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Colombia est fière d'accompagner à nouveau les baladeurs
pour cette 6e saison.
Les baladeurs.
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Une chute et c'est la mort.
Voilà comment pourrait se résumer la pratique de l'escalade en solo intégrale.
Cette discipline qui consiste à grimper sans coordonnées
aucun matériel de protection
est devenue mondialement célèbre en 2018
grâce à l'exploit d'Alex Honold Oyo-Sémite
raconté dans le documentaire Free Solo.
30 ans plus tôt pourtant,
sur les falaises françaises,
un jeune homme du nom d'Alain Robert
réalisait déjà les solos les plus téméraires du monde.
Malgré un lourd handicap physique hérité d'une chute,
il a signé un palmarès encore inégalé aujourd'hui.
Un grand nombre de voix difficiles et hautement aléatoires
vaincus au prix d'une rééducation titanesque
et d'un mental à toute épreuve.
Mais à l'époque, Alain Robert est rangé chez les fous.
Il se tourne alors vers l'escalade de building
et devient le célèbre French Spiderman.
Après avoir enchaîné les passages télé
et les aller-retours en garde à vue dans le monde entier,
il souhaite aujourd'hui raconter son histoire en falaises
et réhabiliter son héritage autour de trois voix marquantes.
L'abominable homme des doigts,
la nuit du lézard et Paul Pot.
Cette dernière, située à 250 mètres du sol dans le verdon,
a d'ailleurs bien failli lui être fatale.
Car s'y chuter, c'est mourir.
Pour Alain Robert, grimper en solo intégral, c'est vivre.
En fait, quand j'étais enfant, j'étais d'abord un enfant
peu heureux, qui n'avait pas beaucoup confiance en lui-même.
Ouais, j'avais peur de tout.
Donc j'avais peur de mourir.
Parce qu'en fait, souvent on dit, on a peur, on a juste peur de mourir.
Je crois, ça arrête là.
Du côté de mes parents, on n'était pas vraiment dans l'aventure.
Donc j'avais un père toute la vie, donc moi je l'ai vu faire du Canva.
Du coup de l'Alene et tout.
Donc bon, c'est pas très aventureux.
Ma mère n'a jamais fait de sport.
Donc moi, j'étais un gosse, un gosse, il a des héros.
Pour moi, c'était Robin Desbois, D'Artagnan et Zorro.
J'étais un petit peu en conflit avec mon rêve, mon rêve d'enfant,
d'être courageux, d'être brave, d'être téméraire.
Et puis finalement, le gamin que j'étais,
qui n'avait pas confiance en lui-même, qui avait peur de tout,
qui était timide, introverti.
Et donc, il fallait faire quelque chose.
Je n'avais juste pas comment je le ferais.
Qu'est-ce que je ferais d'ailleurs ?
Je n'avais jamais réellement pensé à l'escale.
Je sais même pas que c'est existé d'ailleurs.
Alors, l'Escala, c'est un coup de bol.
C'est un vieux film en plus.
Il a été tourné en 1952 avec Spencer Tracy.
En fait, c'est un film tiré d'un roman d'un retroyal,
un égendoy, c'est un avion qui s'écrase.
Un avion venu d'Inde qui s'écrase près du sommet du Mont Blanc.
Et puis, deux frères, guides de haute montagne,
qui partent à la recherche de survivants potentiels.
D'abord, j'ai découvert qu'il y avait des montagnes sur Terre,
et qu'on pouvait les grimper.
Puis, ça m'a semblé être une forme de courage
qui surpassait même Zorro, Robin Desbois et D'Artagnan.
Donc ça, ça a été vraiment le choc, le déclencheur de tout.
Après, est-ce que je savais quand je grimperai,
j'en avais aucune idée de toute façon.
Déjà, il y a eu une grosse déconvenue.
C'est que, pas très longtemps après,
mes parents habitaient Lyon à l'époque.
On allait en vacances à Toulouse,
et puis donc l'autoroute.
Et puis en route, mon père, il a décidé de sortir
et de traverser les Gorges du Tarn.
Et les Gorges du Tarn, pourtant, c'est pas le Mont Blanc,
ni l'Himalaya, ni les Gorges du Verdon.
Et en fait, c'est terrifié par le vide.
Simplement, j'avais l'impression que la bagnole,
elle allait travailler par le précipice à chaque entrée de viage.
Donc j'étais vraiment terrifié par le vide.
Donc, c'était pas gagné.
Donc, c'est un petit peu aussi mon rêve de gosse qui venait de s'écrouler.
Puis, les choses se sont faites plus naturellement, plus tard,
parce qu'un jour, en fait, j'étais au Bayu,
il manquait des profs.
À l'époque, j'habitais au 7e étage d'une résidence,
qui avait d'ailleurs un nom de montagne qui s'appelait Loisant.
