#75 — Alerte avalanche, avec Blaise Agresti

Durée: 41m55s

Date de sortie: 10/04/2024

Fin 1998, à 27 ans Blaise Agresti accède à son rêve en devenant commandant du célèbre PGHM, le peloton de gendarmerie chargé des secours en haute montagne. Mais la saison commence mal… Le 9 février 1999, alors que la neige tombe sans discontinuer, le téléphone sonne pour annoncer la nouvelle : une immense avalanche vient de recouvrir le petit village de Montroc, dans la vallée de Chamonix.

Pour Blaise Agresti, ici débute l’opération de secours du PGHM la grande jamais réalisée. Mais cette véritable cicatrice de la vallée aurait-elle pu être évitée ou pourrait-elle se répéter ?


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🎙 Un épisode réalisé par Thomas Firh, assisté par Nicolas Alberty. Le récit a été présenté par Clémence Hacquart, la musique est composée par Nicolas de Ferran. Chloé Wibaux s'est assurée du montage et Antoine Martin du studio Krispy Records du mixage.

🤝 La saison 7 des Baladeurs est soutenue par Columbia.

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Plus d'infos sur l'épisode :

Avant de savoir marcher, Blaise Agresti arpentait déjà les montagnes dans le sac à dos de ses parents. Son père, guide de haute montagne, et sa mère, habituée des expéditions lointaines, lui ont légué leur amour profond pour cet univers enneigé. Ainsi qu’un désir insatiable de liberté, qui a dirigé sa vie.

Fin 1998, à 27 ans seulement, il accède à son rêve en devenant commandant du célèbre PGHM, le peloton de gendarmerie chargé des secours en haute montagne. Mais la saison commence mal. Les accidents mortels s’enchaînent et le moral des troupes est au plus bas. Ce n’est pourtant que le début.

Le 9 février 1999, alors que la neige tombe sans discontinuer depuis plusieurs jours, le téléphone sonne pour annoncer la nouvelle : une immense avalanche vient de recouvrir le petit village de Montroc, dans la vallée de Chamonix. Pour Blaise Agresti, ici débute une opération de secours de grande ampleur, en pleine nuit, sur une zone dévastée. Un événement qui va s’étendre sur plusieurs jours en marquant au passage les mémoires de la vallée pour toujours.

Mais après, il faudra mener l’enquête pour tenter de répondre aux grandes questions : pourquoi ce drame a-t-il eu lieu ? Aurait-il pu être évité ? Et surtout, comment se préparer à une époque où le changement climatique rend la prévention des risques et des sauvetages difficiles ?

À propos de Blaise Agresti :
Après un cursus militaire à Saint-Cyr, Blaise Agresti devient commandant du célèbre PGHM, le peloton de gendarmerie chargé des secours en haute montagne. Véritable expert dans la gestion de crises et l’histoire liée à cette profession, il partage son savoir dans plusieurs ouvrages comme In extremis publié chez Guérin, tout en l’enseignant dans son école Mountain Path, à la Sorbonne ou en entreprise.




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Colombia est fière d'accompagner le podcast Les Balladeurs.
Avant de savoir marcher, Blaise Agresti a repanté déjà les montagnes dans le sac à dos de ses parents.
Son père, guide de Haute-Montagne et sa mère, habituée des expéditions lointaines, lui ont légué leur amour profond pour cet univers enneigé.
Ainsi qu'un désir insatiable de liberté qui a dirigé sa vie.
Fin 1998, à 27 ans seulement, il accède à son rêve en devenant commandant du célèbre PGHM le pleton de gendarmerie chargé des secours en Haute-Montagne.
Mais la saison commence mal, les accidents mortels s'enchaînent et le moral des troupes est au plus bas.
Ce n'est pourtant que le début.
Le 9 février 1999, alors que la neige tombe sans disc continuer depuis plusieurs jours, le téléphone sonne pour annoncer la nouvelle.
Une immense avalanche vient de recouvrir le petit village de Mont-Roc, dans la vallée de Chamonix.
Pour Blaise Agresti, ici débute une opération de secours de grande ampleur, en pleine nuit, sur une zone dévastée.
Un événement qui va s'étendre sur plusieurs jours, en marquant au passage les mémoires de la vallée pour toujours.
Mais après, il faudra mener l'enquête pour tenter de répondre aux grandes questions.
Pourquoi ce drame a-t-il eu lieu ? Aurait-il pu être évité ?
Et surtout, comment se préparer à une époque où le changement climatique rend la prévention des risques et des sauvetages difficiles ?
Le PGHM, le Pluton de Jean-Denis Moïde Haute-Montagne, c'est une unité qui a été créée en 1958,
suite à un terrible drame qui a vraiment bouleversé la vallée de Chamonix,
qu'on appelle l'affaire Vincent D'Hon et Henry, où deux jeunes alpinistes sont perdus en plein hiver dans le massif du Mont-Blan,
près du sommet du Mont-Blan d'ailleurs, et le secours est un désastre en fait.
Il y a un hélicoptère qui va se cracher, les guides n'arrivent pas à porter assistance.
Je passe les détails, c'est une histoire vraiment qui mérite d'être racontée dans le détail.
Mais voilà, à la fin de cette histoire, l'opinion publique française n'accepte pas qu'on puisse laisser deux jeunes de 20 et 21 ans,
donc Jean-Vincent D'Hon et François Henry, là-haut, les corps vont être descendus au printemps,
donc c'est une histoire qui va durer. Il y a des polémiques au niveau national, il y a vraiment une polémiie nationale.
Et à partir de là, on dit on ne peut plus laisser le sauvetage en montagne organisé comme il l'était jusqu'à maintenant,
c'est-à-dire sur le fondement du volontariat, sur des organisations qui étaient locales,
en fait, chacune des vallées essaie de trouver la bonne organisation.
