#65 — Odyssée verticale aux Grandes Jorasses, avec Charles Dubouloz

Durée: 47m35s

Date de sortie: 19/04/2023

Magnifique et gigantesque muraille dressée au cœur du massif du Mont-Blanc, les Grandes Jorasses protègent l’une des faces nord les plus mythiques du monde. Début 2022, Charles Dubouloz s’est engagé en solitaire dans cette face par la voie Rolling Stones. Un itinéraire peu emprunté avec 1200 mètres de paroi abrupte, qui ne voient jamais le soleil et où la température tombe jusqu’à -35°. Un projet d’ampleur de 6 jours et 5 nuits devenu l’une des plus belles ascensions solitaires de ces dernières années.


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🎙  Un épisode réalisé par Thomas Firh, assisté par Nicolas Alberty. Le récit a été présenté par Clémence Hacquart, la musique est composée par Nicolas de Ferran et Michael Boga s'est occupé de la musique additionnelle. Chloé Wibaux, s'est assurée du montage et Antoine Martin du mixage. Merci à Sebastien Montaz-Rosset pour les photos et extraits de l'ascension et à Mathis Dumas pour la photo de couverture de l'épisode.

🤝 La saison 6 des Baladeurs est soutenue par Columbia.
— 

Plus de détails sur l'épisode :

Magnifique et gigantesque muraille dressée au cœur du massif du Mont-Blanc. Les Grandes Jorasses protègent l’une des faces nord les plus mythiques du monde. Restée longtemps un obstacle majeur dans l’histoire de la conquête des cîmes, elle demeure aujourd’hui encore l’emblème de l’alpinisme de difficulté.


Début 2022, Charles Dubouloz s’est engagé en solitaire dans cette face par la voie Rolling Stones, un itinéraire peu emprunté et truffé de difficultés techniques. 1200 mètres de paroi abrupte avec des fissures déversantes et du mauvais rocher. 1200 mètres de paroi glacée, qui ne voient jamais le soleil et où la température tombe jusqu’à -35°. 1200 mètres de solitude, d’efforts titanesques et de bivouac éprouvants…


Un projet d’ampleur de 6 jours et 5 nuits, comme une déclaration d’amour à la montagne, devenu l’une des plus belles ascensions solitaires de ces dernières années. De quoi inscrire son nom à côté des Daudet, Destivelle et Boivin, dans l’Histoire de la face nord des Grandes Jorasses…

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Magnifique et gigantesque murail dressé au cœur du massif du Mont Blanc.
Les grandes juraces protègent l'une des faces nord les plus mythiques du monde.
Restez longtemps un obstacle majeur dans l'histoire de la conquête des Sim.
Elle demeure aujourd'hui encore l'emblème de l'alpinisme de difficulté.
Début 2022.
Charles Duboulose s'est engagé en solitaire dans cette face par la voix Rolling Stones.
Un itinéraire peu emprunté et truffé de difficultés techniques.
1200 mètres de parois abruptes avec des fissures déversantes et du mauvais rocher.
1200 mètres de parois glacés qui ne voient jamais le soleil
et où la température tombe jusqu'à moins 35°.
1200 mètres de solitude, des forts titanesques et de bivouac éprouvants.
Un projet d'ampleur de 6 jours et 5 nuits
comme une déclaration d'amour à la montagne.
Devenue l'une des plus belles ascensions solitaires de ces dernières années.
De quoi inscrire son nom à côté des dodets,
des stibels et boivants dans l'histoire de la face nord des grandes jurasses.
Les difficultés que je peux rencontrer dans ce genre d'ascension, elles sont très nombreuses.
Il n'y a pas quelque chose vraiment de plus difficile que l'autre.
Ce qu'il faut se rendre compte, c'est que tu accumules beaucoup de choses.
Ça peut être le soir au bivouac trouver un endroit pour pouvoir dormir assis ou allonger.
Ça, c'est une des composantes de difficultés.
Le froid, c'est quand même difficile de rester au froid tout le temps.
Tu manges peu, tu fais des longueurs qui sont quand même dures.
Tu t'engages donc dans la tête, il faut être prêt à chaque longueur, à retourner t'engager.
Le fait d'être seul, quand t'es 2 ou 3, t'as fait une longueur un peu dure,
t'as envie de te reposer, tu te demandes à ton pote qui passe
et toi tu peux l'assurer et tu arrives à te détendre et à récupérer un peu d'énergie.
Quand t'es seul, tu retombes tout le temps devant.
Tu y vas, tu y vas, tu te poses beaucoup de questions.
Mais la grosse différence que je pourrais souligner entre le solo et le fait d'être encordé,
c'est la prise de décision.
En fait, on ne se rend pas compte, mais quand on est encordé dans une face,
on se consulte, je ne sais pas moi, 100 fois ou 200 fois dans la journée.
Une manière très inconsciente.
Tu penses que c'est par là ou tu te poses plein de questions au cours de la journée,
mais c'est de manière tellement fluide, tu ne t'en rends pas compte.
En fait, quand t'es seul, toutes ces questions, tu continues de te les poser.
Sauf que c'est à toi d'y répondre, et bien souvent, il faut se faire confiance
parce qu'il faut prendre une décision et se conforter dans ce choix-là.
Donc voilà, cette prise de décision en étant en solo,
ça pourrait être une vraie difficulté à part entière,
comme au même titre que le froid, au même titre que la fatigue, que le sommeil, que voilà.
Donc on pourrait dire un cumulé de toutes ces choses-là,
qui font ses ascensions hivernales, solitaires.
Oui, ça fait des vraies entreprises sérieuses, difficiles,
dans lesquelles il faut mettre beaucoup d'énergie pour aller au sommeil.
Faire un grand solo très long, c'est quelque chose que j'avais en tête,
qui mûrisait, qui a mis des années à murer,
mais c'est quelque chose que j'avais, on pourrait dire, un peu en toile de fond dans ma tête.
En allant dans Rolling Soul chercher un vrai côté aventureux.
Je ne voulais pas une voix qui avait été faite 15 fois,
même en Cordée où tu avais des photos,
où tu avais un topo très détaillé.
Moi, je suis allé là-dedans vraiment à l'aventure,
avec le topo auquel je me suis référé,
et un croquis papier qui date de 2011,
de Patrice Guéron Rapaz et Cédric Périlla,
qui avait fait exactement la même période que moi en hiver, au mois de janvier.
Ils en avaient sorti un petit croquis, je les remercie bien d'ailleurs,
et voilà, j'avais juste ce simple croquis fait aussi lubique.
C'est maigre quand t'es dans une phase pour te repérer,
dans une phase de 1.200 mètres.
Voilà, ça reste quelque chose de très aventuré,
et c'est vraiment ce que je cherchais.
Pour moi, l'ascension des jorasses,
elles commencent quelques jours avant,
quand je vois le créneau météo se dessiner.
En fait, c'est simple, je m'étais prévu,
je m'étais dit, c'est hiver, je ferais bien la face nord des joraches,
je ferais bien Rolling Stone en solo.
Je m'étais plus ou moins bloqué tout l'hiver,
parce que ne sachant pas quand les conditions allaient être favorables,
eh bien, t'es obligé de te bloquer des grands créneaux
et d'être en alpiniste, il faut quand même être assez opportuniste.
