#73 — Une minute d’éternité, avec François Sarano

Durée: 46m22s

Date de sortie: 14/03/2024

Il suffit parfois d’une rencontre pour tomber amoureux. Une rencontre avec un poulpe pour tomber amoureux de la mer enfant. Une rencontre avec une raie manta adulte pour changer son regard sur les animaux à sang-froid.

Docteur en océanographie et plongeur professionnel, il a dédié sa vie à l’océan. Ancien conseiller scientifique du Commandant Cousteau sur la Calypso, il a parcouru les fonds-marins pour étudier, comprendre et ramener des images de ce dernier grand monde sauvage, où l’on peut approcher les animaux sans qu’ils fuient. En 2006, sur le tournage du documentaire Océans, une nouvelle rencontre va changer sa vie. Embarqué loin du bateau, il va croiser le chemin d’un grand requin blanc.


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🎙 Un épisode réalisé par Thomas Firh, assisté par Nicolas Alberty. Le récit a été présenté par Clémence Hacquart, la musique est composée par Nicolas de Ferran. Chloé Wibaux s'est assurée du montage et Antoine Martin du studio Krispy Records du mixage.
🤝 La saison 7 des Baladeurs est soutenue par Columbia.

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Plus d'infos sur l'épisode :

Il suffit parfois d’une rencontre pour tomber amoureux. Une rencontre avec un poulpe pour tomber amoureux de la mer. Et y plonger durant toute son enfance. Une rencontre avec une raie manta pour remettre en question ses croyances, et changer son regard sur les animaux à sang-froid. Ces entrevues marines ont marqué l’existence de François Sarano.

Docteur en océanographie et plongeur professionnel, il a dédié sa vie à l’océan. Ancien conseiller scientifique du Commandant Cousteau sur la Calypso, il a parcouru les fonds-marins du monde entier pour étudier, comprendre et ramener des images de ce dernier grand monde sauvage, où l’on peut approcher les animaux sans qu’ils fuient.

En 2006, sur le tournage du documentaire Océans à Guadalupe au large des cotes mexicaines, une nouvelle rencontre va changer sa vie. Embarqué loin du bateau dans l’eau sombre par une journée sans soleil, il va croiser le chemin d’un grand requin blanc, qu’il surnommera plus tard… Lady Mystery…

À propos de François Sarano :
Docteur en océanographie et plongeur, François Sarano a passé 13 ans sur la Calypso aux côtés du commandant Cousteau. Il a consacré sa vie à l'étude et à la protection des océans. Ses plongées lui ont permis de côtoyer les peuples de la mer, cachalots, baleines ainsi qu’une quarantaine d’espèces de requins. Il tirera de ses expériences sous-marines de nombreux ouvrages comme “le retour de Moby Dick” ou “Au nom des requins”.

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Colombia est fière d'accompagner le podcast Les Balladeurs.
Il suffit parfois d'une rencontre pour tomber amoureux. Une rencontre avec un poulep
pour tomber amoureux de la mère et y plonger durant toute son enfance. Une rencontre avec
une rémenta pour remettre en question ses croyances et changer son regard sur les animaux à
l'enfroid. Ces entrevues marines ont marqué l'existence de François Sarano. Docteur
en océanographie et plongeur professionnel, il a dédié sa vie à l'océan. Ancien conseiller
scientifique du commandant Cousteau sur la calypso, il a parcouru les fonds marins du monde entier pour
étudier, comprendre et ramener des images de ce dernier grand monde sauvage où l'on peut approcher
les animaux sans qu'il fuit. En 2006, sur le tournage du documentaire océan Aguadalupe,
au large des côtes mexicaines, une nouvelle rencontre va changer sa vie. Embarqué loin du
bateau dans l'eau sombre par une journée sans soleil, il va croiser le chemin d'un grand
requin blanc qu'il surnommera plus tard Lady Mystery.
Dans les années 50, ma mère c'est-ci le mon père Jacques. Ils m'ont amené au bord de la
mer aux Issembles, une mer qui était transparente. Les vagues roulaient sur la plage. Il y avait le
rocher noir qui était un rocher qui me fascinait. On se mettait à l'eau, mon père m'a offert un
masque. Un masque fragile à l'époque, ce n'est pas des masques comme aujourd'hui. La vitre était
en verre. Quand on le posait mal, le verre cassait. C'était la fin du monde. Mais non, papa me
rachetait un masque. Et un jour, j'ai vu un poulepe. C'est lui qui m'a regardé et j'ai vu cet oeil
incroyable doré avec la pupille noire, noire, qui vous fixe, qui appelle. Le poulepe c'est incroyable.