Donc on y en arrête ça. Maintenant, on crée un service spécialisé de sauvetage,
et comme plus personne veut faire le secours en montagne en 58, on se tourne vers l'agent Amri,
on ne peut rien dire, c'est à vous de faire. L'ECRS aussi de montagne va être mobilisé aussi,
parce que là aussi, on le demande de participer, et c'est le début d'une professionnalisation,
donc on est en 58 qui va prendre des années et des années, parce qu'on n'arrive pas à un système de sauvetage
performant avant, je vais dire, très performant en les années 90.
À moi, j'arrive à l'été 98 au PGHL, donc je viens en succession de quelqu'un qui vient de partir,
et dans l'année qui s'était coulée juste avant, il y a eu une des figures du PGHM qui est décédée en montagne,
un régis Michou qui était une très belle figure du PGHM qui était un pilier,
et qui est mort dans un accident en redescendant de l'aiguille verte,
qui a un très beau sommet du massif. Donc l'unité, elle n'est pas bien sur le plan psychologique.
Ça c'est un premier point où ça se sent, ça se perçoit très vite,
il y a beaucoup de choses palpables dans l'état d'esprit de l'unité.
Il y a tout l'été 98, notamment une séquence, une quinzaine de jours,
où en fait il y a des pluies vers glace-cente jusqu'au sommet du Mont Blanc, jusqu'à 4.810 mètres d'altitude,
qui verglace complètement, rien ne d'un glace vif, et qui fait qu'il y a 17 morts sur 15 jours.
C'est du jamais vu, entre guillemets, donc moi j'arrive, j'observe cette première séquence,
et j'observe aussi que l'unité, du fait du jeu des permissions,
de l'octroi des vacances en période de l'estival, c'est un peu les mêmes qui se paient presque tous ces morts.
Et qui rajoutent à la souffrance que je disais, donc l'unité je la sens pas en super forme,
sur le plan collectif, en fait, psychologique.
Troisième point, peut-être, qui n'est pas très sympa peut-être à l'époque,
mais c'est une époque où la Gérard-Maurie n'a pas beaucoup de moyens, sincèrement.
Et en fait, entre l'émission principale, le poli judiciaire de sécurité publique,
et le secours en montagne qui considère comme une danseuse, c'est le mot qui est utilisé à l'époque,
en fait on n'a pas vraiment les équipements, donc au PGHM il n'y a plus les cordes pour s'entraîner,
pour pratiquer le sauvetage, il n'y a pas le matériel adapté, donc il y a une sorte de défiance de la hiérarchie.
Et on est au 40 ans du PGHM, donc c'est quelque chose qui est très très mal ressenti en interne,
il y a une colère exprimée en interne qui est très forte, les gens sont vraiment à protester,
en fait quasiment, il y a une espèce de... pas de rebellion, mais de colère froide qui grandit.
Moi je suis là, comme je suis naïf et jeune, je prends tous les combats, je prends le drapeau
et je vais affronter la hiérarchie bien en tête, voilà, comme on le fait quand on est plein de jeunes,
je suis assez édator, puisque j'ai été vraiment nommé patron de ce PGHM très très jeune, 27 ans.
Benoit Ost pour pas le citer, il a eu l'envie de me confier cette responsabilité qui était importante,
voilà, en plus dans une année qui a été difficile, mais ça c'est ce qu'on découvrira après.
On a une première avalanche qui va embarquer JP de Voissous, qui est un vieux guide absolument extraordinaire
qui était le patron de la Caise de secours, en fait, la compagnie des guides de Chamonix,
donc lui, JP de Voissous, c'est le patron de la Caise de secours qui est l'âme de la compagnie.
Il va se faire embarquer au-dessus de chez lui, dans une avalanche, dans le fond de la vallée de Chamonix,
en descendant dans les geurs de la tête de Balm, et c'est un choc pour la vallée en fait.
Parce que finalement, c'est rare qu'un guide un peu expérimenté se fait savoir comme ça,
donc ça a commencé comme ça.
Ça c'est entre Noël et Jour de l'An, entre 1988 et 1999.
À la fin janvier, on a ces deux anglais, Jamie Andrews, Jamie Fisher, qui vont être bloqués en sortant de la face nord des droites,
donc c'est un sommet de 4000 mètres, une grande pente de glace très technique.
Ils arrivent au sommet, et là, le vent terrible est bloqué là, plus de 150 km de vent.
Ils vont attaquer lundi l'ascension, on va pouvoir les secourir que le dimanche qui suit.
Donc six jours de datante à plus de 4000 attitudes, avec les médias qui se mobilisent.
Moi, c'est un peu mon baptême du feu, et opérationnel, on coordonne les opérations,
et aussi la pression médiatique, le fait de devoir répondre à la presse, être accompagné en direct,
faire des plateaux, etc. On va pouvoir les extraire tous les deux,
mais un, ça sera décédé peut-être à peine la nuit d'avant quelque part, donc ils ont quand même tenu longtemps.
Et le deuxième alpiniste, Jamie Andrews, il va être amputé des quatre membres, les bras et les jambes.
Et ça, ça se termine fin janvier 1999, quelques jours avant la valanche de Monroc.
...
On est le 9 février 1999, en début d'après-midi, il est 14h.
Avec toute l'unité du péj-h-m, on a déjà depuis deux, trois jours, mesuré l'intensité des risques qui grandissaient.
Il y a quand même 3,70 m de neige qui vont tomber, c'est gigantesque, jusque dans la vallée.
Ce n'est pas que des choses qui tombent, des cheveux de neige qui tombent en altitude.
Moi, je suis en mairie de Chamonix, en commission de sécurité,
il y a une espèce de tension liminaire qui est présente dans l'équipe.
Et le maître de chien le matin vient hyper tôt à 4h du matin, voir si son chien va bien, le nourrir, le préparer, presque à intervenir.
Donc on a une espèce de tension collective, 14h40, coup de téléphone qui arrive là sur la table de la Commission sécurité.
Donc il y a une vingtaine de personnes autour de la table.
Et là, il y a quelqu'un qui répond et il se tourne là tout le monde, en avalanche, à Mont-Roc,
a priori des maisons, des barres à toucher.