Et en termes de durée, c'est vrai que c'est très dur à estimer,
je mettais dit, je pars une semaine, plus ou moins deux jours.
Je mettais dit, je suis ultra rapide, je mets cinq jours,
et si je suis lent, il faut que j'accepte d'être lent,
je peux aller jusqu'à neuf jours, dix jours, si vraiment c'est long.
Voilà, je vois la météo qui arrive,
je prends contact avec un routeur météo qui s'appelle Dianne Giesendanner,
qui est un routeur météo très connu.
Je lui explique mon projet, et je lui dis, est-ce que tu penses qu'il y a quelque chose ?
Il me dit oui, il y a un créneau qui semble se dessiner.
Pour moi, la sensation, elle commence à ce moment-là.
Au moment où je me dis, le créneau arrive, il faut que je prépare ma tauce,
donc là, je fais table rase, j'écarte tout dans mon salon,
et je récupère tout le matos dont j'ai besoin, je prépare, je pèse, je prends, j'enlève, je remets,
je vais chercher chez les copains de ma tauce qui me manquent.
Voilà, c'est deux, trois jours assez intense avant,
et je commence à apprendre le topo par coeur, le maigre topo,
si l'on bique, je commence à l'apprendre par coeur, je regarde la face,
j'y pense vraiment jour et nuit.
Donc là, pour moi, je suis déjà un peu rentré dans la sanction,
même si je ne suis pas encore allé.
Le matin, je me rends, je parte chez moi,
donc tout à l'heure, du bord du lac, je me rends à Chamonix,
j'ai la boule au ventre, j'arrive plus à manger.
Je suis hyper stressé, c'est marrant.
Je suis très stressé parce que je vais faire.
Vraiment, ça m'inquiète au plus profond de moi,
et puis je suis d'un autre côté motivé au point d'y aller.
C'est assez surprenant, c'est deux sentiments de te dire,
mais pourquoi je vais là-dedans ?
Dans ma vie d'Alpines, dans ma vie d'homme,
j'ai quand même vraiment envie d'aller vivre ça.
Je prends la benne de l'aiguille du midi,
je suis avec Seb Montaz qui est un cameraman,
il y a ma femme qui est là pour nous aider au portage,
il y a deux copains-guides qui sont là pour m'aider au portage
jusqu'au pied de la face.
Donc on prend la benne de l'aiguille du midi,
et là, c'est drôle, moi j'ai un sentiment assez particulier,
c'est qu'il pourra se plaire de copains-guides,
et qu'on est au mois de janvier, en plein milieu d'anticlones,
et qu'on a des sacs énormes, et qu'on croise du monde,
et moi, je n'ai pas du tout envie d'annoncer ce que je vais faire,
ce que ce n'est pas une habitude de dire en avance
ce qu'on va grimper,
et surtout que l'objectif me paraît tellement ambitieux
que je ne me sens pas les épaules de dire aux gens
oui, moi je vais aller grimper cette face tout seul
en plein cœur du mois de janvier.
Donc il y a plein de copains-guides et mes deux pot-guides
qui m'aident au portage, eux ils ne sont pas stressés forcément,
donc ils sont beaucoup plus volubiles que moi,
ils croissent des copains-guides,
ah bah on est de Charles, il va essayer d'aller dans Rolinson,
et moi je suis là, wow.
Et moi j'aurais préféré à ce moment là être une toute petite fourmi,
faire le truc dans mon coin et ne croiser personne.
On descend la vallée blanche et puis on va au pied des gens-ras,
c'est toujours hyper long, on a des gros sacs,
on met quasiment 4 heures en skid rando pour aller au pied,
et puis là c'est le moment où tout bascule,
tu le laisses les copains qui t'ont aidé au portage,
tu refais ton sac, tu le changes et puis tu te retrouves tout seul.
La face nord des gens-ras c'est une énorme muraille,
plus tu t'approches et plus c'est imposant.
Au loin elle paraissait raide, elle paraisse haute,
mais quand tu vas au pied tu te sens tellement petit,
en fait à l'impression que plus tu te rapproches plus la montagne te domine.
C'est un sentiment qui est pour nous les alpinistes,
qui est à chaque fois assez bluffant.
Quand tu raides les photos,
quand tu rèdes un topo,
que tu prépères beaucoup ta course,
tu te dis ah oui ça passe là, ça passe là, ça passe là,
et puis tu t'accoutumes un petit peu à la face
sur laquelle tu vas aller,
et en fait quand tu arrives au pied,
j'ai l'impression que ça fait un risette,
et que tu es au pied d'un monstre,
et que c'est vraiment haut,
et tu dis wow mais je vais aller passer une semaine là-dedans.
Donc cette muraille des gens-ras,
elle est quand même assez imposante.
Surtout quand tu es au pied,
on pourrait dire c'est une vraie fosse à froid,
il fait toujours très très froid au pied,
il y a tout le temps un petit vent du glacier qui descend.
Et puis la ligne Rolling Stone,
elle fait partie des plus longues voies de la face,
c'est-à-dire qu'elle part en bas de la pointe Walker,
elle arrive en haut, donc ça fait 1200 mètres,
elle sort au point le plus haut de la face nord des gens-ras.
Elle est coupée de rochers, de glace par moments,
de lignes de fissures,
une ligne de fissures très évidente
au milieu qu'on voit depuis assez loin.
Rolling Stone c'est tout ça,
c'est du mauvais rocher,
c'est des plaquages de glace un peu fins,
c'est du rocher parfois un peu meilleur.
Quand tu arrives au pied de la face nord des gens-ras
pour grimper une voix comme Rolling Stone,
c'est aussi beaucoup d'inconnus.
Ça c'est un truc qui est assez impalpable,
c'est dur à expliquer.
Mais l'inconnu que t'as quand t'es au pied
d'une face comme ça, t'es inconnue perso,
est-ce que je vais y arriver, est-ce que je suis assez fort,
est-ce que je suis un bon machin, les inconnus dixiens,
est-ce que je suis bon non, est-ce que je suis machin,
les inconnus de rocher ou de conditions que tu vas trouver,
c'est plein d'inconnus qui te fournissent des sentiments assez forts
quand tu es au pied de la face.
Quand je me retrouve tout seul au pied de la face
et que je vois les autres partir,
j'ai une motivation qui je pense est juste dingue
dans ces projets, dans cette volonté d'aller en montagne.
Je pense qu'il y a ça qui est quand même très fort chez moi,
je dois avoir un feu intérieur de dingue
et d'un autre côté, j'ai peur,
sentiment de peur, d'inconnu
et puis cette extrême motivation d'aller vivre cette aventure
qui je pense va me remplir, j'ai trop envie d'y aller.
Quand je suis au pied, ce qui en ressort,
c'est que j'ai envie d'y aller,
et je n'ai pas envie d'y aller pour faire un podcast
ou pour qu'on en parle après, j'ai envie d'y aller
parce que j'ai une vraie motivation perso
d'aller vivre ce moment en montagne.
Moi généralement, j'essaye de me dire
dans ces moments, si tu as fait tout ça
et que tu as chemin de vie
et que tu as cheminement, c'est pour maintenant en fait.
C'est pas pour être fort, j'en sais rien,
la salle d'escalade
ou tranquille, au chaud, au bar,
en buvant des bières avec les autres.
