#63 — Le mal des montagnes, avec Marion Poitevin

Durée: 41m31s

Date de sortie: 22/03/2023

En passionnée de montagne, Marion Poitevin a su faire une place hors du commun dans ce milieu presque exclusivement masculin. Sa carrière fut semée d’embûches, depuis les courtes randonnées d’adolescence jusqu’aux aventures lointaines et engagées, comme lors de sa première expédition avec Groupe militaire de haute montagne, en Inde, sur les hauteurs du Mukut Parbat…


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🎙  Un épisode réalisé par Thomas Firh, assisté par Nicolas Alberty. Le récit a été présenté par Clémence Hacquart et mis en musique par Nicolas de Ferran. Chloé Wibaux, s'est assurée du montage et Antoine Martin du mixage.

🤝 La saison 6 des Baladeurs est soutenue par Columbia.
— 

Plus de détails sur l'épisode :

Maman aurait voulu que je sois un garçon... pour me protéger. Sa vie et son métier lui avaient appris qu’être une femme est plus difficile qu’être un homme dans notre société. Les violences verbales et physiques, les injustices en raison de son sexe ont jalonné son parcours.

Au fil de mes ascensions et de mes expériences, j’ai appris à analyser la place de la femme dans notre société patriarcale et les limites imposées à notre sexe. Je me suis frottée malgré moi à des questions nouvelles, les quotas, les discriminations, les barrières mentales, les violences sexuelles. J’aurais préféré passer mon temps et mon énergie à lire des topos d’escalade et gravir les parois les plus raides de la planète sans avoir à me poser de questions sur l’histoire du féminisme ou du patriarcat. J’ai été forcée de m’y confronter.”

C’est par ces mots que l’alpiniste Marion Poitevin introduit son premier livre “Briser le plafond de glace”, publié chez Guérin Paulsen en septembre 2022. Entre ses pages, on découvre le récit autobiographique d’une passionnée de montagne, qui veut grimper toujours plus haut, toujours plus fort, mais qui se trouve confrontée à un milieu presque exclusivement masculin, celui des guides, des gendarmes, du secours en montagne, du groupe d'élite d'alpinisme de l'armée.

Une carrière hors du commun mais semée d’embuches, depuis les courtes randonnées d’adolescence jusqu’aux aventures lointaines et engagées, comme lors de sa première expédition avec Groupe militaire de haute montagne, sur les hauteurs du Mukut Parbat en Inde… Épisode marquant et déclencheur de son envie par la suite de réduire les inégalités, pour aider les femmes à s’épanouir en montagne.

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Maman aurait voulu que je sois un garçon
pour me protéger.
Sa vie et son métier lui avaient appris qu'être une femme
est plus difficile qu'être un homme dans notre société.
Les violences verbales et physiques,
les injustices, en raison de son sexe,
ont jalonné son parcours.
Au fil de mes ascensions et de mes expériences,
j'ai appris à analyser la place de la femme
dans notre société patriarchale
et les limites imposées à notre sexe.
Je me suis frottée malgré moi à des questions nouvelles.
Les quotas, les discriminations,
les barrières mentales, les violences sexuelles.
J'aurais préféré passer mon temps et mon énergie
à lire des topos d'escalade
et gravir les parois les plus raides de la planète
sans avoir à me poser de questions
sur l'histoire du féminisme ou du patriarcat.
J'ai été forcée de m'y confronter.
C'est par ces mots que l'alpiniste de Marion Poit-de-Vin
introduit son premier livre,
Briser le plafond de glace,
publié chez Guérin Paul Sen en septembre 2022.
Entre ces pages,
on découvre le récit autobiographique d'une passionnée de montagne
qui veut grimper toujours plus haut, toujours plus fort,
mais qui se trouve confronté à un milieu presque exclusivement masculin,
celui des guides, des gendarmes, du secours en montagne,
du groupe d'élites d'alpinisme de l'armée.
Une carrière hors du commun mais semet d'ambuche
depuis les courtes randonnées d'adolescence
jusqu'aux aventures lointaines et engagées,
comme lors de sa première expédition,
avec le groupe militaire de Haute-Montagne,
sur les hauteurs du Mukhut-Parbat en Inde.
Épisode marquant et déclencheur de son envie par la suite
de réduire les inégalités
pour aider les femmes à s'épanouir en montagne.
La première course que j'ai pu faire,
c'est avec mon papa, la pointe Isabella,
c'est dans le massif du Mont Blanc,
depuis le refuge du couvercle,
on a entre à faire ce glacier du vernat de Talaifre.
Mon papa, il marchait vite, il avait une pédagogie,
de l'apprentissage des sports en général,
je l'ai surnommée Marche-Ou-Créves,
c'est-à-dire que lui, il a été très fort,