Et chaque cache d'escalier avait un nom de montagne.
Et ma cache d'escalier s'appelait l'Alfrode,
qui est un des sommets principaux du massif de Loisant.
Et même si, pendant ces deux années, entre le moment
où j'ai été terrifié par le vide
et le moment où, finalement, je m'y suis confronté,
j'ai jamais cessé de regarder...
J'ai regardé le bâtiment de mes parents,
j'en sais rien, peut-être mille fois.
Il y avait 7 étages, donc ça, c'est le côté...
Il y avait de la hauteur, donc 7 étages, ça fait peur.
Mais finalement, ce jour-là, je suis rentré de l'école plus tôt,
mes parents bossaient tous les deux,
je suis arrivé devant la porte, j'avais pas mes clés.
Et puis, j'avais vu qu'il était facile.
Il fallait monter, aller d'une balu-strade,
à une autre balu-strade.
Lateralement, il y avait des trous, des bons trous,
on pouvait rentrer la main et on pouvait prendre derrière.
Donc, c'était pas difficile.
Puis, je me suis lancé dans le truc.
En me disant que, bon, faire la sanction de cet étage,
c'était risqué, mais c'était pas trop risqué,
parce que si finalement, à chaque balcon,
je décidais que je pouvais pas aller plus haut,
voilà, je m'arrêtais.
Donc, il y avait une forme d'engagement,
mais qui était quand même limitée.
En fait, je me suis retrouvé, finalement,
dans le même phénomène qu'aujourd'hui,
c'est-à-dire qu'on cantait dans la concentration,
t'es pas dans la peur.
Ce qui est intéressant, c'est que, à partir du moment
où tu es dans une situation où d'un côté il y a la vie
et de l'autre côté il y a la mort,
c'est une situation qu'en fait, le corps prend très au sérieux.
C'est aussi ce qu'on appelle l'instinct de survie.
Et on est doté d'un instinct de survie
qui est quand même très fort et très développé.
Nous, en tant qu'être humains tous,
en tant que nous sommes, on n'a pas envie de mourir.
Il faut se remettre dans le contexte.
L'époque, l'escalade n'existait pas.
Il n'y avait pas de salle d'escalade.
Donc, il fallait, pour faire de l'escalade,
dans le meilleur décas, il fallait avoir 16 ans
et aller au club Alpin français.
Je n'avais pas 16 ans.
Et donc, j'ai décidé de devenir scout.
Je me suis renseigné un peu.
J'avais un pote qui connaissait différents groupes de scouts.
Et il m'a dit, les scouts de Crusoe, je crois que c'est pas mal.
Je sais qu'ils font du rappel, ils font de l'aspect Léo, tout ça.
Tu devrais aimer.
Moi, je rencontrais un mec qui était le chef de troupe
et lui aussi, il était comme moi,
il rêvait d'être un jour un grand grand-peur.
Donc, à tous les deux,
on a trouvé énormément d'émulation
et on s'est lancé dans l'escalade de façon complètement autodidacte.
On s'est un petit peu servi de Glacinage & Rock,
qui avait été écrit par Gaston et Bluffa.
Ça expliquait un petit peu comment on grimpe, etc.
Le maniement un petit peu du matériel, en tout cas,
de façon sommaire.
Et puis très vite, on n'a pas non plus tellement suivi.
On s'est lancé un peu dans l'escalade en solo.
L'un derrière l'autre, ça en trop se posait de questions.
On n'épandait pas d'instances, de monitors d'escalade
ou de hiérarchie supérieure.
Donc on était les décideurs.
Tu sais, on avait lu Revufa, on avait lu Demaison,
Lionel, Thérée, tout ça.
Un jour ou l'autre, tout s'y faisait du solo.
Donc pourquoi pas faire du solo ?
Il semblait, en tout cas, que dans l'escalade,
grimper tout seul, c'était le gras, l'emparantin,
c'était la quête ultime de l'escalade.
Grimper en solo, c'est grimper sans corde.
C'est-à-dire, on se sert uniquement du corps humain,
donc de ses pieds et de ses mains.
Donc qu'est-ce qui se passe quand on grimpe en solo ?
Si on arrive à grimper et aller jusqu'en haut, on est en vie.
Et si, à un moment donné de l'ascension, on décroche,
on lâche une prise, on tombe, on est mort.
Je sais déjà que je passerai ma vie à grimper.
Je ne sais pas exactement comment, mais je me dis, bon,
dans le pire des cas, c'est juste un clodo des falaises.
C'est-à-dire que t'as besoin de rien pour vivre,
tu iras chaperder des fruits sur les arbres,
dans les épiceries, tu arriveras bien à taxer un truc
ou deux à manger et t'as besoin de rien.
T'as besoin d'avoir un bon duvet pour dormir
et un récho à gaz éventuellement, et puis avec ça, tu démerdes.