Faut être fort au pied des jorasses quand t'es prêt,
il y a les tout seuls en plein hiver, c'est maintenant qu'il faut être bon.
Je commence à grimper comme ça, on pourrait dire de manière
machinalement j'y vais, allez hop, c'est ce que j'ai envie de faire.
La face est très sèche, le bas de la face est très sec
et j'ai beaucoup d'inconnus sur les longueurs du bas
parce que le peu d'infos que j'avais eu
de Cédric et Patrice qui l'avaient fait en 2011
c'est qu'eux ils étaient dans des plaquages de glace
et c'est quand même beaucoup plus facile pour progresser
notamment dans les longueurs du bas
et moi c'est très sec et surtout c'est du super mauvais rocher
déjà tu peux te prendre une pierre qui vient d'en haut
parce que le rocher des fois il décide de tomber comme ça
et puis c'est aussi quand tu grimpes
ça rend la tâche plus difficile parce que pour protéger
donc pour mettre des points qui sont béton c'est compliqué
voilà c'est ça qui est très difficile c'est
et à te protéger et pour progresser
et effectivement les premières longueurs sont vraiment laborieux
je rentre direct dedans, il n'y a pas d'ouche
je suis sûr du rocher qui est mauvais, je ne me protège pas hyper bien
j'ai vraiment le sentiment de m'engager
pour autant je suis motivé, j'avance
en matériel j'ai à peu près 35 kilos de matériel
sachant que au gramme je connais le poids de chaque musketon
et moi je trouve ça génial aujourd'hui dans Lpin
c'est qu'on essaye de se dépouiller
pour aller vite, pour être un peu plus efficace
donc j'ai du matériel de bivouac
j'ai des doudounes, j'ai des chaussons du verge
je n'ai à peu près tout ce qu'il faut pour essayer d'avoir chaud
j'ai un réchaud, je dois avoir 6 cartouches de gaz
J'ai de la nourriture, j'avais pris de la nourriture pour une semaine.
Après en matériel, j'ai plus techniquement, j'ai deux piolais, j'ai une perte crampon,
j'ai un casque, j'ai des freins, ce qu'on appelle des freins, donc des coinceurs.
J'ai des pitons, j'en ai pas beaucoup, je suis parti avec cinq pitons.
J'ai un gros jeu de câblé, donc ça j'en prends beaucoup.
Si jamais je dois faire des rappels ou quoi, ça remplace un peu les pitons en fait.
Et l'avantage que ça a, c'est que c'est plus léger.
J'ai également deux cordes, j'ai une corde à simple de 50 mètres qui fait 9 mm.
Donc c'est pas gros quand t'es dans une face nord comme ça sur du 9 mm et que tu remontes sur ta corde.
Il faut vraiment faire gaffe à pas la faire frotter sinon elle se coupe.
Et j'ai une petite corde très fine de 6 mm qui est un backup.
J'ai tout ça que j'essaie de compacter dans un sac que je mets sur le dos quand je remonte sur la corde.
Et un autre sac qui est plus un sac à dos, très léger, dans lequel il y a uniquement du volume dans lequel je mets un tapis de sol par exemple.
Une grosse doudoune dedans et un lit de dos.
Ça je gagne tout le temps.
Au moins ça enlève du volume de l'autre sac et je peux mettre toutes les choses lourdes dans ce barda.
Je fais seulement de longueur, donc c'est pas long du tout.
Et là la nuit commence à arriver en deux mois de janvier, la nuit à 17h40 elle est là.
Donc la nuit, la pénom, commence à arriver.
En fait c'est tout simple, c'est que moi je me dis je grimpe jusqu'à 6 faces de nuit au maximum des crénaux de jour.
Donc j'arrive, il fait nuit et là je suis pendu dans une goulotte très red.
Et je n'ai pas vraiment de moyen de faire un relais correct.
Le rocher étant vraiment mauvais.
Il y a un peu de glace mais pas suffisamment profonde pour que je puisse mettre des broches à glace pour me faire un relais.
Donc là je plante des pitons.
Je galère vraiment à faire un endroit safe.
Et je ne peux pas dormir pendu dans mon beau drier la première nuit, c'est pas possible.
Je ne me relèverai jamais.
Le lendemain matin je vais être un légume et j'ai deux rappels à faire.
Je redescends et je rentre chez moi.
Donc j'avais pris un tout petit hamac très très léger qui fait une centaine de grammes.
Et j'essaye de tendre le hamac sauf que c'est une galère monstre pour le tendre.
Parce que je n'ai pas de points d'accroche de chaque côté.
Donc je le tend mais vraiment tend bien que mal.
C'est pas suffisamment raide pour qu'il soit pendu dans le vide.
Donc il frotte un peu contre la glace.
C'est un grand monde solitude là.
Je ne suis pas bien.
Je n'arrive pas à trop faire fondre de la neige.
J'avais mis les gants au fond du hamac.
Je ne sais pas en rentrant dans un claque.
Une paire de gants qui tombent.
Je suis là au premier jour.
Je me dis waaah.
Je me dis comment je vais faire tomber tout mon matos maintenant.
Faut que je sois vigilant.
Je n'arrive pas à me tenir debout sur mes...
Fait que je me mets dans le hamac.
Je suis plus debout sur mes jambes.
Enfin bref, logistiquement parlant.
Ce premier bivouac est une vraie galère.
Donc elle je ne m'étais pas forcément préparé.
C'est entre guillemets le truc qui dit bienvenue.
Donc voilà c'est assez brutal cette introduction à face nord.
La nuit doit faire moins 15.
Voilà je dois être à moins 15 degrés.
J'ai pas de vent.
Donc c'est une température de l'air.
Donc il faut se rendre compte.
C'est très froid c'est sûr.
Autour de moi il y a du rocher très raide.
Je suis dans...
Pendant que je suis dans du très raide et de la glace.
Si les alpinistes et générations d'avant ont fait tant de belles choses.
Euh...
Si notre génération elle continue de...
Continue de être active.
C'est parce qu'on est aussi attiré un petit peu par ça.
Parce que ça nous procure des sentiments qui sont dingues.
Qui sont très grisants.
Euh...
Mines de rien.
Quand tu redescentes, tu as vécu des sensations qui sont très fortes.
Qui seraient quasiment...
En tout cas moi j'arriverais pas à aller vivre dans la vallée...
Sur mon canaphe ou derrière mon ordi.
Cette sensation j'arrive à aller vivre là haut.
Parce que je m'engage comme ça.
Parce que je suis dans...
Dans ce froid, dans cette adversité.
Toutes ces petites choses là.
Ça nous met sans doute un état de flow.
Et oui.
Si on va en montagne c'est aussi pour ça.
Mais je dirais en partie.
Y a d'autres choses.
Moi j'aime un peu bourriner.
J'aime quand physiquement je me dépasse.
Ça c'est un...
Ça reste basique.
J'ai pas spécialement de...
D'explications particulières.
Mais j'aime ça.
J'aime profondément ça.
J'aime cet état.
J'aime cet état.
Ou quand je me dépasse un peu physiquement.

Et en montagne...
Bah oui.
Y a ça aussi en plus du flow quoi.
J'aime si ça peut paraître très basique.
Mais j'aime aller bourriner en montagne.
C'est bête.
C'est comme ça.
Le réveil du premier bivouac.
