Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Il n'y a pas d'alligatoires dans les égouts.
C'est l'hiver.
Le canard l'est en partie gelé et la nuit est complètement tombée.
Une tortue glisse sur l'étendue d'eau figée comme un gros galé qui danse.
C'est Janine Caillou, la tortue de Floride qui ne parle pas un mot d'Américain.
Une petite fille à Couette l'avait gagné au stand de pêche au canard d'une foire.
Elle était installée dans un bac rose avec un palmi en plastique vert.
Puis, elle s'était lassée et avait offert à Janine un billet pour l'attraction nautique
du moment.
Cuvette et chasse d'eau.
Au début, Janine avait trouvé ça rigolo.
Les éclaboussures, les virages serrés, l'eau dans le nez et son petit rire qui résonne
dans ce grand tube.
Mais on ne va pas se mentir.
Janine trouve vite que les égouts s'amanquent cruellement de palmi en plastique.
En plus, les petits trucs rudement appétissant qu'elles gobbent sont bien souvent des vieux
bouts de machins dégoutants.
Au fil des mois, elle apprivoise ce nouveau monde mais n'y trouve pas sa place.
Même si elle se fait quelques amis, une carpe, pas très bavarde, une perche un peu tendue
et à l'occasion, un furé qui se perd dans l'obscurité, eux ne restent jamais longtemps
alors qu'elle, impuissante, reste coincée dans les égouts.
La lumière du jour lui manque.
Là-dessous, on trouve de tout, mais à ta ton et dans le noir.
Lorsqu'elle doit remonter respirer, elle cherche du bout des pattes quelque chose qui
fera office d'échelle.
Elle tâtonne, une patune après l'autre et fine n'y proposez les pattes sur un tuyau.
Ce dernier se montre étrangement amical.
Il s'envoule autour d'elle et lui fait craquer la carapace.
C'est un anaconda échappé d'un magasin d'animoexotique.
Janine et Caillou aval péniblement s'assalivent lorsque ce dernier lui fait face avec ses yeux jaunes.
« Donc tu n'es pas du tout un tuyau ? »
Le serpent colle son museau sur celui de la tortue et lui château les narines d'un coup
de langue.
Blanche comme un linge, elle rigonne.
« Fiches-toi de bigre, ça m'ennuie un peu de finir comme ça.
« SMACK ! »
Un bisou claque comme un fouet humide sur le front caleux de la petite tortue.
Cet dernier, qui se voyait déjà englouti comme un petit peton dans une chaussette,
ouvre de grands yeux étonnés.
L'anaconda la regarde en souroyant.
« Oh lolo ! Tu m'as fait une peur bleue ! »
« Ah ! Moi j'aurais dit plutôt, vert et de peur.
« SMACK ! »
Un deuxième bisou tonnitruant résonne dans les galeries étroites des égouts.
« Enchanté, je m'appelle Poutou qui pète.
Et toi ? Tu es ? »
Tout retourné et pour une tortue sonné par rien, elle répond « Je m'appelle Janine Caillou.
Le serpent lui sourit de toute sa myriade dedans en blanche et tranchante.
On remonte pour y voir plus clair.
« SMACK ! »
« Avec plaisir, mais tu pourrais arrêter de me faire des bisous s'il te plaît ? »
Janine fait la grimace.
C'est qu'elle est humide qu'elle n'a pas demandé ses très gênants.
Poutou qui pète ouvre de grands yeux étonnés.
Il n'a jamais imaginé que cela puisse poser problème.
On ne lui a jamais rien dit.
« T'aimes pas les bisous ? »
« Si, mais on ne se connaît pas assez pour ça. »
« Pourquoi ? »
La tortue lui explique alors qu'il faut être très copain pour se permettre ses gestes d'affection.
Certains aiment bien, d'autres pas du tout, et certains détestent les bisous.
L'important, c'est que l'on soit sur la même longueur d'onde.
Il faut prendre le temps de devenir proche.
Poutou est embarrassé.
Il a envie de se faire pardonner, mais d'habitude pour ça, il fait des bisous.
S'il avait des doigts, il est ordré de stress.
Devant sa mine des confites, Janine lui sourit avec bienveillance.