Donc si tu veux, ta maison, elle tient dans ton sac à dos.
Après, il y a une période de transition
où mon pote avec qui j'avais démarré l'escalade,
lui, il est plus âgé que moi, il s'engage dans l'armée,
il devient genre en arme d'autres montagnes,
il part sur Bréhançon, donc moi, je suis sur Valence,
et puis là, je suis confronté à un choix de vie,
c'est-à-dire, je connais pas d'autres grimpeurs,
et du coup, je décide de faire de l'escalade en solo.
Au début, un petit peu par obligation, mais c'était plaisant.
J'avais pas un pistolet braqué dans le dos.
Mais du coup, c'est aussi une période de ma vie qui est riche,
parce qu'en fait, c'est cette période-là
où le fait de grimper sans corde me fascine.
Moi, je me retrouve dans une forme de liberté
où t'es propriétaire de ta vie, propriétaire de ton destin,
et jusqu'à preuve du contraire, c'est toi qui décide,
c'est toi qui née, c'est toi qui meurt,
à priori, t'engage personne d'autre.
Donc, pourquoi pas le faire ?
Alors, 29 septembre 1982, je vais sur une falaise,
j'habitais Valence à l'époque,
je vais sur une falaise que je connais très bien.
J'ai un projet, c'est d'enchaîner toutes les voies du site en solo,
donc c'est encore, donc ce que je fais en deux heures à peu près,
il y en a des faciles, des moyennes, des plus difficiles,
et puis au moment où je redais les escalades la dernière voie,
je réalise qu'il y a un groupe de jeunes,
il y a aussi des monitors, pas vraiment des monitors d'escalade,
c'est plus des monitors de jeunesse et sport,
qui à l'époque, eux étaient habilités à faire pratiquer les escalades,
même si ils connaissaient rien.
Donc évidemment pour eux, l'aubeine, j'arrive au pied de la falaise,
alors eux plutôt que de faire le tour par un chemin assez long,
ça va leur prendre 10 ou 15 minutes,
il s'est dit ce mec là, il va grimper la voie en deux minutes,
et il va nous installer nos cordes, et on est pénard.
Donc, les mecs, je les connaissais, ils me demandent
si je ne peux pas éventuellement vite fait leur installer deux, trois cordes,
donc je ne refusent pas.
Ils me donnent un anot de sangles avec deux mousquetons à vis, une corde,
et puis j'installe ça, donc je grimpe, à nouveau, sans corde,
à part que je traîne du matos, je clipe le mousqueton au sommet
sur une grosse broche qui est scellée avec du ciment,
donc elle risque pas de casser, j'installe une corde,
et puis je me dis, je vais l'utiliser pour redescendre.
Et moi j'étais au sommet, donc j'avais décidé de descendre en rappel
au lieu de descendre en solo, ce que je rèpidais faire aisément,
juste que je suis à 20 mètres de hauteur,
je me mets en arrière, quasiment en équerre par rapport à la verticale,
et puis le noeud a lâché, donc chute libre de 20 mètres,
peut-être la première, très exactement les mains en avant,
donc c'est les mains qui ont atterri en premier,
et à la base de la falaise c'est du calcaire, donc du calcaire c'est extrêmement dur.
Et donc j'atterris les mains en avant, donc les deux poignées, les deux mains explosent,
vraiment, on appelle ça un fracahosseux, c'est pulvérisé, tout est fracassé,
j'ai perdu même pratiquement la limite de ce que le corps humain peut perdre ensemble.
Les coudes aussi ont été salement endommagés,
parce qu'en fait mes avant-bras ont travaillé comme des amortisseurs,
alors d'un côté c'est ce qui m'a sauvé, parce qu'après c'est la tête qui a tapé,
mais la tête, bon moi j'ai fait juste une fracture du crâne à peu près normal,
un coma, une dame cérébrale, mais bon voilà, si ma tête, elle avait morflé comme mes poignées,
ma tête aurait explosé.
Donc c'est un peu ça toute l'histoire, donc j'ai endommagé le nerf cubital,
à savoir que ça commande l'auriculaire et l'annulaire,
ça commande aussi le musc qui permet de la pince,
ça commande aussi, on voit très bien qu'il y a une atrophie au niveau de la paume de la main,
donc le problème, si j'avais été, j'en sais rien moi,
si j'avais été un cycliste, c'est pas aussi grave que ça,
mais bon un grimpeur c'est les ciseaux à bois du sculpteur,
donc si ton ciseau à bois il est cassé, tu ne sculptes plus.
Et ce qui est très bien c'est que le chirurgien qui m'a pris en charge,
c'était non seulement un chirurgien orthopédiste, mais c'était un chirurgien de la main.
Donc lui il m'a dit, écoute, dans toute ma carrière, j'en ai vu, j'ai ramassé des gens et tout,
mais il m'a dit, j'ai jamais vu des poignées aussi explosées que les tiens.