Il est désagréable.
Parce qu'il faut sortir du duvet.
Mais c'est aussi super.
Parce que j'ai passé une nuit tellement mauvaise.
Que je suis content de me remettre en action.
Je mets beaucoup de temps à me préparer.
Ce tout que là j'étais pendu dans le vide.
Donc je mets quasiment une heure et demi.
Le temps de faire fondre un tout petit peu de neige.
Donc de boire un petit thé.
De manger un biscuit.
De sortir de mon duvet.
De remettre mes grosses chaussures et mes crampons.
De me rééquiper de plier le hamac.
De plier ton duvet.
De machin sachant que t'es pendu dans le vide.
Quand tu fais ça, tout prend beaucoup de temps.
Donc les matins c'est...
La mise en marche, elle est jamais rapide.
Donc généralement le réveil se fait de nuit.
Et tu vois le jour se lever et l'objectif.
Vu que les créneaux de jour sont très courts en hiver.
C'est de grimper au lever du jour jusqu'à la tombée de la nuit.
Il faut vraiment optimiser ça.
Si tu commences à faire le fainiant, à te dire.
Je me lève avec le jour.
Ta journée, elle est grille.
Il faut vraiment optimiser.
Sachant que ce qui te permettra peut-être de passer
une journée de moins dans la face.
Donc le matin de ce premier bivouac, je me réveille.
Il fait nuit.
Je prépare tout mon matos.
Je mets à peu près une heure et demi.
Je mets mes grosses à plier mon duvet.
Arranger mon hamac.
On le met tous les points.
Réorganiser mon beaudrier.
Et à repartir.
Je mets une bonne heure et demi.
Je pars avec le jour.
Je pars avec le lever du jour.
Je ne vois pas le soleil du tout.
Mais dès que c'est entre chien et loup,
on va dire qu'il fait froid.
Ce n'est pas agréable les premières longueurs.
Les premiers mouvements, même.
Tu commences à grimper dans le froid.
Allez, c'est parti.
C'est bon.
C'est tellement beau là.
C'est rose.
La face nord des Jeuras.
La face en hiver, le soleil lui tourne autour.
Il se lève à l'aise.
La face sud, c'est la face par laquelle on descend.
Elle est bercée par le soleil toute la journée.
Cette face nord est à l'ombre en permanence.
C'est une vraie différence.
Ça veut dire que tu n'as pas un petit moment dans la journée
où tu sais que tu vas pouvoir te faire réchauffer le dos.
Parce que à cette température-là,
un rayon de soleil, ce n'est pas du tout anecdotique.
Un rayon de soleil, c'est puissant en face nord en hiver.
Lorsque je grimpe en solitaire, je suis encordé.
J'ai fait quelques parties en solo intégrale.
C'est très simple à se représenter.
Il n'y a plus de corde, plus rien.
Je grimpe avec tout mon matériel sur le dos.
Sauf que dans une face nord comme les Jeuras,
tu ne peux pas faire ça tout le temps,
en tout cas dans une voie comme Rolling Stone.
Quand je grimpe en cordé, je fais un relais.
Comme si on grimpait à deux, je mets des freins.
Je m'accroche avec un relais.
Je fais ma longueur avec ma corde en protégeant.
J'arrive. Je refais un relais.
Je redescends au relais du bas.
J'ai fait à peu près une longueur de corde.
C'est à peu près 40 ou 50 mètres.
J'enlève tout le matériel que j'ai laissé en bas.
Je mets mon sac sur le dos.
Et là, je remonte avec des systèmes de taux bloquants
sur ma corde jusqu'au relais du haut.
Donc en gros, je grimpe une fois la longueur.
Je redescends en rappel.
Je récupère ton matériel et je regrimpe la longueur sur ma corde.
Il faut accepter la labeur.
Il faut accepter de remonter avec ton énorme sac sur le dos.
Il faut accepter de faire une fois la longueur en t'engagant.
Plus que si il y a un mec qui est au bout de l'accord d'acquitassure,
de redescendre, de remonter.
Il faut accepter d'être lent.
En fait, c'est un alpinisme solitaire.
C'est un truc où il faut se dire
que je vais être plus lent que si je serai moins efficace.
Mais je vais vivre un moment plus long.
Je vais faire une immersion qui est encore plus puissante en mon time.
Mais ça, c'est un truc qu'il faut accepter avant de partir.
Fait d'être seul et de grimper seul.
Au petit matin, je me dis « Allez, continue de pousser ».
Je pense que c'est mon naturel optimiste qui dit toujours « Allez, vas-y,
va avoir un petit peu plus haut, ça sera peut-être mieux ».
Donc je repars et puis je chemine, je grimpe.
Je ne me perds pas, je vois où ça passe à droite.
Sauf que ça semble complètement impossible.
Et vu qu'il n'y a pas de glace, c'est dans du rocher déversant.
Je ne peux carrément pas passer là.
Donc en fait, je force naturellement une route par la gauche.
Je monte plus haut dans des fissures.
Je fais un rappel sur un câblé.
Et là, je m'engage pas mal.
Je mets qu'un câblé qui est béton.
Je sais qu'il est très bon.
Mais là, je rappelle avec mes deux très gros sacs
pour me remettre dans l'axe de la voie,
parce que je n'arrive pas à y aller naturellement.
Et en fait, je ne laisse pas deux câblés.
Je ne fais pas un vrai relais parce que je ne sais pas ce que je vais avoir en haut
et je ne veux pas commencer à me dépouiller trop de matos.
Donc là, je laisse déjà du matos, ça, et ça m'embête un peu.
Et là, je fais un rappel un peu complètement décalé dans des dalles.
C'est un grand moment de solitude.
J'ai mon gros sac de 35 kg au milieu.
J'ai un petit sac sur le dos.
Et là, je me sens un peu seul.
Là, c'est un sentiment de solitude qui vient vraiment de la peur.
Tout simplement.
À ce moment-là, je ne suis pas hyper bien.
Je me dis, le début du chantier n'était pas parti.
Je suis en bas de la phase.
J'ai encore toute la phase qui m'écrase.
Je suis déjà en train de faire du bricolage.
Je me demande ce que va être la suite.
Quand je commence à grimper, j'ai toujours peur.
Et j'ai peur pendant six jours.
Alors il y a des moments où je me détends.
Mais je n'ai pas une peur qui me fait claquer des genoux.
En revanche, c'est la peur qui me permet de rester concentré,
qui me permet de tenir, qui permet de garder un haut niveau de concentration.
Lontemment, j'imagine que si j'enlève cette peur,
je ferai tomber des mousquetons, je ferai des conneries
où il y a des moments où j'aurai l'essence qui serait moins aiguisée.
La peur ne me quitte pas, elle ne me freine pas.
Je pense qu'elle m'éveille plus qu'autre chose.
Je finis cette deuxième journée.
Mieux qu'elle a commencé.
Les longueurs déroulent un petit peu plus en-dessus.
Je retrouve un peu l'itinéraire.
Le rocher n'est pas si mauvais.
Et j'arrive à faire un bivouac plus agréable que le premier,
tout simplement parce que je suis dans de la neige entre deux gros cailloux.
Je térasse, je tape avec mon piolet, je térasse et je creuse
on va dire une petite tranchée entre deux cailloux.
Et donc, je n'arrive pas à dormir allongé sur le dos parce que ça ne passe pas.