Il a l'air d'un bon petit gars.
A bien y regarder, Poutou qui pète à davantage l'air d'une grande guillemouv à la pistache que d'un dangereux prédateur.
Le serpent l'est fait remonter à la surface en pensant à ce que vient de lui expliquer Janine.
Cette tortue n'est pas une tortue comme une autre.
Janine en verlan, ça fait ninja.
Quand on a une tortue vive en dans les égouts, un surdon pareil s'en jette.
Janine le tire de ses pensées.
Ça te dirait de changer d'air ? Allez-là où l'eau est moins verte ?
Un air sauvage passe dans les yeux de Janine.
Comme un appel à la nature, elle est déterminée à ne pas finir ses jours dans une eau ou flotte du plastique.
Tu n'aimes pas ta vie, si ?
Non. Pour tout dire, je déteste vivre dans cette eau froide qui sent la tartiflette pas fraîche.
Je suis faite pour la chaleur et le soleil.
N'en parle pas. Je suis pareil. Mais comment faire ?
Dans les égouts, j'ai rencontré quelqu'un qui peut nous sortir d'ici.
Mais il a besoin d'un truc à pler, burger. Et là-dessous, ça n'ache pas à tous les coins de tunnel.
Je connais la surface. Je dois pouvoir te trouver ça.
Formidable ! On se retrouve au dernier pont avant l'écluse rouillée dans une heure.
Janine Caillou laisse partir pour tout qui pète en se disant qu'elle a rudement de la chance d'avoir rencontré cette grande saucisse bizouilleuse.
Comme quoi, la première impression n'est pas toujours la bonne.
L'anaconda prend les choses en main. Et comme il n'en a pas, demain, c'est dire les efforts qu'il déploie.
Il va dans l'arrière-cours d'un fast-food et attend que les hommes fassent du gâchis.
La poubelle se remplit de nourriture en pagaille. Il attrape un plateau et, au prix de nombreuses contortions et d'ingénieux en tortillage,
Poutou accomplit sa mission avant de retrouver la tortue de Floride à leur dite.
Il lui confie le tout et le fait disparaître illico dans sa carin passe.
Il attend ensuite l'arrivée de l'ami de Janine.
Un furais pointe sa bouille masquée de sous le pont et la tête à l'envers entame la conversation comme si de rien n'était.
Vous devineriez jamais ce que j'ai vu. Un pigeon qui faisait du surf et sur le toit d'un taxi et un chat qui poursuivait des rats en patins à voile.
Janine sourit. Il court le furais raconte toujours des histoires incroyables.
Dans une cascade qui n'a pas l'air maîtrisée du tout, le furais descend du pont et de sa démarche de chenilles trottinantes les rejoins.
Dubitatif, il observe l'anaconda comme s'il découvrait un grand travers saint vers doué de paroles.
La curiosité l'emporte sur la prudence, il s'approche.
« Smak ! »
« Hé ! Tu dégaines vite les bisous, dis-donc ! »
« Désolé, c'est le stress ! »
Il se tourne vers Janine.
« Tranquille, Emile, ami reptile. Je gère fougère, cher mammifère.
Bon, j'ai trouvé un passeur pour nous faire traverser. »
Il s'installe pour parler sérieusement.
Poutou fait office de ban sur lequel Janine et Ilcourt posent leur petit pot-pot de ta.
L'heure est grave.
Ce soir, ils prennent le départ pour une nouvelle vie.
Si tout se passe bien, Janine va enfin découvrir la Floride.
Mais pour ça, il faut d'abord traverser les tourbillons de la nuit éternelle.
Une rivière souterraine infestée de péniches et crabouilleuses, de chauves-souris, vampires,
de blattueuses et d'un alligator affamé.
Personne n'en est jamais ressorti vivant.
L'ami du furais est censé pouvoir les guider de l'autre côté en toute sécurité.
C'est un rincon d'un très urbain, amateur de burger.
Vous avez ce qu'il faut ?
Deux menues, gras gras gros gros, avec des frites et un cheese carton sans sauce.
Parfait. Mets ton nom en route.
Janine et Ilcourt font du snack-board debout sur Poutou qui foncent ventre à terre.