il faisait son truc, il marchait,
s'il ne marchait pas à son rythme,
il marchait moins vite, ça le fatigait,
il aimait pas ralentir, donc du coup, il marchait,
et puis, à toi de te débrouiller derrière.
Quand on est dans d'autres courses,
c'est ça, il part devant, il marche sur le glacier,
et la cour de ce temps, je galope derrière,
et j'ai envie de faire bien, j'ai 15 ans,
j'ai envie qu'il m'emmène faire d'autres courses,
j'ai envie qu'il me fasse confiance,
donc j'essaye de le suivre,
et ce qui était chouette aussi par rapport à mon frère,
quand on était plus petits,
il faisait vraiment jamais de différence
dans sa pédagogie,
Marge ou Crève, il y avait aussi un aspect chouette,
c'était que le fait d'être une petite fille,
c'était absolument pas une excuse pour
marcher moins vite, avoir plus peur,
être plus fatigué,
non, en fait, on s'en fichait,
c'était même pas un sujet, donc il fallait avancer.
Donc là, on est sur le glacier,
et je galope derrière, je le suis, je le suis,
c'est magnifique, il y a la pleine lune,
donc on y voit presque comme un plein jour,
avec la neige et la glace tout autour de nous,
on a nos crampons,
le casque, le baudrillier, la corde,
on a enfin sorti tout ce matériel lourd,
qu'on a travaillé toute la première journée,
et là, le soleil se lève,
et la Chamonis, c'est magnifique,
parce que c'est réputé pour son granite un peu jaune-orange,
et là, c'est juste fabuleux,
le ciel, il s'embrase,
et là, tu fais, wow,
c'est quand même pas mal, ce sport.
Donc ça, c'était ma première course,
c'est trop beau.
Les derniers mètres,
donc là, je pratiquais déjà de l'escalade,
donc je connaissais un petit peu les manips de corde,
et je savais utiliser la corde,
et les mousquetons,
et donc pour aller jusqu'au sommet,
donc vraiment la dernière partie,
mon papa il me dit bah vas-y, passe devant.
Il me laisse prendre le leadership de la corde
sur ma toute première course,
j'arrive au sommet de la montagne,
et autour de moi, il y a tout le massif du Mont Blanc,
et je vois plein de pics tout autour de moi,
et c'est juste fabuleux,
et donc dès ma première sortie,
c'est vrai que je découvre le leadership tout de suite,
c'est-à-dire que quand tu fais
une belle course en montagne,
c'est comme un bon cookie,
c'est vraiment cool.
Plein d'émotions, plein de...
t'as l'effort, t'as l'adrédaline parfois aussi,
t'as le paysage,
c'est vraiment condenser le plein de choses
d'une course en alpinisme.
Mais par contre, une course en leader,
c'est comme un cookie, mais avec des pépites de chocolat,
il y a un petit truc en plus,
ou c'est toi qui as pris les décisions,
c'est toi qui as décidé qu'on allait partir
à telle heure, telle jour,
et qu'on allait passer par tel endroit,
et du coup quand tu arrives au sommet,
c'est vraiment grâce à toi en tout cas,
tu as un peu plus de mérite d'avoir
à l'arrivée jusque-là.
C'est vraiment là où je me suis dit,
je suis au bon endroit, au bon moment.
Et quand tu arrives en haut,
derrière, il y en a encore un paquet d'autres des montagnes.
Et du coup, oui, j'arrive en haut, je me dis
que je fais celle-là, et celle-là,
et celle-là, et celle-là.
Vraiment, je pense que tu passes
toute ta carrière d'alpiniste, ensuite,
à courir après ces sensations,
à retrouver cette première fois.
Après, je suis à dos 16-17,
donc je ne fais pas beaucoup, je vais faire
une belle course par an.
Je vais me renseigner au Club Alpin français,
au Club Kaff, à côté de chez moi,
de l'arrange Bonneville.
Et à cette époque-là, c'est encore,
faut dire,
un peu vieux jeu, quoi.
Il y a un monsieur qui m'accueille,
qui pour moi est vieux,
parce que quand t'as 15 ans,
tous les adultes sont juste vieux, je ne sais pas
quel âge il avait, sûrement, un jeune retraité.
Et qui me dit non, mais bon,
tu ne peux pas faire sortir alpiniste,
d'abord tu fasses l'escalade, après tu feras la redonner,
et puis je vous dis que j'ai déjà fait une course,
et j'ai envie d'apprendre, enfin,
j'ai pas envie de faire de la redonner,
avec bouteille de pinard, ça ne m'intéresse pas.
Moi, je veux les laos, je veux grimper,
non, bah du coup, je comprends que la petite
nana, là, de 15 ans, elle est pas...
Enfin, en tout cas, je me sens pas accueillie,
et ils ne me font pas du tout confiance.
Donc je galère un peu à trouver du monde
à pouvoir grimper, et c'est hyper frustrant.
C'est toujours compliqué de trouver du monde
avec qui on est en hontein, parce que, bon,
déjà, il y a cet aspect, on va dire, un peu élitiste.
Voilà, il faut connaître
déjà les techniques, il faut connaître les conditions,
il faut être... voilà, il faut faire partie
d'un petit cercle pour avoir les infos.
Et on est...
Voilà, on est très peu de femmes, aujourd'hui les chiffres,
c'est... t'as moins de 2% de
guide de Tremontaine qui sont des femmes.
T'as à peu près 1500 guides en France, t'en as 35 diplômés,
35 femmes diplômées, t'en as
à peu près, je dirais, 25 femmes qui exercent
à temps plein, sur 1500 guides de total.
Donc ça represse, voilà,
ça donne un peu une idée du nombre de femmes
qui viennent en Tremontaine. Donc c'est vrai que,
comme il y a plus d'hommes qui pratiquent,
il y a plus d'affinités entre eux,
c'est pas qu'ils ne voulaient pas me proposer,
ou si je leur proposais, ils étaient ok,
mais voilà, ils n'y pensaient pas forcément
à m'appeler,
et puis, bah moi, je ne josais pas forcément
non plus, parce que c'était
impressionnant, ces groupes de mecs
d'aller au milieu des groupes de mecs
pour leur dire, bah moi aussi, j'aimerais bien venir
y agir un peu avec vous, bon bah c'est pas hyper évident.
Et encore une fois, quand tu veux partir
aussi avec des d'autres alpinistes qui sont souvent
des hommes, t'as été cliché, c'est cliché
sexiste là, qui sont quand même
durs durs à s'en débarrasser,
les clichés sexistes du genre
les femmes, elles ne savent pas lire une carte,
elles sont nulle en entation, elles ont vite peur,
elles font pipi tout le temps,
elles sont moins fortes physiquement évidemment,
donc elles ne vont pas tenir la distance,
ça c'est quand même des clichés sexistes
qui sont vraiment, vraiment, qu'on va vraiment
la peau dure, et t'as beau avoir
montré que ça allait, t'avais la forme,
bah si t'avais la forme cette fois-ci, ouais,
bah c'est que cette fois-ci ça allait, mais du con,
c'est jamais pour la fois d'après.
Il y a aussi un phénomène de cordée de séduction
qui est pas évident à gérer
quand t'es jeune ados
et enfin même jeune femme
cordée de séduction, du coup
c'est un terme qui a été posé
par Cecil Autogallimède Zacavallo
qui est maitresse de conférence
à Lyon 1 sur la question de l'égalité
hommes-femmes dans le sport, le sexisme dans le sport
et qui a écrit une thèse sur les femmes et l'alpinisme
et elle parle de ce phénomène-là,
c'est-à-dire que bah oui, il y avait des gars qui m'appelaient pour grimper