Très rapidement, moi, j'ai le téléphone qui sonne de l'autre côté avec le Pj-h-m qui m'informe.
On a des appels de Mont-Roc avec une avalanche qui s'est produite.
Donc très rapidement, là, on a compris, on a compris en 15 secondes qu'il y avait un événement majeur qui s'était passé.
L'événement, il est tout de suite observé par des gens qui sont notamment autour.
C'est un énorme avalanche, donc il y a plein de témoins.
Le standard du Pj-h-m explose tout de suite parce qu'on a des dizaines, peut-être des centaines d'appels qui arrivent.
Alors au début, l'information n'est pas extrêmement précise.
On dit une baraque soufflée.
Le mot qui est utilisé, la première information, avalanche, oui, mais le bilan, le nombre de chalets, on n'a aucune idée à ce moment-là.
Moi, je ne sais pas pourquoi.
Je me dis qu'il y a une avalanche secteur de Mont-Roc, tout de suite avant de partir au Pj-h-m.
Dans l'instant où j'ai l'information, je décide d'aller tout de suite passer au service d'urbanisme de la mairie.
Et je prends la cartographie de la zone.
En fait, une carte géographique, il y a les chalets, mais ce n'est pas très précis.
La carte d'urbanisme, ça permet tout de suite d'avoir des références, d'avoir des numéros qui permettent de renvoyer à des propriétaires,
de commencer à structurer.
Donc moi, à 14h40, on a l'information.
À 14h45 ou 50, je vais au service d'urbanisme qui n'est pas logique.
Normalement, je dois me précipiter au bureau et commencer à organiser le sauvetage.
Deuxième acte, on rentre dans le Pj-h-m.
Et là, il y a le France 3 local qui est en train de faire un reportage sur la neige qui tombe.
Le fait qu'il y a des conditions météo qui ne sont pas favorables.
Et donc, ils viennent juste d'avoir l'info.
Il faut imaginer cette Valais de Chamanie.
Donc cette longue Valais de Chamanie est dominée par le Mont Blanc avec ses grands glaciers qui descendent,
glaciers de Bosson, glaciers de Tacona, ces calottes de neige et de glace.
Et puis au fond de la Valais, en allant vers la Suisse,
colle de la Forcla, colle des Montées, voilà, on est dans ce cul de sac après Argentière.
Il y a quand même une route qui va vers la Suisse.
Et voilà, l'événement va se passer au fond de cette Valais,
alors même que les routes vont être barrées par des avalanches qui vont se produire un petit peu avant l'événement.
Donc on doit se déplacer un petit peu depuis le péjachem qui est dans le centre de Chamanie, à côté de l'église.
On va aller en véhicule avec des gyrophares,
enfin, une ambiance de police ou de secours, voilà.
Et puis dès qu'on arrive à Argentière,
autour de la mairie, c'est un bazar de gyrophares, de pompiers, de gendarmes.
C'est un gros clavo au départ, voilà, tout le monde vient là.
On fera un petit peu de temps pour qu'on mette tout le monde sur le parking de la station Skid et Grand Monté.
Et voilà, on a une ambiance avec cette nuit qui arrive très vite, on est quand même en février.
La neige continue à tomber, voilà, il y a une ambiance très très spéciale.
Alors en avant cet aton, on va dire pendant les deux, trois premières heures,
donc entre 14h40, l'événement, et on va dire le début de soirée,
on n'a pas encore une vision très claire.
Alors au péjachem, le principe c'est qu'il y a des tours d'alerte.
Donc c'est des tours d'astreinte avec des gens qui sont préparés pour partir immédiatement à la seconde,
qui ont leur sac qui est prêt, etc. Donc c'est ce qu'on appelle les premiers à marcher.
Donc là, d'emblée, on appuie sur le bouton, ils partent en 15 secondes, ils sont partis,
et puis après ils s'adaptent, ils se débrouillent, ils vont sur place.
Là pour le coup, il y a une avalanche qui a barré la route, la sortie du village Argentière,
donc ils vont devoir y aller à Ransky, mais ils sont équipés,
ils sont tout matériel pour pouvoir s'adapter, puis après ils envoient les premières informations,
les premiers compte rendus.
Je pense que les premières équipes, elles m'ont arrivée peut-être pas avant 15-30,
c'est-à-dire presque une bonne heure après quoi.
Donc en fait, déjà tous les habitants autour, il y a un certain de guides,
de gens qui ont leur famille aussi qui y est dessous vont être là en fait,
hein, que c'est des proches.
Donc il y a déjà une mobilisation de tous les voisinages qui se met en place,
mais il faut commencer à structurer aussi l'organisation du sauvetage.
Donc ça va être la première phase, c'est injecter des secours professionnels
et puis commencer à structurer l'organisation sur place, qui est au début,
plus comme on voit sur les images dans les translandes terres,
au Népal, en Inde, en Chine, c'est vraiment toute la population qui est là au départ.
Voilà, donc je ne dis pas que c'est la paillage, mais c'est quand même cette intensité
de bonnes volontés qu'il faut s'envexer, intégrer, réguler,
voilà ça va être ça une des premières parties en tout cas de l'après-midi,
c'est de commencer à réguler l'organisation du sauvetage.
Et cette population là, on ne va pas non plus la violenter,
on ne va pas leur dire non ça y est, les secours professionnels arrivent, dégagés,
non on va les laisser, travailler, et puis en moins des relèves,
on va commencer un peu à remettre un peu d'organisation.
Par contre en bas on empêche un peu les gens de trop monter de pierre gentillère,
parce qu'on a déjà assez de monde sur place, en fait ce qui nous manque c'est des pelles mécaniques,
il faut faire monter les pelles, il faut du temps pour faire monter ces pelles mécaniques,
et les routes ne sont pas ouvertes, donc il faut que c'est des pelles araignées,
qui sont avec des quatre pods pour être stables, donc elles vont monter doucement les motoneiges,
donc tous les moyens ont progressivement arrivé.
