Trop pressé d’arriver

Durée: 8m46s

Date de sortie: 08/08/2019

Dès que l’on part en vacances, Papa est toujours stressé et obsédé par le temps. Cet été-là, il bouscule une vieille dame, sans s’excuser ! Elle nous maudit : on se perdra jusqu’à ce que papa soit moins pressé...


Crédits

Les p'tites histoires est un podcast de Taleming

Histoire écrite par Mathieu Genelle, racontée par Arnaud Guillou

Mix : Abel Chéret & Maxime Nass

Générique : Benoît Nass

Illustration : Olivier Danchin


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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petit histoire.
Trop pressé d'arriver.
Ce matin-là, la porte de ma chambre a explosé.
La lumière s'est allumée d'un coup et ma couette a été arrachée.
J'ai grogné et j'ai serré mon coussin comme un doux-doux.
Mon père a sa façon bien à lui de me réveiller.
Debout, c'est des vacances.
Débêche-toi, on parle dans 10 minutes.
Quel injustice.
Réveiller plus tôt que pour aller à l'école.
À 5h du matin.
Le premier jour des vacances.
Mais mon père est comme ça.
Stressé, décomparant vacances.
Il veut à tout prix éviter les bouchons.
Remarquez, moi aussi.
Sur la route, dès que l'on ralentit ou pire que l'on se retrouve coincé,
papa se crispe sur son volant et se ratatine comme une vieille pomme.
Et d'un coup, j'ai le droit à un concerto en grognement majeur,
entrecoupé d'expression bizarre comme tête de slip ou courge de l'espace.
Même si ça peut faire sourire, ce genre de moment est horrible.
Ça me stresse tellement que j'ai des frissons dès qu'il y a un peu trop de voitures devant nous.
Alors, pour éviter de passer un sale long moment,
je glisse de mon lit, je bondis dans mes vêtements et je file dans la voiture.
Je n'en reviens pas.
Même super tôt, il y a du monde sur la route.
Il doit y avoir plein de gens stressés des vacances comme papa.
Il a une tête constipée jusqu'à ce qu'on dépasse le premier péage.
D'un coup, il y a moins de monde.
Il se détend un peu.
Mais toutes les 2 minutes, il jette un coup d'œil sur son GPS.
Pour lui changer les idées, je lui propose le jeu des devinettes.
Mais il me dit qu'il préfère se concentrer sur la route.
Pour passer le temps, je commence à compter les voitures noires que l'on croise.
Et sans que je m'en rende compte, je m'endors à la cinquième.
Debout, la loutre ! C'est l'heure du pied-dège ! Dépêche-toi ! On repart dans 10 minutes !
Papa s'est arrêté sur une aire d'autoroute.
J'émerge de la voiture en bayant et je le suis, les yeux mi-clos jusqu'à la station-service.
Il commande un grand café, moi un jus de pomme et un pain au chocolat.
Il y a des tas de gens différents.
Je pêche des morceaux de conversations et forcément, j'oublie de manger.
D'un coup, Papa se lève.
Allez, Zou, on est partis !
Mais Papa, j'ai pas terminé !
J'ai fallu te dépêcher, tu termineras dans la voiture.
Mais c'est pas pratique !
Papa me fait les gros yeux.
La porte coulissante s'ouvre, il ne voit pas une vieille dame qui arrive.
Et emporté par son élan, il la bouche cul si violemment qu'elle manque de tomber.
Faites attention, enfin !
Voilà, des manières !
Écoutez, j'ai pas le temps.
Trop pressé pour vos excuses !
Pardon ? Vous auriez dû faire attention !
Je suis pressé, moi !
Eh bien, si c'est comme ça, je vous me dis,
vous vous perdrez jusqu'à ce que vous soyez moins pressé !
Qu'est-ce que vous dites ?
Rien, rien !
Je ne voudrais pas vous m'étendre, cher monsieur !
Bien chouette !
Une fois dans la voiture, Papa s'énerve.
Il n'y a plus de réseau.
Il rallume son téléphone une fois, deux fois, dix fois avant d'abandonner.
Heureusement qu'il connaît le trajet.
Sinon, il se serait transformé en monstre
crasheur de postillons radioactifs.
On reprend la route.
D'après Papa, on ne devrait pas avoir trop de retard.
Sauf que, d'un coup, il se met à pleuvoir si fort qu'on n'y voit rien.
Papa est obligé de ralentir ce qu'il chiffonne,
mais aussi brusquement qu'elle est tombée,
la pluie s'arrête.
Mais un drame se produit.
Devant nous, l'autoroute est fermée.
On est obligé de sortir par une petite route.
Papa a un sourire si crispé
que j'ai l'impression qu'il va étouffer ou exploser
pour le sauver et j'essaye de positiver.
Je suis sûr qu'on perdra pas trop de temps.
Sauf si on tombe sur un vieux tracteur ou un gros camion.
Par chance, on ne croise personne.
On suit des panneaux de déviation qui nous font serpenter
à travers un paysage plein de céréales, de fleurs, de chevaux,
de vaches et de moutons.
Au bout d'un moment, le bitume se transforme en chemin de terre