mais en fait ils ne voulaient pas faire que grimper
bon alors après c'est ok, tu vois,
il y a une fiel de plait, tu as envie de passer du temps avec elle
tu l'appelles pour grimper, c'est ok
mais par contre, se faire draguer
quand tu es au relais, quand tu es au refuge
alors que tu vas partir
dans des situations vulnérables, tu vas partir
pour une course où il va falloir que tu as sûre
ta sécurité, t'es concentré sur ta performance
sur ta forme physique
et à ce moment-là, t'as pas envie
de devoir gérer ce genre d'avance
de propositions que tu sois
d'accord ou pas, c'est juste pas le moment
en fait, à plus de nana pour aller grimper
que tu as envie de draguer, passer du temps avec
c'est ok mais tu fais ça après la course
ou bien avant la course, mais pas pendant la course
c'est vraiment pas très agréable
parce qu'encore une fois,
enfin moi je me sentais plus vulnérable
plus fatiguée physiquement
mentalement plus occupée
pas la tête à ça quoi
et puis en plus, quand ils se rendent compte que
bah y a pas moyen, bah du coup ils te rappellent plus pour grimper
donc tu te sens pas vraiment valorisé pour tes compétences
de grimpeuse et peut-être que toute cette
période de frustration, de pas avoir pu
aller grimper, ça
augmentait ma motivation et donc quand j'ai pu
plus tard, bah avoir les moyens
de m'acheter un petit peu du matériel
et avoir plus de temps
et puis de gens autour de moi avec qui grimper
du coup j'étais tout à fait et je faisais que ça
je pensais qu'il y a ça de toute façon
c'était mon voilà tu veux faire quoi
demain, bah grimper et hier t'as fait quoi
bah j'ai grimper et là tu grimpes
ok d'accord et plus tard tu veux faire quoi
bah j'aimerais bien grimper
mais tu veux dire
non mais comme métier, bah oui c'est ça
que j'en peux en tenir mais c'est vrai que là je voyais pas
absolument pas comment je pouvais avoir un métier
où j'aurais, je n'imaginais pas
une seconde que je pouvais être paye à grimper par exemple
et à ce moment là je suis encore à des années
d'imaginer que cette profession
existe dans l'armée française et la police nationale
à ce moment là j'ai 22 ans, je suis à Grenoble
et il y avait une équipe nationale
d'alpinistes jeune, mixte
donc moi je fais partie
de la première promotion de l'ENAF
l'équipe nationale d'alpinisme féminin
en 2005 et puis
cette équipe nationale donc a vraiment
un objectif de niveau
ça m'a permis de me faire remarquer par le groupe
militaire de tontagne alors ça c'est
c'est un groupe d'élites
de l'armée française c'est vraiment la vitrine
en matière de savoir-faire alpinistique
et malhaïste
ils ont fait des expéditions au pôle nord, au pôle sud
les restes en oxygène
ils ont fait pas mal de records
dans différents domaines, toujours l'alpinisme
et malhaïsme, les expéditions
lointaines et
là le commandant Thomas Focher
il se dit mais depuis
on a été créé dans les années 80 le GMHM
il n'y a jamais eu de femme, là à ce moment là on est en 2008
après tout pourquoi pas donner sa chance à une femme
voilà il y avait un objectif
vraiment d'égalité des genres
dans le groupe, il y avait un souci
aussi de visibilité, communication
parce que c'est un trique
une femme dans un groupe d'élites comme ça
et puis sincèrement il pensait que
les femmes avaient toute leur place dans ce groupe d'élites
et donc il propose à toutes les filles du groupe de postulés
au premier coup
ça me fait quand même super peur de postuler
alarmée française, moi j'en avais une image hyper dure
hyper strict, que des bonhommes
hyper patriarchale
du coup je me suis dit ouai
ça va quand même pas être rigolo rigolo
d'aller là dedans
et en plus c'était quand même un groupe d'élites
donc c'était des alpinistes militaires
ça veut dire qu'il fallait que je m'engage
et qu'il fallait que je passe, que je devienne chasseur alpin
donc ça me faisait un peu flippant
et je me suis dit j'aurais jamais eu le niveau technique
pour rattraper le niveau des alpinistes du moment
et puis après je me disais je serais toute seule
en plus je serais seule nana et tout
ça va être un peu rude
donc j'ai mis un petit moment
à me motiver
à ce moment là j'ai une super amie
qui s'appelait Karine Rubie
et c'est elle qui me dit donc elle
voilà on se sent une championne de snowboard
de multiples coupes du monde
gros gros mentales
qui me dit non mais Marion ils veulent prendre une femme
a priorité une femme
et tu as super envie de faire de l'alpinisme
et avec ça qui compte faut que tu postules
tu verras bien, au pire ça marche pas
pas de raison, il n'y a que des bonhommes qui en profitent
et effectivement là je bénéficie de discrimination positive
c'est à dire que je vais être prise
ils ont bien remarqué que j'avais un niveau technique
qui était bien en dessous des garçons
les meilleurs alpinistes hommes
étaient bien loin du niveau des meilleurs alpinistes
à femmes, moi je faisais partie des meilleurs femmes
mais c'était encore loin des meilleurs hommes
mais le Thomas Fochamp m'a vraiment
assuré qu'il serait là pour m'aider
à progresser, mettre des moyens
matériels pour m'aider à progresser
ça allait m'équiper, me donner du temps
pour m'entraîner, évidemment en fait ce serait mon job
de m'entraîner et puis des partenaires de Grimp
les autres alpinistes du GMHM etc
donc là je me dis c'est une opportunité incroyable
donc à ce moment là je rentre
au groupe Unitaire d'Automontagne
on est en novembre 2008
il n'y a pas eu de femmes depuis les années 80
à la création
donc là finalement j'ai réussi
à ce moment là je suis alpiniste professionnelle
donc là c'est fabuleux
c'est allé au delà de
ce que j'ai imaginé
puis à ce moment là j'ai que 23 ans donc c'est arrivé très vite
finalement, j'ai pas eu besoin de percer vers étrôles
mais c'était quand même plutôt chouette
donc à ce moment là
j'étais persuadée qu'hommes et femmes
il n'y avait pas de différence professionnelle
donc j'ai pas cette responsabilité
d'être la première femme
parce qu'en fait je vois pas
où est le problème, je vois pas où est la différence
