Siegfried et le parachute, de Marie Colmont

Durée: 9m13s

Date de sortie: 09/12/2023

Sur le trottoir juste en face de ma maison, ils sont six gosses qui jouent, tous les soirs après la classe. Il y a les deux garçons du boulanger, le grand et le petit (Celui qui boude et quitte le jeu toutes les cinq minutes) ; il y a la rose et la bleue – couleur de leur tablier – et je sais déjà que la rose a mauvais caractère et que la bleue, pâlotte et blonde, prend mal au cœur quand elle se remue trop. Ouistiti a un museau de singe st je n’en connais pas un pour courir plus vite et avec plus de crochets quand on joue à chat-perché sur les seuils de boutiques. Siegfried – ah ! Siegfried, c’est mes amours ! – est mince, long, bourru, avec des mèches dorées plein les yeux et des culottes mal rafistolées qui dégringolent. Voilà les six...

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Sikfrid et le parachute. Texte de Marie Collement.
Sur le trottoir juste en face de ma maison, il sont six gosses qui jouent, tous les soirs
après la classe. Il y a les deux garçons du boulanger, le grand et le petit, celui qui
boudre et quitte le jeu toutes les cinq minutes. Il y a la rose et la bleue, couleur de leur
tablier et je sais déjà que la rose a mauvais caractère et que la bleue, palette et blonde,
prend mal au coeur quand elle se remutra. Wistitty a un museau de singe et je n'en
connais pas un pour courir plus vite et avec plus de crochet quand on joue à chapercher
sur les seuils de boutique. Sikfrid ? Ah, Sikfrid, c'est mes amours. Elle est mince,
long, bourrue, avec des mèches dorées plein les yeux et des culottes mal rafistolées qui
dégringolent. Voilà les six. C'est moi qui les ai baptisés. Je ne connais pas leur vrai nom,
mais ça n'est pas gênant pour les regarder du haut de ma fenêtre.
Naturellement, il y a de temps en temps d'autres enfants sur ce trottoir, mais ce sont des passants.
Eux autres, mes six, ils sont là tous les jours, dès quatre et demi, avec leurs pains et leurs
chocolats dans la main. Et je sais bien mieux que les mères comment on use ces fonds de culottes
à faire le toboggan sur les trois marches de la banque. Pomme, paume et paume. Et pourquoi les
godasses prennent l'eau quand elles ont seulement trempé dix minutes dans le ruisseau ?
Depuis hier, il y a un nouveau, le garçon au parachute, un gros petit boudiné qui a une
face plate et vaniteuse. Il ne joue pas avec les autres. Il se pavane au milieu d'eux et sa
amuse avec son parachute, qui est une bobine attachée par quatre ficelles aux quatre angles
d'un carré de soie rose. Ça marche très bien. On le lance en l'air n'importe comment en boule,
et ça retombe en se déployant. Mes pauvres six en oubliaient de jouer. De tous leurs yeux
ronds, ils regardaient le Richard. « Prête le ! » dit, lui a demandé la rose, hardi comme pas une.
Le garçon au parachute n'a même pas répondu. Il a osé les épaules et a fait
quelques pas en leur tournant le dos. « Il ne marche pas son truc ! » a déclaré
Sikfrid alors. Il retombe bien trop vite. Un vrai parachute, ça descend doucement,
doucement. Il devait y avoir du vrai là-dedans. Vexer, le garçon au parachute,
rentrer chez lui, a dû rogner, liner, gratter sa bobine trop lourde. Aujourd'hui,
le parachute est monté bien plus haut et descendu bien plus lentement. C'est vraiment un joli
spectacle. Ce petit morceau de soie rose qui se promène devant la grande maison crise.
Le vent s'amuse à le gonfler et le moineau du sixième descend jusqu'à l'entresol,
se penche, la queue en l'air, ouvre un grand bec et désirons devant ce phénomène qui vole