Tout de suite en fait il y a la question de qui prend le pilotage de la crise en fait,
voilà donc naturellement on est d'astreinte,
donc en fait les pompiers en voie du monde, on envoie du monde,
mais c'est inaccessible en fait, par voie routière,
donc quelque part ça délimite une zone de restabilité qui essaie du péage HM,
parce qu'on doit y aller en skidrandonnée, avec des motoneiges,
avec des risques d'avalanches qui continuent à être là, donc on est en haute montagne tout en étant en ville.
C'est ce qui est très particulier dans cette avalanche, c'est qu'elle n'est pas accessible,
c'est pas un terrain dans une zone urbaine.
Je prends la possibilité de dire voilà on va faire un PC avancé dans l'ancienne mairie d'Argentia,
donc se rapprocher de l'événement pour pouvoir coordonner au plus près,
dans la zone où on va pouvoir regrouper les moyens avant de les injecter progressivement sur le site,
qui a quand même informé le préfet, il y a quelque part un truc de compte rendu à faire
pour pouvoir dire il se passe un truc sérieux là haut, mobiliser toutes les ressources complémentaires,
l'armée, voilà donc on a un plan évidemment au péage HM,
il y a un plan avalanche, on a une liste de ressources jusqu'à 300, 400 personnes,
qu'on peut mobiliser très rapidement, les guides, les moniteurs de ski,
il y a plein de ressources à Chamanie en fait, de gens qui ont les expertises.
Et puis très vite je me déplace au PC avancé, qui est l'ancienne mairie d'Argentia,
et là on va créer une cellule avec les pompiers, avec les services communaux,
on va avoir tout le monde qui va se regrouper là pour faire cette fameuse cellule de crise
qui va vraiment piloter l'événement.
Donc ça ça va durer un certain temps, je pense que jusqu'à début de la nuit,
puis à un moment donné moi je me rends compte que entre les infos qu'on a à la radio,
du lieu de, voilà, les premières actions qui sont conduites pour évacuer les premières personnes,
en fait je me rends compte qu'on ne se comprend pas,
on n'arrive pas à définir la limite de cette avance qu'elle a touchée réellement,
parce que sur place c'est impossible de faire la corrélation,
parce que personne n'a un plan, une carte dans la tête.
Une avalanche comme celle-là de neige froide en fait, c'est une avalanche de poudreuse.
En fait elle a deux dimensions, il y a une dimension du souffle,
c'est-à-dire que devant la masse de neige qui se déplace à grande vitesse,
il y a un souffle, l'espèce de vent hyper violent à 200 kmh, qui en fait blast les habitations,
et les déplaces, voilà, donc il y a l'effet de blast au départ, très puissant,
donc 200 kmh avec une densité, et ensuite la masse de neige vient finir de travail,
bien ou qu'on cassait, ou royaillait, etc.
Donc la avalanche c'est pas que cette coulée de neige qui vient, non, il y a cet évê de souffle.
Moi je décide de partir avec mon rouleau de carte,
je suis en train de venir en motoneige sur le site avec ce rouleau, carte des avalanches,
et je vais dessiner en fait la bordure de la avalanche, je vais faire le tour à la frontal, de nuit,
et puis on va se faire un bilan sur ce qu'il se passe,
on a un poste médical avancé avec des médecins, on a une structuration,
on a des pèles mécaniques qui sont arrivées, donc c'est la tempête, toute la nuit.
Donc il continue à neiger beaucoup, beaucoup, beaucoup, dans une atmosphère,
donc il faut imaginer ces motoneiges, ces rattraques, ces pèles mécaniques,
qui montent avec des phares dans la neige, avec ce couloir d'avalanches qui est tombé quelques heures avant,
enfin deux heures avant, la rangement, la route qui a été couplée par une autre avalanche,
avec des risques encore très forts en fait.
Donc il y a une pression, on est dans une espèce de, on voit rien,
on a cette neige qui continue de tomber, les phares qui éclairent,
donc il faut une annonceur un peu chaotique,
et puis tout le monde qui vient donner son aide à manière dérisoire,
parce qu'en fait c'est des plates de béton, les chalets ont été pousculés complètement,
ont été détruits par le souffle de la avalanche,
on a des voitures qui sont concassées, concatenées dans des garages.
Vous pouvez imaginer que c'est pas de la neige poudreuse qu'on va skier,
c'est une avalanche qui a descendu depuis 2.500 mètres d'altitude,
là on est à 1.400 mètres, donc c'est 1.200 mètres de dénivelé,
c'est une énorme masse, 300.000 mètres cubes de avalanche,
donc on est au milieu de cette ambiance-là.
Au moment de venir en aide aux victimes, pas un homme n'a fait défaut,
on est venu de toutes parts par solidarité.
Tout le monde est dehors pour donner un coup de main,
là évidemment c'est dramatique, mais même qu'il n'y a pas grand chose,
tout le monde est dehors, c'est vraiment une énorme solidarité.
Si toi tu n'es pas un pépin, tout le monde est là.
C'est la grande famille de la montagne qui s'est mobilisée,
armée de pelles et avec la plus grande énergie, on a tout fait pour sauver des filles.
Au début, le sauvetage se passe, c'est les secouris qui travaillent sur le site,
qui à l'intuition orientent les recherches avec le renseignement du voisinage,
les familles, les proches, donc en fait on va,
aux priorités, à l'envoer, on sait où il y a des gens.
Donc il y a des pelles mécaniques qui viennent marquer,
comme ça délicatement qui avancent, petit à petit, très prouvidamment,
donc de manière très délicate, elle vient dégager comme ça à l'en base échalée,
ouvrir les espaces, et puis là les chiens commencent à rentrer à l'intérieur des habitations,
faire au fond les vérifications, les lever de doute comme on dit.
Donc ça c'est la première phase et là on a des vivants et des morts qui sont sortis.
Parce que le voisinage tout de suite orientent, donc ça c'est la première étape.
