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en capital. Maurice Abolbeck
Le petit parisien fut reçu à bras ouvert par monsieur Blanc-Mouton et par tous les
habitants de la ferme exploitée par les Blanc-Mouton. Le nourricier donna une
tape amicale sur les joues de l'enfant qui répondit par son plus gracieux sourire.
La nourrice le nettoya, le poudra, le changea et le mit dans un beau berceau tout blanc.
Clarisse, la fille de ferme, embrassa le nourrisson sur les deux joues et lui présenta un bol
de lait sucré qu'il vida d'un trait. Alors, commença pour l'enfant une existence
calme et tranquille. Tout le monde le choiait, le d'Orloté était au petit soin pour lui,
ses moindres désirs étaient immédiatement satisfaits. Grâce à sa figure avenante,
maligne et espiègle, il lui vite fait de gagner les sympathies de toute la basse-cour.
Quand il dormait dans son berceau, Blanchette, la bonne vache au lait si pure, venait doucement
auprès du bébé et délicatement chassait avec le panache de sa queue les mouches qui
osaient troubler le sommeil du parisien. Quand le soleil devenait trop brûlant, la bonne
bête se placait près du berceau de son protégé pour lui donner de l'ombre.
Tigrette, une bonne grosse poule, ne manquait pas chaque après-midi de venir s'étaler
sur les pieds de Maurice pour les réchauffer. Elle demeurait dans cette position jusqu'au
réveil du bébé. La bonne poulette n'oubliait jamais de laisser à son ami un souvenir de
son passage sous la forme d'un magnifique oeuf que le bébé mangeait à la coque le
lendemain. Tous les matins, le coque de la ferme, appelé la gigue, venait réveiller Maurice.
C'était le meilleur réveil matin à plumes que l'on pût imaginer, n'avançant ni ne
retardant jamais tant il était régulier. Il fallait apprendre à marcher. Pour bien
se conduire dans l'existence, il faut d'abord savoir marcher. C'est essentiel. Les parents
nourrisqués du petit parisien le comprirent si bien qu'ils acheteraient à son intention
un appareil destiné à soutenir ses premiers pas. Au bout de quelques mois, Maurice était
en état de faire une promenade sans le secours de son appareil. La dernière fois qu'il
s'en servit, il était un peu distrait et l'appareil mal dirigé rencontra une grosse
pierre. Maurice fit la culbute. Quel sale truc ! pensa le jeune épicier qui ne savait
pas encore parler. Il se débaraça tant bien que Maldes en soutient et, avisant Bobette,
une bonne chienne de chasse très docile, s'accompagne habituelle, il l'a pris délicatement
par la pâte et la fitent en trait dans l'appareil, dont il boucla la ceinture sous le judicieux
prétexte de lui redresser les pattes qu'elle avait tout à fait torse comme ses congénères.
Bobette, marchant sur ses pattes de derrière, arriva, clopin-clopin chez ses maîtres.
« Mon douceigneur ! » clama madame Blanc-Mouton. « Notre nourrisson qui est changé en chien.
« Comment cela lui est-il donc arrivé ? » gêniait le père Blanc-Mouton. Les nourriciers
finirent par reconnaître Bobette et ils se mirent aussitôt en campagne pour retrouver Maurice.
Au détour d'un chemin, ils découvrent leur nourrisson tranquillement assis sur l'herbe et
bercent sur ses genoux un jeune lapin qui tenait entre ses dents le bibron de l'enfant.
On ramena triomphalement le parisien à la ferme, vers laquelle il marchait maintenant
tout seul, et pour le faire tenir tranquille, madame Blanc-Mouton lui confectionna une immense
tartine en duit de fromage blanc. Le nourrisson heureux et fier se promenait au milieu de la
basse cour en faisant admirer aux habitants du lieu les dimensions extraordinaires de
sa tartine. Tothor, le veau, croyant que son ami Maurice voulait lui faire goûter le suculant
fromage qui recouvrait la miche de pain, avança une langue formidable et d'un seul coup
nettoyait la tartine. Le jeune épicier, angoissé, regardait avec terreur le pain sur lequel
ne restait pas le moindre atome de fromage blanc. Il regagna en pleurant la maison, cependant
que Tothor, ce pour l'échant les babines, déclarait n'avoir jamais goûté un aussi
suculant dessert. Madame Blanc-Mouton, qui de loin avait assisté à la scène rit de bon
cœur, et compatissante recouvrait à nouveau la tartine de Maurice d'une excellente confiture
d'Abrico en lui recommandant tout particulièrement de ne pas se promener dans la basse cour. Le bébé,
accompagné de Médor, le chien de garde de la ferme, sortit de la maison se dirigeant vers le
jardin. Un beau papillon voltiger au-dessus de sa tête. Jamais Maurice n'avait vu une bête
aussi jolie. Déposant à terre sa tartine, il s'approcha de l'insecte hélée et tenta de l'attraper.
Mais le papillon, vif et léger, lui échappait constamment. Médor suivait de loin se manège,
fatigué, le brave chien s'assit sur son arrière-trein. Une sensation de fraîcheur, le
fit se relever immédiatement. Médor s'était assis sur la confiture d'Abrico du nourrisson,
qui arriva en courant pour sauver sa tartine. La bête effrayée se releva et partit immédiatement
au trop allongé, emportant, collé au poil de ses pattes de derrière, le déjeuner de
Maurice qui jetait des cris de possédé. Cette fois, Mme Blanc-Mouton ne se laissera
pas attendre-ir, pensa le bébé, et je doute qu'elle veuille bien me confectionner une
troisième tartine.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org