Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
La jeune fille est le Ligra.
Au milieu de la brousse, très loin de tout se trouve un petit village.
Tous les jeunes sont partis parce qu'il y a plus de vie en ville.
Les parents de Jaya, eux, ont décidé de rester pour s'occuper de leurs aînés.
Le calme du début de soirée est perturbé par l'arrivée d'un énorme 4x4.
Cinq aventuriers en descendent.
Ils se présentent comme de simples touristes venus admirer la beauté de la nature.
Comme à la coutumée, le village leur offre l'hospitalité.
Jaya adore les étrangers.
Leurs histoires la font voyager.
Alors même s'il est un peu tard, elle se faufile jusqu'à leur maison, se poste
à côté d'une fenêtre et tend l'oreille.
Reposez-vous bien.
Demain, on part débusquer le Ligra.
Et si c'est juste une légende, on rapportera d'autres trophées.
Les autres applaudissent, s'encouragent.
Puis la lumière s'étend.
Jaya est pétrifiée.
Ce ne sont pas des touristes, mais des chasseurs.
Elle court chez elle et raconte tout à sa mère qui l'écoute attentivement avant
de répondre résignée.
On ne peut rien y faire.
Mieux vaut ne pas se frotter à ses gens.
Mais le Ligra, il pourrait lui.
C'est une histoire pour enfants.
Ça ne sert à rien contre eux.
L'envie de protester de Jaya est stoupée net par les gros yeux que lui fait sa mère.
Sans un mot, elle lui désigne son lit.
Jaya se couche à contre-coeur et n'arrive pas à trouver le sommeil.
Alors, après s'étrassurer que sa maman dort profondément, elle sort discrètement
de chez elle et rejoint D'Orlot, le seul autre enfant du village.
Il passe son temps à écouter les vieux pour consigner leurs histoires dans ses cahiers.
S'il y a bien quelqu'un qui pourrait l'aider, c'est lui.
Elle ne frappe à la fenêtre.
Rien.
Elle insiste.
Sa grogne.
D'Orlot finit par ouvrir sa fenêtre.
Les yeux mi-clo, les cheveux en pétard.
Jaya se faufit là-intérieur et à voix très basse, elle raconte.
A la fin de son récit, D'Orlot prend un air très sérieux.
Ce n'est pas qu'une légende.
Plusieurs vieux m'ont juré l'avoir aperçu quand ils étaient jeunes.
Le protecteur de la plaine.
Millions, mi-tigres.
Ils m'ont dit qu'il était plus imposant qu'un hippopotame, plus rapide qu'un gay
par et plus fort qu'un éléphant.
On doit le prévenir.
Mais personne ne l'a vu depuis des années.
D'Orlot, il faut essayer.
D'Orlot se gratte la tête, ferme les yeux, puis se lève d'un bon en s'écriant.
Je sais, la dernière fois qu'on l'a vu, c'était à côté du grand néré, l'arbre
gigantesque au sud du village.
Commençons par là.
Les deux amis s'y donnent rendez-vous le lendemain.
Mais Jaya est trop impatient et décide de s'y rendre sept mi-mêmes, aussi noirs soit-elle.
Dans la paix-nombre, Jaya ne tarde pas à voir une ombre colossale apparaître à l'horizon,
isolée de toutes les autres.
C'est le grand néré.
Un arbre sacré, plus vieux que le village lui-même.
Son feuillage dessine un immense arc de cercle avec les branches qui touchent le sol de chaque
côté.
Dans des normes troncs, un trou gigantesque.
L'intérieur est vide et plongée dans l'obscurité.
Comme elle n'y voit rien, elle décide d'attendre les premières lures du jour pour trouver
un indice qui l'amènera jusqu'au l'igre.
Jaya sombre dans le sommeil, bloutie entre deux énormes racines du grand néré.
Les premiers rayons du soleil qui perce l'épée branchage la réveillent.
Elle y voit clair et s'empresse d'examiner la tanière.
Rien.
Il n'y a rien hormis quelques touffes de poils qu'elle fourre dans ses poches.
Au moment de se relever, elle perçoit des bruits.
On dirait un énorme sac que l'on pose par terre dans lequel on farfouille en prenant
soin de jeter tout ce qui passe par la main.
Et si c'était l'un des chasseurs ? S'il attaquait ?
D'un autre côté, attendre ne servirait à rien puisqu'elle allait de toute façon
venir sous le néré.
Elle en est là de ses réflexions quand la voix d'un vieil homme s'élève, plaintive.
« Non, non, non, je n'ai pas pu la perdre.
Comment vais-je faire maintenant ? »
Jaya n'a jamais entendu de voix aussi triste.
Elle pointe le nez hors de sa cachette.
C'est un vieil homme, tout sec.
Les rares cheveux sur son crâne sont tout gris.
Ses yeux sont recouverts d'un voile blanc.
Un bric à braque d'objet est répandu à terre.
Le vieillard entend Jaya s'approcher et pose sur elle un regard vide.
« Pourriez-vous m'aider ? »
« Je peux essayer ? » lui répondait l'ésitante.
« J'ai perdu une photo.
Je ne l'ai pas trouvé dans mon sac.
Peux-tu être mes yeux ? »
Jaya examine municieusement le tas d'objets et retrouve au milieu d'un vieux carnet
de notes la fameuse photo.
C'est un cliché de lui, plus jeune, entouré de sa famille.
Un sourire plein de larmes et de gratitude, le vieillard sert la jeune fille dans ses bras
avant de lui demander ce qu'elle fait là.
Elle lui raconte tout.
Il regarde le ciel, l'air songeur en se frottant le menton.
« J'ai une amie capable de tout retrouver.