La deuxième étape c'est effectivement donc les décoises vont se faire comme ça au fil de l'eau.
La manière dont on va structurer c'est plutôt dans la nuit,
où on va avoir une deuxième étape du sauvetage,
ou de cette phase un peu intuitive et conduite par l'équipe qui est sur le terrain,
avec tout un tas de services qui ont été concernés.
On rentre dans une deuxième phase structurée, où de manière méthodique,
on va faire les lever de doute, on comprend chaque chalet,
et puis on va vérifier l'un après l'autre s'il y a quelqu'un qui est dedans.
Puis après on fera la vérification finale sur les aques, etc. dans la dernière étape.
Puis au milieu de la nuit on a quand même une main,
il y a une pelle mécanique qui donne un coup de godet,
et puis il y a une main qui sort,
et puis c'est un jeune Raphaël Lagarde qui est vivant,
qui est en hypothermie mais qui n'a rien,
parce qu'il était sous une plaque de béton,
et voilà, c'est le miraculé de cette histoire.
Et je redescends au PC, on va dire, je sais pas, à 11h du soir,
et là on va commencer de mettre à très structurer,
à numéroter sur cette carte tous les chalets,
et puis à trouver les propriétaires, à faire les vérifications,
c'est plutôt une enquête de genre à moyen à ce stade-là,
où on va les contacter avec les services de la mairie,
mais en me aussi, et puis on va commencer à écarter les chalets
qui étaient vides les uns après les autres,
et puis après à un moment donné on se rend compte que certains n'étaient pas vides.
Ça c'est vers 2-3h du matin,
on a notamment cette famille,
quand le chalet a été loué,
personnelle est nouvelle,
leurs proches dans le jurat sont inquiets,
ils sont quelque part sous la neige, c'est sûr,
ils sont pas rentrés, ils n'ont pas fait signe,
aucune des organisations qu'on avait mis en place
pour recueillir des gens qui étaient en difficulté.
Bon, je remonte là, à ce moment-là,
pour réorienter les recherches,
parce que leur chalet,
il avait la partie supérieure qui avait été déplacée
vraiment loin du socle en béton,
en fait un chalet, c'est souvent un socle en béton,
et puis après, une partie supérieure qui est en bois,
et là, la partie supérieure en bois avait été éjectée,
et est allée assez loin en fait,
elle est allée au moins à 50 mètres.
Le sous-bassement en béton, en fait personne ne le voyait,
il était sous la neige,
donc en fait, personne ne cherchait à ce endroit-là.
On a commencé à orienter les pelles mécaniques vers ce lieu,
donc en faisant presque des mesures de géomètres,
pour dire que c'est la se passe.
Donc l'appel creuse sur l'embase de ce chalet,
touche la dalle en béton,
libère la neige,
on a la trappe de l'escalier qui se dégage,
et le sous-bassement est totalement sans neige en fait.
Le maître de chien est sans, avec son chien,
les secouristes se précipitent,
parce qu'on se dit, si ils sont là, c'est génial,
et en fait, on tombe, et ça je m'en souviens de toute ma vie,
on tombe sur les valises de cette famille,
avec les pyjamas qui sont sous les lits,
c'est pas le moment où les enfants pouvaient dormir,
et voilà, ils sont pas là.
Donc on est dans un moment où c'est assez désespérant,
parce qu'on avait mis dans les heures qui ont précédé ça
une énergie en espérant,
qu'il soit au bon endroit dans le chalet,
c'est à dire qu'il soit descendu, se mettre plutôt sous-sol,
et c'était pas le cas.
Vers minuit, on sait que, hors passant,
donc ça c'était le dernier risque qui nous restait,
qui était les gens qui auraient été sur place sans qu'on sache,
mais dans les habitations, on a la certitude d'avoir le bilan précis.
On a pu faire les levées d'août sur les vinges allées,
les oeufs après les oeufs, donc on a une vision précise.
Donc le bilan qu'on va annoncer très vite,
dans la première nuit à 10, plus de 10 paru,
ça sera le bilan final.
Cet avalanche est vécu comme un traumatisme dans la salle.
Le hameau de Mont-Rocq en se volit des familles décimées,
c'est un peu une partie du village d'Archentière,
qui a été engloutie à tout jamais.
Dès le mardi, on sent bien que c'est un événement exceptionnel.
Parce que d'abord, les gens le disent,
voilà, qu'il n'y a pas eu d'avalanche de cette nature-là depuis toujours,
en fait, dans la rivière de Chamonix,
il n'y a jamais eu d'avalanche qui ont fait des habitations,
il y a eu des morts dans des habitations dans la vallée,
mais cet ampleur-là, non.
Donc c'est une avalanche qui est au moins centenale, en fait.
Le mercredi soir, je me retrouve devant la Mérite Chamonix en direct
avec Alémédia Nationaux,
voilà, fait le bilan des opérations, etc.
Donc il y a encore un centre de réunion de crise le soir.
Là, je vais dormir quelques heures,
et en fait, dans la nuit du mercredi au jeudi,
c'est-à-dire 48 heures après l'événement,
je suis de nouveau appelé dans la nuit,
parce qu'une autre avalanche énorme
est venue dans un autre couloir touché des habitations.
Donc c'est le couloir de Tacona, pour pas le nommer,
donc c'est le glacier de Tacona.
Et donc moi, je pars tout de suite avec le maître de chien dans la nuit.
C'est-à-dire, à 4h du matin, on va sur place
pour vérifier que tout le monde avait bien libéré les lieux,
qu'il n'y avait pas des...
Voilà, et donc on a cette deuxième alerte qui fait vraiment froid dans le lot.
On se dit, bon, est-ce qu'on n'est pas reparti pour une deuxième avalanche,
alors qu'on a déjà pas mal mobilisé les ressources,
donc il y a quand même de la fatigue.
Et on va sur place, on arrive,
il y a ce tas de neiges qui vient buter contre les maisons,
mais voilà, ça n'a pas détruit d'habitation.