C'est le roi de la métamorphose. Il peut changer de texture, de peau, de couleur, de forme. Il peut
s'infiltrer et disparaitre dans un dans un. Tout petit d'un terrestiste roche. C'est l'animal mystère.
Et il m'a attiré irrésistiblement dans ce monde marin, dernier grand monde sauvage où on peut
approcher les animaux sans qu'ils fuient. C'est quelque chose d'étonnant. On ne sera pas compte de ça.
Le monde terrestre où les animaux vous fuient. Nous portons sur nos épaules des années et des années
de malédiction, de maltraitance, des autres, de la planète, de tout ça. Tandis qu'en mer,
les animaux nous rendent notre innocence. Ils nous considèrent comme les autres espèces, créatures
parmi les créatures. Et ils nous tolèrent au point que parfois on peut être poissons parmi les
poissons. Et tout d'un coup, ça change tout, ça change tout parce que on peut vivre des moments avec eux.
On se sent en mer, partie de ces vivants liés à ces vivants, tous ces vivants différents. Et
on est incroyable, il faut voir le nom extraordinaire de toutes ces créatures marines depuis les étoiles de
mer, toutes différentes, les unes des autres, une étoile de mer. Mais il y en a des dizaines de
sortes fascinantes. Et puis ces poissons, ces nuages de poissons qui virent voltent. Et quand vous
êtes emplongés en bouteilles, vous pouvez vous aussi être avec les légers parce que la bouteille vous
donne la possibilité de vous gompler dans les légers légères. Et quand vous expirez de couler et donc
d'être comme un oiseau, on est en apesanteur quand on est dans l'eau. On vit dans un autre monde et dans
ce monde-là encore une fois, ceux qui y vivent vous offrent des rencontres.
D'abord, il y a eu un grand voyage avec Grasse et avec mon épouse Véronique dans les eaux subanthartiques
parce qu'elle dirigeait une mission dans les eaux subanthartiques, mission de Jimmy. On est parti
là-bas, on a voyagé les icebergs, les albatrosses et c'est les fendemères. C'était incroyable, je
découvrais les mères du Sud, car Yelène, Crozet et en rentrant, j'avais passé ma thèse,
j'avais pas encore de véritable affectation et j'ai envoyé un curécule homme bité à l'Orstum,
ce qui est lié à l'IRD aujourd'hui et puis il y avait une annonce aussi qui était pour le musée
océnaugraphique de Monaco, il cherchait un directeur adjoint et puis j'ai eu la chance d'être pris à l'Orstum
et donc les dernières discussions se faisaient pour la direction du musée océnaugraphique avec Cousteau
et Cousteau me dit mais bon vous êtes trop jeunes pour vous intéresser dans un musée, venez donc avec
moi sur la calypso. Alors j'ai dit je peux pas, je viens d'être pris comme chercheur à l'Orstum
et puis j'en parle à Véronique, je vous demande de moi. Alors vous avez deux mois, et ben je vous invite,
venez on part. Et je partis sur la calypso et au début il m'avait dit allez on fait quelque chose,
on fait deux ans ensemble et puis après on verra. Je peux rester jusqu'à son décès, très en,
merveilleux, un homme extraordinaire, exceptionnel, quelqu'un qui vous portait sur ses épaules,
qui vous permettait de satisfaire toute la gourmandise de curiosité qu'on avait, qui ne vous demandait
jamais en sortant de plonger. Qu'est-ce que vous avez trouvé ? Alors François, qu'est-ce que vous avez trouvé ?
Non non, jamais, jamais, jamais, il demandait. Alors est-ce que vous vous êtes régalé ? Est-ce que vous
avez bien exploré ? Ça change tout ! Il n'y avait plus pas de soucis de rentabilité toéétoïque,
il y avait juste cette gourmandise incroyable d'aller voir ce qui se cachait sous la peau de l'océan
et de le raconter. On a plongé dans des lieux qui étaient, je ne peux pas dire vierges,
mais qui étaient vraiment, vraiment loin des hommes et peuvent explorer, exploiter. On se mettait à l'eau,
on se mettait à l'eau tout d'un coup, il y avait tout ces grands, grands aucun qui montaient
une voie curieuse. On vivait ces explorations sans se poser de questions.
