Qui aime bien ne châtie pas

Durée: 7m35s

Date de sortie: 12/09/2019

Rannrann le tatou est très fier de son papa mais la mauvaise humeur de ce dernier est problématique. Un jour, c’est la goutte de trop et Rannrann fond en larmes pendant la classe. Osera-t-il dire ce qu’il ressent à son papa ?


Crédits

Les p'tites histoires est un podcast de Taleming

Histoire écrite par Frédéric Bagères, racontée par Arnaud Guillou

Mix : Abel Chéret & Maxime Nass

Générique : Benoît Nass

Illustration : Sandra Loutre


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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petit histoire.
Qu'aime bien ne châtis pas.
Ce matin, Ranran fait bien attention avec ses céréales.
Il ne faudrait pas qu'Armandillo, son papa, découvre une goutte ou une miette sur la table.
Papa déteste le désordre.
Ranran est fier du métier de son père.
Il est égouttié.
Armand-Lui trouve sa idiot.
Il dit qu'il n'y a rien de bien glorieux à rouler dans les eaux-sales de la ville.
Mais pour Ranran, ce n'est pas grave.
Son papa connaît tous les sous-terrains et les secrets qu'il renferme.
Et puis, il trouve qu'un égouttié, c'est bien utile.
Ça travaille dans l'ombre pour le bien des gens.
Un peu comme un super-héros.
Super-gouttié à la risquesousse !
Qu'est-ce qui te fait rire, fils ?
Heu, rien, non, pas rien papa.
Son père vient d'entrer dans la cuisine.
Il n'a pas l'air en pétard, mais mieux vaut ne pas prendre de risque.
Des fois, papa met un peu de temps avant d'être en colère.
Tu vas être en retard à l'école.
C'est important si tu ne veux pas finir égouttié comme moi.
Ranran saute de sa chaise et va poser son bol dans les vieux.
Il le lave, le met à sécher rapidement.
Papa a le regard perdu dans le vide.
Il fronce très fort ses sourcils qui se touchent.
Ils ont l'air d'une grosse chenille ébouiffée.
Ranran connaît ses regards.
Dans pas longtemps, son père va commencer à s'énerver pour rien.
Alors il se dépêche de se préparer à fil de or.
Le jeune tatou se recroque vie et fait le dos au rond.
Comme tous les matins, papa va le propulser dans la rue
comme un ballon de football d'un habile coup de pied.
Mais lorsque papa est agacé, il met trop de force.
Ranran serre les dents.
Il roule boule et fend la foule.
Tout le monde fait place lorsqu'il déboule en trompe comme une bombe.
Arriva à l'école, il se déplie et va se mettre à l'ombre
du gros platane qui soulève la cour avec ses racines.
Il observe de loin des élèves qui jouent à la bagarre.
Il trouve ça idiot.
D'autres se racontent des blagues et se tapent dans le dos.
Il ne comprend pas l'intérêt.
Ranran attend paciellement la cloche seule dans son coin.
Dans ce qu'elle sonne, il fonce se mettre à sa place.
Monsieur Sapien, son professeur,
laisse alors entrer les derniers élèves, ferme la porte
et d'un agile saut de crapeau atterri derrière son bureau.
Ranran l'adore.
Les cours du vieux barbu ne sont jamais barbants, mais toujours poilants.
Bonjour charmants enfants,
bienvenue petit savants et...
égard au garnement.
Aujourd'hui, au programme, sciences naturelles, puis musique.
Les enfants réagissent mollement à la nouvelle,
mais sortent leurs affaires pour travailler.
À la belle saison, lorsque le soleil tape sur les herbes hautes,
que les pivères cognent sur les troncs
et que les lapins battent la campagne,
c'est souvent le signe d'un renouveau.
Sans qu'ils comprennent pourquoi,
certains mots pincent le cœur de Ranran.
La nature rebat les cartes et certains animaux se bagarent.
Parfois, à un tête-à-tête entre deux serres finimales
et, coup de théâtre, l'un des deux perd sa place de chef.
Ranran sent une boule dans son ventre.
Ses oreilles bourdonnent,
ils n'arrivent plus à écouter Monsieur Sapien.
On écrit ensuite la leçon dans le silence
et Ranran se détend.
Rapidement, les élèves ne tiennent plus en place.
Monsieur Sapien est obligé de taper du pied.
Le jeune tatou tremble un peu.
On passe ensuite à la leçon de musique.
Les enfants sortent leur instrument, impatiants d'en jouer.
Le maître dégaine alors la baguette de chef d'orchestre.
Qui veut battre la mesure ?
Ranran ?
Le petit tatou fond en larmes.
Il pleure tellement qu'on dirait qu'il va fondre comme un glaçon d'eau salée.
Le vieux crapeau bienveillant ne semble pas étonné.
Il tend la baguette à une rennette