même si je sens bien que je vais être un petit peu mis à l'écart
un peu seul
mais après je m'entendais bien avec chaque alpiniste du GMHM
j'avais des bonnes discussions avec chacun d'entre eux
mais non
j'ai vraiment, il y avait un côté naïf
j'ai pas vu venir le truc
alors quand je suis au groupe militaire d'Opontaine
donc nous le lundi matin
on se retrouve tous sur la place d'armes
on a une veste rouge avec un aécuson
en soft shell
en matériaux techniques, on n'est pas entré
donc à 8h tu chantes la marseillaise
il lève le drapeau
et c'est bon, la semaine peut commencer
réunion et du coup on discute
sur qu'est ce qu'on va faire cette semaine
ou est ce qu'on va les grimper
comment on s'entraîne cette semaine là
et ce qu'on axe plutôt sur les escalades sportives
si c'est l'hiver on va plutôt aller faire casquettes de glace
si c'est le printemps skit couloir
remonter de skit couloir pour bien se mettre le foncier
puis si c'est l'été on va plutôt enchaîner
sur des grandes courses en montagne
et l'automne on va préparer d'autres expéditions
annuelles en essayant d'être un peu
originales, d'être près des belles courses
des nouveaux challenges
qui peuvent mettre en avant
les compétences et le savoir faire
de l'armée en matière d'alpinisme
d'autres expéditions
annuelles
c'est parti d'un challenge des 7 continents
l'idée c'était de prendre un continent
par discipline
et donc l'imalaya pour la haute altitude
donc là on réfléchit
sur qu'est ce qu'on va faire
pendant cette expédition ou est ce qu'on va grimper
quelle ascension, trouver une voie un peu
sympa pour montrer le savoir
faire du groupe en haute altitude
donc on regarde différents sommets
il y a le camètre qui sera réalisé
quelques années plus tard
et donc du coup on a visé un peu le sommet
le Moukoud Parbat le sommet qui est 7.150 mètres
d'altitude
on se dit qu'il y a une première équipe qui pourrait partir faire
une belle arrête rocheuse qui n'a jamais été faite
et copier on pourra faire
un autre itinéraire qui avait déjà été
réalisé
par une équipe de chinois
c'est une pente de neige donc ça c'était vraiment
si les conditions ne sont pas idéales pour faire cette belle arrête
on peut tous faire la pente de neige et monter
un hôtel d'altitude
à ce moment-là il y a déjà la préparation du matériel
donc on se demande
pour le camp de base
combien de temps on va prendre sachant qu'on a des tentes
de place
et voilà c'est déjà intéressant
c'est qu'au moment de la préparation
celui qui doit prendre les tentes
on est 8 à partir
donc il vient de voir
et il dit du coup quand on est 8
je prends 4 tantes, voilà 2 par tente
moi ça m'a pas choqué, lui non plus
la plupart des autres
membres du GMHM non plus
à ce moment-là c'est vrai que le nouveau chef
entre tant que Thomas Fochers a dû être muté
quitter le GMHM
le nouveau chef il fait un bon on disait non non
il faut que marier
et du coup je suis un petit peu surpris
pourquoi ?
naïvement je voyais vraiment pas où était le problème
on sait jamais ce qui peut se passer
il faut que tu aies ton intimité, il faut que tu sois tranquille
tu mets
il vraiment toujours pas où aller en venir
je dis bah ouais
bon d'accord mais bon c'est cool
comme ça je serais confortable on va dire
ce qu'il voulait dire à ce moment-là le commandant
c'est qu'il était en train de me sexualiser
il était en train de dire
qu'éventuellement il pourrait y avoir
une affaire amoureuse, sexuelle entre moi
et un autre alpinisme du GMHM
c'est Thomas Fochers qui m'a recruté à ce moment-là
c'était lui le commandant du GMHM
et 3 mois après il a été affecté dans une autre unité
et donc c'est ce nouveau commandant qui a pris la suite
il était déjà au GMHM depuis 6 années
il avait une bonne expérience en montagne
il était en train de finir son diplôme de guide
d'Aute-Montagne mais il avait pas non plus un énorme niveau technique
mais c'était pas grave
parce que son rôle
c'était d'organiser les expéditions
et puis de commander
donc t'as demandé pas
de faire de la performance
et des grosses réalisations
et ce que je trouvais dommage
c'est qu'il comprenait pas lui pourquoi j'avais été
recruté
il comprenait pas cet aspect
donner sa chance aux femmes
pour lui j'étais là vraiment par discrimination positive
il fallait que je fasse mes preuves
à la fois il voulait pas
pourquoi il faudrait faire une différence
parce que j'étais une femme
donc à la fois il voulait me traiter
comme un alpiniste comme les autres mais à la fois il y arrivait pas
mais entre autres dans ses comportements bigus
une fois on était dans le vestiaire
ce jour-là on décide d'aller faire un footing
donc je me change rapidement
je change mon t-shirt et j'enlève mon pantalon
je mets un short et je mets mes baskets pour les courir
et là le commandant
il se change puis au moment où il est en slip
il y a des... voilà il ne pense qu'elle est en slip
j'ai bien pu
identifier
ce détail
là il commence à me parler
mais d'un truc qui n'est absolument pas urgent
et pas important mais pourquoi il me parle
au moment où il est en slip
je viens d'arriver au GmhM
je ne sais pas trop
il vient de prendre le commandement
parce qu'en plus c'est mon super hiérarchique
enfin c'est pas juste un collègue
du coup je ne sais pas trop comment me comporter
alors j'écoute ce qu'il a à me dire
j'essaye de regarder ailleurs mais clairement
il voit bien que je suis gêné
et alors c'est comme un maillot de bain non ?
ça t'errange
bah non mais là tu es pas en maillot de bain
là tu es en slip et ça me gêne
et est-ce que tu peux pas t'habiller et puis après on va discuter
c'était une série de
petites anecdotes comme ça
de comportements très déplacés
et voilà c'était
très très oppressant
très gênant
il n'y arrivait pas à faire abstraction du fait que j'étais une femme
bon alors peut-être que le fait aussi que j'ai 23, 24 ans
des grands yeux bleus ça me perturbait
je ne sais pas
dans l'ensemble je crois que de toute façon
toutes les femmes qui voyaient
ils avaient envie de les draguer pour voir
...