A l'époque de la calypso, les grands cetacés étaient moins présents. La chasse à la baleine,
au cachalot, à Père-Duray, jusque dans les années 1980. Et donc les grands cetacés qui avaient
survécu au massacre industriel, nous fuyaient. Et les rencontres avec les cachalots et les
baleines étaient difficiles et rares. Aujourd'hui, on peut plonger avec les grands cetacés qui sont
des animaux sociaux avec lesquels les liens que l'on peut tisser sont très intenses. Donc les animaux
les plus extraordinaires que l'on puisse voir à l'époque où nous plongeons dans les années 70,
80, les grands animaux et ceux qui restaient encore, c'était les grands requins. Donc je m'attachais plus
aux requins et les îles endamants, donc qui sont des petites îles au nord de Sumatra,
des Nicobar, juste sous le delta d'Irawadi, dans la partie est de l'océan indien entre l'Inde et
donc la Thaïlande, la Birmanie, étaient des îles où la pêche industrielle n'existait pas. Et donc
des mondes préservés, l'abondance incroyable, des poissons, les nuages, des bancs qui avaient
ni commencement ni fin, ni commencement ni fin. On était comme des passe-murailles, on passait à
travers les bancs et on était en gloutis et on disparaissait. Des fois les poissons,
c'est des monstres avec juste des yeux, des écailles, des nageoires, tout ça,
un briquet, des miroigements, argent, on ne sait plus où ça commence et où ça finit.
Nombreuses des aventures sur Alcaïpso, mais un jour, à Sumatra, je suis allé plonger le matin à
la plongée. J'avais pris mon mosquafande, j'ai été allé me balader et là, elle était là,
la Raymanta. Elle est arrivée face à moi. Bon, et puis c'est timide les mantas, c'est...
et puis ça approche encore, face à moi avec ses grandes ailes et puis c'est quand c'est
fallique, magnifique. Elle est presque à toucher. Je vais la caresser. J'hésiterai parce que si
je la touche, je vais rendre pour le charme. Et là, j'ose une caresse, ça me dit où elle va
partir, mais au moins j'aurais fait ça. Je caresse et là, tout d'un coup, elle se redresse
et elle se met... ventre ouverte, les grandes ailes ouverte comme ça, à côté de moi. Je caresse à
nouveau, elle part dans un looping et elle revient. Je caresse, je caresse et on a passé la plongée,
elle revenant, looping après looping, se positionnait à côté de moi. Vous n'imaginez pas fait,
je veux dire, c'est imaginable ce qui se passe, je ne comprends pas ce qui se passe, j'ai peur que ça
s'arrête, j'ai peur que ça se brise et puis il y a un moment donné, ça s'arrête, j'ai plus d'air.
À l'époque, on tirait la réserve, vous avez, il y avait une tige, on actionnait un ressort et on
libérait une dernière quantité d'air qui nous permettait de faire nous parler de remonter. Et là,
j'avais tiré la réserve, j'avais plus d'air, j'étais obligé de remonter. Et je remonte et elle
m'enveloppe avec ses ailes et j'en reste comme je suis maintenant, sans voix et je me dis mais,
c'est nous qui décidons que les animaux à s'enfroid ne sont que des machines standardisées qui
répondent de façon automatique, aussi milieux, parce qu'on ne les regarde pas, c'est très mentale,
elle a fait différemment de toutes les autres. Et là, oui, ça m'a beaucoup questionné, je m'aimais
écrit un article s'appelait La Réamoureuse et dans lequel je me disais mais pourquoi est-ce que
nous nous interrogeons pas sur ces vies différentes des nôtres, bien loin des nôtres, le sans-froid,
et qui en définitive nous remettent à notre place, ils ont des sens qu'on n'a pas,
ils ont une perception du monde qu'on n'a pas, on est des infirmes dans l'eau,
alors qu'elles voient des choses, ressemblent des choses, perçoivent des choses, pour nous,
nous sommes que du vide, rien. Quelle est leur conscience du monde, j'en sais rien,
mais j'ai pas le droit de pas m'interroger, j'ai pas le droit.
Les Rés et les requins, c'est la même famille, c'est la même chose, c'est la même famille,
il y a des requins qui sont semblables à des Rés, des Rés qui sont semblables à des requins,
les morphologies sont parfois étonnantes, il y a des Rés qui sont assez hautes et puis il y a
des requins qui sont très plats, bien difficile dans certains cas de dire qu'il y a des requins et
d'ailleurs ça n'a aucune importance, pour nous c'est simple parce que ça permet de se comprendre,
de classer, chose comme ça, mais il faut faire exploser ces classifications, il faut aller encore
une fois au niveau individuel.