La avalanche a débordé du paravalanche,
elle a franchi le paravalanche,
elle est venue mourir sur un bâtiment,
mais voilà, il ne s'est rien passé.
Donc c'est un peu sur-froid quand même,
parce qu'on n'avait pas totalement interdit la zone,
on l'avait évacué, mais elle n'était pas totalement interdite d'accès,
parce qu'il y avait ce paravalanche,
il y avait cette sorte d'illusion, protection,
parce que c'est le paravalanche qui est censé être le plus grand d'Europe,
qui est une forme de médiatisation sur le fait qu'il protège très bien,
là, la avalanche était passée par-dessus.
Le vendredi, donc, on est toujours à la recherche de ces deux personnes,
donc on entrevue dans la nuit du jeudi au vendredi,
et le dernier en fait,
donc ça fait long quand même pour des familles d'attendre du mardi,
jusqu'au vendredi, c'était très long, les parents étaient là,
et moi je leur ai dit,
« Écoutez, on va sur place, je vais vous montrer, en fait,
je vais vous montrer nos difficultés,
et pourquoi on n'y arrive pas,
enfin voilà, on avance méthodiquement,
mais je monte avec la famille sur place, les parents,
et c'est vraiment à cet instant-là,
on arrive sur la, donc il fait très très beau ce jour-là,
c'est magnifique, la montagne est belle,
et on trouve leur enfant.
Donc il est sorti,
et là il y a une scène avec la famille qui est incroyable,
on est là, tout s'arrête en fait,
tout le chantier, c'est la fin de cette opération de sauvetage,
le corps de leur enfant est amené,
il y a un moment de recueillement,
ça, ça reste, c'est à la fois la fin du sauvetage,
mais c'est aussi une émotion très forte pour les familles.
On libère progressifement les axes,
on va alimenter aussi les villages,
le village qui est au-dessus pour les gens qui ne peuvent pas être nourris tout simplement,
donc il y a des érotations d'hélicoptères,
donc ça c'est les jours qui vont suivre,
on va réouvrir la route, les axes,
et puis voilà, et puis c'est une zone qui va être interdite
à la reconstruction jusqu'à aujourd'hui,
voilà, c'est un lieu maintenant,
qui est un lieu de mémoire,
il y a un monument,
et voilà, ça reste le lieu de ce drame, quoi.
Il faut savoir que la zone était réputée sur le couloir
que la nature abondante en preinte,
et on ne faisait pas partie des 108 corridor répertoriés
par lesquels s'engouffent habituellement des avalanches.
La zone dite blanche où avaient été construite les chalets
était qualifiée sans risque, et pourtant.
Quand on a commencé à travailler sur l'enquête,
on s'est rendu compte que les anciens nous avaient envoyé des petits messages
via la toponymy,
la toponymy,
c'est l'art de nommer les lieux,
mais en fait, autour de la zone de départ de la valanche,
qui s'appelle la combe de l'achat,
l'achat c'est la valanche,
il y avait le bec de l'achat,
et le bec de la clouie,
la clouie, c'est L-U-Y,
ou C-U-Y, selon le patois Savoyard,
c'est le souffle de la valanche.
Donc en fait, dans la mémoire collective,
on avait nommé ces lieux
pour nous alarmer.
Donc là aussi, on commence à comprendre que,
voilà, on a dépassé un petit peu à côté du sujet du risque,
et en même temps,
il y a eu d'autres choses qu'on va trouver dans l'enquête judiciaire,
sont des carnets
de la mairie d'Argentiaire, en fait,
qui ont été annotés par un...
Donc quand il y a une élaboration du plan d'urbanisme,
il y a une consultation de la population.
Donc avant de sceller le plan d'urbanisme,
il y a eu une consultation d'année 70,
il y a un grand grand guide,
qui s'appelle Armand Charlet,
qui, sur ce carnet,
où il y a la consultation en mairie,
à note, en disant,
à ce secteur-là,
en 45, les deux avalanches de la mémoire de ma famille,
lui, il habitait à Tré-le-Champ, juste au-dessus,
de la mémoire de ma famille,
les deux avalanches se sont touchées
en 1945,
et le note.
Et son annotation est barrée,
menteur,
il y a des insultes dans le cahier de consultation.
Donc ça, c'est des choses qu'on va verser à l'enquête,
à l'enquête judiciaire.
Parce que quelque part,
il y a eu une entreprise
pour estomper la mémoire collective,
qui n'est pas défacement,
mais en tout cas,
de cette mémoire du risque,
à travers ces consultations,
on voit bien que ceux qui avaient la mémoire,
on a tout fait pour les empêcher
de faire que cette zone devienne inconstructible
en 1970.
Ce drame, comme tout un tas de drames
qu'on va avoir demain,
qui est celui de la compréhension des risques naturels
dans son environnement,
qui, dans la puissance, nous échappe.
La nature, on voudrait la mettre dans une cage,
on voudrait la réguler,
on voudrait la domestiquer.
Voilà, c'est un peu le fantasme
de la révolution industrielle.
C'est aussi le fantasme du siècle des Lumières,
cette nature qu'on veut mettre dans une cage.
Alors là, on arrive à la fin de ce cycle.
Mon roc est un peu avant,
mais là, on est dans un moment de l'histoire
où la nature se réveille bien.
On peut juste prendre les épisodes,
ces venols,
les tempêtes qui se succèdent, etc.
Les incendies.
La prévision de mon roc, elle est simple.
On regarde le risque à travers
nos enjeux, notamment économiques.
L'enjeu de la Valet-de-Ciamoni,
comme de la plupart des Valets-de-Montagne,
c'est l'urbanisme.
Le roc de cet urbanisme reste toujours,
aujourd'hui, préniant.
C'était très fort en 1970,
mais on avait encore une forme de naïveté,
en disant si on construit des paravalanges,
si on met des dix,
si on essaie d'avoir des plans,
on va peut-être arriver,
le plan a été très élaboré d'ailleurs,
on va peut-être arriver à juguler la nature.