donc là on commence
à apprendre l'avion, on arrive à New Delhi
New Delhi, BIM
tu prends le but, tu vas dans le fond des montagnes
là tu commence à arriver en Imelaya
tu es en Inde, c'est un bazar pas possible
donc tu te dors dans les hôtels
les hôtels les hôtels
après t'arrives plus tu monte dans la montagne
moins l'hôtel il est confortable
il faut que je sois toute seule dans mes chambres de hôtels
tout le temps à chaque fois parce qu'on sait jamais ce qui peut se passer
mais du coup je suis tout le temps toute seule en fait
et après les gars ils sont deux par champs
mais du coup
quand ils vont faire des sorties
ils ne pensent pas forcément à me le dire
ou à quelle heure ils vont se retrouver pour le petit déjeuner
ou le repas
ou je me sens un peu seul et puis le commandant
il... comment dire
il a une attitude hyper ambigue avec moi
il s'assoit toujours en face de moi
il me raconte ses exploits
quand il était soldat en bataillon de chasseurs alpins
je sais pas si c'est vrai
ou si c'est pas vrai parce que je connais rien
à l'armée et puis j'étais pas là quand il y était
il a 15 ans plus que moi
il est marié, j'ai aucun doute qu'il aime beaucoup sa femme
et qu'il veut rien qui se passe entre nous
je pense pas que ce soit son objectif profond
mais moi ça me met hyper à la laise
à ce moment là j'ai 23 ans et il est tout le temps
en train de se mettre en avant
de raconter comment il est trop fort
alors qu'il est pas très impressionnant
d'un point de vue alpinistique
moi j'ai craint bien plus fort que lui
j'étais pas très à l'est
il m'avait tenu des propos qui étaient quand même très dérangeants
et je l'avais partagé avec tout mes collègues
ça les avait pas...
ça les avait fait rigoler
mais moi c'était gênant pour moi
il m'avait tenu des propos du genre
tu sais les femmes et les viennes à l'armée
c'est juste pour se faire sauter
moi quand j'étais en opération extérieure j'ai envoyé
des choses étonnantes
enfin t'as de la chance d'être la seule, ça te laisse ton barat du choix
moi j'aimerais bien être le seul homme
donc on arrive on prend le bus
on arrive au dernier village
puis après on marche un petit peu
mais le trek pour aller au con de vase il est assez court
il se fait dans la journée
c'est l'automne
les expédies malayennes c'est souvent l'automne d'avoir la mousson
là on est au mois de septembre
on commence à avoir les couleurs d'automne
il y a les feuillus jusqu'à une certaine altitude
après ça va être l'herbe rase
qui va commencer à virer au jaune
et ensuite au dessus c'est juste que ça dure plus longtemps
toute la partie rocher
et glacier elle monte beaucoup plus haut que chez nous
qui s'attaque de 1810 mètres
à savoir que
comme c'est pas tout à fait la même latitude
les glaciers sont quand même plus hauts
nous le camp de base il était à 480 mètres
d'altitude donc c'est d'altitude du sommet du Mont Blanc
on était sur la moraine
alors que chez nous dans nos latitudes
on serait sur un plateau glacière
là on installe le camp de base il y a un peu de la neige
donc du coup
moi ce moment là je suis malade
ça arrive de temps en temps dans les expédies
normalement ça tourne
c'est au moins un chien qui a une fois
j'ai mangé un truc qui n'est pas passé du tout
donc là ce moment là je suis en PLS
sous un rocher à l'ombre il fait assez chaud
il y a de la neige il est tombé 20-30 cm de neige
mais il fait quand même assez chaud
donc on pète la neige et puis pour pouvoir
enfin moi je ne fais rien du coup
pour pouvoir poser la tente à même le sol
donc là c'est pas très...
de nouveau j'ai du mal à trouver ma place
et bon là je suis vraiment malade
et puis du coup je ne peux pas pêleter mais moi je ne leur ai rien demandé
je leur ai posé ma tente
et je verrai plus tard si je veux pêleter la mettre à même le sol ou pas
et finalement
le commandant il décide qu'il faut pêleter
il faut absolument mettre la tente de marion soie
puis plus tard on va me reprocher
d'avoir rien fait
ben oui
à ce moment là je ne pouvais pas rien faire
je ne pouvais rien faire, j'ai un moment je suis malade
donc après on commence à s'organiser
pour faire les sommets d'acclimitation
il y a la première équipe
qui part pour un sommet d'acclimates
moi je suis avec le commandant
et un autre alpiniste part pour un autre sommet
et là de nouveau l'ambiance elle est quand même pas très agréable
donc là on a mis nos gros chaussures
on a les crampons dans le sac on va monter à 6000 m
voir un peu ce que ça donne
et au fait la climatation c'est ça tu montes un petit coup en altitude
tu redescend quand de basse-toutre-pose
tu remontes un peu plus haut
tu redescend quand de basse-toutre-pose et après tu attends une belle fenêtre météo
et tu fais un poche jusqu'au sommet
le sommet de poche, tu vas au sommet
donc la première sommet d'acclimates
ben c'est vrai que le matin je suis encore un peu malade
donc je vais pas hyper vite
mais bon, voilà il y a l'autre alpiniste
qui est très sensible au froid
qui traîne un petit peu derrière
puis dès qu'il y a le soleil c'est vrai qu'il va mieux
le troisième alpiniste c'est bim bim il va au sommet
et il commence à me surnommé la limace
alors Marion tu fais ta limace
ben non je... voilà
je marche, enfin je veux dire tout va bien
on n'est pas apprécié le soir il vient de se lever
on arrive au sommet, tout va bien
je réponds pas, je suis quand même dans une situation un peu vulnérable
tu es fatiguée, tu es en train de gérer ta sécurité
tu es dans une pente de glace avec les crampons etc
alors descente
et une pente de glace un peu plus raide
et le troisième donc celui qui m'appelait la limace
il a décidé de...
il s'est lui qui allait broche la glace dans son sac à dos
mais il a décidé que c'était facile
et il a descendu toute la pente de glace
voilà tout seul hyper vite
et moi je suis pas très à l'aise
un petit patigué par l'altitude
et mes chaussures de...
de hôtel-situde, ben je les avais prises grandes
parce qu'on m'a dit il faut faire attention
si tu peux jeter les pieds
ils sont trop grands, je savais pas mais à l'intérieur
il y avait un scratch que tu peux serrer