Expérience après expérience, on est si souvent bousculé, puis j'étais un peu arrogant,
j'étais très arrogant, j'avais un peu des certitudes, j'avais appris à la fac,
je savais des choses, combien de fois, combien de fois la mère m'a pris à contropier.
Je me suis retrouvé sur le tournage océan grâce à mon ami Laurent de Bavre et qui
travailleur WWWF qui m'a présenté à Jacques Perrin, puis ça se passe bien, puis après
Jacques me dit mais on fait un travail, on envisage de faire un grand film sur les océans,
est-ce que vous devriez discuter quelques jours avec nous, avec l'équipe Jacques Cluzot,
Stéphane Durand, donc Laurent de Bavre et beaucoup de monde, il me dit bah vous venez très volonté,
tout le monde voulait travailler avec Jacques, pas parce qu'ils étaient un travail,
parce que c'était Jacques, Jacques Perrin c'est quelqu'un qui nous a ouvert les yeux sur les
insectes, qui nous a ouvert les yeux sur les oiseaux, qui nous a, et en disant il faut donner la
parole aux insectes et aux oiseaux et il se taisent alors écouter les, c'est incroyable,
quand on a commencé le film et il m'a dit qu'est ce que vous pensez de ceci ou de ce
là, ou de ce comme ça, je commençais moi le docte avec la mère, ceci, la mère c'est ça,
puis je sentais que tout d'un coup ça décrochait là, t'es le grand vide,
mais c'est quoi, quelles émotions, la mère, c'est quoi la mère, elle a tout d'un coup
et a fait basculer, donner la parole à la mère c'est par réciter tous ceux qu'on
n'a comme chiffre sur la mère, 360 millions de kilomètres carrés, 90 millions de tonnes
de poissons, 250 000 espèces, c'est pas la mère, la mère c'est une baleine qui
danse dans le ciel de l'océan, légère, comme un papillon, nous avons une fausse idée de ce
qu'est le monde marin et nos représentations sont erronées, combien passe une baleine,
combien passe une baleine, chacun va vous répondre, 120 tonnes, vous rigolez ou quoi,
une baleine c'est plus léger qu'un papillon, papillon si ça arrête de voler il tombe,
une baleine ne pèse rien dans son monde, une baleine ne pèse 120 tonnes que lorsqu'elle est
cadavre sur le pont du bateau d'un baleignier et une baleine vivante, ça n'est pas ça parce que dans
son monde et c'est là qu'il fallait la rencontrer, elle est plus légère, bien voltante qu'une hirondelle
il faut oublier notre référentiel, Jacques l'avait compris très vite tout de suite et quand
on a commencé au ciel il nous a dit on va oublier ce qu'on sait, on va d'abord essayer d'aller
s'immerger et d'essayer de voir tous tous encore une fois toutes les émotions que les créatures
marines et la mère elle-même, la puissance de la mère nous offrent et alors on va peut-être toucher du
doigt un peu de son épaisseur de sa réalité
ça n'a pas été facile de convaincre Jacques d'aller plonger avec les grands rachemblans,
pourquoi ça n'a pas été facile ? c'est parce que lorsqu'on est responsable d'une énorme équipe,
d'un énorme film, c'est un film de cinéma, c'est quelque chose, c'est pour simplement être
documentaire, eh bien on doit prendre en considération tous ceux qui travaillent avec eux,
soit, donc Jacques avait cette idée de l'équipe et on ne peut plus géranger donc s'il y avait eu le
moins d'incidents, le moins d'accidents, tout était remis en question, ça pouvait être
catastrophique et donc j'ai eu beaucoup de mal à essayer de les convaincre quand on disait
non les requins c'est comme les autres animaux de la mère, comme les poissons, les dauphins,
les oiseaux, c'est des animaux comme les autres, il faut aller les rencontrer et Jacques on ramènera
une image d'harmonie et puis il faut choisir le plus symbolique de tous, il faut choisir le grand
quain blanc parce que le grand quain blanc dans l'esprit des gens c'est évidemment celui qui a
été les dents de la mère qui est celui le plus terrible de tous et comme j'avais eu la chance
de plonger librement avec les grands blancs en Afrique du Sud et j'avais une certaine expérience,
j'avais pas mal plongé librement quoi, librement, vraiment sans rien et donc je me sentais de pouvoir
guider l'équipe à la rencontre de ces animaux formidables mais c'était très difficile à la fois
parce qu'il fallait que chacun puisse surmonter la prévention légitime que l'on a lorsqu'on va
rencontrer des animaux sur lequel on dit qu'ils sont terribles etc et puis parce que les requins
c'est pas facile à approcher, il est très très très difficile de rentrer dans leur bulle d'intimité,