Chaque fois qu'il y a ces événements,
on redécoupe que cet événement,
il a déjà eu lieu,
là, c'était en 1945.
Et en 1848, il y a deux avalanches
qui ont été retrouvées
sur le même site que Mont-Roc,
non pas il y a mille ans,
mais 1945, 1848.
Donc ça veut dire que c'est une avalanche
qui est centenale.
Toute la cartographie des risques en France,
elle prenait en compte le risque centenal.
Je ne dis pas qu'il fallait prendre le risque tricentemale,
qui était un débat politique,
là, ces dernières années,
de savoir ce qui est en bas jusqu'à 300 ans.
Et qu'est-ce que c'est 300 ans,
à l'échelle des crues, des incendies,
des eruptions volcaniques,
des transventaires, c'est rien.
Donc en fait, on a une espèce de décalage,
entre le temps de la nature,
le temps long de la nature,
qui va durer des millénaires,
et avec des choses qui se passent,
des glaciers qui avancent, qui reculent,
des mers qui montent, qui descendent.
Et puis nous,
qui essayons de mettre le risque
à notre portée, en fait.
Finalement, on fait en sorte d'écrire
une réalité qui est celle de nos fantasmes.
Donc la vraie Chabonni, effectivement,
c'est 117 couleurs d'avalanches,
des grands, des petits, des larges,
donc il y a de tout.
Il y a des avalanches majeures,
des grandes ampleurs,
l'avalanche du Broja, de Tacona.
Donc c'est des avalanches
qui partent à plus de 4000 m d'altitude,
donc c'est très très haut.
Qui n'est pas suivi en hôtel étude,
il n'y a pas de station météo
plantée partout dans le massil mont blanc.
Il y a plusieurs endroits,
l'aiguille du midi extérieur,
mais c'est pas suivi en particulier.
Donc on sait pas,
de manière microscopique,
dans la micro météo,
ce qui se passe réellement
dans les bassins d'alimentation
de ces avalanches.
La problématique majeure aujourd'hui,
c'est que,
donc il y a des habitations partout,
il y a aujourd'hui en L'Héchamonie,
il y a 9000 habitants à l'année,
mais il y a 50 à 60 000 lits.
Donc il y a, en haute saison,
vous allez avoir 50, 60 000 personnes
dans la vallée.
Donc c'est quand même comme
s'il y avait une ville,
au milieu de ces 117 couleurs d'avalanches
qui sont en bordure de chacune,
de saison, qui sont construites.
Donc il y a eu d'énormes progrès
dans la manière de gérer l'information,
la prévention, l'évacuation,
avec des automates d'alerte,
avec une cartographie qui a été revue,
etc.
Donc la partie préventive,
évacuation, etc.
Elle est bien organisée.
Mais le problème c'est que,
moi j'habite dans une zone qui est exposée,
chaque fois que l'avalanche est produite,
donc là on y habite depuis 15 ans,
elle est tombée 3 ou 4 fois,
donc avalanche majeure,
elle est parfois débordée de la paravalanche.
En fait on n'a jamais eu
la décision d'évacuation.
Elle est venue toujours après,
à Posteriori.
Parce que ça nous amène à une question
qui est fondamentale aujourd'hui,
c'est qui dit le risque,
qui dit que la tempête va arriver,
que la crue va arriver, etc.
C'est météo France.
Donc météo France avait des stations partout en France
avec de la captation d'informations de données
et des humains pour analyser les données.
Mais je crois qu'ils ont diminué
d'un tiers leurs effectifs,
météo France, pour miser sur la data,
sur l'intigence artificielle,
sur les satellites.
Mais un satellite, il ne va pas donner
ce que le vieux paysan,
la réchamonie,
observait toute l'année en levant la tête,
en disant que la personne de météo France
qui travaillait depuis 10, 15, 20 ans à Chamanie
savait, parce qu'ils avaient
ce réseau humain d'observation.
Donc en fait, la problématique
aujourd'hui de l'analyse des risques,
c'est qu'on a mis de la data
à la place des humains.
Mais un risque, c'est beaucoup d'analyse fine, en fait.
Le risque, c'est la rencontre
d'une précipitation avec de la neige
qui va tomber, et puis d'une géographie.
Si la montagne allait creuse,
elle va réceptionner beaucoup de neige,
ça va être un point de départ
de la Vallonge, il y a une forme d'intelligence
du terrain qu'il faut conserver.
Et ça, pour le coup, à Chamanie,
ils ont remis en place, à ces 2-3 dernières années,
un réseau d'observateurs humains, des guides.
Voilà, mais on est encore au début de ça.
Je dirais, Monroc, c'est 1999.
On est en 2023.
On commence à se dire
que le risque, on n'arrive plus à le percevoir
dans sa subtilité.
J'ai une très bonne relation
avec l'association des victimes de la Vallonge de Monroc,
qui s'appelle l'Erap,
qui est là pour aider les pouvoirs publics
à essayer de prendre conscience de ça,
qui n'est pas doublie, en fait.
Ce qu'on a fait ces 2 dernières années,
c'est d'évoquer ces risques futurs,
ce que j'appelle la combinatoire des risques.
La Vallonge, c'est un risque, ok.
Mais qu'est-ce qu'il y a à Chamanie ?
Il y a aussi quelques glaciers.
Et on a eu pour la première fois
l'année dernière en Europe,
chose qui s'était passé en Himalaya,
en Alaska déjà, des glaciers qui sont partis
dans la masse.
Avec le richement climatique,
les masses de glace qui sont dans les pantalatimes en raide,
si la zone d'adhésion du glacier,
sur la paroi rocheuse,
est à plus de 0°,
le glacier glisse.
Il ne faut pas avoir fait de la même chose,
il y a des grandes études d'ingénieurs
pour comprendre qu'une masse de glace,
de milliers de millions de tonnes,
accrochée en une pente à plus de 45°,
s'il fait plus 0, ça part.
Ça va partir.