Ce qui en soi n'est pas extraordinaire pour un serpent.
Arrivé devant l'entre-et-béante du souterrain, les trois compères s'arrêtent.
Un peu inquiet. L'ouverture ressemble à une bouche de monstres
qui ne s'est jamais lavé les dents ou alors avec un tournevis.
Tout est calme, reposé. On entend des clochettes tintinabulées.
C'est Grolo, le passeur ragondin.
Il remonte le canal à la pointe d'un V formé à la surface de l'eau.
Une fois arrivé à la hauteur du trio, il monte sur la berge et les salue d'un hauchement de tête.
Bling bling. Grolo ne parle pas.
Il a un Grolo coincé dans la gorge qu'il en empêche.
Il l'a valé un jour où il nageait la bouche ouverte.
Cela ne semble pourtant pas empêcher. Il cours de le comprendre parfaitement.
Bonsoir Grolo. On est paris pour la grande traversée.
Bling bling.
Évidemment, pour qui tu nous prôles ?
Caillou sans les burgers.
Janine disparaît dans sa carapace. Elle bidouille, fouille, farfouille et ressort avec le plateau
sur lequel sont posés deux boîtes en carton à peine tâchées
contenant deux hamburgers grâdes et frites molles
et un sandwich emballé dans du papier moche.
Grolo s'empart du plateau et se dendine jusqu'à la berge.
Il le pose à la surface de l'eau et le pousse doucement vers le milieu du canal.
Il court se penche vers le ragondin.
C'était pas pour toi les burgers ? Bling bling.
Comment ça, il est plus calme le ventre plein ?
De qui tu parles d'ailleurs ?
Grolo montre le plateau flottant.
Quelque chose se dirige vers le morceau de plastique en troublant l'onde à sa surface.
Un sous-marin dans le canal.
Des vélos abandonnés, des vieux pneus, du plastique à gogo et des poissons pas très enfants mouilles
mais insumersibles, c'est du jamais vu.
Tout à coup, deux grosses mâchoires claquent sur le repas gratuit.
Les trois voyageurs sursautent.
Un crocodile blanc fait surface.
Il roule un œil dans leur direction, nage véreux et pose sa grosse tête sur la berge.
Poutou, Janine et Ilcourt sont pétrifiés de peur.
Bon, bonjour.
C'est vous les courageux voyageurs qui allez m'escorter à travers le tunnel qui fiche la trouille ?
Enchanté, je m'appelle, n'en parlons plus.
Le crocodile binault se les considère comme des compagnons de voyage et pas des snacks pour combler un petit creux.
À cette révélation, tout le monde se détend.
C'est nous qui vous escortons ?
Oui, on ne sait pas trop ce qui traîne dans ce tunnel.
Je serai plus rassuré avec vous.
Alors ça, un gros lézard comme vous, j'aurais juré que vous n'auriez peur de rien.
Vous voulez un bisou ?
Non merci, peur de rien. Vous rigolez.
Il paraît qu'il y a un alligator là-dessous. Vous savez à quoi ça ressemble ?
Euh, non, pas vraiment. Et vous ?
Ah bah, moi non plus, mais ça a l'air terrifiant.
Et vous, vous êtes quoi comme genre de bestioles ?
Un crococo, un crocodile d'une île.
Ah ? Vous avez pas tous disparu ?
Non parlons plus.
Oui, on se met en route.
Non parlons plus en barre que les trois voyageurs sur son dos.
Ils font leurs adios à Grelot en le promettant de lui écrire une carte si tôt arrivée et s'enfonce dans les ténèbres.
Durant des mois, personne ne suit ce qu'il leur arriva.
On présagea du pire. Puis un jour, Grelot reçut une carte postelle qui disait.
Le voyage par-delà les eaux vives et salées n'ont pas été de tout repos, mais nous sommes bien arrivés en Floride.
Poutou et non parlons plus passe leur temps dans l'eau chaud des cristallines.
Il court bronze sur la plage et Janine apprend enfin l'Américain.
Merci Grelot. Bis.
Écrite par Mathieu Genel et raconté par Arnouguillou.
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Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org