux solaires, une batterie, un appareil photo et une poudre.
Mais bien sûr, plusieurs téléobjectifs ultra puissants qui permettent de voir, sans être vu.
Chaque un de ces objets est essentiel à s'assurer.
Si le perso réchauffe par exemple, comment faire fondre la glace pour la boire ?
Vincent avance, tant bien que mal, un coup de whisky après l'autre.
Il évolue désormais dans un autre monde.
Ici, on perd tous ses repères.
La lumière est parfois civile, qu'on ne distingue plus rien.
Ni la glace, ni le ciel, ni l'air, ni la terre.
L'horizon disparaît.
Les heures passent.
De l'on rive enfin se dessine sur la glace.
Hé Vincent ! On se reposerait pas un peu là ?
Si, si, et d'ailleurs, c'est pile poil le moment.
Vincent installe sa tente.
Il se coffe dans l'intérieur pour y dormir quelques heures.
Lorsqu'il se réveille, ça se fait fort !
La femme tremble en tente.
Oh non, c'est pas vrai ! Une tempête ?
Ah, enfin, génial, elle est là.
Euh, j'aurais, vous notre bonhomme, et ravi.
J'adore les tempêtes, l'or.
J'adore, lorsque le bizarre écrit si fort, on a beau hurler.
Personne ne nous entend.
Le vent, il est vivant, puissant.
Tenez, écoutez.
Ni une, ni deux.
Vincent brave les éléments pour prendre quelques photos.
Le monde, tout autour, est recouvert d'un épée velour gré.
Pardon de vous déranger Vincent, mais...
Qu'est-ce que vous voyez dans cette purée de toi ?
Bah, pas grand chose.
Mais l'anété, en fait, je m'en moque un peu, quoi.
Ce que je vais te capturer, c'est cette émotion incroyable, la rencontre.
Vous comprenez ?
Ah oui, d'accord.
Les jours passent.
Notre aventurier se force à manger régulièrement.
À cette température, si le corps n'absorbe pas ce qu'il faut de galerie, il faut.
Vincent est si épuisé, qu'il dort marcher.
Sa vision se trouve, mais il est amoureux de s'il.
Il continue à avancer, coûte que coûte.
Parfois, sa pulque a reste coincée derrière elle.
Son cœur se met à battre la chamade.
Et si c'était un ours qui avait posé sa pâte dessus ?
Un méchant coup de griffet.
Hasta la vista, bébé.
Vincent se retourne alors très lentement.
Heureusement, ce n'est souvent qu'un bloc de glace coincé en travers du chemin.
Le jour, le froid brûle.
Pour lutter, il danse, il chante, il claque des doigts, il n'arrête jamais de bouger.
La nuit, c'est encore pli.
L'intérieur de sa tante est un véritable frigo.
Vincent ne sent plus ses pieds.
Le matin, lorsqu'il se réveille, il n'arrive pas à sortir de son buvée,
et s'est transformé en corp de glace.
Vincent se tortille alors dans tous les sens.
Ça y est, il est debout.
Il peut reprendre son voyage dans l'infiniment blanc.
Un soir, des centaines de petites boules de cotons blancs apparaissent sur la banquise.
Ma parole, je rêve ?
Mais non, mais non, elle bouddice !
C'est une bande de liens vertiques.
Il fait moins quarante mais tant pis.
Vincent s'allonge sur la glace.
Il se fonde dans le paysage, il attend.
Ça y est, il s'approche, il s'approche, il s'approche de plus en plus près.
C'est magique.
Vincent réussit même à l'écarasser.
Cela fait 7 jours que notre explorateur fou avant sur la banquise.
La température frôle est moins 50,
entre nous, il est un peu au bout du scotch.
Souda, il aperçoit, là, une trace de patte dans la neige.
Elle est fraîche, c'est celle d'un loup !
Le cœur de Vincent bondit dans sa poitrine, sa respiration s'accélère, ils sont tout près.
Le lendemain, à l'abri du vent de sa tante,
nous voici et qui se crut l'infini avec ses jumelles.
Tout à coup, il aperçoit des points jaunes dansés dans la brune lontaine.
Des calarés, des balles de tennis.
Oh, purée, non ! Oh non, non, ce sont des loups !
Des loups qui se rapprochent à la vitesse grand-vée, oh purée !
Ils sont en train de foncer sur lui !
Quelques minutes plus tard, la meute l'encercle.
Vont-ils lui croquer les mollets ?
Pour l'instant, il l'observe.
Vincent plonge son regard droit dans leurs yeux.
C'est une sensation étrange et magique, extrêmement puissante.
Ces loups n'ont probablement jamais rencontré d'hommes avant lui.
De mes fiants, ils s'approchent.
Vincent saisit son appareil photo, puis il s'allonge.
Les plus jeunes loups, curieux, viennent tirer son pantalon avec leurs deux oeufs.
Vincent prend environ 2 000 clichés.
Au bout du nav, la meute s'en va.
Vincent a le souffle coupé.
Ça y est, il les a rencontrés.
Ces fameux fantômes de la tendra.
Et boussant, ils sont magnifiques, majestueux.
Vincent explose de rire, de joie, et pleure d'allemands, il est ému.
Oh bah, ça tombe bien ! Je voulais me servir un petit whisky.
Oh bah non, l'or, pas à chaque fois.
Oh dommage, il y avait des glaçons à gogaux là !
Vincent poursuit son voyage.
Il ne pose pas d'autre loup.
Presque trois semaines, se sont éteints les loups.
Notre aventurier plante sa tanque pour y passer sa dernière nuit.
Soudain, il entend la glace craquer.
Oh non, pas un ours, pas maintenant.
Vincent se retourne.
C'est un loup solitaire venu lui dire au revoir.
L'animal tourne autour de Vincent durant de l'ongel.
On dirait qu'il communique d'une façon extrêmement mystérieuse.
Lorsque deux créatures sauvages se rencontrent,
ils échangent des secrets qui n'appartiennent qu'à eux.
Entre ces deux-là, n'est-ce pas besoin de faire fondre la glace.
Dernière cet épisode, il y a Julien Sabassu,
Cédric Dialot, Marion Lolaire, Fanny Le Roi,
Vincent Munier dans son propre rôle, et d'ailleurs, on le remercie.
Et moi, leur grand besoin son.
L'île d'Else-mer est la dixième plus grande île du monde.
Elle se situe dans la région du Nunavut,
un territoire qui fait partie du Canada,
mais qui est gouverné de façon autonome par ses habitants, les Inuits.
C'est tout de même la moindre des choses.
Episode suivant:
Les infos glanées
Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Tags
Card title
[{'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]
Go somewhere
Simon Gronowski : "Ma vie est un miracle"