mais ça c'est le genre de petit détail
que tu peux avoir quand tu...
comment dire
quand tu partages ta tente avec quelqu'un
ça c'est le genre de détail que tu peux échanger
avec quelqu'un parce que tu parles pas de tes chaussures
d'alpinistes comme ça au petit déjeuner
j'appelle ça l'effet vestiaire
que j'ai pu aussi...
ressentir par la suite
c'est à dire que moi j'avais mon vestiaire tout seul dans mon coin
dans ma tente
et les gars ils avaient leur vestiaire entre eux
mais en fait il y a plein d'infos, c'est comme la pause café
il y a plein d'infos qui passent au vestiaire
parce qu'ils ne sont pas que en train de se changer
ils parlent aussi des conditions du moment
de ce qu'ils ont fait la veille, de comment va la famille
et comment tu as racheté chaussures
et tiens cette petite astuce avec le muscoton
t'as déjà vu ça et... mais moi je suis tout seul dans le vestiaire
et je rate plein d'infos
c'est pas très cool à ce moment-là, heureusement
il y a le commandant qui est resté avec moi
et qui va m'aider à... qui va planter ses deux piollets
qui va mettre un petit bout de corde et qui va m'assurer
pour que je puisse descendre la pente de glace
on revient au camp de base
bon voilà super, on a fait un petit sommet etc
et puis là il y a un des alpinistes
qui commence à se sentir pas très bien
il commence à faire un mal aigu des montagnes
ça veut dire que tu peux faire un neudem pulmonaire
un neudem cérébral
voilà c'est des choses qui peuvent arriver en...
en haute altitude, il est décidé
qu'il faut qu'il redescend en altitude
et qu'il s'en aille
voilà qu'il aille plus bas en altitude pour récupérer
donc le médecin va partir avec lui
et donc à ce moment là on se retrouve
donc 7
moins le médecin
voilà c'est ça, on est 7 alpinistes
mais à ce moment là je me rends compte qu'attends
moi je suis toute seule dans ma tente
et en fait je me rends compte que
à ces altitudes là
donc à ce moment là on est au sommet du mont blanc
4.810m c'est l'altitude du camp de base
bah en fait une des règles de sécurité de base
c'est de pas dormir seul dans sa tente
à ces altitudes là, parce que c'est dans la nuit
que tu peux avoir les premiers symptômes
comment ça a été tout fait, être pas très bien
et ok les autres tentes
sont pas très loin mais bon
si le pote est à côté de toi et qui peut
déjà t'aider à prévenir les premiers symptômes
bah c'est quand même beaucoup plus sécurite
donc ça nous met quand même un petit
coup, donc on réfléchit
est-ce qu'on continue l'expédition, son empense etc
oui bon on peut aussi avoir des conseils
médicaux à distance, on a quand même tout le matériel
médical du médecin, même si on sait pas
faire tous les gestes, on a quand même tous ses médocs
on a tout son matose, donc on se dit qu'on continue
l'expédition
là il y a un autre alpiniste
qui commence à avoir une toux
enfin il l'a traîné depuis longtemps
et là ça s'arrange pas en fait avec l'altitude
donc il décide
cet alpiniste de redescendre 2 jours
plus bien dans le village, donc lui il annonce
moi il faut que je redescendre 2 jours parce que
là je me sens pas bien mais à tout ça s'arrange pas
il faut que j'aille me reposer vraiment, correctement
avant d'aller faire le semi-pouche
et là
du coup, descendre 2 jours
ça veut dire se fatiguer
et ça veut dire
perdre aussi du temps d'acclimitation
puisqu'on redescend en altitude
clairement on se dit tout ensemble
il faut qu'il y ait quelqu'un qui est avec lui, on va pas le laisser descendre tout seul
et là il y a un grand silence
qui s'installe autour de la table, mais qui descend avec lui
sachant que ça va diminuer
enfin on s'imagine que ça va diminuer
tes chances d'atteindre le sommet
d'être vraiment prêt pour le sommet
et là personne parle
mais tout le monde me regagne, je sens
quand même peser sur moi
cette responsabilité
de toi, Marion
t'as qui aller
donc du coup je me propose
on va dire on m'a pas forcé, on m'a pas obligé
mais je me propose parce que je vois bien que
c'est clair dans la tête de tout le monde
que s'il y a quelqu'un qui a moins de chance à aller au sommet, c'était moi
moi je faisais pas partie d'équipe A pour tenter
l'arrête rocheuse la plus difficile
j'étais dans équipe B
donc je sens que
il est un peu clair dans la tête de tout le monde
que la personne qui a moins de chance à aller au sommet, ça va être Marion
donc je me propose par la descente avec cette personne
on redescend jusqu'au village le plus proche
on reste une nuit à l'hôtel en bas
on remonte
je pense que je suis mieux reposée quand je remonte
donc finalement
c'était un mal pour un bien
j'ai me senti
mis de côté
on est partis du principe que de toute façon j'avais pas le potentiel
d'aller au sommet
que j'étais pas indispensable à l'expédition
bref, du coup on est remonté
donc là on attend le créneau météo
pour que l'équipe A puisse tenter
cette course plus extrême
et du coup
là ce moment-là quand même je demande au commandant
je dis mais alors nous fais quoi pendant ce temps-là
on les regarde grimper et on reste au compte bas ?
il me dit bah oui, tu commences
moi je suis pas venue jusque là en Imanaya
pour les regarder grimper
il me dit non mais on pourra faire un truc à côté
une bosse et tout donc là je commence vraiment
à réaliser que je suis dans équipe B et qu'il va rien se passer
donc je suis hyper frustrée
et heureusement
il n'y a pas de créneau météo
donc ils ne peuvent pas partir pour leur arrêt plus compliqué
donc on décide de tout se monter par la voie la plus facile
à 7150 mètres d'altitude
donc on va pas faire
vraiment le sommet principal du moucoute
par battre, on va faire le moucoute est
je suis super content, je refais mon sac
on prend une petite tente
pour l'altitude il faut une tente monoparoise
et une tente encore plus petite, tout est vraiment
un styri comme des sardines
tellement styri que tu mets chacun la tête d'un côté
tu le dors en quinquens cons
donc on commence à remonter les glaciers
à monter dans la pente
donc là c'est difficile
faut faire la trace dans la neige
et on commence vraiment à ressortir l'altitude
donc à ce moment là on attaque la première pente
