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Le pêcheur et sa femme
D'après Jacob et Vilelle Mgrim
Il y avait une fois un pêcheur et sa femme.
Il vivait dans une misérable hûte près du bord de la mer.
Le pêcheur qui se nommait Pierre allait tous les jours jeter son hamson.
Mais il restait souvent bien des heures avant de prendre quelques poissons.
Un jour, qu'il se tenait sur la plage,
regardant sans cesse les mouvements du hamson,
voilà qu'il le voit disparaître et aller au fond.
Il tire et, au bout de la ligne, se montre un gros cabillot.
Je t'en supplie, dit l'animal.
Laisse-moi la vie.
Je ne suis pas un vrai poisson, mais bien un prince enchanté.
Relâche-moi, je t'en prie, rend-moi la liberté.
Le seul bien qui me reste.
Pas besoin de temps de parole, répondit le brave Pierre.
Un poisson qui s'est parlé,
il mérite bien qu'on le laisse nager à son aise.
Et il détacha la bête qui s'enfuit de nouveau au fond de l'eau,
laissant derrière elle une traînée de sang.
De retour dans sa caute,
il raconta à sa femme quelle beau poisson il avait pris
et comment il lui avait rendu la liberté.
« Et tu ne lui as rien demandé en retour, » dit la femme.
« Mais non, corèche du souhaité, » répondit Pierre.
« Comment ? N'est-ce pas un supplice que de demeurer toujours dans cette ville endcabane,
sale et infecte, tu aurais bien pu demander une gentille chômière ? »
L'homme ne trouvait pas que le service qu'il avait rendu bien volontiers au pauvre prince
valut une si belle récompense.
Cependant, il alla sur la plage et, arrivé au bord de la mer,
qui était toute verte, il s'écria.
« Cabillot ! Cher Cabillot ! Ma femme, mon Isabelle,
malgré moi, elle veut absolument quelque chose ! »
Aussitôt, apparut le poisson et il dit,
« Eh bien, que lui faut-il ? »
« Voilà, » dit le pêcheur.
« Parce que je t'ai rendu la liberté, elle prétend que tu devrais m'accorder un souhait.
Elle en a assez de notre hute, elle voudrait bien habiter une gentille chômière.
« Soit ! » répondit le cabillot.
« Retourne chez toi, tu verras son voeux accompli.
« Viens donc vite, » lui cria-t-elle.
« Viens voir, comme c'est charmante ici, il y a deux belles chambres et une cuisine.
Derrière, nous avons une cour avec des poules et des canards,
et un petit jardin avec des légumes et quelques fleurs.
« Oh ! quelle joyeuse existence nous allons mener maintenant ! » dit Pierre.
« Oui, » dit-elle, « je suis au comble de mes vœux.
Pendant une quinzaine de jours, ce fut un enchantement continuel.
Puis tout à coup, la femme dit,
« Écoute Pierre,
cette chômière est par trop étroite et son jardin n'est pas plus grand que la main.
Je ne serai heureuse que dans un grand château en pierre de taille.
Va trouver le cabillot et fais-lui savoir que tel est mon désir.
« Mais » répond le pêcheur,
« Pour la quinze jours à peine que cet excellent prince nous a fait cadeau d'une si jolie chômière,
comme nous n'aurions jamais osé en rêver une pareille.
Et tu veux que Jai l'importunait de nouveau ?
Il m'en verra promener et il aura raison.
« Du tout, » dit la femme, « Je l'ai c'est mieux que toi.
Il ne demande pas mieux que de nous faire plaisir.
Va le trouver comme je te le dis.
Le brave homme s'enfuit sur la plage.
La mère était bleu foncée, presque violette, mais calme.
Le pêcheur s'écria.
« Cabillot ! Mon cher Cabillot !
Ma femme, mon Isabelle, malgré moi, elle veut absolument quelque chose.
Que lui faut-il donc qu'un ? » répondit le poisson qui apparu sur le champ la tête hors de l'eau.
« Imagine-toi ! » répondit Pierre, tout confus,
« Que la belle chômière ne lui convient plus et qu'elle désire un palais en pierre de taille.