Il me dit, écoute, je t'ai eu aux urgences, tu étais dans le coma,
ton pronostic vital était vraiment engagé, il me dit c'est un miracle,
déjà que tu sois réveillé, tu as une fracture du bassin, elle est assez simple,
donc tu pourras remarcher et puis tu pourras faire d'autres trucs.
Tu as 19 ans, à 19 ans, même si tu grimpes plus, tu feras autre chose.
Bref, j'étais un mec qui était condamné effectivement à jamais refaire de l'escalade.
Et moi c'est vrai que c'était mon rêve de gosse qui s'est coulé.
Je me suis dit, c'est pas grave, même si tu peux pas regrimper des trucs durs,
tu arriveras à regrimper, même si tu dois traîner sur des trucs un peu plus raides
et un peu plus durs qu'un escalier, c'est de l'escalade quand même.
Pour moi, ce qui était important, c'était déjà de pas abandonner l'escalade.
Me dire, ok, t'étais pas trop mauvais, il y a encore 7 jours,
j'ai fait 7 jours de coma, 7 jours en avant, là c'est game over.
En fait, on m'a appris par la suite que les gamins s'étaient entraînés auparavant à faire des nœuds.
Et donc visiblement, un des anneaux qu'on m'a passés par erreur,
même sur ma vie, les mousquetons, le nœud n'était pas fait correctement.
J'ai fait 2-3 mois d'hôpital, c'était long, je faisais pas adrééducation,
parce qu'il n'y avait rien à faire.
Je me rappelle, il me mettait avec des gamins,
j'étais très jeune et tout, et puis bon, j'étais m'emmerdé.
Quand je suis sorti de l'hôpital, c'était compliqué,
parce que je me suis retrouvé seul à l'hôpital,
c'est quand même des gens qui s'occupent de toi.
Là, ben, à seul coup, c'est tout un tas de trucs qui posent un problème.
Quand mes mains ont été un tout petit peu mieux,
je me suis aperçu que j'arrivais pas à faire des trucs très simples,
j'arrivais pas à ouvrir un robinet, j'arrivais pas à tourner le verrou de la porte.
Donc je suis reparti vraiment à zéro, et en fait, je me souviens,
c'est peut-être pas la première chose, mais c'est donc, je me rappelle le plus,
c'était des casseroles que je remplissais d'eau.
J'avais 4 tailles de 4 rolls, j'avais une main gauche et droite,
qui étaient toutes les deux explosées, la droite était un peu meilleure,
et donc je remplissais mes casseroles et puis j'ai essayé de les soulever.
Et je me rappelle que la main gauche soulevait à peine la plus petite des casseroles,
et la main droite soulevait la troisième.
Au moment de ma reconstruction, j'ai fait au plus évident,
c'est-à-dire que l'appartement où je vivais, je me suis dit,
je vais essayer d'adapter le plus possible mon appartement,
pas pour y circuler, mais par rapport à l'escalade,
c'est-à-dire à accrocher, à clouer des bouts de bois, pour pouvoir me pendre,
à essayer de trouver en tout cas, je faisais des oppositions dans les couloirs,
à essayer de me débrouiller dans tout ce qu'on utilise au quotidien,
de me dire, ben éventuellement, je peux m'en servir pour ma rééducation en escalade.
J'avais mis des petites plaintes en bois un petit peu partout,
sur tous les montants de portes, donc il y en avait 3 mm, 5 mm, un peu toutes les tailles.
C'était mon instrument de travail.
En fait, j'ai eu une chance formidable, c'est que j'ai aussi trouvé ce mur en brique
qui n'était pas très loin de la maison, c'était une MGC.
Il y avait un grand préau qui faisait à peu près 120 mètres, entre 120 et 150 mètres de longueur,
donc c'était à briter, et donc tu as des briques,
et en fait, je me suis dit, je vais essayer de traverser le mur,
comme ça tu ne prends pas de hauteur, mais au moins tu peux commencer éventuellement
à te remuscler. Bon, au tout début, j'arrivais même pas à me tenir,
si je mettais les deux mains entre les briques, les deux pieds,
à un petit espace de rien du tout, et puis j'essayais de me tenir, mais le corps ne tenait pas.
Puis après, j'ai commencé à me tenir au mur,
puis un jour, j'ai réussi à lâcher une main et à attraper ma main droite.
Un jour, j'ai réussi à me retenir ma main droite, à ramener ma main gauche,
et puis tout ça, c'est un processus qui a pris plusieurs mois,
où j'allais sur ce mur trois fois, quatre fois par jour,
et d'ailleurs, le mur en entier, je l'ai traversé, ça m'a pris deux ans et demi.
Et c'était bien, en fait, parce que c'est un outil qui m'a vraiment permis de me reconstruire.