Mon bassin ne passe pas entre les deux cailloux.
En revanche, je dors sur le côté et ce bivouac n'est pas si mauvais.
Là, je commence vraiment à rentrer dans mon sujet.
Je suis heureux de se la même roue.
En fait, il y a une routine qui se met en place dans ses faces.
Le premier, c'est dur.
Surtout que là, je me retrouve pendu dans le hamac
avec toute la difficulté que ça implique.
Le deuxième est un peu plus sympa.
Et en plus, t'as pris un petit peu le tes habitudes, t'as pris tes marques.
La troisième journée n'est pas si anodine que ça.
Elle grimpe, je fais beaucoup de longueur en chaussons d'escalade.
Et des longueurs qui sont dures.
Là, j'ai vraiment le sentiment de grimper des longueurs dures.
Une face nord, il fait moins 15, moins 20.
T'es avec tes chaussons et t'es tout seul.
Et ben, c'est des sacrés moments.
C'est des sacrés moments d'alpinisme.
Tant bien que mal, je me辭ce gentiment vers
gentiment vers le sommet jusqu'au neveu médian.
Donc là, j'arrive à peu près à la moitié de la face.
Et puis là, on va dire qu'au troisième jour, c'est dur.
J'ai un moment où l'accord se retrouve
coincé au relais.
Dans le vent, il fait très froid et c'est hyper inconfortable.
Ce passage, ça fait partie des mauvais moments.
J'en ai eu plein des aléas comme ça, mais en fait,
ça, c'est un peu les aléas du solo.
Là, t'es deux, il y a un mec qui t'a débloque
ton partenaire, l'accord de relais.
Sauf que là, t'as pas le choix.
Il faut débrouiller pour redescendre.
Une fois de plus, c'est du bricolage maison.
Il faut essayer de faire un relais.
Le problème, c'est que j'arrivais pas à construire un relais béton.
Parce que tous les blogs que j'avais devant le nez,
ils étaient très mauvais.
Je pouvais plus monter parce que ma corde était bloquée
et je pouvais difficilement descendre parce que l'escalade était dure.
Je pouvais pas descendre si j'avais pas de drape de corne.
Donc, en gros, j'étais un peu bloqué à ce moment-là.
Et là, il faut...
T'as une grande boîte à outils d'alpinistes.
Et là, tu sortes ton expérience, tu essayes de...
Même s'il fait froid avec tes dans le vent, de prendre le temps
pour essayer de trouver une solution et de sortir de là.
Ça, c'est ce qu'on appelle,
plus couramment dans le milieu de la littérature française,
une épée d'Amocles.
Bon, je n'ai la même dessus quand même.
Tu attends le bruit du bloc,
si tu fais relais là-dessus,
c'est que tu n'as pas envie d'vivre.
Et moi, après tout ça,
j'ai jamais eu autant envie d'vivre.
Jamais eu autant envie d'vivre.
Jamais, jamais, jamais.
Jamais, jamais, jamais.
Jamais.
C'est vrai que ce troisième journée,
il y a de l'adversité, il y a des choses dures,
mais je me sens complètement aligné.
Je suis hyper...
Je pense qu'au fond de moi, je suis redéclat,
je me sens bien, c'est chouette.
J'ai plus sentiment que j'ai eu le premier jour
de m'engager vraiment dans des mauvaises longueurs.
Et puis avec un truc qui a,
où tu es vraiment une incertitude de progression.
Là, je suis sûr d'être dans la ligne
et puis je me sens bien.
C'est vrai que c'est un sentiment de ce troisième journée
qui est assez profond, qui est assez intense, qui est chouette.
Je me sens bien en phase.
Depuis le début, je n'arrive pas beaucoup à manger.
Je pense que je suis tellement stressé
que je n'arrive quasiment pas à m'alimenter.
Je n'arrive peu à boire.
Bon, je me dis, tant que je tiens,
tant que je tiens, c'est que ça marche.
Après, physiquement, je me dégrade.
T'as forcément moins d'énergie qu'au premier jour.
Je pense que j'ai déjà pas mal maigri,
là, au troisième jour.
J'ai vraiment mal aux mains
parce que je grimpe beaucoup à main nu.
J'enlève souvent mes gants.
Pour toutes les manipses, je fais quasiment sangans
parce que c'est très compliqué de faire avec les gants.
Ça devient, on va dire, que ça serait comme une barre d'énergie
qui commence gentiment à baisser.
Pour autant, étant bien mentalement et bien dans mon sujet,
t'en prends en compte,
t'es peut-être un tout petit peu moins efficace sur certaines choses.
Et un truc qui est sûr, c'est que pour ouvrir,
fermer les mousquetons, ayant tous les ongles un peu décollés,
des crevasses de partout, un peu déplaît sur les mains,
t'es moins efficace, c'est sûr.
Mais après, ça, une fois de plus, ça fait partie du jeu.
C'est quelque chose auquel, entre guillemets, je m'attendais.
J'ai l'expérience des ascensions passées
qui font que je sais dans quoi je m'engage,
je sais que quand je vais là-dedans,
je vais me détruire un peu les mains,
parce que c'est mon outil de travail.
Et forcément, elles vont se rappeler contre le rocher,
contre la glace, le froid,
ça fait que ça va faire péter la peau.
Mais ça, voilà, entre guillemets, c'est...
c'est impressionnant, mais ça fait partie du jeu.
On va dire que je suis rustique
et qu'être dans des conditions difficiles,
ça me dérange peut-être moins que certains qui n'aiment pas ça.
Ça ne me dérange pas de faire un mobibouac,
ça ne me dérange pas d'avoir froid.
Pas tous les jours, mais de temps en temps.
Et après, est-ce que j'aime souffrir ?
Je pense qu'il faut, dans tous les cas,
t'es un peu obligé d'aimer ça quand tu fais de la montagne,
t'es un peu obligé de vouloir d'accepter ça,
en tout cas d'accepter une certaine rusticité, tout ça.
Ça va être philosophique, ce que je veux dire,
mais est-ce que je souffrirai pas plus
en étant assis derrière un ordi toute la journée,
est-ce que pour moi, ce serait pas une souffrance,
ce serait plus difficile à subir,
parce que c'est pas du tout mon état,
ni mon comportement,
que dans une face nord comme ça,
je sais pas, en fait la souffrance,
elle est très propre à chacun finalement.
Et en vraiment plaisir à être dans ce milieu toute la journée,
je me dis, wam, c'est dingue,
je me le dis à plein de petits moments,
chaque fois que je me retourne,
quand je prends conscience,
quand je suis au troisième jour,
que je suis bien dans mon truc,
et je me dis, mais là,
t'as plein de mieux de la face nord des Joras,
tu te retournes, t'as les drus, t'as les guilliverts,
t'as des couchers de soleil que tu peux avoir que là, quoi.
T'as des angles,
parce que si tu montes pas dans la face,
les angles de vue, tu les as pas,
je trouve ça juste incroyable d'être au milieu de ces montagnes,
en plein hiver.
Là, je galère pour bivouacer,
parce que je suis dans une pente de neige,
sauf qu'il y a très peu de neige,
et que j'arrive tout de suite à la glace noire,
et j'arrive pas à me tailler une plateforme suffisamment grande pour dormir,
en tout cas pour m'allonger,
pour avoir un truc, je sais pas,
de 60, 70 centimètres de la largeur de mes épaules,
j'arrive pas à avoir autant de largeur,
donc je galère, je t'érasse de la glace noire pendant une heure et demi.