Donc en fait, on a des bases glacières
qui sont fragilisées,
au-dessus de cette même vallée de Chamanie.
Donc le risque que l'acier est aujourd'hui
de défoncement de glaciaire majeur,
il n'est pas encore dans le scope.
On est encore sur le schéma, les avalanches.
Alors tous ces risques nous disent
qu'on ne peut pas massifier
l'urbanisme en montagne.
Il y a une réalité.
On ne peut pas dire qu'on fait des villes à la montagne,
qu'on fait des grandes routes
qui passent au milieu des cours d'eau.
Je pense toujours à la Vésubie.
Oui, il faut avoir une approche prudente
de l'espace de montagne.
Il faut faire aussi attention.
Alors là, on est toujours
dans la logique de l'hypertourisme,
de dire on amène des flux pour l'activité
estival et surtout évernal du ski.
Je pense qu'il y a une vraie mutation
pour en faire des lieux habités
au sens total du terme,
habité au sens même philosophique
par des gens qui aiment
cet environnement-là, mais qui l'aiment
en étant vigilant et en observation.
On ne peut pas avoir des gens qui ne comprennent pas
ce qui se passe. On va avoir des gens éduqués
à ces risques, des gens qui ont une conscience
citoyenne de ces dangers qui sont là.
Parce que c'est que par cette conscience
collective qui est bien partagée
qu'on va pouvoir à la fois prévenir
mais aussi s'adapter
en cas de malin.
Parce que les événements
on peut quand même aussi se dire
on n'est pas
abétis en attendant que la valanche
tombe sous le coin d'une éni on peut essayer
d'être actifs, de dire maintenant je quitte
ma maison quelques jours, je n'ai pas besoin
d'avoir un maire, un préfet qui me dise
quitte ta maison si je suis un peu éduqué
et j'essaie de me tromper
en tout cas j'ai une culture du risque
alors je ne dis pas qu'il faut avoir
une culture globale mais c'est une culture
de sécurité civile en fait. Aujourd'hui
on est toujours à se reporter sur l'état en disant
l'état n'a pas évacué, l'état n'a pas
a pas déclaré la zone en zone
de catastrophe naturelle donc je ne vais pas
avoir les assurances, on attend toujours
non mais si tu veux vir à la montagne
soit à montagne, et ça serait
une manière aussi de te prendre en main
et essayer de toi-même
de déjouer
mais il faut éduquer, éduquer, éduquer
les gens pour qu'ils comprennent ce qui se passe
Je pense qu'on a une approche très ludique de la montagne
et j'adore grimper, j'adore skier
mais il y a une autre dimension
il y a deux volets à la montagne
cette dimension récréative
on peut l'appeler comme ça même si je n'aime pas trop ce mot
et puis il y a une dimension de la nature
la nature qu'on respecte, qu'on observe
qu'on essaie de comprendre, qu'on observe
dans son changement, dans ses évolutions
et ça c'est l'autre versant
mais on ne peut pas se contenter de consommer
de la montagne sans s'intéresser
à ce qu'elle est, ce qu'elle est en train de devenir
ses évolutions pour essayer de nous-mêmes
de nous adapter et d'essayer de faire les choses
différemment. Donc moi le message
il est hyper simple, la mémoire
de mon rock c'est juste que c'est un événement
on peut dire que c'est pas beaucoup douce mort
c'est pas le drame du siècle
il y a plein plus de morts sur la route
il y a plein plus de morts des cancers etc
oui d'une certaine manière c'est vrai
mais c'est juste que c'est un événement
qui pour moi doit être
un espèce de
cataliseur de la conscience
en fait que quelque part on est toujours
dans le même scénario aujourd'hui
plus de 20 ans après
on n'a pas beaucoup progressé malgré tout
on a fait des petites choses mais on a quand même
continué à y urbaniser, il y a beaucoup de grus
donc on a continué le même chemin
on a un peu fait de la cosmétie
qui avait des commissions de sécurité
des plans de prévention etc
mais on n'a quasiment rien fait pour comprendre
la cinétique des risques
les risques complexes, la combinatoire des risques
ça on n'a pas beaucoup travaillé là dessus
et pourtant c'est la clé
parce que le reste c'est que
le plus correctif là dessus
c'est pas considérer la montagne
comme un espace urbain
c'est un espace très différent
et aussi écouter ce que
des zones nos anciens nous ont laissés
il y avait des traditions de
s'installer dans certains endroits, on respectait
on laissait des alpages, non habitées
on laissait des zones où la nature pouvait
absorber l'eau, absorber
absorber le souffle de la valanche
voilà on laissait l'espace et puis on
soufflait un cabanon avec du fouin
dans l'intérieur mais c'était la grange
c'était pas grave, c'est cet esprit là
d'effet mère qu'on doit aussi réapprendre
on n'est pas toujours habité tout le temps
parfois on habité une période
et puis après on va aller ailleurs
et puis la montagne c'est aussi cette dimension
les peuples anciens
du Népal, les Sherpas
les Hossaf très bien
nous on a perdu ce savoir
du respect de la nature, de s'adapter
d'essayer de pas trop en rajouter
20 ans plus tard
Blaise Agresti est un expert
reconnu du secours en montagne
et de la gestion des crises
il a aussi conduit diverses coopérations
dans le domaine de la formation
en Inde, en Chine et au Népal
s'il est venu nous raconter
cette histoire c'est pour s'assurer
que les souvenirs du drame de Montroc
ne s'éteignent pas et qu'on puisse
en tirer collectivement les leçons
qui s'imposent pour le futur
car en bon enfant de la vallée
il veut que la montagne demeure
un lieu de joie, de plaisir et de merveillement
Les Balladeurs est un podcast du
Médialéozers, cet épisode a été
réalisé par Tom Affir
assisté par Nicolas Alberti
cette histoire a été présentée
par Clément Sacar, la musique
est composée par Nicolas de Ferrand
Chloé Weibo s'est assuré du montage
et le mixage a été
assuré par Antoine Martin
du studio Crispy Records
A bientôt

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Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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