Avant même d'arriver à traverser le mur dans son intégralité,
j'étais déjà meilleur que ce que je ne l'avais jamais été avant mon accident.
Très rapidement, j'ai me surennu compte que mon corps, au niveau des amplitudes,
au niveau de ce que les gens font tous les jours, c'était plus compliqué.
Par exemple, simplement la pronation et la subpination,
c'est le mouvement de rotation que l'on fait avec une main
pour diriger la paume de la main vers le ciel.
Et bien, par exemple, comme le poignet gauche, il est bloqué,
je ne peux pas diriger la paume de la main vers le ciel.
Donc en escalade, en l'occurrence, il y a des prises qu'il faut prendre en inversé,
et du coup, je ne peux pas les utiliser correctement.
Alors, par contre, de façon paradoxale, j'ai réalisé d'une façon extraordinaire,
c'est que l'épiderme de la peau avait une adhérence quand il faisait très froid,
qui était assez extraordinaire.
Tu tiens parce que tu as un degré d'hygrométrie dans l'air et une température froide
qui te permet d'avoir ton épiderme qui tient à peu près.
Donc, je me suis mis à compenser par des trucs comme ça.
Je n'ai jamais eu de force spéciale, je suis un mauvais, je suis un laborieux.
Je suis vraiment né avec aucune capacité physique exceptionnelle.
Mais par contre, j'avais un objectif.
Et à partir du moment où tu as un objectif, tu as tout gagné.
Et un objectif, tu peux l'atteindre, parce qu'en fait, il y a des méthodes.
Il y a des méthodes, je n'ai pas été feignant et avare d'entraînement,
d'avoir peur de faire des trucs et de quand même les faire.
Parce que c'était important pour moi, pour ma vie, pour mon bien-être.
Et donc, c'est pour ça que des fois, on se pose la question.
Je veux dire, à partir du moment où tu as la volonté, il y a un chemin.
Après, évidemment, tu t'améliores et tu te dis merde.
2 ans plus tard, je suis même meilleur que ce que je n'avais jamais été auparavant.
Ça paraît fabuleux et puis là, tu n'arrêtes plus et tu te dis,
ok, ça a marché pendant 2 ans, donc je vais continuer à augmenter les doses d'entraînement.
Ça veut dire que j'ai réussi à développer de façon extraordinaire mon mental.
Il y avait une rééducation plus basique, pas d'angeste, c'est-à-dire à la maison.
Et puis, une rééducation un peu plus d'angeste sur les murs hambriques.
Et puis aussi sur les falaises de crusole, où il y avait des blocs qui faisaient 3 mètres de hauteur.
Donc ça me permettait de m'entraîner sans risque.
Et puis après, je me suis remis à faire aussi du solo, mais des trucs pas trop durs au début.
Mon objectif, c'est juste de regramer un peu au départ.
Après, évidemment, tu t'améliores, ça paraît fabuleux.
Et puis, tu termines à faire des trucs qui étaient inconcevables.
L'abominable homme des doigts, 7B+, la goule.
L'abominable homme des doigts, c'est une voix qui fait une trentaine de mètres de hauteur.
Les 15 premiers mètres sont pas tout à fait verticales.
Après, il y a une grotte et ensuite, c'est 15 mètres surplombant.
Au début, le surplomb, il est marqué, il est assez fort.
Et puis après, un peu moins et les prix sont pas bonnes.
Quand j'ai recommencé, j'ai réussi à le faire encorder avec la corse,
que j'avais pas réussi avant mon accident.
Et puis, 4 ans plus tard, je le faisais sans cordes.
Et puis après, je me suis habitué, je me suis dit,
« Putain, c'est sympa de faire ça sans cordes, c'est beau, c'est dur, c'est aléatoire.
Et puis, je me suis mis à le faire tous les jours.
Et puis après, j'ai ouvert d'autres voies,
la bômi fraude, la bômi nafraude,
cigallons, boucounis,
triptique, donc des variants plus durs jusqu'à 8B,
parce qu'en fait, mon niveau progressait.
Donc du coup, la bômi nable homme des doigts, c'est devenu un truc facile.
Ce qui était à l'époque, en 82,
c'était vraiment une voix phare en escalade.
C'était une voix top niveau français.
Donc grimper la bômi nable homme des doigts en 82,
c'était vraiment les tout meilleurs
qui pouvaient éventuellement faire ce bois avec une corde.
Donc moi, en 86, déjà, je commençais à en donner en solo.
Donc après, je me suis dit, « Bon, on va ouvrir des voies plus dures.
Et pour moi, grimper la bômi nable homme des doigts en solo,
c'était devenu un baromètre assez rapidement, un des 86-87,
où je m'étais quelque part fait la promesse
que avec tout ce que j'avais vécu en 82, avec tous mes handicap,
que j'essayerais de ne jamais plus être dans l'impossibilité
de pas faire la bominable en solo.