Je tape, je tape, je tape,
il fait déjà nuit depuis longtemps,
voilà, je galère, je mets du temps à trouver un bivouac.
Là, j'ai été réveillé par le froid,
et en gros, je dors deux, trois heures,
et puis après, j'attends que la nuit passe,
je suis là, je regarde mon téléphone,
ou j'attends, quoi.
En gros, je me rends dormi un quart d'heures,
je suis réveillé une demi-heure, c'est ça.
Après, c'est plus par cycle,
c'est plus de la patience.
Il y a vraiment ces deux, trois heures de sommeil
que je dirais profonds,
qui sont hyper réparateurs,
et après, t'attends que la nuit passe.
La nuit, ce que j'essaye de faire,
c'est de me reposer au max
et de me dire, tu dors pas,
mais c'est quand même une période d'inactivité,
donc c'est quand même une période où tu récupères.
Les efforts de la journée,
ils sont tellement longs, tellement continues,
quand tu es en solo,
que la nuit, tout le moindre truc,
il faut essayer de se relâcher au maximum,
j'essaie de me relâcher, j'ai de dormir,
j'ai de penser à des trucs cool,
mais c'est plus une phase d'attente,
et après, tu vois bien, quand tu es entre deux autres,
tu es dans un état un peu...
pas l'hétargique, mais tu es là,
tu es un moitié endormi de somme no lance, on va dire.
Le lendemain matin, en repartant,
je mets du temps à partir,
je vois le soleil en face qui se lève,
là, et qui commence à éclairer
toutes tes pentes à l'est,
c'est hyper agréable,
et moi, je suis toujours dans l'ombre,
je me demande ce que je fous là.
Et surtout pour la mise en marche du matin,
où le mini rayon de soleil, il changerait tout, quoi.
Le mini rayon de soleil,
il t'aide à sortir de ton duvet,
il t'aide à enlever ton gant
pour faire fondre de la neige,
et là, il y est pas,
mais c'est aussi le jeu de la face nord des Jeurasses en hiver,
c'est assez drôle.
Et quand je pars, c'est des longueurs de goulotte
qui déroulent assez bien, j'avance bien,
et puis plus je monte, plus la journée est dure,
pareil, je fais de la grimpe en chausson,
je commence à rentrer gentiment dans l'adversité,
et ce jour-là, il y a un vrai tournant,
c'est que le vent se lève,
et le vent se lève fort,
et moi, ce vent, je ne l'avais pas spécialement prévu
avant mon ascension,
quand j'avais prévu les choses avec Yann,
le routeur, sauf qu'en fait au mois de janvier,
en hiver, dans les périodes anticycloniques,
il y a souvent du vent qui s'installe,
et ça, ça fait aussi partie du jeu.
J'avais pas prévu, mais voilà, le vent est là,
entre guillemets, je suis prêt pour la frontée.
Donc le vent arrive,
et c'est du vent du nord,
donc il me tape en plein dedans,
donc du vent du nord en hiver, c'est glacial,
il fait hyper froid dans la face.
Là, cette journée-là est très, très dure,
parce que j'ai froid,
parce que je suis dans le vent, je tremble,
même dans l'action, je n'arrive pas à me réchauffer.
Et là, c'est une journée qui finalement est assez difficile.
Le vent en montagne, il ne facilite rien,
et quand t'es tout seul, c'est une vraie galère.
J'ai eu aussi des passages d'escalade
qui sont difficiles à passer.
Je pense que j'ai très peu de sensations au bout de mes mains,
au bout de mes pieds, en plus,
j'ai vraiment plus de sensations.
C'est une vraie journée de montagne,
une vraie journée de pénis,
et qui en arrivant au bivouac,
le vent ne s'est absolument pas calmé,
donc la nuit est géniale,
parce que je suis sur une espèce de...
On pourrait dire qu'il y a une petite dalle d'un mètre carré,
à peu près moins d'un mètre carré,
mais qui est vraiment posée,
et qui, pendant le vide,
il y a quasiment 800 mètres de face en dessous,
mais c'est juste dingue cet endroit.
Et donc quand j'arrive, je vois cette dalle,
sauf qu'elle est pleine de glace et de neige,
et en fait, elle est quasiment prise par la glace et la neige,
qui est quasiment verticale,
mais en creusant, creusant avec mon piolet,
je vois que c'est une dalle qui est en fait toute plate,
et là, c'est quand même un moment génial,
sa bivouac a assez incroyable,
où t'es seul au milieu de la face nord des Jeuras,
ça fait 4 jours, 8 ans,
et là, je perds mon téléphone.
Le seul moyen de l'haison que j'avais avec l'extérieur,
c'était un téléphone.
On fait des choix dans le matos,
et je m'étais dit, allez, une radio,
ça pèse à peu près 350 g,
et j'en prends pas, parce que j'en aurais pas besoin.
Je sais que j'ai du réseau à peu près partout dans la face nord,
et voilà, si j'ai un problème, j'aurais mon téléphone,
j'aurais pris des batteries annexes.
Et donc, je suis sur cette petite vire qui est juste géniale,
et en revanche, j'ai pas assez de place
pour faire fondre de la neige et être allongé en même temps.
Quand je me lève pour récupérer mon réchaud,
j'écoutais de la musique et j'entends la musique qui part dans le vide.
Donc là, j'ai un petit moment de bug,
non pas que j'ai peur de plus avoir de contact avec les gens,
mais j'ai plus un moment de bug pour les gens,
notamment ma femme,
et c'est mon tasse qui attendait des nouvelles,
et généralement, je faisais un petit message tous les jours
pour donner des nouvelles,
et là, je me dis, wow, je suis là sur cette vire
et je peux prévenir plus personne.
C'est vraiment ça qui me dérange
de ne pas pouvoir prévenir les gens quand je suis dans ce moment-là.
Et d'ailleurs, je pense que je suis tellement pas lucide
ou je suis tellement dans mon truc,
on est au quatrième jour,
que je me dis, bon,
et bien, si je peux pas leur faire un texto, je vais faire un WhatsApp.
Ah mais non, je n'ai pas WhatsApp non plus.
Si je peux pas, je vais faire un message.
Non, mais je peux pas.
Mais en fait, non, je ne peux plus rien faire.
Ma façon de raisonner, j'avais l'impression
que je n'arrivais pas à intégrer,
que je venais de faire tomber mon moyen de communication.
Donc, je n'ai plus de téléphone,
je n'ai plus de musique, là, je suis triste,
parce que la nuit, surtout quand il se fait froid et que tu attends,
la musique, c'est super chouette.
Ça te rappelle plein de bonnes choses, ça te réchauffe le coeur.
Là, je n'ai plus de musique, je n'ai plus rien,
et je me dis que ça va être long, ouais.
Je ne sais pas quelle heure il est.
Il fait nuit, il y a du vent pour changer.
Toujours pareil.
Et j'ai mis une demi-heure,
à essayer de remettre ma chaussette au fond de mon duel.
Tout le monde, je lui ai le droit de défoncer,
j'arrive rien à toucher.
Il me lance tellement dans tous les doigts.