ils sont toujours à distance et quand on veut filmer un animal mara mais il faut être très près
parce qu'on ne peut pas utiliser de téléobjectifs, pas comme à terre donc il faut des
il y en a des objectifs grand angulaire donc on est obligé d'être à touche touche et qu'est-ce
que c'est difficile d'approcher les grands requins blancs. L'origine de ces plongés avec les grands
requins blancs elle est d'abord en Afrique du Sud et en Afrique du Sud les premières rencontres
étaient juste pour essayer de voir si c'était possible de croiser librement la nage de
un requin blanc mais en Afrique du Sud il y a un fond on est près du chon il y a des kels puis
il y a des eunos qui troublent bref on n'est pas dans l'intimité avec les requins donc on a choisi
d'aller ailleurs et donc à cet ailleurs c'est dans le pacifique près de la petite île volcanique
de Guadeloupe au large de la basse californie c'est une île mexicaine qui est une réserve
marine où il y a des éléphants de mer des lions de mer enfin bon c'est une île très riche
aujourd'hui parce que c'est une réserve depuis très longtemps et cette petite île volcanique
au milieu de nulle part est dans le grand bleu l'océan y est bleu clair et quand on plonge
on plonge dans ce qu'on appelle le bleu pour nous les plongeurs le bleu c'est quand on ne voit pas le
fond une dizaine de personnes à bord d'un bateau où les cabines sont étroites où le confort est
sommaire on sait qu'on n'a pas beaucoup de temps on va passer une semaine huit jours et que les images
avec les grands requins blancs sont difficiles à obtenir on est enduit un petit peu parce que
l'objectif oui il me paraît à la fois merveilleux et un peu inaccessibles et on essaye de s'organiser
au mieux pour profiter des meilleures heures de lumière la lumière pour les images c'est important
donc on roule à deux équipes de tournage trois heures dans l'eau chacun un tour de rôle et
au début quand on était sur le bateau j'étais le seul à voir déjà plongé avec des grands requins
blancs quand on est sur le bateau qu'on fait le voyage tout le monde est beaucoup d'assurance
quand on est arrivé sur place et que tout de coup à commencer à voir les les grands requins qui
tournaient autour du bateau il y en a dit où la revue sont gros quand même ce qu'on va se mettre
à l'au bout il y a eu quand même quelques hésitations au début et très vite on a émergé une
cage au cas où il se passe quelque chose de oubliatoire les assurances avait imposé les cages
et très vite même ceux qui avaient au départ un peu moins confiance sont rendus compte que que
c'était un challenge de discrétion de respect de silence pour que ces requins s'approchent
dès que les requins sont là on on essaye de se glisser dans l'eau avec le plus plus de délicatesse
possible on glisse dans l'eau mais quand je dis glisser c'est on essaye de se faufiler de descendre
jusqu'à la cage relais qui est à une dizaine de mètres de profondeur où là on va attendre à
l'extérieur on s'accroche à bouger calme et lorsqu'il n'y a aucun approche on essaye et moi en
particulier puisque je suis censé être celui qui est sur l'image j'essaie de m'éloigner le plus loin
possible et de de de nager parfois un peu en profondeur plus discrètement pour pour pour aller
au-delà du requin et de le laisser venir vers la caméra puis d'arriver par derrière
c'est des moments de patience longs longs longs longs longs avec pas quand on est à terre on est
dans un affût on va le voir arriver on peut se cacher on est là non il nous voit il nous ont senti
on est à leur merci et quand je dis à leur merci c'est que le le moins drôlement brus qu'il
le reçoive il le perçoit avant peut les effrayer donc on est en permanence sur le qui
vive de patrode geste brusque c'est on est en permanence au le qui vit de la discrétion de
l'effacement et on espère leur arriver des fois il y en a beaucoup il y a la carte il y en a cinq
alors assez difficile parce qu'il se surveille entre eux et donc il ne pourrait plus attendre sur
à nous il faut n'importe quoi et c'est plus simple quand on est deux et c'est ce qui arrive dans le
grand bleu de temps en temps donc on est là l'un avec l'autre le grand bleu c'est un petit peu
comme on s'imagine l'espace il n'y a rien juste l'autre le requin et soi on a des centaines de
mètres bleu sombre nuit sous les palmes on est à 20 30 mètres de la surface lumineuse et c'est
uniforme et en même temps qui se dilue dans le bleu sombre et les requins naissent de ce bleu