Mais en fait, la bominable homme des doigts, c'est vrai que j'aurais pu me dire,
« Ok, c'est bon, tu as atteint l'aérosse. »
Mais pas du tout parce que, en fait, j'ai été rentré
dans un engrenage entre le moment où j'ai attaqué ma récupération
et là où j'en étais de faire la bominable homme des doigts en solo,
après, plus rien ne pouvait m'arrêter.
Moi, j'étais dans la passion.
En fait, ce qui est très intéressant, c'est que finalement,
je n'ai jamais été en compétition qu'avec moi-même.
Donc après, je me suis dit, « On va ouvrir les voies plus dures ».
La nuit du laisard, 8 à plus, Buux.
La nuit du laisard, donc, c'est sur les falaises de Buux, dans le Luberon.
La nuit du laisard, je ne sais pas, ça fait 25 mètres de hauteur.
Le pal plus dur, c'est le dernier, c'est la dernière prise à atteindre.
À la base de la voie, tu as deux blocs énormes, triangulaires,
en pointe et en rochers, qui ne fait aucun doute que si tu tombes, tu es mort.
Donc, il faut être dans un état d'esprit où tu es détaché de la mort
et tu es uniquement concentré sur ton objectif.
Dans la nuit du laisard, dans le premier tiers, il faut...
il y a un mouvement dynamique, il faut faire un jeté.
C'est-à-dire que tu as une prise, elle est suffisamment basse
et la réception, elle est suffisamment loin
que tu ne peux pas atteindre statique.
C'est-à-dire que tu ne peux pas bloquer ton bras
et aller la chercher tranquillement, tu es obligé de lancer ton corps.
La prise, elle est petite.
Donc, l'atteindre, tu peux taper à gauche, tu peux taper à droite,
tu peux taper trop haut, tu peux taper trop bas.
Donc, tu as juste de quoi rentrer deux doigts.
Donc, c'est déjà une chance que tu l'atteintes.
Et en plus de l'atteindre, il faut la retenir.
Donc, tu as deux paramètres qui, psychologiquement parlant,
sont très compliqués à gérer en solo.
Encorder, ça va, parce qu'encorder, tu tombes, tu rappelles ta corde
et puis tu te reposes un quart d'heure, une demi-heure,
ça dépend de ta récupération, et tu retournes.
Mais en solo, tu tombes, tu es mort.
Donc, être capable de gérer une situation comme ça en solo,
c'est particulier.
Après, il y a une traversée qui est encore plus dure,
qui est très compliquée, parce que c'est au maximum
de mon envergure à moi, avec mes deux coups de bloquer,
donc qui me limite en amplitude.
Donc, je réussis à ce deuxième pas,
qui est pour moi le palme le plus dur,
mais en fait, avec toute la fatigue et tout,
le palme le plus aléatoire, c'est quand même celui d'en haut,
parce que c'est un peu comme à Fontaine-Los, c'est des bosses en pente.
Là, en fait, c'est le grain de la peau,
combiné à un taux d'hygrométrie et à une température extérieure,
qui fait que l'épilerme de la peau adhère sur la roche,
ou n'adhère pas sur la roche.
C'est-à-dire, il y a des journées où aller dans la nuit du lézard,
c'est même pas la peine d'y aller, parce qu'il fait trop chaud
et où il fait trop humide et les mains, elles ne tiennent pas.
Ça fait qu'un nombre de paramètres qui sont...
qui sont vachement... qui sont primordiaux et qui sont vachement importants.
Le jour où j'y suis allé, j'ai fait une tentative d'abord avec une corde.
J'ai vu que les mains tenaient, j'ai vu que le soleil arrivait sur la face.
D'abord, il y avait un mec qui essayait de la voir, un allemand super musclé, tout,
fort grimpeur, il était pendu à la corde
et il allait d'une prise à l'autre et il se gaufrait en poussant néerlement.
Et puis j'arrive avec le rédacteur en chef du magazine Vertical,
qui jour là faisait aussi office de photograph.
Et puis je lui ai dit à Laurent, je lui ai dit,
écoute Laurent, il faut que le mec enlève sa corde rapide hausse,
parce que si la face ouest, elle tourne au soleil, c'est cuit.
Donc il lui a demandé au gars s'il pouvait virer sa corde
en lui expliquant que j'allais grimper la voix en solo,
donc le gars, il n'a pas compris.
Il me voit, je suis taillé comme une arbalète,
lui il est taillé comme Charles Enneuger
et il fait un mouvement et il se vautre pendu à la corde
et tu lui dis, il faut que tu vires, tu dégaines et ta corde
et ce mec là il va grimper la voix sans corde
et donc il n'a pas compris.
En fait je suis dans un état de...
en concentration, je suis plus dans rien,
je suis dans la nuit du lézard, je suis même pas dans la nuit,
je suis d'une prise à une autre.