sans elle. Mes six sont là, tournant d'un pied sur l'autre, les mains dans les poches,
le nez en haut puis le nez en bas puisqu'il ne veut pas le prêter son jouet, qu'il le garde.
C'est tout de même agréable d'en avoir le spectacle gratis. Et quand le petit garçon
du boulanger, tirant la main de son frère à grande secousse, j'ai mis,
« On joue pas alors, dites, on joue pas ? » c'est lui qui reçoit une gifle.
Une voix a dû l'appeler l'égoïste pour dîner. « Je viens, » répondit le mollement. Puis il
lance l'appareil, une dernière et triomphant fois. « Jamais celui-ci n'est monté si haut,
mais patâtra ! Le voilà qui retombe ! » Où ça ? Tout en haut du réverber.
Personne n'a crié, c'est bien fait. Ils ont tous levé le nez avec un « Oh ! » qui en dit
long sur l'énormité de la catastrophe. Fini, l'oiseau de rêve au ventre rose.
Le garçon a fait une grimace pour pleurer. La bleue, compatissante, lui a mis le bras autour du
cou. Alors Sikfrid a craché dans ses mains et d'un seul bon il a grimper jusqu'à la moitié du
réverber. C'est un très grand réverber avec un haut socle plein de relief jusqu'à un bon
maître au-dessus du sol. Mais à partir de là, c'est une main scolonlisse, difficile de se hisser tout du long sans appui.
D'autant qu'à ce moment-là, le concierge du 65 est sorti devant sa porte. On a dit que c'était
un ancien sergent de ville. Il a une grosse voie et il ne badine pas. « Veux-tu descendre-toi ? »
A-t-il dit seulement. Et tout le monde s'est égahé. Mais juste avant de rentrer chez lui, Sikfrid s'est
retourné. Il a regardé le réverber sans faire un geste, longuement, avec une bouche serrée et des yeux
durs. Et puis il s'est enfoncé dans l'ombre du couloir. Alors, comme je me doutais de la chose,
sur les minuits, je me suis mise à la fenêtre. Dans la rue, à cette heure-là, tout le monde dort.
La porte du 65 s'est entrebaillée. Sikfrid est sorti. Trois fois, il est monté à l'assaut du
réverber. Trois fois, il est retombé. La quatrième fois, il allait réussir. Mais le vertige l'a pris.
Oh, dit, a chuchoté au réverber le moineau du sixième. Être-le un peu, quoi ! Car les bêtes et les choses sont
amies des petits-enfants, toujours prêtes à les aider, sans que les grandes personnes s'en doutent.
Le réverber essaya bien de se rapetisser, mais il était en fonte et solidement scellé dans la terre.
Si je me secoue, je ferai tomber Sikfrid bien avant que le parachute ne se décroche. Non, je ne peux rien.
Ça devenait angoissant. Sikfrid n'en pouvait plus. Je lui voyais les doigts de venir tout blanc tant
il les serrait. Va chercher le vent, dit le réverber au moineau. Le vent se promenait à côté de la
tour Eiffel. Le moineau le ramena en le tirant fort par le pan de son manteau. Être Sikfrid, vite, il va tomber !
Le vent souffla. Décroche-cha le parachute et vlan. Tout doucement, l'envoyat sur le nez de Sikfrid, qui descendit avec,
le fourra dans sa poche, rentra chez lui.
Je ne sais pas ce qui s'est passé depuis cette nuit. J'attends. Mais voici qui les quatre heures et demie.
La bande arrive. Le gros garçon au parachute est avec eux. Il sort son jouet de sa poche. Je savais bien que Sikfrid
ne l'aurait pas gardé pour lui. Chacun le lance à son tour, même le petit du boulanger, qui ne grogne plus.
Et quand ils sont laces, ils entament une partie de chaparchés, où chacun reçoit sa part de bourrade. Et le gros garçon
comme les autres, mais pas plus. Voilà. Désormais, mes six seront sept. Et un petit enfant au coeur dur a compris
que c'est bête et que c'est mal de vivre pour soi. Sans compter que Sikfrid m'aigrit au jeu à courir, ça lui fera du bien.
...

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