qui nous amène dans un minuscule village qui,
rodrame, est un cul de sac.
Papa reste moé.
Je repense à la vieille dame.
On est maudit.
On se perdra sur la route pour toujours.
Et je n'ai pas du tout envie de finir vieux dans une voiture moi.
Soudain, on frappe à ma fenêtre.
Je sursaut et je hurle.
Ce n'est qu'un vieux monsieur.
C'est pas bon halde voir des gens par ici.
On s'est perdu.
On veut aller à vieux Lelac.
Abassé chez nous.
Y a que des vieux.
Nous sommes pressés.
Même en vacances.
C'est un peu dommage, non ?
Venez, je vais vous montrer comment y aller.
Merci.
Je n'avais jamais vu quelqu'un marcher aussi lentement.
Forcément, Papa lève les yeux au ciel en soupirant.
Vous voulez quelque chose à boire ?
Non, merci.
On n'a vraiment pas le temps.
Même pas un café ?
Et votre fils ?
Un jeu ?
Oh oui, un jeu.
Bon, allez, d'accord.
Alors, qu'est-ce qui vous amène ici ?
Nous nous sommes perdus.
Oh oui, je me souviens.
À mon âge, parfois, ça déconnecte là-haut.
Avec sa rapidité d'escargot,
il sort une vieille carte jaunie,
l'étale sur la table et la consulte un moment
en se frottant le menton.
Papa se pince l'arrête du nez en fermant les yeux.
Alors, alors, passé par les hauteurs,
il y a un point de vue magnifique.
Après, profitez-en pour vous arrêter ici.
Il y a une cascade splendide,
un vrai coin de paradis.
Oh, et c'est très, très gentil, mais on n'aura pas le temps.
Le vieux monsieur lui répond avec un large sourire
qui le fait ressembler à une vieille tortue.
Puis il lui explique comment rejoindre notre destination.
Vous allez avoir faim ?
Y a pas de restaurants sur la route ?
On mangeera n'arrivant.
Parfait, je vais vous faire des sandwichs.
Mais je...
Avec du sang-sissant ou juste des légumes ?
Comme vous voulez.
En cadeau bonus, on a eu le droit à des pêches,
des prunes et des fraises.
La voiture sentait l'été.
Papa avait presque le sourire.
Dis pas, on peut s'arrêter pour aller la valer ?
Non, on va être...
Juste une minute, pas plus.
Le panorama donnait sur une incroyable forêt des moraudes,
avec tellement de nuances de verre qu'elle semblait magique.
Forcément, avant de partir,
je prends une photo avec le téléphone de papa.
Et là, j'en reviens pas.
On est restés 5 minutes.
En reprenant la route, papa semblait plus détendu.
Alors, après une longue réflexion à base de tortillage de doigts,
je tente un truc incroyable.
Dis pas, on peut s'arrêter à la cascade pour manger ?
Après une bonne demi-heure de route, papa s'arrête sur le bas-côté.
Qu'est-ce qui se passe ?
Tu ne voulais pas aller à la cascade ?
Mais on ne reste pas plus de 10 minutes, hein ?
Elle devrait se trouver au bout de ce chemin.
On emprate un petit sentier mal entretenu qui monte fort.
A mesure que l'on avance, le bruit de la cascade est plus clair.
Mon cœur bat de plus en plus vite.
On débouge dans une clairière qui cache un trésor.
Une cascade, tout en lumière qui se jette dans un bas-saint-do, turquoise.
Tendant qu'on mange nos sandwichs, papa regarde le paysage, les yeux dans le vague.
Ça va ?
Oui.
Ça me rappelle plein de souvenirs.
T'es déjà venu ici ?
Non.
Mais ça me rappelle ta mère.
Il me raconte que maman était une chasseuse de cascade.
Elle les adorait.
A tel point qu'elle avait fait une liste de toutes celles qu'elle voulait voir dans sa vie.
Sa préférée, c'était la première qu'ils avaient découverte ensemble.
La cascade de plis de vie s'en croissait.
Un lieu magique, où des collines verdoyantes sont séparées par une dizaine de lacs,
reliées par une centaine de cascades.
Tu crois qu'elle aura aimé celle-là ?
C'est sûr.
Avec des yeux tout brillants,
il continue de me raconter d'autres voyages.
Et puis, à un moment, je regarde sa montre et je sursaut, paniqué.
Oh ! Mais t'as vu l'heure ?
On est en retard !
Faut grave.
En voyant ma tête de chouette à yuris, papa rigole et se lève lentement.
Mets-tu un rouson. Allons-y.
Dans un kilomètre, tournez à droite.
Le GPS marchait à nouveau.
D'un coup, je repense à la vieille dame.
Je ne sais pas si elle nous avait vraiment jeté un sort,
mais si elle l'avait fait, c'était le plus chouette du monde.
C'était une petite histoire de Telmy.
Écrite par Mathieu Genel et raconté par Arnouguillou.
Chaque jeudi, nous vous racontons une nouvelle histoire.
Alors pour ne pas la rater, abonnez-vous au podcast.
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Ça nous fera vraiment plaisir.
À la semaine prochaine !

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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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