sombre il naît véritablement comme si comme si l'océan a couché il arrive il vienne et peuvent
disparaître peut disparaître pour des heures et on est seul
on a plongé des jours puis c'était toujours c'était toujours oui bien ils sont là mais on était
un peu en opposition et donc on est seul la mer élise le soleil pénètre la surface et lorsque
le soleil pénètre la surface les rayons du soleil vont converger comme un diamant qui
s'intigre 40 mètres au-dessous de vous et là moi je suis à 20 mètres de profondeur je vois ce
ce diamant des rayons du soleil qui joue et ce point qui évidemment s'enfonce chaque
fois que je m'enfonce qui est en boutant vertigineux et là dans ces rayons de lumière que l'océan va
dévorer parce que c'est sombre dessous vous voyez vous voyez pas vous sentez une ligne qui tourne
tout d'un coup cette
cette ligne
elle prend des nageoires
elle prend des épaules et elle se redresse et elles font sur vous c'est un grand requin blanc
qui monte rapidement et il a les nageoires qui sont baissés à la verticale
c'est un signe qui dit j'aurais bien que t'aille ailleurs c'est chez moi ici et là
vous bougez pas on l'attendait et tout d'un coup il arrête sa course vers vous et repart quand il
arrive de dessous c'est un nez extrêmement pointu avec les nageoires très abaissez la
nageoire dorsale c'est une torpille le requin blanc c'est une c'est une torpille puis quand il est
décidé il décide et il vient droit et qui naît dans un monde où tout est un peu trouble
jusqu'à ce que on est à quelques mètres et là tout d'un coup c'est saisissant et on voit les
dents et on voit les les fentes branchiales et puis on est presque des fois dans les fentes
branchiales mais sinon c'est ce n'est que que saupresse et puis les grands requins les grands
requins blancs ils avancent droit ils balancent pas les petits requins ils balancent d'autres lignes
un peu comme ça leur requin blanc il a une ligne garde sa ligne il vient droit c'est le grand
balançement de la codale quand il vous dit adieu on essaye on se on se jauge mais elle garde la
distance c'est surtout des grandes femelles à goît des loupés des grandes femelles ouais
il y en a qui sont couturés de grandes balafres de morsures que les mâles leur inflige au moment
des accouplements mais c'est laisse pas approcher peut-être que je suis trop imprudent je te trouve
où les 10 mystérieux étaient là j'étais prêt peut-être un jour avec david on a été emporté
loin du bateau le courant nous a entraîné très loin on est en fin de semaine on n'a pas ce qu'on
souhaite les plans sont pas là encore une fois l'harmonie j'avais même essayé quelques jours
par avant d'approcher un requin et de le caresser sous le museau pour pouvoir le remonter
droit comme ça et qu'on soit vente contre vente comme ça ça avait raté le requin avait mordu ma
tablette et donc ce jour là on est enroulé deux équipes il ya équipe d'idier l'équipe david
par avec david et l'eau est trouble le est trouville beaucoup de plankton et le courant est vraiment
fort courant est vraiment fort et on est vraiment vraiment porté loin du bateau dans cet eau un peu
trouble au trouble pas beaucoup de soleil c'est un peu gris sombre mystérieux plus plus
à moins petit en moins lumineux que les autres jours impressionnant et on cherche au début
les bûts on est seul vous êtes seul dans le bleu gris là on rentre dans le le monde vraiment des
requins loin à du bateau et puis je la vois je la vois je ne sais pas si je la vois je la sens je
la devine elle arrive elle est face à face à nous au début c'est un point mais les les ailerons
sont à plat pas baissé quand les ailerons sont baissé à la verticale ça veut dire
qu'elle est inquisitrice et qu'elle veut vous dire de passer votre chemin non elle est en paix
elle est énorme elle fait 150 une puissance incroyable et elle dévie pas sa route
les nageoires sont des lames qui apparaissent son oeil qui roule en est qui vous fixe son oeil qui
nageoire c'est une peau de métal suivant la lumière c'est gris
c'est du bleu du gris du du du métal et donc je sais que david est là à côté qui doit avoir
commencé à filmer un plan difficile pour au cinéma c'est les plans c'est difficile à
construire un fouet d'entrée de champ une sortie de champ on est aussi là pour ça et je ne sais plus
je ne sais plus ce que je dois faire si je dois aller vers elle à sa rencontre si je dois laisser
travailler david mais elle m'a tiré résistiblement donc je je rentre dans le cadre par dessous