« Retourne à chez toi ! » dit le Cabillot, sans souhait et déjà accompli.
En effet, le pêcheur trouva sa femme se promenant dans la vaste cour d'un splendide château.
« Ah ! ce gentil Cabillot ! » dit-elle.
« Regardons comme tout est magnifique ! »
Ils entraient à travers un vestibule en marbre.
Une foule de domestiques galonnés d'or leur ouvraient les portes des riches appartements,
garnies de meubles dorées et recouverts des plus précieuses étoiles.
Derrière le château s'étendait un immense jardin
où poussaient les fleurs les plus rares puis,
venait un grandissime parc où follatteraient des serres, des dins et toute espèce d'oiseau.
Sur le côté se trouvaient de vastes écuries,
avec des chevaux de luxe et une étable qui contenait une quantité de belles vaches.
« Que le sort digne d'envie que le nôtre ! »
dit le brave pêcheur écarquillant les yeux à l'aspect de ces merveilles.
« J'espère que tes vœux les plus téméraires sont satisfaits.
« C'est ce que je me demande, » répondit la femme.
« Mais j'y réfléchirai mieux demain.
Après avoir goûté des mets délicieux qui leur furent servi pour le souper, ils allaient se coucher.
Le lendemain matin qu'il faisait à peine jour,
la femme, éveillant son mari en le poussant du coude, lui dit,
« Maintenant que nous avons ce palais,
il faut que nous soyons maîtres et seigneurs de tout le pays à l'entour.
« Comment ? » répondit Pierre.
« Tu voudrais porter une couronne ? Quant à moi, je ne veux pas être roi.
« Eh bien moi, je tiens à être reine.
« Allons, habite-toi et cours faire savoir mon désir à ce cher cabillot.
Le pêcheur ossa les épaules, mais il n'en obéit pas moins.
« Arrivé sur la plage, il vit la mer couleur gris sombre et assez ouleuse.
Il se mit à crier.
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« Mais attendez Pierre, LinkedIn, c'est surtout un truc de cadre qui bosse dans les bureaux, non ?
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Cabillaud ! Cher cabillaud !
Ma femme, mon Isabelle, malgré moi, elle veut absolument quelque chose !
Que lui faut-il donc ?
Dis le poisson qui se présenta aussitôt la tête hors de l'eau.
Ne s'est-elle pas mise en tête de devenir reine ?
Rentre chez toi, la chose est déjà faite, dit la bête.
Et, en effet, Pierre trouve à sa femme installée sur un trône en or,
ornée de gros diamants, une magnifique couronne sur la tête entourée de demoiselles d'honneur,
richement habillées de brocards et l'une plus belle que l'autre.
À la porte du palais, qui était encore bien plus splendide que le château de la veille,
se tenait des gardes en uniforme brillant, une musique militaire jouait une joyeuse fanfare.
Une nuée de lacs à cahiers galonnés était répandue dans les vastes cours
ou était rangée de magnifiques équipages.
« Eh bien, dit le pêcheur, j'espère que te voilà au comble de tes vœux.
Naguerre pauvre entre les plus pauvres te voilà une puissance traîne.
« Oui, répondit la femme.
C'est un sort assez agréable, mais il y a mieux,
et je ne comprends pas comment je n'y ai pas pensé.
« Eh, je veux être impératrice, ou plutôt empereur.
Oui, je veux être empereur.
« Mais, ma femme, tu perds le sens ?
Non, je n'irai pas demander une chose aussi folle à ce bon cabillot.
Il finira par m'envoyer promener, et il aura raison.
« Pas d'observation, répliqua-t-elle.
Je suis la reine, et tu n'es que le premier de mes sujets, donc, obéissons le chant.
Pierre s'enfu vers la mer, pensant qu'il faisait une course inutile.
Arrivé sur la plage, il vit la mer noire, près de l'encre.
Le vent soufflait avec violence et soulevait d'énormes vagues.
« Cabillot, cher cabillot ! c'est créatile.
« Ma femme, mon Isabel, malgré moi, elle veut encore quelque chose.