donc voilà il y en a quelques-uns qui sont plus foncées que d'autres
qui vont passer plus de vent, faire la trace
j'essaye de gérer ma forme
je suis clairement pas dans l'équipe de tête
pour une première ascension
voilà j'essaye de suivre, je suis bien le groupe
je suis contente de moi, on arrive à un premier repla
on décide de poser la tente
et le lendemain on va faire le sommet
à ce moment là on a une vue superbe sur le plateau
Tibetin, de l'autre côté, donc c'est une grande pleine
ça part à l'infini, il n'y a rien
il n'y a rien, t'as le camètre
un sommet assez massif juste à côté, il y a un gros 7000
et on devine le camp de base
tout au bout de la moraine, hyper loin
c'est toujours impressionnant après le coup quand tu regardes ce que t'as parcouru
ça se sent toujours hyper loin
donc voilà il est décidé que
par contre pour la mini tente d'altitude
je vais dormir avec le commandant
le seul qui me
sexualise quoi en gros dans le groupe
mais comme les autres ils n'ont pas non plus super envie
de dormir avec lui
il me laisse un peu tout seul avec lui dans la tente
en altitude et donc là on pose
ma petite tente
la petite tente à sardine, monoparoie
toute fine mais suffisante pour l'altitude
à ce moment là on est à
presque 7000m d'altitude
moi je suis allongé dans mon duvet
je suis en train de me demander est-ce que c'est bon
est-ce que j'ai fait pipi, est-ce que je vais pas avoir froid
est-ce que je vais pas avoir chaud, est-ce que
est-ce que ça va aller la nuit avec l'altitude
il y a toujours un peu cet ombre
du collègue là qui avait fait son mame
est-ce que ça va aller
donc j'ai un peu inquiète de tout ça et là le commandant
il était pas sur la même
problématique que moi à ce moment-là
parce qu'il me dit
tu pourras te cérifier contre moi
du bas alors là
j'ai jamais aussi chaud de toute
l'expédition cette nuit-là j'ai pas eu froid
mais j'ai trouvé ça remarque mais hyper
déblassé je serrais contre lui mais
mais enfin
j'ai même pas osé imaginer à quoi il pensait
l'attente était si petite que de toute façon
on était déjà serré collé
donc il y avait vraiment pas besoin d'arracheter cette précision
enfin moi ça me met super mal à l'aise du coup
là je suis dans mon duvet je me tend
je me dis oh là là j'espère qu'il va pas avoir froid
à lui parce que
ça va dire qu'il va se coller contre moi
j'ai pas forcément très envie
ça me met super mal à l'aise je suis à 7000m
et le lendemain on va monter à 7154 d'altitudes
ça va quand même être la grosse journée
le lendemain donc c'est superbe
soit il se laisse magnifique
il y a le camètre en face de nous qui est énorme
un gros sommet que des alpines du gmhm
vont pouvoir gravir plus tard et être nominés
au pioledeur pour une belle ascension
et on arrive tous au sommet
finalement on fait la belle photo du sommet
drape au français et puis on redescend
puis la descente c'est plutôt rigolo
parce qu'on peut descendre sur les fesses en glissade
comme une luge
et on arrive à la notre petite tente
de boîte à sardines
on la replie et puis on continue
notre descend donc là ça va assez vite
de descendre des traces dans la neige
c'est assez impressionnant
à un moment on arrive donc au fond
de la vallée enfin vraiment on arrive
plus ou moins sur l'europla sur la moraine
et là il y a une avalanche qui part du camètre
et c'est hyper impressionnant
parce que encore une fois c'est des énormes montagnes
là on continue de descendre la moraine
on est un peu fatigué par notre ascension
et puis cet alpinis qui était
un peu fatigué par la hôteltitude
monsieur Limass
se permet de lui dire bah alors tu vas pas faire ta Limass
comme Marion parce qu'effectivement il était
un peu derrière, là je me suis énervé
mais à ce moment là ce qui me frustre
c'est qu'il y a aucun autre alpinis qui relève
et qui dit bah quand même c'est pas très cool
donc là c'est à moi tout seul
d'aller le voir et de m'énerver et lui dire
ah mais t'as un amétharade de m'appeler comme ça ça se fait pas
c'était encore un petit truc en plus
qui faisait que je n'arrivais pas trop ma place dans cette expédition
l'ambiance en général
c'était assez pesant, c'est ma première expédition
je lui dis bon bah au fur et à mesure
peut-être que ça ira mieux
on retourne au camp de base
et là en fait il faut qu'on se dépêche
de plier le camp et de redescendre
parce que la fenêtre météo arrive à sa fin
et derrière c'est gros gros mauvais qui arrive
ce qui est intéressant c'est que
bah ce soir là
à redescendre de notre sommet
ça va être la pleine lune et les anciens
en France ils disent
changement de lune changement de temps
t'as la lune croissante ensuite
tu parles la pleine lune et si à ce moment là il fait mauvais
ça veut dire que pendant toute la lune décroissante
il va faire mauvais
donc après bah on retourne
on fait le marcher arrière, on refait l'hôtel
toute seule dans ta chambre
on refait le commandant qui te raconte ses exploits
on refait
le bus, on refait l'hôtel
bus, hôtel, bus, on arrive à New Delhi
et puis à ce moment là moi je suis un petit peu plus
réceptive on va dire
à l'environnement un peu plus envie de faire du tourisme
voilà l'expert il est passé, on a fait notre sommet
un peu plus envie de visiter
à ce moment là on est jeudi
ou vendredi je crois que quelque chose comme ça je me suis un peu exactement
mais les gars là quelques uns sont papa
ils se disent bah ce serait cool si on pouvait avancer
les billets d'avion d'une semaine comme ça nous
on rentre pour le week-end on en profite un peu
on voit les gamins pourquoi pas
moi j'ai été pas vraiment pressé
là j'ai 23 ans du coup je suis plutôt là
bah moi j'ai envie de rester une semaine mais c'est pas grave
je reste une semaine toute seule
il n'y a pas de soucis je vais me balader, je vais à New Delhi
je fais ma vie il n'y a pas de problème
et le commandant il propose de rester avec moi une semaine de plus
pour faire du tourisme à New Delhi
vous pouvez laisser rentrer et rester tous les deux pour
hésité
j'ai pas de famille je suis pas pressé
bah non j'en avais déjà assez souper
donc là l'idée de rester une semaine avec New Delhi