D'ailleurs, ce que lui dit doigts, c'est des boudins,
les knakis, quoi.
Les knak.
Là, j'ai des ondes qui se décollent partout,
des crevasses dessous, là.
J'arrive rien à toucher,
je trempe des mains sans rien faire.
Mais j'ai le coeur qui fait...
Dans les deux mains, là.
Je me lève le matin,
je pars pour le cinquième jour,
là, je suis à la partie, ce qu'on appelle le crux,
à la partie difficile de l'ascension.
Donc je me retrouve dans le crux,
ils sont deux ou trois longueurs,
dans une partie un peu déversante,
dans du rocher pas très bon,
pendu au milieu de la face nord des Jeurastes,
ça, c'est assez dingue.
Et là, le matin, j'essaye de vraiment me motiver,
de m'envoyer plein de bonnes énergies.
En me donnant les charges, là, vas-y, t'y vas,
c'est maintenant que tu dois maîtriser ton sujet.
Et j'avance pas,
je mets du temps, je mets...
Je mets...
6 heures pour faire 60 mètres.
Donc pour faire deux longueurs de 30, j'ai mis 6 heures.
Donc j'ai quasiment occupé ma journée
dans ce grand bouclier déversant, là.
Là, c'est vrai que j'avance pas,
tout simplement parce qu'en solo,
je grimpe la longueur,
je la grimpe pas vite,
tout simplement parce que j'essaye de me protéger,
mais j'ai pas suffisamment de matériel,
c'est d'escalade artificielle.
Donc ça implique d'avoir beaucoup de matos,
mais étant en solo, j'en ai pas non plus pris énorme,
donc voilà, il faut que je m'engage quand même dans la longueur.
Je fais un relais, il faut que je redescende.
Et en plus, vu que c'est des longueurs qui sont pas droites,
sont des longueurs qui traversent.
Donc la redescente est laborieuse,
de la remonter dans un truc déversant,
en traverser, en solo,
c'est un vrai chantier.
Je mets du temps, je mets du temps,
je m'automouline, voilà,
là, je suis en plein cœur de mon sujet,
et d'un autre côté, je suis hyper concentré,
et je me dis que si je suis là,
maintenant, c'est que j'ai choisi de l'être
et que je suis entraîné pour ça,
et que je suis bon pour faire ça.
Et en fait, il y a aussi un côté grisant,
je me dis, wow, ce que je suis en train de faire,
là, c'est génial.
Je suis au milieu de cette face nord,
tout seul, dans un truc dur,
et j'y prends quand même un certain plaisir.
Ça, il faut que je l'avoue,
j'y prends quand même un certain plaisir.
Et la journée se finit assez bien
dans des longueurs plus faciles.
Il doit me rester deux heures,
mais en deux heures, je dois faire
quatre fois plus de distance
que ce que j'ai mis en six heures.
Donc ça, c'est génial.
La fin de journée est grisante.
Et là, j'arrive sur un bivouac,
enfin, sur une pente de neige, je démente.
Et là, j'arrive à me tailler un bivouac de luxe.
De luxe, c'est où je peux dormir allongé, quoi.
Mais un vrai bivouac où je peux dormir allongé.
Je suis haut dans la face,
je suis quasiment sûr de ma réussite.
Et là, ce soir-là, ce bivouac-là,
il y a quand même un côté hyper agréable.
Je me détends pas parce que je sais que j'ai pas fini,
mais en tout cas, j'ai passé des difficultés.
Les parties très dures sont derrière moi.
Je sais pas combien de temps je vais mettre pour sortir encore.
Il me reste une douzaine de longueurs.
Je me dis un jour ou deux.
Mais voilà, je suis quasiment sûr de ma réussite.
Et je me rappelle vraiment de ce moment.
Je me dis, oui, je passe un bon moment.
Je passe un bon moment au bivouac-là.
Puis j'ai le temps de contempler le paysage qui est juste dingue.
C'est rose autour là.
Putain, t'es tout seul là.
Face dans des joraces, je suis haut.
Enfin, j'ai un espèce de sentiment de me dire
je commence à avoir un petit sentiment d'accomplissement
qui est grisant, qui est génial.
Je suis trop heureux d'être là.
Enfin, voilà, c'est un très beau moment, ce bivouac.
J'ai trop envie de sortir.
Je pense qu'à ça.
Allez au sommet, après, je descends de nuit.
J'en ai rien à faire et à plier de lune.
Mais il faut vraiment que je me débrouille pour essayer de sortir.
Il y a une douze longueurs.
Je pourrais...
Si je m'assure tout le long, je peux pas sortir.
Je ne sais pas.
C'est vraiment ça me soule une fois que je suis dans le roll-cord.
J'enlève la corde.
J'y vais en solo intégrale et je file.
En mode front, Milawan,
j'ai tout.
Je garde plus de bouffe, plus de flotte, plus rien.
J'avance.
Je pars en solo intégrale.
J'avance, je sors, j'en ai marre le lendemain matin.
Je mets mon gros sac sur le dos, je fais 15 mètres.
Je me retourne dans des goulottes qui grimpent vraiment,
qui sont vraiment durs, plus le poids du sac, plus la fatigue,
plus le rocher pas terrible.
Et là, je me dis, arrête-toi.
Je pense à ma gamine à ce moment-là.
Je me dis, pense à ta gamine.
T'as pas fait tout ça pour...
J'ai pas fait tout ça pour...
Pour qui ? Pour tomber dans le vide maintenant, quoi.
Allez, arrête de faire n'importe quoi.
Et encore de toi, mais si tu mets un jour de plus, c'est pas grave.
Et là, j'ai un vrai déclic, j'ai un vrai moment où je me dis,
non, mais il faut...
Restant maîtrise, en fait.
Te dis pas que c'est fini.
J'ai une vraie prise de conscience
qui m'a très vite rappelée à l'ordre.
J'ai fait 10 mètres en solo intégrale, mais c'était dur, en fait.
Quand je suis là-dedans, je culte beaucoup de choses.
Et je pense plus à ma famille, je pense plus à...
Bien sûr, je pense à mon intégrité physique,
parce que j'ai pas envie de tomber.
Mais tout ça, pour moi, ces questions,
j'y ai répondu avant de partir.
En fait, c'est...
Je me pose beaucoup de questions avant.
Je me dis, j'essaye de faire un état,
un peu de quel signe au son ouvert,
de quel niveau est ma motivation.
Ça, c'est perso, c'est des réflexions perso,
qui sont peut-être aussi basées sur l'expérience.
Mais à partir du moment où je fais le choix de m'engager dans la face,
toutes ces questions de risques,
et tout ça, je me les suis posées avant, tu vois.
Et j'ai pris le temps de me les poser avant.
Est-ce que j'ai encore envie d'aller là-dedans,
est-ce que j'ai envie d'aller m'engager comme ça,
est-ce que tu vois.
Et quand je suis dans la face, j'ai dit, bon, c'est bon.
J'ai répondu à ces questions avant,
je me pollue plus, à tête avec ça, j'y vais, j'avance.
C'est pas balistique.
Bien sûr, si je me retrouve face à quelque chose
où j'ai toutes mes chances d'y rester, je vais pas y aller.