Je suis pas dans les questions de comment je gérerai la prise, la suivante,
je suis juste dans la question, voilà, c'est de la prochaine à atteindre.
C'est plein et c'est vide, c'est plein parce que ton univers,
c'est plus que la nuit du lézard,
t'es pas parasité par plus rien
et t'es même plus ni dans la vie ni dans la mort
parce que t'as même pas peur,
pourtant t'as toutes les raisons d'avoir peur.
Moi ça faisait quand même déjà longtemps que j'explorais la limite
donc être dans la limite ça me choquait pas plus qu'autre chose.
Moi j'en fais pas des caisses, c'est à dire que
je suis pas tombé, je suis en vie, donc voilà on me passe à la prochaine.
C'est pour ça qu'on me dit mais vous avez failli tomber,
alors bah j'en dis ben ouais mais quand j'ai tellement de fois que je peux pas te dire.
Paul Pot, 7 c'est plus, gorge du verdon.
Paul Pot c'est un cadre extraordinaire, t'es dans les gorge,
t'es à je sais pas, 300 mètres de la rivière peut-être plus que ça.
La falaise elle-même à ce moment là elle est moins haute,
elle doit faire dans les 200, 250 mètres de hauteur
mais c'est une escalade qui est pas tout à fait verticale.
Des mouvements étranges avec des toutes petites prises,
avec des adhérences de pied, avec des mouvements d'amplitude
et donc c'est une escalade, c'est très incertain.
Pour moi je me percevais par rapport à mes statistiques
en faisant la voie encordée, j'étais à 50-50.
Paul Pot c'est déjà une voie morphologique
parce que dans le passage d'heures de Paul Pot
t'as une première verticale, t'as un monodroit
et t'as une deuxième verticale meilleure.
Et simplement, je ne pouvais pas avoir la deuxième
donc à partir de la première verticale qui n'était pas bonne et très glissante
un pied droit en adhérence et un monodroit main gauche
il fallait que je fasse un grand mouvement de rotation
avec la main gauche pour lâcher le monodroit
pour passer ma main au-dessus de ma tête
et aller chercher très très très très loin sur ma droite
avec la main gauche une toute petite prise ambi-droit crotch-tente
et le jour J en fait, ma main gauche a arrêté à quelques centimètres de la prise
c'est-à-dire que j'étais quasiment en rupture d'adhérence pied droit
je ne pouvais pas mieux faire main droite
et je n'avais pas la prise salvatrice
et j'ai compris tout de suite parce que les mécanismes,
ça fonctionne bien l'être humain
j'ai compris tout de suite que la seule chose qui me restait à faire
c'était de continuer à pousser sur mon pied
en sachant que si au moins j'essayais pas ça, j'étais mort
donc j'avais pas d'autres solutions
et donc j'ai pas atteint la rupture d'adhérence et j'ai atteint la prise
et je me souviens parce que il y avait mon pote Claude
il était quelques mètres au-dessus, il faisait des photos
et quand j'ai atteint la prise salvatrice, je lui ai dit Claude
je suis complètement fou
je lui ai dit je suis vraiment un barge
à 250 mètres du sol, tu es complètement ecstatique
non c'est fou, en fait, tu passes en quelques secondes de la mort
parce que tu es quasiment mort, là tu es plus...
c'est pas comme quand tu grimpes une voie en saut et tu dis je suis mort
j'étais théoriquement mort il y a 3 secondes en arrière
après c'est mon histoire, c'est le mental, c'est la croyance
c'est une forme de foi en moi, c'est une forme de foi en invisible
c'est aussi peut-être une forme de foi en ce qu'on appelle Dieu
Dieu que je vois dans le rocher, dans le ciel, dans les étoiles
qui est partout
moi je sais une chose c'est que s'encorde, tu es dans un état de concentration
qui est au paroxysme
il y a déjà, ça va les bloquer, ils décolleront pas
et il y en a, ils sont capables au contraire de se transcender
par rapport à une situation désespérée
mes problèmes existentiels et mes problèmes vitaux
ils disparaissent et en fait la peur en parenthèse de la chute
et donc de la mort, sans en avoir les effets, c'est-à-dire sans être tremblotant
elle est capable d'évincer justement tout ça
donc ça me permet de donner mon 100% de ce que je sais faire
même si la situation pour n'importe qui, elle est désespérée
pour moi c'est une situation gérable et que je gère normalement
pour moi il faut que l'escalade, ça reste dangereux
c'est ma philosophie, ma vision de l'escalade
moi c'est comme ça que je vis, c'est comme ça que je me sens en vives quand je vis comme ça
après il y a pas de débat
il y a pas de débat parce qu'il y a pas beaucoup de gens qui pensent comme moi
j'ai l'impression que tout le monde se sent plus en vie après avoir pris un risque