face à elle je je dois penser très très fort ne tourne pas continue ta route on continue
chacun l'un vers l'autre et au moment où on est l'un contre l'autre elle incline sa route et elle
m'accepte sur quasiment sur sa nageoire on est d'abord oeil dans l'oeil et pour le contre
nageoire à quelques quelques doigts l'un de l'autre beaucoup de confiance l'un dans l'autre je
pense qu'elle a confiance et le courant est très fort le courant est très fort je retiens ma
respiration je dois palmer beaucoup pour essayer de rester à côté d'elle elle ne peut pas
et puis je regarde c'est un moment qui va durer une minute d'éternité d'éternité on peut dire ça
tout d'un coup on je je je dis merci je sais pas comment on peut dire ce qui se passe dans la
tête tout arrive en même temps du bonheur de la paix du calme du plein c'est pas intellectuel c'est
c'est dans le ventre c'est c'est ce moment de plénitude totale je suis si près que je vois sa
peau c'est sa sa sa sa sa sa peau c'est couvert de petites denticules renue la peau donc des requins
c'est des petites dents et la lumière joue comme dans du velours des fois ça brille des fois ça
ça retient la lumière ça la mange et le ventre est immaculé vraiment blanc c'est
et puis et puis elle va plus vite que moi il y a un moment donné où je décroche je me dis
je vais essayer de passer de l'autre côté pour la ramener vers david et puis j'hésite je le
vais pas et je parce que si jamais je la touche par maladresse son grand est le rond d'or sal peut
être que je verrons pour ce charme et je la laisse partir et là je suis je suis je suis pas content
je la laisse partir je voudrais rester avec elle et puis j'ai réalisé que c'est formidable qu'elle
parte parce que c'est sa liberté et c'est ça qui c'est parce qu'elle m'échappe c'est parce qu'elle
est libre c'est parce que c'est elle qui m'a accordé ce moment que c'est formidable c'est justement
parce qu'elle s'échappe librement elle même que cette rencontre est merveilleuse parce qu'elle a
été offerte et reprise et le soir quand on a on a regardé avec tous les toutes l'équipe et
Jacques Luso qui était là réalisateur est toujours là pour voir on n'a rien dit on a su que
c'était ce qu'on était venu chercher ce moment de paix incroyable
avec les grands requins blancs on ne peut pas tricher avec les animaux sauvages on ne peut pas
tricher vous êtes à leur merci c'est eux qui décident de vous offrir la rencontre ou pas
ils sont l'océan pour eux ils sont chez eux ils sont puissants ils sont ils sont rapide ils peuvent
plonger à des dizaines de mètres et centaines de mètres en quelques secondes vous êtes des
des des rien des petits insectes c'est eux qui vous offrent tout ça donc la rencontre elle est
authentique parce qu'elle est offerte par l'animal sauvage qui livre qui est indompté qui ne
vous doit rien et donc quand je dis on peut pas tricher ça veut dire qu'on peut rien que d'apprendre
à recevoir difficile d'apprendre à recevoir au début on sait pas début je ne savais pas je
voulais surtout quand j'étais chez Cousteau je vous ai toujours touché je vous ai toujours apprend
à recevoir c'est compliqué surtout des cadeaux comme ça et et donc oui avec un animal sauvage
on est à sa merci complète et c'est ça qui est encore une fois c'est ça qui fait la beauté
de ce monde là quand le requin vient vers vous il attend rien quand le cachalot vient vers vous
il attend rien il vient juste à la fois par curiosité et puis après s'il reste c'est parce
qu'il a confiance peut-être qu'il veut tisser des liens le requin je lui dis mystérieux je crois
pas qu'elle voulait tisser les liens mais au moins la confiance était établie et c'est juste merveilleux
pendant ce c'est ces quelques instants au-delà encore une fois de cette incompréhension essentielle
comment un requin pourrait comprendre un homme comment un homme peut comprendre un requin on
peut pas on a quand même pu trouver ces ces secondes de paix ça prouve que c'est possible au-delà
de tout au-delà de tout et et surtout qui qui qui est que pu c'est de la distance qui nous séparait
c'était si peu jamais je ne me serai permis de poser la main sur elle et c'est par considération par
respect et sauvage et ma partie n'a pas ce pas mon jouet la nature est pas là pour satisfaire nos
caprices elle a offert le film océan est sorti donc en 2010 janvier 2010 bien avant que je puisse