non c'était juste
c'était une blague
donc j'ai dit que j'allais rentrer avec les gars et ça serait très bien comme ça
tout ça tous ces comportements
moi je m'en étais jamais caché
enfin y'a pas de buzz dans le livre
quand je raconte
mais c'est juste que c'était normalisé
par mes collègues
par les autres gens autour de moi
et j'étais incapable à ce moment là
j'ai 23-24 ans je suis incapable de mettre
le mot harcèlement sexuel sur ce genre de comportement
parce que pour moi le harcèlement sexuel c'était plus grave
il fallait se prendre des mains aux fesses
il fallait se faire coller coude la photocopieuse
et en fait aujourd'hui c'est écrit dans le code pénal
que des propos suffisent
qui mettent mal à l'aise la victime
et même ce qu'intéressant aujourd'hui
c'est qu'il y a même plus une notion de répétition
si ça veut dire que si dans un même groupe
chaque personne tient un propos
à connotation sexuelle qui met mal à l'aise la personne
et bien ça suffit
de dire juste une fois en fait ça suffit
d'être harcèlement sexuel parce qu'il y a un phénomène de groupe
qui va s'installer
là il y avait plus ou moins un phénomène de groupe parce que
tous les autres alpinistes ils l'ont vu
en tout cas je leur ai raconté
ils ont bien vu à l'hôtel à chaque fois
comment ils se pétaient en face de moi pour me raconter ces exploits
comment ils voulaient pas qu'il y ait quelqu'un dans ma tante
comment ils avaient bien vu qu'il y avait un truc pour autant
personne n'a réagi
personne n'était non plus capable
de mettre ce mot là
sur ce genre de comportement
peu de temps avant
moi j'avais dit à ma maman
qui me disait attention
si tu veux travailler dans le sport
passe des diplômes passe des diplômes
il n'y a que les diplômes qui comptent
mais moi à ce moment-là je lui avais dit
non mais maman c'est bon
le sexisme c'est fini c'était à ton époque
nous on a gagné tous les grands combats
on a gagné le droit de vote le droit de l'avortement
c'est bon on a tout
on peut rien demander de plus
donc c'est bon détends-toi ça va
nous les femmes aujourd'hui on peut faire tout ce qu'on veut
donc à ce moment-là à 18 ans j'étais persuadée
qu'hommes et femmes il n'y avait pas de différence
professionnelle bon je vais apprendre
au cours de tout au long de mon parcours
15 ans plus tard que c'est pas tout à fait le cas
les inégalités salariales
le harcèlement moral et sexuel dans le monde du travail
et ensuite pendant la grossesse la miso placard
la perte de sponsors matériels
et puis au fur et à mesure le cyber féminisme
ça s'appelle
cette vague
4ème vague de féminisme
qui utilise beaucoup les réseaux sociaux
pour échanger les informations, les témoignages, les articles
et ça m'a beaucoup aidé
à prendre conscience des inégalités
qui existaient
hommes, femmes dans notre société, dans le monde du travail
dans différents domaines et ça m'a permis de me dire
oui en fait c'est pas toi marion poit-de-vin
qui n'est pas assez sympa, pas assez compétente
ou pas assez su, pas assez sas
si tu ressens des inégalités
en fait ça te dépasse complètement
c'est un problème de société
c'était pas responsable toi marion poit-de-vin
et ça ça m'avait déjà fait du vachement de bien
de réaliser tout ça
aujourd'hui la place des femmes
dans l'alpinisme, dans les sports de montagne
ça progresse, déjà il y a beaucoup de femmes
il y a 40% d'adhérentes dans les fédérations
FFM, FFM
les femmes elles aiment être en montagne, elles ont envie
d'être en montagne, c'est déjà un effort physique
qui a adapté à notre physiologie, c'est quand même important de le rappeler
physiologiquement
les femmes sont faites pour les efforts longs
et puis l'alpinisme c'est complexe, il y a beaucoup de savoir-faire
il y a beaucoup de connaissances
tout un ensemble de savoir-faire
qui sont largement accessible aux femmes
donc les sports de montagne sont faits pour les femmes
c'est un peu la base mais pendant de l'en rappeler
ça n'a pas été toujours évident au cours de l'histoire
de l'alpinisme, ça progresse mais ça progresse
toujours trop doucement évidemment
mais il y a de plus en plus de femmes
qui sont réellement intéressées par le haut niveau
moi je suis la 17ème femme guide de ce montagne
la première c'est 1983, Martine Roland
il a fallu 30 ans pour faire les 15 premières
et il a fallu 7 ans pour faire les 15 suivantes
aujourd'hui il y en a à peu près 35
donc c'est cool, ça veut dire que ça va
3 fois plus vite
mais même 3 fois plus vite, 0 fois 0
ça fait quand même pas beaucoup
quand Charlie m'a contacté
pour écrire le bouquin, en fait mon bouquin
il était déjà écrit dans ma tête, pour moi c'était clair
il y avait plein de trucs qu'il fallait que je partage et que je parle
j'utilisais les réseaux sociaux déjà pour le faire
et là Charlie m'a donné une super opportunité
en allant plus loin et en mettant ça sur papier
alors évidemment ça n'appelait pas tout le monde
je traverse des moments pas hyper agréables
forcément j'essaye de bouger un petit peu les lignes
du monde de l'alpinisme et ça n'appelait pas forcément tout le monde
c'est pas toujours très très cool
mais dans le livre il était déjà écrit dans ma tête
par contre ce qui est bien
c'est que ce qui est agréable, le fait d'écrire le livre
c'est que du coup, comme c'était tout dans ma tête
maintenant ça n'est plus
et je me sens quand même plus légère
c'est bon, c'est écrit sur le papier, c'est fait
donc ça m'a un peu pas aidé
dans ma réflexion mais allégée
Merci à elle pour son témoignage
et merci à vous d'avoir écouté cet épisode
L'Ébaladeur est un podcast du média Leosers
cet épisode a été réalisé par Tom Affir
assisté par Nicolas Alberti
cette histoire a été présentée par Clément Sacar
et montée par Chloé Vibo
la musique originale a été composée par Nicolas de Ferrand
et le mixage a été assuré par Antoine Martin
et le mixage a été composé par Nicolas de Ferrand


On se retrouve dans 15 jours pour une nouvelle aventure
A très bientôt

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Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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