Mais voilà, si j'ai répondu à toutes ces interrogations avant,
je trouve que ça t'allège l'esprit,
une fois que t'es dedans,
et ça te permet d'avancer un peu plus sereinement,
et de garder d'ailleurs de l'énergie pour autre chose.
Je remets la corde, et j'avance tant bien que mal,
et en fait, le terrain est quand même plus facile à la fin.
J'avance vite par rapport au journée d'avant.
J'avance vite, et je me retrouve dans la voie
qui est la classique Walker.
Et là, je vais beaucoup plus vite,
il y a du matériel en place, le rocher est quand même meilleur.
Et là, pourquoi j'ai tous mes automatiques ?
Je suis hyper efficace, j'avance, j'avance, j'avance.
Je finis en solo intégrale, dans des goulottes,
dans un souci de rapidité et d'efficacité,
parce que j'en avais marre,
et je sais que dans ces goulottes-là, globalement,
je peux pas tomber, c'est pas très dur.
C'est en piole et crampon, technique-pond, voilà,
c'est pas extrême.
Donc voilà, je suis assez confiant,
je me dis aller avance dans ce parti,
et en fait, ça me préfère un grand bon en avant,
mais de rien, je tire 3 longueurs,
ça me prend 10 minutes, quoi.
Un truc qui me prendraient une heure et demi,
ça me prend 10 minutes, ça déroule.
Et là, je vois Seb Montaz qui est en haut,
qui est là pour faire des images, pour me filmer,
c'est juste dingue, moi j'ai plus de téléphone,
j'ai pas pu l'avoir en contact,
et je vois sa tête là-haut,
c'est un grand moment, là, je commence à
un petit peu à relâcher, mais de rien,
c'est vrai que je relâche,
et puis je fais les deux dernières longueurs,
je m'encorde pour les deux dernières longueurs,
parce qu'elles sont plus dures,
il y a une énorme corniche pour sortir au sommet.
Donc là, je suis encore dé, je fais ces dernières longueurs,
là, c'est que du bonheur, parce que voilà,
je suis sur de sortir,
il y a mon pote qui est en train de filmer,
qui est au sommet, j'arrive de 6 jours,
mais il n'y a pas d'audin dans le froid,
j'arrive, il y a un coucher de soleil,
c'est dingue, en fait, tout s'aligne.
Comme quoi, dans la vie, parfois, tout s'aligne,
et là, c'est un des moments où tout s'est aligné,
il faisait encore jour,
j'arrive au bon moment,
je suis encore bien, c'est génial,
c'est sorti au sommet des joies,
je n'en ai encore le sourire quand j'en parle maintenant.
...
Il y a un truc qui est difficilement palpable,
une nouvelle fois,
mais quand tu sors d'une aventure comme ça,
tu viens de faire 6 jours,
une semaine, peu importe, tout seul,
dans l'ombre, dans le raid,
et que tu es tout le temps pendu dans ton baudrillet,
il y a un truc qu'on a du mal à représenter,
mais en fait, tu es tout le temps un peu dans des positions d'inconfort,
tu n'arrives vraiment à jamais de détendre,
soit par le froid, soit parce que tu es dans une position
qui n'est pas agréable, soit parce que
tu es un peu en gainage,
parce que si tu le détends trop,
tu roules dans le vide quand tu bivouages.
Quand tu arrives en haut, au sommet des joies,
il y a un truc très particulier, c'est que tu arrives sur une calotte
qui est complètement plate,
et tu arrives sur un truc plane et jeux
au soleil.
Il y a un détail de température de 30 degrés,
tout devient hyper hospitalier,
enfin c'est trop agréable d'être là sur du plat,
alors que tu as été pendu dans ton bonheur
pendant 6 jours,
et là je viens grandement,
et c'est vrai qu'il y a une vraie rupture
au sommet des joies râces,
entre ce que tu vis dans la face
nord, et quand tu arrives sur la goulotte
en haut, et là, tu peux relâcher quoi.
Je n'ai même pas vraiment
de
de sentiments
de quelque chose d'identifié,
j'ai l'impression que je relâche tellement fort
que c'est pour ça que je craque,
que je pleure, je suis tellement content
de m'en être sorti, entre guillemets,
je me suis mis dans un guépis volontaire,
c'était ma volonté,
et j'ai réussi à m'en sortir.
Et là, je suis au sommet,
à plat, avec le soleil qui me chauffe le dos,
mais c'est juste une chose
d'honneur, il y a un autre truc,
c'est qu'il y a un énorme sentiment d'accomplissement.
Pour moi, aller là-dedans,
c'est personnel, mais c'était
voilà, aller dans le haut niveau
de ma pratique d'alpiniste, c'est perso,
une fois le plus, il y en a d'autres qui disent,
peut-être, qui disent que c'est pas ça.
Moi, personnellement, c'était un peu un objectif
de vie, de l'autre que pour y aller,
je ne me suis pas levé le matin, je me suis dit
je vais aller faire une association solitaire, j'ai énormément grimper,
j'ai passé énormément de temps en montagne, j'ai fait beaucoup d'hivernales,
je connais ce rusticité, je connais tout ça,
je me suis beaucoup entraîné, et ben là,
il y a un vrai sentiment d'accomplissement,
et le fait de se dire, voilà, je
se mets de ce truc que je considérais
un peu comme un... comme un grâle,
ben c'est super fort de ressentir ça.
En avant, je n'y identifie pas
sur le moment. Je pense que sur le moment,
je suis tellement là, à relâcher
la pression et la tension, ce petit peur,
là, comme si d'un coup, elle disparaissait
pendant quelques minutes,
et alors bien sûr, il faut rester concentré
pour la descente, c'est plus du tout la même chose.
Ça fait que tu craques aussi et que je pleure.
Et même aujourd'hui, quand j'y repense, je suis hyper heureux
tout simplement, parce que je suis très heureux
que la montagne, c'est des pleurs
de bonheur aussi, et je suis très heureux que la montagne
et que mes ascensions, elles me fournissent autant
de sentiments, je trouve ça trop beau, et
alors je ne suis pas spécialement un poète
ou un rèveur, mais je suis trop heureux que la montagne
me fournisse ces sentiments-là.
...
...
Lorsqu'il débouche enfin au sommet,
Charles Duboulose
retrouve Sébastien Montaz-Rosset,
qui réalise un documentaire sur cette ascension.
Le film de L'ombre à la lumière,
dont vous avez entendu quelques extraits
dans cet épisode, est disponible en
VOD en ligne, sur Vimeo.
Un an plus tard, Charles Duboulose
est reparti dans cette face nord des Grandes Joras,
en compagnie de Simon Velfringé
et Clovis Paulin, cette fois
pour répéter une voix qui jusqu'ici
n'a été pratiquée qu'une seule fois,
la directissime de la Pointe Walker.
Leur succès a encore fait largement parler de lui.
Merci à lui pour son témoignage
et merci à vous d'avoir écouté cet épisode.
Les Balladeurs est un podcast
du Médial et aux Orses.
Cet épisode a été réalisé par
Thomas Fyre, assisté par Nicolas Alberti.
Cette histoire a été présentée par
Clément Sacar, la musique est
composée par Nicolas de Ferrand
et Michael Bogat s'est occupé
de la musique additionnelle.
Chloe Vibo s'est assurée du montage
et Antoine Martin, du mixage.
On se retrouve dans 15 jours
pour une nouvelle aventure.
A très bientôt.

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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