même imaginer replongé à goïda loupé avec les grands requins blancs et le film océan et c'est
très au-delà d'ailleurs de la seule rencontre avec l'aie dit mystérie il ya la tempête luc d'héryon
a filmé ça de manière incroyable il ya la maman mort ce qui enlace son son bébé son nouveau nez
sur sa poitrine mais c'est une image une tendresse incroyable il ya les cavalcade de dauphin il ya il ya
il ya le oui on ressent l'océan c'est quoi l'océan on ne peut que vivre on ne peut que s'immerger
on ne peut que côtoyer on ne peut que s'émerveiller et essayer de de faire vivre au spectateur ce que
nous avons vécu être poissons parmi les poissons simplement nager au milieu d'eux va de savoir
des choses être être avec eux et puis avec mon ami renais et qui a tourné aussi à l'océan on a
continué on a fait des documentaires sur les dauphins sur les cachalos sur les orques sur les
et on en a fait un sur les requins ce documentaire était consacré au requin de méditerrané le titre
royaume perdu des requins la méditerrané est un lieu très très riche en requins jusqu'à ce que les
les filets les lignes les décimes et comme on voyait très peu de requins je dis pourquoi on voit
très peu de requins ici et qu'on envoie ailleurs et où on voit toi ailleurs pourquoi on voit
toi ailleurs mais parce qu'ailleurs ils sont préservés donc on va aller dans une réserve marine
où on peut rencontrer des requins pour dire qu'on pourrait créer des réserves marines en méditerrané
et j'ai proposé à renais et à stéphane grandzotto qu'on réalisateur d'aller à goïda loupé
où on pouvait nager librement avec des grands requins blancs et pour dire bah voilà c'est
grâce aux réserves marines qu'on peut faire tout ça et nous nous sommes immergés avec renais un
jour deux jours on a commencé à faire des images et là dans ce documentaire j'ai essayé d'être un
peu plus didactique et donc j'avais toujours mon ardoise à dessins sur lequel j'écrivais voilà
vu aujourd'hui tel requin avec les nageoires qui ont cette petite découpe le dessin de la robe qui
descend jusqu'au nageoire pelvienne la taille approximative peut-être cinq mètres la température
de l'eau donc j'écris tout ça sur ma tablette j'écris aussi les attitudes donc on renaît film
et puis je suis en train d'écrire puis puis je dis mais c'est pas vrai ça c'est le dessin de cette
robe mais c'est c'est les dix mystérie c'est cinq ans après c'est les dix mystérie qui revient
c'était elle j'ai j'ai j'ai au début je me dis tu te trompes c'est impossible on c'est impossible
il y a des centaines de requins blancs et la probabilité de la revoir de la retrouver est nul
et puis puis genre là je presse ma tablette puis je pense aussi que ce que j'écris c'est nul
parce que ça rend pas compte de l'élégance ne les dit mystérie ça rend pas compte de ça
de sa splendeur noble de sa ligne de la puissance de sa nage
et elle est et elle sert à prochain nouveau rené un été baï et avait al d'eau ferrucci aussi
notre maître recycler parce qu'on était avec des appareils de plongée qui ne font pas de bulle
et on était tous les trois dans l'eau et elle était là la tourne à un moment à tourner un
moment elle s'est vraiment réapproché près très près elle a pas peur elle a un peu peur elle
et puis elle est partie mais ce coup là je j'ai apprécié quand elle est partie
les images de françois sarano et les dix mystérie nage en côte à côte ont fait le tour du monde
malgré tout la plupart des humains reste convaincu que les requins sont des mangeurs d'hommes et que
leur élimination est une bonne chose pour françois sarano l'effondrement dramatique de toutes les
espèces de requins dans l'indifférence générale est inacceptable dans son livre au nom des requins
publié chez actes sud ils délivrent un plaidoyer pour tous les animaux sauvages qui
n'auront jamais la parole ainsi qu'une réflexion sur notre relation au monde et à l'altérité
car il en est convaincu les animaux sauvages marins nous rendent notre innocence originelle et nous
donnent une deuxième chance une chance de pouvoir tisser des relations paisibles entre tous les êtres
vivants les baladeurs est un podcast du média leozeur cette épisode a été réalisé par tome
affire assisté par nicolas alberti cette histoire a été présentée par clément saccar la musique
est composée par nicolas de ferrand clóé huibo s'est assuré du montage et antoine martin du
mixage à bientôt

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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