quel que soit le risque que tu es pris à ton niveau
c'est pas besoin d'être en escalade
c'est vrai que j'ai envie de dire que d'être en danger c'est pas agréable
mais en fait ce qui est agréable c'est d'être sorti du danger
tout le nombre de voids durs que j'ai accumulé en 1991
il était énorme et je me rendais compte que j'allais me tuer
j'avais conscience quand même que je vivais tous les 24h
je savais que le lendemain j'étais potentiellement mort
mais ça me plaisait de vivre comme ça
aujourd'hui j'ai plus de marge
j'ai quand même tombé pratiquement en 1991
une quinzaine de voies entre le Vita et le 8B en solo
et je crois pas aujourd'hui en 2023 qu'il y a un être humain qui ait fait 15 voies dans ce niveau-là en solo
et à une époque où en plus le Vita et le 8B étaient proches du niveau maximum qui se grimper s'encorde
donc quelqu'un qui faisait du 8B avec une corde
il y en avait une poignée dans le monde
et moi je fais ça en solo
mais de façon paradoxale j'ai été aussi un peu rejeté
j'avais un parcours tellement atypique qu'on m'a rangé en gros chez les fous
à l'époque où j'ai fait la nuit du lésar j'ai fait un quart de page dans vertical
c'était une brève
c'était aujourd'hui 32 ans plus tard
c'est dans le top 5 des réalisations les plus dures au monde s'encordre
et à l'époque c'est comme si j'avais traversé un truc relativement anodin
et du coup comme c'était avant internet
toute ma partie la partie la plus essentielle de ce que j'ai fait
mon héritage, ma legacy c'est passé complètement à la trappe
peut-être qu'au début j'ai ressenti cette frustration
et puis après j'ai très vite oublié parce que je parlais aux journalistes
je leur disais ouais mais j'ai fait des trucs extraordinaires
en rocher et tout, du 8B et tout
je dis ouais mais Edlinger il a fait pareil
vous direz non Edlinger il a fait du 7A
je dis ouais mais c'est pareil c'est pareil
moi je pense que dès là je suis devenu cette personne atypique
parce qu'en fait je me suis mis en décalage
si tu veux je me suis dit ok ils veulent pas de moi
je vais leur en donner pour leur compte
tu vois je grimpe avec mes habits en serpent
si c'est pas trop dur je grimpe en Santiago
je me suis dit bon ok
cette communauté des grimpeurs
en fait elles me reconnaissent pas
donc on va les emmerder
d'ailleurs tous ces gens des rédactions en chef
ils me connaissent bien et tout
parce qu'ils ont tous fait de l'escalade
ils ont tous connu tous les meilleurs grimpeurs du monde
donc c'est vrai qu'ils écrivent que finalement
il y a eu aussi chez moi peut-être un sentiment de frustration
et que finalement si le milieu de l'escalade voulait pas de moi
j'allais les emmerder
j'allais grimper des bâtiments en verre et en ferraille
c'est comme ça que je suis devenu fameux
si j'ai fait quelque chose de bien c'est de s'enrocher
les bullying c'est pas je dis pas que c'est pas l'héritage de ma vie non plus
mais c'est une partie moins importante
dont je suis moins fier
mais j'ai fait des bullying très difficiles
j'ai fait la tour francmatôme
j'ai fait la tour sirs
j'ai fait la tour oyubi à singapour
j'ai fait le hollyding garden court à aduanisburg
j'ai fait la banque sovaki
c'est des bullying très durs
mais personne les a jamais répétés
donc pour l'instant il n'y a pas de repères
ce qui est intéressant avec l'escalade c'est qu'il y avait des repères
c'est que les ténors de l'époque
ils connaissaient tous les voies que je faisais en solo
Paul Pot tout le monde connaissait Paul Pot à l'époque
plus aujourd'hui mais
aujourd'hui on connaît les voies de hondras, silence, excalibre
tout ça mais bon à l'époque Paul Pot c'était putain c'était Paul Pot
c'était au Verdont, tu avais 250 mètres de hauteur
tu avais des adhérences
en plus c'est morphologique
déjà si tu faisais Paul Pot à encorder
tu étais un demi-dieu
alors si tu le faisais en solo
tu étais un fou
Alain Robert prendra sa retraite
quand il n'aura plus le niveau pour grimper son corde
en attendant il continue de se hisser en haut des buildings
pour manifester sa vision du monde
et d'aller grimper en falaise pour revendiquer sa liberté
merci à Alain Robert pour son témoignage
et merci à vous d'avoir écouté cet épisode
Les baladeurs est un podcast du média Léosaurs
cet épisode a été réalisé par Thomas Fier
assisté par Nicolas Alberti
cette histoire a été présentée par Clément Sacar
la musique est composée par Nicolas de Ferrand
Clau et Vibo s'est assuré du montage
et Antoine Martin, du mixage