qui contemple le ciel en rêvant
et confie la classe à Charlotte Lipopotam,
car c'est la première de la classe.
Dans une cacophonie pas du tout musicale,
Ranran et Monsieur Sapien sortent parler dans le couloir.
Ranran, mon grand,
tu as l'air tout chiffonné.
Tu es... stressé ?
Non.
Bigre.
Tu es... contrarié.
Triste.
Triste.
Triste.
Triste.
Comment ai-je pu passer à côté ?
Tu aurais dû me le dire.
Vraiment ?
Le visage de Monsieur Sapien se font alors
d'un énorme sourire
qui part d'une oreille à l'autre
et même plus haut encore,
car les crapeaux n'ont pas d'oreille.
Un sourire contagieux
qui donne envie au coin de la bouche de Ranran
d'aller chercher ses oreilles à lui.
Oui, il ne faut pas avoir peur de dire ce que l'on ressent.
N'attends pas que l'on devine.
Sinon, tu risques de finir en colère.
Tu sais ce que je fais dans ces cas-là ?
Non.
Je la libère,
par la parole ou par le geste.
Mais je fais très attention à les contrôler
pour ne pas blesser.
Tu comprends ?
Lorsqu'il revient en classe,
Ranran n'est plus triste.
Il semble pensif.
Un peu comme quand on essaie de diviser
378 par 27,
sans calculette,
et qu'on n'a pas assez de doigts pour compter.
Le reste de la journée file
comme une hirondelle en retard pour sa migration.
Lorsque la cloche sonne,
le tatou n'est pas précédent entré.
Une mission insurmontable l'attend.
Comme pour lui donner du courage,
M. Sapiens pose sa main palmée sur son épaule.
Tu as le droit de dire ce que tu ressens.
Lorsqu'il arrive chez lui,
papa est sur le point de partir travailler.
Ranran prend une grande inspiration
et se plante devant lui.
Ça va, fils ?
Mon cœur est oublié.
La phrase sort comme un animal libéré de sa cage.
Le visage de son père se fronce fort.
Qu'est-ce que tu racontes encore ?
Cette fois-ci, Ranran n'a plus peur de tout lui avouer.
J'ai un cœur de tatou,
parce que je suis un tatou.
Et des tatous, quand ils ont un peu la trouille,
ils se plient en quatre pour former une boule
et rien laisser entrer.
Mon cœur à moi, il fait tout pareil.
Et mon corps aussi.
J'ai des neaux au cerveau,
des boules dans ma gorge et mon ventre.
Ça me gâche la vie.
Et ça m'arrive parce que tu te mets en boule,
ça me fiche les chocottes.
Mais enfin, qu'est-ce que tu ?
Je t'aime, papa !
Tu es mon super héros,
même si ton cœur est encore plus plié
que le mien pour laisser entrer l'idée.
Et je sais que tu m'aimes aussi.
Mais tes gestes et tes mots de colère,
hé ben ça gâche tout.
En voyant son fils triste,
Armand fait les gros yeux.
Ils sortent vivement les mains de ses poches
pour le prendre dans ses bras.
Mais le mouvement est trop brusque.
Et Ranran se roule en boule.
Le cœur d'Armand se déplie.
Et comme il est froissé depuis très longtemps,
ça lui fait mal.
Alors il renifle pour ne pas pleurer
et s'en va travailler sans un mot.
Armand rentre très tôt du travail.
Il attend que Ranran sorte de sa chambre.
Tout pâteau et penneau,
il montre les sacs du traiteur Panda sur la table.
Ranran adore ça.
Et puis, comme papa ne sait pas manger avec des baguettes,
c'est rigolo de le voir en mettre un peu partout.
Sauf que cette fois,
le dîner est silencieux jusqu'à ce qu'Armand se lance.
Tu as été très courageux de me dire ce que tu ressentais.
Tu sais, je suis en colère car je déteste mon travail.
C'est sale et les gens me regardent comme à moins que rien.
Mais c'est génial de tricoutier.
Tu connais tous les secrets de la ville
et tu as des tas d'histoires à raconter.
Je veux faire comme toi.
Sauf que les regards et les mots des gens s'ablèent fort.
Au début j'étais triste,
puis à mer et ça s'est transformé en colère.
Et là, c'est comme le sel dans tous les plats.
Il y en a beaucoup trop et tout à mauvais goût.
Mais la vie, c'est trop important pour être gâché par la colère, non ?
Tu as raison.
Un fiston qui rigole, c'est bien mieux qu'une table propre.
Maintenant, mangeons et pas de gâchis.
Dans cette maison, on ne gâchera plus jamais.
C'était une petite histoire de Telmy.
Écrit par Frédéric Bagires et raconté par Arnoudi.
Chaque jeudi, nous vous racontons une nouvelle histoire.
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ça nous fera vraiment plaisir.
À la semaine prochaine !

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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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