« Qu'est-ce encore ? dis le poisson qui se montra aussitôt.
« Les grandeurs lui tournent la tête, elles souhaitent être empereurs.
« Retourne-t-en chez toi, répondit le poisson, la chose est faite.
Lorsque Pierre revint chez elle, il aperçut un immense palais,
tout construit en marbre précieux.
Le toit en était de l'âme d'or.
Après avoir passé par une vaste cour remplie de belles statues et de fontaines
qui lançaient les plus délicieux parfums, il traversa une haie formée de garde d'honneur,
tous géants de plus de six pieds.
Et après avoir passé par une enfilade d'appartements décorés avec une richesse extrême,
il atteignit une vaste salle, où sur un trône d'or massif, haut de deux mètres,
se tenait sa femme, revêtu d'une robe splendide, toute couverte de gros diamants et de rubis,
et portant une couronne qui, à elle seule, valait plus que bien des royaumes.
Elle était entourée d'une cour composée rien que de princes et de ducs.
Les simples comptes étaient relégées dans l'antichambre.
Isabelle paraissait tout à fait à son aise au milieu de ses splendeurs.
« Eh bien, me dit Pierre, j'espère que tu vois là au comble de tes vœux.
Il n'y a jamais eu de sort comparable, tiens.
Nous verrons cela demain, répondit-elle.
Après un festin magnifique, elle alla se coucher.
Mais elle ne fut dormir.
Elle était tourmentée à l'idée qu'il y avait peut-être quelque chose de plus désirable
encore que d'être empereur.
Le matin, lorsqu'elle se leva, elle vit que le ciel était brumeux.
« Tiens, se dit-elle, je voudrais bien voir le soleil ?
Les nuages sombrent ma triste.
Oui, mais pour faire lever le soleil, il faut être le bon Dieu.
C'est cela ? Je veux être aussi puissante que le bon Dieu ! »
Tout travis de son idée, elle s'écria.
« Pierre, habile-toi sur le champ et va dire à ce brave cabillot
que je désire avoir la toute puissance sur l'univers comme le bon Dieu.
Il ne peut pas te refuser cela.
Le brave pêcheur fut tellement saisie d'effroi
en entendant ses paroles impies qu'il dû se tenir à un meuble
pour ne pas tomber à la renverse.
Mais ma femme, dit-il, tu es tout à fait folle.
Comment ? Il ne te suffit pas de régner sur un immense et riche empire ?
« Non, dit-elle. Cela me vexe.
De ne pas pouvoir faire se lever ou se coucher le soleil,
la lune et les astres, il me faut au pouvoir leur commander comme le bon Dieu.
Mais enfin, cela passe le pouvoir de ce bon cabillot.
Il se fâchera à la fin si je viens l'importiner avec une demande aussi insensée.
Un empereur n'a de mes pas d'observation, répliqua-t-elle avec colère.
Fait ce que je t'ordonne et cela sur le champ.
Le brave Pierre, le cœur tout en émoi se mit en route.
Il s'était levé une affreuse tempête qui courbait les arbres les plus forts des forêts
et faisait trembler les rochers.
Au milieu du tonnerre et des éclairs, le pêcheur atteignit avec peine la plage.
Les vagues de la mer étaient hautes comme détour
et se poussaient les unes les autres avec un épouvantable fracas.
« Cabillot ! Cher Cabillot ! » s'écria Pierre.
« Ah femme ! Mon Isabelle, malgré moi, elle veut encore une dernière chose.
Qu'est-ce donc ? dis le poisson qui a paru aussitôt.
« J'ose à peine le dire, » répondit Pierre.
« Elle veut être toute puissante comme le bon Dieu.
« Retourne chez toi, dit le cabillot.
Et tu la trouveras dans la pauvre cabane, d'où je l'avais tiré.
» Et en effet, Palais, esplandeur, avait disparu.
L'insatiable Isabelle, vêtue de Aillon, se tenait sur un escabeau dans son ancienne misérable hute.
Pierre en privit de son parti et retourna à ses filets.
Mais jamais plus sa femme eut un moment de bonheur.
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