Elle s'appelle Sike.
Elle habite la colline noire. »
Un frisson parcourge à Yaya.
L'endroit est maudit.
Il y a fort longtemps, le feu a dévouré la région.
Puis, petit à petit, la végétation a repris ses droits, sauf sur la colline.
Aujourd'hui, c'est un champ de cendres parsemées d'arbres calcinés.
Impossible pour quelqu'un d'y vivre.
Mais c'est la seule piste qu'elle a.
Alors elle se met en route.
En chemin, elle pense à Dorlot.
Elle aurait voulu qu'il soit là.
À ce moment précis, des cris attirent son attention.
Elle s'arrête, regarde derrière elle et aperçoit Dorlot qui court à sa rencontre.
Après plusieurs heures de marche, le paysage de Bruce prend fin.
Comme si quelqu'un avait tout arraché pour déposer un tapis de cendres tout lisse.
Devant les deux amis, la colline noire se dresse, menaçante.
Les arbres ressemblent à des monstres tordus.
En haut de ce paysage désolé, une cabane.
Ils vont pouvoir retrouver le ligre.
Jaya se sent plein d'espoir.
Dorlot lui sert la main, peu rassurée.
Elle la lui sert à son tour pour lui donner du courage.
Au fur et à mesure de leur ascension, l'air devient plus frais et le ciel se couvre de nuages tout gris.
La main de Dorlot se crispe.
Jaya continue d'avancer, sûr qu'une fois devant la cabane, tout ira mieux.
Soudain, une petite voix murmure à son oreille.
« On est sur, petite. »
Jaya sursaut, imité par Dorlot.
« Crois-tu que tu peux faire fuir des chasseurs avec une histoire pour enfants ? »
Jaya s'arrête et inspire un grand coup pour garder son calme.
« Dorlot, il faut qu'on se presse. »
Mais le garçon a un mouvement de recul.
Il pointe un doigt tremblant devant lui.
« Une araignée, une araignée, une araignée. »
Une araignée titanesque leur bloque la route.
Elle est plus noire que la nuit, plus grande qu'un éléphant.
Ces huit yeux rouges fixent avec apétit les deux enfants.
Avec une rapidité déconcertante, elle lève ses deux pattes avant pour les abattre sur les enfants.
Jaya ajuste le temps de saisir Dorlot pour plonger sous le monstre.
Les enfants se relèvent comme des ressorts.
Ils courtent à perdre à l'Ainne sans se retourner.
Plusieurs jets de toile d'araignées s'abattent à quelques centimètres d'eux.
Un hurlement de colère résonne suivi du martélement des huit gigantesques pattes de l'araignée.
Puis, le silence.
Une ombre.
Et l'araignée a terri lourdement devant eux.
« Partez ! »
« Jamais ! »
Jaya est terrifiée, mais la colère prend le dessus.
De rages et de désespoir, elle frappe de ses petits points l'une des énormes pattes du monstre.
« On n'a pas le droit ! On doit voir si qu'est ! »
Puis elle s'effondre à genoux.
« Les chasseurs ! Ils vont ! Le lignes pourrais ! »
Une explosion de lumière.
L'air devient plus doux, le ciel bleu, mais surtout la colline resplendit.
Les arbres sont pleins de vies et le sol recouvert de fleurs que Jaya n'a jamais vu.
À la place de l'araignée, une femme plutôt ronde et joviale leur fait face.
Son sourire est plein dedans en moins.
Elle porte une longue robe noire, une quantité impressionnante de bijoux autour de ses poignets et de son cou.
Un large bonnet bariolé enveloppe ses cheveux.
« Venez ! On doit se mettre au travail ! »
Les deux enfants la suivent chez elles entre peur, soulagement et incompréhension.
L'intérieur de la cabane répond à tous les critères d'une maison de sorcière.
Il y a plein de toiles d'araignées et une foule d'insectes qui vivent leur vie.
Les murs sont couverts d'étagères ou reposent tout un tas de bidules bizarres.
Ça sent le souffre et les poubelles.
Il y a aussi une grosse marmite ou un épée liquide noirâtre boux.
« Pour trouver ce que tu cherches, il me faut quelque chose venant de lui. »
Jaya sort de sa poche une touffe de poils.
« Bien, bien ! On va pouvoir commencer ! »
La sorcière saisit la touffe, virevolte autour de ses étagères,
puis jette tout ce qu'elle a pris dans la marmite.
Une formule brodouillée, une mini pétarade, un petit nuage de fumée
et un minuscule papillon apparaît pour se poser sans attendre sur le nez de Dorlot.
Siquez, lâchez un rire gras.
« Eh bien, eh bien ! Je crois qu'on a trouvé le ligre ! »
Le garçon sourit et sort de la maison sans un mot.
Jaya penche la tête, le regard perdu.
La sorcière lui donne une petite tape dans le dos pour la faire avancer.
Dehors, Dorlot s'étire, sa voix se fait plus grave et rocailleuse.
« Lorsque les jeunes ont commencé à quitter le village et à se désintéresser de leur terre,
j'ai été dévoré par le chagrin.
J'ai hurré dans la plaine pour réfléchir.
Au cours de mes réflexions, une chose intéressante m'est apparue.
Toi, Jaya.
Jaya le regarde incrédule.
Dorlot retrouve sa véritable apparence, semblable à ce qu'en dit la légende.
Sans un guide, le ligre n'est rien.
Au cours de ton périple, tu as fait preuve de bonté, de patience et de courage.
Je serai honoré de faire fuir les chasseurs et de protéger la plaine à tes côtés. »
C'était une petite histoire de Telmy.
Écrite par Mathieu Genel et raconté par Arnouguillou.
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